AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 audience of one (that hoe)

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

- paper notes : 542
- since : 01/07/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: audience of one (that hoe)   Mar 31 Juil - 21:53

Tu t'es incrusté chez lui sans aucune honte. Parce que tu te voyais pas ramener une star internationale dans la dépendance du manoir, où tu crèches depuis que t'as été engagé par les Coates. Parce que tu voulais pas qu'il voit à quel point t'as chuté depuis votre dernière rencontre. T'as beau souvent recevoir des messages, la présence ne suit pas. Les deux trop occupés, les deux trop éloignés par les kilomètres et les emplois du temps trop chargés. Enfin, plus de ton côté maintenant. Non, maintenant t'as tout le temps du monde pour repenser à tes conneries, à ta carrière brisée et tes décisions à la con qui te suivent toujours. T'as le regard fixé sur la boite de cachetons, posée sur le plan de travail. T'as la mâchoire serrée Shaun, comme si t'essayais de te battre contre la nécessité qui t'cogne les veines. Comme si t'allais réussir à la ranger sans en prendre. Comme si t'allais partir sans avoir pris ta dose. Tu t'passes la main sur le visage, tu soupires. Et t'attrapes la boite. T'es tellement faible et c'est à peine si ça te dérange. De tes doigts tremblants, t'agites le pot de plastique au-dessus de ta paume, laissant deux pilules s'y installer. T'as tout perdu à cause de ces merdes. Ta carrière, ton avenir, ton visa. Et si tu continues, c'est la vie que tu perdras. Tu serais pas le premier dans ton genre ; ils sont nombreux les catcheurs qui ont sombré, qui ont laissé les démons l'emporter. Merde, y'a même Chris qu'a flingué sa famille à cause de ces conneries. Et toi, qu'est-ce que tu fais ? T'avales. Sans sourciller, sans eau pour t'aider. Le geste, il est mécanique, comme un rituel. Tu ne fais même plus attention à vrai dire. Tu gobes les cachets, et ça va mieux. T'essayes même pas de comprendre comment ça s'enclenche dans ton corps ; et de toute manière, c'est sûrement dans ta tête.
Tu trembles plus quand tu tapes à la porte de Min-ho. La prise a eu le temps de faire son effet, le long de la route. Les mains dans les poches de ton jean, tu regardes tes pieds. L'acteur, il sait que t'as été renvoyé de la WWE. Il connait les raisons. Mais ta situation actuelle, t'en as rien dit. T'assumais pas Shaun. T'as cette peur stupide de baisser dans son estime, de devoir tirer un trait sur une de tes plus vieilles amitiés parce que t'es devenu le larbin d'un type trop blindé pour conduire sa propre caisse. Tu relèves la tête quand la porte se rouvre et t'arrives pas à réprimer un sourire en voyant sa tronche. Sans te faire prier, tu l'enlaces exagérément, ne résignant pas sur ta force. « Oh look who's there, my favorite hoe in the whole damn world ! » T'en fais trop Shaun, mais tu l'fais bien. « Come on, I know you've missed me like hell. », tu lui dis en le lâchant. Oubliés tes déboires, ta carrière démolie et les cachets divins. Parce que putain, il t'avait manqué ton pote.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 415
- since : 18/07/2018

( end game )

- getaway car.
address: #003, sea side.
contact book:
availability: (closed) leo, shaun, seth, sophia, bellamy, tara.

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Mer 1 Aoû - 0:28

C’est son jour de repos. Enfin techniquement, c’est le jour de repos de l’équipe de tournage – si ça ne tenait qu’au réalisateur, pas de repos pour Min-ho. Pas après ses frasques continuelles sur les plateaux et sa manie d’être en retard tous les jours. Il s’invente des excuses, Min-ho. Il prétexte une visite impromptue de sa fratrie et des fans qui l’ont empêché de sortir de son immeuble tant ils étaient nombreux à se presser contre la porte d’entrée. C’est des conneries et ils le savent tous – Min-ho, il n’a aucune envie d’incarner Max Wire. Ça fait vingt ans qu’elle dure, cette saga. Vingt ans qu’on l’oblige à enfiler une armure qu’il a toujours haï parce que putain, elle pèse des tonnes en plus d’être inconfortable. Le tissu, malgré avoir coûté des fortunes, lui scie toujours autant la peau et les articulations. Mais Min-ho n’a pas résisté aux dizaines de millions de livres sterlings qu’on lui a promis : il n’a accepté que pour l’argent.
Aujourd’hui, c’est son jour de repos. Il range sa haine vis-à-vis de la franchise au placard et c’est en sifflotant qu’il sirote sa bière. Il a pensé à prendre une chambre d’hôtel, Min-ho. Il a même songé à accepter la proposition de ses parents de crécher chez eux le temps du tournage – leur baraque, c’est lui qui leur a acheté vingt ans plus tôt. À l’écart de la ville, il y aurait été tranquille. Il a décliné, cela dit : la campagne ne l’intéresse pas.  D’autant plus que d’après sa mère, son père s’est découvert une passion pour les animaux de la ferme. C’est trois ânes qui pâturent sur le domaine en plus d’une demi-douzaines de poules et dix canards qui piaillent dans la basse-cour. Rien qu’à y penser, une grimace s’arrache aux lèvres de Min-ho. Ça fait vingt ans qu’il biberonne les tétons grassouillets ornés de dorures luxuriantes d'Hollywood, ce n’est pas demain la veille qu’on le retrouvera gambader dans une ferme à cajoler des poules. Quoique, il en côtoie déjà, des poules – c’est les minettes qui couinent lorsqu’il les croise dans la rue. Mais ce soir, il range aussi les gonzesses au placard. Ce soir, c’est bros before hoes. On toque à sa porte et il sait que c’est Shaun – après le fiasco du gardien qui s’est endormi à son poste en laissant les portes d’entrées déverrouillées, une liste d’invités autorisés à entrer a été dressée.
À peine a-t-il ouvert la porte d’entrée qu’un sourire s’étale sur ses lèvres. Il n’a pas le temps de le saluer que son étreinte lui coince les poumons. À croire qu’il le fait exprès, Shaun. Qu’il rappelle que les muscles ciselés de Min-ho ne sont là que pour briller sur des grands écrans et non sur le ring. Il n’aurait pas tort, cela dit – Min-ho, c’est du toc. Mais Shaun, c’est un acteur en carton. Même pas foutu de réciter deux lignes sans que ça sonne faux. Ils font la paire, les idiots. Et Min-ho il se détache de lui pour lui fourrer sa bière entamée entre les doigts. « My favourite prick. Of course I missed you. » Répond-il dans un sourire charmeur. Min-ho, il lui balance son poing dans l’estomac et c’est ses phalanges qui craquent. « But to be honest, mate, I mostly missed those rock hard abs of yours. » Rajoute-t-il alors qu’il planque ses doigts meurtris au fond de la poche de son jogging – cadeau d’Armani. Il se fout de sa gueule, Min-ho. Il se dirige vers sa cuisine pour extirper une deuxième bière glacée de son frigo et s’affale dans le canapé, les pieds sur la table basse. Les baies vitrées sont ouvertes – c’est la mer, qu’on voit. Une vue parfaite et idyllique que ni les baigneurs ni les bagnoles ne viennent gâcher. Cette partie-là de la plage est privée. « Make yourself at home. My place is yours. » Comme s’il avait besoin de le préciser, Min-ho. Mais déjà, c’est une question qui lui brûle les lèvres. Une question qui le hante depuis que Shaun a repris contact. « So, what the fuck are you doin’ here? »

