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 sordid affair + margot

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MessageSujet: sordid affair + margot   Dim 29 Juil 2018 - 21:30

Rouge vif, un sentiment qui se glissait avec une douce frayeur entre mes paupières. La note grave de l’écho d’une nuit intemporelle, résonnant dans les alcôves noires du Rabbit hole. Ce sanctuaire de souvenirs, de silhouettes effeuillées sous les regards des autres. Milles lumières pour seule obscurité le coeur. Des âmes vagabondes, chancelant avec une grâce sirupeuse, dévoilant des fragments de peau - des bouts de chair. Désormais, j’étais spectateur. La solitude et l’indépendance n’étaient plus pour moi une mission. Elles constituaient ma punition, un lot de souffrance. Car l’homme de pouvoir était détruit par le pouvoir. Et l’homme de l’inconnu par l’inconnu. Ma cigarette ondulait sur le comptoir, éparpillant ses cendres et les méandres d’une flamme qui s’épuisait au coin de mes lèvres. La fumée écorchait mes yeux, abimait mes poumons. Une douleur paisible, étreignant ma poitrine lasse et fatiguée. L’enquête n’avançait pas. Mon nom se fracturait entre les détonations et les coups de poignards. Double identité, froissée, assassinée dans les hangars de poudreuse. Je soupirais en redressant les épaules. Les pôles s’élançaient entres les tables, alignées vers l’arc du ciel telles les colonnes silencieuses d’une ruine que le vent caressait doucement. La musique était un enchantement. Une mélodie qui s’épuisait entre les rires et les conversations ivres. Je fixais la pointe acérée de mon briquet de substitution. Elle m’avait pris l’originel. Celui dont la flamme s’éclairait dans une stature fluctuante. Celui qui portait les stigmates d’une vie ailleurs. Rhodes, gravé sur l’acier. Rhodes, détenant le secret, le signe caché. Je me levais lascivement. Ma démarche ondulait dans les coulisses du club. Mon ongles effleuraient les portes des pièces qui s’étalaient dans le couloir. Une architecture tortueuse, confuse dans un esprit tordu par les mystères d’une danseuse déroutante. Je l’imaginais sans la voir. Des prunelles brillantes, folles d’insolence et d’espièglerie. Un corps dénudé, tendu sous les plis du tissu léger. Elle se mouvait telle une chimère, déployant ses ses hanches aguicheuses qu’elle plaçait sous le règne de l’esprit - menant ainsi, ses balancements jusqu’au paroxysme de la séduction. Mes pensées se transformaient, oscillant entre une gravité tragique et un sentiment de perte irrémédiable. Une insoupçonnable pression. Un mépris de cet univers et de ses pairs. Mon visage demeurait impassible. Je ne m’inclinais pas, ne changeait pas d’expression, mais telle une girandole, mon esprit voguait sur le fil d’une vague sauvage. Je pinçais la bouche et le coeur, retroussait mes émotions et broyait mes pensées. La dernière porte s’ouvrait sur les vestiaires. Le vide se faufilait entre les parois défraichis de la salle et l’alliance de feu se dévoilait. Ensemble, nos regards se consumaient. Un brasier de flammes jaillissant dans la nuit. Je hochais la tête en fermant violemment son casier. « Tu réponds pas à mon invitation. Et tu m’as volé mon briquet. » Un chant brûlant de l’esprit et du corps, qui doucement se crispaient d’envie. Un désir foudroyant, ravivant la douleur du partir. La douleur des échecs et des renoncements d’une vie à l’envers. J’étais mort avant de vivre. J’étais flic et maintenant, je n’étais qu’un fantôme, se penchant langoureusement vers la source de lumière. « Deux conneries de suite. A la troisième, je devrais t’épouser pour te faire vivre un enfer pour l’éternité. » Mon souffle bordait son visage, consentant à prendre la forme, si imparfaite soit-elle, de nos rencontres nocturnes. Je le savais, la passion était une effroyable maladie de l’esprit. La passion, c’était la fin de tout.

