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MessageSujet: turning to waves and come back again / mattias   turning to waves and come back again / mattias EmptyMar 17 Juil 2018 - 20:42

Les vagues se reflétaient dans ses lunettes de soleil. La brise soulevait l’eau salée. Un drapeau orange s’agitait au loin, se fondant entre les nuages gris et le ciel bleu. Les rayons du soleil perçaient l’épaisse couche nuageuse, pour venir réchauffer certaines parties de la jetée. Elle aimait ce ciel dissipé. L’air frais rendait les balades douces. Agréables, sans la chaleur oppressante de l’été. Ses iris vertes étaient collées à la mer, à cette étendue si fascinante, si apaisante. Le bruit de l’eau ruisselante avait ce pouvoir, comme une mélodie de son compositeur préféré. La jetée était remplie de touristes de passage pour une nuit, un week-end, une semaine. Elle détestait les plages bondées. Les silhouettes s’afféraient, tel une colonie de fourmis, pour trouver le meilleur spot, pour planter les parasols, enfouir les glacières. Elle les enviait, parfois, Thea, de cette nonchalance face aux plaisirs simples de la vie. Elle ne savait pas se laisser aller, ne savait pas profiter de cette manière. Son éducation traditionnelle était à blâmer, probablement. La devanture du magasin de souvenirs se dessinait devant elle. Une enseigne ridicule, pour attirer l’œil des touristes. Des tas de bibelots s’alignaient sur des étalages rangés. Des t-shirts, des porte-clés, des tote bags aux couleurs de Brighton remplissaient le magasin. Elle ne s’égarait pas dans ces boutiques, Thea. Ses journées shopping se résumaient souvent aux mêmes magasins. Aucune originalité. Aucun risque. Sa routine était parfaitement réglée comme du papier à musique. Une clochette retentit au-dessus de sa tête, annonçant son entrée dans la boutique. Quelques touristes, en tenue de plage, tentait de choisir une magnet parmi une multitude d’autres similaires. Thea regardait, cherchait sans vraiment fouiller. Un de ses élèves quittait Brighton pour les horizons goudronneux de New York. Sa poitrine se gonflait de poitrine pour ce garçon aux doigts de fée. Il avait un avenir prometteur, mais pas à Brighton. Les possibilités étaient minimes, alors qu’ailleurs, elles étaient infinies. Seulement, New York n’était pas Brighton, n’était pas ce bout de lui précieux. Elle voulait lui offrir quelque chose de symbolique, même si ce n’était qu’un porte-clés à l’effigie de la Grande Roue sur Brighton Pier. Son attention se porta sur le vendeur. « Excusez-moi, » commença-t-elle, attirant son regard d’un signe de la main. « Je cherche un souvenir différent des autres, mais qui rappelle quand même Brighton. Qu’est-ce que vous me conseillez ? » S’enquit-elle, souriant doucement.
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MessageSujet: Re: turning to waves and come back again / mattias   turning to waves and come back again / mattias EmptyMer 18 Juil 2018 - 17:02

Le vent roulait sur les façades du magasin. Un souffle d’or, nuancé d’iode et d’amertumes. Lentement, mes yeux s’éveillaient sous les néons de la ville. Je vacillais entre les décorations, le genou arqué et douloureux. Une démarche instable qui se fissurait face au miroir. Sans prestance. Sans prestige. Un sportif déchu, une carrure instable. Je relevais la tête en souriant. La musique ondulait dans l’espace. Folle exubérance d’un propriétaire nostalgique. Des ondes latines, devenues cosmiques. L’Argentine était si loin. Une étendue d’acier et de bronze, laissée en marge de la grande métropole. Mes pensées vacillaient dans le temps. Mon cœur s’accordait de souvenirs en souvenirs. La frénésie, l’exaltation – l’aventure hors de la miseria. Mon identité oscillait entre mes paupières. Je ne reconnaissais pas les images, ni les sentiments. Ce n’était que plus tard qu’ils se distinguaient par leurs cicatrices. Mon pouce effleurait les poupées et les urnes artisanales. Des fragments de mémoire matériels dispersés sur les étagères. Des bouts d’histoire que je vendais pour retrouver le chemin. Le maillot des reds était suspendu à l’entrée - réminiscence d’une gloire oubliée. Je haussais les épaules en prenant appui sur ma cane. Les voix se confondaient dans mon esprit, les gradins gémissant d’effroi. Le coup de sifflet et les sirènes de l’ambulance. Puis la sienne, mélodieuse au milieu de la foule, transperçant le silence afin d’illuminer la pièce. Je me tournais vers la jeune femme. « Il y a pas de souvenirs. Ce sont des moments, plutôt. Des impressions. » Je lui adressais un sourire charmeur. L’accent espagnol roulait sur ma langue, créant la mesure – rythmant les vibrations de mes poumons. Je m’extirpais de ma mélancolie afin de l’aborder. «Donnez-moi un endroit et je vous en ferez un souvenir. » Un lien indissociable entre l’espace et le sentiment. Un retour en arrière, vers un segment d’horizon féroce. Je tendis le bras, l’invitant à suivre l’allée vers la collection de boules de cristal. Des miniatures des monuments de Brighton, noyées sous une pluie de paillettes colorées. «C’est pour vous ? Ou pour un ami ? » Murmurai-je en me penchant légèrement vers l’étagère.
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MessageSujet: Re: turning to waves and come back again / mattias   turning to waves and come back again / mattias EmptyDim 12 Aoû 2018 - 13:47

Les notes de musique dansaient sur le rivage. Un do, un si. Des mélodies singulières, que les vagues créaient. L’écume s’échouait dans un épais manteau blanc, contre les galets chauds. Elle aimait ce bruit, Thea. Il y avait quelque chose d’apaisant, à fermer les yeux, et à se laisser bercer par ce son. Elle s’imaginait, parfois, voguer au large, sur une barque qui l’emmènerait au bout du monde. Ses chances de survie ne tenaient qu’à une poignée de jour. La mer était sauvage. Elle ne pouvait être apprivoisée par l’homme et son esprit de conquérant. Son courant pouvait faire dériver n’importe quel marin aguerri. Mais c’était un rêve. Une échappatoire utopique, dans une réalité trop sage. Ses journées étaient rythmées par un destin tout tracé. Depuis des années, elle se cantonnait à cette routine banale. Et ça lui convenait, parce que l’inconnu céleste lui faisait peur. Alors elle s’avançait dans les rues de Brighton, comme une âme errante. Ses pas la guidèrent jusqu’à une boutique de souvenirs, pile en face de la plage. Sa façade criarde était similaire aux autres dizaines de boutiques alignées sur la rive. L’intérieur de la boutique, lui, était singulier. Le rangement était sommaire, mais son œil était attiré par des bibelots qui ne ressemblaient en rien à ce bout de terre anglais. Des maillots d’une équipe de foot étrangère, quelques drapeaux argentins bleu et blanc. Des souvenirs personnels dans un endroit impersonnel. Les enceintes collées aux murs crachaient des notes de musiques latines. Elle s’interrogeait, Thea, mais ce n’était pas sa place de questionner. L’accent du propriétaire était suffisant pour répondre à ses interrogations. Les notes de couleurs illuminaient l’endroit d’une chaleur exotique. Il réussit à lui décrocher un sourire, alors qu’elle s’avançait dans les allées de la boutique, à ses côtés. Sa démarche chancelante contrastait avec ce côté charmeur qu’il affichait. Il était séduisant. Le genre d’homme, qui pourrait détourner son attention pendant une fraction de secondes. Le genre d’homme, qui se pavanait toujours au bras d’une autre. « Vous avez ce pouvoir ? » S’enquit-elle, curieuse et sceptique sur sa capacité à trouver le souvenir parfait en se basant sur un simple quartier. Ses doigts effleuraient la coque en verre des boules de cristal. Des endroits emblématiques de la ville étaient recouverts par une pluie de paillettes colorées. La jetée de Brighton, la grande roue, le pavillon. Autant de coins, qui avaient bercés ses plus belles années. « Un élève, » souffla-t-elle, reposant une des boules de cristal pour croiser son regard. « Je suis professeur de piano, et un de mes élèves s’en va pour New-York, » finit-elle, une minime fierté gonflant sa poitrine.
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MessageSujet: Re: turning to waves and come back again / mattias   turning to waves and come back again / mattias EmptyDim 12 Aoû 2018 - 19:35

La musique enchantait l’espace. Des mélodies latines qui illuminaient mes pensées. Je vacillais allègrement, transporté par la nostalgie. Les images étaient précises dans mon esprit. Je me souvenais de mon enfance sur les marges de Buenos Aires, de la fierté de mes parents et des acclamations de la nation. La belle époque. Le soulier d’or. Chaque récompense. Puis, tout s’était arrêté. La chute était brutale. Mon genou portait les traces d’une gloire passée. La coupure était nette et la cicatrice bien cautérisée. Je pouvais vivre après l’échec, avec une forte fièvre et la mélancolie d’une carrière avortée. Chacun était seul dans ses déceptions - dans ses batailles intérieures. Je relevais la tête vers les drapeaux de mes équipes. Des vestiges de souvenirs. Des instants figés dans ces objets indéfinissables et étrangers aux autres, mais qui portaient les stigmates d’une vie qui ne s’effaçait jamais. Cette boutique était mon échappatoire. Un retour en arrière sur les terrains vastes d’Athènes et d’Amérique latine. Dans mes rêves, je courrais encore. Je parcourrais la surface verdoyante et plantait le ballon dans les filets de l’adversaire. L’adrénaline jaillissait dans mes veines. Puis je me réveillais tout à coup, bercé par les lueurs d’un ciel rouge et sans étoiles. Je tournais la tête vers la cliente. Mes prunelles glissaient sur sa silhouette féminine. Une chevelure flamboyante, auréolant un visage plein de douceur et d’espoir. Je me perdais entre ses cils courbés, sans parvenir à retrouver la mesure du temps. Sa voix était mélodieuse. Elle était d’une beauté insoutenable, avec une sensualité timide, refoulée par des bonnes manières et une prestance royale. Tout cela semblait magnifique, un mystère à mes yeux, moi le séducteur qui n’attendait rien - qui n’espérait plus grand chose. La passion était une émotion éprouvante. Je redoutais ses plaintes et ses douces alarmes. La susceptibilité des sentiments. La torture morale et la vanité qui s’emmêlaient dans des écarts d’imaginations, de fantasmes et de mauvaise conscience. Les mots, les confessions - les trahisons. Les gestes sans pudeurs et l’intimité écorchée par les attouchements et les baisers fiévreux. Une douleur qui progressivement, envahissait le coeur palpitant d’une foi inébranlable un temps, puis ébranlante toujours. Le tiraillement des nerfs et le réveil dans une cage qui enserrait la gorge et transperçait les côtes. J’aimais trop les femmes pour infliger ces tourments. Pour m’emboiter dans les relations monocordes et la tentation de l’adultère. Un choix revendiqué par mes origines de feu. Trop possessif, pour posséder. Trop fougueux, pour garder l’équilibre. Elle n’étaient que passagères dans mes draps. Des fragments d’étoiles ouatées. Des étreintes complices et éphémères. Mais, cette cliente était était différente. Je devais m’abandonner à l’attirance. L’instant était inoubliable. Chaque moment était identifiable, lié à l’endroit, à l’odeur. Une mémoire émotionnelle que l’esprit matérialisait dans ces babioles qui lui semblaient probablement ridicules. Mais j’y croyais - à ces bêtises spirituelles, aux miracles imaginaires, à cette alchimie étrange qui se dessinait. « En effet, j’ai ce pouvoir. Et bien d’autres encore. » Murmurai-je en effleurant son avant bras. Il suffisait d’un peu de poésie pour combler le vide. Je hochais la tête en passant entre les rangées. Mes doigts glissaient sur les décorations afin de saisir une veille boite à musique. Un bois un peu usé et une ouverture terni par l’humidité. Je haussais les épaules. «Ce sont les choses cassées qui racontent les plus belles histoires. » Sifflai-je en ouvrant le clapet. Une pianiste penchée sur le clavier, déployant les notes d’un instrument à manivelle. Un mécanisme musical, composé de fils d’aciers et d’organes vibratoires. Une pièce unique - si jolie à regarder, remplacée par les Dictaphones et les révolutions audiovisuelles. «Je peux la peindre, si vous voulez. La rendre aussi jolie que vous. » Je lui adressais un sourire bienvenu.
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