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MessageSujet: nothing ever hurts + james   nothing ever hurts + james EmptyDim 5 Aoû 2018 - 17:10

james & andy

my heart no longer felt as if it belonged to me.
it now felt as it had been stolen,
torn from my chest by someone who wanted no part of it.    
(closer @n u a g e s)


Les mots bourdonnaient dans ma tête. Lettre sur lettre, syllabe contre syllabe. Un roulement de langue et la vibration d’une promesse élancée sur l’horizon. Sa voix glissait sur ma peau comme une injection de sentiments. Talons aigus et démarche assidue, mon corps suivait les fluctuations du vent autour du east side. Une ancienne mécanique du coeur. Un chemin emprunté mille fois et qui se transformait, ce soir. Les souvenirs dégoulinaient sur mes paupières. Une vase grise qui obstruait chaque cellule. Je respirais à contre sens, les poumons renversés sur les côtes. Je n’avais pas le courage de le voir. Il avait raison. Ses murmures étaient néfastes. Son regard transperçait ma bouche. Le tissu se froissait contre mes genoux humides. Quelques gouttes de pluie mélangées à l’appréhension. James réussissait toujours à entrer en moi. Mon regard s’illuminait et la douleur s’effaçait, laissant place à de nouvelles déceptions - des absences différentes. Cette fois, il était là. Mais je m’en allais. Mon esprit voguait sur les ruines d’une ville qui brûlait de son histoire. Je pinçais les lèvres en longeant la galerie marchande. Ma soeur avait récupéré la voiture. Mais j’étais là pour reprendre ma dignité. Pour mettre un terme à ses hypnoses. Il n’avait pas le droit de jouer, de me repousser - de me faire languir. Je posais la main sur la porte de l’immeuble. Mes jambes chancelaient sans gravir les marches. Une succession de dalles et de béton qui nous séparaient de la raison. Il était passé à autre chose. Il avait un autre nom, une autre vie. Celle d’un paria, d’un homme sans égal. Mes ongles s’enfonçaient dans la rampe d'escalier. Je m’accrochais aux vestiges du temps. J’anticipais la chute avant l’épopée. L’action, c’était l’approcher. Briser la glace. L’action, c’était monter, traverser le vestibule et l’observer. Puis, lui avouer. Emboiter mon corps dans le sien. Retrouver la chaleur d’une caresse mortuaire. Parce que c’était un cadavre qu’on étreignait. Un cadavre qu’on embrassait. Will et Andy, amants puis chimères, vivants et parallèles à la mort. Je relevais le menton. Mon sourire était figé. J’aurais voulu que la vie circule en moi avec une ferveur insoutenable, que mon âme se dresse et ploie face à son maître pour qu’il y dessine ses mouvements elliptiques. Une danse qui aurait palpité si fort contre mes hanches. Une mélodie irradiée de lumières et de démence. Oui, de démence. C’était fou, de le rejoindre dans l’antre du démon. Fou, de bafouer les blessures. De se laisser séduire par la pente. J’appuyais sur la sonnette. Je n’avais pas les paroles, seulement des gestes, un col déboutonné et une poitrine qui vibrait au rythme de ses pas. Je les entendais un à un, à l’afflux, approchant, claudiquant, s’extasiant face aux cadrans de l’horloge. Une nuit tardive et des vices par millions. Je n’étais plus innocente. J’étais venue jusqu’à lui. La serrure tournait et son visage envahissait mes prunelles. Tout, recommençait. Je m’approchais, laissant ma veste glisser sur le sol et mes mains trancher la pénombre. La mélancolie me poussait dans ses bras mais je m’arrêtais - je retenais ma respiration. Allo. Jake, c’est moi… Je secouais les épaules et me hissais vers son oreille. Mes doigts tremblaient sur ses joues. Will délire encore. Ses yeux - C’est pas lui. Il est armé je sais pas si je peux approcher, il m’écoute pas … Mes lèvres effleuraient son derme. Mon souffle se perdait dans une étreinte volatile. Il creuse un trou dans le jardin. Il crie, il se débat. Il veut plus de moi. Oh mon dieu, je crois qu’il me déteste… Mais ce n’était pas important. Je voyais la différence. Je la préférais, maintenant. La pureté de ses yeux, la rage dans ses gestes et la colère enfoui dans ses poings. Chaque ressentiment qui l’enfermait dans la solitude. La dispersion chaotique de ses pensées et de ses vengeances. La différence était à peu près la même. Ce qui comptait vraiment, c’était lui, les fragments de Marjah au creux de ses cils et le reflet de la lune sur ses cernes. «Tu as du bon vin ? J’ai tellement soif. » Je me détachais lascivement. Il ne m’attendait pas, seul, tapi dans un appartement vide. J’observais les murs, les cadres et les vestiges d’une guerre révolue. Il n’y avait rien de nous ici. Rien de Will. «J'espère que tu n’attendais personne. Je ne compte pas partir, de toute manière.» Je haussais les épaules en m’aventurant dans le salon. Mon coeur explosait dans ma poitrine. Je redoutais chaque instant. Je redoutais mes erreurs et ses excès. Mais, j’étais là. Je ne bougeais pas, cette fois.

