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MessageSujet: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyMer 8 Aoû 2018 - 20:36


C'est pourtant si simple, par définition. Échanger quelques instants torrides sans prêter attention à la vie de l'autre, seulement ses besoins, puis, disparaitre. Une pratique sans principes complexes. Il n'est pas question d'une invitation au café et petit déjeuner. Maxine pensait être plutôt claire. Mieux vaut attendre de rentrer chez soi pour s'endormir. Ce type n'a visiblement pas eu le mémo. La brune ne connait pas son nom complet, elle a tout juste retenu son activité. Est-ce qu'il s'agit du barman ou de l'architecte. Elle s'est extirpée du lit il y a déjà plusieurs minutes,. Après avoir essayé de le secouer, sans grand succès. Elle l'observe, debout, au pied du lit, les bras croisés. En espérant qu'il ouvre les yeux et interprète le message. Mais elle perd patience, à rester là. Maxine tourne en rond, fait du bruit, volontairement. En vain. Il a fallu qu'elle tombe sur un mec au sommeil de plomb. Déjà qu'elle n'apprécie pas avoir de la compagnie chez elle. Faire entrer des étrangers dans son environnement. Faire entrer quelqu'un, de manière plus général. Parce qu'ici, il y a beaucoup trop d'indices partout, beaucoup trop de pistes exploitables, malgré le fait qu'elle ait déjà archiver des souvenirs trop lourds dans des boites en carton. Mais voilà, parfois, ça arrive. Impossible d'aller chez eux. Pour des raisons obscures. Il n'est pas impossible qu'il ait une petite amie. Il est bien stupide pourtant. Première règle, ne passe pas la nuit chez une autre, c'est beaucoup trop suspect mon garçon. A moins que ton alibi soit déjà bien au chaud et en béton. Elle s'en fiche pourtant, ça ne fait pas partie de sa liste de problèmes. Lui, toujours dans son lit, profitant de son espace comme du sien, par contre.. Elle a besoin d'un plan de secours, d'un plan d'action. Maxine tapote alors sur son téléphone. « J'ai besoin de toi pour virer un mec de chez moi. Peu importe comment, juste, sors moi le de là. » Pourquoi quand une femme accepte de son plein gré d'ouvrir les jambes pour un type -pour lequel en passant elle a considérablement rabaissé ses critères-, celui-ci se doit d'en profiter à outrance. Elle a consenti à te baiser, pas à te loger pour la nuit. When you think dating is hard. Well, this is a nightmare too. Elle sort de la chambre, bruyamment toujours, blasée et dans la hâte que son cousin arrive et élimine le problème au plus vite. C’est triste d’en arriver là pourtant.. faire appel à un quelqu'un d'autre pour ça. Elle n’est juste pas prête à devenir full psycho ce soir. Tout comme elle n’est pas prête à le supporter une minute de plus dans son appartement. Elle veut juste dormir seule dans le confort de son lit dont elle va s'empresser de changer les draps de peur que son odeur s’imprègne déjà.
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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyDim 12 Aoû 2018 - 13:16

J’arrive, est tout ce que Conrad répond. Pas d’hésitation à avoir lorsqu’il s’agit de sa cousine ; il lui a promis d’être là lorsqu’elle aurait besoin de lui même si ça signifie être tiré de son sommeil en pleine nuit. Cela dit, Conrad ne dormait pas lorsqu’il a reçu son signal de détresse. Ses nuits, elles se parsèment d’insomnies et de cauchemars que même le ronronnement de ses chats ne parviennent pas à chasser. Il courbe l’échine face à ses vieux démons, l’ancien soldat. Sa détermination s’émousse au fil des ans – sa joie de vivre, elle n’existe déjà plus. Grignotée par le désert et bouffée par Marjah, elle a laissé place aux regrets. Ils s’accumulent malgré lui et malgré la poussière qui s’y entasse depuis huit ans, le moindre bang trop bruyant suffit à la souffler. C’est parfois un ballon qu’un gosse éclate dans la rue ; c’est souvent un briquet qu’on allume pour se griller une clope. Mais c’est encore des canettes que l’on décapsule – que l’on dégoupille. Dans ces moments-là, Conrad ne se soucie pas de ce qu’on pense de lui lorsqu’il cherche un endroit où se mettre à couvert. Il s’est résigné depuis longtemps à ce qu’on le considère comme un fou qui mérite l’asile.
Il s’extirpe de ses draps rendus poisseux par la sueur – l’été et ses canicules dévorent même Brighton, cette année – et enfile un t-shirt et un jogging. Conrad flatte le col duveteux de ses bestioles avant d’attraper les clés de sa vieille bagnole. Les rues sont tranquilles et la circulation, absente. Il ne lui faut qu’une dizaine de minutes pour parvenir jusqu’à l’appartement de sa cousine. Il sonne, la porte d’entrée se déverrouille et il gravit les marches jusqu’à sa porte. Conrad, il ne la jugera jamais sur ses activités nocturnes même s’il désapprouve. Elle mérite mieux que des poivrots à la propreté douteuse, Maxine. Elle a besoin de mieux après ça. Mais Conrad, il ferme sa gueule. Il sait pertinemment que ses reproches, au mieux, résonneront dans l’oreille d’une oreille d’une sourde. Au pire, dans l’oreille de sa cousine qui lui renverra son discours au visage : il dédaigne son âme brisé depuis plus longtemps qu’elle.
Maxine, il l’enlace sans un mot – sa façon de la saluer. Mais déjà, il file jusqu’à sa chambre. Conrad, il esquisse une grimace lorsqu’il pose son regard sur le type qui ronfle dans ses draps. « Je pensais que tu avais plus de goût que ça, Max. » Lance-t-il d’un ton badin avant de balancer son pied contre l’armature du lit. À croire que ce n’est pas suffisant non plus. « Tu l’as ramassé où ? À ton boulot ? Parce qu’il a l’air plus mort que vif, ton mec. » Qu’il demande en arquant un sourcil. Conrad, il a perdu son humour pétri de joie huit ans plus tôt ; il est grinçant, désormais.

