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MessageSujet: do you feel a little broken? (taylor)   do you feel a little broken? (taylor) EmptyLun 23 Juil 2018 - 8:17

do you feel a little broken?
broken / patrick watson

La démarche chancelante, un équilibre qu'il apprivoise encore. Une jambe plus haute que l'autre. Confiance inégalement répartie entre une partie de lui et une autre, qui lui appartient un peu moins. Malgré ses grands sourires, il a en horreur ce qu'il est devenu, Lip. Cette jambe qui n'est pas totalement lui et qui soutient pourtant son corps comme si elle était de chair et d'os. Il s'égare dans les rues comme un monstre inquiétant, une ombre irrégulière qu'on prend soin d'esquiver en changeant de trottoir. Carrure andromorphe modifiée par la vie et une chirurgie radicale. Conséquence désastreuse de choix tout aussi catastrophiques. Mais dans le fond, ça en valait le coup, n'est-ce pas ? Il y a deux paires d'yeux qui hantent ses nuits et ses jours. Un camaïeu océanique dans lequel il s'est noyé. Une sirène et une muse. La première s'est laissée happée par les bas fonds et les promesses des pilules magiques. La seconde l'a ensorcelé de promesses faciles avant de l'abandonner aux portes de l'enfer. Et aujourd'hui ? Il n'y a plus de regard clair pour l'attirer vers les rivages ou au fond du gouffre. Aujourd'hui, Lip il reste à la surface et il peine, il attend, il réapprend. À vivre seul, avec le poids de ses erreurs pour enserrer son thorax. Il tombe et s'échoue, cherche à courir avant même de savoir marcher. Son regard accroche l'horizon et les rues familières. Il n'a que trop emprunté cette route rassurante par le passé, à l'abri des regards indiscrets et des flashs agressifs des journalistes. Ce n'est pourtant pas la route vers sa rédemption, non. C'est une course vers ses anciens travers qui lui rappelle que malgré toute sa bonne volonté et les promesses faites ; il ne peut pas se passer d'elle. Elle est toujours là, sous sa peau, ancrée à son palpitant et à ses souvenirs. Il vacille jusqu'à sa porte et y sonne, sans se préoccuper de l'heure avancée ou du simple fait qu'il devrait se tenir loin d'elle et se contenter de la détester. Il s'appuie, l'épaule contre le cadre de la porte pour soulager ce corps qui se fait tellement plus vieux que son âge. Il écoute son cœur qui s'agite et qui dérape. La raison et le bon sens qui font disjoncter tout ce qui peut bien se passer dans sa caboche blonde. Il se pince les lèvres et ravale son angoisse, il pense à Halley, à l'accident et soudainement son monde tourne. Alors il s'éloigne de la porte Lip et il fait déjà marche arrière. Il s'éloigne. Il n'a rien à faire là.
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MessageSujet: Re: do you feel a little broken? (taylor)   do you feel a little broken? (taylor) EmptyDim 29 Juil 2018 - 21:54

