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 metal and dust + gabi

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MessageSujet: metal and dust + gabi   Mer 8 Aoû 2018 - 12:24

Agenouillé, la tête inclinée, le torse droit - un bouquet de fleurs sauvages entrelacé dans mes doigts, priant avec ferveur pour une absolution qu’elle refusait d’accorder. Gabrielle était blessée. Elle saignait sur le souvenir d’une parole maladroite - d'un geste de violence nerveux. Le choc post traumatique m'avait emporté. Et ma vanité avait fait le reste. Elle avait ravagé mes sentiments et ma bonne conduite. Mes lèvres se mouvaient silencieusement. J’étais seul face à la porte de la boutique. Les passants jugeaient ma posture étrange. Ils se moquaient de ces impulsions romantiques qui me poussaient vers le ridicule. Le crépuscule tombait sur la rue. La brise se faufilait dans mes vêtements. J’étais incertain - ma conscience vacillait et mon courage prenait la fuite. J’étais nerveux, peut-être amoureux. Ma gorge se serrait alors que je murmurais mon discours. Un texte ficelé, préparé à l’avance pour saisir la chance d’une vie. Une chance devenue lointaine et improbable. Elle avait trop pardonné. Elle avait trop supporté. Maintenant, Gabrielle s’oubliait dans ses mélanges. Les aromates s’entortillaient dans ses poumons tandis qu’elle inversait les fioles et les épices. Je ne bougeais pas, acquiesçant aux punitions universelles. Parce que l’amour était grand. L’amour irradiait de mes yeux qui s’encraient sur la façade. J’imaginais sa silhouette sur le toit, sa chevelure nuageuse emmêlée dans une constellation d’étoiles. Elle était si belle - une créature merveilleuse, illuminée par ses passions, brisant la paroi terne derrière laquelle je vivais hébété. Elle tendait la main pour me sauver du monde. Une caresse bienveillante, chaleureuse que mon coeur rejetait par habitude. Jude avait raison. Jude savait mieux que personne. Je sombrais à nouveau dans mes vices. Je choisissais le mal pour contrer le bien, puis je m’enfermais dans le cercueil du héros. Je soupirais en attendant le châtiment. Mes phalanges se contractaient, une douleur épouvantable, roulant sur mes os et ma conscience. Les heures se consumaient sur les rebords du trottoir. J'attendais sans faillir, puis elle apparut enfin, le visage envahi par une expression de gravité aussi insoutenable que les yeux vides d’un masque. Je me redressais en l’observant, le coeur sidéré par sa démarche gracieuse. Comme toujours, elle coupait le souffle. Elle perforait mes veines et mon coeur. «Gabrielle, ne t’en vas pas.» J’articulais lentement. Mon âme était oppressée et je m’efforçais à l’approcher, à sourire pour lui insuffler l’espoir. «J’ai fais le con. Je m’en veux. » Mes pas se succédaient sur le goudron, semant la distance et les ratures qu'on s'infligeait. Je le tendis le bouquet dans un mouvement disgracieux. Mon poignet tremblait mais je voulais lui montrer - je voulais qu’elle observe les améliorations et les retours d’une motricité défaillante. J’étais désolé de l’avoir chassé. Désolé de lui épargner mes horreurs et la vision d'une guerre oubliée. «Tu les prend pas ? Je pourrais pas tenir longtemps tu sais. » Sifflai-je en soutenant mon coude de l’autre main. La sueur perlait sur mon front mais je ne lâchais pas prise. Je refusais de battre en retraite, maintenant.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Ven 10 Aoû 2018 - 22:58

Le temps était passé. Les larmes aussi. Julian était devenu un nuage de fumée entêtant. Une odeur persistance qui colle au coeur mais qu'on cherche à oublier. Les sentiments étaient puissants, mais peut-être pas assez puissant pour combattre les armes et les giboulées de sang. L'esprit embrumée, je m'étais réfugiée dans ma boutique des jours durants pour éviter de penser. De réfléchir à une vie sans lui. Sans cet être brisé par la vie. Peut-être n'étais-je pas assez forte pour illuminer ses jours. Pour colorer ses nuits. Mes gestes étaient précis. La passion au bout des doigts. Je m'efforçais à imaginer le bouquet final. Une déclaration olfactive unique. Une notes sucrée d'iris de Florence, de jasmin d'Arabie de fleur d'oranger et d'essence de patchouli. Le ciel avait déjà changé de couleur lorsque mon regard se portait sur le monde extérieur. Enfin. Le ventre bourdonnant, je déposais la dernière goutte au fond du flacon. Une nouvelle philosophie de vie, un nouveau chemin vers le bonheur entre les mains. Je vaporisais le nectar au creux de mon cou, de mes coudes afin de tester cette formule qui me rappelait cette nuit au bord du lac. Celle ou nous nous étions dit oui sous l'ombre des pétales du jasmin. Soudainement, une silhouette se détachait de l'ombre. Trop petite pour être celle que j'avais espéré. Elle ne bougeait pas, comme ancré dans le sol. L'angoisse au bout des lèvres, j'attrapais ma bombe lacrymogène fermement, prête à en découdre avec la racaille de Brighton, sans me soucier d'un quelconque rapport de force, l'adrénaline dans les veines. J'avançais vers porte d'entrée lorsque je découvris Julian. Durant quelques secondes, mon regard s'accrochait sur le bouquet de pivoine qu'il tenait avec toute la conviction du monde. Lorsque notre regard s'accrochait, je détournait les paupières, les cils lourd. Le coeur au bord des lèvres. Avoir des sentiments pour un Baker s'était un voyage constant dans un grand huit. Il faut avoir le coeur bien accroché. Dans un sursaut de fierté, je tournais la pancarte OPEN pour CLOSE ainsi que le verrou pour sortir par l'arrière, la peur au ventre de le retrouver et de souffrir. J'espérais que ça ne soit qu'un mirage, comme les précédents. Casse-toi. S'il te plait et ne revient plus jamais. Je fronçais les sourcils en sentant l'air fouetter mon visage, en entendant sa voix percer les nuages. Gabrielle, ne t’en vas pas. Pourtant j'accélérais le pas jusqu'à ce que sa grandeur ne se dresse devant moi.  Je n'osais pas relever les cils. Retrouver la noirceur de ses yeux. Son poignet s'imposait sous mon regard. Ses tendons étaient droits. Les tremblements avaient diminué. Je voulais sourire et caresser ses progrès du bout des doigts, mais à l'inverse, je croisais mes bras contre ma poitrine, enfonçant presque mes doigts dans ma chaire pour ne pas succomber à l'appel des sentiments. J'attrapais les fleurs, les jaugeant l'espace de quelques secondes pour les tendre à une vieille femme l'instant d'après.  avec les salutations de monsieur soufflais-je  en le regardant enfin. Il avait pris cent ans depuis la dernière fois. Nous étions devenus vieux à essayer de nous éviter.  Tu peux ranger ta main, tu te fatigues pour rien à ses mots, je posais ma main sur la sienne pour la ramener contre son torse, le soulageant dans l'effort.  Automatiquement, le contact me fit frissonner. Il me faisait ressentir ce que je voulais oublier. Le manque. Tu as fini ? Je dois ... je dois nourrir les poissons de ma voisine. Mais ... ça m'a fait plaisir de te voir. Tu ... tu as l'air de bien te porter j'esquissais un rapide sourire cordial pour fuir cette envie qui secoué mon corps de ne plus le quitter.  
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Sam 11 Aoû 2018 - 2:04