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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyMer 15 Aoû 2018 - 18:17


Pendant que son indésirable convive déforme le matelas avec son poids insolent et que son cousin est en chemin, Maxine fait les cent pas. Dans la hâte de retrouver sa tranquillité et terminer plus sereinement sa nuit. Comme s'il était véritablement question de dormir à ce stade, elle devra s'extirper du lit dans très peu de temps de toute manière. Dans la même hâte, elle a enfilé un jogging et un vieux t-shirt en sortant de sa chambre. Plus jamais, repense-t-elle en boucle. La prochaine fois, c'est chez eux, ailleurs ou rien. Plus jamais elle ne donnera l'accès de son appartement à l'une de ces conquêtes nocturnes. Il suffit toujours d'une mauvaise expérience pour ne plus réitérer les mêmes erreurs. Elle est encore trop naïve Max parfois, comme si tout le monde partageait le même bon sens qu'elle.. Elle en oublie son prénom, comme elle oubliera le reste après son départ. Rayer les gens de sa vie, c'est devenu si facile. Surtout quand votre esprit n'a plus de place pour personne d'autre. C'est tout ce qui lui reste, son absence. Immobilisée par le résonance du vide. Quand Conrad arrive à la porte, une once de soulagement se fait ressentir. L'enfant prodige est enfin là et compte la débarrasser du squatteur. Après une accolade, le jeune homme ne tarde pas à sa mission, en se dirigeant vers la chambre, Maxine sur ses talons. Il lui suffit de très peu de temps pour faire pleuvoir les remarques. Tandis qu'elle lève les yeux au ciel. Bien qu'avec du recul, elle ne peut pas totalement être en désaccord avec lui. Il s'agit très clairement d'une erreur de jugement, son radar à loser n'est malheureusement pas très bien efficace quand l'alcool s'en mêle. Une mauvaise proie, ne vous en faites pas, la prochaine, elle fera mieux. Son lit tremble et elle ne peut s'empêcher d'écarter les yeux, craintive qu'en plus des préjudices moraux, des dommages collatéraux s'ajoutent aux comptes de cette soirée. C'est surréaliste, la léthargie dont il fait preuve. La comparaison au corps sans âme est donc facile. Trop facile peut être. Elle grimace à sa dernière vanne. C'est ainsi, que la plupart des gens résonnent avec la mort, avec réticence. Un concept que tout le monde craint, du coin de l'oeil. Son quotidien. Pas un jour ne passe sans qu'elle soit confrontée à la mort. Mais depuis un an, chaque corps inerte qu'elle rencontre à la morgue lui renvoie l'image de son défunt frère. « Si c'était le cas, tu penses vraiment que j'aurais perdu mon temps à le ramener jusqu'ici ? » Soudainement, s'en est trop. Ça bouillonne à l'intérieur. Elle veut être seule. Elle aimerait crier, pour qu'il disparaisse de chez elle. Taper du point. Pour qu'il se réveille. Maintenant Conrad est là et même ça, elle commence à le regretter. Des mauvais choix sur mauvais choix, qui se donnent en spectacle. « T'es là pour m'aider ou m'enfoncer ? Parce que c'est pas si flagrant. » Quelle petite ingrate. Alors qu'il a sacrifié sa nuit pour lui venir en aide. But she just want a way out of this, and quick.
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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyLun 20 Aoû 2018 - 13:37

