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 quand les pensées claquent la porte du réel (levia)

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MessageSujet: quand les pensées claquent la porte du réel (levia)   Mar 31 Juil - 17:52

Elle est nerveuse, Ophelia. Pas comme elle sent qu’elle va replonger dans ses vieux travers. Ni même quand il s’agit de passer un examen. Non, elle est nerveuse, mais en bien. Les mains moites, le cœur qui tambourine maladivement, le sourire idiot accroché à ses lèvres peinturlurées d’un nude qui tire sur l’orangé. Elle est nerveuse de la retrouver.
De vraiment la retrouver.
Loin des drames et des visites nocturnes.
Loin des cris, des pleurs et de l’amertume.
Ce soir, elles s’apprêtent à entamer leur premier rendez-vous officiel. Et elle aimerait que tout soit parfait, Ophelia. De sa tenue, au choix du film en passant par leur complicité. Ça lui met la pression, tout ça, parce que la policière est incapable d’envisager des issues positives. Elle s’imagine et s’attend toujours au pire, histoire d’être préparée, histoire de ne pas être surprise. Et elle sait que leur couple est trop explosive. Elle ignore si elles sont capables d’agir normalement, de se noyer dans la masse, d’être comme tout le monde. Couple. Cette pensée la fait frémir. Cela fait très longtemps qu’Ophelia ne s’est pas embarquée dans une vraie relation. De peur de mal faire, de peur de souffrir ou bien parce qu’elle tombait toujours sur la mauvaise personne. Et avec Levi, elle a la drôle d’impression d’avoir bien pioché, d’être bien tombée. Pourtant, elle est ce qu’il pouvait lui arriver de pire. Un concentré de tentations néfastes dont Ophelia souhaite tenir éloignée.
Et c’est écrit dans les étoiles qu’elles se déchireront, à trop s’aimer, à trop s’étioler.
Mais elle fonce quand même, Ophelia. Tête la première. Car si sa raison dit non, son cœur, lui, hurle oui. Et elle n’écoute que les battements de son palpitant, à défaut de se plier à ses mauvaises pensées.
Et très vite, elle se retrouve devant la porte de Levi, vêtue d’une robe courte d’un blanc immaculé. On pourrait croire à un ange si son âme n’était pas souillée par les vices. Mais c’est son visage de poupée qui trompe les yeux aveuglés. Il n’y a que Levi pour connaitre ses vérités. Il n’y a que Levi pour l’aimer quand même. – Bonsoir Melle Guthrie, vous êtes prête ? Elle l’attrape par les hanches pour la ramener jusqu’à elle et se sont ses lèvres qui vont à la rencontre de celle de la criminelle. Elle l’embrasse avec tendresse et à plusieurs reprises avant de la délivrer de son emprise. – Je n’ai pas encore choisi le film, mais promis, rien de trop niais ! Son rire cristallin s’envole dans les airs alors que son regard est rivé sur Levi. Ophelia ne peut s’empêcher de penser que sa petite-amie est d’une beauté à s’en couper le souffle. Et là, juste sous ses yeux, elle ne peut résister à la niaiserie qui envahie ses veines quand elle la regarde. Mais les mots d’amour se meurent sur le bout de ses lèvres, parce que c’est encore trop tôt et parce qu’elle ne veut rien précipiter. Ophelia, elle veut faire les choses bien. Elle veut prendre son temps pour faire les choses correctement. – T’es tellement belle, murmuré au creux de son oreille. C’est la seule délicatesse qu’elle s’autorise alors qu’elle attrape sa main pour mener la danse. – On peut y aller ? Elle la regarde, le sourire aux lèvres en attente de sa réponse.
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MessageSujet: Re: quand les pensées claquent la porte du réel (levia)   Mar 31 Juil - 19:29

Le stress est palpable dans l’appartement miteux. Les mégots crèvent dans le cendrier. Les cendres forment une traînée vaporeuse à même la table. Et Levi fait les cents pas. Elle passe d’un coin à l’autre de la pièce. Ses lèvres dégomment clope sur clope en espérant que la nicotine suffise à calmer les angoisses. Celle de ce rendez-vous à venir. Celle de tout ce que ça pourrait signifier. Les sentiments. Les vrais sentiments. Les mots qui ne sortent pas mais qui enrobent chaque pensée, chaque geste. Levi, elle a vécu aucune relation. Parce que ça sous-entendait de s’attacher et ça l’effrayait plus que tout. Peut-être aussi parce qu’elle était convaincue de ne rien avoir à offrir à une nana. Avec Ophelia, c’est mécanique. C’est passionnel. C’est une relation qui se casse la gueule comme un château de cartes et qui revient comme un boomerang en pleine gueule. C’est le coeur qui s’atrophie quand l’esprit s’embrase. Elle est aimantée à la flic. Incapable de s’éloigner sans avoir la sensation que sa chaire va cramer du manque. Cette impression dévastatrice qu’elle pourrait crever de son absence.
Le temps qui file et qui regorge d’amertume.
Les souvenirs qui explosent dans une mélancolie passée.
Et le bonheur qui semble s’accrocher à ses phalanges.