_________________
— stand in the ashes of a trillion dead souls and ask the ghosts if honor matters. the silence is your answer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 542
- since : 01/07/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Lun 6 Aoû - 0:33

Tu pourrais feindre une blessure, lui faire croire que son coup t'as fait quelque chose, mais à part une légère surprise, ça provoque rien chez toi. Sa force, il ne la tire pas dans ses muscles. « Oh I know you missed them. Who wouldn't ? » La WWE visiblement. Quand il passe devant toi, t'en profites pour lui piquer sa nouvelle bière, lui rendant au passage celle déjà entamée. Tu prends le temps de regarder un peu autour de toi, tu détailles la pièce et la vue qui défile à l'horizon. Il s'fait pas chier Min-ho, même dans des petits bleds où il n'est censé rester que quelques semaines, tout au plus. Et toi, ça t'manque toutes ces conneries. En plus de dix ans de carrière, t'as eu le temps de devenir matérialiste, t'as eu le temps de t'acheter baraques sur baraques un peu partout sur le territoire américain. Sans famille à rejoindre, pas comme la plupart des tes collègues, tu pouvais te permettre d'aller dormir dans une baraque différente chaque semaine. Et même quand tu fréquentais Tasha, une des catcheuses de la fédération, tu l'accueillais dans une de tes villas plutôt que d'faire le chemin jusqu'à chez elle. En deux ans de relation, t'as du mettre les pieds dans sa baraque moins de dix fois. Alors t'as un léger pincement au cœur à être là, quand toi tu vis dans une bicoque à côté du manoir des Coates. Tu t'laisses finalement tomber sur le canapé à côté de Min-ho, tu décapsules ta bière et t'hausses les épaules quand il t'pose la question fatidique. « Now ? Drinking a nice beer with my mate. », tu lui réponds en portant la bière à tes lèvres. Comme si ça allait lui suffire comme réponse. T'es pas prêt à assumer Shaun, t'es pas prêt à lui montrer le moins que rien que t'es devenu. Ta descente aux enfers, t'as envie de la garder pour toi, encore un peu plus longtemps. « What about you ? Heard you're getting along with your new colleague. » Tu ricanes, mais si la gamine est difficile, c'est plutôt facile de comprendre ses raisons ; t'as bossé avec lui et tu connais la bête. Et toi, t'es pas du genre à jeter la pierre aux femmes. Non, tu t'es battu trop longtemps avec tes collègues féminines pour les voir obtenir leur place sous le feu des projecteurs pour venir critiquer une vulgaire inconnue. Cette fille, le seul portrait que t'en as, c'est celui des magazines qui traînent dans les salles d'attente où tu t'retrouves à patienter en attendant le retour de Coates pendant ses rendez-vous interminables. T'es tombé bien bas Shaun. Et putain, heureusement que y'a Bella pour venir te relever. T'as l'cœur qui se sert quand son visage s'installe dans ton crâne. Ça fait plusieurs jours que tu ne l'as pas croisée, trop occupée avec ses activités et son boulot pour son père. Tu peux pas lui en vouloir quand tu la vois s'plier en quatre pour les autres, mais tu peux pas t'empêcher de te sentir égoïste et de la vouloir pour toi tout seul. Ne serait-ce que pour une journée, sans ses rendez-vous, sans ton boulot. Sans ses parents dans les parages et ton addiction qui vient t'faire flipper.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 415
- since : 18/07/2018

( end game )

- getaway car.
address: #003, sea side.
contact book:
availability: (closed) leo, shaun, seth, sophia, bellamy, tara.

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Mar 7 Aoû - 0:24

Un soupir délibérément exagéré fend les lèvres de Min-ho alors que ses yeux roulent dans ses orbites. Il s’enfonce un peu plus dans son canapé, la tête renversée en arrière. Il esquive toujours autant le sujet, Shaun. À croire qu’il pense que son pote est aveugle – ou analphabète. Les traces de son addiction, il les décèle dans son attitude bien trop débonnaire pour être crédible. Les effets de son addiction, ils ont été étalés dans une flopée d’articles de magazines sportifs. Min-ho ne le presse pas, cela dit. Il le connaît. S’il essaye d’ouvrir la boîte, le couvercle se refermera sur ses doigts. Il ne le jugera jamais, de toute façon – Shaun lui rendrait coup pour coup. Et puis ça fait quoi, treize ans qu’ils traînent leurs vieilles carcasses autour d’une bière à l’écart des paparazzis ? Treize ans qu’ils se connaissent et dix qu’ils exhibent au biceps la preuve d’une amitié indestructible. Pourtant, c’est l’inquiétude qui s’esquisse sur ses traits alors qu’il fronce les sourcils. D’ordinaire, Min-ho ne s’intéresse aux magazines people et encore moins à ceux qui concernent le milieu sportif. À quoi bon lire ses propres frasques alors qu’il sait déjà que ce n’est qu’une vérité déformée ? On fait dire n’importe quoi aux images et il le sait mieux que quiconque : c’est dans des films qu’on le sublime, c’est sur papier glacé qu’on gomme ses défauts – et qu’on essaye de lui blanchir la peau, tant qu’à faire. C’est peut-être un britannique dans l’âme et dans l’éducation mais son sang, il vient de Corée du Sud et s’il exècre la kpop, il ne renie pas pour autant ses origines. Ce qu’on a raconté sur Shaun, par contre – c’est une autre histoire.
Min-ho ricane simplement lorsqu’il change de sujet. C’est ce que leurs agents essaient de faire croire à la presse. Min-ho et Leo, c’est la guerre ouverte depuis qu’il a ouvert le bec. Depuis qu’elle a réalisé que son héros n’est qu’un foutu salaud comme il y en a par paquets de dix, à Hollywood. « You’re joking, mate. » Rétorque-t-il avant d’avaler une lampée de sa bière. « She’s a bitch. » Il marque une pause, les yeux clos. Il considère peut-être Leo comme une garce mais il est pire qu’elle. On l’appelle simplement différemment. « But at least she won’t try to get in your pants like Scarlett did. That was awkward as hell. » Ajoute-t-il dans un roulement d’épaules. À l’époque, ils n’étaient déjà plus ensemble. Mais Shaun, il était marqué et si sa gonzesse l’avait appris, Scarlett n’aurait peut-être pas pu exhiber à nouveau son joli minois sous les caméras. « Actually, she’s not dating me. » C’est une grimace qui déforme sa gueule. Ça dérange Min-ho bien plus qu’il ne l’admet. Et il se penche vers Shaun, l’acteur. C’est une confidence qu’il lui fait : un secret dont même les sales petits fouineurs qui traînent sur les plateaux ignorent l’existence. « She’s dating the kid. I still can’t get his name straight but that kid ain’t straight, pal. It’s so fake it hurts. » Mais ce n’est pas si différent de ce qu’il a vécu avec Scarlett, Min-ho. Tant que le public n’y voit que du feu, les mensonges persistent. Mais dans un monde où la vie privée des stars s’étale au grand jour, les secrets éclatent. Shaun le sait mieux que quiconque – ses vices à lui, ils ont été étalés aux yeux du monde.
Et Min-ho, il ne résiste plus. Il insiste. Il bat le fer tant qu'il est encore chaud. C’est p’têtre la bière qui anesthésie enfin son cerveau. « So, what brought you to Brighton, mate? It’s a girl, right? » Il se trompe peut-être, Min-ho. Mais y aurait-il une autre raison pour se perdre dans ce foutu bled ?