Conrad se pince les lèvres. Sa tentative d’humour tourne au désastre ; pourtant, il lui suffit de humer l’air pour en comprendre la raison. Ça pue l’alcool, ici. C’est peut-être l’abruti encore assoupi, c’est peut-être Maxine, c’est sûrement les deux. Un soupir lui échappe alors qu’il croise les bras, la tête penchée sur le côté. Il dévisage le ronfleur ignorant quelques secondes en quête d’une solution. Secouer le lit n’y changera rien. Lui secouer l’épaule non plus – il n’a pas besoin d’essayer pour le deviner. Alors il ne lui reste plus qu’une option. Il n’a pas le choix, Conrad. Avec Maxine, il ne l’a jamais : c’est la manière forte ou rien. À croire que c’est de sa faute. À croire qu’à graviter autant autour d’elle, sa sympathie feinte se dissipe. Ses sourires tout aussi feints s’envole ; il n’y a plus qu’une paire de gros bras utiles aux mécaniques qui refusent de rouiller. Max, elle l’a rejoint à l’hôpital alors qu’on lui rafistolait les phalanges. Un maigre mal pour une justice dispensée à coups de poings – l’autre, le chauffard, il lui a éméché bien plus que l’orgueil.
Aujourd’hui, c’est la même chose à plus petite échelle. Un appel à l’aide auprès d’un cousin plus apte qu’elle – plus sanguin, peut-être. Il se tourne vers elle en esquissant un sourire qui se veut rassurant. « Je suis là, non ? » Souligne-t-il simplement en haussant les épaules. « Je m’occupe de lui. » Ajoute-t-il alors qu’il débarrasse le lit des draps. Le dormeur, il goûte à la fraîcheur de la pièce mais ça ne suffit pas à l’extirper de sa torpeur. Mais Conrad, il le félicite d’avoir eu le bon sens d’enfiler un caleçon avant de s’assoupir – ses hommes, il les préfère un peu mieux foutus. Plus barbus, aussi. Aucune délicatesse, chez lui. Conrad, il l’agrippe simplement par les épaules pour l’obliger à sortir du lit.
Le type, c’est sur des jambes encore endormies qu’il se relève. Il n’a pas le temps de ronchonner que Conrad le coupe dans son élan. « Dépêche-toi de ramasser tes fringues et de te tirer d’ici. » Il marque une pause, arque un sourcil. « Tu préfères peut-être que je te foute à la porte à poil ? » Ça suffit à le faire décamper. Le type, il se rhabille dans l’entrée et la porte claque dans son dos. Mais Conrad, il ne compte pas l’imiter ; il campe ses positions et c’est jusqu’à la cuisine qu’il se rend pour coller bouilloire sur le feu. Il ouvre le placard et en sort deux sachets de thé et deux tasses. C’est sur un ton badin qu’il s’adresse à Maxine. « Je squatte ton canapé, cette nuit. » Enfin, pour ce qu’il en reste. Pas de question, sur sa langue. Seulement une affirmation alors qu’il se débarrasse déjà de ses chaussures et se met à l’aise sur une chaise. Conrad, il reste autant pour lui-même que pour elle – l’ennui de devoir se taper à nouveau la route mais surtout, l’inquiétude qui mine ses sourcils froncés alors qu’il pose son regard sur sa cousine. Conrad, il fuit. Il fuit ses propres drames en s’empêtrant dans ceux des autres. Une façon d’oublier. De tenter d’oublier.

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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptySam 25 Aoû 2018 - 17:02