Sa silhouette élancée fendait la foule. Son corps était moulé dans une robe bien trop étroite, qui laissait peu de place à l’imagination. Elle s’avançait, déambulait, telle une chimère parmi les invités. Les conversations étaient courtes et bateaux. La météo, les dernières news sportives, les dernières interviews programmées. Ses doigts étaient enroulés autour d’une coupe de liquide pétillant. Le champagne sucrait ses lèvres, brûlait sa course jusqu’à son estomac. Une énième soirée, pour fêter une énième promotion, un énième départ, une énième arrivée, une audience réussie. Tout était prétexte à célébration. Taylor, elle, grimpait les échelons, en séduisant les téléspectateurs. Les visages se succédaient, comme des ombres floues et sans importance. Des traits irréguliers, des sourires brillants et des rires entêtants. Une multitude de prénoms, qu’elle aura oublié demain matin. Elle était habituée à sourire, à hocher la tête, à prétendre qu’elle s’intéressait un minimum aux conversations. Un acte bien rôdé, dont elle connaissait les ficelles par cœur. Ses prunelles sciaient ces faciès inconnus, dans l’espoir de le voir, d’apercevoir cette crinière blonde et familière. Mais il n’était qu’une illusion, parmi tant d’autres. Un mirage, qui hantait ses songes, laissant un goût amer au fond de sa gorge à peine les yeux ouverts. Elle s’était laissée happer par une vague immense, sans fin, qui l’avait entraîné vers des rivages inconnus. Elle dérivait, dans un océan de sentiments étouffants. C’était nouveau pour elle. Son cœur était comme protégé par une forteresse inébranlable, qu’elle refusait d’ouvrir depuis toujours. Pourtant, il s’était frayé un chemin vers ce palpitant fragile. Elle refusait, cependant, de les nommer, de le reconnaître, ces émotions. Un déni continuel, auquel elle s’accordait facilement. Le cliquetis de ses talons perçait le silence du couloir menant jusqu’à son appartement. Son retour était accueilli par les sauts enjoués de Tequila. Cette petite boule de poils comblait la solitude de son deux-pièces. Il lui avait fallu du temps, avant de s’accommoder à ce vide. Les chambres du foyer étaient partagées. Ils dormaient à six, sept, huit, parfois plus, dans des lits rapprochés. Les chuchotements et les histoires racontés faisaient oublier l’absence d’amour maternel, d’affection paternel. Ils se consolaient, en se soutenant dans leur malheur, en maudissant ces parents qui n’avaient jamais voulu d’eux. Mais il était loin, ce temps. Elle n’était plus la petite Taylor, avec ses joues pleines de boue et ses chaussures trouées. La sonnerie retentit, et elle s’avança jusqu’à la porte, pieds nus. Elle le regarde s’éloigner dans le couloir à peine éclairé. « Tu viens jusqu’ici pour faire demi-tour, » souffla-t-elle, amusée. « On assume plus son booty call ? » Sa voix résonnait entre les murs, alors qu’elle s’appuya contre l’encadrement de la porte.

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MessageSujet: Re: do you feel a little broken? (taylor)   do you feel a little broken? (taylor) EmptyLun 6 Aoû 2018 - 23:44

Il regrette chaque pas qu'il prend jusqu'à sa porte. Démarche d'éclopé, la tête baissée, il se comporte en enfant coupable et cherche à s'évaporer dans la nuit. Il tente même de faire demi-tour et de s'échapper, d'abandonner ses espoirs sur le perron pour repartir le cœur plus léger. Il n'est plus certain de savoir ce qu'il est venu chercher ici, les motivations sont douteuses et confuses, il se trouve des excuses pour rester et d'autres pour partir. La seconde option l'emporte et sa silhouette s'échappe dans le corridor, jusqu'à ce que le grincement ténu d'une porte ne perturbe le silence. Il se pince les lèvres et se fige. Hésite et se tourne. Son regard s'éclaire et cueille le sien, il n'ose rien dire, c'est à peine s'il respire. Il avance d'un pas et puis d'un autre, tangue jusqu'à s'appuyer contre le mur. Une distance raisonnable – suffisante pour qu'elle ne puisse pas entendre ce cœur qui chavire et éclate entre ses côtes. Il l'écoute et un rire tombe de ses lèvres. Sincère et silencieux. Il détourne le regard et hausse les épaules ; il se sent petit, Lip, petit et ridicule, malgré sa stature de géant. « Booty call ? J'pensais pas passer pour un tel goujat. » Il lâche un semblant de rire à son tour et se redresse dans un soupir. Il s'autorise enfin à la regarder, effleurer sa silhouette de ses prunelles et s'oublier dans quelques souvenirs communs, pour une fraction de seconde. Il se rappelle alors de pourquoi il est là, et pas chez elle, chez Halley. Il se rappelle de pourquoi est-ce qu'il s'est effondré dans ses bras tant de fois, quand il n'avait plus les épaules pour porter son propre couple. Il ne s'en sent pas moins monstrueux, au contraire, il s'étouffe sur ce goût trop familier d'une erreur qu'il répète, encore et encore. Mais il n'y a plus de Halley, plus de eux, alors ce n'est pas totalement une faute, pas vrai ? Il la fixe longuement, dans le silence. Ça a quelque chose de réellement reposant. Il pourrait se laisser fondre contre le mur du couloir, s'échouer par terre et juste la regarder, jusqu'à tomber de fatigue – au moins, il y aurait quelqu'un à ses côtés à son réveil. « Je ne sais plus ce que je suis censé faire. Je ne sais même pas ce que je fais là. » Il secoue la tête et hausse les épaules. Est-ce qu'il devrait lui parler de la visite de Halley ? De la morosité de sa vie et de tout ce qui s'écroule, dernièrement ? Il se redresse et s'avance pour se planter devant elle. Lui faire face et se noyer dans son regard océan. Un semblant de sourire meurt sur ses lèvres. « Tu as encore de la place pour moi, même si j'ai une jambe en moins ? » Un semblant d'ironie édulcore ses propos. « Au pire, ça te donnera de quoi écrire un dernier article sur ma pathétique petite personne. » Un sourire se découpe dans ses traits et si un air dérisoire s'entortille sur ses syllabes, à l'intérieur, il n'en pense pas moins.
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MessageSujet: Re: do you feel a little broken? (taylor)   do you feel a little broken? (taylor) EmptyLun 13 Aoû 2018 - 14:27