Alors elle veut pas faire les choses à l’envers cette fois-ci. Les goutes d’eau chaude dévalent sur sa peau nue. La brune ferme les yeux et profite de cette accalmie et le souvenir brûlant de son dernier baiser avec la flic remonte. Elle sent ses phalanges effleurer ses lèvres et il lui suffirait de les humidifier pour faire renaître le goût si sucré, si délicieux de sa bouche. Un rictus attendri se faufile sur ses pulpes et dieu que c’est sincère. Inhabituel aussi. De la voir sourire. De la voir prête à se lancer la gueule la première dans ce que le monde nomme bonheur.  Quelques minutes plus tard, c’est un débardeur noir et un jean de la même couleur qui épousent ses courbes. Sa frange vaguement coiffée au détour de ses doigts fins et abîmés par la violence. Elle ne change pas la donne et n’essaye pas d’être une autre personne.
Et la sonnerie retentit.
Et son coeur s’embrase dans mille et un battements.
Et sa peau brûle de retrouver la sienne.
En ouvrant la porte, Levi est obnubilée par la sirène en face. Un étalage d’une couleur si pure enveloppe sa silhouette. De loin ou de près, le contraste est édifiant. La noirceur qui épouse la pureté. Le diable à la rencontre de cet ange qui rendrait fou n’importe qui. Elle esquisse un sourire sans prononcer le moindre mot. Et elle se laisse emporter dans les baisers offerts par la flic. Une main dans son dos, l’autre à même sa nuque. Levi oublie les angoisses. Elle oublie les doutes. Elle se sent apaisée au contact d’Ophe. Les émotions deviennent des pépites d’or. Des joyaux si bien aiguisés qu’ils pourraient illuminer le ciel de leur brillance. L’arnaqueuse attrape son perfecto et saisit la main de la flic. Les deux arpentent les rues dans un silence pesant.
Les mots, c’est pas facile à manier pour Levi.
C’est compliqué. C’est douloureux.
— Ce serait ridicule que de te dire que j’ai angoissé toute la journée à cause de rendez-vous ?
La confession vient éclore dans l’air frais. Le regard baissé vers le bitume qu’elle a bouffé tant de fois. Chute après chute. Bagarre après bagarre. Déception après déception.
Ce bitume où sa mère est morte comme une chienne.
Ce bitume où son propre sang à couler alors qu’elle lâchait son premier cri.
Ce bitume où elle aurait aimé parfois crever pour fermer les plaies béantes.
— J’ai pas l’habitude…mais ça me déplaît pas.
Elle la fait se stopper durant quelques secondes. Son regard brillant croise le sien. Son index contourne les mèches autour de son visage et elle vient attrape sa bouche dans un baiser sensuel. Un baiser qui retrace mélodieusement les mots coincés dans sa gorge. Elle voudrait photographier l’instant. Voir son visage d’ange sur papier glacé pour se rappeler à quel point elle a une raison de s’accrocher à la vie.
(…)
— Du pop-corn pour la demoiselle.
Elle tend un billet au vendeur, espérant faire les choses bien. Même si cet argent, c’est celui du mensonge. Celui qu’elle récolte en faisant gober des vérités maquillées à des passants crédules. Des prédictions qu’elle glisse sous le poids de tout ce qu’ils espèrent entendre. Et le même ricanement quand ils se tirent et qu’elle laisse les billets verts tombent dans la poche de son jean. Mais l’intention y est. Celle d’être une fille comme une autre. Celle d’être une petite-amie respectable. Du moins dans la forme. Quand le fond est pourri jusqu’à la moelle. Aux sucreries, c’est deux tickets pour le dernier film à la mode qu’elle prend.
— Un film d’action avec des jolies filles, c’est la bonne combinaison ? Surtout si t’es à coté pour me faire oublier le film…
Parce que Levi pourra pas rester concentrée. Rien que les effluves du parfum de la flic suffisent à réveiller son instant charnel. Alors elle glisse une main sur son bras et vient la ramener contre son corps. Levi l’embrasse comme rarement elle a eu l’occasion de la faire. Je t’aime Ophe. Enfin. Je crois que c’est ça d’aimer.  Les mots s’approchent de ses lèvres et sont ravalés la seconde qui suit. Par peur. Par pudeur. Et à cette seconde précise, plus rien n’a d’importance. Ni les doutes. Ni les personnes qui passent. Ni les mégères qui viennent les pointer du doigt. Ni le pire.
Et elle s’écarte, le souffle court.
Le corps brûlant et les pensées ailleurs.
Mais elle se retient, pour ne rien brusquer.
Pour ne pas tout gâcher.
Encore.

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MessageSujet: Re: quand les pensées claquent la porte du réel (levia)   Sam 4 Aoû - 14:06

Elle l’a dans la peau, Levi. C’est comme une maladie qu’elle ne peut s’empêcher d’attraper. Et chaque fois, elle retombe – un peu plus violemment, un peu plus brutalement. Esclave de cet amour naissant de son plein gré, car il lui est impossible de demeurer loin d’elle trop longtemps, au risque de sombrer et de replonger tête la première dans ses vieux travers. Quand elle est là, l’alcool n’a plus la même saveur, la même odeur. Et c’est elle qui se fait sirène, à l’envouter, à l’appeler, à l’attirer dans les fin fonds de l’océan. Mais elle la suivra de sa propre volonté, car Levi est cette addiction à laquelle elle ne peut renoncer. Celle qui la tire vers le haut, mais qui la rabaisse vers le bas. Il n’y a pas de demi-mesure entre elles. Et pourtant, elles essayent. Et cette invitation au cinéma résonne comme celle de la dernière chance. Si elles sont toxiques l’une pour l’autre, les choses devront s’arrêter. C’est l’épée de Damoclès qui menace au-dessus de leurs têtes. Et si elles n’en parlent pas, elles savent très bien que cela demeure un accord tacite. Mais elle n’a pas envie d’y penser, Ophelia, obnubilée par la beauté de sa chère et tendre, sa dulcinée. Et les mots qu’elle lui prononce lui décrochent le plus large des sourires. – T’es trop adorable, qu’elle lui murmure, les yeux plongés dans les siens. Les paupières se ferment. Les lèvres se cherchent.
