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 ice ice baby + laurel

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MessageSujet: ice ice baby + laurel   Mer 8 Aoû - 20:35

Une soeur contre un rayon de soleil. Le sentiment d’avoir manqué une vie, d’être le roc de substitution dans un univers qui chancèle. Laurel, elle n’avait d’yeux que pour son jumeau. Son coeur s’éloignait sur les pistes de glace. Elle ondulait avec une douceur infinie, enlaçait les étincelles d’argent et les variations du temps. Puis la chute. La carrière à l’arrêt. Un silence qui envahissait la blessure - qui s’imposait dans nos étreintes, nos conversations. Je n’étais pas l’épaule qu’elle choisissait pour pleurer. Je n’étais qu’un nom de plus sur la liste des contacts à prévenir en dernier. Je me redressais au milieu de l’atelier. La peinture séchait sur les bordures du bois, vaporisant l’odeur diluée des pigments et de la résine. Mon esprit vagabondait. Mon regard s’accrochait au détail, imaginait la teinte mastiquée et la forme arquée du meuble. Je l’avais crée de toute pièce, façonné à ma manière. Des heures à mélanger les éléments. Des années d’expertise et l’échappatoire à une enfance solitaire. Les parents nous aimaient tous. Mais la différence était là. Elle incrustait dans mes côtés et enserrait ma poitrine. Je ne luttais pas pour l’affection. Dans un élan de lassitude, je me refusais aux sentiments - aux valeurs émotionnelles et dépendantes aux autres. Ma fratrie était bien mieux comme ça. Je mis les mains dans les poches et plongeais à nouveau dans mes pensées. Je rêvassais du bonheur - songeais aux événements heureux. Mes prunelles s’émerveillaient, calquaient les images sur les croquis et dessinaient des oeuvres authentiques. Une marque de génie qui s’épandant dans mon monde. La possibilité d’une collection complète, d’un contact et d’une production à la chaîne. Je n’avais pas leur intelligence ni l’éthique morale de cette famille chrétienne conservatrice. J’étais le maillon faible - l’intrus dans une suite d’excellence. Un pari de mon sang, de mon héritage. La malédiction du Kane qui ne pouvait pas. Aîné à genoux. Aîné au coeur perturbé par une dyslexie passagère et des erreurs scolaire. Un parcours atypique pour les fils des virtuoses. Je soupirais en appuyant sur le crayon. Les lignes s’arquaient pour se consolider sur le papier. Un millier d’idées et de fragments. Je pinçais les lèvres en me levant de mon siège. Elle m’attendait déjà. Cette petite soeur dont on parlait. Un bout de moi en elle, palpitant dans un océan d’incertitudes. Pour la première fois, je ressentais sa peine. J’imaginais le chagrin qui tailladait ses veines et ses organes. Je m’élançais dans le vestibule afin de rejoindre la café au bas de la rue. Mon regard glissait sur les silhouettes, furetait à la recherche de son sourire voluptueux. Je m’approchais lentement. « Hey sweetie. » Marmonnai-je en déposant un baiser sur son crâne. «Tu manquais, ça va les entrainements sans l’idiot ?» Référence à son meilleur ami - son amoureux, peu importait la dénomination maintenant qu’il avait brisé son coeur. J’esquissais un sourire désolé.

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Laurel Kane

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MessageSujet: Re: ice ice baby + laurel   Sam 25 Aoû - 3:00

