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 searching you + jill

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Andy Cavendish

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MessageSujet: searching you + jill   Dim 5 Aoû - 18:02

Soleil mouvant sur une pupille dilatée. Un mirage - un souvenir. Les effluves de l’alcool et l’aigreur d’une soirée qui remontait dans la gorge. Mes veines palpitaient si fort, créant une valse de sentiments. Un mélange d’émotions et de colère. Je me redressais en secouant les bras. Le canapé ceignait ma silhouette. Le tissu enlaçait chaque particule dénudée d’un corps laissé à l’abandon - chaviré entre les fluctuations des rues et les caprices d’une ivresse ridicule. J’avais passé l’âge de noyer mes chagrins dans le vin. J’avais passé l’âge de me languir d’un homme, de le rêver - de l’espérer. Mais il était néfaste, James. Encore plus mortel, que Will. Un poison qui roulait dans mes veines. Qui étreignait ma poitrine jusqu’à ce que mon essor se brise, se déchire, sous les jougs d’une passion refoulée. Un soldat contre un autre. Une identité qui s’effrite, puis renait de ses cendres. Et moi, pauvre idiote, avide de chaque fragment, prête à recoller chaque morceau. Je soupirais en ouvrant les yeux. La lumière était aveuglante. Pire, que le sentiment. Pire, que la nostalgie. Je me levais dans un équilibre maladroit, longeait les couloirs tortueux et les pièces d’un appartement que je ne reconnaissais pas. Mes jambes fléchissaient, trébuchant sur des meubles et des obstacles inconnus. Je flottais dans un monde étranger. Je me perdais dans les reliques d’une histoire parachevée par une rupture sanglante et une guerre magnifique. Mes yeux se faufilaient sur les murs, croisant des arabesques harmonieuses et le reflet d’une chanteuse au menton aigu. Sa chevelure ondulait sur ses tempes, voilant chaque blessure et chaque expression. Je me penchais, effleurait le miroir et retrouvais mon visage sur l’autre rive. Le vent glissait sur mon dos. Frisson et désillusion. Eveil paradoxal et migraine insoutenable. La confusion se mêlait à la panique. J’inspectais mes sous vêtements et cherchais mon sac sur la pile de coussins. Rien de grave. Aucun acte sexuel, de gré ou de force, exercé sur ma charpente négligée. Personne n’en voudrait, de toute façon. D’une femme qui murmure l’amour d’un autre. D’une artiste qui sillonne les bars et les scènes de rue. Je me tournais, sortais mon téléphone et marchais vers la cuisine. Je reconnaissais le profil nuageux de Jill au milieu du décor. La grâce de ses mouvements et les vapeurs sucrées d’un parfum dont elle était la seule à détenir le secret. Mon coeur s’apaisait. Les éléments s’emmêlaient et mon esprit, enfin éveillé, assemblait les pièces manquantes. Mon pouce roulait sur les meubles et je m’installais, les coudes alignés et la tête flottant sur un buste accroupi. « Oh mon dieu, je me suis réveillée en mode ou suis-je? J’aurais dû reconnaitre ton vase hideux et les fleurs de lys qui décèdent sur le plancher. » Grommelai-je en posant la joue sur la table. «Je me sens mal. C’est violent dans mon crâne, Jill. Achève moi, please Maugréai-je en débrouillant l’écran de mon téléphone. Trois appels émis. Un message douteux. J’avais bombardé la boite vocale de James. Mon dos se dressait tout à coup. Je fixais ma meilleure amie, le coeur en bouillie - menaçant de tomber, de chuter si fort et de se briser. «Je crois que j’ai appelé mon ex.» Sifflai-je d’une voix horrifiée.

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MessageSujet: Re: searching you + jill   Ven 17 Aoû - 19:55