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MessageSujet: Re: nothing ever hurts + james   nothing ever hurts + james EmptyMer 8 Aoû 2018 - 23:19

andy & james

i can see my baby swingin'
his parliament's on fire and his hands are up
(west coast @lana del rey)

Un appel au secours qui s'est fondu dans ses provocations. C'était facile de pianoter sur un écran, de faire valser les pixels sous ses phalanges pour avoir son attention. L'attendre, l'imaginer débarquer ici au milieu d'une nuit déjà trop entamée, c'est plus difficile. Il n'a plus l'assurance d'autrefois, James. Plus d'assurance tout court – un bruissement de feuilles mortes peut faire chavirer ses élans paranoïaques et le voilà qui se comporte en enfant terrorisé. Alors face à Andy ? Il appréhende cette nouvelle bataille qui se dessine sur son horizon, fait les cent pas sur le plancher ancien du salon. Il se sent stupide, le poids d'un monde pèse sur ses épaules. Il se sentait pourtant si léger tout à l'heure à la provoquer, à ployer sous ses propres piques, se perdre entre les souvenirs et un jeu presque enfantin. Il n'assume plus tellement maintenant et songe même à éteindre toutes les lumières de l'appartement pour se noyer dans une nuit sans fond. Peut-être qu'elle fera demi-tour. Peut-être aussi qu'elle n'est même pas en chemin – il garde cet espoir naïf et ténu dans un coin de sa caboche abîmée. Ses pas s'alignent et créent des courbes et des chemins entre les meubles. Un regard inquiet jeté par les carreaux inégaux de la fenêtre, ses lèvres qui se pincent et son cœur qui se fait la malle. Il se mord les lèvres et ronge ses regrets, s'échoue finalement sur le sofa en alignant ses prunelles sur l'écran de la télévision. Puis ses paupières s'effondrent et la tension dans ses muscles avec. À quoi bon. À quoi bon prendre peur – Andy n'est plus qu'une chimère, après tout. Une ombre incertaine qui valse entre passé et présent. Elle a pourtant su harponner son cœur, mais c'était autrefois. Terrasser ses cauchemars les plus terribles, mais c'était autrefois. Enterrer les monstres et autres démons dans les trous du jardin, mais c'était autrefois. Il aime se dire qu'elle a changé. Qu'elle n'est plus aussi terrible qu'avant et qu'il n'a aucune raison de s'inquiéter de sa venue. Ses sourires ne t'atteindront plus, William. Tu as connu les horreurs d'une guerre terrible et l'amertume d'une solitude éternelle. Elle n'est qu'une histoire de plus, un souvenir vague et lointain. La sonnette retentit et son palpitant chavire. Ses phalanges se serrent et se détendent, il laisse la tension courir sur ses ligaments et chaque fibre de ses muscles alors que son corps tend à lui ouvrir – quand son cœur lui, rêve de fuir. Elle plonge dans ses bras, dans sa noirceur ; elle n'a toujours pas compris, Andy. Il n'a rien d'une bouée, James. C'est une ancre qui coule et tombe toujours plus profondément, mais qui se satisfait de l'instant et de cette silhouette féminine qui côtoie de trop près la sienne, plus tranchée. Il s'égare dans les effluves de son parfum et sa vue se trouble sous les illusions de la proximité. Il s'y perd et elle s'éloigne, s'impose et conquiert son monde – son appartement. « Pas de vin, non. Seulement de la bière bon marché et du soda. » Il hausse les épaules sur ces mensonges blancs, referme la porte derrière elle et se détourne pour lui faire face. Sa muse, sa tempête. Son début et sa fin. Ses prunelles dévalent la courbe gracieuse de son dos et tombent sur ses hanches, il se détourne et s'éloigne, prend toujours plus de distance avec elle. « Je ne pensais pas que tu allais avoir le cran de venir. » Échos aux messages qui se sont perdus sur les ondes. Il abandonne l'entrée et pousse ses errances jusqu'au comptoir de la cuisine, ouvre un placard de bois pour en tirer une bouteille. L'ambre valse dans son contenant, il attrape deux verres et les pose sur la surface. « Tu m'en veux pas trop j'espère ? J'ai pas eu le temps de faire semblant de cuisiner pour toi. Ni même de me mettre sur mon trente-et-un. » Qu'il lâche, l'ironie ourlant ses sourires. Il n'a pas fait d'effort, non ; il est toujours le même, immuable. Une manière sourde de lui faire entendre que non, il n'en a rien à faire, d'elle. La bouteille dévissée, l'alcool se déverse dans le silence et il s'appuie sur le comptoir, confronte enfin son regard du sien. « Tu vas finir par partir, Andy. Le jeu, c'est de deviner quand. » Quelles insultes on va bien pouvoir se cracher au visage. À quel point est-ce qu'on va se sauter à la gorge. Quand est-ce qu'on se haïra assez pour se tourner le dos pour de bon, mon amour ?
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MessageSujet: Re: nothing ever hurts + james   nothing ever hurts + james EmptyVen 10 Aoû 2018 - 15:41