Conrad lui rappelle tellement Charlie par moment, que cela rend sa présence difficile. Malgré tout l'amour qu'elle lui porte, être à ses côtés ressasse tout un tas de souvenirs. C'est pour cette raison qu'elle évite le reste de sa famille. Les parents, son autre frère, qui n'a rien demandé non plus. Toutes les personnes qui connaissent, ont connu et fréquentés les jumeaux de leur vivant. Elle aurait pu en faire autant avec Conrad, mais, s'y est résilié, parce que c'est tout ce qui lui reste au fond. C'est difficile de toute façon, qu'il soit là ou pas. Alors elle s'autorise cette réserve au contrat. Il est là oui, parce qu'elle lui a demandé, d'un acte irréfléchi. Parce que même si ça lui crève la gueule de le dire, de le penser même, elle a aussi besoin des autres aussi Maxine. Quand Conrad passe enfin à l'action, elle retrouve la lumière, l'espoir de bientôt être débarrassée de ce parasite. Elle a presque envie de rire, en le voyant sortir de l'appartement, la queue entre les jambes. Bon débarras et à jamais. Tout ça pour ça. Quel gâchis. Quand elle s'attarde à la surface avec les vivants, voilà ce qui l'attend. Cela demande beaucoup trop d'énergie parfois, de l'énergie que Maxine n'a pas. « Merci Conrad.. » dit-elle, reconnaissante. « Navrée d'avoir amputé ta nuit avec mes nuisibles.. » Ils sont désormais dans la pièce à vivre. Son cousin prend ses marques dans sa cuisine, leur prépare du temps et affirme qu'il va rester pour la nuit. « Ne te sens pas obligé de t'éterniser pour autant. » Maxine n'a pas besoin d'un babysitter. She can take it from here. Maintenant qu'elle peut de nouveau respirer normalement dans le confort de son appartement. « Mais si tu comptes vraiment rester, tu peux prendre le lit. » Dans lequel l'autre porc s'est bien reposer jusqu'ici. C'est avec plaisir qu'elle lui laisse la place. « Je dois être à la morgue dans seulement quelques heures de toute manière. » Elle dormira mieux la nuit prochaine. Enfin, peut-être pas. Mais il serait difficile de trouver le sommeil désormais. Qui plus est, arriver à la morgue avec des poches violettes sous les yeux permet de se fondre davantage dans le paysage, jusqu'à passer inaperçu. Pas qu’elle est souvent de la visite non plus. Il s’agit souvent des mêmes personnes. Pas toujours très intéressés par les ragots du coin.
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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyDim 2 Sep 2018 - 0:26

C’est toujours la même chose, avec Maxine. C’est toujours l’appel à l’aide et puis l’indifférence qui suit ; les roulements d’épaules nonchalant et l’affirmation qu’elle sait se débrouiller seule. À peine appelé, déjà rejeté. Il ne la blâme pas : il sait pertinemment pourquoi elle l’évite. Pourquoi leur relation s’est détérioré, au fil des mois. Au fil des ans – lui, d’abord. Trop absent. Plus souvent à l’autre bout du monde, perdu entre les balles qui sifflent et les moteurs crasseux des véhicules blindés. À réparer, d’urgence. À rafistoler, malgré les rafales d’AK-47 qui éclatent contre la carrosserie. Malgré les cris, les hurlements, la boue et le sang. Et puis, elle. Le chauffard, l’accident, la perte d’un frère pour elle, d’un cousin pour lui. La disparition du pilier de la famille – il a suffit de l’abattre pour qu’une fratrie s’écroule, pour qu’une famille se délite. Conrad, il avait trouvé la tranquillité auprès de ses cousins, à des années-lumières de ses propres parents. Ils ne l’ont jamais jugé. Ils l’ont accepté pour ce qu’il était et lui ont offert un toit lorsqu’il n’y avait qu’une chambre d’hôtel miteuse pour l’accueillir. Mais peut-être qu’il exagère. Peut-être qu’il ferait mieux de s’en aller, au lieu de retourner un peu plus le couteau dans la plaie.
Peut-être qu’il devrait laisser Maxine tranquille. Mais la solitude, aujourd’hui, autant pour elle que pour lui, c’est la promesse d’une nuit sans rêves. D’une nuit sans sommeil, tout simplement. À sa réflexion, il hausse les épaules. « Il est trop tard pour que je m’en aille, de toute façon. » Il n’a pas regardé sa montre, lorsqu’il a filé. Il ne la regarde jamais. À quoi bon ? Les minutes s’étirent comme des heures et les heures, comme des jours entiers. Il s’épuise dans les salles de sport et dans les parcs mais pourtant, le sommeil ne l’emporte jamais aussi vite qu’il le souhaiterait. À la proposition de Maxine, une grimace s’esquisse sur les traits de Conrad. Les mots lui échappent. « Tu m’excuseras, cousine. Mais je préfère dormir sur le carrelage de la cuisine plutôt que de m’endormir dans le lit dans lequel tu as baisé une heure plus tôt. » Conrad, il noie sa remarque dans sa tasse de thé alors qu’il en avale une gorgée brûlante. Rien qu’à imaginer la scène l’écoeure – pas parce que c’est un homme et une femme mais parce que c’est sa cousine et un lourdaud. Parce qu’il a senti malgré lui les effluves de ses ébats en entrant dans la pièce aux fenêtres closes et qu’il essaye de les effacer sous celles de son thé. « Mais si tu ouvres la fenêtre et que tu changes les draps, peut-être. » Précise-t-il dans un roulement d’épaules nonchalant. Conrad, il étire ses jambes sur la chaise vacante, à côté de lui.
Pourtant, c’est un regard inquiet qu’il pose sur sa cousine. Sourcils froncés, lèvres pincés. « Tu devrais dormir, toi aussi. » Un sous-entendu, dans sa bouche. Tu ne tiendras pas longtemps à ce rythme.
Toi aussi, tu craqueras. Toi aussi, tu céderas aux somnifères pour mieux t’assommer – et toi aussi, ils ne te feront plus rien, à la longue.