La silhouette de Jill se meurt dans les draps. Ses tempes cognent si fort qu’une nausée passagère vient lui soulever le coeur. Les vestiges d’une soirée trop arrosée s’activant. L’alcool coulant à flot dans ses veines et celle de sa meilleure amie. Pour voir les rires éclore. Pour sentir les effets du liquide amer effacer les souvenirs douloureux. Pour pouvoir s’extirper dans un monde plus drôle, plus doux. Comme si c’était la marche à suivre. La chose la plus simple à faire pour arrêter de penser. De ressasser le pire. Elle se croit forte, Jill. Elle a l’impression d’avoir retrouvé les pieds sur terre. D’avoir pu passer au travers de ce filet chaotique. D’avancer de manière certaine alors que le chemin se fait à tâtons. Le coeur brisé par les émotions qui subsistent là dans les bas-fonds de ses entrailles. Les larmes qui coulent à l’abri des regards pour ne pas éveiller les soupçons. La rage qui dévaste tout et devient reine à chaque fois que ses poings se serrent. Alors hier soir, elle a tout oublié. La mort de Soren. La sensation funeste qui a emprisonné ses veines. La peine si forte qu’elle a eu la sensation de mourir de chagrin. L’impression d’être vivante et pourtant morte à la fois. Rhys. Son putain de souvenir. Sa putain d’absence. Et tout ce qui suffit à lui rappeler à quel point la souffrance est aiguisée. Chaque heure. Chaque minute. Tout le temps. Un pansement à peine collé sur une plaie encore béante. Alors elle lâche un soupire. Elle s’extirpe des draps et enfile une nuisette de soie. Ses mèches blondes rappelant la dorure du sable chaud vient retomber en cascade sur ses épaules. Elle avance d’un pas lent et ne peut réprimer un rire complice en attendant Andy. Pour elle aussi, l’oubli semble la meilleure option. Boire pour ne pas penser à son ex. Boire pour tenter de se persuader que les choses vont bien. Mais rien ne va. Ni pour elle. Ni pour Jill. Alors l’alcool n’est qu’un mirage. Une sensation salvatrice qui deviendra désastreuse la seconde suivante.
— Tu me dois un vase hideux d’ailleurs. Je te fais grâce des lys.
Elle se baisse à la hauteur des débris de porcelaine les ramassant un à un. Puis c’est les lys encore frais qui glissent dans ses phalanges. Ses fleurs favorites. Celles qui devaient orner son bouquet de mariée. Il était conçu. Prêt à disparaître dans la paume de ses mains alors qu’elle s’avancerait dans l’allée centrale pour rejoindre son fiancé. Celui qu’elle ne portera jamais et dont elle subira le poids douloureux. L’espace de quelques secondes, la mélancolie vient orner ses traits fins et elle sent l’enveloppe de son coeur se mourir d’une sensation si douloureuse. Si amère. Chassant les idées noires au portant des enfers, Jill se rapproche de sa meilleure amie et prend place à ses côtés. Tendre comme à chaque fois, elle effleure ses mèches ébènes d’un geste doux et rassurant.
— Si tu t’étais contentée de l’appeler Andy, ça aurait pu passer. Tu t’es mise à chanter un titre de Elvis Presley sur sa messagerie vocale.
Jill ne peut pas s’empêcher de se marrer. Parce que dans la forme, la scène était cocasse. Mais dans le fond, elle connait le poids de la blessure. Parce que les deux femmes partagent tout. Le meilleur et souvent le pire. Un soutien mutuel depuis plusieurs années qui n’en finit pas. Et c’est sans doute ce lien si fort qui suffit à les aider, à les faire tenir, à se raccrocher au fil invisible de la vie.
Celui qui disparaît parfois.
Celui qui paraît si fragile.
Celui sur lequel elle danse en tombant trop souvent.
Celui qui s’est brisé y a bien longtemps.
Jill finit par s’éclipser dans la cuisine préparant une mixture dont elle a pris l’habitude les lendemains de cuite. Elle vient la déposer sous le nez d’Andy avec détermination.
— Tiens, bois çà. Meilleur remède pour la gueule de bois.
Mais pas pour panser ton coeur veut-t-elle rajouter avant de se raviser. Elle voudrait la voir heureuse. Elle voudrait la voir dans les bras de celui que son palpitant n’a pas pu se résoudre à oublier. Elle voudrait lire la joie sur ses lèvres cerises et le bonheur dans l’ombre somptueuse de ses prunelles.
— Rappelle le. C’est évident que toi et lui ça appartient pas au passé.
Pas comme moi et Soren.
Pas comme moi et Rhys.
Pas comme moi et ce coeur qui ne bat plus qu’à moitié.

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Andy Cavendish

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MessageSujet: Re: searching you + jill   Lun 20 Aoû - 12:10

