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MessageSujet: I'm on my way. (Mats)   I'm on my way. (Mats) EmptyDim 29 Juil 2018 - 22:43


MATS.

Ses cheveux claquent contre son visage avec le vent. Son épiderme est déjà irrité par le soleil et le sel qui sèche sur sa peau. Les vagues lèchent ses pieds, postée sur le rivage, elle a manqué plus d’une fois de se faire emporter par la violence d’une vague brisée. On l’a prévenu de la présence d’une baïne traitresse car invisible à cause de la marée montante. Un pâle sourire s’est esquissé sur ses pulpeuses pour remercier les locaux/surfeurs, elle ne sait plus trop. Les prunelles se perdent dans l’horizon agité d’une journée ensoleillée. La plage n’est pas étouffée par les serviettes des touristes pour autant puisqu’ils ont opté pour un coin perdu à la recherche d’une tranquillité méritée. Peu de monde, peu d’activité mais des côtes infinies. Ils se séparent souvent, se retrouvent parfois autour d’une grenadine dans le petit cinéma indépendant de la commune -seul lieu doté d’une wifi- tenu par Rainer et Betty. Rainer est toujours plus réceptif lorsque Ninel commande pour eux. Parfois c’est le soir à la Pibale qu’ils se captent réellement et restent jusqu’à la fermeture, chassés par la chanson couleur café qui annonce la fin des pseudo festivité de la journée. Mais aujourd’hui ils se sont décidés pour une journée plage ensemble, de toute façon ils ne passent que peu de temps enfermés dans leur petite maisonnette où ils se marchent trop vite dessus loin de leur confort habituel qui préserve leur intimité. Ninel finit enfin par reconnaître la tête de Mats au loin. Elle attend toujours le bon moment pour rentrer laissant passer une grosse série qui l’aurait retourné sans difficulté. L’eau se retire et elle s’élance sans trop réfléchir, se dépêchant sans être ralentie par la fraicheur de cette dernière. La poupée cherche une nouvelle fois son colocataire qui s’est aventuré un peu plus loin, là où elle n’aura elle pas pied. D’une brasse paresseuse, elle finit par arriver à sa hauteur. Ses mains s’agrippent en douceur à ses épaules pour chercher un appui éphémère. « Alors tu en penses quoi ? » Elle glisse de sa voix blanche alors qu’ils sont bercés par les vagues sans être violemment bousculés comme ceux au bord de la plage. De ces vacances, ou du reste. De maintenant ou d'après. La danseuse guette toujours le moment où il craquera, en manque de son hyperactivité et rush permanent. C’est toujours compliqué de réellement penser à soi. Ses genoux viennent encadrer son bassin pour éviter à Ninel de dériver derrière lui, emportée par le courant.
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MessageSujet: Re: I'm on my way. (Mats)   I'm on my way. (Mats) EmptyMar 14 Aoû 2018 - 19:01