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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyLun 3 Sep 2018 - 21:22


Il est trop pour dormir à cette heure là. Trop tard pour sauver l'autre à ce stade. Chacun son traumatisme. Conrad, sous cette carapace, ne semble pas en meilleur point qu'elle finalement. Il porte lui aussi un lourd fardeau, à chaque pas qu'il traîne sur le sol. Les maux de ce monde ne sont pas comparables, souvent sous estimés. On aime penser qu'on peut comprendre, sans que ce soit le cas. L'être humain n'est pas, par nature, compatissant ou si compréhensif que cela. Mais ça rassure, ça réconforte, parfois, pour un temps. Chacun vit son combat à sa manière. Décide de ce qu'il en est, de la trajectoire de son navire, de la finalité. Contourner l'iceberg ou foncer droit dedans. Il existe plusieurs alternatives, plusieurs scénarios, autant que d'humains sur cette planète. C'est le beauté de ce monde. Des âmes si nombreuses, pour des destins différents, qui s'entrecroisent, qui se divisent, qui se confrontent, malheureusement parfois, dans l'adversité. Jusqu'à inonder la terre de sang, de cauchemars, de tragédies. Et si le noyau de ce monde saignait autant que tout le reste, asphyxié par l'atrocité qu'il héberge en son coeur. La terre sur laquelle nous vivons, au-dessus de tous nos morts, sans être assez reconnaissants de faire encore partie des vivants. C'est le cas pour Maxine, encore beaucoup trop aveuglé par le deuil, par la colère. Une colère dirigée parfois sur Charlie, pour l'avoir abandonné ici. Une colère à laquelle elle devrait éviter de tant de s'accrocher, à défaut de plus sain. Dans cette pesanteur, elle a envie de rire pourtant, quand son cousin lui partage ses réserves. Elle comprend, elle préfère dormir sur le carrelage aussi. Sa chambre mérite une quarantaine. « Dormir n'est plus une option. » Tout n'est que micro-sommeil, petites siestes sur le canapé de la salle de repos à la morgue, à côté de la machine à café qui bourdonne et où l'odeur chimique règne. Quand elle ferme l’œil, c'est toujours à moitié, trop consciente pour lâcher prise et rêver. Non, c'est plutôt les cauchemars qui rythment ses nuits. Cette solitude aussi. Cette solitude qu'elle prône. Elle l'a choisie, comme si c'était, non la meilleure, mais la plus accommodante. « Sinon... Tu as des nouvelles de Ford ? » Son autre frère. Le survivant. « Je veux dire, il va bien ? » Cette personne qu'elle blesse probablement le plus, avec ses parents. What do you think ? Et Conrad dans tout ça, c'est l'intermédiaire, la personne qui lui permet d'avoir droit à quelques nouvelles, parfois. Because below the surface, she still cares. 
Maxine connait ses torts. Maxine ne demande pas à recevoir des leçons de morales. Elle veut juste savoir si, dans tout ce chaos, quelqu’un s’en sort. S'il s'en sort..
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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyJeu 6 Sep 2018 - 23:17