Absence (n. f.) : fait pour quelqu'un ou quelque chose de ne pas exister ou de manquer. Il n’y avait qu’un seul être manquait à son petit monde, Laurel. Son double, son jumeau, celui qui possédait une partie de son cœur. Disparu dans la nature, volatilisé, ayant embarqué dans le premier vol en direction d’elle ne sait où en compagnie de cette fiancée qu’elle se refusait à apprécier. Une énième dispute, une terrible colère, des gestes et des paroles prononcés sous l’émotion. Elle n’avait plus que des regrets pour lui transpercer le cœur, du moins, ce qu’il en restait. L’autre part s’étant brisée, fissurée par amour pour lui. Son partenaire, son meilleur ami. Une lueur sur sa route qui avait cessé de briller, ne laissant qu’une sombre noirceur dans ce trou béant au milieu de sa poitrine. Roman. Cameron. La déchirure de se voir arracher ce qu’elle avait de plus précieux, ce qu’elle chérissait plus que sa propre vie. Aveuglée par son orgueil et son insolence, elle les avait tout deux perdus, la solitude l’ayant accueilli à bras grands ouverts afin d’étouffer ces sanglots qui se cantonnait au fond de sa gorge depuis trop longtemps. Dans toute cette équation, pourtant, la jeune femme avait écarté involontairement l’une des rares personnes qui souhait encore que son bonheur. Joey, ce grand frère, ce protecteur. Celui qui veillait à distance sur eux, sur elle, sans jamais s’immiscer dans cette dualité préexistante. Laurel et Roman était ensemble depuis le premier jour, alors qu’ils n’étaient que de petits grains de sable dans le ventre de leur mère. Si l’amour qu’elle avait toujours portée à sa moitié relevait d’une inévitabilité, celui qu’elle entretenait envers son ainé s’avérait plus timide, plus renfermé. Moins expressif, moins spontanée. La jeune Kane réalisait néanmoins à quel point elle avait besoin de lui. Besoin de cette présence rassurante dans sa vie, alors que tout ce qu’elle avait de plus cher s’écroulait sous ses pieds. Alors que son monde basculait vers un inconnu dont elle ne connaissait pas tous les tenants. Dans ce petit café, elle l’attendait sagement, son regard depuis longtemps égaré au fond de sa tassé de thé. Elle sentit sa présence avant de reconnaître sa voix, laissant cette caresse sur le haut de son crâne lui apporter un brin de chaleur. Un haussement d’épaule en guise de réponse, et un soupir pour combler les mots qui lui manque, et qui refuse de se faire entendre. – C’est… différent. – se contente-t-elle seulement de lui répondre, incapable de lui confier l’affable vérité. Que patiner sans Cameron, ça n’a pas la même saveur. Que la glace perd de son éclat quand il n’est pas là. Que de gagner quelconque médaille ne l’intéresse plus, si ce n’est pas avec lui qu’elle les a gagnées. // Outfit

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MessageSujet: Re: ice ice baby + laurel   Mer 29 Aoû - 0:33

La chaleur embaumait mon esprit. Je sentais sa détresse et imaginais le vide. Une chute infernale qui tourbillonnait autour de sa silhouette. Elle se mourrait loin de ses patins. Un abandon presque volontaire depuis le départ de Roman. Depuis que l’équilibre s’était rompu et que l’absence était devenue physique. Un manque à gagner. Une place qu’il était impossible d’accaparer. Parce qu’à leurs yeux, je n’étais qu’un frère oublié. Plus grand. Plus loin. Avec des vices intellectuels et des mains rongés par les copeaux de bois. Je soupirais en m’asseyant à ses côtés. Laurel se laissait dissoudre dans la tristesse. Esseulée, lasse d’une compétition qui perdait sa beauté sans partenaire. Je n’avais plus d’avis. Mes jugements se limitaient à ce bonheur dont elle se privait par désespoir. Ma main glissait sur son épaule et j’attrapais sa main afin de fixer son regard. Des prunelles ténébreuses, voilées par le mal insondable et la perte de ses repères. Je voulais l’aimer aussi. Je voulais avoir de l’intérêt. Mais son affection semblait difficile. Des sentiments qui s’entortillaient dans un silence outrageant. Des rencontres gênées par une complicité en exil. J’aurais espéré plus - tellement plus. Une personnalité épanouie et un coeur ouvert. Des mots doux et le courage de lutter contre les angoisses sentimentales. Le courage de faire le bon choix. De retenir les gens et de les enlacer de toutes mes forces. Mais la solitude du studio me happait du monde. Je me perdais au creux des matériaux et des croquis. Une échappatoire nécessaire à mon esprit. Un univers propre, loin des exigences sociales et des échecs. Je souris en hochant la tête. Je voulais lui insuffler l’espoir de continuer. La force de reprendre son existence et ses rêves. L’amour n’était qu’une façade. J’avais survécu à mes relations. Je survivais aujourd’hui encore, aux jougs d’un mariage médiatisé et la timidité presque ridicule entre un homme et son épouse. Une union sur le papier, jamais dans le corps - jamais ailleurs que dans les sourires échangés et les promesses d’un avenir meilleur. « T’es pas ma frangine pour rien… » Me moquais-je gentiment. Tout deux à taire les peurs, à étouffer les pensées et les angoisses qui rongeaient le coeur. Une similitude qui creusait le fossé entre nous. Qui contraignait le silence et rendait nos exodes solitaires. «Abandonne pas, Laurel. » Soufflai-je en m’éloignant. Elle ne confiait pas ses doutes mais je savais. Ils reviendraient tous. Et inévitablement, les choses rentreraient dans l’ordre. Avec son jumeau. Avec son meilleur ami. Et je ne serais qu’une chimère à nouveau. Une ombre qui se distillait au fond du couloir. Celui qu’elle ne voyait jamais - celui qui n’était bon qu’à enflammer les commentaires du les réseaux sociaux. «J’aime pas te savoir comme ça. Viens rester à la maison quelques jours, ça te fera du bien. » Je la regardais avec instance, espérant profiter d’un moment de quiétude encore - avant que les sentiments tournent et qu’elle oublie que Joseph existait. Que Joseph était là, toujours.