Et plusieurs dizaines de minutes plus tard, elles arrivent finalement au finalement, main dans la main. Comme eux, comme les autres. – Merci, elle le dit en se mordillant discrètement la lèvre, car Ophelia adore quand Levi prend les devants, quand elle se charge de tout. Sans doute parce qu’elle préfère que les rôles s’inversent quand elle n’est plus en uniforme. Ça lui permet de lâcher prise, de ne plus être toujours en contrôle. Et c’est ce qu’elle recherche au fond des verres qu’elle s’enfile à longueur de temps. Mais la criminelle lui apporte tellement plus, si bien que lui résister au beau milieu de ces inconnus lui est difficile, car Ophelia est une addict compulsive. Et Levi, la plus douce des drogues. – Je te laisse les jolies filles, j’ai la plus belle avec moi, qu’elle prononce du bout des lèvres avant de ponctuer sa phrase d’un rire qui résonne dans la foule. – J’avais promis pas de comédie niaise, mais on a rien dit par rapport à mes propres niaiseries ! Elle a un sourire malicieux alors que Levi la ramène contre son corps. Elle tient le paquet de popcorn dans une main, essayant tant bien que mal de ne pas en renverser partout. Mais son attention se dissipe quand les lèvres de sa petite-amie viennent à la rencontre des siennes en un baiser à en couper le souffle. Et haletante, elle en redemande, la bouche brûlante d’un désir embrasé. Et la policière, elle ne prête pas attention aux gens dérangés par leur amour. Ce n’est plus quelque chose qu’elle garde caché depuis qu’elle l’a révélé. Cependant, elle pourrait se sentir gênée d’être vue en compagnie d’une criminelle lorsqu’elle est supposée représentée la force et l’ordre. Alors elle se détache, attrapant sa main pour l’attirer dans la noirceur de la salle avec elle. Et très vite, elles s’engouffrent dans une rangée à l’abri des regards indiscrets. – Je te préviens, je vais tout manger toute seule, elle s’assoit, piochant d’ores et déjà dans ses friandises alors qu’un sourire amusé illumine son visage de poupée. – Mais si tu es très gentille, je pourrais peut-être t’en laisser un peu. Elle se penche pour venir déposer des baisers dans le creux de son cou, puis elle laisse finalement sa tête se poser contre l’épaule de Levi, bercée par les bandes annonces qui précèdent le film.
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MessageSujet: Re: quand les pensées claquent la porte du réel (levia)   Ven 17 Aoû - 19:26

La situation devient un saut dans l’inconnu. Un pas vers un monde que Levi ne connait pas. Une douceur éveillée qu’elle doit apprivoiser du bout des doigts. Le souffle en suspend de faire une connerie. Les craintes comme meilleure ennemie d’une histoire qui démarre. D’une vie à deux qui pourrait se construire sur les deux se laissaient saisir par l’instant. Et c’est sûrement ça le plus difficile pour l’arnaqueuse. Habituée à faire ses armes seule. Habituée à évoluer dans un tête à tête avec elle-même. Depuis l’enfance. Depuis le départ de cette existence bafouée. Aucune famille d’accueil n’a réussi à la sauver. Personne n’a réussi à la rendre dépendante à un quelconque besoin d’affection. À un quelconque besoin d’amour. Personne sauf Ophelia. C’est venu la prendre aux tripes comme une bourrasque trop vive. Trop prenante. Trop déchirante. Ça devait être qu’une nana de plus. Un moyen de passer le temps. Les lèvres suspendues à sa peau claire et le souffle chaud en combustion avec le sien. Ça devait être des heures de luxure. Des heures à soupirer, à gémir, à boire et à fumer pour oublier le reste. Et le lendemain ne devait pas exister. Ça aurait pu s’arrêter aussi vite que ça a commencé. Ça a été tout le contraire. Ça a été des tripes rongées par des sentiments inexplicables. Le manque cruel au moment de cette séparation forcée. L’impression d’avoir perdue  une partie de sa chaire. La sensation dégueulasse de ne plus exister qu’à moitié. C’est sans doute là que Levi s’est pris la plus grosse claque de son existence.
Comprendre son attachement.
Réaliser ses sentiments.
Et devoir apprendre à aimer.
Et devoir apprendre à vivre.
Et devoir apprendre à faire confiance.
Le plus grand défi de son existence. Trop habituée à gueuler. À berner. À abuser des autres. Bien trop habituée à être un être solitaire, sauvage et indomptable. Mais à cette seconde-ci, assise dans le cinéma au milieu de ces couples, de ces groupes d’amis, Levi n’a pas le droit à l’erreur. Elle n’a pas le droit de blesser à nouveau Ophelia. Même si tout ça lui paraît terriblement effrayant. Elle ferme les yeux quelques secondes et se laisse bercer par la douceur des lèvres de la flic. Celles qui se faufilent dans son cou et viennent apaiser les craintes. Calmer le pire en offrant le meilleur. Elle dépose à son tour un baiser contre sa tempe alors que cette dernière dépose sa tête à même son épaule. D’un geste maladroit, Levi attrape les phalanges de la brune. Elle les serre si fort. Comme pour se raccrocher à elle. Comme si elle incarnait une ancre à son port. Comme si ainsi tout paraissait accessible et encore plus beau. Plus rien n’a réellement d’importance. Ni le film qui commence. Ni les murmures de certaines personnes. Ni la peur viscérale qui ronge le creux de son ventre.