il lit beaucoup, avale les pages comme d'habitude il avale des cachets. il s'essaye parfois à une détox, tente de limiter ses prises, mais parvient rarement à calmer son malaise. il s'ennivre du vent du soir, de l'odeur d'iode qui brûle ses narines. ils s'échangent des sourires, avec ninel, des verres de vin. il marche le plus souvent pieds nus, mats, ou avec des espadrilles déchirées. il a besoin de sentir le sable chaud glisser entre ses orteils. il essaye de s'épuiser, en nageant, en luttant contre les vagues, en passant des heures sous un soleil cinglant. pas un surfeur, juste un nageur, il va au loin, se laisse aller au courant, galère parfois à revenir vers la plage. un peu comme un enfant, il s'occupe. l'eau, l'occupe. ça a été son premier amour, après le dessin. y'a rien de plus grisant que de s'enfuir dans l'océan, plonger, nager à contre-courant, la tête entière sous l'eau, n'entendre plus rien. rien. ça lui arrive rarement ça, d'être coupé de tout. coupé de son téléphone qui absorbe son attention. coupé du bruit assourdissant du stress hospitalier. du bip des signes vitaux. des pensées qui l'empêchent de dormir. de l'anticipation constante et oppressante de l'angoisse du demain. y'a que quand il entend le cliquetis des fonds marins, qu'il ouvre les yeux face à la noirceur des profondeurs, qu'il se sent réellement libre. le sel s'infiltre partout dans ses cheveux bouclés. il a le nez et les pommettes rouges, la peau frippée du trop de temps passé au large. il agite ses bras aux muscles tendus, quand son corps entier est bizarrement relâché. il s'approche un peu, devine la silhouette de ninel qui le rejoint, la voit disparaître derrière une vague avant d'apercevoir à nouveau sa peau bronzée. doucement, il laisse le courant le guider vers elle. ses lèvres gercées se délient en un sourire. coup de main pour balayer sa tignasse en arrière avant d'accueillir les jambes de la russe. trop content c'est pas compliqué, il a toujours été plus à l'aise dans l'eau que hors de l'eau. mais y'a toujours eu une part d'anxiété face à l'océan, ses vagues, son horizon trop lointain. comme une peur d'être happé, aggrippé par le large. là, il s'amuse un peu de ses peurs, dope son adrénaline avec ça plutôt qu'avec la cocaïne. j'ai pas envie de retourner en angleterre c'est peut-être la france qui lui manquait un peu aussi. le confort de la langue, de ses repères, d'une communication facilitée, d'un art culinaire maîtrisé. les petites choses, les pains au chocolat (chocolatines, ici), les clopes de sa jeunesse à un prix acceptable, le soleil qui brûle, au lieu de simplement réchauffer. et toi ? t'aimes bien chez moi ? elle a l'air de s'y faire vite, ninel, à ces nouveaux horizons. parfois elle semble plus connaisseuse qu'il ne l'est. ils découvrent ensemble, mais elle a cette force, cette espèce de détermination, dans son envie d'explorer, quand lui se laisse un peu porter.
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MessageSujet: Re: I'm on my way. (Mats)   I'm on my way. (Mats) EmptyDim 19 Aoû 2018 - 23:39

La danseuse s'accroche à lui. Il n’a pas envie de rentrer. Elle se contente d’esquisser un sourire face à cette déclaration aux échos enfantins. Le sentiment est partagé. Elle prolongerait bien ses vacances de quelques mois mais Ninel sait que ce mot perdrait toute sa substance si elle s’exécutait. « J’ai deux solutions à te proposer » souffle la russe sans le regarder, les opales fébriles rivées à l’horizon. La poupée n’a rien d’une magicienne. « Soit tu n’y penses pas » elle commence parce que le déni a toujours été salvateur à court terme. Ils viennent à peine d’arriver. Quelques jours. Presque une semaine. Elle a toujours trouvé ça triste d’accepter de voir la fin se dessiner dès le début. « ou alors on n’y retourne pas » elle propose en tout simplicité avant d’enrouler ses bras autour de la bouée de fortune que constitue Mats. Elle s’inclut dans la rébellion passive qu’elle lui soumet bien évidemment. « On achète une baraque en bois au bord de la plage pour ouvrir un restaurant » elle glisse avec un rictus face au manque de réalisme de son idée. Mats serait surement trop malheureux en cuisinier ou en serveur saisonnier. Mais le concept de se lancer dans un grand projet impulsif la séduit. « Mais je t'imagine mal m'aider à préparer des hamburgers pendant très longtemps » elle souffle amusée. Il ne se sentirait pas très utile. Elle non plus. Mais ce n'est pas un besoin viscéral de l'être pour la ballerine. « J’aime bien » Elle lui indique de son doux soprano dans une réponse assez explicite. Les cotes sauvages, les vagues irrégulières, les locaux tranquilles et les crêperies désertes. Ninel découvre et c’est ce qu’elle préfère puisque l’habitude l’angoisse. Dès que l’adaptation frôle la banalité, elle ne rêve que de bouger. Le problème étant qu'elle ne va pas très loin comme ça. « Un jour, je t’emmènerai chez moi » dans un échange de bons procédés. Quand elle sera prête à retourner en Russie sans que la nostalgie et la frustration ne lui lacèrent les entrailles, il l’accompagnera. Ce n’est pas tout de suite, Ninel évite de promettre. « Je trouve que l’océan ne te fatigue toujours pas assez » elle lance soudainement parce qu’elle le sent toujours tendu. Même maintenant. Elle s’attendait à ce que l’air de la mer avec le sel en compagnon fasse un peu plus son effet. Elle se demande s'il se repose suffisamment. La poupée aimerait lui offrir de vraies vacances, comme cadeau d'anniversaire. Mais elle ne sait pas encore comment faire.
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MessageSujet: Re: I'm on my way. (Mats)   I'm on my way. (Mats) EmptyMer 22 Aoû 2018 - 23:57