Ce qui m’étouffait, c’était la pénombre. L’obscurité déferlant sur les rebords des meubles et les murs de l’appartement. L'espace était versatile, oscillant dans ma mémoire absolue. Je retenais les détails comme des photographies. Chaque image était un fragment de nous. Un souvenir. Les émotions se confondaient dans un écho lointain. Et les mots qui sortaient de ma gorge, je ne les reconnaissais pas. Des fantômes plantés dans les provinces de Marjah. Une offensive militaire devenue offensive du coeur. Des morts, trop de morts, qui faisaient mal. Du sang sur ses doigts crispés autour de la gâchette. La garnison installée et les cadavres échoués sur les dunes d’Afghanistan, face aux regards meurtris de la population en rage. Ils avaient tué les civiles. Dommage collatéral pour détruire la guérilla. Dommage, si cher payé aux yeux de l’opinion publique. La presse annonçait le bilan et je comptais les secondes, le souffle affaibli dans un myocarde qui poussait pour maintenir l’équilibre dans mes veines. Il ne se souvenait pas, lui. Il ne savait rien des images qui diffamaient ses actes héroïques et des chuchotements qui s’élevaient dans mon dos. Ils me déploraient déjà, bien avant son retour et la fin du monde. Ils avaient anticipé peut-être cette chute merveilleuse qui nous retenait en apnée. Mes amis, ma famille, mes collègues - ils m'avaient tous prévenus. Je restais immobile dans le couloir, fixant ses courbes et les traits creusés sur son visage. C’était un amalgame de personnalités. Un homme contre un autre, un amant contre un étranger. Je hochais la tête en lui adressant un sourire. Les vestiges de notre histoire se transformaient, redéfinissant les règles d’un nouveau jeu. J’étais différente aussi. J’étais prête à enlacer mes fautes et mes regrets. Une conclusion finale à ce massacre de sentiments pour qu’enfin, nous puissions être libres et insouciants. Ma démarche ondulait, valsant entre les fantômes de William et les pulsations de mon coeur. J’avais peur de ses délires, du flingue qui tremblait au bout de sa main et de ce regard vide, lessivé qu’il posait parfois sur moi. M’aurait-il tué si je m’étais aventurée dans sa folie ? Aurait-il éclaté les défenses et brouillé les sentiments ? J’étais trop lâche pour le découvrir à l’époque. Et maintenant, je ne demandais que la pointe acérée du magnum. Les soldats qui parvenaient à s’échapper de la guerre étaient toujours solitaires. Et les femmes qui les aimaient le devenaient encore plus. Tourmentées par un manque qui envahissait le couple. Affligées par le dégout et la haine mal tournés vers l’être un jour aimé. Je soupirais en croisant les bras. Il se fichait des ces revers comme il se fichait de mes années perdues. De la jeunesse sacrifiée pour ses rêves. J’aurais attendu mille ans. J’aurais attendu et il ne serait jamais revenu. Qu’il me parle de trahison, lorsqu’il m’avait déserté avant de déserter ses frères. Qu’il me parle de morale et de confiance, pour que je le fusille du regard et emporte son cadavres entre mes paupières. La tension se faufilait dans ma chair. J’interrompais l’étreinte avant qu’il ne la rejette. Bien avant, ses insultes et ses vengeances mesquines. «J’ai horreur du soda. » Il le savait - il se moquait de mes préférences. Je balayais la pièce d’un mouvement lascif avant de m’installer sur le fauteuil. «Je ne pensais pas que tu allais avoir le cran de m’ouvrir. » Murmurai-je en soutenant son regard. Des éclats d’océan éparpillés entre des cils courbées. Il était beau à en perdre pied, à faire chavirer ma conscience. Une attirance chimique, brûlante au creux de mes reins et toxique au bout de ma langue. Il était le pire poison de tous. Un dose d’arsenic argenté qui transperçait mes rétines. Je refusais de succomber, de baisser la garde. Mes cuisses se contractaient nerveusement sous les plis de la robe. Je n’étais jamais prête à le confronter. Je redoutais chaque instant et cette balade de l’impossible qu’on s’imposait pour gagner la dernière bataille. J’échappais un rire taquin. Oh mais bien sûr que je ne lui en voulais pas. Je n’en attendais pas moins de lui, une ironie tranchante pour lacérer mes espoirs, une expression sombre, contaminée par le mal. « Tant mieux. Je t’ai toujours préféré sans rien, de toutes manières. » Il dévissait la bouteille et je compris enfin qu’il s’agissait d’une énième provocation. Il lâchait du leste pour m’appâter, pour tirer encore plus fort et me condamner dans ses filets. Je frissonnais en accueillant la coupe entre mes lèvres.  Le liquide oscillait entre mes organes, répandant l’euphorie d’une ivresse qui chatouillait mes narines. Du rosée, le mélange excquis entre le blanc et le sang. Mon coeur s’affolait dans sa cage, tel un animal pris au piège. Une bête sauvage, errant entre les battants d’une poitrine de crystal. Je réalisais que je le détestais un peu. Que je portais aussi mes rancunes et mes dépits à son égard.  «Patience, James je viens d’arriver. La compagnie laisse à désirer mais le vin est délicieux. Je peux m’éterniser encore. Le vrai jeu est de savoir, combien de temps tu pourras le supporter. » Elle était là ma résolution. Mon arme secrète. Utiliser cette aversion qu’il me témoignait et la renverser contre son règne. «Alors tu t’intéresses à mes croisières ? Ou je te manque horriblement ? » L'un ou l'autre. Il devait choisir. Je balançais les hanches sur mon siège. Les lumières des réverbères se faufilaient à travers les rideaux. Les néons se mélangeaient au crépitements de la petite lampe du salon. Un monde qui en éclairait un autre. Un univers de possibilités, dehors. Ce soir, nous n’avions plus à être solitaires. Nous, les échappés de la guerre. Nous, les compagnes laissées au bord des quais. Un trêve, s'il te plait Will. Je sais que tu es là. Que James n'est qu'un masque.

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MessageSujet: Re: nothing ever hurts + james   nothing ever hurts + james EmptyJeu 23 Aoû 2018 - 18:23

Un nouveau jeu, défini par des sourires provocateurs et des phrases laissées en suspens. Comme leur histoire, qui ne s'est jamais ponctuée d'un point final. Une virgule, tout au plus, puis une page blanche. Un livre qu'il n'a jamais pu se résoudre à offrir aux flammes d'un âtre crasseux, un amour qu'il n'a jamais réussi à livrer aux braises salvatrices. Il a toujours gardé un peu d'elle. Au creux de son esprit écorché, dans les replis contusionnés et scarifiés de son encéphale. Il y a rangé les souvenirs d'elle, à côté d'autres lobes congestionnés par des mémoires de guerre. Marjah et ses dunes. L'Afghanistan et ses frères abandonnés. Identités et matricules éparpillés au grès du vent. Ses réponses sont silencieuses et meurent au bord de ses lèvres, dans des sourires mystérieux et fermés aux interrogations. Un ridicule jeu de faux-semblants. Il s'agit de prétendre. Prétendre qu'il ne ressent plus rien d'autre que de l'indifférence, en la voyant. Prétendre qu'il a tout oublié, tout ce qu'il y avait de bon, et qu'il n'a retenu que le mauvais. Prétendre qu'il veut composer un avenir sans elle, pour valser sur son horizon. Prétendre qu'il peut encore s'en tirer, tout seul. Elle en fait autant. Se cache sous les apparences et les sourires provocateurs. Ils s'en contentent. Le jeu est simple et détaché. Il finira par s'effacer dès l'aube. L'alcool coule dans les verres et il lui en tend un, tout en gardant ses distances. Il reste debout et loin du piège qu'elle représente. L'ambre étreint sa gorge d'une douce brûlure et sa patience trébuche sur leurs silences. C'est trop calme. Loin des coups d'éclat et des colères qui ont ponctué leur relation, autrefois. « Toujours aussi joueuse. » Qu'il lâche dans un soupir. Il s'approche et s'échoue à son tour, sur le sofa, pour lui faire face. « Et puis tu vas tomber et t'écorcher, et tu vas encore pleurer. » Ce serait mentir que d'admettre que c'est ainsi qu'il définit leur relation passée. Il le sait, William, elle a été courageuse. Bien plus que n'importe quelle autre femme n'aurait pu l'être. Elle a eu les épaules pour le supporter, pour le calmer. Même au creux de la tempête, elle a fermé les yeux sur la peur et le danger pour le tirer de sa folie. Il lâche un soupir et prend une nouvelle gorgée, ses épaules roulent et l'esprit se veut indifférent. Une façade – ce n'est rien qu'une façade, une fois de plus. « Oh, tu sais, je suis devenu un modèle de patience. » En tout cas, il aimerait y croire. Il ne veut pas céder le premier, il ne compte pas lui faire ce plaisir. Les cils frangés d'audace et un éternel sourire en coin, il se laisse choir au fond du sofa et son regard court sur elle. Il accroche les courbes et les creux. Les reliefs et les cicatrices camouflées sous ses sourires. « Jusqu'à l'aube au moins. » Qu'il termine de répondre dans un soupir. Une autre gorgée alcoolisée aseptise son cœur et noie les prémices d'un agacement certain. Je suis plus fort que ça Andy. J'ai changé. Nous avons changé. Je ne compte pas ployer. Une esquisse de rire fait trembler ses lèvres quand elle se hasarde à lui poser une question. Elle vise juste et elle le sait mais pour lui, il est hors de question de perdre la face. Il fait rouler le liquide au fond de son verre, longe la table basse de ses prunelles – tout ce qui n'est pas elle, simplement. « Ni l'un, ni l'autre. » Qu'il concède avec indifférence. Enfin, il ancre ses yeux aux siens. « Je m'inquiétais simplement que tu passes par-dessus bord. » L'ombre d'un sourire glisse sur ses lèvres et il recule dans le cuir du sofa. « Tu sais, je pense que tu as loupé ta chance en refusant ce poste. Tu aurais sans doute pu rencontrer un charmant marin. On sait que tu as toujours eu un truc pour les gars en uniforme. » La provocation jusqu'au bout des lippes. Ce n'est pas de lui-même dont il parle, mais bien d'un autre. De Jacob. Il y revient toujours après tout. Nouvelle gorgée. Il s'anesthésie et s'oublie sur les promesses douces de l'ivresse. « Tu ne me manques pas, Andrea. Plus maintenant. » Un mensonge qui lui pique le vermillon et lui brûle la langue. Il tapote du bout des doigts sur le cuir et camoufle maladroitement sa nervosité. « Tu n'as plus grand chose de la femme que j'ai aimée. » Non, aujourd'hui, c'est une autre version d'elle. Plus ravissante encore. Plus forte et belle à s'en damner. Dangereusement joueuse et diablement proche. Son plus grand regret.
Et sa plus belle réussite.
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MessageSujet: Re: nothing ever hurts + james   nothing ever hurts + james EmptyVen 24 Aoû 2018 - 1:22

Son ombre avait tué la lumière. Trois années d’exil dans un corps qui ne m’appartenait plus. Tant de larmes que de cadavres éparpillés sur les dunes d’ailleurs. L’attente et les absences entre deux permissions. La peur au ventre de le perdre. De ne jamais recevoir le drapeau parce que je n’étais qu’une anonyme - une petite amie de longue date. Rien d’officiel. Rien qui ne mérite d’être prévenu. Lorsque les nouvelles se faisaient rares et que le doute gangrénait le cerveau. Lorsque je redoutais les télégrammes et les lettres envoyés en Amérique, dans un pays qu’il avait abandonné pour s’enivrer dans mes bras. Puis je l’avais trompé et le calvaire avait cessé, remplacé par un mal encore plus grand. Une torture sentimentale qui asphyxiait l’âme et enserrait le myocarde. Je m’étais oubliée dans les danses infernales d’une existence à la dérive. A l’imaginer à chaque de rue. A l’espérer à tous les bars. Un coeur qui chantait et une gorge qui saignait. Je n’avais plus de voix pour lui. Mes larmes s’étaient transformées en sourires au coin de ces paupières qu’il dévisageait avec horreur. Je redressais les épaules et noyais ma conscience dans l’alcool. Pour oublier les vérités. Pour étouffer chaque signe de faiblesse. James jugeait et je ployais, genoux à terre et corps en miettes. Le flingue, c’était ces mots qu’il crachait sur l’histoire. Une rage maquillée derrière cette arrogance glaciale et la double imposture du soldat. Pourquoi James ? C’était si formel et impersonnel. Un nom de famille écorché au bout de mes lèvres. Une distance qui se frayait un chemin entre mes côtes. Il aurait pu choisir autre chose pour aller avec le ridicule du personnage et de la mascarade. Cedric. Titeuf. Pluto. Une identité pitoyable qui n’assumait pas les coups de feu et les balles perdues. Ma poitrine se serrait alors que croisais les jambes sur le canapé. On se juchait dans un silence étrange, chargé de rancoeurs et de tensions. Ce qui se voulait sexuel, devenant hargneux. Un jeu de rôles où les vanités s’entrechoquaient. Où les souvenirs se brisaient. « Je t’ai pleuré pour la dernière fois. Je pense que le compte est bon. » Je sifflais avec une politesse qui tranchait l’air. Je le fixais et esquissais un sourire amusé. J’assumais la blessure et cet effet néfaste qu’il avait sur mon coeur. Jusqu’à l’aube. Et plus encore. Je hochais la tête et buvais mon verre d’une traite. Le vin s’emballait dans mes muqueuses brûlantes d’envie. J’agitais le poignet en pinçant les lèvres. « S’il te plait. » Une délectation qui s’alanguissait sous ma peau. Un appel à l’ivresse qui déliait les langues. Je le défiais - j’étais prête à tomber, à me brûler. Mon rire était nerveux. Je redoutais ses enchainements. Parce qu’il faisait mal. Il faisait atrocement mal. Chaque négation. Chaque rejet. Je déglutis en assimilant ses paroles. « Je t’ai manqué quand tu te cachais dans le jardin ? T’avais pas l’air.» Je me souvenais de son expression. De ses yeux terrifiés et du flingue qui s’affolait entre ses mains. C’était le début de ma complicité avec Jacob. Le début d’une guerre qui avait dévasté nos vies. La provocation était constante. J’essayais de l’ignorer, d’oblitérer la douleur. « Les hommes en uniforme ? C’est pour ça que tu as cessé de porter le tien ? Pour éteindre le brasier. James, je me souviens de tout. Dans le moindre détail. De l’agencement des boutons au tissu qui s’effilochait. Dommage pour toi. » J’articulais avec précision. Une once de mépris et de rage contrôlée. Lentement, je m’approchais. Je vacillais vers lui. La femme qu’il avait aimé. La bonne blague. C’était si facile de tout conjuguer au passé. D’effacer la mémoire et d’emmêler les sentiments. « Ah bon ? C’est déjà fini. Et quand exactement as-tu commencé m’aimer, James. On ne s’est rencontré qu’hier. » Lorsque tu étais l’ivrogne au coin du bar et moi la chanteuse sur la scène. Tu ressemblais à quelqu’un. Une ancienne flamme que j’avais porté, jusqu’à m’en consumer.

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Dernière édition par Andy Cavendish le Sam 29 Sep 2018 - 22:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: nothing ever hurts + james   nothing ever hurts + james EmptyJeu 27 Sep 2018 - 19:52

[ e l e c t r i c ] Joutes verbales et regards assassins. James s'égare sur les apparences et leurs promesses trompeuses. L'écho d'un passé lointain et presque regretté, qui s'étiole dans les sourires ravageurs de la brune. Elle est belle, Andy, belle à crever. Il se souvient de pourquoi, de comment est-ce qu'il est tombé dans ses filets. Pour un seul de ses sourires, il aurait vendu un rein ; pour un seul de ses baisers, il aurait troqué son âme. Il se souvient de l'avoir aimée trop vite et trop fort. Une ancre au monde des vivants, une ancre à la vie, pour lui faire oublier la mort. Il se souvient de s'être perdu dans ses yeux puis dans ses draps. Sur les lignes courbées d'un cœur naïf et de beaucoup trop de promesses merveilleuses. S'aimer pour toujours. S'attacher et ne plus jamais se séparer. Ne jamais oublier de rentrer à la maison, malgré la déshydratation et les caprices des dunes ; malgré les balles égarées et les chairs malmenées entre deux assauts. Il n'a jamais oublié de rentrer, James. Il a juste oublié de l'aimer, un jour, en laissant son cœur sur les frontières d'une ville aride – sur les bordures fracassées de Marjah. Elle se tient droite, Andy. Elle le fait pour eux deux car lui, il s'effondre de l'intérieur. S'étouffe sur son parfum, s'asphyxie sur ce manque d'oxygène qu'elle provoque par sa présence. Elle est là, la plus palpable des réalités ; cette ville n'est pas assez grande pour eux deux – elle ne l'a jamais été. Alors cette pièce ? Elle s'apparente à une cellule de torture, un jeu malsain auquel il se plie pourtant avec un sourire. Les souvenirs remontent au grès des syllabes. Un jardin massacré par ses démons, par sa propre main. Il préfère en rire, James ; rire pour ne pas perdre la face. « Ce n'est pas de ma faute si tu avais peur. » Qui n'aurait pas eu peur, d'un côté ? Ses yeux hagards et une arme entre les mains. Il avait le profil à traîner sa carcasse dans un hôpital psychiatrique. Andy a accepté de lui lâcher un morceau de terrain – peut-être qu'elle savait que le faire hospitaliser, c'était signer son arrêt de mort, d'un côté. Les langues se délient encore alors que les cœurs font toujours plus de nœuds. Des connexions oubliées mais jamais vraiment perdues. Des liens qu'il a voulu rompre, sans jamais y arriver. « Il est toujours dans le placard. » L'uniforme. La peau du monstre. Sans un faux pli, sous plastique, conservé avec la rigueur militaire. « Là où il y avait tes vêtements, avant. » Un murmure insufflé dans un silence trop tendu. Il se souvient des robes somptueuses et des étoffes féminines, de ces cintres désordonnés, de ces moments où il l'appelait à l'aide comme un gamin pour retrouver ses affaires. Il finit son verre dans la précipitation, l'éthanol qui tangue sur ses papilles comme la promesse d'une amnésie facile et indolore. Ses épaules roulent, son cœur avec. « J'ai pourtant l'impression que c'était dans une autre vie. » Un autre monde. Une existence lisse et sans guerre, sans bataille, sans Marjah. Une vie douce et presque ennuyante, faite de sourires sucrés et de concerts aux quatre coins du monde. Une existence promise mais avortée, à grand renforts de bombes. Elle est proche, Andy. Il entend presque son myocarde qui s'essouffle dans cette lutte sans fin. C'est à celui qui aura le dernier mot. À celui qui abandonnera les armes le premier. Il est capable d'encaisser la douleur, mais elle, elle peut supporter la souffrance – elle en a déjà vu toutes les teintes, avant de céder aux bras d'un autre. « Pour être honnête, je n'ai jamais aimé cette robe. » Une provocation de plus et les yeux qui brillent d'ivresse. Il effleure l'épaule délicate du bout des doigts, laisse l'étoffe couler contre l'épiderme de sa brune. Sa cage thoracique se resserre et son souffle est presque fébrile. Il plaque ses lèvres contre les siennes et se laisse happer par l'étreinte de sa mante religieuse. Il attend le coup de grâce, s'emporte dans sa fougue, sur une avidité mal maîtrisée. Ce manque d'elle, d'eux deux. Il a chaud et froid, laisse ses phalanges passer dans le cou d'Andy et se recule un peu vivement, s'arrachant à cet instant présent qui fait bien trop écho à ce passé qu'il a tant de fois tenté d'oublier. « Qu'est-ce que t'es vraiment venue chercher, Andy ? » Il voudrait entendre la vérité, mais il pourra se contenter d'un mensonge – un de plus, avant qu'elle ne l'achève.
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Andy Cavendish

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MessageSujet: Re: nothing ever hurts + james   nothing ever hurts + james EmptyMer 3 Oct 2018 - 0:29

Allongés dans l’obscurité. Perdus dans les simulacres d’une vie ailleurs. Une existence parallèle, au sommet des dunes de sable. L’alcool se distillait dans le sang. Une insouciance chimique. Une insouciance inavouée. Je me laissais bercer par ses jeux. Par la séduction tacite, devenue oppressante. Les jambes croisées, j’observais la bouteille qui se vidait. Les gorgées succédées aux joutes. Une opposition par vanité, par dépit. L’avais-je trompé avant Jacob ? Toutes ses nuits, où mon esprit fantasmait sur l'inconnu. Ces prétendants sans noms. Sauveurs d’un instant. Echappatoires à ses insultes. Echappatoires à ce couple fracturé. Et moi au milieu des ruines, suppliant pour son attention, les mains dans la boue et les yeux endeuillées face au tombeau qu’il creusait dans le jardin, maudite par l’amour qui je portais en mon sein et l'affection qui gangrénait dans mon ventre. Je me redressais et maintenais mon sourire. Un masque d’impudence et de fierté. Je me moquais de ses vices et de l’uniforme au fond du placard. Mais il renchérissait de façon mesquine. Un avant murmuré comme une malédiction. Des robes et des tissus qui prenaient la poussière sur les cintres aux côtés de ses reliques et de ses vêtements. J’avalais ma coupe de vin. Le liquide roulait dans le gosier. La dose ultime, faisant vaciller la conscience au fond du précipice. C’était le prix à payer. La chute qui précédait la nouvelle guerre. « J’ai pas peur, maintenant. »  L’aimer si fort. Le sentir se détacher. Tomber en lambeaux. Hors de mon coeur. Hors de ma chair. Fébrile et intrépide, enraciné dans dans une plaie qui nécrosait depuis trois ans. Ce baiser de mort. Ce baiser de rien. Il était cruel jusque dans la tendresse. Il me tuait — m’assassinait. Mes yeux se fermaient et les émotions reculaient, portées par les ressacs d’une mer acide. Son odeur dans ma gorge. Le contact, comme une détonation au creux des lèvres. Amant déchu. Amant dépouillé. Mes doigts s’élevaient et accrochaient ses chimères. Impatiente, amoureuse — aveuglée par la confusion qui voilait le sentiment. Ce n’était pas lui sur ma bouche. Seulement une illusion, la plastique usée d’un soldat enseveli sous les terres d’Afghan. Mon souffle descendait dans mes entrailles. Je me redressais pour chuter dans son étreinte. L’avalanche de chaud et de grâce. Le dernier coup, cette fois-ci fatal. Il ne voyait rien. Ni la bête, ni la belle. Des gestes sauvages, contraints par le désir vorace et malsain. J’avais mal. J’avais tord. Les larmes cramées au coin des rétines et la réalisation soudaine de l’échec. James s’éloignait dans la pénombre du salon, mais mon ombre le poursuivait, mon âme s’emmêlait entre les plis de sa chemise. Un instant qui ne se dérobait plus. Une confrontation qui résonnait comme les sonnets d’une église mortuaire. Je le regardais dans le vide, laissant mes iris noires embrasser elles aussi, les courbes de ses cils épais. J’effleurais sa joue et son menton. Mon ongle s’enfonçait et raclais la peau. Je n’avais plus les mots. Je n’avais pas la force. Je m’approchais de sa silhouette. L’ultime aveu coulait dans mes veines. Un poison de feu dans mes os, dans mes prunelles. Ma voix tremblait en marmonnant un ancien refrain. Celui d’une chanson gravée dans le temps. De ses doigts crispés sur les cordes de la guitare. Et de mes rires, brisant l’harmonie du son. De mes rires glissant sur son cou. Je suffoquais pour lui. Je rassemblais les cendres de nos cadavres suppliciés pour allumer le brasier. « Je suis venue chercher Will. Mais il n’est plus là, pas vrai ? » Je luttais contre lui. C’était terrible d’attendre son fantôme. De le rêver, de l’espérer. Je caressais la coquille vide. Je tremblais dans l’esquisse d’un bonheur qui s’échappait toujours. « Il est mort en toi. Et c’est bête, il me manque tellement …  » Le sanglot étouffé, maquillé sous les allures d’un rire nerveux. Je me jetais dans ses bras et encadrais ses épaules. L’étau se serrait sur nous. L’ivresse mélangée au désespoir. Tout se passait trop vite — d’un coup. Mon visage tremblait sur sa joue et ma bouche retrouvait la sienne, encore. « Puis il y a le sexe aussi. C’est ce que tu veux.» Comme tous les autres. Comme tous ces ivrognes aux regards embués, levant les verres pour acclamer les courbes voluptueuses qui vacillaient derrière le micro. Et j’étais prête à lui donner. J’étais prête à rompre le charme. A le mêler aux inconnus du bar.

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