_________________
— stand in the ashes of a trillion dead souls and ask the ghosts if honor matters. the silence is your answer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 542
- since : 01/07/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Sam 11 Aoû - 22:50

Tu t'marres à sa réponse. Bien sûr que ça ne se passe pas bien sur le tournage. Tu le connais Min-ho, tu sais comment il est, tu sais à quel point il peut être insupportable, perfectionniste. Hell, même pour un caméo de quelques secondes dans Galactic Fighters, il a tenu à te coacher pour que la scène soit nette et sans défaut. Tu caches pas le fait que t'as adoré lui porter ton stunner dans le ring, quelques semaines après durant sa tournée promotionnelle. Tu t'étais jamais autant impliqué en exécutant ton finisher. T'as le sourire quand t'y repenses, et à l'époque, tu te serais jamais douté que c'mec deviendrait aussi important pour toi. T'aurais jamais imaginé qu'un connard pareil puisse être ton pote au point de t'faire tatouer avec lui ; mais avant, tu croyais aussi que t'allais rester à la WWE jusqu'au bout. Putain, ça t'bouffe vraiment le crane cette histoire. « Come on, I'm sure she's not that bad. », tu lui réponds en haussant innocemment les épaules. « You can be a total douche too, you know. » Bien sûr qu'il le sait, c'est tout le personnage. Si Min-ho avait choisi la même carrière que toi, aucun doute qu'il aurait fait un heel absolument splendide.
Tu bois une gorgée de ta bière avant de la poser sur la table basse, et tu te lèves, comme si t'avais toujours habité ici. « Yeah I know. She would have been disappointed tho, the pills don't really help with the hard-on. » Et comme ça, tu parles de ta dépendance et de ses conséquences, sans aucune retenue. T'as aucune gêne quand ça touche à lui, il t'a vu dans tes pires états. Min-ho, il t'a vu quand t'essayais de te sevrer, il a vu ta condition pitoyable alors que tu te battais pour pas reprendre ces merdes. Et il t'a vu échouer, à chaque fois. T'as toujours cédé, Shaun. T'as toujours craqué, t'as toujours plié face à ces simples petits cachetons. Et t'échoues encore.
Tu lui lances une manette sans prévenir et tu t'mets à fouiller dans sa collection de jeux. « For real ? That's messed up. », tu rigoles. Comme si t'avais jamais vu de fausses relations créées de toute pièce. T'en as même fait les frais à plusieurs reprises, quand on te refilait une storyline avec une de tes collègues féminines. C'est même comme ça que ta relation avec Tasha a débuté, quand les scénaristes ont jugé bon de vous mettre ensemble. « Or maybe you’re just jealous. » Tu tournes rapidement la tête vers lui, un sourire moqueur étendu sur tes lèvres. Tu serais pas surpris de t'prendre la manette dans la gueule. Et quand tes yeux se reposent sur l'ensemble des boîtiers, tu t'rends compte que tes doigts sont posés sur WWE 2k17. T'hésites quelques secondes avant de le mettre dans la console. « Just like old times. », tu dis en revenant t'installer sur le canapé, ton propre joystick entre les doigts. Sa question te fait rire, plus nerveusement qu'autre chose. « Wish it was that simple. » Il va te coincer Min-ho, tu le sens. Tu sais très bien qu'il ne va pas lâcher l'affaire tant qu'il n'aura pas toute l'histoire derrière ta présence ici. Et toi, t'es comme un con. T'es tenté de lui mentir, Shaun. T'es tenté de lui dire que tu prends juste des vacances en bord de mer. Tu pourrais même lui parler de Rhian, lui dire que t'avais simplement envie de voir de la famille. Mais t'es pas un bon acteur, il te l'a déjà assez répété pour que tu le retiennes.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 415
- since : 18/07/2018

( end game )

- getaway car.
address: #003, sea side.
contact book:
availability: (closed) leo, shaun, seth, sophia, bellamy, tara.