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MessageSujet: Re: sordid affair + margot   Dim 5 Aoû 2018 - 22:59

Les rayons des néons s’écrasaient sur le plafond sombre. Une multitude de jets, qui épousaient parfaitement les murs courbés du club. Un pattern scintillant, similaire à un ciel étoilé. Des astres blancs, bleus, roses, violets. Des couleurs sensuelles, propres aux clubs de striptease. Des néons provocateurs, mais épurés, pour laisser planer le mystère, pour déjouer les effeuillages trop rapides, et préserver les corps dénudés. Une musique accompagnait ces éclairages tamisés. Parfois, les deux s’accordaient en parfaite harmonie, comme dans ces grands clubs parisiens, où les danseuses n’étaient que des clones sur scène. Ses prunelles s’attardaient sur ces points lumineux. Elles les suivaient avec intérêt, pour éviter les regards insistants. Elle se rappelle ces nuits, où le ciel semblait l’apaiser, semblait lui apporter le réconfort dont elle avait besoin. Parce que les constellations racontaient des histoires, avec leurs formes insolites. Certains soirs, les hommes se faisaient plus désireux, plus impatients. Leur envie d’en voir toujours plus – de toucher, de déposer un billet, toujours plus proche de sa fleur intime – effaçait toute bonne manière. Alors, elle se concentrait sur ces points, pour danser, pour onduler suavement. La silhouette de Travis glissait le long des murs. Du coin de l’œil, elle suivait ses mouvements silencieusement. Il ne quittait pas ses pensées, depuis leur escapade dans les rues de Brighton. Il avait quelque chose de différent de tous ces hommes affamés. Elle était agitée quand il n’était pas là, accoudé au bar, à la regarder, whisky en main, cigarette au bout des lèvres. Comme si un vide se créait, quand elle ne posait pas les yeux sur sa moue sérieuse. Une main levée lui indiqua de quitter la scène, son service étant terminé. Sans s’arrêter, elle se dirigea jusqu’aux vestiaires, pour rejoindre le silence de son appartement. La pièce était dépeuplée. Des dizaines de casiers étaient alignés, face à des miroirs qui prenaient toute la longueur du mur. C’était modeste, voire spartiate. Le peinture tombait en lambeau, des traces d’humidité s’infiltraient dans les coins. L’espace était réduit, parfois étroit, pour accueillir une quinzaine de filles. Les conditions n’étaient pas idéales, ni adéquates pour se changer. Mais elle s’était habituée. Le club et ses tréfonds étaient devenus une seconde maison, où elle passait la plus grande partie de son temps. Le souffle de Travis dans sa nuque ne l’étonnait pas, pourtant, son derme frissonna. Son soutien-gorge tomba au sol, alors qu’elle s’adossa contre l’acier froid du casier. Le dos arqué, elle toisait Travis du regard, un mince sourire en coin graciant ses lèvres. « Je suis une femme occupée, tu comprends. Ton briquet est dans mon sac, mais j’te le rendrai pas. » Elle ricana, une de ses mains glissant lentement, effleurant les côtes de l’homme. Elle s’approcha de lui, sa poitrine dénudée s’écrasant contre son torse. « Oh ? Je pensais plutôt que tu me mettrais la fessée, » murmura-t-elle, s’élevant sur la pointe des pieds pour murmurer au creux de son oreille.

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MessageSujet: Re: sordid affair + margot   Mer 8 Aoû 2018 - 19:04

