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 feels like home (julian)

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MessageSujet: feels like home (julian)   Dim 1 Juil - 11:47

Les étoiles s'étaient soudainement éteintes sous ses mots. Il faisait noir. Le soleil s'était effondré sous les tirs adverses. Mon sang frappait contre mes tempes. Mon coeur voulait sortir de son enveloppe confortable pour retrouver le sien. A l'autre bout du monde. De l'autre côté de la rive. La balle s métamorphosait sous mes cils épais. Elle me touchait de plein fouet. Le sang roulait contre ma peau et la douleur me terrassée. Et si son corps était resté entre les dunes d'Orient. S'il n'était jamais revenu de cette mission suicide. Le mien se serait perdu dans la houle anglaise, parce que mon monde ne tournait que s'il existait. Qu'importe la distance, qu'importe notre relation ou la brièveté de nos échanges. Le simple fait de savoir que son souffle se perdait dans le même atmosphère que le mien m'était suffisant. Mes membres étaient paralysaient par la peur. Je craignais de voir les dégâts sur son magnifique visage. Toutes mes peurs passées venaient de s'écrire au présent. Julian était blessé . Et s'il avait consciemment atténué les conséquences ? Le coeur palpitant je me précipitais dans la voiture pour le rejoindre, me fichant bien des rancoeurs que j'avais. Il n'était pas venu ? N'avait donné aucun signe de vie. Ca n'avait aucune importance pour l'instant. La route se dessinait comme une évidence sous mes yeux. Neuf mois après et je la connaissais encore par coeur. Les virages, les petites bosses... le temps n'avaient pas effacé les souvenirs. Notre havre de paix à nous. Caché des autres. Caché du monde. Les lumières du hameaux brillaient faiblement dans la nuit noire. Je m'arrêtais un instant, le moteur encore allumé. La peur au ventre. Je ne m'étais posé aucune question face à ses messages et maintenant elles venaient s'écraser contre le pare-brise. Je pris une grande inspiration, les doigt tremblant autour du pack de bière. Je suivais les faibles lumières de l'allée qui m'invitaient à entrer dans cette bâtisse qui jadis était le théâtre d'un bonheur presque parfait. Ma poitrine se serrait. Je voulais tirer la porte pour rejoindre celui qui faisait encore battre mon coeur mais les souvenirs étaient puissants. J'entendais encore nos rires glacées au bout du ponton face à notre tradition du premier jour du mois, qu'importe les saisons. Qu'importe le temps. Nous nous enfoncions dans l'eau du lac dans notre plus simple appareil. Sous le sol pleureur, je revoyais nos silhouette enlacées paisiblement, les contours d'un livre entre nos mains. Je fronçais les sourcils en chassant les réminiscences afin de me confronter à la réalité. Julian et moi étions divorcés. Cette maison n'était plus la notre. J'étais énervée contre lui. Il était blessé.  Julian ? Je suis là criais-je en posant les clés sur la commode de l'entrée. L'intérieur n'avait pas changé, quoique quelque peu délabré par le temps. Le courrier s'entassait au sol. Factures. Factures. Publicités. Factures. Factures. Carte Postal. Je fus surprise de voir qu'on ne nous avait pas encore coupé l'électricité. Puis soudain se dressait sous mes yeux sa silhouette avachie. Un bras en moins. Mon coeur par terre. Je lâchais une bière. La bouteille vint s'écraser au sol. La mousse se déversait au sol. Immobilisée, le souffle coupé, je n'osais pas m'approcher jusqu'à ce qu'il se retourne et que je vois l'écharpe. A cet instant là, mes poumons purent se déployer à nouveau. Je ne perdis pas une seule seconde plus, je courrais pour l'enserrer dans mes bras. Son odeur me transperçait. Je ne voulais plus la quitter. Le quitter. tu m'as tellement fait peur, je te déteste   je t'aime . Les lèvres dans son cou, les larmes de soulagement au coin des yeux. La vie pouvait reprendre son chemin.  T'es qu'un abruti. Ne pars plus comme ça ! Tu mérites même pas que je sois là. parce que maintenant je n'étais plus celle au bout du fil, condamnés à l'attente silencieuse.