Un refus, encore et toujours. Le dédain pour sa propre santé et les cernes qui s’étirent sous ses yeux. Sous ceux de Maxine comme sous ceux de Conrad. Le sommeil qui fuit, l’insomnie qui déboule. Il est trop tard, de toute façon. C’est toujours trop tard. Autant là-bas qu’ici. Autant ce jour-là qu’aujourd’hui – Conrad, il a trop de regrets qui s’accumulent sur ses épaules. Trop de squelettes dans les placards. Il a perdu trop de frères d’armes – des frères auxquels il aurait aimé être lié par le sang. Dans un sens, ils l’étaient. Familles différentes, couleurs de peau différentes mais c’est sur les terrains d’entraînements qu’ils ont appris à se connaître. C’est lors de leurs courses dans les montagnes et dans la jungle qu’ils se sont liés. C’est dans le désert qu’ils ont saigné de la même couleur – tous égaux, sur un champ de bataille. Ennemis comme alliés, ils se sont perdus dans le même bourbier. Et puis, ce qu’il a cru ne jamais perdre.
À l’abri, loin de l’Afghanistan. Comme si c’était possible, comme s’il en avait le droit. Une nouvelle tempête de sable qui frappe et qui emporte un innocent avec elle. Conrad, il s’est toujours senti plus à l’aise avec son oncle, sa tante et ses cousins – ils l’ont accepté, eux. Ils ont ouvert leur porte en grand, lors de ses permissions. Les Steele, ils ont préféré changer la serrure. Changer de baraque, aussi. Toujours à Manchester, sûrement – Conrad, il n’a plus de nouvelles, de toute façon. Il n’a pas envie d’en donner non plus.
Noyé dans sa tasse de thé, il redresse pourtant la tête à la question de Maxine. Des nouvelles de Ford. Des nouvelles, il n’en a plus aussi souvent qu’avant. Ils se sont éloignés, les cousins. Ça remonte à plus tôt que l’accident. Ça remonte au jour où il a rejoint le SAS, Conrad. Où l’obligation de fermer sa gueule sur ses missions s’est faite plus pressante. Où il n’avait tout simplement plus le temps de le joindre, à l’autre bout du monde. Pas de repos pour les soldats, seulement des cachetons pour les tenir éveillés vingt-quatre, quarante-huit heures d’affilées. Mais c’est Conrad, qui fait le lien. C’est lui, qui rafistole comme il peut une fratrie qui s’éclate. C’est lui, qui maintient la barque à flot alors qu’il est six pieds sous l’eau. Il faut bien que quelqu’un le fasse. Pourtant, il n’a rien à dire. Ford, il bosse comme un dingue et il ne l’a plus croisé depuis… quoi ? Deux semaines ? Un mois ? Peut-être plus, peut-être moins. « J’imagine qu’il va bien. » Un maigre lot de consolation, une hypothèse qu’il lance. « J’ai cru comprendre qu’il bosse sur le nouveau volet des Galactic Fighters. Ça ne m’étonnerait pas qu’il préfère passer plus de temps avec des acteurs célèbres plutôt qu’avec nous. » Conrad, l’hypocrite. C’est de sa faute, si Ford ne lui parle plus aussi facilement qu’avant.
C’est de la faute de Charlie qui s’est envolé trop tôt.
Charlie, qui a enterré toute la famille avec lui.
Et puis c’est son thé qu’il touille, plus pour s’occuper les mains qu’autre chose. Un moyen d’éviter le regard de Maxine, aussi. Maxine, qui se sert de lui pour prendre des nouvelles alors qu’il suffirait simplement qu’elle décroche son téléphone. « Enfin, il bosse avec des gens vivants. » Une reproche qu’il dissimule sous un état de fait. Bosse ailleurs, Max.
Mais elle, au moins, elle travaille. Pas comme lui.

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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptySam 15 Sep 2018 - 21:06


J'imagine qu'il va bien. Elle imagine aussi. Quand bien même elle sait, que ce n'a rien de si simple. Bien sûr, on reprend notre vie, certains mieux que d'autres. Bien sûr il arrive se sentir heureux de nouveau, quand on est honoré des petits bonheurs de la vie. Mais, il y a toujours quelque chose, d'absent, qui refait surface par moment. Qui vous ramène à des souvenirs, une époque, une personne et puis, un drame. C'est dans le sourire d'un étranger, dans une musique qui passe à la radio, dans un prénom, dans la rue, dans une pensée la nuit avant de dormir. C'est toujours là. Le temps aide, mais le temps d'efface jamais. On attend souvent, le moment où ça passe, ou ça s'atténue. Maxine l'attend toujours. Son frère doit l'attendre aussi. Pourtant, elle ne l'attend pas avec lui, non, comme s'il allait mieux s'en sortir sans elle. Alors qu'elle devrait savoir mieux que ça, que ce n'est pas le cas. Elle en est la preuve pourtant. Elle est fière de lui, Maxine. Il poursuit ses rêves. Elle sourit, l'imaginer derrière tout cet univers. Puis, le sourire s'efface. Oui, lui, il bosse avec des gens vivants… mais au moins, les morts ne parlent pas. De toute façon, autant les vivants que les morts, ça brise le cœur, continuellement. « Au moins les morts ne peuvent rien te reprocher. » Une vérité, lourde, mais pourtant pertinente. « Mais s'il va bien, c'est le principal. C'est tout ce que je lui souhaite. » Une autre réalité. Parce que Maxine tout ce qu'elle veut, c'est ne pas le croiser sur une table à la morgue. Qu'il soit heureux, parce qu'il le mérite et qu'il n'est pas trop tard pour lui. Conrad aussi, mérite le même sort. Mais il est aussi abîmé qu'elle. Par un autre fléau, qui peut se rejoindre pourtant. Elle aimerait l'aider mais elle n'en a pas le pouvoir. Elle n'est même pas capable de comprendre ce qu'il traverse. Comment le pourrait-elle ? « C'est tout ce que je te souhaite aussi, tu sais. » Mais une nouvelle fois, ce n'est pas en restant à ses côtés qu'il y arrivera. Ce n'est pas en fracassant les mecs qui l'ennuient, ou l'homme responsable de son malheur, qu'il avancera de son côté. Lui aussi, se porterait sans doute mieux sans elle.
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Conrad Steele