(…)
Puis l’air frais vient caresser son visage à la sortie du cinéma. La foule devient presque oppressante alors que Levi se retourne vers Ophelia. Elle esquisse un sourire coin et dépose un baiser sur sa joue.
— J’pourrais te proposer un dîner aux chandelles mais ce serait trop niais.
Si Levi est prête à changer et à devenir une meilleure personne pour la flic, elle n’a pas envie de devenir un clichant ambulant. Alors sans vraiment réfléchir, poussée par l’envie de se livrer un peu plus, elle attrape sa main et commence à entamer la marche. Le trajet se fait dans la complicité. Dans les regards où se meurent des sentiments forts. Dans les regards brillants de désir et d’émotion. Puis après un bon quart d’heure, Levi se stoppe devant une vieille bâtisse désaffectée. Un endroit qui fait remonter les souvenirs. Et durant quelques secondes, elle se revoit, à peine âgée de cinq ans, assise sur les marches. Le regard perdu vers les enfants qui s’amusent et profitent du beau temps. Ses yeux à elle sont tristes. Tellement tristes pour une âme aussi innocente. L’orphelinat. Cet endroit qu’elle a connu durant bien trop longtemps. Cet endroit qui n’est plus que fantomatique à présent. Cet endroit qui a construit une partie de son identité.
— C’est l’orphelinat dans lequel j’ai été placée dès ma naissance. J’y ai grandi quelques années avant de me retrouver ballottée de famille d’accueil en famille d’accueil.  J’ai jamais eu quiconque à m’accrocher. Mais je crois que c’est le cas maintenant.
Les confessions viennent dévaler dans l’air d’une voix teintée de mélancolie. C’est la première fois que Levi se livre de la sorte. Et même si les informations sont restreintes, ça apparaît comme un pas énorme pour la diseuse de bonnes aventures. Elle esquisse un rictus en coin, presque gênée par tout ça avant de se tourner vers Ophelia. Oui, c’est le cas maintenant.
Ophelia, sirène au regard captivant.
Ophelia, la reine de son monde.
Ophelia, la seule qu’elle désire.
Maintenant. Et le temps que ce sera possible.
Elle dépose une main sur la joue de la flic. Puis sa bouche emprisonne la sienne dans un baiser aussi fort que doux. Un contraste exquis qui marque un cran d’arrêt à ses craintes. Elle oublie tout. Et se laisse bercer par cette valse luxuriante. Par cet échange qui n’en termine pas. Sa main se déployant dans sa chevelure où elle se perd dans cet instant délicieux. Puis quand leurs lèvres se séparent, c’est son souffle court qui résonne.
— Parle-moi de ton enfance.
Elle veut en savoir plus. Elle veut tout découvrir d’Ophe. Le pire et le meilleur. Les doux souvenirs et ceux chaotiques. Comprendre son état d’esprit. Saisir pourquoi l’alcool semble un maux si fort. Se superposer à sa peau, à son âme et ne faire plus qu’une avec elle. Sa main dans la sienne, elle reprend la marche en direction de son appartement, suspendue à l’instant, suspendue à elle.
Et l’éternité semble devenir si douce.
Et son monde tourne autour du sien.

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MessageSujet: Re: quand les pensées claquent la porte du réel (levia)   Mer 5 Sep - 14:26

Le film se termine. Et avec lui, cet oasis de tranquillité. Ce morceau de temps volé.
La vie reprend son cours. Les gens se lèvent, se bousculent, se mêlent. La paix se meurt. Et tout recommence. Les pensées, les angoisses, les questionnements. Le répit fut de courte durée et très vite, elles se retrouvent dehors, à errer dans les rues de Brighton. – Je pense qu’on peut éviter de s’infliger ça, qu’elle répond, un sourire amusé aux lèvres. Non, Ophelia n’imagine pas Levi dans un restaurant étoilés, à lui faire la cour entre deux plats hors-de-prix. En réalité, elles ne s’imaginent pas là-bas. Ni l’une, ni l’autre. La situation serait sans doute gênante. D’autant qu’elles viennent à peine de se retrouver et que leur couple naissante est encore fragile. Elles naviguent en eaux troubles et ont besoin de temps. Du temps pour trouver l’équilibre entre leurs cœurs. Mais aussi entre leurs vies qui diffèrent complètement. Et quand elle la regarde, ces doutes se dissipent. Mais dès lors qu’elle détourne ses yeux de Levi, ils reviennent. Plus féroces que jamais. Car elles sont le jour et la nuit, la lune et le soleil. Ophelia représente l’ordre et la loi et Levi… tout le contraire. C’est une histoire vouée à l’échec et pourtant, elles s’entêtent et s’enlisent. À essayer d’attraper le bonheur entre les doigts. À le voir s’échapper d’avance, comme des grains de sable qui s’échappent. – Mais j’te suis. Où tu veux, murmuré contre sa peau alors qu’elle dépose un baiser contre sa joue. Il n’est pas question d’en rester là ou que la soirée se termine ainsi. Pour autant, elles évitent de céder à l’appel si facile de la chair, pour ne pas retomber dans de vieux travers qui ont eu raison d’elles. Même si Ophelia a du mal à résister au parfum sucré de Levi et à sa peau d’une douceur sans égale. C’est de la tentation qu’elle a dans le creux de ses mains qui serrent les hanches de sa petite amie. Mais elle résiste. Car elles méritent un rendez-vous comme les autres.