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MessageSujet: Re: ice ice baby + laurel   Lun 3 Sep - 21:55

Elle s’était jetée dans le vide sans même savoir si quelqu’un ou quelque chose serait là pour la rattraper, avant qu’elle n’atteigne le fond du gouffre. Roman n’était plus là pour lui porter secours, et Cameron avait choisi la fuite plutôt que de confronter ses propres sentiments. Elle n’avait plus que Joey a qui se rattacher. Joey, ce grand frère qu’elle avait toujours idolâtré, petite, et qu’elle portait en grande estime sans pourtant être à même de pouvoir le lui témoigner. La présence de son jumeau, à ses côtés, avait parfois suffit à l’écarter de l’équation. Mais désormais confiner dans son absence, elle s’en voulait de ne pas avoir su se rapprocher de ce dernier. De ne pas avoir su l’aimer comme elle avait aimé Roman. Aveuglée par une affection fusionnelle, elle en avait oublié l’essence même de ce qu’est une famille. Handicapée des sentiments, noyée sous la complexité des rapports humains, Laurel éprouvait un mal viscéral, un mal-être sournois qui s’infiltrait dans ses veines, la paralysant émotionnellement, ce qu’elle cachait derrière cette froideur qui voilait son regard. Elle s’efforça de rendre son sourire à son ainé, mais elle ne parvint qu’à produire un maigre rictus peu convaincant. – À croire qu’on a peut-être plus en commun qu’on veut bien le croire. – Joey et Laurel se ressemblaient à bien des égards, bien que plus que les jumeaux qui s’affichaient comme des opposés en tout point, malgré leur complémentarité. Ils parlaient peu de leur sentiment : l’un par fierté, et l’autre par entêtement. Ils restaient des êtres sensibles au cœur tendre, bien qu’ils se refusassent à l’afficher librement. Par orgueil, par peur du jugement. – Ça semble si simple, dit comme ça. – Ne pas abandonner, continuer de se battre. Contre quoi? Contre la vie qui s’acharnait sur elle? Contre le destin qui s’évertuait à lui retirer tout ce qu’elle avait de bien? À quoi bon. Quand on a déjà tout perdu, il n’y a plus rien à sauver. – Je vais pas abandonner, Jo.  J’ai juste besoin… de temps. – Pour réfléchir à l’avenir. Pour songer à ce que sa carrière pourrait devenir sans lui. Avait-elle seulement envie de continuer sans sa présence à ses côtés? Se sentait-elle assez forte pour affronter en solitaire les milliers de regards posés sur elle, s’indignant de la fin de ce partenariat professionnel? Pour l’instant, elle préférait ne pas y songer. Ne pas imaginer ce que ça pourrait être. – Et jouer les chaperons entre ta femme et toi? – S’immiscer dans la vie privée de son frère n’avait réussi qu’à le faire fuir à l’étranger. Elle ne souhaitait pas reproduire le même schéma avec Joey. – Je ne voudrais m’imposer. – Nouvellement installée dans un appartement qu’elle partageait avec une fille du nom de Rhian, Laurel avait à peine pu savourer son indépendance retrouvée. Ses parents l’avaient forcé à passer quelques jours en leur compagnie, à dormir dans sa chambre d’enfants où la présence de Roman embaumait l’air, sa trachée peinant à retrouver sa capacité de respirer. Elle quémandait un peu de solitude, un rare moment où elle pouvait se retrouver avec elle-même. Une introspection douloureusement nécessaire pour qu’elle puisse continuer à avancer, peu importe la direction qu’elle prendrait.