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Dim 12 Aoû - 20:30

Min-ho, il soupire en s’enfonçant un peu plus dans son canapé beaucoup trop confortable pour son propre bien – il s’y endort souvent, l’acteur. C’est les travers de l’âge qui le minent malgré lui, c’est la fatigue qu’il accumule après de longues journée de tournage. Il refuse d’admettre la vérité, Min-ho. Il tourne le dos à l’évidence : la demi-siècle s’approche alors que le quart de siècle est déjà ce qu’il appelle sa jeunesse. Mais son ennui n’est pas dû à cet état de fait ; c’est Shaun qui l’irrite. Shaun qui refuse d’ouvrir le bec et de s’expliquer. De quoi a-t-il de peur ? De quoi se soucie-t-il ? Que Min-ho le juge ? Comme s’il y parviendrait, comme s’il y pensait. Ce qui n’aurait dû être qu’un caméo de quelques secondes pour booster leurs carrières respectives s’est mué en une amitié si solide qu’ils sont encore là, à pinailler sur le canapé comme une paire d’adolescentes éprises par les derniers potins explosifs de People Magazine. Sauf que les ragots les concernent.
Il avale une gorgée de sa bière, son regard tourné vers Shaun. À sa réflexion sur son attitude explosive, il n’a que l’esquisse d’un sourire. « Everybody knows that I’m a douchebag. » Enfin, si l’on oublie ses sourires charmants sur les tapis rouges et au Comic-Con de San Diego. Son jeu d’acteur impeccable, il le traîne jusque derrière les caméras pour satisfaire les foules et se vendre. Il ronge son frein, Min-ho. Il se retient une énième réflexion sur sa dépendance. La plaie est encore trop fraîche et y rajouter du sel n’arrangera pas la situation.
Alors il ne dit rien et accepte simplement la manette. Ça le bouffe et ça le tiraille de l’intérieur, cela dit. La manette, elle manque de valser. C’est par mécanisme qu’il allume sa télévision géante haute-définition. C’est par habitude qu’il s’octroie la permission de choisir Shaun Penwyn parmi les catcheurs disponibles et c’est dans l’usage qu’il prenne son temps pour rouster son meilleur ami avec sa propre gueule. Il s’apprête déjà à utiliser son finisher lorsque la bombe éclate. Les mains de Min-ho lâchent la manette pour se visser autour du col de la chemise de Shaun.
Il sait pertinemment qu’il n’a aucune chance de le faire trembler. Il essaye, pourtant. Son visage, il s’approche du sien et les mots qui s’échappent de sa bouche sont semblables à des crachats. « Just like old times? » Répète-t-il en martelant chaque mots avec la force d’une enclume sur du fer chauffé à blanc. « Wish it was that simple? » Min-ho, il le lâche déjà dans un souffle pétri d’agacement. Il s’affale de tout son long dans le canapé. Il croise les bras, la tête renversée sur l’accoudoir de son canapé. « You’re pissing me off, mate. I’m going to rip you apart if you don’t spit it out right now. » Éructe-t-il en fixant le plafond à la place de son regard – croiser les yeux perclus de léthargie de Shaun, c’est réveiller son erreur en tant qu’ami. C’est lui rappeler qu’il n’a pas su le sortir de ce guêpier mais surtout, qu’il n’a même pas essayé. Il s’est cherché des excuses – trop occupé, trop loin. Pourtant, ses obligations en tant qu’acteur et ses voyages aux quatre coins du monde pour des tournages ne changent pas que le temps, il aurait pu le trouver. D’autres y arrivent. Min-ho, il a simplement esquivé la dernière étape de la déchéance de Shaun – l’oubli. Et s’il a cru bêtement que leur relation n’a pas été minée par la chute du heel favori de la WWE, il se berce d'illusions. « What are you so ashamed of? » C’est cette question-là qu’il aurait dû poser depuis le début. Mais il n’y a plus de rage sur la langue de Min-ho. Seulement de la lassitude. « Talk to me, you prick. » T'as pris ton temps, Min-ho. T'as pris ton temps pour lui proposer une oreille attentive à la place de remarques légères d'une époque révolue.
Il se passe une main lasse sur la gueule, les yeux clos. Et il attend. Il attend que Shaun crève enfin ce foutu abcès qui le dévore depuis qu'il a retrouvé le luxe en posant les pieds dans son appartement.

_________________
— stand in the ashes of a trillion dead souls and ask the ghosts if honor matters. the silence is your answer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 542
- since : 01/07/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Dim 19 Aoû - 18:58

Tu ricanes Shaun. Bien sûr que tout le monde est au courant de sa délicatesse, toi le premier. Ton pote, c’est typiquement ce genre de star à la con, qui se sent supérieur au reste. Mais l’acteur, il reste cher à ton cœur, il reste cet abruti dont tu n’arrives pas à te passer, par sur le long terme.
T'es pas surpris quand il te choisit dans le roster du jeu ; c'est presque devenu une tradition au fil des années, au fil de vos parties jusqu'à pas d'heure. T'as toujours pris branlées sur branlées, mais tu t'es jamais plaint. C'que t'es pas foutu de faire à l'aide d'une manette, tu sais le faire en vrai. Et bien, qui plus est. Enfin, c'était avant tout ça. T'as sûrement perdu de ton talent, de ton agilité. Tu ne pratiques plus autant, tu ne t'entraînes plus avec autant de régularité. Devenir une épave, ça s'entretient. Tu sélectionnes ton combattant, ton choix se portant rapidement sur Kevin Owens. Tu l'aimes bien ce gamin, tu l'as toujours vu comme le futur du métier. Mais qu'importe ta sélection, qu'importe la façon dont tu détruis les boutons de la manette, tu sais très bien que tu vas te prendre une raclée. Ta défaite approche, mais la seule chose que tu vois arriver, ce sont les mains de Min-ho qui t'attrapent par le col. T'es surpris Shaun, mais ça s'arrête là. Si tu le veux, tu peux le chasser comme une mouche l'acteur. Lui, c'est que de la gueule comparé à toi. Pourtant, il te met dos au mur. Tu sais très bien que tu ne peux pas lui mentir infiniment, que tu vas devoir cracher le morceau à un moment venu. T'espérais juste avoir un peu plus de temps, une meilleure occasion. Que t'aurais eu la possibilité de trouver les bons mots, de trouver la meilleure façon de lui dire. T'as plus le choix Shaun. Tu ne peux pas improviser un mensonge avec autant d'aisance. Merde, tu ne veux même pas lui mentir. Tu sers la mâchoire, tu fixes l'écran, vos deux catcheurs immobilisés. « Fucking hell, that’s what happening. », tu lâches enfin dans un souffle. Tes mains serrent la manette, comme si t'essayais de centrer ton attention sur autre chose d'autre que ces pensées qui se bousculent dans ton crâne. Quoi lui dire ? Comment lui dire ? T'en sais rien, putain. « I'm nothing, Min-ho. There's nothing left of me. » Tu te mords l'intérieur de la joue, t'évites de regarder en sa direction. Tu ne sais même pas s'il te regarde, mais tu refuses d'affronter ses yeux. Tu refuses de prendre le risque de voir son jugement. « I'm nothing. », tu répètes dans un soupir, lâchant la manette pour retrouver ta bière. Tu prends une gorgée. Deux gorgées. Trois gorgées. N'importe quoi pour t'empêcher de parler, n'importe quelle façon pour gagner du temps, pour former ta pensée dans un discours rationnel. « Every fucking day, it's the same. I wake up, I drive this guy around. I'm supposed to protect him, too. That's my job, that's my life now. », tu lui dis en tournant la tête vers lui. T'oses le regarder, t'écrases cette peur à la con. Peut-être parce que t'as envie de voir ce jugement sur ses traits, peut-être que t'en as besoin. Que cela ait l'effet d'un coup de fouet, pour te faire réagir, pour te pousser à te sortir de cette situation à la con. Mais tu sais pertinemment que tu te voiles la face Shaun. Ta honte, c'est pas ta situation. C'est pas la façon dont tu gagnes ta vie, mais la raison pour laquelle t'es obligé de le faire. Ce sont ces cachets que t'absorbes par dizaines chaque semaine.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 415
- since : 18/07/2018

( end game )

- getaway car.
address: #003, sea side.
contact book:
availability: (closed) leo, shaun, seth, sophia, bellamy, tara.