Ses pas résonnent dans les ruelles de Brighton et soudain, elle voit la ville au travers de yeux de Levi. Elle retrace sa vie en foulant les pavés, tendant l’oreille pour écouter ce que la criminelle a à lui raconter. Des histoires qu’elle n’avait jamais entendu.
Et elle réalise, rapidement, qu’elle l’aime sans la connaitre vraiment.
Et elle se demande, Ophelia, si le désir ne se confond pas avec l’amour.
Si l’addiction n’est pas remplacée par une autre.
Si ces sentiments sont réels.
Et elle se perd dans ses pensées.
Mais c’est finalement Levi qui la ramène sur terre lorsqu’elles s’arrêtent devant ce bâtiment désinfecté.
« J’ai jamais eu quiconque à m’accrocher. Mais je crois que c’est le cas maintenant. »
Les mots résonnent. Lourds de conséquences. Lourds de sens. Et c’est un vent de panique qui souffle sur le cœur en feu d’Ophelia.
Elle suffoque à l’idée que quelqu’un d’aussi fragile puisse dépendre d’elle.
Elle s’affole à la simple pensée que quelqu’un se raccroche à elle.
Ophelia n’a rien à offrir – mais tout à prendre. Et quand elle voit où Levi a grandi et ce qu’elle a vécu, ça lui donne la nausée. Elle a des vertiges et des haut-le-cœur. Elle a peur de la bousiller davantage. Peur de faire plus de dégats.
Et du bout de ses lèvres, ses angoisses se meurent un instant.
Mais ils menacent à nouveau dès lors qu’elle se détache de la policière.
- Mon enfance… elle répète ces mots avant de tousser pour s’éclaircir la gorge. En réalité, elle cherche à gagner du temps. Car malgré tout, Ophelia a eu une enfance joyeuse. Et ses problèmes sont des problèmes de bourgeois, superficiels. Et elle se sent coupable, face à Levi qui n’a vraiment pas eu la vie facile. – Il y a pas grand-chose à dire. T’aimerais savoir quoi ? Qu’elle demande en détournant le regard, un brin mal à l’aise.
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MessageSujet: Re: quand les pensées claquent la porte du réel (levia)   Jeu 6 Sep - 21:19

Il suffit d’une seconde pour que Levi se renferme. Une coquille close au coeur anonyme. Les muscles qui se contractent. Les poings qui tremblent à la recherche d’un échappatoire. Les hématomes prêts à revenir ronger ses phalanges pointues. Les souvenirs de ces bagarres. De la couleur pourpre qui se coince au creux de ses lèvres. Des mots salaces qui rompent l’obstacle de son palais au creux de l’atmosphère. Elle remarque qu’Ophelia se tend. Les mots ont eu un effet néfaste. Sa fierté ravagée par les craintes de la flic. La prochaine fois, tu la fermeras. Amère et colérique, c’est une clope qui se coince entre sa bouche.
Seule addiction venant calmer son trouble.
La bouche close de toute parole. Les confessions devenant fantomatiques.
Elle ne parlera plus. Pas au prix d’un énième gâchis.
Elle s’adosse au muret et laisse sa godasse riper sur le mur. Ses poumons se creusent, se gonflent, se nécrosent du goudron trop ancré. Leur relation est peut-être que ruines depuis des mois mais ça l’empêche pas de la connaître. Elle saisit ses réactions, ses faiblesses, ses peurs. Y a son regard qui brille et qui évite le sien. La silhouette qui se tend et défie le poids des non-dits. Y a son envie sûrement camouflée de dégommer un verre de vodka. Parce que l’alcool ça apaise les mots. Parce que l’alcool ça éteint tout ce qu’elle chasse d’un revers de l’esprit. Mais avec la sirène, ça fonctionne pas. L’effet gueule de bois qui devient permanent, elle connait. La rage au ventre de ses angoisses qui sont un calque pour celles de la flic.
Levi soupire. Elle s’acharne sur sa clope et la balance sur le bitume. Le mégot se consume sous sa semelle. Et son coeur se meurt de cette sensation illusoire d’un amour vaincu par avance.
— J’sais pas. Les bons souvenirs, quel genre de gamine tu étais. Mais c’pas si important. Laisse tomber.
Elle a plus envie de savoir quoique ce soit. Pas au prix de cette distance qui s’impose. Pas au prix de son myocarde qui devient le refuge d’une mélancolie répugnante.
Un attachement pire qu’une dose de coke. Pire qu’une soumission aux substances illicites.
Des sentiments qui font crever, qui font du mal et du bien à la fois. Malice de l’arnaqueuse devenant un étalage chagrin là où l’air semble si lourd. Elle dit rien de plus et se contente de hausser les épaules.
Ses yeux ouvrant le chemin et Levi traîne des pieds. Les mains repliées dans ses poches, c’est vers son appartement que leurs pas se dirigent.