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Dim 1 Juil - 15:19

Le pouce figé par la colère. Le majeur coincé entre le noeud et l’échappe. Des fragments de blessures, des membres flasques et fatigués. Un talent crucifié sur la grande place de Deraa au milieu des cris et des bourdonnements des moteurs. Mon âme s’était arrêtée un instant. Puis elle avait repris vie, ailleurs, noyée dans l'amertume et la tristesse. Un coeur affolé, confus entre les couloirs de l’hôpital. Certaines douleurs n’étaient pas réparables. Certains nerfs se coupaient, se rafistolaient, mais les cellules gardaient l’emprunte du choc. Une mémoire du corps pour le corps. Une chute qui devenait l’ombre d’une vie. Je me cachais des regards, loin des vacarmes de la ville et des jugements. Je n’avais pas la force de lutter contre le monde, d’être le porte parole des opprimés d’Orient. Parfois, les mots n’étaient que des échos éparpillés dans le vent. Des vérités étouffées dans les vastes plaines. Je mourrais dans les silences. Je me perdais entre les meubles usés et les murs rassis. La nuance grise de la peinture glissait sur mes yeux. Je portais les images des enfants dans mon coeur. Je redoutais ces destinées, qu’on occultait au nom de la souveraineté. Ils ne voyaient rien. Mais j’entendais tout. Chaque bruit. Chaque murmure. Les pleurs et les cris. Je soupirais en posant le téléphone sur la table. Mes os prenaient forme contre les coussins. Je m’enfermais dans la nostalgie d’une romance passé, dans une maison hantée par les rires et les promesses. Le parfum de Gabrielle cheminait autour de l’espace, transfigurant ma vision dans une myriade de souvenirs. Nous étions heureux ici. Bien avant, le divorce et les disputes. Lorsqu’un baiser suffisait à taire les doutes. Lorsque ma carrière n’était pas un frein à l’amour. Je pinçais les lèvres. La balle extirpée de ma chair avait laissé une marque sur le reste. Une âme déchiquetée. Un coeur émiettée. Une vanité écorchée. Je lâchais un gémissement en me redressant face à la télé. Mes pensées dansaient sur l’écran noir. Je n’arrivais pas à me détacher de la Syrie. Mon cerveau se concentrait sur la bataille, sur les détails funéraires de l’opposition entre les rebelles et le gouvernement. Je vacillais sur la tapis afin de tirer les rideaux. L’obscurité enlaçait mes prunelles, imposant une accalmie passagère. Les ondulations du lac remontaient de la vallée, berçant mon illusion. Tout allait bien. J’étais sain et sauf. J’avais retrouvé mon frère - la moitié d’une âme moins défectueuse que celle que je portais dans mes entrailles. Jude était mon seul espoir. Le centre de mon équilibre. Je grommelais en entendant les vrombissements d’un moteur. Ma respiration s’affolait alors que je me tournais vers le vestibule. La démarche claudiquante créait le tempo, un rappel constant de l’horreur de la guerre. Je cachais mon bras en me faufilant entre les meubles. La voix de Gabrielle résonnait dans mes oreilles. Je l’attendais - mais j’oubliais la vraisemblance de ses mots. «Mais t’es là.» Je murmurais dans son cou. Ma bouche tremblait sur sa peau. Je retenais l’émotion - ce magma grumeleux d’affection et de peur qui tailladait mon ventre. «Tu m’as manqué. Tout de toi, m’as manqué. » Je me baissais afin de renforcer notre étreinte. Son corps comblait le vide qui se creusait entre mes côtes. Je ne voulais plus repartir. Je ne pouvais aider personne la-bas. Ni ici. Ma main était paralysée. Je ne parvenais pas à la retenir. Pour écrire, pour exister, j’avais besoin de bouger. J’avais besoin du mouvement. De m’aérer et de voler. Mon coude tombait sur son profil, inerte et douloureux. «J’ai tellement mal.» Minaudai-je comme un enfant. Je voulais l’attention. Je voulais ses yeux et son inquiétude. Son étreinte étouffante et ses lèvres sur ma joue. Je voulais me noyer dans ses vêtements et me cacher pour toujours.

