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 i want girls on bread + clara

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MessageSujet: i want girls on bread + clara   Mer 25 Juil 2018 - 0:42

Les souvenirs revenaient, encore. La peur glissait sous ma peau. Absolue, déterminée, brûlante jusqu’au fond de mes entrailles. La Syrie avait anéanti mon ego. La lutte des peuples, les drapeaux de sang et les hymnes rebelles. Les fragments de l’histoire se perdaient, emportés par les bourdonnement des chars et les attaques des militaires. Un combat tragique, des forces inégales qui se heurtaient dans la grande place. Je me redressais avec lenteur. Mes yeux oscillaient entre les allées de l’appartement. Un espace vide, hanté par les images d’une guerre venue d’ailleurs. Je pinçais les lèvres, les phalanges compressées dans une posture étrange. Les muscles tremblaient et l’articulation se courbait, prisonnière d’un influx nerveux qui s’essoufflait avant la synapse. Je ne ressentais rien, seulement le vide d’un membre alourdi sous les jougs du temps. Le plomb avait tranché le nerf, mais l’impact avec percé l’âme. Un vide sidéral qui se creusait dans mes bronches, qui étreignait l’air afin de le rendre poison. Ma gorge étouffait. Mes poumons se noyaient. Je fixais le reflet de cet étranger. L’autre Julian. Un faciès gris, devenu inconnu. La solitude ravivait le sentiment. Elle me ramenait vers les allées tortueuses de Deraa, conditionnait ma chute et l’impact du sol. Je soupirais en longeant le vestibule. Ma démarche chancelait autour du couloir, traversant le pallier jusqu’à rejoindre l’appartement d’en face. Les gestes suspendus, j’attendais un instant de répit. Ou, peut-être un instant seulement. J’étais lâche et fatigué. L’envie de me retourner. De rejoindre la froideur de mon lit et les crépitements du frigo, se dessinait sous mes paupières. J’ignorais si mon esprit se languissait de compagnie ou s’il se délectait de l’agonie. Je m’avançais dans un mouvement mécanique, tel un automate rouillé, un tas de féraille rongé par les moisissures et l’humidité. La sonnerie retentissait. La serrure tournait. Et l’absolution venait jusqu’à moi. Je ne prenais pas la peine d’observer ma voisine, que déjà la lumière effleurait mes prunelles. Une étreinte ondoyante, bercée par les ondulations de ses cheveux irisées et la profondeur de ses iris. Elle était belle, Clara. Elle était si douce, que le regard glissait. La pensée chavirait. Une lucarne celeste, percée au fond du gouffre. L’invitation à la paix. Au mirage éternel. Je me sentais bien à ses côtés. Une affection chaste et platonique, sans les artifices du corps et les vices de la chair. Pour une fois, j’avais trouvé une amie. Une épaule. Mes joues s’étiraient afin de lui adresser un sourire espiègle. «Hey, j’ai pas oublié un tourne vis chez toi ? » Bien sûr que non. Ma boite à outils se résumait à un vieux rouleau de scotch et un tube de superglue. J’esquissais un pas hésitant vers l’entrée. «En plus, j’ai trop faim. Clara commande une pizza, please. J’ai couché avec la copine du livreur, depuis il met un supplément anchois dans toutes mes garnitures. Tu rends compte des anchois ? Qui mange ça ? On dirait du plancton. » Grommelai-je en hochant la tête d’un air dramatique. Tous les prétextes étaient bons pour la rejoindre. Pour trouver refuge au fond de ce canapé aux parfums de rose.
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Clara Andersen

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MessageSujet: Re: i want girls on bread + clara   Jeu 26 Juil 2018 - 20:47