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Mer 22 Aoû - 14:31

Le silence s’étire et le mutisme de Shaun s’épaissit. Il a abandonné sa manette depuis longtemps, déjà. Chose rarissime, pour Min-ho. D’ordinaire, il termine toujours le match. D’habitude, il ne rate jamais l’occasion de battre Shaun à son propre jeu alors qu’il sait pertinemment que hors de l’écran, il n’a aucune chance. Shaun le lui a déjà prouvé, quelques années plus tôt. Malgré la scène scriptée à l’excès, malgré leurs simagrées feints et leurs mouvements théâtraux, Min-ho a senti que s’il l’avait voulu, c’est plus qu’un ego froissé qu’il aurait pu déglinguer. Il se souvient encore de son finisher qu’il lui a administré avec bien trop de plaisir – à l’époque, ils ne se considéraient pas encore comme des potes. Simplement comme des collègues, des partenaires autant à l’écran que sur le ring. Même aujourd’hui, même meurtri par la vie et ses foutus pilules, Shaun n’aurait pas besoin de se forcer. Pourtant, c’est lui qui craque. C’est lui qui cède à la diatribe autoritaire de l’acteur et son regard glacé qui accroche sa silhouette. Min-ho, il veut des réponses. Il exige des réponses et il les aura coûte que coûte. Et Shaun, il s’est détourné de lui assez longtemps. Min-ho s’est détourné de lui assez longtemps – il l’a laissé tomber. Littéralement.
Min-ho roule des yeux à sa réponse. Mais il ravale ses sarcasmes, Min-ho. Il ravale l’envie de le juger qui lui pend aux lèvres malgré lui ; il se croit en Enfer, Shaun ? Qui s’est propulsé dans ses brasiers sans se soucier des conséquences ? Personne ne lui a fourré les cachetons entre les lèvres si ce n’est lui. Min-ho, la seule chose qu’il lui a déjà collé à la bouche, c’est un joint. Il a arrêté, depuis. C’est peut-être parce qu’il est trop vieux pour ces conneries-là, maintenant. Min-ho, il l’imite lorsqu’il attrape sa bière. Il la sirote tranquillement à attendre la suite de son discours. La suite de ses aveux. Ce que l’acteur attend ne s’est toujours pas échappé de sa bouche : ce qu’il branle à Brighton. Ce qu’il fait pour rouler sa bosse et gagner sa vie. Et puis il se confesse enfin, Shaun. C’est l’ennui qui le mine en plus de ses cachets stimulants. La redondance dans une vie habituée à l’imprévue autant sur le ring qu’en dehors. Min-ho, il soupire en se passant une main las sur le visage en la laissant se reposer sur ses yeux clos. « So you’re telling me you’re bored out of your mind. » Qu’il réplique d’un ton rompu par une grimace. Min-ho se redresse déjà pour se rasseoir et attraper sa bouteille de bière pour en boire une gorgée. Son regard, il cherche celui de son bon vieux pote alors qu’il arque un sourcil. « So why don’t you quit, eh? » Il marque une pause et son coude rencontre ses côtes alors qu’il esquisse un sourire goguenard. « I’ll even hire you as my bodyguard if you wish so. » Mais il ravale déjà sa proposition alors que l’évidence lui explose à la gueule. Il n’y a qu’une chose pour laquelle Shaun serait capable de se damner. Il n’y a qu’une chose pour laquelle il craque plus que ses foutus cachetons. Min-ho se laisse retomber sur le canapé, les pieds sur la table basse. « It’s the maid, right? How pretty is she? Is her outfit as kinky as I think? » Demande-t-il, un sourire trop large étalé sur ses lèvres. Une hypothèse, seulement. Mais d’après la gueule que tire Shaun, il y a du vrai dans son idée. Et bon dieu, ça pue déjà le cliché. Peut-être que ce n’est que son côté de salopard qui ressort – ou alors, c’est simplement une façon de dégriser son vieux pote.

_________________
— stand in the ashes of a trillion dead souls and ask the ghosts if honor matters. the silence is your answer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 542
- since : 01/07/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Lun 3 Sep - 19:31