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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyLun 24 Sep 2018 - 13:24

Les morts ne reprochent rien. Une vérité ou un mensonge. Conrad, il penche plutôt pour la deuxième option. Les morts, les siens, reprochent. Dans ses cauchemars, ils lui soufflent qu’il aurait dû être plus attentif et plus prudent. Dans ses insomnies fiévreuses, ils lui rappellent sa faiblesse en tant qu’homme – sa faillibilité en tant que soldat. Guerriers fragiles qu’on envoie au front sans se soucier d’une santé qui se dégrade, autant physique que morale. On les imagine infaillibles, ces vaillants soldats. Pourtant, c’est le contraire qui les oblige à plier le genoux ; morts-vivants plus qu’êtres humains, on les pousse à bout. Et c’est les erreurs qui s’accumulent et les fissures qu’elles provoquent qui s’agrandissent.
Sa mâchoire se serre et ses doigts se crispent autour de sa tasse de thé brûlante. « Les tiens ne te reprochent rien. » Petite chanceuse, des mots qu’il tait. Une précision qui lui semble nécessaire même si, par la même occasion, elle écorche un peu plus leur relation qui s’étiole. Il aime sa cousine, Conrad. Parce que Max, elle était là lorsque sa propre fratrie lui a tourné le dos – elle était là quand il n’y avait qu’une chambre d’hôtel miteuse qui l’attendait, lors de ses permissions. Elle était là, comme Ford. Comme Charlie. À cause de Charlie, peut-être. Conrad a toujours pensé qu’au fond, il était le meilleur d’entre eux. Le plus stable et le bateau qui les maintenait tous à flot. Un bateau qui sombre, maintenant. Que Conrad rafistole comme il peut alors que ça sort de ses attributions – forces spéciales terrestres, pas membre de la Royal Navy. Il s’efforce d’exhiber un sourire, Conrad. Un sourire qui se veut rassurant mais qui présage simplement son strict opposé sans même qu’il ne le réalise. Max, elle souhaite qu’ils aillent bien. Un espoir bien plus qu’une vérité. Mais ces pensées-là, il les garde pour lui. Parce qu’au fond, Conrad espère la même chose – que Ford aille bien. Pas lui. Lui, il y a d’autres maux qui s’ajoutent à l’accident. D’autres cadavres qui le hantent – qui s’emmêlent, monstre chimérique qui exhibe dix, quinze visages différents. Qui se superposent. Thompson. Jones. Williams. Tous les autres – tous les soldats. Charlie, aussi. Plus récent, le seul qui a encore des traits qu’il reconnaît. Il espère que Ford, quelque part, se sente mieux. Qu’il y en ait au moins un dans cette foutue famille qui est réussi à s’en sortir malgré tout. « C’est ce que je te souhaite à toi aussi, Max. » Conrad élude ses mots en les lui retournant simplement contre elle-même. Ça ne va pas bien, mais faisons comme si. Faisons comme si le monde ne s’écroulait pas, faisons comme avant. Conrad, il achève sa tasse de thé d’une lampée et tant pis si ça lui brûle la langue et la gorge au passage. Il se redresse ensuite et ébouriffe les cheveux de sa cousine. Vestige d’une époque où ils étaient encore jeunes, naïfs et ignorants – lorsqu’il était encore là et lorsque Conrad n’était qu’un simple soldat en treillis verdâtre et qu’il n’avait pas besoin de masque pour dissimuler son identité. « Repose-toi quand même, d’accord ? Et pas entre deux cadavres, s’il te plaît. Dans un lit. » Pas entre deux cadavres et ni entre les bras d’un amant idiot non plus.