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Dernière édition par Julian Baker le Lun 2 Juil - 0:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Dim 1 Juil - 16:45

Revenir ici, c'était prendre les portes vers un passé édulcoré. Mon coeur s'enserrait. Ma cage thoracique rétrécissait et m'étouffait presque. Je fis quelques pas, hésitante mais, lorsque je vis sa silhouette, la seule chose que je voulais, c'était le serrer dans mes bras. Je voulais le sentir vivre et respirer contre mon corps. Pour de vrai. Et pourtant, la peur de le perdre ne disparaissait pas. Elle s'était matérialisée pour la première fois. Julian. Mon Juli était blessé, la carte de presse troué par des valeurs éphémères. Apatride. Au nom d'un dieu qui essuyait les excès des dictateurs. So souffle me parvenait comme la plus belle des odeurs. Et je frissonnais sous ses mains. Encore sous le choc. Je lui en voulais de prendre autant de risque. D'avoir préféré les inconnus plutôt qu'à nous. Sur la pointe des pieds, je posais mon menton sur son crâne pour le serrer davantage contre mon corps. Contre mon coeur Ses mots arrivaient encore à me faire rougir, alors je cachais mon visage contre son épaule valide. arrête, tu me fais rougir alors que je suis censée t'en vouloir. Laisse moi un peu de dignité  riais-je contre son bras en tournant le visage. Je m'arrêtais en voyant le bandage et sa tâche de sang séché.  c'est foutu, on pourra pas coucher ensemble avec ça  d'un geste de main, je lui montrais le tissus qui maintenait son épaule et son bras.  laisse-moi t'aider  je le poussais contre la table du salon. Ma main contre son genoux, je lui écartais les jambes pour me faufiler entre et accéder à sa blessure. si tu commençais par me raconter ce que tu as ... . Mes gestes se voulaient délicats et presque imperceptible. Je retirais l'écharpe, essuyant sa grimace du bout du pouce, puis son bandage. Mon regard fut tout de suite attiré par le sang et la plaie encore ouverte.  t'as encore voulu jouer au héros ...  

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Dim 1 Juil - 23:18

Son étreinte devenait asphyxiante. Elle portait mes escarres et mes promesses. Gabrielle, femme déchue - abandonnée. Son parfum enivrait mon coeur. Je me penchais pour cueillir les perles qu’elle exhalait doucement sur mon visage. La douleur roulait sur mon bras. Sang tâché. Sang effacé. La marque était à l’intérieur, dans une chair putride et indigne. Les ombres de la Syrie entouraient mes paupières. Je voyais flou. Je ne voyais rien. Mon soupir était l’écho de leurs pleurs. Un fragment de guerre que j’emportais avec moi. Je serrais sa poitrine, me laissait choir sous ses gestes et ses recommandations. Sa silhouette si fine - si fragile, penchée sur mon visage, soignant la plaie et les mots. Je l’observais avec émerveillement. Ma bouche tremblait afin d’accueillir ses baisers. Qu’est ce qu’on fait ? Le jeu de séduction se transformait en tourbillon. Je perdais l’équilibre. Je me confondais dans les sentiments et les fausses promesses. Elle ouvrait l’échappe afin de dévoiler la peau abrasée. Je grimaçais sans bouger. Je le voulais pourtant. J’espère m’extirper de sa prise et cacher mes plaies. Mais les os étaient devenus flasques. Je n’avais aucun pouvoir sur mes articulations et mes muscles. Mes doigts s’agitaient faiblement. Ma chair tremblait par réflexe. Un sentiment de faiblesse horrifiant. Une impression, d’être éclopé - un moins que rien. « J’ai pas envie d’en parler.» Maugréai-je en posant ma main valide sur sa joue, l’obligeant à me faire face, à cesser toute activité. Je n’avais pas besoin de son opinion. De l’entendre énoncer ce que je savais déjà. Parce que je n’étais pas un héros. J’étais un lâche, un journaliste blessé. « Tu veux que je dise quoi ? J’ai glissé sur une peau de banane et je me suis pris un fusil? » Ma voix était chevrotante, secouée de trémolos. Je déglutis en effleurant sa tempe. Elle était mon échappatoire. Pas l’exutoire de mes tourments. «Et on peut coucher. Je suis encore fonctionnel. » Je lui adressais un clin d’oeil en me penchant vers son visage. Le contact était apaisant, chaleureux. Je me perdais dans la douceur empourprée de sa bouche, de ses pommettes, de chaque bout d’elle. «Je t’ai pas manqué ou quoi ?» Marmonnai-je contre son oreille. Le souffle brûlant, consumé par une passion qui bouillonnait dans mon ventre.