Elle m’appartenait. Un instant volé au milieu des ivrognes et des spectateurs du Rabbit hole. Seule dans les coulisses d’un film d’horreur, sa silhouette appelait la mienne. Une mauvaise habitude qu’elle avait de diriger le monde du bout des hanches. Ils s’extasiaient tous. Ils suivaient les fluctuations gracieuses de ses jambes contre le pôle. Et je n’étais pas bien différent. Je n’étais qu’un autre. Un regard qui insistait dans la foule. Un regard avide et assoiffé. Je me redressais en silence. Le sentiment grandissait sans cesse. Il s’emmêlait au reste : les souffrances, les égarements, les passions et les malentendus d’une humanité qui chavirait toujours. Elle ne répondait pas à mon invitation, préférant les délices inassouvis de la chasse aux plaisirs certains de la capture. Lina cultivait le doute, manipulait le coeur. Une ensorceleuse au milieu des Hommes. Une créature merveilleuse qui prenait forme dans une éternité d’éther et de fumée. Mon souffle se noyait entre les néons. Un râle étouffé - un murmure qui se divisait au creux de ma gorge. Elle jouait encore, enlaçait mes vices dans les siens - encombrait ma conscience et mes pensées. Je me détachais de ses chimères, de la beauté transcendante d’un corps qui vacillait dans le vide. La musique bourdonnait entre les casiers. Je hochais la tête et serrais les dents. Mes yeux enlaçaient son profil. Je m’approchais, la conscience rongée par la luxure charnue d’un fantasme qui errait sur ses courbes. Notre attirance était une tragédie, une ruse amoureuse qui s’élançait au rythme de ses effeuillages insolants. Et là voilà encore, retirant les couches de vêtements - dénaturant la sincérité d’une étreinte imaginaire. Ses lèvres se fendillaient dans un sourire amusé. Elle m’offrait des fragments de chair et l’illusion d’une accolade imminente. Mais je n’étais pas dupe. Son parfum embaumait l’esprit. Une fragrance toxique, ondulant de part en part entre les grilles de ventilation. Je me détachais de son emprise. Mes jambes s’arquaient afin de cueillir le soutien gorge tombé. Mes ongles effleuraient la dentelle. La cigarette en bec, je m’impatientais toujours. J’attendais le geste qui mettait fin à la mascarade. « Ta maman ne t’as jamais dis que c’était mal de pointer les gens comme ça ? » Marmonnai-je en fixant ses tétons rougeoyants au bout d’une paire de seins chauds. Je voulais toucher et étreindre ses ondulations sulfureuses. Mais l’erreur était fatale. Le premier à tomber, devenait le maillon faible d’une folle histoire d’amour. Sa voix résonnait dans la pièce. Elle m’apparaissait comme une illumination du ciel. Je ne baissais pas la garde. Je ne lui accordais aucune confiance. Elle s’entortillait. Elle changeait de cible, le coeur à la place du sexe. Un attachement insoutenable, infiltré dans les terminaisons nerveuses de mes organes défaillants. Son torse enserrait ma poitrine et ses mots valsaient sur mon oreille. Je déglutis en gardant mon sang froid. «Si je te fais la fessée tu ne pourras pas danser pendant des semaines.» Raillai-je en agrippant sa cuisse. Je la fis tournoyer contre le mur, la bouche haletante et le désir brûlant au creux de son cou. Mes lèvres glissaient sur sa peau sucrée - sans y laisser de baiser. Un préliminaire loquace, avant goût d’un brasier de feu qui jaillissait de mes veines.

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MessageSujet: Re: sordid affair + margot   Sam 11 Aoû 2018 - 18:09

L’espace confiné se refermait autour de leurs silhouettes. Deux âmes vagabondes, perdues entre les murs d’un monde parallèle. Le reste de la ville n’existait plus, une fois la porte du club franchie. Les esprits rayonnaient dans la pénombre, entre les barres de métal. La nuit, les ombres s’élevaient contre les parois brillantes du club. Les chimères s’avançaient vers leurs proies avides de sensation, les yeux furieux, les corps tranchants. Ils tombaient dans le trou, eux aussi, à l’image d’une petite blondinette naïve. Ils se laissaient bercer par les tréfonds criminels, par l’emprise d’un endroit où la magie se déployait. Il n’y avait pas de lapin en retard, ni de chat au sourire dérangeant, ni de reine au front disproportionné. Il n’y avait que ces soldats disciplinés, qu’un de jeu de cartes bancale, entre les buissons sauvages. Elle s’émerveillait, Margot, devant les arabesques du plafond bas. S’éternisait sur une scène illuminée de poudre blanche. Puis, tout s’écroulait en dehors de l’établissement. Les âmes redevenaient solitaires, les sourires s'éteignaient, le désir s’évaporait en un coup de vent. Travis enflammait le brasier de son être. Il était cette allumette qui, à peine effleurant la surface, l’embrasait. Un jeu de regards s’était installé entre eux. Elle dansait pour lui, les prunelles collées aux siennes. Le reste de la salle était invisible, vidée de ses clients habituels. Le temps d’un instant, il n’y avait qu’eux dans cette ritournelle flamboyante. Puis il détournait le regard, et Margot continuait sa danse, attendant patiemment le prochain duel. Deux grands enfants, qui s’apprivoisaient dans une valse tremblante. Les pas étaient hésitants, sur une corde chancelante au milieu d’un vide profond. « Nope, j’ai pas été très bien éduquée, » déclara-t-elle, arquant un peu plus son dos. Elle était insolente, Margot. Il ne l’impressionnait pas, avec sa voix rauque et son mètre quatre-vingt-dix. Elle cherchait à le pousser, toujours plus proche du précipice. Le premier qui craquerait ne serait que le plus faible. Le plus humain. La surface du mur était froide contre ses paumes, contre ses seins déployés. Le hoquet de surprise s’étouffa au fond de sa gorge, au profit d’un gloussement à peine dissimulé. « T’es tellement sûr de toi, » grogna-t-elle, regardant au-dessus de son épaule pour tenter de croiser son regard. La bouche de Travis survolait son derme, comme une caresse brûlante. Un sillon qui la dévorait, l’affolait. Elle voulait plus. Elle voulait être touchée. L’envie bouillonnait au creux de son ventre. « Tu parles, tu parles, mais t’agis pas… » Souffla-t-elle, les lèvres haletantes, la joue posée contre le mur.