T’en as assez de mentir, t’en as assez de cacher la vérité. A Min-ho, à quelques-uns de tes anciens collègues qui demandent des nouvelles. A tout le monde. T’en assez de toujours éviter le sujet, de toujours détourner les conversations pour ne pas avoir à parler de tes échecs. Et maintenant que t’y fais face, tu comprends pourquoi. Tu comprends cette nécessité que tu t’étais imposé. T’avais raison en te disant que t’assumerais pas, car c’est clairement pas le cas ici. T’as honte, Shaun. T’as honte de c’que t’es devenu, de ta descente aux Enfers et de tes faiblesses.
Les muscles tendus, la mâchoire serrée, tu secoues vivement la tête à la première réponse de l'acteur. Non, tu t'emmerdes pas Shaun. Enfin si, mais là n'est pas le problème. T'étais au sommet, t'étais le roi incontesté de ta discipline et du jour au lendemain, tu t'es retrouvé à jouer les laquais pour les autres. La seule personne que tu peux blâmer, c'est toi. C'est de ta faute, tout en entièrement de ta faute. T'as trop joué au con, t'as trop voulu défier l'autorité et les limites qu'on t'avait imposées. Tu sais que t'es responsable et pourtant, tu peux pas t'empêcher d'en vouloir au reste du monde. Tu t'es senti abandonné, tu t'es senti délaissé par tout ton entourage. A croire que ton nom était devenu tabou sur les lèvres. Tous ces gens, trop occupés à gérer leur propre existence et toi, qui t'fous en colère égoïstement contre eux. Contre Min-ho, même. Parce qu'il était jamais là, ton pote. Jamais là quand t'étais au plus mal, jamais là quand tu sentais que ta vie partait à la dérive. Quelques messages depuis l'autre bout du monde, pas grand-chose d'autre. Mais t'es pas allé le chercher pour autant. T'as pas lancé d'appel à l'aide. Des tout va bien, t'en as envoyé par dizaines, comme s'il allait lire entre les lignes. Alors que si t'avais ravalé ta fierté, si t'avais dit dès le départ que t'étais à bout, il serait sûrement monté dans le premier avion. « It's not that. I can accept a boring life. It's quite welcomed after all those years on the road. » Tes doigts s'entremêlent, tes yeux plantés sur tes mains. T'essayes de trouver tes mots, de mettre en ordre tes pensées et c'que tu ressens depuis des mois. C'est pas chose aisée. T'as jamais été un gros causeur, t'as jamais eu la conversation facile avec les autres. Et c'est sûrement ça qui faisait toute la qualité de ton personnage sur le ring. « It's about being someone's flunky. » Tu rigoles, malgré toi. Tu rigoles de ta condition, tu rigoles de ta chute. Et t'ajoutes finalement ces derniers mots : I hate it, bro. » Comme un murmure, comme si la salle était pleine et que seul Min-ho devait entendre ces paroles.
Tu t'adosses au canapé, tu t'passes les mains sur la tronche. C'est à peine si tu te rends compte que t'es claqué. A force de gober ces merdes, t'arrives plus vraiment à faire la différence. « Come on, you know it's suicide to be your bodyguard. Everybody hates you. », tu lui dis en lui collant ton point dans l'épaule. Ton humour de merde comme mécanique de défense, comme si ça allait marcher avec lui. Comme s'il ne te connaissait déjà pas par cœur. Comme s'il n'avait pas deviné pourquoi tu restais enchaîné tel un clébard aux frais de cette famille. Il lit en toi comme dans un livre ouvert, et tu te sens presque gêné de te sentir aussi exposé. Gêné, parce qu'il te pousse dans tes retranchements sans te laisser la moindre porte de sortie. Tu te racles la gorge, presque mal à l'aise. « Yeah she's fine as hell. But no, I'm not shagging her. » Regarde-toi, t'es pitoyable putain. T'es un gosse pris sur le fait. Un adolescent qui rougit à cette question débile : alors les amours ? On dirait le héros d'une comédie romantique de merde. Tu fais pitié, Shaun. Tu fais pitié, mais tu t'en bats royalement les couilles. Tu croises le regard de l'acteur et t'as un rictus qui se dessine au coin de tes lèvres. Un sourire sincère. L'effet naturel de la gamine sur toi. Sa présence bénéfique qui rayonne même quand elle est à l'écart. Oh, il va bien s'foutre de ta gueule ton pote, mais ça va pas t'atteindre. « His daughter, man. »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 415
- since : 18/07/2018

( end game )

- getaway car.
address: #003, sea side.
contact book:
availability: (closed) leo, shaun, seth, sophia, bellamy, tara.

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Jeu 13 Sep - 21:16

C’est en voyant l’épave qu’est devenue Shaun que Min-ho regrette de ne pas avoir été là plus tôt. De ne pas avoir été là lorsqu’on l’a chassé de son piédestal. Il regrette de ne pas l’avoir aidé à se relever, comme il l’aurait dû. Mais Min-ho, il n’a jamais su – n’y même compris – à quel point sa chute, elle a été brutale. Qu’en plus de perdre son statut, c’est sa santé qu’il a abandonné sur le chemin de la déchéance. Ça ne surprend que Shaun ne lui ait pas tourné le dos – il aurait pu, il aurait dû. Après tout, Min-ho n’est là qu’aujourd’hui. Et ça sa présence, elle est due au hasard. Le hasard qui l’a poussé à renfiler le costume de Max Wire une fois de plus – la fois de trop. La chance, qui a aussi poussé le directeur originel de la saga à revenir aux sources, à retourner dans sa ville natale pour y tourner ce volet-là au même endroit où ils ont tourné le premier. Si ça n’avait pas été le cas, il serait encore à Los Angeles, Min-ho. À des milliers de kilomètres de son bon vieux pote, à des années-lumières de son nouveau monde. Il n’aurait pas cherché à reprendre contact non plus – quelques textos, espacés sur six mois, huit mois, dix mois, un an. Des questions badines et des réponses qui le sont plus encore. Des réponses qu’il aurait oublié dès qu’il les aura lu. Des excuses, ensuite – trop occupé, trop loin, trop loin, trop fatigué par ses journées.
Il ne peut plus reculer, maintenant. Il n’a pas spécialement envie de le faire non plus. Shaun, c’est une épave qui touche déjà le fond et mis à part lui, personne n’essaye de la faire remonter à la surface. Pourtant, c’est un ricanement qui s’échappe de la bouche de Min-ho alors qu’il penche la tête en arrière. Une façon de cacher ses yeux qui roulent dans ses orbites – la moquerie, évidente. Satisfait d’une vie ennuyeuse, d’un train-train quotidien de mégère ? Incongru et impensable mais pourtant vrai. Adossé contre le canapé, un bras par-dessus le dossier, Min-ho avale simplement une gorgée de sa bière. Il ravale ses répliques cinglantes et ses remarques goguenardes. Ce n’est pas le moment – ce n’est pas une bonne idée non plus. Parce que son pote, sous ses airs de brute, il est fragile. Plus qu’il ne le pense, plus qu’il ne le laisse paraître. Juste assez pour que Min-ho le remarque, dans ses mains crispées et son regard vitreux. Juste assez pour que Min-ho l’entende sur le bout de ses lèvres. Mais c’est un soupir qui fend celles de Min-ho alors qu’il achève enfin sa bière pour la reposer un peu trop brusquement sur la table basse. Son coup de poing inattendu le secoue plus que de raison mais Min-ho fronce simplement les sourcils. Pas parce que Shaun a écorché son ego – il n’a jamais réussi, en plus de dix ans – mais parce qu’il ne s’est pas attendu à ce que la donzelle qu’il se tape, ce soit la fille de son patron.
La surprise qui frappe d’abord et puis l’hilarité qui le secoue malgré lui.C’est pire que dans les films – c’est exactement comme dans les films. Le garde du corps qui s’éprend de la mioche de l’homme qu’il défend. Min-ho, il ne pousse pas le vice jusqu’à essuyer une larme imaginaire au bord de son œil bien qu’il en ait envie. Il n’oserait pas piétiner Shaun plus que ça. Il en fait déjà trop. Il en a déjà fait trop, en l’ignorant. « So you’re telling me you’re fucking your boss’s daughter. » Une pause. Une question évidente, clichée, qui lui brûle la langue. « Does he know? » Une réponse qu’il offre lui-même, tout aussi évidente que son interrogation. « Of course he doesn’t. You’d be dead if that was the case. » Et puis son regard qui se visse enfin dans le sien. Un regard qui cherche une réponse à une autre question qu’il n’hésite pas une seule seconde à poser. « Could you just be a tiny bit more cliché and tell me you're in love with her? » Grimace-t-il.
Min-ho, on l’imagine parfois comme un romantique. C’est parce qu’à l’écran, il la feint à merveille. Derrière l’écran, c’est une autre histoire. Un mot qu’il évite comme la peste – incapable de se poser, incapable d’aimer autrement que sous les draps, le temps d’une nuit.