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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyLun 15 Oct 2018 - 15:09

Maxine oublie parfois que Conrad vit avec ses propres fantômes aussi. Que derrière cette musculature impressionnante, cette stature solide, se cache en réalité, un homme brisé, par bien des maux. Un de plus sur cette terre mouvante. Elle aimerait que Ford soit une exception mais c'est dorénavant impossible. Pas après ce que la famille a traversé. Pas quand le moindre être humain qu'on rencontre est une potentielle arme fatale. Une bombe à retardement. On en trouve aussi bien sûr les champs de guerre qu'au café du coin. Des formes, apparences différentes, pourtant, le même pouvoir de destruction, à quelques critères près. Ils ont beau se souhaiter le meilleur, la réalité ne leur permet pas toujours. Elle les imagine heureux, tous les quatre. Conrad, Ford, Charlie et elle. Les souvenirs se bousculent contre les parois de son coeur. Elle se souvient des rires, des sourires, des taquineries perpétuelles. Elle se souvient des larmes aussi. Que Charlie essuyait sans mal, du soutien qu'il apportait, sans limite, à ses proches dans le besoin. Le meilleur des deux, de loin. « Il me manque tellement Conrad.. » Ses mots, elle les pense tout haut. Un peu trop fort. Charlie. Mais Ford aussi. Et Robby. Toutes les personnes que son frère décédé a emporté avec lui, indirectement. Ils me manquent tous.. Cette façade, n'a plus état d'être avec son cousin. Et elle est trop fatiguée pour la contenir une seconde de plus. Max le désastre. C'est comme reconstruire une ville après un tsunami. Elle ne sait pas quoi commencer ou comment disposer. Elle aimerait changer le récit, modifier la fin. Elle a essayé d'ignorer la réalité. Elle a essayé de noyer la vérité. Elle ne fait que contourner, sans cesse, les obstacles, les zones d'ombres, qu'elle ne traversa jamais par peur de ce qui se tient à la fin du tunnel. Elle ne veut pas l'oublier mais quand elle pense à lui, ça fait trop mal. Elle est désemparée. Sa colère la consume et à ce stade, elle ne sait plus ce qu'il reste. Toutes les journées se ressemblent, jusqu'à perdre sens. « Ce n'est pas de repos dont j'ai besoin.. » Mais d'une machine à remonter dans le temps.
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MessageSujet: Re: can you hear my false destress. (conrad)   can you hear my false destress. (conrad) EmptyJeu 8 Nov 2018 - 16:10

Conrad se pince les lèvres, sa tasse de thé désormais glacée entre les doigts. Une tasse qu’il abandonne finalement sur la table de la cuisine. Il n’ose pas jeter un coup d’œil à l’horloge – il sait pertinemment qu’il devrait être chez lui, à cette heure-là. Que Maxine, elle devrait être enroulée sous ses couettes, endormie. C’est ce que Conrad aurait préféré.
Il a cru, naïvement peut-être, que Brighton serait toujours un havre de paix. Une ville où se poser entre deux missions, à défaut de pouvoir traîner à nouveau ses basques jusqu’à Manchester. Ses cousins, les frangins qu’il aurait souhaité avoir ; les frangins qui l’ont – qui le soutiennent, fondations indestructibles d’une bâtisse qui s’effrite de plus en plus, malgré ce qu’il affirme. Aujourd’hui, c’est contre lui qu’on s’accroche. Mais les fondations qu’il offre sont creuses, éventrées à l’intérieur. Fragiles, fébriles. Et les mots de Maxine claquent. Un manque, qui revient sans cesse. Un manque qui le bouffe, lui aussi. Un manque qui s’étouffe sous les regrets – celui de ne pas avoir été là. Celui d’être arrivé trop tard. Un adage qui le poursuit depuis sept ans. Presque huit.
La gorge nouée, Conrad se redresse. La chaise grince sur le carrelage en même temps que son âme. Écorchée, à vif, c’est un néant qui l’abrite. « Il me manque aussi. » Tous. Ceux qu’il a enterré et ceux qu’il a abandonné, au fin fond d’un pays tourmenté. Il se souvient des blagues, Conrad. Des blagues de Thompson et de Charlie – les coups de coude entre les côtes et les sourires aux relents goguenards. Conrad, c’est quand qu’tu sors de ton placard ? Mais Conrad, il s’en est échappé sans le savoir lorsqu’à la place des secrets, les cadavres s’y sont accumulés. Il abandonne l’humour noirâtre – il n’en a plus la force. Ça grince trop, autant pour elle que pour lui. Alors à la place, ses bras s’enroulent autour de ses épaules, étreinte maladroite d’un roc qui s’érode depuis qu’il a enfilé l’uniforme. Encore plus depuis qu’il s’en ait débarrassé. « Quoi qu’il arrive, je suis là. » Une affirmation et une promesse. « Ford aussi. » Pas d’hésitation, au creux de sa voix. Parce que, quelque part, Ford n’est jamais loin non plus.

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