Elle gardait les souvenirs et j’en imprimais les détails. Chaque fragment, tous les messages, les drapeaux, les corps et les étoiles. Tout ce que l’armée nous avait enlevé. L’air était immobile dans mes poumons. Je respirais la vie à contre sens, savourant les vapeurs d’une rupture qui me brûlait encore. Il était parti pendant trois ans. Il était parti pour toujours. Je relevais les yeux et fixais la silhouette de Jill. Elle aussi, sa douleur était lancinante. J’en avais aspiré la moindre émotion. J’étais tombée à genoux, priant pour qu’elle survive à ses tentatives d’évasion. Il y avait un mal qu’elle ne pouvait supprimer. Un chagrin qu’elle ne faisait que transposer de regard en regard - de elle à moi. Je redressais les épaules. L’espace tourbillonnait entre mes prunelles fatiguées. Une brume pourpre, un voile putride enlaçant les murs et les meubles de l’appartement. Tant de vestiges d’une nuit ensorcelée. Des nuées d’êtres flagellées par l’angoisse et la volupté d’une ivresse exhalée entre nos lèvres. Avait-elle réussi à oublier le temps d’une danse ? D’un sourire pour un inconnu ? Nos passions se consumaient. Fumées écarlates que mille orgies de sang ne pouvaient effacer. Je crevais sous les spasmes de plaisir et les désirs interdits d’un soldat meurtrier, déserteur. Une étreinte putride et grossière, maculée de regrets et de colère. Je comprenais Jill. Toutes ses souffrances me semblaient profondément familières, comme puisées à la source de mon intimité. Parce que nous étions les âmes jumelles, immortelles et indissociables. Deux bouts de femmes à l’agonie - au bord du gouffre. Quand je n’avais plus la force de le détester, c’était moi que je haïssais. La faiblesse musculaire qui s’abattait sur mes jambes et qui m’empêchait de prendre la fuite - de le quitter à tout jamais. On se dévorait, se vomissait des mots et des ressentiments empoisonnés. Je l’avais trompé au nom d’une liberté qu’il n’avait pas le courage de saisir. Une séparation qu’il n’avait osé formuler parce qu’il n’était qu’un fantôme de Marjah. Ma trahison était l’acte héroïque pour une nation qu’il avait abandonné en baissant les armes. William, James et peu importe son visage. Ma gorge s’enflammait. Partout dans la pièce, il me semblait apercevoir l’éclat d’une lumière froide et la vibration d’un verre de vin. Oui, c’était bien ça. J’aurais englouti une autre bouteille. J’aurais effacé chaque bout de lui jusqu’à me noyer dans le coma. Mais au delà de l’hérésie, résonnait une joie infinie, un rire éternel et divin qu’il ne pouvait me retirer. Une croyance folle et imaginaire, que le romantisme existait. Que les héros s’élevaient, renaissaient de leurs cendres pour étreindre leurs amoureuses. Une innocence sentimentale qui se transformait en tristesse dans l’attente. « Tu me dois des remerciements, plutôt. Les motifs tribaux c’est tellement overrated Grommelai-je en me tortillant sur mon siège. Mes jambes flottaient dans le vide. La distance vers le sol semblait interminable. Comme en apnée. Comme si je tombais, sans cesse. «Oh non.» Minaudai-je avant de m’esclaffer à mon tour. Tout me revenait. Chaque note. Chaque parole. Can’t help falling in love, l’horreur. C’était digne d’un film pour adolescents. J’avais passé l’âge d’appeler mon ex - de chanter sur les rythmes douteux du Blues et de me plaindre.  «J’espère que j’ai pas chanté faux. » Soufflai-je en me tenant la tête. La migraine était trop forte. Je plissais les yeux en reniflant le remède de Jill. Une odeur amère de gingembre et d’élixirs miraculeux que je buvais d’une seule traite. « Je peux pas, Jill. J’essaie tout le temps mais il est tellement différent, ça me brise le coeur. Et toi … Rhys n’est pas mort tu sais. » Je secouais la tête en lui adressant un sourire. Elle avait encore une chance. Elle pouvait rattraper la chute et effleurer l’esquisse d’un bonheur fugace avec cet autre qu’elle avait ignoré. « C’est moi ta meilleure ami. Pas lui. » Il y avait autre chose. Une évidence chancelant entre les étoiles. Un appel du coeur intemporel, rampant entre les flots mouvants pour retrouver son chemin vers elle.
Rhys, ce n’était pas fini.
Tant qu’il lui manquait.
Ça ne serait jamais fini.

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MessageSujet: Re: searching you + jill   Mar 21 Aoû - 15:09