S'il y a une chose à savoir sur Clara, c'est qu'à l'abri des regards, elle adore se déhancher sur ses playlists favorites qui défilent depuis sa station de musique. Seule, dans son appartement, personne n'est en position de juger ses danses douteuses. Puisqu'en effet, aimer danser ne fait pas de vous des experts pour autant. Elle n'a jamais eu cette prétention. C'est plus une thérapie qu'autre chose. Ses pieds commandent, le tissu de sa robe vole, elle sourit comme une enfant. Tout devient micro, tout devient fiction. C'est transformer sa vie en clip vidéo, en un claquement de doigts. Enfin, si elle possède un minimum de rythme, on ne peut pas complimenter pour autant les notes fausses qui sortent de sa bouche. Quelques petits pas chassés plus tard, elle croit entendre la sonnette. En ce précipitant pour réduire le son et le confirmer, elle s'interroge. Est-ce qu'on aurait pu l'entendre détruire cette merveilleuse chanson ? Prions pour une affirmation négative. Elle se demande alors qui pourrait bien écourter ses passe-temps de solitude. En se dirigeant vers la porte d'entrée, elle remet en place les plis de sa robe, espère ne pas être marquée de rouge au visage. Elle est un peu essoufflée. Encore guillerette et tout sourire. Les basses résonnent toujours au coin de son esprit. Clara finit par découvrir Julian sur son pallier. Elle en est presque rassurée. Si ce n'est que lui, elle l'inviterait volontiers à prendre part à ses festivités. S'il n'était pas en si mauvais état. C'est toujours étrange de l'accueillir, parfois, c'est comme s'il était déjà colocataire, en quelque sorte. Il y a quelque chose de rassurant à l'avoir dans le coin. Julian, c'est plus ou moins le grand-frère que Clara n'a jamais eu. La personne qui a beaucoup participé à son intégration ici, à Brighton. « Un tourne vis ? Julian, tout ce que tu laisses trainer ici c'est un cimetière de bière vides dans ma cuisine. » A moitié faux. Elle pourrait d'ailleurs lui en proposer une, mais ils savent très bien que s'il en veut une, il peut se servir directement. Clara retourne baisser de nouveau la musique, histoire de s'entendre parler. Elle rigole doucement quand son invité lui fait part de ses mésaventures avec le livreur de pizza. Jusqu'ici, rien d'étonnant. « La véritable question c'est, avec qui n'as tu pas couché dans cette ville ? » Et non qui mange des anchois. Même si, il n'a pas tort, qui peut bien manger ça ? « Ça doit drôlement rendre tes déplacements et activités problématiques non ? » Elle rigole, en composant le numéro de la pizzéria. Après tout, déambuler comme une folle, ça ouvre l'appétit. « Une pizza supplément anchois alors ? » Douce invitation à lui faire part de son choix. Elle le regarde avec insistance pour la première fois depuis qu'il est arrivé, en souriant. Mais découvre avec ce regard détaillé, un visage où la fatigue s'est installé avec insistance.

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MessageSujet: Re: i want girls on bread + clara   Lun 6 Aoû 2018 - 15:43