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Lun 2 Juil - 22:21

Les soupirs des autres se répercutaient contre mon oreilles. Les lamentations s'inscrivaient sur sa peau. Du bout des doigts, je les longeais pour deviner leurs histoires dans l'espoir de le comprendre lui. Il y avait eu des milliers de mort, peut-êtres plus. Et il gardait leur cris comme on garde une veille carte postale en souvenir, rangé au fond d'une boite qu'on ouvre lorsque la solitude est trop grande. Mais t'es pas seul Juli. On est là. Je suis là. . Ls doigts délicats, je frôlais sa blessure sans la toucher, de peur de lui faire mal. De peur de le briser. A nouveau   Je sais. Je t'ai demandé ce que tu avais. Le reste, ça n'a pas d'importance   parce que tu ne veux pas en parler . J'aurais aimé pouvoir connaître cet homme qui avait partagé ma vie. Cet homme que j'aimais encore. Tracer du bout des ongles son histoire les paupières fermées. Mais je ne connaissais que les trois quart. Egoïstement, il refusait de laisser l'entrée à quiconque dans ce quart qui devenait mystique. Même pas Jude. non. Je préférerais que tu me dises que tu t'es fais braquer par une bande de crevette déguisé en sushi. C'est plus exotique soufflais-je en lui assenant une petite tape derrière la tête, la réprimande au bout des cils. Pour autant, je posais ma joue contre sa paume, dans l'espoir d'enregistrer cette doucereuse sensation. A présent, je comprenais. Je comprenais ce qu'il pouvait ressentir lorsqu'il passait sa nuit à guetter ma respiration, la peur au ventre. La sensation qu'à chaque fois, c'est la dernière. Je soupirais, plongé dans mes pensées en refermant le bandage autour de son bras malgré ses gestes dissipés. Mon nez glissait contre sa joue jusqu'à ce que mon front trouve le sien. Les mains tâchaient de sang contre sa joue, je secouais le visage par la négative.  Non ... je souriais en étirant sa lèvre, amusée. Non tu ne m'as pas manqué. Je t'ai détesté pour m'avoir laissée. Je t'ai attendu. Mais tu n'étais pas là. A croire que les choses n'ont pas changé . Combien de fois avais-je espéré son retour lorsque ses pas foulaient les dunes dorées. Maintenant, tu me manques. Demain ça sera pire je me pinçais les lèvres en écartant mon profile pour plonger mon regard dans le sien.  J'espère que tu ne m'as pas faite venir simplement pour te regarder faire la fillette   j'essuyais le sang contre un tee-shirt sale qui trainait au sol, attrapant deux bières au passage pour lui en tendre une.  

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Mar 3 Juil - 23:51

Le monde semblait fragile. Nous étions jeunes, toujours amoureux. Les meubles de la maison s’inclinaient, grinçaient sous le poids de nos étreintes effrénées. Je m’agrippais à son bras, penchait la tête et inspirait la petite odeur brûlée qui glissait sur sa peau. Un amour consumé - calciné sous la pulpe de mes doigts. Mes pensées se noyaient dans les souvenirs. Une image qui en appelait une autre. Un bruit qui créait le malaise. Je tombais dans ses yeux colorées. Le silence se faufilait sur sa bouche. Un vermillon délicieux, attirant mes lèvres vers l’extase d’un baiser infini. Gabrielle, si belle. Gabrielle, ténébreuse et intrépide. Elle n’était pas mienne. Son alliance était posée sur la table de chevet - dans la même petite boite. Depuis neuf mois, elle ne bougeait pas, immuable entre les murs de la chambre. Je soupirais en effleurant sa joue. Mon coeur murmurait son nom, implorait son pardon. Les mots s’enfonçaient dans ma gorge. Je ne parvenais pas à lui dire. A avouer mes terribles erreurs. Mon souffle se condensait entre mes lèvres. Je ne parvenais pas à en saisir la portée, à m’incliner face à sa beauté. Son parfum se transformait en poison. Une vapeur nacrée glissant dans mes organes. Je haussais les épaules. Je m’extirpais de son emprise - de son étreinte. « Une lésion du nerf.» Constatation douloureuse. Je devais réapprendre à tendre les doigts, à tenir les objets. Des sessions de travail humiliante. Une sensation de faiblesse qui se rajoutait au reste, aux échecs qui s’accumulaient sous mes paupières. « T’es bête. Je serais venu, tu sais. » Marmonnai-je d’une petite voix. Gabrielle s’agitait autour des meubles. Elle essuyait le sang et pansait les blessures. Elle était la maitresse des lieux revenue, une reine dans un champ de ruine. Je grimpais en attrapant la bière de ma main valide. «Tu peux l’ouvrir, s’il te plait ? » Une politesse dérangeante, me rappellent à chaque instant que j’avais perdu l’usage de mon bras. Que la balle était encore là, encrée dans mes souvenirs. Je ramenais ma tête en arrière. «Je t’ai fais venir pour que tu saches que je t’ai pas posé un lapin.» Je lui adressai un clin d’oeil taquin. Mes yeux brillaient quand ils se posaient sur elle. J’observais sa silhouette, le détail de ses expressions lisses et la courbe de sa hanche. Je souris en l’invitant à se lover contre ma poitrine. «J’ai eu si peur de plus jamais te revoir. Pendant une seconde, je me suis juré que je te dirais tout ce que je ressens. Que j’avais pas envie de crever sans que tu saches. Mais je suis là. Tu es là. Et les mots viennent pas. C’est con.» Grommelai-je en me tournant vers la fenêtre.