La peine d’Andy résonne chez Jill. Comme un peau à peau qui s’entame sous les détonations. La poussière du terrain vague qui devient aveuglante. Les corps inertes au sol. Le sang qui coule et vient foudroyer le bitume crasseux. Puis elles, au milieu du vacarme. Victimes collatérales des drames. Des silhouettes qui chutent. Des palpitants qui crèvent. Et de la douleur qui devient si forte, si répugnante. Ces hommes en uniformes qui débarquent. La peine déformant leurs traits. Les mots devenant des lames incisives qui dérobent chaque émotion. Et le monde qui s’arrête de tourner. Jillian se souvient de tout. De ses pieds nus qui ont foulé le parquet froid en entendant la sonnette. En ouvrant la porte, la blonde avait compris avant même que les paroles ne fusent. La gorge serrée. Le coeur en berne comme les drapeaux. Elle n’avait rien dit. Elle avait écouté. Chaque lettre offrait une danse macabre au moment où ses yeux brillants captaient ceux des soldats. Il était mort au combat. Mort sous le feu de cette explosion. Un attentat suicide sur le camp où il oeuvrait. Un médecin militaire qui sauvait les autres. Un médecin militaire qui avait fini par y laisser sa propre vie. Elle n’avait pas réagit. Pas un mot. Pas un mouvement. Elle s’est contentée de rester ainsi. Debout, inerte, dévastée.
Elle était morte avec lui.
Elle était morte avec tous les hommes tombés au combat.
Elle était morte avec toutes les épouses, les époux, les enfants, les familles.
Elle était morte avec l’amertume en couverture.
Andy avait été présente. Comme sa famille. Sa silhouette étendue près de sa robe de mariée. Celle qu’elle ne porterait pas. Celle qui resterait un souvenir déchirant. Sa meilleure amie avait caressé ses cheveux en lui promettant que ça irait.
Mais ça n’allait pas.
Ça ne passait pas.
Ce n’était qu’un étau constant sur ses épaules.
Et si son grand amour à elle n’était pas mort, ça ne changeait pas grand chose. La guerre est venue l’user jusqu’à la moelle. Chaque souvenir devenant pour lui trop difficile. William portant les traumatismes à même l’échine. Son esprit torturé par tout ce qu’il avait pu vivre. Lui, ses compagnes d’armes. Au point de tout envoyer valser. Au point de changer d’identité. Comme si un nouveau prénom suffirait à panser les cicatrices sanguinolentes. Andy souffre. Jill souffre avec. L’humanité souffre de cette violence qui ne finira pas. Et son coeur s’ébranle quand elle ose prononcer l’imprononçable. Quatre lettres. Quatre putain de lettres qui éclatent en plein vol et soulèvent le palpitant de la blonde. Les yeux plongeant dans le trouble. La nervosité venant ravager ses phalanges tremblantes. Elle ne veut pas parler de lui. Ni même laisser ses pensées s’égarer. Elle veut continuer à se mentir et à se persuader qu’il appartient au passé. C’est faux. Cruellement faux.
— Tout serait plus simple s’il l’était. J’arriverai à ne pas le détester. Parce que c’est vraiment malvenu de détester un mort, non ?
Elle le déteste autant qu’il lui manque. Elle le déteste autant que son coeur l’appelle. Elle le déteste autant que son corps ai pu le désirer. Les silences devenant une torture. Une lame trop pointue qui réouvre la plaie pourtant béante. Alors parfois au détour de pensées nauséabondes, elle voudrait que les rôles s’inversent. Soren vivant. Rhys mort. Parce que le médecin savait l’aimer. Il savait être présent. L’épauler. Se montrer fort quand il le fallait. Se montrer amoureux comme si demain le monde s’arrêterait. Il savait être tout à la fois. Tout sauf Rhys. Tout sauf lui. La différence devenant au final bien trop cruel.
— Je l’ai appelé. J’ai écris des centaines de messages. J’ai eu aucune réponse en retour. Il peut pas être plus clair, j’crois.
Elle avait écrit. Après leur baiser sur le pas de la porte pour comprendre. Mais il n’avait rien dit. Elle avait écrit à la mort de Soren. Il n’a rien répondu, se contentant de venir à l’enterrement, le visage marqué et les lèvres mutines. Elle avait écrit seule dans ses draps glacés en l’implorant de venir, de lui souffler que les choses allaient s’arranger. Aucune réponse. Elle avait écrit en l’insultant et en lui crachant sa haine. Aucune réponse. Elle avait chialé comme une gamine sur sa boîte vocale laissant sa fierté de coté. Aucune réponse.
Alors elle arrêté d’écrire.
Elle a arrêté de parler.
Et elle a continué de crever à petits feux.
Elle lâche un soupire et se rapproche d’Andy. Sa main glisse alors sur la sienne et à nouveau elles ne font qu’une sur ce champ miné. Celui de la vie. De leurs existences bafouées.
— James sera marqué à vie par ce qu’il a enduré et vu là-bas, mais même si ça prendra du temps Andy, il est bien vivant et vos chemins se rencontreront à nouveau.
Le temps. Tout semble une question. Laisser du temps pour se reconstruire. Pour fermer les blessures. Pour panser les palpitants. Pour anesthésier les rancoeurs. Du temps. Encore temps. Un peu plus de temps à chaque fois. Jill en est convaincue. James et Andy ne peuvent pas abandonner leurs rêves à deux. Ils doivent se retrouver. Ils doivent faire contrebalancer le poids de la violence.
— Et si ça foire, promis, toi et moi, on vivra heureuses jusqu’à la fin de l’éternité. Mais seulement si à moi aussi tu me chantes du Elvis.
Elle se force à sourire pour détendre l’atmosphère bien trop pesante. Et avec légèreté ses lèvres cognent sur la joue de sa meilleure amie. Elle ébouriffe sa chevelure ébène et l’attire dans ses bras.
Une étreinte apaisante.
Une étreinte douce.