Un goût de poussière envahissait ma bouche. Journaliste apatride, rescapé d’une guerre effroyable - démuni et déchu. Il n’y avait plus rien à sauver. La balle avait effleuré ma vanité avant de se loger dans le muscle. Je soupirais en fixant la porte du magasin. Gabrielle était magnifique dans ses silences. La tristesse enlaçait ces lèvres délicieusement rosées sous les clairs de lune. Les fleurs à l’abandon, un rejet mérité puisque je l’avais mal traité. Puisque la colère avait bousillé les sentiments. Son parfum vacillait sur mes narines. Je me laissais bercer par ses aromates boisées. Filtre d’amour ou sortilège antique ? Son pouvoir grandissait en moi. Il étreignait mon âme. Je repliais le bras en la suivant dans la pénombre. Elle se détachait de la lumière, se fendillait dans l’ombre d’une nuit qui semblait éternelle. Je serrais les dents. Sa main effleurait la blessure. Elle avait cette douceur dans les gestes, cette douceur dans le corps. Je retenais ma respiration. Je ressentais sa douleur. Je ressentais l’effroi et la peur de l’engagement. J’avais failli une fois. Je m’étais détourné et ce soir, son tour était venu. Son sourire s’effaçait dans un spasme étrange. Je la laissais filer entre mes doigts, la main planté sur mon torse tel qu’elle avait apposée. Je ne pouvais pas me résoudre à courir, à enjamber ses pas pour la retenir. Gabrielle s’amenuisait dans les ombres de la rue, pressée de sauver la vie de ses poissons imaginaires. Je n’y croyais pas - pas une seule seconde. Je secouais les épaules et lissais nerveusement les plis de ma chemise. J’étais perdu, sans elle. Sans la moitié viable d’un coeur qui palpitait à contre sens. Toutes les émotions se confondaient. Je me tournais afin de consulter mon téléphone. L’écran glissait sous mes tremblements et les messages se succédaient au bord des pixels. Jude connaissait l’ampleur de ce sentiment. Le désespoir insoutenable qui gorgeait mes viscères à chaque fois qu’elle s’en allait. «Alors c’est ça ? Tu vas me quitter à chaque fois qu’il y a un petit soucis entre nous ? J’ai dis des trucs cons mais c’est qu’un détail … Je suis mal mais c’est juste un putain de détail, Gabi… Je …» Ma voix se brisait au fond de ma gorge. Elle me manquait, c’était terrible. J’aurais dû lui parler d’amour. Prononcer l’incantation magique et me laisser submerger par la beauté de ses proses romantiques. Mais les mots se fracturaient dans ma bouche. Je ne pouvais plus faire de promesses. «Je suis désolé mais tu devais partir. Je ne regrette pas. J’ai cassé un bière et tu as sursauté … » La peur s’était faufilé dans ses prunelles argentées. Quelque chose c’était brisé. Et je ne le supportais pas. Je ne supportais pas de la décevoir encore. « C’est plus dur quand c’est toi, Gabi. Je veux pas que tu me vois comme une merde. Alors s’il te plait, parle moi.» Je voulais entendre ces lamentations qu’elle enfouissait derrière ses yeux rebelles. Un amour insurgé et triste. Un divorce déchirant et des rencontres pour rien. Mille baisers échangés pour combler le vide, mais au final - nous étions condamnés aux mêmes enchainements. Jude voulait que je lui confesse mes sentiments mais il ne savait rien de mes tourments. Il ignorait les symptômes quotidiens et la peur au ventre. Gabrielle n’était pas une femme que j’aimais. Gabrielle était un onguent céleste. Un parfum qui se répandait en moi quand je débouchais le flacon et qui enflammait mes poumons. Elle était l’air que je respirais et la fumée qui m’assassinait. Elle était là, puis un jour, elle ne l’était plus.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Mer 15 Aoû 2018 - 22:44