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Sam 7 Juil - 12:39

Le divorce est le point final aux êtres qui ne s'aiment plus. Notre divorce n'était qu'une parenthèse dans notre histoire. Incapables de surmonter la distance et la maladie. La possible perte de l'un et de l'autre. La grandeur de notre amour avait gâché la pureté de nos sentiments, biaisés par le quotidien. Les lumières dansaient entre les meubles, mais je n'en voyais qu'une. Julian. Solaire et puissante. Ss bras étaient des lanternes qui me protégeaient de l'obscurité. J'aurais aimé avoir le courage de le retenir, de lui mentir et lui dire que notre vie pouvait être merveilleuse, mais les souvenirs de ces nuits d'inquiétudes et de paranoïas m'empêchaient de lui mentir. Contre moi, tu seras malheureux . Malgré tout, je n'arrivais pas à m'éloigner. Je ne voulais pas être forte et me priver de sa présence. Depuis, j'errais à contre courant, oubliant la sensation du bonheur dans des danses inconnues. Les cils courbaient, mon regard se posait sur son bras. J'entendais ses explications et ses aveux. L'orient lui avait donné la fierté et le courage, mais l'or n'était rien face aux armes et aux flaques pourpres. Blessé par l'artillerie meurtrière, je me pinçais les lèvres en songeant à ses rêves brisées et la lassitude d'une vie déjà trop ennuyeuse pour lui. Sans rien ajouter, j'attrapais la bouteille afin de l'ouvrir. Sans décapsuleur, la ferraille refusait de céder sous mes assauts. Les sourcil fronçaient, je forçais à en perdre mes doigts, toujours sans succès avant d'éclater de rire en levant mon regard dans le sien. je crois que dorénavant, on est condamné à boire des bières en cannette  du bout des yeux, je cherchais un dernier espoir, jusqu'à trouver le souvenir accroché au frigot de notre lune de miel expéditive, acheté dans une boutique à l'aéroport. D'un coup sec, je fis, enfin, voltiger les bouchons, non sans difficulté.  maintenant que je le sais ... je peux partir alors  je haussais une épaule en faisant un pas dans sa direction. Maintenant que j'étais à ses côtés, dans cette maison, notre maison, j'étais incapable de partir. De laisser le passé au passé, le besoin de le conjuguer au présent était presque viscéral. Ses regards, ses sourires, tout était une invitation à replonger dans des sentiments que je ne voulais pourtant plus, avec la terrible peur de le perdre encore et encore. La blessure ne s'était jamais guéris, les anges y avait déposé du sel dessus. Sans hésitation, j'acceptais son offre. La puissance de ses mots atteignait mon coeur qui était à présent aussi fragile que celui d'un oisillon. Lentement, je me tournais pour affronter sa posture avec un léger sourire  et c'est certainement plus raisonnable ainsi soufflais-je en posant mon index sur ses lèvres pour lui intimer le silence. Rapidement, je fis le contour de ces dernière, lissant leurs courbes charnues.   parce que je veux pas que tu me dises que je te manque pour me fuir demain Je préfère que tu me détestes pour mieux m'aimer ce soir. C'est jamais facile de te quitter Julian. C'est pire que tout  mes cils tombaient sur ses lèvres en répondant enfin à cette question qu'il m'avait tant posé. Je fis glisser mes doigts le long de son menton afin d'attraper ma bière et échapper à cette chaleur qui grandissait dans mon ventre.  Un magazine de mode m'a approché pour faire mon portrait dans un article. Je suppose que ça serait bien pour les affaires. On m'a proposé plusieurs journaliste, mais j'ai dis que c'était Julian Baker que je voulais.  je haussais une épaule en prenant une gorgée de bière. Qui serait le mieux placé pour le faire si ce n'est lui ?