Elle a plus le goût de traîner dehors. Ni même de tenter des mots doux avec les étoiles en témoin. Les astres n’existent que dans les jolies histoires. Et ça, elle connait pas Levi. Son monde est fait de cendres, de ce coté macabre dans lequel elle se complet.
Quand le sang coule. Quand la dope vient ronger ses veines.
Quand le sexe est salace, violent.
Quand sa vie n’est qu’un éclat de tonnerre. Un verre brisé dont les morceaux ont foutu le camp.
Sa clé tourne dans la serrure. Elle rentre dans ce silence qui devient usant. Deux nanas incapables de s’apprivoiser sans craindre de se casser en deux. Levi, elle a craché ses sentiments parce qu’ils sont sincères. Elle le sait. C’est pas un moyen de se détourner de sa vie merdique. Ni même de la posséder pour en faire son pantin.
C’est là, coincé au fond de ses entrailles.
C’est là, coincé dans son myocarde qui s’emballe.
C’est là, quand elle frôle l’hystérie en s’imaginant la perdre.
Mais Levi, elle sait pas y faire. C’est qu’une gosse qui a raté trop d’épisodes pour gérer ça correctement. Alors elle balance son perfecto sur le canapé. C’est au bord de la fenêtre qu’elle se pose, le regard déviant vers le vide.
Le vide.
Le vide où parfois sa chute semble réelle. Une prison qu’elle quitterait pour sentir une envolée funeste. Loin d’une envie suicidaire. Juste un besoin d’hurler, de sentir sa voix se casser, ses cordes vocales trembler et la liberté régner.
Mais Ophelia c’est tout. Sa liberté et son purgatoire. Son paradis et son enfer. La blanc et le noir.
— Tu as pas besoin de flipper à cause de tout à l’heure.
Les mots sont balancés d’un ton calme. Elle pourrait gueuler, Levi. Comme d’habitude. Mais elle a pas envie de balancer du feu au milieu des étincelles présentes. Un incendie à elles deux qui peut se rallumer à la moindre occasion. La brune observe la flic d’un oeil lassé.
— Si ça marche pas entre toi et moi, j’irai pas me tailler les veines, t’sais.
Si ça peut te rassurer.
Elle est accroc. Comme une camée. Une drogue délicieuse. Une drogue douce. Mais elle serait prête à la laisser partir. À la voir heureuse ailleurs même si ça la ferait crever intérieurement. Elle y survivrait. Du moins, Levi veut s’en persuader comme une petite voix intérieur qui rythme sa conscience.
Mais sans Ophelia, son monde est trop gris.
Sans Ophelia, son monde est amer.
Elle n’a pas de famille. Elle n’a que de rares amis. Mais Levi, elle est forte. Un esprit vif et déterminé enfermé dans un corps fragilisé. Alors d’une manière ou d’une autre, elle vivrait. Mais qu’à moitié. Parce qu’elle aurait perdu la partie nécessaire à son sourire.
— Je l’ai dis à chaud, j’ai pas réfléchi. En même temps, on a besoin de réfléchir quand on est attachée à quelqu’un ? J’connais pas la mécanique, putain.
Et ses derniers mots s’envolent au travers de cette voix cassée. Le sarcasme devenant une doléance de son mal-être. J’sais pas aimer. J’sais pas être une bonne personne. J’suis qu’une nana abîmée. Que ça te plaise ou non.
Levi tremble. Y a ces phalanges qui gesticulent dans les mèches noires. Les pas s’emboîtent dans ce salon exigu. L’impression d’étouffer qui devient réelle.
Pour se calmer, elle s’approche de la flic. Assise près de son corps dont l’ombre vient marquer le manque à même son échine. Ses doigts frôlent les siens comme une caresse chaste. Furtive. Tellement loin des ébats passionnés. Une marque de tendresse pour marquer une pause dans le chaos.
— J’ai essayé de rendre l’appartement présentable.
T’es qu’une pauvre conne Levi.
Une remarque banale, ennuyante et tellement loin des tensions naissantes. Parce que la sirène sait plus causer. Elle a rien de plus à dire. Les entrailles nouées de la voir disparaître dans l’ombre de cette nuit. Cette nuit où tout devient possible. L’amour, la haine l’abandon.
Et si elle doit s’envoler dans un autre paradis, Levi sombrera dans son enfer.

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MessageSujet: Re: quand les pensées claquent la porte du réel (levia)   Lun 1 Oct - 16:51

Le mégot se consume sous la semelle de Levi.
Et avec lui, le cœur d’Ophelia. Celui cabossé de vieilles histoires qui ont mal tourné. Et de celles jamais arrivées. Un goût amer en bouche. Le sang ne fait qu’un tour. Elle a le palpitant gonflé de névroses échouées dans le silence. Ce silence bien loin d’être anodin alors que Levi tourne le dos aux conversations teintées de romance et de curiosité. Le moment s’éteint. Envolé. Et il y a plus que la lumière jaunâtre et glauque des lampadaires pour guider leurs pas qui résonnent dans les ruelles où il n’y a pas âme qui vive. Juste les leurs. Elles survivent – à cette relation naissante, à leurs différences, à ce chaos. À l’instar d’une fleur en terrain miné, à l’image d’un rayon de soleil après une tempête déchainée. Et toujours ce silence ; parce que les mots sont coincés dans le fond de sa gorge. Les pensées s’échauffent dans sa tête, mais ses lèvres ne courbent pas, scellées par une fierté mal placée qui l’empêche de traverser le pont qui se dessine entre elles. Pas même la moitié. Pas même un peu. Elle se contente de suivre, bousculée par cet éléphant dans la pièce, par cette présence – ce monstre gigantesque, qu’elles s’obstinent à éviter. Mais l’absence de paroles l’anime davantage. Et à trop l’ignorer, elles le nourrissent de non-dits et de reproches qui menacent. Ça prémédite la violence et les maux à outrance. Ça amorce quelque chose de moche. De pas beau. Loin d’être tendre.