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MessageSujet: Re: ice ice baby + laurel   Dim 9 Sep - 17:19

Le sentiment gonflait ma poitrine. Un mélange de culpabilité et de colère. Peut-être la tristesse de n’être qu’un dernier recours. Le seul frère à portée de mains. Les jumeaux s’étaient crée un univers. Et je n’étais qu’un fantôme dans leurs sillages. Un gosse oublié, dans l’atelier au fond du garage. Mes doigts s’usaient sur le bois. Et mon esprit vagabondait entre les croquis, sur les courbes grisonnantes du crayon. J’étais différent, né solitaire et né dyslexique. Vilain petit canard au milieu d’une famille intellectuel. Ma gorge se serrait alors que je me tournais vers le comptoir. Mes paumes effleuraient le verre de Gin. Une boisson qui brûlait la chair. L’illusion, presque, obscène d’un lien fusiionnelle avec cette petite soeur qui se mourrait dans ses détresses. Je la regardais en silence, le coeur endeuillé de ces confessions jamais avoués. De l’amour fraternel substitué par la glace et Roman. Il y avait tellement d’hommes dans sa vie qu’il ne restait plus de place. Je buvais une gorgée d’alcool et laissais le liquide s’enliser dans mon oesophage. Je ne comprenais pas cette sensation de vide. L’apnée et le malaise qui nous contraignaient à l’absurde. « On dirait que ça te surprend. » Sifflai-je tout à coup. Une voix chevrotante, échappée d’une bouche écorchée par des années de silence. Une émotion jamais définie. L’exclusion de tout, de la cellule familiale et des réunions. Je me détournais afin de ravaler l’amertume. Mes ongles glissaient sur le rebord afin de se cramponner aux réalités matériels. Un espace vaste ou mon esprit chavirait - ou le souvenir transperçait mes yeux. Je leur en voulais encore. C’était stupide. « Le temps de quoi ? Plus tu allonges ta pause plus tu te fais oublier. » Elle devait s’entraîner afin de retrouver ses capacités. Une blessure cicatrisée ne suffisait pas. Laurel était patineuse, elle avait besoin de légèreté et d’harmonie. Je haussais les épaules — Son rejet ne m’étonnai pas. Elle ne voulait jamais intégrer mes routines, se calquer à mes envies et ma compagnie. Ma femme avait ses préoccupations. Elle était douce et compréhensive. Le problème, c’était nous. Ce vide creusé entre nos silhouettes. Les non-dits et la comparaison constante avec Roman. Etait-ce un crime d’être l’ainé ? De n’avoir jamais réussi à être visible ? Je crispais les doigts et avalais mon shot. «Comme tu veux. Je suppose que je ne peux rien faire pour t’aider. Désolé de ne pas être Roman. » La nonchalance cachait le ressenti. Je préférais étouffer la douleur qui se faufilait dans ma peau, oblitérer le mal et la distance qui se créait entre nous. Par fierté ou par erreur, le sentiment demeurait coincé dans mes bronches. Je n’arrivais pas à respirer. A me libérer des poids qui pesaient sur ma conscience. En tous rapports, ma vie était une indécision perpétuelle. Une peur de l’engagement et des responsabilités. Cordelia en était la première victime. Elle endurait mes évasions et ma solitude. Les heures à travailler, à peindre et imaginer un monde où j’étais différent.

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