c'est vrai que c'est enfantin comme manière de s'exprimer, j'ai pas envie de rentrer, ça veut tout et rien dire. ça veut dire j'me sens bien ici, ça veut dire j'me sens pas bien là-bas. faut juste comprendre comment penche la balance. et il en sait pas grand chose mats, il sait juste qu'à l'instant précis ça va plutôt bien, il a pas le coeur qui tambourine d'un quelconque manque et ses mains qui tremblent avec le besoin urgent de compenser par de la chimie. il se sent pas spécialement fragile, pas spécialement faible. ça lui plait, de nager, le matin, le midi, le soir. ça l'éloigne pas encore complètement de ses insomnies, mais ça met en exergue certaines sensations, et rien que ça, c'est plaisant. tu nous vois barouder? il quitte l'horizon des yeux, abandonne l'idée d'anticiper les vagues et se plait un instant à soutenir son regard. ils sont super proches, il pense mats, ils ont sans doute jamais été aussi proches, sans un facteur alcool ou drogue de son côté. ça le titille un peu, cette sensation qu'ils ne sont pas vraiment qu'un duo, pas vraiment que des colocs, pas vraiment que des amis. ils sont capables de faire des plans sur la comète. statistiquement tu sais que presque 50% des 25-30 ans quittent leur taf et leur vie bien posée pour se lancer dans l'aventure du tour du monde et de l'entreprenariat? sauf qu'il a pas vraiment une vie posée, mats, c'est ça le problème. c'est pas un confort qu'il doit quitter, au contraire, c'est une espèce d'ancre beaucoup trop lourde qui l'entraîne vers le fond mais qu'il a réussi à aimer. parce que cette putain d'apnée ça le rend paradoxalement vivant. et elle est là, la subtilité. il aurait pu tout quitter mille fois, déjà. mais le choix, c'est pas celui de renoncer à une phase, c'est celui de renoncer à une drogue. surtout que ça pue, t'imagines, toute la journée à faire frire de la graisse et s'intoxiquer de la fumée de viande rouge? c'est un peu l'hôpital qui se fout de la charité, venant d'un gars qui depuis trois ans se shoote aux drogues dures ça serait pas bon pour ta peau parfaite il sourit un peu mats, se marre presque. il sort sa main de l'eau et passe ses doigts mouillés sur le front brûlant de soleil de la russe. puis il agite ses bras, pour pas qu'ils dérivent excessivement, pour pas qu'ils se fassent engloutir par le premier gros mouvement d'eau. j'aimerais bien faire le transsibérien ça fait partie de ses quelques envies, de ses quelques rêves qu'il espère voir se transformer en projets, un de ces jours. pas demain, mais dans quelques années. le truc, c'est qu'il s'est jamais vraiment senti capable de monter d'aussi gros plans. pas assez organisé sur le long terme, pas assez prêt à lâcher prise. bah il hausse un sourcil tu veux m'assommer c'est ça? il comprend plus où moins ce qu'elle veut dire, mais c'est toujours compliqué d'affronter un klein. les névroses, c'est sans doute de famille. son père était hyperactif, sa mère continue de bosser alors qu'elle a la retraite bien avancée. ils ont pas arrêté de bouger, pas des exemples de stabilité. parfois j'aimerais bien hurler, mais j'ai l'impression que ma voix se bloque dans ma gorge il balaye l'horizon. comme ce que peuvent éprouver les sportifs, quand ils se dépassent à leur maximum, quand ils ressentent l'épuisement de l'effort, la satisfaction de l'adrénaline. quand tu viens d'exploser ton chrono, à force de longueurs arrachées sans respirer sur 50 mètres. comme quand tu sautes haut, haut, très haut, à la fin d'un ballet. ce genre de cris. pas forcément matérialisé par une voix, mais un cri physique. même ça, ça arrive pas. et pourtant, quand il nage ça lui fait du bien, parce qu'il plonge, il a les yeux qui brûlent et il s'amuse à danser dans l'eau, lui aussi, comme un poisson qu'il n'est pas. sous l'eau, c'est le seul endroit où ils peuvent vraiment être n'importe qui et faire n'importe quoi.
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