Sa voix se rapprochait. Je me redressais, tendait l’oreille et écoutait chaque vibration sonore. Clara, douceur incarnée au milieu d’une pièce noire. Un coeur illuminé par la grâce juvénile et l’extase d’une vie d’aventures. Elle était la seule, peut-être l’unique. Son univers chevauchait les autres. Il s’épandait sur mes yeux et inversait les images d’une guerre effroyable. Combat du mal contre le bien devenu danse langoureuse au rythme d’une musique entrainante. Les mélodies bourdonnaient sur les murs de l’appartement. Et je souris si fort. J’étirais les joues et laissait son essor combler le mien. Je m’avançais dans le vestibule, esquissant un déhanchement taquin, un mime de ce que pourrait être ses chorégraphies. Je me moquais de ses moments mais j’étais prêt à la rejoindre dans ses folies passagères. Une poupée désarticulée qui en enlaçait une autre et tournait dans le vide. Deux âmes étoilées, voltigeant au sommet du monde. Je marchais dans le couloir, longeant les meubles et les pièces. Je reconnaissais chaque recoin. Chaque agencement. Trop habitué à ces exodes dans son territoire. Trop attaché, au bourgeon d’une amitié qui fleurissait chaque jour. Je pinçais les lèvres et encaissait ses taquineries. Je n’avais pas couché avec toute la ville. Seulement, la moitié. Mon jumeau c’était occupé du reste. Mais nous étions un et l’assomption était si facile. Je hochais la tête et me dirigeais vers le frigo. Mes doigts enserrait la bière qui se versaient lascivement dans ma gorge. Je m’installais sur la chaise et maugréais, tel un enfant capricieux. «C’est pour cultiver ton esprit artistique. Tu pourrais faire une pyramide de bouteilles et appeler ça de l’art contemporain. » J’avalais une gorgée d’alcool en raillant. «Supplément fromage oh ! Si je m’écoutais je mettrais du caviar en topping pour la touche royale. C’est fait un bail que j’ai pas squatté. Tu as dû t’ennuyer à mourir. D’où la session de danse bizarre. Tu fais toujours la danse du cobra ?» M’amusai-je en croisant les jambes. On se charriait pour passer le temps. Pour oublier l’amertume logée au fond de la gorge et les déceptions d’une vie passée derrière le front. La-bas, ils mourraient tous. Et moi, je racontais. Je faisais couler l’encre lorsque l’ennemi faisait couler le sang. Je soupirais en repliant la main droite. La douleur s’estompait. Il n’y avait que les séquelles morales d’une balle perdue. Une avalanche de sensations étranges qui s’emmêlaient dans mon esprit. Entre colère et désillusion, il était difficile de retrouver l’équilibre. D’oublier. De vivre, simplement.
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MessageSujet: Re: i want girls on bread + clara   Mar 7 Aoû 2018 - 16:46

L'art contemporain, source de débats sans fin. Elle ne peut s'empêcher de rire pour autant. Elle pourrait en faire un sapin de Noël c'est certain, bien que passé de mode. Le combiné raccroché, Clara s'installe en face de lui, pour l'écouter raconter l'ennuie mortel dans lequel elle a dû être plongée en son absence. C'était étrange, on peut lui accorder cela. En sachant que cela n'avait rien de vacances sous les tropiques, l'inquiétude s'est installée aussi. Aujourd'hui, c'est familier. Le revoir ici, même usé par la fatigue et par des blessures souvenirs. « Premièrement, mes sessions de danse ne sont pas bizarres, deuxièmement, je t'aurais bien proposé de te joindre à moi mais j'ai du mal à t'imaginer trémousser tes hanches comme une déesse. » Elle aimerait beaucoup un avant-gout cela dit. Histoire de s'adonner à une bonne demi-heure de rire. « D'ailleurs Aphrodite, si je peux me permettre, t'as une petite mine. De l'agitation dans ton harem ? » Le choix de cette déesse est stratégique. Quand bien même elle aurait pu faire référence à Athéna pour son rapport à la guerre. Cependant, compte tenu de la situation, il est préférable d'éviter ce genre de comparaison. D'autant plus que le Don Juan l'emporte chez Julian. La preuve, une fois de plus avec l'histoire du livreur de pizza. Elle ne cherche pas à ressasser de mauvaises Clara. C'est juste le moyen le plus subtil qu'elle ait trouvé pour faire passer le message. Que s'il a besoin, de quoi que ce soit, au-delà d'une bière et d'une pizza. Elle est là. Mais si c'est uniquement ce dont il a besoin maintenant, ça lui va. « En parlant de ça ! Quand est-ce qu'on monte toucher deux mots au voisin du dessus pour sa session bricolage à 6h le dimanche matin ? J'ai besoin de gros bras Baker. Pour me retenir. Parce que moi aussi je peux mettre des coups de marteau dans son appartement s'il a besoin d'aide. » Le sommeil, chez Clara, s'est sacré. Pourtant la jeune femme, elle a le sommeil lourd. Pour la réveiller, il faut s'y donner à cœur joie la plupart du temps. Cette histoire lui donne aussi l'opportunité de changer de sujet s'il le désire. Elle pense à tout Andersen.