Ce soir, elles ne feront pas dans la dentelle.
Et c’est bien loin de ce qu’elles avaient prévu.
Personne ne parle.
Mais le silence laisse présager tout ça. Un calme qui n’en pense pas moins.
Les clés s’entrechoquent au rythme des battements affolés du cœur d’Ophelia. Elle se jette dans la gueule du loup en avançant dans cet appartement dans lequel elle n’a jamais mis les pieds. Son regard s’y perd. Elle retrouve Levi dans certaines touches – la découvre dans d’autres. On ne connait jamais vraiment personne. C’est une pensée qui lui traverse l’esprit mais qui demeure comme un écho. Et elle s’en veut terriblement, d’être si bornée, d’être si névrosée. Car elle ne lâche pas le morceau, Ophelia, toujours à trôner sur l’immensité de sa bêtise et de ses espoirs cassés. Ophelia, elle a trop goûté à l’échec pour envisager le meilleur. Elle se laisse sombrer dans la noirceur réconfortante de son pessimisme. Elle s’imagine le pire pour mieux s’y préparer. Et elle voit cette relation couler comme un bateau frappé après une violente tempête. Elles ne s’en sortiront pas, c’est certain. Et elle n’en démord pas. Il y a cette petite voix dans sa tête qui lui répète qu’elles sont faites pour se brûler, qu’elles sont faites pour s’amocher. Et c’est le bordel. Comme à chaque fois. Mais la voix de Levi la tire de son naufrage personnel et isolé. Et petit à petit, elle reprend son souffle – pour mieux replonger. – Je flippe pas, qu’elle balance, sonnée. Comme si elle s’était mangée un vilain coup. Pas à cause de ça. Pas à cause de toi. C’est moi le problème. C’est moi qui tourne à l’envers. Mais la criminelle lui coupe l’herbe sous le pied, les mots n’ont pas le temps d’être prononcés. Et égoïstement, Ophelia en prend un vilain coup à l’égo. Si ça marche pas entre toi et moi, j’irai pas me tailler les veines, t’sais. Ses lèvres se pincent alors qu’elle fixe un point quelconque, vers un ailleurs où son esprit vogue. Faut être salement bousillée pour prendre mal ces paroles. Mais ça la blesse, Ophelia, de savoir qu’elle n’est pas marquante au point d’être à l’origine d’un tel drama. Ça la chiffonne, de ne pas mériter de tels excès.
Pensées horribles et inhumaines qui la frappent jusqu’au k.o.
Quel genre de personne se laisse penser ça. Alors elle se reprend. Pour ne pas céder davantage de terrain à ses démons. Et très vite, c’est de la tristesse qui l’assaille ; parce qu’une fois sa bulle d’égoïsme percée, elle fait face aux dégâts laissés. À l’ampleur que ça a pu avoir sur sa petite-amie. Et ça la travaille, ça la mine, ça la dégoute. Elle se déteste. Mais bon dieu qu’est-ce qu’elle l’aime. – Levi… elle entame sa phrase, mais prends une pause pour s’y retrouver dans ses pensées. – Levi,c’est pas toi le problème. C’est moi. Et c’pas pour donner dans les clichés, mais pour le coup, c’est vrai. Elle passe sa main derrière sa nuque, mais se force à poser son regard sur la jeune femme. Pour l’affronter. Pour cesser de fuir, encore et toujours. – Je suis flinguée et il me faudra peut-être un peu de temps. Mais je compte pas lâcher l’affaire. Il y a plus de place pour la pudeur alors qu’elle s’avance pour déposer ses lèvres dans le cou de Levi. Elle y dépose des baisers couleur tendresse avant de relever la tête pour la regarder à nouveau dans les yeux. – L’appartement est très bien. Elle lui adresse un léger sourire. De quoi faire fondre le mur de glace qui s’était bâti entre elles.
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MessageSujet: Re: quand les pensées claquent la porte du réel (levia)   Ven 5 Oct - 19:24

Levi, elle est comme ça. Fougueuse comme une tempête. Brûlante comme la foudre qui s’abat et ravage tout sur son passage. L’arnaqueuse, elle passe d’une émotion à une autre en une fraction de seconde. Son ego roi de la situation et ses craintes qui se meurent dans une complainte amère. Un pas vers la flic et dix en arrière. Le fossé qui se creuse et qui domine à chaque fêlure exposée. Pourtant, c’est pas dans ses habitudes. Elle parle rarement de sa vie. Elle expose rarement une réalité trop dégueulasse. C’est plus simple de se taire. C’est plus simple d’abuser des faiblesses des autres à défaut d’assumer les siennes.
Un électron libre qui se perd dans les méandres d’un amour instable.
Un électron libre qui se perd tout court quand le regard d’Ophe flirte avec le sien.
Levi, elle est renfrognée. Les mots sont claqués avec froideur, amertume. Pour certains, ce sont des mensonges qui prennent forme pour dissimuler des vérités blessantes.