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MessageSujet: Re: sordid affair + margot   Jeu 16 Aoû 2018 - 19:44

Un instant suspendu au coin de ses lèvres charnues. Juste une seconde, l’échappatoire nécessaire à ma vie. Elle était étrange et mystérieuse. Une danseuse sous la pleine lune. Enfant de charme devenue reine des enfers. Son cœur s’étiole et ma man vacille, effleurant des fragments de sa peau ambrée. Dans mes rêves, je mourrais dans ses bras. Je retrouvais la clarté d’une nuit silencieuse. Ma gorge se serrait lentement. Je ne ressentais rien. Mes veines étaient collabées et mes poumons asphyxiés. Une torture sentimentale cheminant autour de nos corps sauvages. On s’imaginait dans l’étreinte fiévreuse du couloir. Deux âmes esseulées en quête d’évasion. Mais ses courbes ne s’apprivoisaient pas. Et ma vanité empêchait la chute. Je humais les vapeurs de l’alcool dans ses cheveux, l’esquisse d’une ivresse euphorique. Mon regard glissait sur les portes des casiers. L’acier était froid sous ma poigne. Je la retenais captive - le dos arqué contre ma poitrine.  Son souffle haletait à la surface du mur. Je me redressais légèrement, survolait sa clavicule saillante. Le toucher porcelaine se transformait, corrosif sur ma bouche - mortel lorsque je m’attardais sur son cou. Horrible abomination. Lina n’était qu’une figurante. Une ombre flamboyante au milieu de la scène. Je n’étais qu’un imposteur. Un masque de froideur. Travis n’était qu’une couverture, un doux mensonge que je servais au monde. J’étais un autre. Parfois, je me voilais la face. Je laissais mon arme éclater et le sang gicler. Parfois, mon coeur brûlait au bout de la cigarette. Il tombait en cendres et s’écrasait avec le mégot. Je n’avais que les images d’une identité ailleurs et le deuil d’une soeur disparue. Peu importait les jeux de séduction et nos faiblesses charnelles. Je pouvais me pencher et la cueillir la fleur entre ses cuisses. Sa voix raisonnaient comme un sonnet d’église - harmonieuse et poétique. Elle s’impatientait d’un baiser que je refusais de donner. Un effleurement passager de sa langue contre la mienne. La collision virulente de nos lèvres et de nos insoumissions. Elle s’effeuillait pour les autres et je n’étais qu’un spectateur dans le bar. Un ivrogne plus aguerri et contentieux - Celui qu’elle apercevait chaque soir. Je la tournais et déposais ma veste sur ses seins nus. «Tu devrais te couvrir en laisser un peu pour le prochain shift Marmonnai-je en encadrant son visage. Elle était la divinité dans mon paradis artificiel. Une silhouette chancelant sur mes pensées. Nos rencontres vivaient toujours dans ma mémoire. La passion et la folie n’avaient pas de chimie assez forte pour brûler mon désir. Mais la flamme surgissait à chaque mouvement. «Je suis contrarié. Tu réclames mon attention pour me servir des provocations.» Je la rapprochais de ma bouche. «Je suis tellement possessif, tu ne supporterais pas de m’embrasser.» Sifflai-je en hochant la tête. «Tu veux essayer de passer une soirée dans mon lit?» Je riais en caressant ses boucles d’ébène. Une autre noirceur. Un autre versant de ces ténèbres qui me guettaient.