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MessageSujet: Re: i want girls on bread + clara   Lun 20 Aoû 2018 - 13:03

Un rire gravitant autour de mon esprit. Chaque intonation me transportait un peu. Bonheur fugace, chancelant sur les murs puis atteignant l’éternité, l’espace cosmique.  Clara était l’incarnation d’une douceur céleste. Je retrouvais l’esquisse d’une sérénité à jamais perdue entre les bombardements et les rebellions d’Orient. Deux mondes parallèles, se croisant entre les lignes d’un article qui s’écrivait sous ma plume. Je racontais ces vérités formatées, une manipulation habile de l’opinion publique seulement pour décrocher une publication. Pour tenir en haleine un millier de lecteurs confortablement cachés dans des routines banales. Alors oui, j’avais besoin de m’évader. J’avais besoin de retrouver ces petites bonheurs éphémères. Je hochais la tête en me redressant. Mes hanches ondulaient dans une tentative ridicule de la contredire. Bien sur que j’étais capable de me trémousser - de défier les lois de la pesanteur et d’extérioriser mon potentiel déesse, voyons. Elle pouvait se moquer. La musique était muette mais je percevais les notes endiablées d’une chanson tempérée. J’imaginais ma propre symphonie. Mon corps s’agitait maladroitement, jusqu’à froisser les muscles et se suspendre dans une posture rigide. La blessure à l’épaule n’avait pas guéri. Le pansement avait disparu, mais je portais encore les séquelles de l’éraflure. Une souffrance tacite qui coulait dans mes veines et me ramenait inlassablement dans le village de Deera. Je soupirais en esquissant un léger sourire. « Non ça va. J’essaie de reconquérir mon ex-femme. C’est fatiguant, mon Dieu. Heureusement que je suis bogosse, elles finissent toujours par craquer. » Soufflai-je avec entendement. Bien sûr, ce n’était qu’un ramassis de conneries. Mon histoire avec Gabrielle était compliquée. Une successions de confessions et de réalités qui s’emmêlaient dans une joute verbale terrible. L’amour n’était pas le problème. C’était les conséquences, nos attentes contradictoires et sa maladie. Je n’avais pas le courage de la soutenir. De la protéger. Je déglutis en m’installant sur le canapé. «Tu les as vu ou les gros bras ? Je peux pas prendre le risque d’amocher mon joli minois. Je suis en pleine procédure de « bangbang » !» Maugréai-je en hochant énergiquement la tête. «Donne moi des astuces sur les femmes au lieu de conspirer contre le gros tout nu. Tout le monde a un voisin chelou. Ils en avaient un dans Friends, aussi. » Je riais en prenant appui sur l’accoudoir. «Tu peux continuer à danser en parlant si tu veux.» Me moquai-je en l’observant avec amusement.
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MessageSujet: Re: i want girls on bread + clara   Mer 22 Aoû 2018 - 18:34