Parce que oui, la brune, elle pourrait crever. Elle pourrait se laisser mourir dans un sursaut de désespoir en la perdant. Une perte cruelle de cet être qui la ronge comme un venin. Un amour passionné. Un amour qui rivalise avec audace et noirceur. La sirène qui a capté la flic dans un sursaut lubrique. Des baisers effrontés. Des caresses maîtrisées de ses phalanges. Les soupirs. Les gémissements. Une banale histoire de cul comme Levi en a vécu des centaines. Une banale histoire où la luxure gagne un peu trop souvent. Un réveil où la veille ne compte plus. Un réveil où l’oubli semble plus fort.
Ça a pas été le cas. Touchée de plein fouet. Ravagée par ce désir, par cette raison en dent de scie. Pliée en deux par ce coup dans le bide à chaque regard, chaque caresse. Bouffée par le manque en la voyant s’éloigner. Puis l’aveu. L’envie de comprendre. L’envie de tout balancer.
Elle a baissé les bras, Levi. Elle a offert les armes sur un plateau d’argent à la flic. Elle lui a donné en un claquement doigt toutes les conditions pour pouvoir la briser. Et parfois, elle regrette. Parfois, elle se dit qu’avancer seule aurait été une meilleure option. Ne plus réfléchir. Ne plus se poser trop de questions. Ne pas avoir l’impression de crever à chaque désillusion.
Comme ce soir. Une phrase balancée avec émotion. Avec une sincérité trop surprenante pour Levi. Une confession berçant le bord de ses lèvres et le palpitant en ébullition d’une réaction inespérée. Une réaction teintée des cendres qui se dispersent. Une réaction qui danse un tango avec le chaos.
L’arnaqueuse renfrognée. L’arnaqueuse colérique. Son corps en exil du sien. Une distance imposée sur ce canapé. Une distance forcée qui rend Levi mal à l’aise. Et les mots d’Ophe qui résonne. Les paroles qui viennent percer une ambiance trop lourde.
La flic, elle expose ses blessures. Elle expose ses doutes. Elle cause en forçant le regard de la brune. Comme pour couper court aux non-dits. Aux idées vaporeuses d’un amour naissant. Levi, elle bouge pas. Elle l’écoute. Elle est pas dupe. L’alcool, cette addiction. Y a bien une raison. Une cause au délire qui s’empare de sa chaire par moment. Elle a jamais posé la question. Elle a jamais essayé d’obtenir des réponses. Parce que c’est pas à elle de creuser. C’est à Ophe de soupirer les vérités funestes. D’assumer ce qu’elle est et a été.
Et peut-être que ça signifiera que tu m’aimes assez. Mais elle se retient, Levi. Les lèvres pincées de ce qui ne sort pas.
Le silence se fait lourd. Le silence devient un poids contre sa poitrine. Une lame tranchante qui danse sur sa carotide. Et lorsque les lèvres de flic viennent se caler dans son cou, le pire s’éloigne. Un vague soupire et ses paupières closes pour savourer l’instant. Et sa main qui glisse dans son dos. Un geste assez vif pour la rapprocher. La distance qui laisse place à cette proximité échaudée. Son front collé au sien. Ses yeux cherchant ses prunelles pour lesquelles elle accepterait de cramer en enfer. — J’le suis aussi. T’es flic. Et moi j’flirte avec le danger. J’sais faire que ça. J’y connais rien en relation. Tout paraît les opposer. Leur métier, leur façon de voir les choses, leur façon d’appréhender les difficultés. Et pourtant, Levi elle s’est rarement sentie autant en osmose avec une personne. Comme si parfois malgré les différences, elles semblaient plus fortes que tout. Une union gorgée de cette force anonyme. Et Levi, elle s’en tape. Qu’elle sème le mal quand Ophe tente de le combattre. Qu’elle taise ses addictions et ses maux quand la curiosité devient trop forte. Elle veut simplement être avec la flic. Et tant pis si le monde tourne à l’envers avec leurs conneries.
— J’ai l’habitude de tout faire foirer, parce que y a jamais d’issue différente à mes yeux. L’aveu danse sur la courbure charnue de sa bouche. Sa frange en bataille et son regard brillant. Elle hausse les épaules et passe debout de ses doigts sur le bras de la flic. Une valse à mille temps dans une mesure faite de douceur. Du miel qui côtoie le sucre dans un univers différent. Elle lâche un soupire, Levi. Lassée de la tournure de la soirée. Lassée des sautes d’humeur. Lassée des egos qui veulent sortir victorieux des combats. — Mais t’es là. Et j’crois que ça vaut le coup d’tenter. C’est tout ce que j’voulais te faire comprendre.
Alors sa main se cale dans sa nuque. Un énième baiser vient sceller leurs lèvres. Une union féroce. Une union passionnée. Elle savoure l’instant. Elle savoure les secondes qui deviennent des minutes. Le souffle en suspend quand ses doigts narguent sa peau.
Son corps qui balance contre la sien. Une chute à même le sofa et Levi qui se love le long de sa silhouette. Parce que contre Ophelia, tout paraît plus simple. Parce qu’avec elle, la vie n’est plus sombre et ivre de craintes. Leurs lèvres à peine séparées, ce souffle qui gagne et ce sourire en coin.
— J’suis sûrement plus douée pour ça.
Que pour t’aimer, pour te montrer que t’es la seule, pour arrêter d’être flippée.

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