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MessageSujet: Re: sordid affair + margot   Ven 31 Aoû 2018 - 23:36

Il était un démon. Un ange déchu, aux prunelles claires, aux sourires charmeurs, pour leurrer vers les flammes de l’enfer. Il était tombé du ciel étoilé, pour venir embraser sa tranquillité. Pour déranger son quotidien, et bousculer ses principes. Margot, elle brillait dans l’obscurité du Rabbit Hole. Avec ses danses lascives, elle les emportait dans un paradis imaginaire, où l’effeuillage ne cessait jamais. Elle leur offrait une échappatoire, dans la monotonie d’une vie banale, d’un train-train quotidien. Ces clients, aux costumes taillés sur mesure, aux montres étincelantes, aux vestes en cuir et aux jeans troués, ils la contemplaient comme un trophée doré sur une étagère. Mais Margot, elle ne franchissait pas la ligne. Un trait invisible, une limite qu’elle s’était fixée, dans le chaos du monde de la nuit. Ils ne la touchaient jamais, ces hommes. Ils s’approchaient, doucement, juste assez pour renifler les senteurs sucrées de sa peau, les effluves enivrants de son parfum. Ensuite, elle se reculait, souriant comme une diablesse enchantée, les iris luisantes de malice. Elle s’éloignait, comme la pomme d’Eve, pour regagner le milieu de la scène et ses néons fluorescents. Puis il y avait Travis, et ses mains calleuses. Travis, et sa voix rauque. Travis, qui l’effleurait comme un vase en porcelaine. Elle pliait sous le poids de ses gestes, le dos arqué, presque soumise. Les flammes lapaient sa peau sensible, l’attiraient un peu vers le précipice. Et Margot, elle tombait volontiers vers le brasier bouillant. Les princes charmants n’existaient pas. Les contes n’existaient que pour rassurer les enfants, leur faire croire à un monde meilleur, plus beau. A une utopie ridicule, avec des animaux parlants et des fées bienveillantes. Elle n’y avait jamais cru, Margot, à ces histoires enchantées, aux princes merveilleux. Son monde n’était pas parfait, mais c’était le sien. Et elle, ce qu’elle voulait, c’était de la passion. Elle voulait sentir le désir brûler ses veines, l’envie noircir ses prunelles. Il était si proche, maintenant. Un espace infime les séparait. Elle pouvait sentir son souffle chaud contre sa joue. Les battements de son cœur martelaient violemment contre sa cage thoracique. Un boum boum presque trop intense. « Si j’te provoquais pas, j’aurais pas ton attention. » Son regard alternait entre ses yeux et sa bouche. « Tu peux pas décider pour moi. » Elle se rapprocha, éliminant cet espace dérangeant. Ses mains s’enroulaient autour des poignets de Travis, son pouls pulsant contre ses doigts. « J’ai envie de plus que ça, » souffla-t-elle, entrouvrant légèrement ses lèvres pour venir les humidifier du bout de la langue.

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MessageSujet: Re: sordid affair + margot   Sam 8 Sep 2018 - 23:08