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MessageSujet: Re: searching you + jill   Mer 22 Aoû - 18:30

Une fracture du coeur enlacée par l’amertume de l’alcool et l’illusion d’une ivresse qui berce et transporte. La voilà, la concrétisation de nos soirées libertines. Des exodes nocturnes à travers les bars de la ville et l’impression de s’envoler - de s’oublier. Mes yeux s’usaient entre les meubles. Une lutte sans merci contre les souvenirs et les images. Ils étaient morts. Physiquement. Humainement. Peu importait, vraiment. Il ne restait que des chimères de nos vies qui s’emmêlaient dans le silence. L’ennemi, c’était le monstre derrière la porte. Le fantôme de ces hommes partis au front. Leurs hurlements imaginaires, la douleur qui transperçait les âmes. Soren était parti. Et Will me quittait encore. Chaque jour, il mourrait un peu. Il se perdait dans une agonie effroyable. Je ne pouvais pas le sauver. J’étais impuissante face à ses blessures. Je le regardais disparaitre, immobile et paralysée, les lèvres scellées par une couche de sang qui pourrissait sur mon derme. Je l’avais trompé, putain. C’était moi, le méchant de l’histoire. La connasse. Mon souffle s’enflammait dans ma gorge. Je souffrais. Je saignais. Je ne supportais plus mon corps. La guerre avait laissé ses marques sur nos joues où les larmes s’agglutinaient toujours. J’avais cessé de le pleurer il y a trois ans. Lorsque le monde s’était arrêté et que la dépression avait broyé ma chair. Je la comprenais, Jill. J’y avais pensé aussi. Aux cachets et l’évasion finale. J’avais respiré les méandres d’un désespoir si grand qu’il avait empoisonné mes pensées. Un mal contre un autre. Un deuil qui s’abrégeait par le suicide. Mais je n’avais pas son courage. Je n’avais pas la force d’abandonner. Je me redressais sur le siège. Nos prunelles s’effleuraient dans la pénombre. Milles mots qui déferlaient entre nos consciences jumelles, des confessions qu’il m’était impossible de prononcer mais que je partageais du bout des cils. Tu m’as manqué tout le temps. Pendant tes heures d’inconscience. Lorsque l’eau remplissait la baignoire et que Teddy essayait t’extirper les pilules. Tu m’as tellement manqué, si tu savais. Le vide me submergeait. Nos mains se joignaient dans une étreinte ravageuse. Je refusais de lâcher prise, de la perdre à nouveau. Parce que nous étions indissociable - perpétuellement amoureuses et perpétuellement ensemble. «Pas vraiment. Je déteste Hitler et je m’en veux pas une seule seconde.» Marmonnai-je en hochant la tête. Rhys lui manquait, autant ses défauts que ses qualités. Une complicité absolument unique, blottie sous les arcs de leurs battants fébriles et virulents. La passion était mortelle. Elle tuait ou elle rendait fou. «C’est un gamin, Jill. Il a pris peur de tout ce que ce baiser représentait pour vous. Il reviendra. Tant que t’es là, il reviendra.» L’émotion bordait mon regard. Je la sentais brûler et se consumer sur mes rétines épuisées. J’avais besoin de sa voix. J’avais besoin d’elle, toujours. J’esquissais un léger sourire. James était là. C’était le plus dur. Son absence avait laissé un trou que même son retour ne pouvait combler. J’étouffais au bord du précipice, les artères nouées autour des poumons et l’impression d’une apnée qui s’éternisait. Sa silhouette se penchait lascivement. Elle effaçait les doutes et fermait les plaies. Mes bras entouraient son cou. Je retrouvais enfin l’équilibre. Je me redressais et m’accrochais à ses épaules. «Je suis tellement désolée, Jill…» De t’avoir laissé seule. D’avoir été aveugle et stupide. «Aw ton remède est trop efficace. Je sens déjà la joie qui me quitte. Tu crois qu’on aura toujours besoin de Tequila pour survivre? » Raillai-je en me détachant, essuyant d’un revers de la main, les larmes qui commençaient déjà à perler.
Une faiblesse qui enveloppait mon expression.
Qui lui disait à quel point je l’aimais.
A quel point, je m’en voulais.
«C’est mieux quand t’es là, tu sais ? »
Un aveu qui devenait évidence.
Parce qu’elle était la source de lumière dans une nuit éternelle.
La lune qui déchirait la voute pour se loger dans mes yeux.
Et si Rhys ne le voyait pas.
Ce n’était qu’un idiot.

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MessageSujet: Re: searching you + jill   Jeu 23 Aoû - 13:41