Il n'avait plus de place pour l'amour, juste pour les illusions. Notre histoire était devenue un moyen de se raccrocher à un passé qui jadis lui semblait heureux. Mais ses sentiment semblaient enseveli par le sable brulant d'Orient. Et je n'avais plus la force de combattre les bourrasques, même pour ses beaux yeux. Les oasis étaient devenus réels. Il s'était perdu entre les cuisses montagneuses d'une maîtresses ocre. Imaginaire. Sa silhouette agenouillée se détachait derrière la vitrine, mais je n'osais pas la regarder. Je n'avais pas envie de la regarder lorsque j'étais encore capable de vouloir ses bras. Alors je fuyais, encore une fois, passant à ses côtés d'un pas hâtif lorsque l’écho de sa choix se mit à résonner  dans la rue, contre chaque façades, pour me parvenir aux oreilles ébranlant ainsi ma timidité. Les paupières closes, je m'arrêtais en me mordillant la lèvre pour ne pas l'envoyer balader, pour ne pas l'insulter face à ces démonstrations affectives. Ses fleurs se fanaient entre ses mains, leurs odeurs se distillaient dans le vent, les laissant apatrides. J'écoutais son psaume, presque attendri. un petit soucis ... t'es mal   répétais-je avant de rire. Sans aucune honte, sans aucune gêne. Ses mots avaient l’innocence d'un enfant, mais il n'en était plus un depuis longtemps. a main se dressait devant moi, ses lèvres me suppliaient d'épargner ses articulations alors j'attrapais ses excuses entre mes doigts pour les tendre à une autre. Après tout, c'est ce qu'il faisait toujours. Donner à une autre. Tu veux que je te parle ...  la voix basse, je m'approchais pour éviter d'offrir un spectacle de rue aux plus curieux. Encore une fois, tu ne vois que tes états d'âmes. Parce qu'ils n'y a que les tiennent qui compte. Y'a toujours eu que toi. Un coup tu veux m'appeler Madame Baker, puis tu veux ta liberté. Tu veux me reprendre, puis tu veux que je parte et maintenant quoi Julian ? Je suis censée revenir parce que tu l'as décidé ? murmurais-je redressais mon regard dans le sien, les sourires froncés non pas par la colère, mais par la douleur. La tristesse. Tu ne t'en rends même pas compte . Il avait vu la guerre mais je vivais ma propre guerre de 100 ans. Voilà, telles étaient mes lamentations, mais les avaient-ils déjà considéré ?  tu ne sais même pas ce que tu veux Julian et tu sais quoi ? Je ne sais même plus ce que je veux moi aussi. C'est fatiguant de t'aimer soufflais-je en haussant les épaules, presque résolue.  
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Sam 18 Aoû 2018 - 0:01

Je chancelais entre ses paupières rosées. Une ombre fugace, étreignant la flamme qui se consumait lentement dans son coeur. Gabrielle, la passionnée malheureuse, tourmentée par les disputes et les injures. Je me rapprochais encore, effleurait l’esquisse d’un rêve qui se fracturait sous les lampadaires. Elle était si belle dans l’obscurité. Je l’aimais. Je l’adorais. Soudain, le sentiment me frappait de plein fouet. Notre rupture était violente. La douleur et la séparation transcendaient l’âme et l’esprit. Une liberté qui devenait prison. Un amour effrité et lasse. La tension serrait mes phalanges. Ma main ne guérissait pas. Elle ne faisait que toucher, frôler la précision d’un mouvement maladroit. Rien n’avait changé. Je n’avais pas le courage de confesser. La colère avait disparu et il ne restait que les chimères de nous, un millier de souvenirs humides qui s'agglutinaient entre les nuages. Je n’y croyais pas. A ces rédemptions des âmes perdues. Aux miracles de la médecine. Nos malédictions se rejoignaient dans la nuit. Un baiser qui frémissait entre mes lèvres, et qui doucement, se transformait en poison. Je ravalais ma fierté. Elle m’en voulait encore. Sa voix murmurait au creux de sa gorge. Je restais immobile - le coeur broyé entre les côtes. Jude tenait le même discours. Ce qu’ils appelaient égoïsme n’était qu’une forme de détachement individuel. Un stoïcisme philosophique ayant pour finalité le bonheur et la tempérance. La raison au détriment de l’émotion. L’absolution de l’intellect et l’ambition inébranlable. Tant de qualités qui se cachaient dans le vice. Je haussais les épaules.«Je sais ce que j’veux. J’ai toujours su, Gabrielle. Une femme qui ne part pas. Une personne qui sera là, à chaque instant. Sans que je ne m’inquiète de sa santé, de ses douleurs. Je veux quelqu’un pour moi. Jude était là puis il est parti. Il y'a des mois, des années de sa vie que j’ignore. Des secrets que je devine. Je veux tout savoir quitte à crever sous les bombes. » Elle ne comprenait pas ces élans suicidaires. Elle ne voyait que l’épave au fond de l’océan. Un journaliste déchu. Un mari adultère. Je ne l’avais même pas trompé. Ce n’était qu’un baiser, une escapade fugace. «C’est chiant de t’aimer aussi. C’est pas pour autant que je m’arrête. Je t’ai demandé d’être madame Baker mais tu as envoyé les papiers du divorce. » Je grommelais en tendant le bras. J’avais mes chagrins aussi. J’avais ressenti son absence et le malaise. Il n’y avait pas de répit dans mes yeux, seulement des images de sang qui s’entreposaient dans ma mémoire. Des mots et des phrases qui s’entortillaient sous ma plume. « Je suis venu te récupérer. Je bougerais pas avant que ça ne soit fait. » Déclarai-je avec détermination, les yeux rivés sur son visage. Une confrontation tacite, une supplication qui résonnait en écho dans ma tête. Nous, c’est pour toujours.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Sam 18 Aoû 2018 - 10:49