Des confessions écorchées du bout des lèvres. La frénésie — la passion et l’infini. Un sentiment horrible à porter. Des songes qui se mélangeaient dans une réalité versatile. Je me redressais subitement, les yeux rivés sur les fournitures usées et les bancs alignés le long de la pièce. J’étais l’étranger, le paria.  Deux identités apposées, réveillées par la braise profonde au fond de ses yeux. Enchanteresse au milieu des danseuses, elle me happait de la foule. Elle captivait mon esprit et enivrait le reste. Des souvenirs de Sebastian. Les détails d’une vie qui s’effaçait sous la pulpe de mes doigts. Je m’approchais lascivement, voulant goûter au fruit interdit. Voulant mourir dans ses bras et m’éveiller ailleurs. Sans les promesses déchus et la fureur de la vengeance. Sans la mission et les jeux de manipulation. Mon coeur portait les cicatrices d’un autre. Mille mensonges versés à la surface du monde. Mille mensonges pour elle, pour la séduire et extirper la vérité. Atteindre le traffic et l’enflammer de l’intérieur. Ma gorge se serrait alors que j’effleurais son épaule dénudée. Le masque était éprouvant. Il rongeait ma moelle et mes pensées. Un poison injecté en plein coeur. L’envie de m’arracher la peau et de disparaitre. Elle menaçait l’équilibre. Chaque jour, elle me détournait de l’enquête. Lina me plaisait. Elle me touchait et me berçait d’illusion. Ses gestes calculés et ses ondulations séductrices. Les échanges aguicheurs et cet instant là, suspendu entre les casiers du vestiaire, la musique bourdonnant dans les couloirs et le destin nous poussant, perpétuellement vers le précipice. Je tendis les bras et la retenais sous mes jougs. Une étreinte suicidaire - comme cette mort volontaire qui me guidait dans ses pas. Je ne voulais pas l’embrasser par fierté. Pour prendre la fuite et renier l’envie. C’était injuste. De prendre son envol et de s’écraser si bas. D’abandonner ma famille et la promesse faite au tombeau de Delen. L’aigreur de l’alcool ternissait ma conscience. Je me penchais et soutenais ses prunelles. Des éclats d’or incrustés de noir. Une naïveté qui s’agglutinait entre les courbes de ses cils. Elle approchait, Lina. Elle se faufilait dans mon esprit. Ses doigts se fermaient sur mes poignets et je me laissais transporter par sa voix. Une énième provocation, donnant suite à la chute. Je réduisais le vide entre nos silhouettes. La tête penchée et la bouche frémissante, j’étais prêt à succomber. A poser les armes pour la chérir et m’appauvrir. Devenir démuni de tout. De volonté. De sacrifice. Oublier ma propre soeur et les minutes filantes. «Si je peux décider pour toi. » Grommelai-je en l’entourant d’une serviette. Il n’était pas trop tard pour l’épargner. Pour faire le bon choix. Celui du héros. Du flic. «Tu penses que c’est ton corps qui te vaut toute l’attention ?» Mais je voyais autre chose. Je sentais les flammes et les vapeurs qui obscurcissaient son visage. Chaque désir enveloppé par l’effroi, l’envie de liberté et d’adrénaline. J’imaginais les nuits éprouvantes et les senteurs purgatoire de l’alcool qui tapissait les murs du Rabbit hole. Elle n’était qu’une pièce parmi les autres. Une oeuvre d’art mouvante, dispersant ses charmes sur la scène. Elle exultait - réussissait à exister un instant, avant de s’éteindre aux premières lueurs. «Plus que ça ? S’il te plait, ne me demande pas en mariage.» Je murmurais suavement, les doigts emmêlés dans ses boucles d’ébène.

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MessageSujet: Re: sordid affair + margot   Lun 17 Sep 2018 - 15:00

Malléable. Docile. A la merci de ses mots, de ses mains calleuses. Ses courbes se moulaient contre le corps de Travis. Elle se pliait sous sa prise, sous sa bouche farouche. Leurs souffles s’entremêlaient pour ne faire qu’un. Leurs lèvres ne se touchaient pas. Elles s’effleuraient, comme deux amants timides, dans des caresses lasses et tentantes. Elle pouvait sentir le palpitant de Travis vibrer contre ses doigts. Une cadence folle, comme un air de musique rythmé. Ses inhibitions tombaient une à une. Les défenses autour d’elle, se réduisaient en cendres aussi facilement qu’un claquement de doigts. Il suffisait d’un coup de vent, pour que Margot ne fonde. Travis lui faisait oublier ses principes. Une liste d’interdictions, qu’elle avait notée dans un coin de sa tête. Elle le voyait, ces filles, dépendantes des regards d’hommes affamés, des billets qu’ils agitaient, comme pour appâter des tigresses en chaleur. Elle se moquait d’elles, Margot. De se rabaisser, de céder à l’argent facile, sale, pour un confort matériel et superficiel, pour un appartement plus grand, pour une garde de robe plus luxueuse, à la Pretty Woman. Aucun de ces hommes d’affaires ridicules n’était le Richard Gere qui viendrait tourmenter leur quotidien morose. Mais Travis était différent. Il lui plaisait, comme jamais personne ne lui avait plu. Il y avait quelque chose dans ses prunelles claires, dans sa façon de l’aborder, de la toucher, dans son parfum entêtant. Elle se sentait presque spéciale, effaçait presque les filles qui s’étaient allongées dans ses draps, avant elle. Son cœur s’emballait, ses entrailles brûlaient. Pour lui, elle était prête à plonger dans l’abysse du plaisir, les yeux fermés, à pieds joints. Elle n’avait que sa fierté à lui offrir. Elle aspirait à lui appartenir, même le temps d’une soirée. Elle voulait goûter au parfum de ses lippes, sentir leurs langues s’enlacer dans une valse suave. Elle se languissait du moment où ils ne feraient qu’un dans une étreinte passionnée. Un moment qui devenait un songe, au fur et à mesure que les minutes défilaient. Sa patience ne tenait plus qu’à un fil fragile, prêt à rompre d’un instant à l’autre. Une moue boudeuse affaissa les commissures de sa bouche. Ses palmes s’écrasèrent contre son torse ferme, le repoussant légèrement. Le contact lui manquait instantanément, comme un brasier qu’on éteignit subitement. « J’ai plus envie de jouer, » souffla-t-elle. Elle laissa la serviette, qu’il venait de déposer ses épaules, retomber au sol entre leurs deux silhouettes, avant d’enfiler un pull qui traînait là. « Tu te fais trop désirer, t’es pire qu’une fille, » déclara-t-elle dans un soupire faussement dramatique. Ce jeu du plus fort, de résistance ridicule, l'irritait. La patience ne faisait pas partie de ses vertus. Elle s’adossa contre les casiers, les bras croisés, les dents enfoncées dans sa lèvre inférieure. Ses prunelles le toisaient, avec une envie qui ne s’éteignait pas. « Tu m’agaces… » Ses doigts s’enroulèrent autour du t-shirt de Travis, pour l’attirer à elle. Elle se hissa sur la pointe des pieds, et l’embrassa. Avec douceur, au début. Une caresse nouvelle, hésitante, de ses lèvres contre les siennes, mais le désir grondait en elle. Les yeux fermés, elle s’abandonna à l’euphorie du premier baiser.

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MessageSujet: Re: sordid affair + margot   Sam 10 Nov 2018 - 22:17

L’euphorie d’un instant. Nos lèvres enlacées sous les néons argentés. Puis l’extase dangereuse de la première dose. Des sentiments bafoués derrière le masque. Imposteur. Prédateur dans une cage. Ce n’était qu’une illusion. Une simple rencontre dans un club. Je la fixais en silence, le regard étincelant d’envie. Mes doigts glissaient sur ses courbes dénudées. Peau contre peau, je la hissais vers le casier. Lina, danseuse de l’éphémère, prisonnière de ses provocations. Un étau qui se refermait sur ses côtes. Ma main effleurait sa joue, maintenant la distance entre nos corps. Je guettais la chute imminente. La frénésie d’une chasse qui prenait fin au coin de sa bouche. Si belle. Si majestueuse. Je l’avais regardé un millier de fois. Seule, au milieu des fauves, les hanches tournoyant au rythme de la musique. Ils la désiraient tous. La contemplaient, tel l’objet d’un plaisir physique. Mon souffle se condensait sur son cou. Je retenais l’impulsion. Nous étions différents de ces autres. Différents des amants qui haletaient sous les vapeurs de l’alcool. « J’ai envie de toi.» Ma voix se brisait dans la pénombre. Je me laissais faire dans son emprise. Elle s’impatientait d’une étreinte vorace. Je grommelais en la prenant à bout de bras. « Mais je t’agaces. Et tu m’agaces aussi. » Je la soulevais contre ma poitrine. Son parfum se mêlait aux nuances amères du tabac. Le manque éveillait mon esprit. Je ne pensais plus aux conséquences. Aux doubles identités et aux morales de la police. L’ombre de Travis grandissait en moi. Il n’y avait plus de retour. Seulement nous, deux silhouettes ondulant dans une valse mortuaire. «C’est bien dommage, pas vrai ? » Sifflai-je en l’embrassant, goutant aux plaisirs interdits d’une passion qui se consumait dans ma poitrine. Une histoire qui naissait dans le chaos. Le premier baiser en appelait un second. Telle une drogue. Une dépendance. Un poison doux, au nom de Margot.

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