_________________
— stand in the ashes of a trillion dead souls and ask the ghosts if honor matters. the silence is your answer.


Dernière édition par Min-ho Mun le Mar 25 Sep - 21:11, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 542
- since : 01/07/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Lun 17 Sep - 20:42

Tu sais que c'était une mauvaise idée de lui dire. Tu sais que t'aurais mieux fait de fermer ta gueule plutôt que d'aller tout lui raconter. Ton bras posé sur l'accoudoir du canapé hors de prix, t'as envie de te prendre la tête dans les mains. Tu t'es mis dans la merde tout seul. Parce que Min-ho, il a parfaitement raison. T'as pas besoin d'ouvrir la bouche pour lui confirmer ses dires : il sait très bien qu'il vise juste. Alors tu hoches simplement la tête, sûrement pour approuver toutes ses affirmations. Non, ton patron ne sait pas. Oui, t'es amoureux d'elle. Un peu contre ta volonté, tu t'es retrouvé pris dans la torpeur, embarqué par des sentiments que t'as pas été foutu de contrôler. « Bro, I used to be a wrestler. I am a fucking cliché. » Used. Ces mots qui font mal quand ils passent tes lèvres. Ça te brûle la gorge de l'avouer à haute voix et la douleur ne fait que redoubler à chaque fois. La réalité qui vient te claquer en pleine face, qui vient te rappeler que ta carrière est terminée, quoique tu fasses, quoique tu dises. Des excuses, t'en as présentées par dizaine : aux dirigeants de la fédération, aux fans, aux journalistes sportifs. T'as essayé, Shaun. Tu t'es battu comme un diable, en vain. L'aubaine était trop belle pour les rapaces, cette idée que le bad boy par excellence n'était pas seulement un rôle. Et ce sont les charognards qui t'ont récupéré.
Ton regard se tourne vers Min-ho, et on peut lire dans tes yeux cette appréhension. Comprends-moi, s'il te plait. « Can you blame me, tho ? » Et t'espères qu'il va répondre par la négative. T'espères qu'il va te donner raison, parce que t'es pas foutu de le faire toi-même. Que malgré ses sourires, malgré ses gestes et ses attentions, t'as toujours autant de mal à croire que c'est toi qu'elle a choisi. Que c'est toi, sale pantin désarticulé et pas un autre. Sûrement parce que ça te faire peur, aussi. Tout ça, t'y est pas habitué. L'amour, comme on dit. T'as quitté trop tôt ta famille pour vraiment te souvenir d'eux. T'as jamais pris le temps de te poser avec quelqu'un pour y penser. Y'a juste eu Tasha. Seulement Tasha. A qui tu penses, là tout de suite. Elle approche de la retraite des rings, ton ancienne dulcinée ; pas question de voir une catcheuse entre les cordes une fois les trente-cinq ans passés. Ces idioties qui t'ont fait te prendre la tête avec tes patrons à plusieurs reprises, quand tu voyais des mecs de cinquante ans combattre. « It's been like two years since Tasha and I broke up. », tu lui dis comme pour appuyer ton propos. Pour le convaincre, dans un sens, que t'as le droit d'être heureux qu'importe la source.
Machinalement, tu te lèves, les mains dans les poches. Quelques pas, et t'es prostré devant la grande baie vitrée. Le regard paumé, l'esprit avec. « She doesn't know. » T'as besoin de détailler ta pensée, t'as pas besoin de parler explicitement de ces boîtes vides qui s'entassent dans un vieux tiroir. De cette voracité qui te tord le crâne à chaque fois que t'espaces trop tes prises. De cette honte qui te bouffe à chaque fois que tu les avales. De ces sommes d'argent que tu n'as pas, dilapidées dans cet amour à sens unique. De ton autodestruction, Shaun. Ce long suicide silencieux.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 415
- since : 18/07/2018

( end game )

- getaway car.
address: #003, sea side.
contact book:
availability: (closed) leo, shaun, seth, sophia, bellamy, tara.

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Lun 1 Oct - 23:31

Une image qui lui colle à la peau au-delà des torchons qui dissèquent la vie des starlettes hollywoodiennes. On le dit impitoyable, autant sur les plateaux de tournage qu’en dehors de l’écran. On le raconte sans pitié, autant avec ses co-stars qu’avec les gens qu’il côtoie au quotidien. Min-ho n’a jamais vraiment cherché à démentir cette réputation – elle est méritée, au fond. Méritée, parce qu’il n’hésite pas à cracher la vérité à la gueule de ceux qui ne veulent pas l’entendre. Et si Shaun l’a supporté pendant plus de dix ans, il le supportera encore une décennie de plus.
Ses suppositions, elles se certifient sans même que Shaun n’ait besoin de le formuler à voix haute. Min-ho, il tape juste. Là où il faut, quand il faut. Un défaut, peut-être. Une qualité, d’après lui. Ça, et une franchise qui dépasse l’honnêteté polie et la bonne foi délicate. Min-ho, il a l’honnêteté crue et la franchise cassante. Leo en a payé les frais. Seth, peut-être même un peu plus qu’elle – sûrement plus qu’elle. Trop naïfs pour ce milieu, sûrement. Naïf comme l’a été Shaun, à croire qu’il aurait pu dissimuler son affliction aux yeux de la fédération. Mais Min-ho ravale ses autres répliques sarcastiques lorsque son regard croise celui de Shaun. Une plainte, peut-être. Un souhait qu’il essaye de le comprendre malgré tout. Qu’il ne le juge pas alors qu’il le devrait. Un terrain glissant sur lesquel il n’ose pas s’aventurer trop vite ni même tout de suite. Après tout, Min-ho a commis des erreurs au cours de sa carrière, lui aussi. Une en particulier, qui le poursuit encore aujourd’hui. Une en particulier, ui lui a offert un Oscar, en plus d’une renommée internationale. Un mal pour un bien. Min-ho soupire en penchant la tête en arrière, ses bras par-dessus le dossier du canapé. Ses pieds, sur la table basse. Le flegme anglais qui ressort, en plus d’une nonchalance lasse. Tasha, ça remonte déjà à loin. Tasha, même Min-ho ne l’a plus revu depuis longtemps. Tasha et Min-ho qui se ressemblent plus qu’ils ne l’auraient souhaité tout les deux – elle a tourné le dos à Shaun exactement comme il lui a tourné le sien. « No, I can’t blame you. » Répond-il simplement. Peut-être que pour Shaun aussi, c’est une bénédiction pour une malédiction. Troquer quelques secondes de bonheur contre la possibilité d’être licencié à n’importe quel moment. Goûter à la paix alors qu’il suffit d’un faux-pas pour que tout s’écroule à nouveau. « If her booty’s worth it, who am I to judge anyway? » Ajoute-t-il dans un sourire aux coins moqueurs.
Min-ho ne s’embarrasse pas à lui dire qu’il est heureux pour lui. Il n’oserait pas – ces mots-là, ils ne lui correspondent pas, de toute façon. Ils ne collent pas à l’image que même Shaun s’est faite de lui, au fil des ans. À la place, c’est la moquerie qui fait grincer ses cordes vocales et la raillerie qui roule sur sa langue. Une façon de lui dire qu’il est tout de même heureux pour lui, dans un sens – il suffit de lire entre les lignes. Ça aurait pu s’arrêter là. Ça aurait sûrement dû s’arrêter là et pourtant, le regard de Min-ho suit Shaun qui lève, Shaun qui lui tourne le dos. Un silence et puis une énième révélation qui éclate, une évidence.
Elle ne sait pas, sa donzelle. Pas besoin de préciser ce qu’elle ne sait pas pour que Min-ho comprenne. Un énième soupir, pour lui. Une tête qui bascule en arrière et une main qu’il se passe dans les cheveux, les yeux clos. Il s’est embarqué dans une galère, Min-ho. Une galère qu’il a pourtant évité assez longtemps – une amitié qu’il a dédaigné trop longtemps. « She doesn’t know ‘cause she’ll leave if she does, right? » Comme il a fui, lui aussi. Comme ils ont tous fui dès qu’ils ont appris que la côte de Shaun Penwyn s’est délitée en fumée. Une pique qu’il se destine à lui-même, pour une fois. Min-ho avale une autre lampée de bière dans l’espoir que sa culpabilité se délite, elle aussi.
Il est là, maintenant. Et même s’il n’a jamais été l’ami le plus fidèle du monde ou encore le plus présent, il est là. Piégé à Brighton, de toute façon. Comme Shaun. Comme lui, piégé dans un rôle qui ne lui convient pas. « Why don’t you just tell her and find out? »