Elle a flippé aussi, Jill.
Une viscérale au creux des tripes.
La pointe des pieds au contact du sol humide et ses lèvres claquant contre les siennes. Un baiser venu de nul part. Une remarque qui frôlait la folie. Sa main le long de se torse, l’échine frissonnante et brûlante de tout ce désir réanimé. Elle avait cru rêver un court instant. Elle n’avait rien compris en réalité. Ni sa présence ce soir là. Ni sa manière de remettre en cause ses fiançailles-. Ni ce baiser. Ni cette disparition dans la nuit à peine étincelante. Elle avait fermé la porte avant de glisser contre. Les genoux ramenés vers son buste et les questions en suspend. Les lèvres encore souillées de ce goût sucré sur lesquelles ses phalanges passaient et repassaient comme pour enregistrer ce moment. Les paupières closes en culpabilisant de vouloir revivre ça encore et encore. Puis plus rien. Le silence. Aussi pesant que l’annonce qui a suivi une semaine plus tard. Alors Jill n’a rien à répondre. Oui, c’est un idiot. Non, il ne reviendra pas. Elle est en convaincue. Il a disparu. Il a choisi de partir et de la laisser. Maintenant, il lui suffit de vivre avec ça et c’est sans doute le plus difficile. Mais blottie dans les bras de sa meilleure amie, tout paraît plus calme, plus doux. Elle s’excuse Andy. Et il ne faut que quelques secondes à Jillian pour comprendre la raison. Une raison qu’aucune n’a vraiment évoqué à voix haute. Parce que la blonde continue de réfuter tout ce qui a pu se passer quand la brune veut éviter le conflit. Cet épisode a été passé sous silence dès la sortie de la clinique pour Jill. Elle a repris ses habitudes sous la surveillance affûtée de ses parents et trois frères. Puis de Andy qui continue de s’inquiéter même si l’avocate se reconstruit. Elle le voit Jill. Elle le sait. Parce que dès qu’elle boit un peu trop, sa meilleure amie lui lance un regard perdu. Parce que lorsqu’elle prend un cachet pour la migraine, c’est la rage au coeur qu’elle pense la perdre à nouveau. Une vie bancale avec laquelle la chanteuse se doit de conjuguer pour la protéger.
Pour la sauver de lui.
Pour la sauver d’elle-même.
—  Ne sois pas désolée pour mon vase, Andy. Je vais réussir à te pardonner tu sais.
Elle utilise l’humour pour mieux se défiler. Sa meilleure amie n’a pas besoin de se sentir coupable. Ce n’est pas de sa faute. Ni à elle. Ni à Teddy, Layton ou sa famille. Ce n’est même pas la faute à Rhys. C’est la vie qui est responsable. Pour l’espace de quelques secondes avoir été trop lourde de sens. Pour avoir été impensable à continuer sans lui. Sans eux. Un court instant de lucidité avec ce déclic au coeur pour faire n’importe quoi. Jill avait simplement voulu obtenir un peu de répit. Arrêter de souffrir. Arrêter de penser. Arrêter d’errer comme une âme en peine dans son appartement. Arrêter de pleurer. Arrêter de respirer.
Et l’eau s’immergeant autour de sa silhouette avait aidé.
Comme les comprimés sous son palais.
—  Pas forcément. La vodka c’est très efficace aussi. Même si on risque de finir aux alcooliques anonymes pour nos prochaines soirées.
Elle lance un regard complice à sa meilleure amie et resserre l’étreinte de ses bras autour de sa silhouette. La tequila pour effacer les doutes. La vodka pour anesthésier les coeurs. Le schéma semble tracé d’avance. Mais l’alcool suffit pas pour Jill. Ça n’éradique pas ses pensées plus sombres. Celles qui concernent l’inconnu. Celles qui concernent la suite. Alors malgré tout ça, la blonde s’accroche de toutes ses forces pour ne pas sombrer à nouveau. Elle n’a plus le droit de faire. Elle n’a plus le droit de causer le chaos chez ses proches.
Alors elle sourit.
Alors elle rit.
Alors elle arbore un visage heureux.
Quand son coeur saigne encore.
Et dans un sursaut de lucidité, elle fait face à Andy. Elle replace une mèche brouillonne de sa chevelure ébène. Un geste tendre. Comme à chaque fois entre les deux. Elles s’apaisent mutuellement. Elles s’engagent dans ce peau à peau qui suffit à les sauver, les calmer. Elles ont besoin de l’une et de l’autre comme d’une bonne dose d’oxygène dans les poumons. Et rien ne pourra changer ça.
—  Je vais pas disparaître, okay ? Je suis là. Je suis bien là. Et malgré tout ce qui s’est passé…je m’accroche à la vie. Je m’accroche à ma famille, à toi. Je tiens bon.
Elle ouvre son coeur. Elle met tout en oeuvre pour rassurer sa meilleure amie. Pour faire taire les doutes. Pour faire taire les craintes. Celles que Jill peut lire dans son regard. Dans ses étreintes protectrices. Dans les mots balbutiés de peur de mal faire.
Parce qu’elle est son pilier.
Son ancre à laquelle s’accrocher.
Même quand il fait nuit.
Même quand elle a peur.
Même quand l’absence est trop forte.

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MessageSujet: Re: searching you + jill   Dim 2 Sep - 16:59

Une étreinte passée sous silence. Des images défilant entre mes paupières et des éclats visualisés mille fois. La première rencontre à l’hôpital, les yeux lessivés et la conscience endormie entre les draps immaculés. La douleur qu’on diluait dans les perfusions et l’origine d’un mal qu’on ignorait. Tant de questions. Tant de raisons. Le deuil et l’abandon. La solitude et la culpabilité. Des émotions qui se chevauchaient dans un coeur effrité. Elle ne méritait pas ses démons, Jill. Elle ne méritait pas ces morts si jeune. Ma gorge se serrait brusquement. J’avais orchestré ces rencontres avec l’inconnu. Des soirées improvisées au milieu de ces sphères de militaires qui séduisaient. Des mois à la supplier de s’amuser, de prendre son envol loin des jougs d’un amour adolescent. Elle avait trop attendu. Et peut-être, avais-je espéré concrétiser mes romances à travers les siennes. Partager bien plus que notre complicité mais le manque de nos amants ailleurs. Des lettres brodées sur le papier et les nuances noires de l’encre qui roulait sur les marges ficelées. Je pinçais les lèvres. J’avais ma part de responsabilité et de tourments. Mes mains agrippaient ses épaules. La voix s’essoufflait dans mon dos, oscillant dans une mélodie harmonieuse. Des murmures de nous. Des confessions détournées dans l’humour et l’accalmie d’une matinée alcoolisée. Il reviendrait. Aucun être n’était humainement capable de se détourner d’elle. Belle et passionnée, lumineuse et attachante dans ses versants et ses sourires. Une personnalité complexe et profonde. Une intelligence du coeur qu’elle exhalait à chaque regard, chaque mouvement. Je me détachais lentement, refoulant les larmes qui jaillissaient dans mes yeux. Ma mémoire était une malédiction. Je ne gardais aucun sentiment. Seulement des fragments visuels. Des instants figés dans le temps. Je la revoyais encore. La scène se répétait avec une précision perturbante. Je secouais la tête et esquissais un rire jovial. «Je t’offrirais un vase plus joli, promis. » Murmurai-je en dessinant une croix sur ma poitrine. Une supplication tacite, encrée dans mes côtes. Pour chaque détour qu’on prenait. Chaque tristesse qui ornait nos yeux et  chaque tromperie imaginaire. L’ivresse se distillait dans mes veines. Une migraine qui se perdait dans les pulsations de mon coeur et l’envie de m’éveiller dans la réalité. Nos regards se juchaient avec affection. Des gestes tendres et une intimité naturelle. Je ne pouvais pas survivre sans elle. Jill replaçait une boucle d’ébène et je me penchais en souriant. «Je sais. Tu es plus courageuse que tu ne le penses. » Nos doigts s’emmêlaient dans une caresse fébrile. Mes jambes tremblaient encore. Effet secondaire d’une impulsion ridicule. Conséquences d’une âme arrosée et d’un appel dans le vide. Je m’installais sur la chaise. « Et si moi, je disparaissais ? » Un doute qui glissait entre mes lippes. Si je décidais de prendre la fuite. De quitter Brighton pour m’éloigner de ses vieux démons. William et ses deux visages. Jacob et ses tortures silencieuses. Je soupirais lascivement et relevais mes cils vers son visage. Ce n’était pas la Tequila qui parlait mais la blessure. La peur d’avoir mal à nouveau. « Je le déteste de m’avoir quitté tant de fois, d’avoir enchainé les missions et les actes d’héroïsme. Je le déteste d’avoir choisi la guerre, d’être revenu ruiné et de m’avoir ruiné aussi. Et surtout, je me déteste de pas le détester du tout. De ne jamais y arriver.  » Des sentiments gravés dans le myocarde. L’évidence et le trouble, gangrenant dans ma chair. Je gardais le sourire mais dans ces instants, loin de la scène et des mascarades, le masque tombait et j’observais ma meilleure amie avec tout mon chagrin. «Jill, le pire c’est pas quand il partent. » Mais les retours - les yeux vacillant et les âmes électrocutés. Ces mots prononcés et ces larmes qui coulaient à travers une entaille, depuis trois ans, ouverte. Le pire c’était l’avenir. La possibilité d’un second baiser. L’espoir naissant et la déception, guettant le moindre faux pas. Alors non. Il ne fallait pas abandonner. Il ne fallait pas s’oublier. Mais avancer. Continuer jusqu’à ce que la vie nous cède ces bonheurs qu'on méritait.

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MessageSujet: Re: searching you + jill   Dim 2 Sep - 19:15

Les mots de sa meilleure amie viennent la percuter. Un coup prononcé entre deux côtes. Elle n’a jamais été courageuse. Elle a été lâche en voulant disparaître. Parce que ça lui semblait être la meilleure option. Ne pas porter le fardeau de la disparition de Soren. Ne pas vivre avec cette douleur lancinante sur les épaules. Ne pas croiser le regard plein de pitié de tous les gens sincèrement désolés face aux événements. Ne pas devoir apprendre à vivre sans lui. Sans eux.  Alors elle a baissé les bras. Elle a accepté de ne pas réussir à le faire. Et ces pilules arboraient le visage du soulagement. À mesure qu’elles glissaient sous son palais. À mesure que les muscles se détendaient. À mesure que les paupières se scellaient pour ne plus se rouvrir. Jill regrette. Elle regrette ses actions. Comme elle regrette d’avoir pu autant faire souffrir ses proches.
Ses parents, ses frères, ceux qui ont versé des larmes salées près de son lit.
Andy, sa meilleure amie, celle qui a prié tous les saints pour la réanimer d’une soif de vie.
Maintenant, Jill, elle avance. Elle n’a pas d’autres choix. Elle a appris à respirer, à fermer les yeux et à se laisser guider par la vie. Elle a laissé les mots éclore face à son psychiatre pour se détacher de ce poids. Elle réapprend à sourire quand l’envie de chialer devient féroce. Et dans un coin de sa tête, elle espère. Elle espère le revoir. Elle espère le voir franchir le seuil de la porte pour la serrer dans ses bras. Elle rêve de réussir à faire son deuil. À oser se lancer dans une nouvelle histoire sans porter le fardeau de sa culpabilité.
Mais ça semble encore compliqué.
La plaie béante qui se referme pour mieux s’ouvrir à chaque pensée obscure.
Et la question d’Andy vient foudroyer la blonde. Elle arque un sourcil et attrape sa main. Une étreinte plus forte. Comme une envie de persuasion rien qu’avec le contact de sa peau contre la sienne. Elle se rapproche de sa meilleure amie et pose son autre main le long de cette joue ternie par les larmes passées.
— Tu penses que m’abandonner est une option recevable ?
Elle n’y survivrait pas. Elle ne pourrait pas perdre une personne supplémentaire. Son monde s’écroulant avec la disparition de Soren. Et la lâcheté sans égale de Rhys. Son univers s’est reconstruit autour des êtres aimés. Ceux pour qui Jill se bat. Ceux pour qui Jill tient debout. Alors s’imaginer vivre sans la présence apaisante d’Andy est une vision qui lui soulève le coeur. Elle l’écoute, les yeux brillants. Et comme bien souvent, la blonde veut éponger sa douleur. Souffrir à sa place pour la libérer de tout ce qu’elle éprouve. La rancoeur envers James. La complexité de leur relation. Les ravages de la guerre qui ont souillé leur amour. Comme elle a arraché la vie de Soren. De plein fouet, sans retour en arrière possible, sans un songe vers les conséquences funestes. Elle voudrait la voir sourire, la voir heureuse et amoureuse. Mais la tâche semble ardue. Comme une pente épineuse où le sang coulerait à chaque fois. La gorge nouée par un tas d’émotions, Jill se réfugie la tête sur l’épaule de son amie.
— Tu pourrais pardonner Andy ? Je veux dire, réussir à oublier tout ce qu’il a pu te faire endurer ? Rien que pour être avec lui.
Elle s’est demandée si le pardon serait une option avec Rhys. Accepter son retour, accepter ses excuses, accepter de lui donner une énième chance. Le regard teinté d’une noirceur colérique a souvent poussé Jill à prétendre le contraire. Comme si leur relation ne pourrait plus être sauvée.
L’impossible pardon au milieu des coeurs brisés.
Jill sent les larmes perler au bord de ses yeux émeraudes. Alors elle se lève. Elle foule le sol de ses pieds nus et se rapprochent de la fenêtre. Ses doigts glissent contre et durant quelques secondes ses paupières se scellent.
Les souvenirs deviennent des ravages à même son palpitant. Les même images qui reviennent. Le cercueil. Le drapeau britannique. Ses proches. Sa robe noire. Les larmes. Le premier réveil sans lui. Les appels à Rhys. Les réponses aux abonnées absentes. Les doutes. Les comprimés. L’eau de la baignoire qui déborde. Sa poitrine comprimée par les mains de Teddy. Le souffle. La vie. Cette chambre aseptisée. Sa sortie. La renaissance.
Mais pour combien de temps ?
Elle n’en sait rien. Alors elle compte les heures avant le prochain drame.
— Je voudrais remonter le temps. Empêcher James de partir au combat. Avouer mes sentiments à Rhys avant qu’il ne soit trop tard. Faire revivre Soren loin de l’explosion qui est venue l’anéantir. Mais c’est impossible.
Dos à sa meilleure amie, Jill chasse les larmes de son visage maculé. Elle prend une inspiration profonde, envoyant les idées noires dans les flammes de détresse. Elle se retourne et s’avance vers Andy. Le dos vouté, elle se penche et autour son corps de ses bras. Sa tête reposant sur son épaule. Comme si un simple contact avec elle suffisait à apaiser les blessures. À combler le vide. A masquer le pire pour laisser le meilleur s’entrevoir.
— J’crois qu’on a le droit d’être heureuses.
Même sans Soren. Même sans Rhys.
Même sans James.
Elles ont le droit au bonheur. Celui qu’elles sont prêtes à dévorer.
Sans penser au lendemain.

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