Le deuil était devenu impossible. Son ombre se faufilait chaque nuit sous mes paupières, chaque jour devant mes yeux. La noirceur de ses yeux hantait mon esprit durant des heures tandis que la mélodie de son coeur frappait insatiablement contre mes tympans. Julian était mon poison. Plus puissant que Lupo puisqu'il ne me laissait aucun répit. Sans cesse dans mes pensées depuis le premier jour où nos regards s'étaient croisés. Les histoires éphémères n'avaient aucune importances lorsque l'ont a déjà trouver son âme soeur. Je savais déjà dans quel bras je voulais m'endormir. Me réveiller. Ceci jusqu'à la fin de mes jours. Mais l'aimer était devenu un combat quotidien. Et je n'avais plus la patience de composer avec ses humeurs. De supporter ses fantaisies. Mes sentiments s'apparentaient à de l'auto-flagellation. Il approchait. Je reculais de peur de trébucher contre son torse sans pouvoir jamais m'en défaire. Son parfum était une escale éternelle. Aussi puissant que des sables mouvants. Je déposais au creux de mes lèvres un air qui se voulait détaché pourtant, j'absorbais chacune de ses paroles. Sa bouche se déliait maladroitement. Toujours de reproches inconscients. Les sourcil fronçaient, je redressais le regard. J'étais devenue par la force des choses, tout ce qu'il détestait. Mon prénom était associé à la fuite et la maladie. Trop fragile pour lui épargner cette inquiétude. C'était plus simple de se tourmenter pour le reste du monde que pour sa femme. Son ex femme. Je soupirais face à ses lamentations. Et c'est peut-être la chose la plus raisonnable que j'ai faite ... Est-ce que tu t'es déjà demandé pourquoi tu m'aimais ? . Mon coeur se mit à battre sous l'impulsion des mots. Je craignais qu'il prononce la phrase de rupture. Celle qui effacerait les peut être .  Regarde-moi Julian. Mes cernes coloraient ma peau. Mes veines étaient gonflées par la fatigue. La douleur se réveillait peu à peu sans que l'issus puisse changer. Les symptômes apparaissaient laissant présager la prochaine crise. J'attrapais ses doigts pour les entrelacer aux miens. Tu n'as pas besoin de me récupérer. Je suis tout ce que tu ne veux pas et ça fait mal. Je haussais une épaule, un léger sourire aux lèvres. J'avais été là au bon moment. Le départ de Jude l'avait conduit entre mes bras. Dans mes draps et même jusqu'à l'autel. Je relâchais son bras, imposant à nouveau la distance.  Tu devrais oublier les bombes et les dunes dorées. La plus belle guerre est là  murmurais-je en posant une main contre mon palpitant. aussi belle que dévastatrice.  parce que maintenant que j'avais compris la nature de ses sentiments, mon coeur venait de tomber sous l'assaut de ses armes : ses mots.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Sam 18 Aoû 2018 - 17:00

Je vacillais vers son profil, les sentiments étiolés au fond du coeur. Une douleur assassine qui tourbillonnait dans mes veines. C’était trop difficile. Ma démarche se fendillait sous les ombres de la nuit. Ses yeux transperçaient mes pensées. Elle avait raison, Gabrielle. Elle était malade et fatiguée. Lupus laissait ses marques sur sa peau. Des tâches d’orange et de pourpre qui s’alanguissaient sur ses joues. Son corps était un champ de ruines. L’exutoire de nos soupirs, de nos lamentations silencieuses. J’étais pathétique, ainsi posté face à la boutique. Un être stupide, au pied du mur. Une carrière suspendue dans le vide et des idéaux cramés sous les soleils d’Orient. Je n’avais pas écris un mot depuis des semaines. Je n’avais pas ressenti le besoin de m’exprimer ni celui de faire couler l’encre. Une âme à l’arrêt. Une passion confinée dans la peur d’un succès qui ne venait jamais. Les paroles de Jude résonnaient dans mon crâne. Je l’avais déçu aussi. Lui, la personne la plus importante de mon univers. Lui, le jumeau et le sauveur. Je déglutis en hochant la tête. J’acceptais ses blessures. J’acceptais l’éventualité même, de la rupture. Mais si elle me quittait cette fois, je ne reviendrais plus. S’il n’y avait plus de chance, je préférais l’effacer complètement. Vendre la maison et avancer dans une autre vie. Je me rapprochais, effleurait ses doigts tremblants sur ma poitrine. La lune aveuglait mes yeux. Son parfum se faufilait dans mes bronches, une vapeur plus amère que le tabac et l’alcool. Une ivresse qui me poussait au bord du précipice. «Parce que j’ai besoin d’une raison ?» Je savais  ce qu’elle pensait. Qu’elle n’était qu’un substitut, un amour que je troquais contre un frère. Jeune et vulnérable, une moitié de palpitant en dedans et l’autre dehors, sillonnant le monde à la recherche d’aventures. « Tu penses que t’es la seule femme au monde ? J’aurais pu tomber dans les bras de n’importe qui mais c’est toi qui me manque. C’est toi, c’est tout.» Parce qu’il n’y avait pas de logique. Son sourire m’étreignait - ses caresses m’enchantaient. Je l’observais avec étrangeté. Les cernes voilaient son regard malicieux. Je doutais, déjà. J’anticipais le malaise. Une scène vécue un millier de fois. « Oui, tu es tout ce que je redoute. Mais je m’inquiète quand même. Je m’inquiète quand t’es pas là, quand je te regarde et que tu as l’air ailleurs.» Je serrais sa prise. Elle semblait si fragile entre mes bras. Une poupée de porcelaine, qui se fissurait sous les bourrasques du vent. « Gabrielle, est-ce que ça va ?» Murmurai-je en fronçant les sourcils.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Sam 18 Aoû 2018 - 20:39