Le couloir s’allongeait. Les ombres se distillaient sur les murs feutrés de l’étage. Quelques mètres les séparaient, tout au plus. Pourtant, elle avait l’impression d’être au bord d’un précipice, au bord d’un fossé rocheux, où l’océan frappait ces parois caillouteuses. Un bras tendu ne suffirait pas à le toucher, à l’attraper, à l’empêcher de tomber.  Elle voulait l’enlacer, Lip, et effacer les maux crispant son visage. Mais elle pouvait entendre le martèlement de son propre palpitant contre sa cage thoracique. Des pulsations incertaines, brisées par une dispute, puis une autre. Des mots violents, un rejet. Puis des retrouvailles bancales, à cheval entre deux envies, deux confessions. Le temps n’avait pansé aucune blessure, n’avait refermé aucune plaie béante. Il n’avait suffi qu’à créer un manque absolu de Lip dans sa vie. Elle se consolait avec des souvenirs au coin du feu, des baisers volés entre deux ruelles. Avec le vide qui enlaçait sa poitrine. Elle ne connaissait que ça, Taylor. Le manque de parents, de normalité. D’amour. Les petits plaisirs de la vie suffisaient à combler cet abcès, parfois. Lip, lui, avait su, malgré lui, creuser un trou plus profond, plus baillant encore. Le cœur dégoulinant à ses pieds. Elle restait plantée là, l’épaule collée contre l’encadrement de la porte. « Il fallait bien que quelqu’un te le dise un jour. » Elle se pinça les lèvres, pour un effet plus sérieux, plus dramatique, mais un sourire menaçait de se déployer. Un silence confortable s’installait entre eux. Elle, bras croisés sur le perron de son appartement. Lui, à l’autre bout du couloir. Une tragédie grecque, à la tournure maussade et inattendue. L’héroïne était tombée, dans un océan de petites pilules blanches, qui glissaient le long de sa gorge, jusqu’à l’étouffer. Et Taylor n’était que l’ombre de cette ange déchue. L’autre femme. Le cliché d’une maitresse sulfureuse et sans scrupules. Elle se sentait presque vulnérable, avec son regard posé sur elle. Presque nue, à la merci de ses iris bleutées. Leur couleur était singulière, et changeait selon son humeur. Bleues, parfois vertes, parfois grises. Un camaïeu de couleurs, qu’elle avait appris à reconnaître, à apprivoiser. « T’es toujours venu quand ça n’allait pas, » souffla-t-elle dans un haussement d’épaules, comme si c’était une raison valable pour le déplacement. Elle l’avait toujours accueilli les bras ouverts, les épaules frêles prêtes à supporter le poids des confessions de l’homme, à moitié chuchotées, qui lui déchiraient la gorge. Il s’avança vers elle, et elle se redressa légèrement. « Mon lit est pas très grand, mais maintenant que t’as une jambe en moins, on devrait pouvoir s’arranger. » Un vrai sourire, cette fois, se dessina sur ses lèvres. « J’ai pas besoin que tu rampes jusqu’à chez moi pour écrire un article sur toi Monsieur Olsen. » Elle arqua un sourcil, sourire en coin bien en place. Une de ses mains se logea contre ses côtes, une fraction de secondes, avant de laisser glisser ses doigts jusqu’à ceux de Lip. « Allez, viens, » murmura-t-elle, l’entraînant dans l’appartement.

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MessageSujet: Re: do you feel a little broken? (taylor)   do you feel a little broken? (taylor) EmptyVen 24 Aoû 2018 - 18:42

Des sourires qui ponctuent les silences. Lip se contente de la regarder. De laisser ses prunelles délavées dévaler ses courbes et conquérir ses reliefs. Il souligne les ressemblances et les différences, avec l'autre. Sa sirène d'eau douce qui s'est perdue sur d'autres lignes que celles du bassin. Des couloirs psychotropes dans lesquels elle s'est emprisonnée, jusqu'à couler. Et au sec, dans les gradins et vers la lumière, il y avait Taylor – la solution, la facilité. Un autre cœur, plus facile à aimer. Ce soir, c'est dans la nuit qu'elle l'accueille, éclairant de ses sourires chaleureux l'obscurité qui ronge l'ancien sportif de l'intérieur. Il se perd sur ses syllabes et se retrouve dans cette simple vérité. Il est toujours venu quand ça n'allait pas et ce soir ne fait pas exception. Il s'en veut un peu, de cette dimension égoïste qu'ont pris ses visites sur le temps. Il aurait aimé qu'il en soit autrement, qu'il puisse lui offrir plus que ça. Plus que ses maux et ses doutes. « C'est bien le problème. J'ai jamais eu le courage de venir quand ça allait. » Parce que ça voulait dire abandonner Halley. Admettre que j'avais autre chose de coincé dans le palpitant. Tes sourires et tes promesses. Quelque chose que je ne pouvais pas t'offrir. Il aime se dire qu'aujourd'hui, c'est différent. Qu'un nouveau chapitre s'ouvre, même si le dernier s'est achevé brutalement, dans la tôle froissée et les os fracturés. Un semblant de rire roule sur ses cordes vocales et la sincérité se faufile sur ses lippes dans un sourire nouveau. « Oh tu sais, je prends toujours autant de place. » Il se ravise et se perd dans le bleu de ses yeux. « Pour ce qui est de ramper, je sais qu'on ne voit pas trop la différence mais j'ai fait de la rééducation et crois-le ou non, j'ai marché jusqu'ici. » L'autodérision pour border ses mots. Il le prend comme ça, depuis l'accident. À la blague. Comme s'il allait se réveiller un beau jour avec ses deux jambes, prêt à reconquérir le monde, à porter le poids de cent autres médailles. Une pseudo-acceptation maladive de sa situation. Quelque chose que personne ne pourra guérir, à part le temps. Il glisse à sa suite à l'intérieur de l'appartement, s'égare dans les pièces trop familières. Son regard court sur les murs, les meubles. Rien n'a bougé. « La dernière fois que je suis venu ici, j'ai fini la nuit sur une table d'opération. » Une remarque qui se perd dans le vent. Une réalité qui le prend aux tripes. Il se souvient des mots qui ont ricoché jusqu'au fond de son âme. De l'acidité qui a débordé de leurs lèvres, cette nuit là. Des reproches et des non-dits qui ont tout détruit. Il se détourne et revient vers elle, encadre son visage de ses mains et plante un baiser sur son front. « Me laisse pas repartir cette fois, ok ? » Une dernière supplication pour les prochaines décennies. Ne me laisse pas repartir, ni ce soir, ni jamais.
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MessageSujet: Re: do you feel a little broken? (taylor)   do you feel a little broken? (taylor) EmptyMar 4 Sep 2018 - 12:51

Le temps était suspendu, quelque part entre ses côtes et son cœur. Elle se perdait dans ses yeux lumineux, et chaque moment était emprisonné dans un écrin de souvenirs. Il avait ce pouvoir, Lip, de la chambouler. De perturber la tranquillité de ses sentiments. Les murs qu’elle avait bâtis autour de son palpitant, étaient hauts, pointus. Il n’y avait aucune porte, aucun pont-levis pour traverser les eaux remplies de crocodiles redoutables. Le genre de forteresse que, même les soldats les plus vigoureux et déterminés, ne pouvaient franchir. Les relations, c’était pour les autres. Les mièvreries, les niaiseries, ce n’était pas pour une fille comme Taylor. Le manque affectif avait forgé son indifférence, avait façonné ce vide absolu. Un creux dans sa poitrine, qui ne pouvait être comblé. Parce qu’il n’y aura jamais assez d’amour, pour reboucher cet abcès. Un vortex étoilé, écorché par un abandon parental. Les dames du foyer les aimaient, les enfants, mais pas assez, pas suffisamment pour combler l’absence d’une mère et d’un père. Les plus petits demandés de l’attention, du temps, au profit des plus grands, des plus indépendants. Puis il y avait Lip. Une fissure dans la pierre solide. Un craquement, puis un écoulement de gravats. En un claquement de doigts, il avait détruit ces barrières, et réalisé l’irréalisable. Mais Lip n’était pas le cœur à prendre qu’elle aurait voulu. Il avait fendu la pierre un peu par hasard, s’éloignant d’un océan torturé et agité, bordé d’une écume blanche enivrante. Taylor n’était que l’autre. Un cliché ambulant, qui était bêtement tombée dans ses bras, et qui ramassait les morceaux d’un couple qui n’était pas le sien. Elle ouvrait sa porte, et fermait les yeux sur la vie de Lip en dehors des quatre murs de son appartement. Un cocon, où son étreinte suffisait à effacer le reste du monde. « Je t’ai toujours ouvert, non ? » Peut-être qu’elle avait ce rôle, dans sa vie, et que c’était suffisant. Une épaule plus large qu’en apparence, sur laquelle se confier. « Oh vraiment ? T’as pas triché et pris un Uber ? » Elle prit un air faussement suspicieux, le sourcil arqué. Elle ferma la porte derrière lui, et s’y adossa les mains derrière le dos, les palmes à plat sur le bois. Son sourire s’effaça, alors qu’elle le suivait des yeux. Une multitude de petits picots de glace s’abattirent sur elle, tous plus piquants et plus douloureux. Sa poitrine se serra dangereusement. La réalité de leur dispute la rattrapa. Elle se souvient de son désarroi, et des semaines d’angoisse. Elle se souvient de son inquiétude, des heures à fixer l’écran de son téléphone dans l’espoir d’avoir des nouvelles. Puis elle se souvient de l’hôpital, et du rejet brutal, du martèlement de son palpitant et des larmes ravalées. Elle posa ses mains contre son flanc. « Tu devras me passer sur le corps avant que je te laisse repartir. » Les mots se perdirent dans un demi étirement de lèvres. « Lip…tu m’en as jamais voulu pour tout ça ? » S’enquit-elle, doucement, pointant du doigt sa jambe.

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