Clara oublie bien souvent que Julian a été, un jour, marié. C'est comme imaginer un tigre enchaîné. Excepté, qu'il l'a choisi, contrairement à l'animal. Il a été assez courageux, ou insouciant, pour franchir le pas. Peu importe la finalité. Par peur de l'échec, il vrai que l'on n'avance jamais. La peur d'un éventuel divorce n'est pas donc pas un bon argument. Surtout que dans son cas, ça semble plus compliqué que cela. Enfin, une relation loin de la moindre complication, est-ce que cela existe vraiment ? La jeune femme ne peut pas s'empêcher de rire quand même. Lui-même arrive à rire de sa situation. Il parait même confiant, comme si c'était évident, qu'à la fin, tout s'arrangera pour eux. C'est ce qu'elle lui souhaite dans le fond. Julian mérite plus que ce dont il pense être digne au plus profond de ce petit être vantard. Plus le jeune homme ouvre la bouche, plus elle a envie de partir dans un fou rire. Il marque un point, de nombreux points. Et fait passer très rapidement l'insupportable voisin comme sujet de conversation qui perd tout intérêt. De plus, il a raison, il ne lui sera d'aucune aide dans cet état. Une prochaine fois. Ceci n'est que partie remise, après tout, quand ils auront besoin d'une nouvelle occupation, ils sauront à quelle porte frapper. « Attends, deux secondes. Récapitulons. Parce que même Friends perds en saveur face à ta ligne éditoriale de vie. » Un bruit à la porte se fait entendre au même moment. Elle lui fait signe d'une main, comme pour dire pause, afin de se rendre à l'entrée, pour récupérer la pizza, payer et observer le livreur. Une fois qu'elle a refermé la porte derrière elle et qu'elle se retrouve à proximité de son interlocuteur principal, elle lâche. « Si tu commençais par rester loin de la copine du livreur de pizza ou tout simplement les copines des autres, ça arrangerait surement ta voisine et, ton ex-femme par la même occasion. » Elle lui dépose le repas sous les yeux. « Avant de t'empiffrer, raconte ! C'est quoi cette histoire ? » Clara se poste en face du jeune homme, prête à asseoir son menton sur ses poings fermés retenus par ses coudes sur la table. Afin de ne pas perdre une goutte de son histoire farfelue. « Par contre je t'arrête tout de suite, pour la partie conseils et astuces, tu as clairement frappé à la mauvaise porte. » Parce que Clara, premièrement, elle n'a jamais été mariée. Not even close to that. Elle a emménagé avec un homme, sous le coup de la pression sociale et, par peur de blesser l'autre. Pour seulement y rester à peine deux mois puis quitter la ville. Elle n'a jamais reconquis personne parce qu'elle n'a jamais vraiment regretté les finalités. Ou oser les confronter autrement que par une séparation. Quoi qu'il en soit, elle ne comprend rien aux hommes. Ni même aux femmes et à l'espèce humaine et ses désirs en général. Elle comprend mieux les images, les histoires qu'on transmis nos ancêtres via divers procédés. Un paradoxe, puisqu'elles reposent sur des tonnes d'émotions. Nombreuses sont les œuvres d'art qui parlent d'amour d'ailleurs. Cependant, c'est toujours plus facile sur la toile, dans le marbre ou sur cellulose. C'est toujours plus facile, quand ça ne l'affecte pas directement ou quand elle n'a pas à aider les autres dans cette matière.

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MessageSujet: Re: i want girls on bread + clara   Mar 2 Oct 2018 - 12:33

Les mots entortillées au bout des lèvres. Des vérités maquillées sous le voile de l’insouciance, d’une facilité mensongère. Je pouvais reconquérir Gabrielle. Je m’en empêchais pour préserver ses sentiments. Malade et fragile, sa silhouette s’amenuisait dans les couloirs de ces hôpitaux où je refusais de poser pied. Un amour vorace, rongeait ses chairs et sa moelle. Une obsession de l’étreinte, du baiser, conditionnant ses rechutes et la chronicité d’un vice immun. Elle l’appelait Lupus, mais c’était nous. Le plus grand mal bordé de vices. Des confessions murmurées et des promesses brisées. La nuit était silencieuse. Parce que nos regards se juchaient. Nos âmes se détachaient de l’obscurité afin de tomber dans le gouffre. Et si elle ne voyait rien. Moi, je savais — notre mariage était cassé. Je pinçais les lèvres et redressais les épaules face à ma voisine. Un visage angélique, bordé de lumières. Des yeux illuminés au milieu des meubles et des murs délavés. Si belle et si délicate, une rose oscillant dans un jardin d’épines. Clara semblait si précieuse. Une âme décalée, loin des perceptions sociales et humaines. Avec ses idées singulières, ses vagabondages temporelles entre les galeries des musées. Elle me subjuguait — fascinait ces versants creux de ma personnalité. Comme s’il y avait une finalité aux métamorphoses du monde. Une issue aux évolutions culturelles gravées sur les tableaux et les pièces antiques. J’acquiesçais en souriant. Puis mes gestes se suspendirent. La porte happait mon attention. La pizza était là et son odeur embaumait mon esprit. La faim grondait dans mes viscères, réduisant mes pensées dans un spectre incolore. Mange. Seulement ça. S’oublier dans un instinct de survie. N’être qu’un animal de chair, dévorant sa nourriture. Sans les contraintes sentimentales. Sans les souvenirs de Gabrielle et de ses absences. Je soupirais. « C’est compliqué. Je me suis marié par amour. Et j’ai divorcé pour la même raison. » Une rupture poétique. J’en avais embrassé une autre. Et elle m’avait quitté pour me rendre une liberté que je désirais plus que tout. Puis le vide avait suivi nos silences. Un manque d’elle et de ses baisers. Le fantôme de mes inquiétudes et de ses angoisses. Je l’avais bordé et compté ses mouvements respiratoires. J’avais vécu dans la peur de la perdre à chaque symptôme. Et je n’en pouvais plus. Je ne supportais plus les souffrances des autres. « Je croyais qu’il n’y avait rien de pire que la guerre. Mais voir la personne qu’on aime souffrir, être impuissant face à la douleur … Putain j’avais besoin d’arrêter. » Je lui adressais un sourire amusé. « Les gens jugent. J’ai abandonné une malade. Mais ils ne savent rien. Ce n’est pas une question de courage mais de passion. Je ne voulais pas la détester de m’emprisonner. » Je préférais l’aimer à contre sens. Dans les draps des autres. Au comptoir des bars et dans les allées de la rue. Je préférais m’enivrer et garder, l’image précieuse, d’un amour à jamais greffé dans mes organes. Ma chère Gabrielle, impétueuse en moi. Impétueuse toujours. «Tes conseils ne peuvent pas être aussi terrible que ça. Je suis le roi des idiots. » Raillai-je en ouvrant la boite de pizza. Une insouciance qui s’imposait entre nous. Le détachement de la réalité, de l’émotion qui gonflait mon coeur.
Parce qu’il était déjà trop tard.
Et je n’attendais plus rien de l'amour.
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MessageSujet: Re: i want girls on bread + clara   Mer 17 Oct 2018 - 15:53

Marié et divorcé par amour. C'est son histoire. L'histoire d'un homme qu'on peut juger mauvais mais qui souffre de ses sacrifices. Des sacrifices que personne n'est capable de reconnaître en surface. Chacun sa version des faits. Chacun garde ce qu'il veut de l'ensemble de cette histoire. Des parcelles par ci, par là, qui hors du contexte, biaise le propos. Tout le monde en pense ce qu'il veut. Il est si facile de juger, plutôt que de comprendre. De se glisser dans la peau des autres. Jamais personne ne fait ça. Les si j'étais toi ne traduisent en aucun cas une forme de compassion ou une tentative de tolérance et compréhension. Cela veut plutôt dire, j'estime connaître la bonne marche à suivre, tu te fourvoies, laisse moi te remettre dans le bon chemin. L'automatisme, c'est le jugement. La compréhension, secondaire. Voire tout bonnement optionnelle. A un certain degré, bien sûr, Clara comprend Julian. Elle aimerait pouvoir faire plus pour lui, l'aider. Pas comme un oiseau en détresse, mais comme un ami très cher à son cœur, qu'elle aimerait voir moins brisé. « Est-ce qu'elle sait, tout ça ? » Je ne voulais pas la détester de m’emprisonner. Ces quelques mots qui résonnent davantage chez la jeune femme. Parce que sa précédente relation ressemblait à cela. Et parce qu'à une plus grande échelle, elle s'est toujours sentie coincée, dans les attentes des autres. Jusqu'à lui. Lui qui, pour la première fois, lui fait attendre des choses. Même futiles. C'est une main posée dans le bas du dos, un sourire derrière l'oreiller aux premiers rayons de soleil, un prénom murmuré dans la nuit comme personne n'a jamais murmuré son prénom jusqu'ici. Puis, c'est une présence plus régulière, plus nécessaire. Un minimum d'engagement à son égard. L'engagement. Quand bien même, elle, n'en est pas totalement capable. C'est un retournement de situation violent, difficile à appréhender. Alors elle improvise, rencontre des murs jusqu'à ne plus s'y retrouver. « Et moi la reine des idiotes... » Elle le rejoint, en agrippant une part de pizza, sans vraiment réfléchir, sans même avoir faim. Mais pour faire quelque chose de ses mains. Pour trinquer à leurs jolis titres de noblesse dont ils n'ont pas a être fiers. Pour combler, avec de la nourriture, un manque qu'elle ne situe pas encore.

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