Le vent venait dessiner des frissons contre ma peau. Les cheveux légèrement mouillaient, la sueur perlait contre ma nuque alors que la fièvre enroulait mon corps dans une épaisse couverture en laine. Je ne voulais pas qu'il m'approche, qu'il me touche. Je ne voulais pas qu'il sente cette chaleur étouffante qui irradier de mon corps. Les douleurs étaient encore lointaines mais je ressentais déjà les prémices d'une crise qui pouvait durer des jours. Cela faisait un moment que lupus ne m'avait pas rendu visite. Ma compagnie de lui était pas apparu nécessaire jusqu'à aujourd'hui. Le cops fragile mais le coeur au bord des lèvres. Je tenais à soutenir son regard pour ne pas faire naître l'inquiétude au ceux de son ventre. La peur me hantait encore tout comme les images de cette soirée où il avait terminé entre les draps de cette blonde plantureuse. Ce sourire qui avait éclairé son visage le temps d'une soirée face à la morosité qu'il affichait lorsqu'il se couchait en peine nuit à mes côtés. Les jours n'étaient pas toujours faciles et jamais l'idée de critiquer ses évasions ne m'étais venue. Notre bonheur était ma principale préoccupation, même si nous devions être loin de l'autre. Souffrir pour sourire. Face à ces confessions, je ne pu m'empêcher de tourner le visage en me mordillant la lèvre pour réprimer un sourire. Je sais pas si j'aurais pu assumer d'être la seule femme sur terre. Tant de personne à satisfaire  soufflais-je rieuse en plongeant mon regard à nouveau dans le sien. Les yeux fatigué mais éclairés par une nouvelle lueur. Cette fois-ci, je laissais ses bras m'accueillir me fichant du feu qui me consumait.  Désolé ...  soufflais-je, la bouche contre son torse. Discrètement, je me reposais contre lui pour ne pas vaciller. Les sentiments me retournaient, me fatiguaient. Ressentir était éprouvant. A sa question, je hochais simplement la tête. Je n'arrivais plus à faire semblant aillant déjà puisé dans mes réserves énergétiques. Mon corps ne pouvait plus supporter.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Ven 24 Aoû 2018 - 14:31

Je l’avais aimé à m’en tordre le coeur. Chaque battement était dédiait à ces sentiments d’amour. Chaque spasme musculaire était une confession grumeleuse qui raclait la surface de ma bouche. Face à ses yeux, je ne parvenais plus à parler. Le silence s’imposait et le mal revenait. Je serrais le poing et suivais les fluctuations de la lune sur les tranchées de goudron. L’air s’électrisait entre mes bronches, la nécessité du tabac ou seulement le vide qui s’agrandissait à chaque pas. J’étais déjà fatigué. De tenir face à la forteresse de glace. De justifier mes insécurités et mon égoïsme. Sa maladie n’était que le bon prétexte. Une liberté qui s’offrait et que je saisissais sauvagement. Je pinçais les lèvres et la fixais avec étrangeté. J’écoutais les ondulations de sa voix. Je remarquais pour la première fois, sous les néons des lampadaires et les éclats de lune, à quel point ses joues étaient racées et son teint blafard. Gabrielle était faible - elle survivait à nouveau, laissant lupus la ronger et les symptômes enivrer son corps. Des crises que j’avais respiré mille fois. Des séjours à l’hôpital et des nuits passées au chevet du diable, priant pour que la bête s’endorme et que la douleur disparaisse. Je l’aimais aimé à m’en tordre l’estomac. Chaque terminaison nerveuse faisait allégeance à cet aveu. Chaque fibre s’entortillait dans une flamme qui consumait. Je souriais par courtoisie, répondant à une blague qui faisait diversion sur son état. Les prunelles rivés sur sa silhouette, je calculais les fautes et les faiblesses. Je m’inquiétais même sans la réponse. Sans la conciliation et le retour en arrière. Elle était en moi, nécrosée au fond d’un myocarde chagriné par les guerres d’Orient et les conflits des fiefs. Son étreinte coulait entre mes bras. Je sentais toute son agonie. Une lassitude qui me contaminait et me plongeait dans ses émois. Lentement, je la soulevais afin de serrer sa prise. Son parfum se distillait et gonflait ma poitrine. Je l’attirais vers les bancs au bord de la route et forçais le repos dans nos silhouettes vidées par le conflit. « T’as jamais su mentir. » Grommelai-je en attrapant sa main. Je posais sa tête sur mon épaule et fixais l’horizon noir. Elle était chaude, bouillante d’une passion qui avait calciné nos chairs. « Je dois t’emmener à l’hôpital ? » C’était le premier test - la concrétisation d’une promesse romantique que j’énonçais seulement pour la reconquérir. Je n’avais pas imaginé le pire - je n’étais pas prêt à assumer la responsabilité de mes confessions.
Je ne parvenais pas à attraper le téléphone.
Jude était loin.
Et j’aurais espéré qu’il soit là.
Qu’il soit moi.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Lun 27 Aoû 2018 - 20:43


L'histoire tournait en boucle. La cassette n'arrivait jamais jusqu'à la fin. Nous n'avions pas droit au « ils vécurent heureux et eurent beaucoup». J'aurais tant aimé être une autre. Pouvoir lui offrir l'immensité de l'espace. Décrocher chacune des étoiles, tout là-haut dans le ciel, pour éclairer ses nuits obscures. Effacer les cauchemars encore accrochés au bout de ses cils au petit matin. Mais j'étais trop faible pour tendre le bras. Trop fragile pour l'aimer correctement. Durant quelques secondes, je me perdais dans la voute céleste. Immobile dans la profondeur de ses yeux. Pendant un instant, il n'y avait plus que nous. Juste lui et moi. Le décors n'avait pas lieu d'exister, parce que nous n'avions pas besoin de toutes ces fioritures pour exister. Mais cette chaleur qui m'irradiait devenait insoutenable, assez pour que le masque tombe. Assez pour lui exposer mes faiblesses au risque de le perdre. Aimer Julian était devenue l'une de mes plus grande peur, parce que je ne pouvais pas lui montrer qui était la véritable fille venue d'Athènes. Celle malade et pleine de vices. La sueur brillait sur ma peau. Les gouttes s'écoulaient lentement contre mon derme, voyageant entre les tracés osseux de mes courbes. Il pensait que je me laissais aller. Que j'espérais obtenir la taille zéro que décrivaient les magazines. Il avait tout faux. Chaque jour, j'espérais me nourrir sans devoir régurgiter mes repas. Mon système digestif était devenu la proie de Lupo. Je soupirais froidement contre son torse. Une vague violente ne frissons me secouait après la canicule. Telle une poupée de chiffon, je me laissais faire. Ma tête roulait contre son épaule dans l'espoir d'y trouver le sommeil réparateur. Depuis combien de temps n'avais-je pas retrouver sereinement les bras de Morphée ? Son odeur épicée m'avait manqué. Les paupières closes, je secouais la tête dans un dernier effort.  Dis pas de bêtises, tu n'aimes pas les hôpitaux  je souriais en glissant mes jambes sur les siennes à la recherche d'un peu de chaleur. J'ai oublié mes médicaments à la maison la dernière fois ... je voulais pas te croiser  j'ouvris un oeil après l'autre, honteuse devant cette fierté mal placée. T'énerves pas, t'as la voix qui monte dans les aigus quand tu cris.  riais-je en me blottissant davantage. J'ai chaux et j'ai froid. Peut-être que si tu me proposais d'aller à la maison du lac, prendre un bain de minuit, tout nu, ça irait mieux. Je te regarderais .
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Lun 10 Sep 2018 - 16:16

La nuit encerclait mes pieds, s’élevant et mugissant autour de ma tête. Je ne savais plus avancer et nous bercer d’illusions. Ma main s’affaissait sous la compresse. La douleur revenait parfois, voligeant sur ma peau. Un rappel constant. Un souvenir qui se creusait dans la chair. Je l’observais en silence, le coeur meurtri par ses confessions cruelles. L’amour et ses raisons, la dague et la blessure suivant chaque baiser. Une étreinte embrasée au milieu de la rue. Des fleurs abandonnées au bras d’une étrangère. Nos silhouettes distillées sous les néons des réverbères et le banc accueillant nos accolades fébriles. Gabrielle était malade à nouveau. Je le voyais. Je le sentais dans mon coeur. Une pulsation affaiblie par les symptômes d’un loup qui immergeait toujours. C’était chronique. Auto-immun. Un corps qui se battait contre lui même, qui rejetait ses propres organes et ses sentiments. Le romantisme érythémateux disséminé partout. Sur elle. Sur moi. Ses jambes glissaient entre les miennes et je la retenais de toutes mes forces. La colère succédait au contact. Contre le destin. Contre elle, aussi. D’avoir laissé sa fierté l’éloigner. D’avoir choisi d’oublier ses médicaments. Ma gorge se serrait alors que je l’observais en grimaçant. J’aurais aimé transposer nos douleurs, porter ses vices et ses chimères. La serrer dans ma poitrine et effacer la fièvre et tous les symboles de ses affections. Mes doigts glissaient entre ses boucles d’ébène. Elle anticipait mes crises et mes chutes. Je souris en la redressant contre mon épaule. « Faut aller à l’hôpital, Gabi. » Un murmure insistant, l’envie de la sauver de ces démons qui rongeaient la moelle et le coeur. Je cherchais son regard dans l’obscurité, les phalanges flottant autour de ses joues racées et des courbes anguleuses de son visage amaigri. J’avais si peur de la perdre. De la voir disparaitre. Elle ne savait pas se soigner. Et j’ignorais tout de ses remèdes. Je n’étais pas le héros espéré, celui qui pansait les blessures et éloignait la source du mal. A ses côtés, je succombais toujours. Je me détachais afin de fuir la tragédie d’un amour qui brûlait mes entrailles. Gabrielle m’échappait sans cesse. Elle filait entre les étoiles et je demeurais là, prisonnier des mines et des bombardements d’Orient. Ma bouche s’inclinait vers son front. J’étais tellement désolé d’être un mauvais mari. Un mauvais exemple. De la laisser encore, ce soir. Mes rétines se fendillaient sous la lumière. Une émotion craquelée, formant des perles au ras de mes cils ténébreuses. Je ne pleurais pas. Je ne parlais plus. Je m’imprégnais de la simplicité de ces rencontres forcées par la douleur. Une douce pénitence. Un enchaînement à l’ici-bas, aux voeux marmonnés au bout de l’autel. Elle portait la couronne du martyr et j’étais là, saignant à son bras. Frémissant de la froideur du vent qui se dissipait entre mes flancs. Je caressais ses lèvres et me levais, la portant doucement. Mon poignet me tiraillait. Des sutures craquées et une cicatrice qui s’ouvrait à nouveau. Mais je n’esquissais pas la moindre grimace. Je marchais jusqu’au trottoir et huais un taxi. « On parlera quand tu seras moins fatiguée, pas vrai ?  » Je ne la regardais pas. De peur de la voir s’effriter. De la sentir se dissoudre dans mes bras.
Elle était si précieuse.
Si chère.
Et moi, je ne faisais qu'essayer.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Jeu 20 Sep 2018 - 22:48


Les étoiles se dessinaient dans le ciel. Le cosmos nous ouvrait ses bras pour éclairer nos silhouette de sa lueur argentée. Je regardais les angles de son visage dans l'espoir de les tracés du bout des doigts, mais je n'arrivais pas à lever la main. Non pas à cause de la fatigue qui m'enveloppait dans son sillon. Non. Je restais suspendu entre passé et futur. Incapable de saisir le présent qu'il m'offrait du bout des doigts. Notre amour se confondait dans les lignes pourpres de la Pomme Interdite. Le fruit défendu. Mais j'étais bien plus coriace qu'Eve. Un soupir s'échappait d'entre mes lèvres fendue par la nuit. J'aurais aimé le contredire. Lui crier qu'il avait tord. Monter sur mes grands chevaux, mais je n'avais pas le force de tenir les rênes. Alors je les lui laissé, préférant lui offrir le denier mot. Je m'inclinais pour la première fois depuis des mois, des années, plus consciente que jamais de la situation. Ses bras encerclaient mes courbes meurtries. Une poupée de chiffon usée par le temps. Les paupières clauses j'espérais profiter du souffle du vent. La jalousie s'étiolait au grès des vagues pour partir vers des rives lointaines. Je t'aime. Je te pardonne. Les pensées creuses, je souriais à son baiser, son odeur me ramenait vers notre histoire qui paraissait si lointaine. Avant tout était plus simple. Nous n'avions pas besoin de poser des mots sur nos sentiments. Un regard remplaçait les longs dialogues inutiles. Mes yeux croisaient les siens pendant que mes bras encerclaient son cou. Le visage posait contre son torse, je le laissais être le héros d'Orient. Mon héros. Les poumons déployaient, j'inspirais son odeur afin de me maintenir éveillée. Julian avait toujours été ma plus grande faiblesse, mais ma plus grande force. Il n'avait jamais eu conscience de son impact. Son aura divin qui illuminé les astres. Pourtant, je savais. Je savais que la déception enlacé chacun de ses membres. J'étais la rose épineuse qui l'empêchait d'avancer. Plantée en plein coeur. Les échecs se posait sur ses épaules et portait mon nom. J'aurais aimé lui crier qu'il avait tord. Qu'il n'étai pas le raté qu'il pensait. Mais la peur me paralysait. Et s'il se rendait compte à quel point il était formidable. Il n'aurait plus besoin de moi. Et la cicatrice se refermerait sans aucune douleur. La promesse que nous nous étions donné au bord du lac était éternelle prenant les allures de ces mythes que je chérissais tant. On a pas besoin de parler. Tu es là. Ca me suffit soufflais-je en reposant ma joue contre sa peau. Le bruit du moteur fendillait le silence noctambule. Nous nous approchions de cet endroit aseptisé. Les sirènes grondaient dans le vent. Ses lumières s'accrochaient au cuir des sièges donnant cet air grave à l'habitacle. Tu vas rester avec moi ?  demandais-je timidement, un parfum d'espérance au fond du coeur. J'espérais l'affirmative, mais je comprendrais la négative.  Tu l'as gardé ...  soufflais-je en contemplant l'or autour de son doigt. Tout à coup, je sentais le vide m'envahir. Ce matin là, j'avais laissé mon identité sur la table de chevet. Depuis, je n'étais plus qu'une imposture. Nous nous installions dans la salle d'attente malgré que Julian ait fait part de ses inquiétudes à la secrétaire, mais il y 'avait plus urgent. L'odeur du sang enrobé la pièce et me donnait la nausée. Voilà pourquoi je n'aimais pas ces endroits. Lupo n'était rien comparé aux autres blessures. La bête invisible.  Hier soir j'ai rêvé de toi. T'étais tout nu  soufflais-je amusée contre son oreille avant de me reposer entre ses bras pour chercher le confort de ceux de Morphée.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Mar 2 Oct 2018 - 14:38

L’absolu tragédie d’une passion qui se fracturait sous les néons des étoiles. Une silhouette amaigrie, blottie sous mes côtes et son souffle pantelant, murmurée entre deux syllabes mal articulées. Gabrielle affligée par la faiblesse musculaire. Par le bourdonnement du monstre dans ses entrailles. Une maladie d’amour. Des syndromes qui s’emmêlaient dans le sang et les cellules. Son corps à l’abandon. Le mien, en berne, suppliant toujours. Mes doigts entouraient ses épaules. Le véhicule avançait dans l’obscurité, tranchant les pensées et les silences. Une voyage dans le passé — un retour mortuaire à ces époques d’angoisses et de souffrance. Je m’accrochais à ses clavicules, puisant dans son apathie, le courage de rester. Les réalités ne changeaient pas. La douleur se faufilait sur ma peau. Et lorsque sa joue se posait contre moi, la brûlure jaillir plus fort. Les phares étouffaient sur l’horizon et je comptais les distances entre l’instant et l’hôpital. Une chorégraphie habituelle. La précipitation vers le standard, les mains serrées et la colère qui animait les mots. Mon impatience face au système qui classait les urgences. Le sang valait mieux que les maux internes. Que son coeur qui vacillait sur la corde raide. Puis les médecins et les questions stupides. Des affirmations répétées et usées. Un dossier médical qui s’alanguissait tandis que les soins tardaient. Ma gorge était nouée. Je me penchais et embrassais délicatement son front. Elle était brûlante. Une fièvre virulente, enveloppant ses prunelles vidées par Lupus. «Je suis là, d’accord ? » Murmure enlacé par les vacarmes des brancards et des bips sonores. Nous nous installions dans la salle d’attente. Les secondes défilaient dans une vaste pièce livide. Je tapais du pieds en serrant sa main. Elle était espiègles, Gabrielle. La parole taquine et l’espoir au creux des paupières. Je fixais mon annuaire et l’alliance dorée qui scintillait sous les lampes. Un souvenir d’elle. Un porte-bonheur, car elle avait été ma meilleure amie puis ma femme. Elle était le soutien et l’ancre de mes émotions. Le coeur, battant dans une poitrine frêle et osseuse, ailleurs qu’en moi. Une moitié différente de Jude. Une moitié qui se mourrait sous mes doigts. Je ne répondais rien. Les belles promesses dégoulinaient sur l’asphalte de cette rue où elle avait rejeté ma confession. « Je crois que tu délires, Gabi. » Sifflai-je en la tenant à bout de bras. Je m’inquiétais — mon visage glissait entre les murs défraîchies. L’attente était horrible. Je m’entortillais dans mon siège, l’étreignant précieusement contre mon cou. «Hey, dors pas. Reste avec moi. » Ma voix s’enrayait douloureusement. L’émotion était trop forte. Les larmes s’embuaient entre mes cils et je ne le supportais pas. Je n’y arrivais pas. Malgré toutes les volontés du monde. Malgré mon amour inconditionnel et ma passion chevaleresque. La voir ainsi, écorchée par le mal, dépouillée d’énergie et de vie. La chérir et demeurer inutile au milieu d’une pièce mortuaire. Crier sans être entendu. L’aimer sans la secourir. Je pinçais les lèvres et me redressais en panique. Mes bras s’agitaient autour de ma tête. Je suffoquais dans mes vêtements. Dans cette âme et ce corps qui m’étaient étrangers. « Je dois parler à Jude. Il me faut Jude … » Un appel à l’aide pour combler le vide. Une détresse qu’il était le seul à ressentir, à comprendre. Mon jumeau. Mon sauveur. Gabrielle, je suis tellement désolé. Mes yeux la fixaient avec insistance. Comment un amour aussi fort pouvait-il ne pas suffire ? Je crispais mes doigts dans les poches de ma veste. « Attend moi. » Sifflai-je en sortant mon téléphone. Attend-moi. Mais je ne suis pas sûr de revenir.
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MessageSujet: Re: metal and dust + gabi   Sam 13 Oct 2018 - 10:45


qui ramène à la quintessence des souvenirs. L'hôpital n'en était plus un lorsque j'en franchissais les portes. Le sol se transformait en vaste étendue émeraude. La musique s'élevait dans les airs pour faire vibrer les étoiles. Elles brillaient avec passion dans ce cil nébuleux. Le bêlement de moutons s'harmonisait avec le braiment des ânes au loin. Le goût des olives titillait ma langue en l'instant tandis que des silhouettes familières dansaient au loin au rythme des flammes. Puis, la voix de Julian s'alanguissait entre les arches de la maison des paternels. L'air innocente, je me tournais vers lui, le sourire aux lèvres. A chaque fois que je passais les portes battantes, c'était cet instant que je choisissais de revivre. Officiellement le mariage de ma cousine. Officieusement, la première rencontre de Julian avec la Grèce. Pour la première fois depuis 1 an, il était là. A mes côtés. Pourtant je préférais rejoindre son souvenir. Parce que lui était heureux. Son sourire était encore accroché à mon index curieux. Ma chaleur corporel n'avait de cesse de grimper sans jamais trouver sa limite. Je n'osais pas bouger. Je ne voulais pas qu'il puisse sentir l'eau qui s'était accumulé dans les fibres de mes vêtements, sur ma nuque. La faiblesse lui faisait peur. Ma faiblesse creusait la distance. Tu sais, mon père ne ta jamais aimé. Parce que je suis resté ici à cause de toi.Puis un soir, tu lui as dit quelque chose et depuis t'es devenu un fils. Je me suis toujours demandé ce que tu lui avais dit  mon regard s'abimait à essayer de rester conscient. Mes paupières étaient aussi lourdes que l'enclume au fond de l'océan. Je secouais la tête, seulement pour lui faire plaisir. Seulement pour tenter de le rassurer, de l'apaiser. Mais la vérité était tout autre. Morphée me tirait avec une telle violence que lutter me rendait d'autant plus faible. La chaleur s'enroulait autour de mes muscles pour soudainement m'abandonner dans une froideur glacière. Une constellation de frissons éclairait ma peau d'albâtre. Julian fuyait. Mon corps s'effondrait contre l'assise du fauteuil. A cet instant une vague de lucidité me submergeait. Julian n'avait pas changé. La peur s'enroulait autour de son coeur, écorchant sa chair. Il me demandait de l'attendre mais je savais qu'il ne reviendrait pas. La mention de Jude n'était pas sans conséquence. Un prénom pouvait valoir mille mots. Mille excuses. Je ne répondis pas. Il n'y avait rien à dire. Notre rapprochement n'était que superficiel. Les restes d'une passion inassouvie qui n'avait pas de finalité. L'amour ne suffisait pas à contrer la maladie et ses envies de liberté. Alors que son visage disparaissait derrière le hublot, le médecin venait me chercher pour une prise en charge urgente. Les lèvres bleuté par la froideur de la maladie et celle laissait par ses bras lorsqu'il m'avait quitté. Encore une fois.
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