_________________
— stand in the ashes of a trillion dead souls and ask the ghosts if honor matters. the silence is your answer.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 542
- since : 01/07/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   Sam 20 Oct - 21:48

Les journées qui s'alignent, qui se ressemblent toutes autant que les autres. Et toi, coincé dans cette spirale dantesque dont laquelle t'es pas foutu de sortir. Ces merdes que tu gobes avant même de sortir de ton lit ; tradition assassine qui te répète que tu ne pourras pas te lever sans. Ce n'est pas la présence de Tara dans tes draps qui change beaucoup les choses. T'uses le peu de matière grise qu'il te reste pour trouver des subterfuges à chaque fois. Que tu prétendes un mal de crâne, ou que tu profites de son sommeil, c'est toujours la même chose. Ils doivent être avalés, sans quoi, tu meurs. T'en es persuadé, Shaun. Que ces cachetons, c'est la seule chose qui te tient encore en vie aujourd'hui. Et t'as sûrement raison, dans le fond. T'es pas idiot, tu sais très bien l'effet destructeur que ça laisse à l'intérieur. L'amour forcé entre ton être et les antalgiques. L'union maudite de ton organisme et des dopants. Une habitude installée. Une habitude ravageuse. Ouais, t'en es certain. Le manque, il finira par te flinguer si tu le pousses à durer trop longtemps.
Si tu te flingues pas toi-même avant.
Et tu ne serais pas le premier à sombrer jusqu’à l’impensable. Le premier à sombrer dans la roïd rage qui danse au-dessus de toi, pareil à l’épée de Damoclès.
T'as un sourire quand il te répond, quand il ne peut s'empêcher de parler du cul de Tara. Classic Min-ho. Un rictus qu'il peut sûrement voir dans le reflet de la vitre immaculée. Comme le reste des lieux. Le luxe qui transpire des murs, presque. Ces facéties dans lesquelles tu vivais encore, y'a encore quelques années. Des maisons dans différents état du pays de l'Oncle Sam, toutes entretenues comme s'il s'agissait des musées. Toutes prêtes à t'accueillir qu'importe le moment. Un faste déchu en même temps que toi. Des baraques que t'as vendues les unes après les autres pour payer tes dettes accumulées au fil des années. Pour payer tes douces compagnes ovales. Fortune dilapidée en un temps record.
Tu baisses la tête à ses mots, abandonnes les vagues qui hypnotisaient ton regard depuis de longues secondes. « She will. I know she will. » Tes doigts passent sur ton menton, s'accrochent à ta mâchoire serrée. Pourquoi est-ce qu'elle resterait ? Pourquoi est-ce qu'elle perdrait son temps pour un vieux type, addict et sans avenir certain ? Tara, elle n'a rien à gagner dans cette histoire. Toi, t'as tout à perdre. Les poings de nouveau enfoncés dans les poches de ton jean, tu jettes un regard par-dessus ton épaule en direction de Min-ho. De ton meilleur ami fantomatique. T'as l'impression de t'imposer, de lui obliger ta présence. De perdre son temps, aussi. Mun, c'est ce grand artiste. C'est cette star adulée à travers le monde. Et tu ne peux empêcher ces pensées malsaines de s'installer dans le fond de ton crâne : que tu emmerdes tout le monde. Que t'es un poids qu'on essaye de lâcher poliment. Min-ho ne faisait pas exception.
Alors tu restes près de la fenêtre. Tu n'imposes pas plus ta présence. L'ironie d'une montagne humaine tentant de se faire oublier. « No. », qui passe simplement tes lèvres. Et tes yeux retrouvent directement l'eau, le sable et le fracas des vagues sur ce dernier. « Enough talking about that. » Tu ne veux plus de l'attention qu'il t'accorde, tu réfutes ce rôle de victime qui pèse sur tes épaules. Parce que t'en as marre de saouler les autres avec tes malheurs à la con. Avec tes erreurs. Ça ne l'intéresse pas toutes ces conneries. Ton pote, il n'en a que faire de tes histoires sordides. De ta vie monotone et des gens piégés à y jouer un rôle de figurant. « How's the production doing ? You did not gave me much details. » Parce que ça sera toujours plus intéressant que ce que tu peux raconter.

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé


( end game )

MessageSujet: Re: audience of one (that hoe)   

Revenir en haut Aller en bas
 
audience of one (that hoe)
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
- call it what you want. ::  :: brighton sea side. :: résidences.-
Sauter vers: