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MessageSujet: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptySam 21 Juil 2018 - 12:21

Elle regarde son armoire avec une grande indécision. Rhian, elle ne sait pas quoi mettre dans ce genre de situation. On ne lui a jamais indiqué la marche à suivre.
Après tout, il existe des tenues pour chaque occasion.
Du noir pour un enterrement.
Du clair pour les mariages. Pas de blanc. Jamais de blanc.
Il y a même des vêtements réservés pour le dimanche matin, à l’église. Mais personne n’a jamais rien dit à propos du jour où quelqu’un couche pour la première fois. Alors, elle a acheté un peu de tout, à en faire hurler sa carte de crédit, à s’en perdre complètement à chaque nouvelle boutique, à chaque nouveau rayon. Elle a dévalisé les magasins de lingerie, Rhian, à chercher l’ensemble parfait qui mettrait son corps à la peau de porcelaine en valeur. Mais elle se sent mal à l’aise, la gamine, quand il y a trop de dentelle et détails, quand les coutures sont échancrées à ne laisser que très peu de place à l’imagination. Elle trouve cela très joli. Magnifique, même. Mais sur les autres, pas sur elle, parce qu’elle est convaincue qu’elle n’est pas digne de tant de délicatesse, parce qu’elle croit qu’elle ne leur rendrait pas justice. Alors, elle préfère les laisser aux autres – à celles dont les corps sont sublimés d’audace et de confiance. Et Rhian, elle se garde l'ensemble simple, tout ce qu’il y a de plus basique et elle se dit qu’elle ira retourner le reste en boutique, un autre jour.
Les minutes défilent et son cœur tambourine dans sa poitrine. C’est de l’excitation qui s’insufflent dans ses veines alors qu’elle s’admire un instant dans le miroir. Elle se tourne dans tous les sens, à regarder ses fesses, puis sa poitrine, à se poser des questions sur la longueur de ses jambes. Puis elle se dit que l’amour qui croit entre eux se chargera du reste. Mais cette pensée picote car elle se souvient du jour à la plage où il n’a pas répondu à son je t’aime. Et pourtant, elle sait que c’est réciproque. Elle s’en doute, elle le voit, elle le sent. Mais ses copines lui répètent que ce n’est pas normal et ces mots lui restent gravés en tête comme une mauvaise chanson qui lui serait restée et dont elle n’arriverait pas à se débarrasser. Elle lutte, cependant. Contre ces paroles et contre ses complexes qui l’empêchent d’apprécier son corps à sa juste valeur. Elle se regarde à nouveau et ce n’est pas si mal. Pour une fois, elle apprécie plus ou moins ce qu’elle voit et elle espère que ce sera le cas pour Samuel. Et finalement, elle opte pour une petite robe noire moulante à fines bretelles. Le genre de vêtement qui met tout en avant, qui met tout en valeur.
- Et ce que j’ai tout…
C’est murmuré parce qu’elle se parle à elle-même, récitant dans sa tête la liste des choses qu’elle devait faire ou avoir. Elle regarde dans le creux de son sac noyé de préservatifs. Il y en a trop. Beaucoup trop. Mais elle préfère être prévoyante. Capotes, fait. Épilation, fait. Menthe… Elle attrape une pastille dans son sac, après avoir fouillé pendant quelques minutes, puis elle porte sa main à sa bouche pour souffler contre celle-ci. Fait.
(…)
Elle n’est jamais allée chez lui et elle ne connait même pas l’adresse qu’il lui a donné. Mais ce n’était pas très loin alors, elle a pris son vélo, Rhian, sans penser que cela pourrait être la pire des idées au monde. Sa robe est tellement serrée que pédaler est un enfer, mais elle s’entête jusqu’à arriver à bon port. Et une fois devant l’immeuble, elle se dépêche de s’engouffrer dans la cage d’escaliers pour monter jusqu’au troisième étage. Mais elle n’a pas remarqué, Rhian, qu’elle a des traces noires sur le visage à force d’avoir touché certaines pièces de son vélo. Des tâches qui dénotent avec le reste de son look. Et c’est sans y faire attention qu’elle frappe à la porte de Samuel, prête à se jeter dans la gueule du loup.
- Bonsoir Mr. Clifford, qu'elle dit d'un ton malicieux avant de se mordre la lèvre.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptySam 21 Juil 2018 - 19:38

Samuel est fébrile. Assis dans un silence religieux au milieu de cette piaule. Les mains croisées et les yeux figés vers le sol. Il tremble le gosse. À peine préparé à ce qui va suivre. Comme si à lui  aussi c’était sa première fois. Peut-être est-ce à moitié le cas. C’est en tout cas sa première d’occasion de faire l’amour à une fille qu’il aime sincèrement. Le palpitant en ébullition vient serrer le creux de sa cage thoracique. Il peine à suivre la mesure. C’est les alentours que ses yeux brillants balayent. Y a quelques bougies allumées sur la table de nuit. Les draps ont été changés et porte une couleur porcelaine qui épousera la peau satin de Rhian. Rien de plus. Il n’aime pas les trucs guindés qui dégoulinent de romantisme. Ce dernier n’a pas besoin d’un décor superficiel pour faire raisonner son amour pour la blondinette.  À cette seconde précise, il repense à chaque mot prononcé par sa petite-amie. Ceux qu’il n’a pas pu réitérer en retour. Par peur. Par pudeur. Par envie de faire les choses bien pour une fois. Le gosse se relève et replace sa chemise bleue ciel. Un cadeau de Rhian après des heures d’hésitation entre une quinzaine de teintes. Un rictus déforme ses lèvres rien qu’en y repensant. Il prend une profonde inspiration et se dirige vers le salon. Il tâtonne dans cet appartement qui n’est pas à lui. Incapable de se résoudre à amener Rhian au manoir Clifford de peur que les vautours ne viennent la briser. Il a demandé à son meilleur ami de lui prêter les lieux afin que tout se déroule sans embuches.
Un mensonge de plus.
L’engrenage qui ne se stoppe pas.
La réalité aux éclats brisés.
Quand la sonnerie de la porte d’entrée résonne, son palpitant rate un battement. Il se racle la gorge, inspire une grande bouffée d’air et va ouvrir à Rhian. Samuel se met à sourire comme un gosse. Elle est là. Vêtue d’une robe qui souligne la beauté de son corps et qui tranche pourtant tellement avec son style habituel. Ses yeux se perdent sur ses jambes dénudées, remontent vers sa poitrine puis son visage. Les traces de cambouis ayant visiblement pris le relais de son maquillage. Le brun ne peut réprimer un rire amusé. Il mordille sa lèvre à son tour puis se rapproche de sa petite-amie. Ses phalanges contournent les traces noires alors qu’il attire sa silhouette à l’intérieur.
— Mademoiselle Penwyn…vous êtes venue en vélo, pas vrai ?
Son ton se veut complice. Il l’image assise sur sa bicyclette, mal à l’aise au possible avec sa robe. Les doigts triturant les pièces salies par la graisse sans même s’en préoccuper. Du Rhian tout craché et dieu sait que c’est aussi ses maladresses qui ont su le rendre ivre d’amour pour elle. Samuel vient capturer ses lèvres dans un baiser tendre alors que ses doigts effleurent ses épaules osseuses. Il la fait reculer et son dos cogne contre le mur.
L’échange s’éternise.
Le temps se stoppe.
Ils n’y a plus qu’eux.
Dieu que le monde semble beau.
Samuel sent son corps se tendre. Il manque d’air. Mais cette sensation devient exquise. Un moment pour lequel il serait prêt à mourir. Juste pour revivre seconde par seconde le contact sucré de sa bouche à même celle de Rhian. Il s’écarte quelques secondes puis attrape sa main. Il recule sans un mot et l’invite à ancrer ses pas aux siens. Les deux marchent à l’unisson et ce dernier finit par longer un couloir. Arrivant près de la chambre, Samuel l’attire à même son corps. Il glisse sa main le long de ses reins remontant dans sa nuque pour que leurs visages ne soient séparés que par d’infimes centimètres. Leurs souffles se consument à l’unisson. La chaleur devient plus forte que jamais. Il mordille sa lèvre et vient l’embrasser pour panser la blessure à peine assumée. Il est fou. Fou d’elle. Fou de son corps. Fou de son visage innocente. Samuel n’a jamais désiré quelqu’un de la sorte. Ce dernier sent son coeur battre à s’en rompre lui offrant l’intime conviction d’être bien vivant.
— T’es belle. T’es tellement belle, putain.
Les mots sont rythmés par son souffle qui se saccade. Il s’écarte quelques secondes, passe une main dans sa chevelure blonde et revient l’embrasser de plus belle. Ses deux mains accentuent une pression à même le galbe de ses fesses. Il essaye de se contenir, d’être tendre, malgré la passion qui fait ravage. Samuel ne se détache pas de sa bouche. Les deux silhouettes reculent et s’aventurent dans la chambre. Il tombe le premier sur le lit, attirant la jeune femme dans sa chute. Un éclat de rire résonne et forme une mélodie enchanteresse. Perché au dessus d’elle, ce dernier effleure sa joue. Lentement et amoureusement. Il s’imprègne de son odeur et de la douceur de son échine. Ses phalanges descendent contre sa poitrine, puis son ventre, là au dessus de la couche de tissus. C’est sur les cuisses de la demoiselle qu’elles terminent leur course, jouant des mécaniques au travers de caresses plus poussées. Le souffle haletant et le regard brillant d’hésitation à l’idée de la brusquer, il se stoppe.
— C’est vraiment ce que tu veux, Rhian ?
Parce qu’il la veut.
Il la désire comme personne d’autre.
Son monde ne tourne plus qu’autour d’elle.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyDim 22 Juil 2018 - 22:18

Elle ravale ses insécurités et ses angoisses, Rhian, vêtue d’un semblant de confiance lorsqu’il ouvre la porte. Elle essaye d’être belle, comme les femmes dans les films pour qui tout semble si facile. Elle pense chacun de ses mouvements. Et ses gestes sont orchestrés en une danse qu’elle espère agréable à l’œil – assez pour qu’il ait envie d’elle. Assez pour que cette robe finisse par joncher le sol. Et elle a un sourire qui étire l’un des coins de ses lèvres, mais il s’efface rapidement quand il lui parle de son vélo. Elle fronce les sourcils, l’air de dire : « Comment tu sais ?! » Mais très vite, elle comprend que ses allures de femme fatale et ses efforts sont réduits au néant quand il passe ses doigts sur son visage. Elle y passe rapidement le revers de sa main, espérant avoir tout enlevé alors que son corps est très vite le pantin de la cadence imposé par le jeune homme. Elle se sent stupide et elle en prend un vilain coup. Elle a l’impression d’être ridicule, Rhian, peinturlurée et déguisée en ce qu’elle n’est pas. La comédie ne prend pas. Les masques tombent et ce sont un milliard de questions et de pensées qui foudroient son esprit névrosé.
Mais tout s’envole quand il la plaque contre le mur.
Elle a le cœur qui bat à vive allure.
Son regard océan est plongé dans celui de Samuel quand leurs lèvres ne sont pas occupées à s’aimer.
Et quand il pose ses mains sur elle, Rhian s’embrase, s’enflamme, succombe. Son corps ondule, se cambre et le désir devient incandescent, presque insoutenable. Elle est haletante de le vouloir si fort. Elle en oublie toutes ses questions ; plus rien n’a d’importance si ce n’est cette exquise sensation qui lui déchire le creux du ventre et le bas des reins. Et à cet instant, Rhian comprend pourquoi elle a attendu aussi longtemps de rencontrer la bonne personne. Mais elle est désormais impatience, incapable d’endurer plus longtemps ce qui semble être un supplice, à présent. Les secondes se font ennemies. Sa peau au contact de la sienne sa plus belle addiction.
–Et toi t’es tellement parfait, soufflé du bout des lèvres entre deux baisers passionnés. Et pour une fois dans sa vie, Rhian se sent belle et peut-être même un peu sexy. Pas grâce à la robe, ni même grâce à ce qu’il y a en dessous, mais parce qu’elle se reflète dans le regard de Samuel où elle devine de l’amour. Et cette pensée fait battre son cœur à tout rompre. Elle ne tient plus, Rhian, à bout de souffle, à bout de lui. Elle a l’impression qu’il n’y a plus assez de place dans sa cage thoracique pour supporter ce trop-plein d’émotions qui s’insuffle dans sa poitrine et dans sa tête. Et l’aime à en crever. Elle le désir à s’en damner. Et Rhian, elle était à des années lumières de s’imaginer qu’un jour, elle ressentirait toutes ces choses pour un autre être humain.
Elle hoche la tête à plusieurs reprises pour répondre à sa question, le regard lubrique et indécent.
Elle devient folle, Rhian, à attendre.
Elle ne tient plus.
Et elle cherche, par tous les moyens, son contact, ses mains parcourant son corps comme si elle l’avait toujours connu.
– Fais-moi l’amour, Sam. Je te veux tellement, c’est prononcé comme une supplication alors que son bassin ondule à la recherche de celui du jeune homme. Elle lui retire son tee-shirt, ses lèvres dévorant l’une de ses épaules de baisers ardents. – J’en peux peux plus, tellement j’ai envie de toi, murmuré contre sa peau qu’elle commence à mordiller. Ses doigts cherchent à présent la fermeture de son pantalon qu’elle défait aussi vite qu’il est humainement possible de le faire. Elle le cherche, à jouer avec le feu, à frôler son égo au travers de son sous-vêtement. Elle a les mains baladeuses, Rhian, et elle prend plaisir à découvrir ce corps attaché à cette âme qu’elle aime tant. C’est le moment. Le bon moment.
– Aime-moi toute la nuit s’il le faut, qu’elle lui susurre dans le creux de l’oreille.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyDim 22 Juil 2018 - 22:59

C’est facile de coucher. Samuel, il s’est rarement posé de questions à ce propos. Les filles venaient et repartaient. Il avait l’habitude de poser son regard charmeur sur les courbes féminines. Laisser ses canines de prédateur glisser contre ses pulpes et se faire séducteur pour arriver à son but. Guider ses mains sur la peau brûlante de la conquête du moment. Faire tomber les couches de vêtements à même le sol et coller son bassin au sien. Bouffer la nana du regard et lui mordre la bouche au détour de baisers au goût de miel. Lui soupirer des mots qu’il ne pensait pas. Parler pour la faire céder, parler pour lui donner l’illusion de compter. Se faire romantique pour mieux la faire gémir, là dans la pièce silencieuse où il venait la posséder de tout son être. Samuel savait le faire. Et elles en ont à chaque fois redemandé. Mais face à Rhian, les battements de son palpitant arborent un autre visage. La peur ronge le creux de son ventre. Il veut bien faire le gosse. Il sait qu’avec la blonde, les choses sont vraies, tellement sincères. L’amour. Le vrai amour. Pas celui qu’on pense vivre avant de réaliser que c’est pas le cas. Pas celui qu’on ose pas vivre de peur de se casser la gueule. Alors il se fait hésitant. Il se fait moins confiant. Ses mains pourtant ne peuvent s’empêcher de glisser dans son dos. Et elle devient passionnée, tentatrice et tellement désirable. Les lèvres entrouvertes, Samuel vient la fixer comme si le monde pouvait s’écrouler autour d’eux.
Il ne voit qu’elle.
Il ne veut qu’elle.
Cette sensation devient vivifiante.
Il revit. Il espère à nouveau.
Un rêve éveillé.
La requête de Rhian lui arrache un soupire. Aussi puissant que les frissons qui déferlent à même sa peau claire. Il esquisse un sourire et se redresse pour l’attirer vers lui. À califourchon contre son bassin, la jeune femme manie l’audace avec brio. Il est raide dingue. Raide dingue d’elle. De sa voix. De son corps. De ses maladresses. De sa vision du monde. Il vient mordiller son épaule et glisse le tissu de sa robe pour dévoiler sa poitrine. Ses lèvres viennent déposer des baisers à même ses seins. Ils se tendent et deviennent encore plus beaux. Il l’observe en oeuvrant et remonte pour l’embrasser de plus belle. Une main dans ses cheveux et l’autre assez adroite pour la débarrasser tant bien que mal du tissu qui recouvre son corps. Il se plaît à la découvrir de ses pulpes amoureuses et de ses yeux ivres d’amour. Alors sans plus vraiment hésiter, Samuel vient la faire basculer sur le dos. Perché au dessus de sa petite-amie, le souffle rauque et abimé par le désir, il ne dit rien. Il se contente de sourire. Il pourrait rester ainsi, rien qu’à l’observer. Sa peau de porcelaine rosie par la chaleur qui grimpe. Sa peau rosie par la pudeur qui s’évapore et qui devient désir. Son sourire en coin qui traduit aisément son angoisse quoiqu’elle en dise. Ses courbes pour lesquelles il serait prêt à se damner. Ses phalanges viennent faire glisser le dernier sous-vêtement qui recouvre son intimité. Le corps à corps est entamé alors qu’il fait pression contre sa silhouette. Il embrasse ses lèvres, sa mâchoire, se perd dans son cou, sur sa poitrine et descend. Ses lèvres se font le bourreau de la peau brûlante de Rhian. Samuel se plaît à la voir se cambrer, à se retenir aux draps et à soupirer. Alors il insiste. D’abord avec sa bouche, puis avec ses doigts, puis avec sa bouche à nouveau. Il vient la dévorer comme une gourmandise et lui offre un pas vers le bord du précipice.
Mains dans le mains.
Coeur contre coeur.
La reine dégomme le roi.
Et il devient fou. Totalement fou d’elle.
Les minutes passent et son désir devient dévorant. Son ventre est tiraillé par ses envies, ses besoins. Il respire à peine. Il remonte pour l’observer. Ses doigts effleurent sa joue. Puis ses cheveux. La douceur surplombe la passion. Et son bassin vient s’accoler au sien. Quelques ondulations. Quelques mouvements approximatifs pour la préparer. Il l’embrasse de la manière la plus tendre au monde. Ses yeux brillent. C’est sûrement à cette seconde précise que Samuel réalise à quel point il est amoureux. Le pari semble loin. Tout semble loin. Parce qu’il comprend que Rhian est capable de le sauver. Qu’elle le sauve au quotidien sans le comprendre. Quand Tobias devient son pire bourreau. Quand son père anime chacune des angoisses chez lui. Quand son futur semble si incertain à coté des certitudes familiales. Alors, ses prunelles brillent tellement qu’on pourrait croire qu’une perle salée va s’en échapper. Il ravale son émotion, l’embrasse une dernière fois et en une seconde leurs corps ne font plus qu’un. La barrière innocente est franchie tout comme leurs lèvres sont qui se scellent. Il peut la sentir se crisper, presque surprise par l’instant. Ce dernier effleure sa cuisse sans se stopper et se décale à peine pour la regarder. Il lui souffle à l’oreille de se laisser aller. Et vient mordiller sa lèvre. Un sourire complice fait écho à son geste quand son front se colle au sien. Leurs souffles se mêlent. Leurs corps réagissent tel un miroir. Il gémit. Il soupire. Il ne peut plus la quitter des yeux.
— Je t’aime Rhian. Je t’aime tellement.
Et c’est sa voix tremblante qui offre la confession ultime. Il ne se retient plus. Il ne veut plus le faire. Il offre à la blondinette les mots tant attendus. Les lettres qui dansent dans l’air avec une douceur si forte qu’on dirait du coton. Son regard rejoint les mots alors que sa main se cramponne à sa cuisse. Les mouvements se font plus vifs, plus passionnés. Son front se couvre de perles de sueur et les boucles ébènes retombent dessus. Il sourit. Il niche sa tête dans son cou. Il rêve, Samuel.
Il se laisser aller.
Il s’accroche à elle comme à une bouée de sauvetage.
Il quitte les rivages chaotiques.
Il y croit, Samuel.
À elle, eux, à demain.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyLun 23 Juil 2018 - 0:23

Il lui suffit de sa bouche contre ses seins pour la faire voyager. Elle ferme les yeux, envahie par cette pléiade de frissons qui la plie d’un plaisir douloureux. Elle se tord, incapable de digérer tant d’excitation alors que les pointes de sa poitrine témoignent de l’effet qu’il a sur elle. Rhian est obsédée – par ses lèvres, par sa bouche, par ce corps qu’elle désire toujours au plus près du sien. Elle est à la merci de Samuel. La proie tombée tout droit dans la gueule du loup, sans même protester, sans même chercher à se défendre. Elle veut être dévorée toute crue au risque de mourir d’une frustration qu’elle ne serait pas prête à survivre. Elle le désire si fort. En elle, à ne faire qu’un, à découvrir les joies charnelles qui font écho à celles du cœur. Elle veut consommer cet amour qu’elle ne parvient plus à garder seulement pour elle. Elle a ce besoin viscéral de le partager avec lui - cette nuit et toutes les autres, animée par un appétit vorace qu’il fait naitre en elle et qu’elle ne soupçonnait pas comme possible.
Très vite, il n’y a plus rien entre eux. La nudité comme seule pudeur.
Si ce n’est cette innocence destinée à être déchue par un corps à cœurs.
Elle perd la tête, Rhian, à mesure qu’il s’évade entre ses cuisses. Elle est touchée par la grâce de tous les cieux et elle le regarde jouer de sa langue et de sa patience, à elle. Elle se redresse, le corps raidit d’un plaisir dont elle ignorait l’existence. Un râle lui échappe alors qu’elle passe ses doigts entre les bouclettes brunes de celui à qui elle s’offre sans condition, aucune.
- Jesus Christ.
Ça lui échappe spontanément et elle s’en mord la lèvre, un brin embarrassée. Mais elle l'oublie vite lorsqu’une vague de chaleur s’insuffle dans ses veines. Elle se laisse retomber dans le creux du lit, posant son autre main contre son front pour calmer son émoi.
Elle en a mal partout de le vouloir, comme ça, dévorée par ce désir ardent qui s’en prend à la moindre parcelle de sa peau.
Et finalement, ils sont à nouveau yeux dans les yeux. Et si elle ne dit rien, son regard parle de lui-même. Elle l’aime, plus que tout. Elle le veut, plus que quiconque. Et elle est prête, plus que jamais. Elle dépose de nombreux baisers sur le visage du jeune homme avant de hocher légèrement la tête en le regardant, l’air de dire : « i’m ready ».
Le temps s'arrête. Elle en a le souffle coupé, la bouche entrouverte alors qu’elle ne le lâche pas des yeux, pas même une seule seconde. C’est une sensation indescriptible qui embrase son bassin alors qu’ils ne font plus qu’un. Elle le serre à en étouffer de lui, ses doigts mordant la chair du dos de Samuel alors qu’elle s’enivre du poids du corps du jeune homme au-dessus du sien. Il n’y a plus de retour en arrière possible. Et elle n’en voudrait pas, beaucoup trop occupée à découvrir ces choses qu’on lui tenait cachées.
Il murmure à son oreille, et c’est une pluie de frissons qui s’empare de son être tout entier alors que son cœur semble se réchauffer. Tous ses sens sont en alerte et elle ne tient plus en place, Rhian, répondant au corps de Samuel, guidée par cette cadence qu’il impose. Ils gémissent à l’unisson. Elle lui rend son sourire, la tête perdue dans les étoiles qu’il décroche pour elle.
Et puis, la lune.
Le soleil.
Ces mots qu’elle devinait et qui résonnent entre les murs de cette chambre qu’elle pense naïvement être la sienne.
Elle s’envole.
Elle plane.
À l’instar de la fusée ariane.
- Moi aussi, putain, moi aussi.
Ça lui décroche un petit rire, parce qu’elle ne jure jamais, Rhian. Jamais. Mais il est doué quand il s’agit de lui faire expérimenter des choses, Samuel.
Et leurs corps enlacés à l’image de leurs âmes qui se sont bien trouvées.
C’est donc ça, le bonheur. Le vrai. Celui qu’on ne peut mesurer.
Elle se laisse aller.
Ses barrières s’effondrent. Son monde aussi. Pour en reconstruire un à ses côtés alors qu’elle soupire d’un plaisir nouveau.
Et Rhian, elle se découvre plus farouche que ce qu’elle pensait, à le faire valser pour se retrouver à nouveau à califourchon au-dessus de lui. C’est elle qui mène la danse à présent.
Il m’aime.
Un peu.
Beaucoup.
À la folie.
Passionnément.

Et les yeux fermés, un large sourire étirant ses lèvres, elle ondule au-dessus de lui comme le serpent dans le jardin d’eden.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyJeu 26 Juil 2018 - 13:08

Le monde s’arrête de tourner. La chaleur de la pièce devient asphyxiante. Le poids sur sa cage thoracique vient l’empêcher de respirer. Les mots qui s’extirpent. La liberté qui s’exile. La sensation d’être libéré. Libéré de ces chaînes, libéré de ces non-dits. Samuel, il se sent enfin lui-même. Sans masque bon qu’à filer la gerbe, sans les angoisses qui deviennent une seconde peau. Avec Rhian, tout semble simple. Et pourtant parfois si compliqué. Mais ses yeux peuvent plus quitter son visage, cette échine claire et brûlante. Alors le gosse s’imprime de chacun de ses traits. De ce minois qui se plisse à mesure que les vagues de plaisir deviennent plus fortes. Il esquisse un sourire en l’entendant parler. Peut-être surpris par cette spontanéité. Et lorsqu’elle prend le dessus, c’est comme le chaos qui devient un paradis blanc. Samuel se laisse faire, docile, heureux et amoureux. Il plaque ses mains contre ses cuisses et son bassin devient le miroir du sien. Les mouvements sont des ondulations échaudées. Un instant de grâce que même dans ses rêves les plus intimes, il n’aurait aimé vivre. Sa mâchoire est crispée comme ses doigts le long de sa peau qu’il fait rougir. La blonde devient un rêve éveillé. Le genre de songe où il se perdrait pour l’éternité. Il omet la pression familiale, la relation toxique avec son frère et la tentation que Mia soumet de son attitude charnelle. Il omet les crises, les larmes refoulées et les battements anarchiques de son coeur à chaque coup de sang. Il se focalise sur elle. Ne voit plus qu’elle.
Ce rêve qui s’anime.
Ce rêve qui devient si fort, si beau.
Eux, comme métamorphose des enfers en paradis.
Son paradis.
Et l’instant se grave dans le marbre.
Dans leurs peaux qui s’échaudent.
Alors il se redresse pour arriver à hauteur de son visage. Il l’attrape comme la septième merveille du monde et capture sa bouche. Le baiser est d’abord sensuel. Là dans cet instant de grâce où leurs pulpes se frôlent, se cherchent. Et lorsqu’elles se trouvent, c’est un mélange d’excitation, de douceur et d’idéalisme. Il l’embrasse pour faire perdurer cet arrière goût de miel, cet arrière goût de de rêve. Samuel ne voit plus clair. Il est simplement bien. À l’instar de sa bouche qui se fait frivole et qui dérape le long du coup de Rhian. Sur cette épaule qu’il mordille, sur la pointe de ses seins qu’il saisit entre ses canines. Il esquisse un sourire en la sentant se crisper et l’observe du coin de l’oeil. Ses yeux peuvent devenir la traduction de son amour. Il regrette rien Samuel. Ni d’avoir papillonné de filles en filles, ni d’avoir été un salopard parfois. Parce que ça la fait grandir quoiqu’on dise. Ça lui fait comprendre dans une seconde de réalisme rare, à quel point il aurait pu se damner pour vivre cet instant. Et il le vit. Il le vit si fort que son coeur pourrait exploser. Ses coups de bassin paraissent de plus en plus vifs. Ses bras viennent la serrer au point de l’étouffer presque. L’étouffer de toutes les émotions les plus suaves de cet univers. Il la fait basculer à nouveau et entreprend un corps un corps qui s’éternise et crame chaque pore de sa peau.
Putain. Il se retient de le dire.
Il respire à peine, Samuel.
Le palpitant en suspend.
Les muscles paralysés par l’ivresse.
Il est bon qu’à soupirer son prénom.
Une supplication à chaque lettre qui danse au bord de ses lèvres.
Et lorsqu’il sent son corps se crisper, trembler, comme celui de Rhian, sa voix devient plus rauque. Il grogne presque et les dimensions se figent. Le monde se bloque. La terre est ailleurs. Tellement plus loin. Il la regarde, lui souffle sans peine les trois mots qui dégomment le coeur puis retombe à même son corps fragile. Sa bouche collée à sa nuque, sa main dans ses cheveux. Les paupières fermées durant quelques secondes. Il se laisse emporter par la chaleur, les effluves de son parfum et tout ce que ce moment a crée.
Les secondes sont des minutes.
Les minutes pourraient devenir des heures.
Le temps n’a plus d’importance.
— J’ai le coeur qui va exploser.
Et il se met à rire. Ça fait longtemps que la gosse n’a pas rit avec autant de sincérité. Autant d’envie. Il retombe sur le coté et sa main vient saisir la silhouette de Rhian. Face à face dans ce lit, les deux s’observent, se toisent à la recherche de la moindre parcelle d’émotion sur le visage. Ses lèvres s’écartent dans un sourire doux et il effleure son visage. Il caresse sa chevelure dorée qui lui rappelle la couleur du sable. Le sable qu’ils aiment fouler pieds nus, en riant, en courant main dans la main comme un cliché ambulant. Ils pensent à leurs instants à deux. Il revoit son visage lors de leur rencontre. Ses pensées s’égarent sur ce pari stupide. Sur les conséquences qui sont venues lui dégommer le palpitant. L’espace d’une infime seconde, ça lui offre l’impression d’un coup de poing en pleine gueule. D’un coup de couteau dans les entrailles et du sang qui se met à couler. Si fort. Si loin.
— Tu sais, parfois, mon monde parait s’écrouler. Et moi avec. Y a cette sensation de me cogner la gueule à même le bitume et de pas pouvoir me relever. Mais avec toi, ça semble tellement plus facile.
Pour la première fois depuis le début de leur relation, il parle. Il évoque à demi-mot ce qui vient le tuer à petit feu. Pas plus de détails. Pas plus de mots. Malgré tout, y a ses yeux qui brillent. Ils brillent si fort que Rhian pourrait s’y refléter. Samuel, pauvre gosse qui devient qu’un être fragile. À deux doigts de chialer en pensant à son père. À ce besoin de reconnaissance qu’il n’obtiendra pas. À Tobias qui fait de sa vie un enfer avec son besoin de supériorité. Et ses rêves qui s’éteignent comme la flamme d’une bougie trop consumée. Alors il se serre à même son corps. Il pose une main sur son palpitant et vient l’embrasser.
Les mouvements se font rapides.
Les doutes se font fantomatiques.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyVen 27 Juil 2018 - 2:09

Elle n’a jamais été du genre bavarde, Rhian. Et pourtant, perdue dans ces draps où se mêlent leurs parfums, elle n’a qu’une envie : lui dire qu’elle l’aime. Un millier de fois, à en perdre haleine et à s’en écorcher les lèvres. C’est là, juste là – sur le bout de sa langue qui rencontre celle de Samuel et en un baiser brulant de tendresse. Les mots se meurent sur le coin de sa bouche, mais ils résonnent à tout rompre dans le creux de son cœur qui menace de lâcher. Mais c’est elle qui lâche prise, ses doigts rencontrant la chair du jeune homme quand l’exquise sensation se fait trop intense. Son corps se crispe contre celui de Samuel et ses paupières se ferment pour mieux apprécier la vue d’un paradis perdu, retrouvé. Il n’y a plus que son souffle saccadé pour rythmer le silence dans lequel est plongé cette pièce où l’amour s’est imprégné.
- S’il explose, le mien aussi, elle rit à son tour, la voix presque endormie, parce qu’elle est fatiguée de l’avoir trop aimé, Rhian. Mais elle ne regrette rien, pas une seule seconde. Comme si son corps avait toujours été destiné à trouver celui de Samuel. C’est ce qu’elle se plait à penser. Et pourtant, elle n’a jamais été de celles qui se perdent en mièvreries, mais elle a l’impression que la niaiserie n’a pas d’effet sur eux. Que c’est beau quand il s’agit de leur couple – et pas du tout cliché. Et soudain, toutes les chansons d’amour prennent un sens nouveau. Et les surnoms ridicules sonnent adorables. Pour une fois dans sa vie, Rhian comprend ces choses qu’on lui rabâchait sans cesse. Pour une fois dans sa vie, Rhian est amoureuse. Vraiment amoureuse. À en faire valser tout le reste et à en oublier les autres. Elle n’a besoin de rien – si ce n’est de lui. Si seulement ce moment volé pouvait durer toute une vie. Un lit, elle et lui. C’est un songe plutôt simple et heureux. Mais ça lui décroche le plus large des sourires alors qu’elle le regarde dans les yeux.
- Je comprends mieux pourquoi tout le monde parle de sexe, tout le temps, c’est prononcé avec une pointe de malice alors que ses doigts glissent le long du bras du jeune homme. Elle se mord la lèvre. – C’est plutôt cool. Elle s’en amuse, les joues encore rougies de cet amour consommé. Elle ne fait pas dans la dentelle ou dans les mignonneries, Rhian, parce qu’elle dit simplement ce qui lui passe par la tête. Mais elle se perd dans ses pensées à se demander si cela a été aussi bon, pour lui. Car elle le devine à présent – Samuel en a connu des filles. Plus expérimentées qu’elle, sans l’ombre d’un doute. Et elle se demande si c’est suffisant. Si elle, est suffisante. Mais elle n’en montre rien, car pour une fois, Rhian fait réellement attention à ne pas ruiner le moment avec ses inquiétudes et ses questions déplacées. Ses lèvres demeurent de marbre. Elle se contente de l’observer de ses yeux océan où se reflètent des étoiles. Et très vite, il se livre. Et pendue à ses lèvres, elle boit ses paroles, alertée par la rareté du moment.
- Tu as envie de me dire quelque chose, mon amour ? Les derniers mots s’échappent tout seuls. Et pourtant, elle ne pensait pas être de ceux qui peuvent les utiliser sans en rire. Elle a toujours pensé qu'ils sonneraient faux, de sa bouche. Seulement, les choses sont différentes quand le plus merveilleux des poisons infiltre les veines. Et elle est vulnérable à la facilité des sentiments, Rhian, alors qu’elle a le cœur qui palpite encore de ce péché mignon partagé. – Tu peux tout me dire, tu sais, prononcé d’un voix douce, mais pas infantilisante. Elle ne se montre pas inquiète, la gamine, de peur qu’il ne se braque. Seulement, elle aimerait savoir ce qu’il se trame dans cette tête aux cheveux qu’elle s’amuse à plaquer en arrière. Mais alors que son regard s’échappe une seconde, celui-ci est attiré par le cadre qui se trouve derrière la tête de Samuel, posé sur la table de nuit. Elle y voit deux étrangers enlacés  - un jeune homme et ce qui semble être sa copine. Et ça l’intrigue, Rhian. – C’est qui ? Qu’elle demande innocemment. Après tout, s’il les aime assez pour les avoir à côté de son lit, elle devrait les connaitre, ne serait-ce qu’un peu.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyVen 27 Juil 2018 - 3:01

La spontanéité de Rhian décroche un sourire chez Samuel. Chez elle, les mots s’extirpent sans filtre. Ils viennent danser dans l’air et déposent de leur empreinte malicieuse et complice. Il vient déposer un baiser sur le bout de son nez alors que son pouce s’octroie des ondulations à même sa tempe. Là étendu nu près d’elle, le temps suspend son envol. Le paradis ouvre ses portes. Tout semble si clair, si limpide. Comme si les deux n’avaient pas besoin de parler. Juste se regarder. Juste s’accrocher échine contre échine, souffle contre souffle. Un instant de grâce où Samuel omet tout. Il place le pire dans un coin de sa tête et laisse le meilleur dépeindre la brillance de ses pupilles. Le gosse se rapproche un peu plus de Rhian. Et lorsqu’elle vient glisser ce surnom près de son oreille, il décolle. Parce qu’il a pas l’habitude d’entendre ça. Parce qu’il n’a lui-même à aucun moment osé prononcer ce genre de mots. Les lèvres à peine entrouvertes, il pourrait parler. Il pourrait se confier. Il se sent presque prêt à le faire. Mais la question de Rhian devient un étau de métal autour de son cou.
Et sa respiration s’intensifie.
Et ses muscles se paralysent.
Et la réalité vient le frapper.
Comme une grosse claque.
Comme une bourrasque glaciale.
Ce type sur la photo, c’est son meilleur ami. Parce que c’est son appartement. Parce que Samuel n’a pas eu les couilles d’amener Rhian au manoir. Pas par honte. Juste par peur. De croiser Tobias qui se serait fait un malin plaisir de danser sur la corde raide des aveux face à la serveuse. De croiser son père et sa mère qui auraient émis un avis sur l’intéressée sans même la connaître. De croiser le regard furibond et possessif de Mia. Alors il a préféré emprunter l’appartement de son pote, absent pour une semaine. Ainsi, personne ne pouvait venir briser ce moment. Personne sauf peut-être les questions pesantes de Rhian. Samuel se racle la gorge, fait mine d’observer le portrait et affiche ce masque pourrissant de mensonges. Il effleure la joue de Rhian, dépose un baiser sur ses lèvres et retombe sur le dos. Pour seul geste, sa main glisse sur le ventre de la belle qu’il caresse comme la chose la plus précieuse de l’univers. Les mouvements sont doux comme du satin et sensuel telle la chaleur qui grimpe.
— C’est mon meilleur ami et sa copine. J’ai fais encadrer cette photo parce qu’il l’adore et comme c’est son anniversaire bientôt…J’ai pas encore eu le temps de l’emballer, c’est tout.
Putain. C’est ce qu’il se dit une première fois. Putain de merde. C’est ce qu’il se répète en silence et en boucle. T’es qu’un putain de connard Samuel. C’est ce qu’il se dit à lui-même, dégoûté de son propre comportement envers sa petite-amie. Le moment passé a été trop magnifique pour tout gâcher. Il n’a pas envie de la voir se braquer, comprendre cet énième cachoterie. Il la connait. Elle panique facilement. S’inquiète de tout. Et risquerait de franchir le seuil de la porte sans réfléchir. Et ça, le gosse ne le veut pas. Il n’est pas prêt à lâcher les armes ce soir. Il n’est pas prêt à la perdre.
Il en crèverait.
Il le sait.
Alors sans réfléchir, Samuel se redresse et s’assoit au bord du lit. Là, dos à Rhian, il dépose ses mains contre son visage et pousse un long soupir. Ses paupières se scellent sur les interrogations, les zones d’ombres et ce petit monstre qui se joue de lui. Cette espèce de tarentule qui exulte au fond de ses entrailles. Qui prend un malin plaisir à contourner chaque organe. À lui tordre les boyaux. À lui contracter le palpitant. À lui bouffer le bide. Il se sent fragile. Tellement fragile. Mais personne dans son entourage ne le voit. Parfois, le gosse se dit qu’il pourrait sauter dans le vide, s’écraser sur le sol et tout le monde s’en taperait. Aucun membre du clan Clifford ne comprendrait son acte. Chassant les idées morbides de sa boîte crânienne, il se gratte nerveusement le sommet du crâne.
— Rhian, est ce que tu m’aimerais moins si tu découvrais mes travers ?
La question est prononcée d’une voix chevrotante. Il tremble le gosse. Ça devient un spectacle aussi triste que pathétique. Ce dernier n’ose même pas se retourner. Il ne veut pas affronter le regard de sa petite-amie. Lire du dégoût dans ses yeux. Comprendre que leur histoire pourrait foutre le camp à cause de cette putain de famille dysfonctionnelle.
Mon père, ce monstre.
Mon frère, fléau.
L’association du diable.
L’association du pire.
Deux serpents qui viennent s’enrouler autour de son cou et l’empêcher de respirer. Samuel serre les draps de ses poings d’une force à peine mesurée. Ses yeux brillent. Ils brillent tellement qu’on dirait que des larmes à peine visibles s’en extirpent. Il avale sa salive et tente de retrouver sa dignité.
— Je suis en proie à des crises d’angoisse quotidiennes à cause de mon père. J’en ai parlé à personne jusqu’à là mais…mais ça me donne parfois la sensation de faire n’importe quoi.
S’il a menti pour l’appartement, la photo et tout le reste, Samuel veut bien offrir une parcelle de vérité à Rhian. Quand bien même elle est superflue et à peine détaillée. Quand bien même, il n’évoque pas le pire de toute cette histoire. L’échine courbée, les yeux fermés, le temps semble devenir plus oppressant que jamais.
— Je t’en ai pas parlé de peur que tu me regardes comme un monstre. Ou pire encore que tu partes…
Parce qu’elle partira.
Quand elle saura la vérité.
Quand elle comprendra tout.
Et lui, il restera seul sur le carreau.
À crever dans ses remords.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyMar 31 Juil 2018 - 19:27

Elle se penche au-dessus de Samuel pour attraper le cadre posé sur la table de nuit juste derrière. Une fois pris, elle se rallonge aux côtés du jeune homme, admirant ce couple inconnu qui se dessine sous ses yeux. Elle ne se doute pas du mensonge, Rhian, trop naïve pour douter de sa parole. Au lieu de cela, elle se contente de sourire à la vue du bonheur que transcrit le cliché. Plutôt que de s’énerver ou de demander des explications, elle se dit qu’elle a de la chance d’être avec quelqu’un aux attentions si délicates. Elle dépose un baiser contre sa joue avant de reposer le cadre à sa place. – Elle est très jolie, prononcé du bout des lèvres alors qu’elle parle de la copine du meilleur ami de Samuel. Rhian, elle n’a jamais été du genre à se sentir en compétition avec les autres femmes. Bien au contraire, elle aimerait plus de soutien de ses pairs. Et parfois, les relations entre filles lui déchirent le cœur. C’est sans doute pour cela que la gamine a peu d’amies. – Et tu es adorable ! Qu’elle s’exclame avant de venir poser sa tête contre son torse. Son doigt s’amuse à retracer les contours du ventre de Samuel alors qu’elle se laisse bercer par sa respiration et par les battements irréguliers de son cœur.
C’est une douce mélodie qui résonne à ses oreilles.
Mais c’est une question qui retentit à présent entre les murs de cette chambre.
La gamine, elle ne réalise pas vraiment l’étrangeté des paroles de Samuel, parce qu’elle est comme cela, Rhian, à passer du coq à l’âne sans avoir besoin de cheminement précis entre ses pensées. Elle se contente d’y réfléchir. L’espace d’une seule petite seconde, car la réponse lui parait bien trop évidente. – Je t’aimerais plus, c’est dit avec spontanéité alors qu’elle relève la tête pour le regarder. – Je te trouve parfait, Sam, mais ce que j’aime le plus chez toi, c’est tes imperfections. Elle lui adresse un large sourire alors que se son doigt se pose à présent sur un grain de beauté qu’il a sur le bras gauche. – Les grains de beauté sont considérés comme des anomalies. Mais je les adore. Et encore plus sur toi. Elle se penche pour déposer un baiser d’une tendresse infinie sur ce morceau de peau qu’elle caressait précédemment. Finalement, elle décide de venir se rasseoir au-dessus du jeune homme, passant sa main dans ses bouclettes brunes pour l’obliger à la regarder dans les yeux. Elle l’observe avec tendresse alors qu’il se livre.
Elle boit ses paroles, Rhian, de peur que cet instant ne soit que volé et éphémère.
De peur qu’il se referme juste après, comme une huitre sur sa perle.
- Pourquoi ton père te met dans des états pareils ? Elle est intriguée, le visage déformé par l’inquiétude. Ses pensées fusent. Elle s’imagine le pire, la gamine, alors qu’elle pose à présent ses mains sur le torse de Samuel. Elle aimerait lui dire que rien ne pourra lui arriver de mal avec elle à ses côtés. Mais les mots ne s’envolent pas et demeurent secrets. – Tu ne seras jamais un monstre à mes yeux. Jamais. Son sourire disparait. Pas parce qu’elle n’est plus heureuse, mais parce qu’elle ne comprend pas comment il peut se mettre des idées pareilles en tête. Et ça lui fait mal, à Rhian, de le voir torturé de la sorte. Elle aimerait pouvoir le soulager de toutes ses blessures, de tous ses problèmes. – Et quand tu me parles des choses, Sam, c’est plus intime que… que le sexe. Que tout. Elle peut le dire maintenant. Elle peut en parler. Et même si elle a beaucoup apprécié l’expérience, rien ne remplacera jamais les mots. Ceux qui comblent les gouffres entre deux cœurs.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyMer 1 Aoû 2018 - 1:23

Un mensonge. Un mensonge de plus qui s’extirpe de ses lèvres pincées. La panique guidant le rythme de son palpitant et les mots qui s’infiltrent dans la discussion comme un venin fatal. Le poison qui se déverse dans les veines et qui vient rompre les émotions. Il déteste mentir. Du moins, il déteste le faire avec Rhian. Parce qu’il l’aime. Parce qu’il tient à elle. Parce que c’est une douceur de ce bas monde et qu’il est promis dans une nuit ombragée par les étoiles de tout faire pour la rendre heureuse. Même si parfois, le gosse a la sensation d’en être incapable. Même si parfois son monde s’écroule et il a l’impression de se briser avec. C’est la serveuse qui le fait tenir. Elle qui crée une carapace de sérénité autour de sa silhouette tremblante.
Alors la culpabilité se fait trop vive.
Alors les doutes deviennent trop forts.
Et Samuel peine à soutenir son regard clair.
Encore une fois, c’est Rhian qui vient le sauver des enfers. Les pieds dans le précipice et elle le tire en arrière dans une métaphore qui prend forme au milieu de la chambre. Assise à coté de lui, la blonde parle. Elle a toujours su manier les mots avec plus de facilité. Même avec les maladresses. Même avec les discours parfois décousus. Et tout ce qu’elle dit, ça lui crève davantage le palpitant. Il est rongé par le poids de la mascarade. Celle qui gravite de plus en plus dans ses entrailles lui filant le masque de petit-ami idéal. Mais cette perfection n’est qu’une tour de dominos bonne à se casser la gueule au moindre mouvement. Il lâche un soupire quand le silence redevient empereur des murs. Les mains enfoncées dans le drap alors qu’il réfléchit. À l’art et la manière de causer sans trop en dire. Parce qu’il ne parlera pas de Tobias, ni de Mia. Il n’évoquera pas le chantage malsain que la sirène lui fait, ni les paris stupides que son frère se plaît à lancer.
Il sélectionnera les informations encore une fois.
Il rendra la réalité un peu plus jolie.
Moins cabossée.
— Mon père essaye de me formater à son image. Il comprend pas que mes rêves sont ailleurs et c’est éreintant de devoir se battre face à un mur. Je veux pas suivre ses traces. Je veux faire mon propre chemin. Et marquer le monde de mes envies. Pas celles des autres.
Marquer son monde à elle.
Et c’est avec émotion que les paroles saintes de sincérité résonnent. Il évoque son père. Rien de plus. Il parle de cette pression sur ses épaules trop fragiles. Il parle de son envie de s’accrocher à ses rêves comme un forcené. Ceux de devenir un dj reconnu dans le monde entier. Le bout de ses doigts scotchés aux platines pour laisser chaque son résonner et offrir à la foule un spectacle grandiose. Croiser le regard fier de Rhian au premier rang. Et observer la danse de ses démons intérieurs disparaître dans les jeux de lumières.
Il scelle ses paupières dans les songes qui rivalisent.
Il se laisse porter par cette danse de l’inconnu.
Il arbore un sourire enfantin sur ses lèvres.
Et un coup de poignard dans les côtes vient le faire sursauter.
Il ne rêve jamais très longtemps le gosse.
—  Tu sais, t’es la seule à qui j’ai parlé de ça. J’ai jamais eu assez confiance en quelqu’un pour le faire.
Il se tourne vers Rhian et vient saisir sa nuque pour l’embrasser. Bouche contre bouche. Coeur contre coeur. L’audace de leurs âmes qui se lient dans une relation ombrée de doutes. Leurs corps retombent en arrière et il se met à rire à même ses lèvres. Un rire d’enfant. Un rire qui lui rappelle les rares moments de bonheur de son enfance. Ceux qu’il partageait avec Tobias. Là où l’innocence devenait reine et que les fous quittaient l’échiquier de sa vie.
Putain.
Il l’observe, se tourne sur le côté et effleure son bras, sa poitrine et dessine des ronds contre la peau claire de son ventre. Il pourrait y passer des heures. Retracer chaque parcelle de son corps du bout des doigts et prier tous les saints pour que ce moment ne cesse pas.
— Et toi, tu me dis un secret à ton tour ?
Et toi, tu m’aimeras toute ta vie ?
Et toi, tu m’abandonneras pas ?
Et toi, tu serais fière de moi ?
Et toi, tu t’accrocheras à moi comme une forcenée ?
Les réponses deviennent des perles de mélancolies.
Et disparaissent dans l’air comme les questions qu’il n’osera pas prononcer.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptySam 4 Aoû 2018 - 13:29

Elle s’envole, Rhian. Elle gravite autour de la lune aux multiples facettes – celles de Samuel. Et il lâche prise, le jeune homme, se livrant plus en une seule nuit qu’il ne l’a jamais fait en plusieurs mois. Et chaque fois qu’il se confie, le cœur de la gamine crépite des braises d’un amour qu’elle ne peut plus contenir, ni maitriser.
C’est plus fort qu’elle, plus fort que tout.
Et elle a l’impression que rien, ni personne ne pourrait comprendre ce qu’elle ressent à son égard. Comme si leur histoire était unique et n’avait rien à voir avec les autres. Et c’est naïf, mais elle se plait à penser de la sorte tandis que les lèvres de Samuel dévoilent des secrets qui les tenaient à distance l’un de l’autre. Car Rhian ne sait rien à propos de sa famille, si ce n’est à quoi ressemble son père pour l’avoir brièvement croisé dans la rue. Et il n’est pas comme son fils. Il dégage quelque chose de plus solennel, de plus froid. Quelque chose que Rhian n’aime pas et qu’elle a cru déceler chez lui aussi, quand il a préféré l’ignorer aux côtés de son patriarche. Mais il n’est pas comme cela, Samuel car l’autre face de sa lune, c’est le soleil. Il ramène de la chaleur, du baume au cœur et des sourires semblables à ceux que ferait naitre une belle journée d’été.
Il est sa belle journée d’été.
Mais parfois, il suffit d’un peu de pluie pour faire apparaitre l’arc-en-ciel.
- Tu ne devrais pas te plier à sa volonté, alors. Pourquoi tu n’imposes pas tes envies ? D’ailleurs, ils font quoi tes parents ?
Elle le demande du bout des lèvres et avec une douceur exquise. Mais elle devine sans trop de mal que cela est un sujet difficile, alors elle lui attrape la main, la serrant dans la sienne comme pour lui dire : « Je suis là, ça va aller. » parce qu’elle n’a pas envie qu’il sombre et parce qu’elle sera toujours présente pour le rattraper – pour l’aider, pour le retaper. Et Rhian, elle s’en fiche bien de ce que font les parents Clifford. Ils pourraient être vendeurs à la sauvette ou avocats, cela ne changerait rien. Mais elle voit bien qu’ils ne viennent pas du même monde, même s’il s’obstine à toujours éviter le sujet. Elle le décèle dans ses paroles, dans ses attitudes, dans ses gestes. Et pour autant, elle n’y porte pas vraiment d’attention. Elle aimerait simplement comprendre. Comprendre d’où il vient, comment il a été élevé et par qui. Ne serait-ce que pour se sentir un peu plus proche de lui. – C’est vrai ? Question un peu idiote alors que les mots de Samuel lui décrochent un sourire tout aussi idiot. Son visage tout entier s’illumine à en scander des mièvreries par centaines. Et elle ne s’en rend même pas compte, Rhian, qu’elle s’enlise un peu plus dans le tourbillon des amours voraces et diluviennes. Elle y plonge – tête la première. – Tu peux avoir confiance en moi, c’est murmuré avec tendresse, comme si elle avait peur de l’effrayer en parlant normalement. Et elle se rapproche davantage contre son corps, se penchant par-dessus lui pour déposer des baisers contre sa mâchoire qu’elle retrace de ses lèvres rosées. Et alors qu’elle lui dévore la peau, son esprit cogite. Un secret. Elle y pense, même si la réponse semble évidente. Et au pied du mur, elle se laisse retomber à sa place, fixant le plafond de son regard océan. – J’ai menti à mes parents, qu’elle entame avant de soupirer. Rhian ne ment jamais. Mais quand elle le fait, elle n’y va pas de main morte. – Je leur ai dit que j’étais prise à l’université, ici. Mais c’est faux, je voulais juste m’enfuir de là-bas… Et je sers des cafés, maintenant. Alors qu’ils pensent que leur fille est une réussite. Elle tousse pour s’éclaircir la gorge, ravalant des larmes qu’elle sentait naissantes. C’est la première fois qu’elle dit cela à voix haute, Rhian. Et la réalité sonne bien plus cruelle que dans sa tête. – La ferme ou servir des cafés… qu’elle prononce d’une voix à peine audible, car c’est une réalisation qu’elle formule pour elle et qui la terrorise. Et Rhian, elle se rend compte qu’elle ignore ce que Samuel fait dans la vie. Elle connait sa passion pour la musique, mais elle n’a aucune idée de comment il se débrouille pour gagner de l’argent. Mais elle préfère y aller doucement. Demander une chose à la fois.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyVen 17 Aoû 2018 - 19:49

La question de Rhian teint l’atmosphère d’un voile grisâtre. Le coeur de Samuel se serre si fort que sa respiration devient un fantôme. Il peine à la fixer dans les yeux, sachant pertinemment qu’un énième mensonge filtrera de ses lèvres. Parce qu’il est bon qu’à ça. Cracher des paroles à peine vraies pour ne pas évoquer une réalité bien plus douloureuse. Celle qui crée des angoisses. Celles qui viennent le réveiller la nuit en sursaut, le corps en sueur et les yeux brillants de ces larmes refoulées. Celles qui viennent déchirer ses entrailles alors qu’il supplie le ciel que ça s’arrête. Il ne veut pas évoquer son père. Encore moins l’empire familial qui en découle. Parce que ça reviendrait à avouer le pire. Ce poids constant sur ses épaules de gosse fragile. Ce poids trop difficile à endurer au quotidien. Parce que son monde est bien trop différent de celui de Rhian. Ses parents ne feraient aucun cadeau à la serveuse. Pour eux, l’avenir de Samuel est tout tracé. Il reprendra l’affaire familiale aux cotés de son frère aîné et finira par trouver une fiancée à la hauteur de leur rang. Une fiancée qu’il n’aimera pas. Qu’il regardera avec dégoût et tristesse. Qu’il embrassera du bout des lèvres pour la forme et pour se persuader que ça ira. Mais le bonheur deviendra un fléau. Et l’ivresse des sens ne sera qu’un pâle reflet d’une réalité dévastée.
Alors il serre les poings.
Il ravale sa douleur.
Et porte le masque d’un monde qui lui appartient.
— Mon père est…il tient une entreprise. Et ma mère est pâtissière. J’ai essayé. Mais à chaque fois c’est comme si tout s’effondrait et que le chemin imposait par mon père devenait celui à choisir. Que ça me plaise ou non.
Une guerre constante entre Samuel et le patriarche Clifford. Une guerre constante entre ses volontés et les siennes. Il peut entendre le rire moqueur de son père au moment de son aveu concernant sa passion pour la musique. Ce dernier a rit si fort que l’enveloppe du coeur de Samuel s’est brisée en mille morceaux. La musique, c’est pas un métier, qu’il est venu cracher au visage de son fils. Un visage rouge colère où la vie venait de s’arrêter. Un visage dont les traits venaient peindre une tristesse sans égale. Une peine si forte que tout son être paraissait anesthésié. Et tout vient s’éveiller comme un jardin doré au moment où Rhian dépose ses lèvres douces sur sa peau. Il se met à sourire. Comme un gosse. Comme toutes ces niaiseries qu’il déteste pourtant. Mais avec elle, tout prend son sens. Ses pulpes rougies qui viennent le marquer au fer encore brûlant. Sa main vient glisser le long de ses reins et il pose un baiser tendre à même sa tempe. Comme un geste protecteur. Comme pour la protéger de lui-même et du monstre qu’il incarne. Menteur, vorace d’illusions. Il dépeint son visage d’un sourire triste en écoutant les confessions filtrer dans l’air. Samuel, il connait sa petite-amie maintenant. Il sait que tout ça cause un trouble chez cette dernière. Y a qu’à voir ses joues qui se recouvrent d’un rose symptomatique. Et son regard qui se fait fuyant. Mais il veut pas qu’elle prenne la fuite. Il veut pas qu’elle honte d’avoir pu mentir pour choisir un chemin différent que les dictats familiaux. L’homme reprend le dessus et faufile sa main dans sa chevelure dorée. Il dessine ensuite ses traits fins du bout de l’index en frôlant sa bouche.
— C’est un beau mensonge alors. Parce que sans ça, on en serait pas là toi et moi, Rhian.
Et parfois, il se dit que ce serait mieux.
Et parfois, il veut la libérer de son emprise.
Et parfois, il veut disparaître pour ne pas la faire souffrir.
Et parfois, rien que cette idée le fait crever.
Parce qu’à présent, sans Rhian, Samuel n’est que l’ombre de lui-même. La simple idée de la perdre devenant aussi cruelle que vorace. Ce dernier lâche un soupire, taquinant son cou de baisers au goût de miel, au goût d’éternité. Là où rien ne s’éteindra. Ce monde où la flamme continuera de briller coûte que coûte.
— J’ai. J’ai besoin de toi. Je veux dire, là dans ma vie. Depuis que t’es à mes côtés, ça me semble parfois tellement plus simple. Parce que t’es une belle personne. Et tes parents finiront par s’en rendre compte. Peu importe ton choix.
Rhian est la plus belle personne de ce monde. Une réunion entre la douceur et l’innocence. Une maladresse qui suffit à la rendre si drôle, si différente. Elle a cassé tous les codes en capturant le coeur du jeune Clifford. Parce qu’avant, il préférait le paraître. Les courbes élancées et dessinées dans des fringues affriolantes. La vulgarité à la vraie beauté. Rien que pour clamer tout haut qu’il se tapait la star du lycée. Une star qui finissait aux oubliettes dès qu’il avait pris son pied. Avec sa petite-amie, tout est différent. Parce qu’elle est différente. Et ça lui fait un bien fou. Comme si dans ses bras, les angoisses ne comptaient plus. Comme si dans ses bras, son père ne paraissait pas si monstrueux que ça. Comme si dans ses bras, Tobias ne comptait plus. Le gosse dépose sa tête contre la poitrine de Rhian. Là où les battements de son palpitant peuvent résonner dans le creux de son oreille. Là où les battements de son palpitant deviennent une mélodie somptueuse pour laquelle il pourrait crever. Juste pour l’entendre encore et encore.
Juste pour que ça ne s’arrête pas.
Jamais.
Alors après quelques minutes d’un silence énigmatique, Samuel se redresse. Il attrape son téléphone et lance une vidéo. On peut le voir derrière des platines, là où ses phalanges glissent quand les notes de la musique éclosent. Là où son rêve devient réel. Et c’est l’instant de grâce où ce dernier veut que Rhian puisse le découvrir. La vidéo suspend son envol en même temps que les minutes. Lorsqu’il ose à nouveau l’observer, il se sent gêné. Comme si son jardin secret venait d’être bafoué. Pour la bonne cause. Parce que c’est elle. Parce que ça compte.
— C’est ça mon rêve. Et je te veux avec moi quand il se réalisera.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptySam 1 Sep 2018 - 12:54

Rhian, elle a du mal à comprendre parfois. Elle a souvent un train de retard ou la tête dans les nuages, mais elle n’a pas besoin de redescendre sur terre pour voir que Samuel, il a des problèmes avec son paternel. C’est aussi gros que le nez au milieu de la figure. C’est une présence qui se fait familière dans la pièce à mesure qu’ils se livrent l’un à l’autre. Elle devine une relation compliquée et froide, à l’instar de l’homme qu’elle a pu apercevoir dans la rue, l’autre jour. Grand, élancé et glacial. Et cela lui rappelle Samuel à leurs débuts, quand perché du haut de sa condescendance, il la prenait de haut. Mais tout cela, c’est loin à présent. Et Rhian, elle n’a pas de jugement à porter sur le père de son petit-ami. Elle n’a rien à dire, car elle ne le connait pas et elle ne se le permettrait jamais. Mais elle voit bien les cicatrices qu’il a pu laisser sur l’âme de celui qu’elle aime. Et que le chemin qu’il lui dessine n’est pas celui que Samuel a envie d’emprunter. Alors, elle se contente d’attraper sa main dans la sienne, l’air de dire : « ça va aller ». Signe qu’elle sera là pour lui, quoi qu’il arrive. Qu’elle lui montrera un soutien sans faille et qu’ils feront face, ensemble. Cette pensée lui arrache un sourire. Il y a quelque chose de rassurant dans le fait de pouvoir affronter la vie à deux. De faire s’envoler la solitude, de lui tourner le dos. – On n’est pas nos familles, Samuel, qu’elle se contente de dire avant de déposer une pléiade de baisers contre sa joue. Elle n’entrera pas plus dans les détails, ne souhaitant pas empiéter sur la vie privée du jeune homme, d’autant qu’elle ne connait pas sa famille. Elle n’en dira pas plus, de peur de faire une gourde, comme à son habitude. Alors, elle s’enchaine sur sa situation à elle. Lui avouant l’un de ses plus lourds secrets. Et elle se sent honteuse, Rhian, à lui dévoiler tout cela. Non seulement parce qu’elle n’est pas très fière de ses origines, mais aussi parce qu’elle culpabilise d’avoir menti à ses parents. Et de savoir d’où vient le jeune homme, elle se demande ce qu’il peut bien faire avec une fille comme elle. Une fermière. Une barrista. Rien de bien glorieux. Rhian ne sera jamais personne, si ce n’est une gamine qui s’est tirée de son pays de galles natal pour goûter aux joies des grandes villes. Mais son cœur se met à fondre à l’instar de ses pensées négatives lorsqu’il lui avoue que cela a été un beau mensonge. Et la raison lui décroche un large sourire idiot. – Je mentirais à nouveau, pour toi. Pour être avec toi. Elle serre sa main plus fort dans la sienne comme pour s’assurer qu’il est toujours là, auprès d’elle et qu’il ne la quittera pas. – Je compte pas t’abandonner, Samuel, qu’elle murmure à son oreille pour calmer les battements de son cœur qu’elle peut entendre sans grande difficulté. – T’as encore plein de trucs à m’apprendre ! Elle rit pour ponctuer ses mots et pour détendre l’atmosphère qu’elle-même juge d’un peu trop lourde. Et quand il pose sa tête contre sa poitrine, elle en profite pour caresser ses cheveux et pour jouer avec ses bouclettes, histoire de l’apaiser davantage. Elle aimerait s’emparer de toutes ses craintes pour les faire s’envoler. Mais au lieu de cela, elle se contente de l’aider à se calmer. Elle essaye, en tout cas. Et quand il lui montre la vidéo, Rhian se fige, le souffle court, hypnotisée par la beauté dévorante du rêve de Samuel, parce qu’il a l’air heureux quand il mixe, parce qu’il semble serein et lui-même. Et ça, ça lui parle à Rhian, ça la dévore, même. Et elle ne l’aime que davantage pour cela. Si cela est possible. – Il se réalisera. Et je serai là pour célébrer avec toi. Elle le regarde avec un immense sourire, consumée par le bonheur d’imaginer leur futur, à deux.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyDim 2 Sep 2018 - 6:45

Il a peur de l’abandon Samuel. C’est qu’un gosse enfermé dans un esprit imbibé de doutes. Depuis que son chemin a croisé celui de Rhian, cette angoisse se fait grandissante. Il se souvient de tout. Ce gage ridicule auquel lui-même riait. Ce regard posé sur la beauté maculée de la serveuse. Les chiffres griffonnés sur le gobelet de caféine comme le cliché ambulant d’une comédie romantique. Leur premier baiser. Le désir grandissant. Sa manière de calmer ses angoisses comme un pansement sur une blessure béante. Et le fantôme pesant de Tobias. Quand elle va tout découvrir, qu’est ce que tu ferais p’tit frère ? Qu’il se plait à lui souffler à l’oreille, d’un ton railleur. Les mots se faisant diaboliques. L’agonie le poussant dans le précipice. Il ne dit rien face à son frère. Parce qu’il ne veut pas penser à cette éventualité. Samuel, il est pas dupe. Il sait ce qui se passera. Rhian finira par le considérer comme le monstre qu’il est. Elle va s’éloigner, le coeur brisé par ses conneries. Elle va souffrir à en être dégoutée de l’amour. Et lui, il sera seul dans le caniveau. Abandonné de l’être chéri. Abandonné de la seule fille qu’il a aimé plus que sa propre existence sordide. Il a voulu arrêter cette mascarade bien souvent. Se mettre à genoux devant elle. Glisser sa main dans son cou. Lui susurrer mille excuses en avouant son erreur. Mais à chaque fois, la peur devient plus forte. Elle grogne et ronge le creux de ses entrailles.
Il crèvera sans elle.
Il tombera à terre sans la chaleur de ses bras.
Sans la beauté de ses mots. Et la maladresse de ses gestes.
Rhian n’est en rien comparable aux autres filles. C’est bien là qu’elle incarne la différence. Ce truc en plus qui a fait chavirer Samuel. Comme un bleu. Comme un innocent incapable d’aimer jusqu’à là. Et rien qu’en sentant l’effluve de son parfum, il fond. Ses lèvres prêtes à dévorer son échine maculée. Ses mains prêtes à encercler sa taille pour la posséder à nouveau. Il esquisse un sourire en l’entendant parler. Les mots formant une ode à la douceur. Ils incarnent ce besoin vital de détendre l’atmosphère, de laisser les angoisses au placard. Samuel vient frôler les lèvres de sa petite-amie alors que sa main glisse le long de son dos. Son épaule se voit mordillée avec tendresse et il soutient son regard.
Ce qu’elle est belle, putain.
Tellement plus belle que toute la superficialité de ces gonzesses.
Celles teintées de maquillage, le corps outragé par des tenues provocantes.
Rhian, elle a besoin d’aucun artifice pour ressembler à une oeuvre d’art. Et à cette seconde précise, Clifford se dit qu’il est chanceux. Tellement chanceux.
— T’es une élève particulièrement sérieuse, tu sais.
Il laisse un rire cristallin défier le silence pesant. Puis ses mains remontent dans sa chevelure. Il l’attire à nouveau et c’est à califourchon qu’elle se retrouve sur lui. Le corps à corps devient plus féroce, plus brûlant. Le désir ne faisant qu’accroître alors qu’il capture sa bouche, heureux de l’entendre. Heureux de voir que dans chaque épreuve cette dernière sera présente. Encore plus quand ses rêves se réaliseront. Un monde idéalisé par son amour pour la serveuse. Un monde qui pourrait pourtant s’écrouler en quelques secondes. Là où les flammes des enfers sont reines. Dans ce monde, il n’est rien. Qu’un déchet qui git au sol. Un gosse brisé par l’influence répugnante de sa famille. Un gosse qui se dit que la vie vaut pas la peine d’être vécue sans elle, sans ce bonheur fait de soie. Mais il veut pas y penser. Pas maintenant. Pas face à elle. Alors il voile son regard d’une brillance amoureuse, chassant les doutes. La gorge brûlante des angoisses qu’il refoule.
— Il y a bientôt une soirée organisée dans un club réputé de la ville. Tu viendras avec moi ? Je risque de mixer et ça me semble essentiel que tu sois là.
Il veut la voir au premier rang. Lui sourire en coin avant de commencer à mixer et lui démontrer que c’est son truc. Qu’il est fait pour ça et que sans sa présence, tout ça n’aurait pas la même essence. Samuel effleure son épaule de ses lèvres tentatrices. Puis vient soutenir son regard où se réfugient ses sentiments.
— Et il se pourrait que je te remercie à ma manière.
Taquin, Samuel effleure son dos du bout des doigts. Il longe sa colonne vertébrale et l’embrasse avec plus d’audace. Une danse flirtant avec la passion du tango et la maitrise de la valse. Sa main glisse dans sa chevelure dorée. Il pourrait s’y perdre des heures. Rien que pour sentir la douceur de chaque mèche rebelle. Rien que pour sentir cette odeur sucrée dont il raffole. Un sourire teinte sa bouche et il l’embrasse à nouveau. Et quand il quitte sa bouche, c’est pour gagner son épaule, son cou et le lobe de son oreille qui est mordillé. Je t’aime. Les mots portent tout son sens quand il vient les glisser d’une voix suave pour lui rappeler l’évidence.
Celle qu’il éprouve depuis des semaines sans avoir osé le dire avant ce soir.
Celle qui le force à tenir bon et à ne pas laisser les angoisses gagner.
Celle qui s’appelle Rhian et qui domine son monde.
Et putain que c’est bon. Qu’il pense, silencieux, exempt des craintes habituelles.
Sans lâcher prise autour de la silhouette de Rhian, il se penche vers la table de nuit et attrape un écrin en velours. À l’intérieur, se trouve un médaillon. Un fer à cheval en or blanc accroché à une chaîné assortie. En le voyant dans la vitrine de cette bijouterie, Samuel il a craqué. Il a su qu’au cou de la demoiselle, ce dernier pourrait briller de mille feux. Parce qu’elle l’aime l’équitation. Parce que c’est un symbole. Son premier vrai cadeau. Celui qu’il veut la voir porter pour l’éternité. Gage de son amour. Comme de son envie de réparer les erreurs anonymes. Il esquisse un sourire et dépose un baiser tendre sur sa joue.
— Tiens. Je crois qu’il est fait pour toi.
Et il attend fébrile sa réaction.
Parce que face à elle, Samuel tremble à chaque fois.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyMer 5 Sep 2018 - 18:35

Elle est naïve, Rhian, à croire que le bonheur n’a pas de prix. À s’en délecter avec gourmandise comme s’il était gratuit et inépuisable. Elle ronronne, savourant ces instants volés comme s’ils étaient purement anodins. Et elle est loin de se douter de tout ce qu’il se trame derrière son dos, la gamine. Elle remercie les cieux et le destin de cette rencontre. Elle chérie même sa bonne étoile de l’avoir mis sur la route de Samuel. Mais elle ignore que ce n’est ni une question de chance, ni de hasard. Mais seulement une affaire de Clifford. Un pari comme un autre. Un jeu malsain parmi tant d’autres entre les deux frères. Et elle, elle n’est qu’un dommage collatérale emportée dans la spirale du plus jeune. Et même si l’amour est réel, Rhian est à des années lumières de la vérité. Alors elle se contente de se noyer dans sa candeur maladive, à l’imaginer comme étant le meilleur petit-ami au monde, à lui donner le bon dieu sans confession. Et plus encore. – Ce n’est pas difficile, avec un professeur comme toi, les mots lui arrachent un sourire qui ne laisse plus de place à la pudeur. À ses côtés, Rhian se sent femme. Et c’est une sensation enivrante, presque addictive. Elle n’a plus peur de la nudité, ni des imperfections de ce corps qu’elle a longtemps rejeté. Sous les yeux de Samuel, elle se sent belle, attirante. Et ça lui donne envie d’en jouer. D’abandonner ses airs de sainte-ni-touche au profit de regards bien plus brûlants et de caresses avides. Et il lui en faut peu pour raviver les flammes dans le creux de ses reins. En un rien de temps, elle se retrouve à nouveau au-dessus du jeune homme, le contemplant de ses yeux amoureux, de ses yeux aveuglés, tandis que sa peau se consume sous les doigts du jeune homme. – Je ne manquerai ça pour rien au monde, elle n’hésite pas un seul instant avant de lui répondre. Il n’avait même pas besoin de lui poser la question. Pour lui, elle irait n’importe où, ferait n’importe quoi. – Je vais pouvoir faire la groupie, qu’elle ajoute, un sourire amusé étirant ses lèvres rosées. Des lèvres qui ne tardent pas à venir à la rencontre de la bouche du jeune homme. Et en baiser brûlant, elle scelle le marché. Elle viendra. C’est une certitude. Une promesse. Et il se pourrait que je te remercie à ma manière. Les mots ne tombent pas dans l’oreille d’un sourd. Elle passe ses mains dans les cheveux bruns de son petit-ami, les yeux illuminés d’une malice qu’elle ne parvient plus à dissimuler. – Je veux en savoir plus, prononcé d’un air faussement innocent, comme une gamine trop futée qui essayerait de soutirer des informations. La vérité, c’est qu’il lui tarde d’explorer ce nouvel aspect de leur relation. Insatiable face à la nouveauté. Et elle ne peut s’empêcher de le dévorer de baisers. Ou de lui murmurer à quel point elle l’aime. Ce lit les maintient loin des autres. Loin de la vie qui suit son cours. Loin des malheurs. Plus rien ne compte. Juste eux.
Et quand il se penche pour attraper quelque chose, son cœur est en alerte. Il manque un battement. Puis deux. C’est délicieusement douloureux. Au point d’en avoir le souffle coupé. On ne lui avait jamais rien offert auparavant. Tout du moins, aucun homme ne lui avait jamais offert quoi que ce soit. Pas même des fleurs. Et Rhian, elle est bien loin d’être matérialiste, mais c’est la pensée qui la touche profondément. Alors elle se saisit de l’écrin et elle manque de pleurer à la vue de ce collier qui lui évoque tellement de choses. Les larmes menacent, mais elle les ravale tant bien que mal. Elles feraient tâche avec ses nouvelles attitudes de femme fatale. – Je l’adore ! Merci, merci, merci ! Un large sourire qui orne son visage alors qu’elle relève ses cheveux pour qu’il puisse lui attacher. – Et toi, je t’aime, elle se mord la lèvre inférieure, le regard plongé dans celui de Samuel.
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MessageSujet: Re: warmer (sahian)   warmer (sahian) EmptyVen 14 Sep 2018 - 18:43

Samuel, il se reconnait pas vraiment. Il a pas l’habitude d’agir comme ça. C’est pas un gars romantique. Ni même un gars qui a été intéressé par l’amour. Lui, ce qu’il aimait, c’était les courbes délicates. Les ondulations de ces sirènes qui erraient dans les couloirs du lycée. Poser son regard carnassier dessus. Esquisser un sourire en coin. Et s’imaginer se perdre entre leurs cuisses. C’est ce qu’il faisait la gosse. Avec tellement d’aisance. Avec tellement de bonheur.
Et les lendemains n’existaient pas. Il ne s’attachait pas.
Les lendemains, il riait avec ses potes. Il venait les prendre de haut.
Parce que ça ne comptait pas. Ce n’était pas important.
Pas comme elle. Cette douceur écarlate. Cette beauté d’ivoire. Ce charme teinté de maladresses. Avec Rhian, il a envie de faire les choses bien. Même si ça semble encore compliqué. Un chemin sinueux sur lequel Samuel se perd. Il se pose un tas de questions. Il réfléchit trop. Il vit avec la peur au ventre du futur. Comme s’il savait que ça finirait par exploser. Comme s’il avait la certitude de la perdre. Tout ça à cause d’un pari stupide. Une idée à la con d’un frère tyrannique. Une idée à la con à laquelle le gosse a répondu. Pour faire comme son aîné. Pour lui démontrer qu’il en avait dans le ventre. Qu’il était pas prêt à le laisser gagner. C’est comme ça depuis l’enfance. Et Samuel, il a plus la force de lutter. Il a plus la force de se battre pour obtenir un peu d’amour, un peu de reconnaissance.
Samuel, il marche sur une corde raide.
Y a ces moments où il voudrait qu’elle craque.
Y a ces instants où il voudrait disparaître.
Pour ne pas arriver à l’inévitable. Pour ne pas bouleverser les étoiles dans les yeux de Rhian. Pour ne pas lui marteler le coeur d’une douleur lancinante. Il serait prêt à se sacrifier. À ce qu’elle lui file entre le doigts si ça lui permet d’être heureuse. Même avec un autre. Pourtant cette simple idée suffit à le rendre dingue. Dingue de jalousie. Dingue d’amertume. Il tuerait le gars qui oserait la souiller de ses phalanges salaces. Il le sait.
Alors là, étendu près de Rhian, Samuel inspire. Puis expire.
Il se repasse le film de sa vie.
Il réalise à quel point les chapitres sont inachevés.
Il se dit que malgré le fric, malgré le bonheur apparent, tout le reste c’est faux.
C’est pourri jusqu’à la moelle. C’est gangrené d’une couche de moisissure.
Il pourrait en chialer parfois. Mais sa mâchoire se contracte. Il serre les dents le gosse et se dit que ça passera. Comme toutes les autres fois. Parce que c’est plus simple.
Enfin, il paraît.
Il préfère se concentrer sur Rhian. Sur sa beauté faite de grâce et de douceur. Il préfère s’imbiber de ce sourire qui le fait fondre. Cette voix capable de le rendre fou de désir rien que dans un murmure maladroit. Il passe une main dans sa chevelure. Ses doigts se mêlant à ses boucles soyeuses. Il voulait lui faire plaisir. Marquer le coup comme un de ces gars dans les comédies romantiques. Il voulait qu’elle conserve un souvenir de lui même quand la haine finira par gagner.
Peut-être que même avec ça, tu m’oublieras pas, Rhian. Quand tu me détesteras. Quand tu voudras me voir mort.
Elle a l’air heureuse, la serveuse. Le sourire peignant sa bouche rosée. Une bouche qu’il vient saisir dans un baiser plus vif. Plus brutal. Le dos de la gamine cognant la surface du matelas. Il est là — au dessus de son corps qui paraît si fragile. Et il laisse ses pulpes courir sur ses seins, son ventre, ses cuisses et remonte se loger au creux de son cou. Il goûte sa peau et se dit que cette odeur sucrée vaut tous les sacrifices de ce monde.
— J’t’aime aussi. Ne l’oublie jamais.
Comme une mise en garde. Un été fait de soleil et d’ivresse qui deviendra bientôt un orage qui gronde. Le tonnerre en roi. Les éclairs comme témoins. Mais les étoiles, elles disparaîtront. Elles ne brilleront plus que dans ses rêves les plus fous.
Samuel, il ferme les yeux. Il l’attire dans ses bras et dépose un baiser le long de sa tempe.
Les deux s’endorment ainsi. Heureux, amoureux. Un cliché ambulant pour certains.
Tellement plus pour lui.
Et tant pis si le réveil sera trop brutal.
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