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Lun 9 Juil - 4:00

Coeur suspendu au fond de la gorge. Parce que j’avais peur de l’aimer à nouveau. J’avais peur de n’avoir jamais cessé. Le reflet de Gabrielle s’amenuisait dans l’obscurité des couloirs. Sa bouche s’agitait dans un sourire macabre, resserrant l’étau d’une prison de feu. Elle ne comprenait pas cette douleur. Le laisser partir. Un abandon horrible. De la guerre, de ma vocation. De moi-même. Je me tournais lentement vers son profil. La lampe roulait sur son derme afin d’y déposer des perles d’étoiles. J’acquiesçais à ses remarques. Condamnés aux canettes. C’était poser les étiquettes. Rester pour toujours. Ensemble. Mais surtout atrophié, un membre lent et paralytique. Je pinçais les lèvres en avalant une gorgée de bière. Le liquide roulait dans mon œsophage, ravageait la paroi charnue d’un organe qui se dissolvait dans un bouillon de confusions. Mélange de sentiments et de regrets, mon âme se fissurait - mes pensées se cassaient. Je perdais la clarté de mon esprit, poursuivant les quêtes incertaines d’un destin qui s’amusait de nous. Je posais ma main sur sa cuisse, raffermissant ma prise à mesure que sa bouche approchait. Ses baisers allumaient un brasier dans mon ventre. Eveillaient cette sensation de vie qui s’éteignait dans la pollution de Brighton. Je soupirais, la conscience à demie morte dans les villages de Syrie. «Je te déteste jamais.» Ce serait impossible de me détourner. De fermer les yeux et de m’éloigner à jamais. Elle faisait partie de ma chair. Un chaînon manquant, gravé dans son ossature fragile et ses maladies chroniques. Nous étions complémentaires, indissociables dans un prisme de couleurs étranges. A la fois amoureux et séparés. Je déglutis en posant ma tête sur le bord du canapé. Cette maison nous appartenait. Elle représentait le noeud - l’origine de tout. L’histoire semblait s’écrire encore. Avec ses belles proses et ses parfums d’été. Elle enlaçait ma poitrine et me transportait vers une léthargie bienheureuse. Je m’arrêtais tout à coup. Ecrire. Sur elle. Pour elle. Je n’étais plus apte à tenir ma plume. A déverser l’encre sur les marges immaculées du papier. Le traumatisme était là, rugissant comme une bête sauvage dans mon crâne. Me contraignant à la médiocrité à laquelle nous assistions aujourd’hui. « J’écris sur la guerre. Tu te considères comme un champ de bataille ? » Sifflai-je sèchement. Je me dégageais des coussins afin de me redressais au milieu de la pièce. Mes jambes vacillaient entre les meubles, exhalant cette furie meurtrière qui ruisselait dans mes veines. Mon regard s’illuminait, électrisé par la rage et la déception. «A part que t’es ma femme, j’ai rien à écrire. J’y connais rien au parfum. Tu devrais trouver quelqu’un d’autre. » Je fronçais les sourcils en essayant de fermer le poing. Mes doigts restaient figés - incapables d’esquisser le moindre mouvement musculaire. «Putain. J’y arrive pas. » Les mots se fracassaient sur les murs, chargés de dépit et de colère.

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Lun 9 Juil - 20:03

Ses empruntes me brulaient la peau. Elles s'enfonçaient jusqu'à toucher le muscle et m'étourdir. Cette sensation était divine. Croire qu'on va tomber, frôler le sol puis se sentir retenu. Juste là. Au-dessus de l'asphalte.  Ma peau se couvrait de frissons sous la teneur de ses mots éclipsant les fausses croyances. J'avais imaginé mille et une fois le venin sortir de ses lèvres. La colère me bruler la rétine. Mais non. Il n'avait jamais ressenti cette rage remonter les parois de ses instincts, gravir son œsophage et se déverser froidement contre la porcelaine. Il n'avait pas ressenti ce qui m'avait rongé durant des mois. La haine et l'amour. La tristesse et le soulagement. Il était ce champ de fleurs sauvages et ses myriades de senteurs, toutes aussi touchantes l'une que l'autre. Je ne voulais plus manquer une seule de celles-ci. Plus manquer une seule seconde à ses côtés. Mon regard s'accrochait sur les murs. Sillonnait les pièces et les moindres recoins, tous chargeaient de souvenirs. moi c'est des ruines que je vois ... je haussais les épaules, le souffle coupé devant tant de véracité. Nous étions beaux et amoureux, mais l'évidence était là. Notre château de carte s'était effondré avec le souffle de Lupo. Julian n'était plus le même. Il s'était donné corps et âme à sa maîtresse. Celle dont il rêvait chaque nuit, la seule à pouvoir lui   donner assez de courage pour se dresser contre les nuits éternelles. L'Afghanistan. Les cheveux dorée et le regard abyssal. Le parfum épicé encore imprimé sur ses vêtements. Et aujourd'hui, elle semblait lui avoir laissé un souvenir impérissable. A part que t'es ma femme. Ses mots faisaient échos contre mon coeur. Rebondissant contre chacun de mes organes. Je regardais mon annulaire distinguant encore le fantôme de l'anneau. Il me serrait si fort. Et pourtant il n'y avait rien. Nous n'étions plus rien . Julian s'agitait, silencieuse je m'approchais de lui. J'avais vécu ce moment des milliers de fois. Des millions de fois. Trop de fois. La faiblesse du muscle. La sensation d'impuissance. Et donc t'as décidé de jouer au con ?  lui demandais-je en redressant mon regard dans le sien. J'attrapais sa paume entre les miennes, dessinant du bout des doigts les connexions nerveuses. T'as vu des choses atroces dans ta vie. La guerre. Le sang. Des amputations. La mort et là, tu fais un caprice ? Il te reste une main Julian. Sers-t'en .

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Dim 15 Juil - 21:38

Une montée d’adrénaline qui troublait le coeur. Une caresse douce, étrangère à ce corps qui se courbait sous les vestiges du temps. La guerre ne laissait pas d’empruntes, seulement des escarres - des cicatrices fissurées sur la peau rosée, grise, bientôt meurtrie. Je retenais ma respiration afin de renier l’évidence. Gabrielle était malade. J’étais fatigué. Il n’y avait pas de juste mesure entre nos amours impossibles. L’attirance était physique puis elle devenait toxique. Ma main vibrait contre son attelle, compressée par les agitations nerveuses d’une balle qu’on avait extraite du muscle. Elle ne voyait pas la douleur. Celle que j’inscrivais sur son visage n’était qu’une chimère, une réminiscence versatile de la véritable déchirure ressentie au moment de l’impact. Ses mots se dissipaient dans les soupirs du vent. Je ne l’écoutais pas. Je le refusais. L’alcool était ma seule conseillère, amère et enjouée, ses saveurs s’enroulaient autour de mon palais afin d’enlacer ma conscience. Une bière ne suffisait pas. Il fallait mille tonneaux pour effacer l’image. Pour annihiler la colère et la déception. Je haussais les épaules en fixant le plafond. La dorure s’amenuisait dans l’obscurité du salon. Les décorations étaient des fantômes poussiéreux, des objets oubliés après le divorce. La réalité, je ne ressentais rien. Je ne voulais rien garder. Les murs, seuls, étaient importants. Une cachette. Une tombe. Je pinçais les lèvres en m’éloignant de son emprise. Elle était trop amoureuse. Je l’étais probablement aussi. « Je ne décide rien. Je suis con. » Ma voix crachait le venin. Je l’observais avec étrangeté, un mélange de mépris et d’affection au creux des pupilles. J’essayais de reprendre le rythme, de sentir les pulsations de son palpitant contre le mien. Mais le silence inondait la pièce. Le vide nous contraignait à l’éloignement. Je n’avais pas besoin de ses conseils, ni des serments. Ces derniers, surtout, ne servaient à rien quand il s’agissait de mourir. Le sang affluait dans mes veines. «J’ai deux mains. Merci de remarquer. » L’une moins fonctionnelle que l’autre. Mais je n’avais pas perdu mes membres. C’était mon identité qui souffrait. Ma fibre littéraire et ma passion de l’aventure. Je grommelais en avalant une gorgée de bière. La rejeter, c’était plus facile. Parce que je n’avais pas la force de l’étreinte et de murmurer son prénom. Je n’avais pas le courage de me lever et de balayer nos erreurs pour recommencer. Ma démarche était instable et fragile. Une corde raide qui s’alanguissait sous mes plantes nécrosées. De bout en bout, je trébuchais. Je perdais l’équilibre. Personne ne pouvait rattraper le temps. Ni me ramener de la-bas. Il y avait un fragment de mon âme dans ces étendues désertiques. Un fragment de nous, enseveli sous les cadavres et les bombardements. Un régime d’oppression qui avait détruit le monde. «Tu suggères qu’il faudrait que je m’astique tout seul ? Et que ta bouche ne sera d’aucune aide en ces temps durs ? » Sifflai-je avec sarcasme. Détourner la conversation afin de fuir les obligations. Afin de m’éloigner encore et redevenir le paria dans nos échecs maritaux.

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Jeu 19 Juil - 22:48

Les souvenirs transperçaient les nuages, pour éclairer cette maison. Nous avions été heureux entre ses murs. S'il n'avait pas été là, la langue acéré et le regard noir, j'aurais posé mon oreille contre les murs pour entendre nos rires. Mais Jules n'était devenu qu'un mirage. Il n'était plus l'homme à qui j'avais dis oui un soir d'été. Je ne le reconnaissais pas. Son odeur n'était plus la même. Et tout à coup, je venais de recevoir un coup dans le ventre. Puis un second. Mes sentiments étaient biaisais par les réminiscences d'un passé heureux. Nous avions changés. Les mois nous avaient éloignés jusqu'à ce qu'il ne devienne qu'une silhouette étrangère. Ses lèvres, si douces fut-elles, étaient devenu aussi noir que les abysses. La douceur avait pris la fuite pour laisser place au mépris. Je haussais les épaules,presque lasse d'être à ses côtés. Il avait cette manie. A toujours se victimiser. Il ne voyait pas qu'autour de lui, la souffrance était plus vive. Parce que seule la sienne comptait. Il avait toujours été question de lui. Julian Baker. Les étincelles amoureuses s'étaient éteintes, c'est le regard vide que je l'observais.  On m'a toujours dis que j'avais un sens de l'observation inouïe. je souriais en contradiction avec son humeur. Je le connaissais assez pour savoir qu'il essayait de me rejeter. De me faire mal pour que je tourne les talons. Comme la première fois. Les lèvres contre le goulot, je pris une longue gorgée pour faire redescendre l'aigreur qui sillonnait ma gorge. Tu cherches quoi Julian ? Ca te fais plaisir ? C'est quoi ton problème ? Tu te sens à ce point diminué que t'as besoin de faire le mec ? je m'approchais de lui, l'innocence jusqu'au bout des cils  Je t'aurais bien aider à t'astiquer mais j'ai déjà donné au secours pop ce mois ci, puis ... t'as deux mains. Merci de me l'avoir fait remarquer j'attrapais sa main libre pour la poser sur son entre jambe. Apparemment les temps sont pas si durs que ça je lui offris un large sourire, l'oeil pétillant. Il était hors de question qu'il gagne. Qu'il sache que mon coeur était en train de saigner, loupant un battement à chacune de ses paroles acerbes. Souviens-toi Gabi. Ce n'es pas Julian .

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Dim 22 Juil - 21:52

Les notes se succédaient sur les parois défraichies de la maison. Mille souvenirs devenus fantômes. Je redressais les épaules, les yeux vitreux et le coeur dehors. Un organe battant hors de son sytème, pourrissant sous les néons des lampadaires. Une chair calcinée, brûlée par les affront de la guerre. Il y avait une séquelle morale. Une égratignure qui se creusait dans ma peau. Je portais les marques des orphelins, les pleurs des veufs et les désillusions des peuples. Orient. Asie. Dictature. Soumission. La politique portaient tous les revers. Et je me tenais au milieu de la scène, la plume souillée et l’orgueil cassé. Gabrielle ne comprenait pas ses maux. Elle était habituée aux douleurs physiques. Aux séquelles d’une maladie réelle. Parce que Lupus se manifestait. Il troublait sa respiration, ses reins - ses entrailles. Tandis que mon symptôme était invisible. Il n’appartenait qu’à mes pensées. Je me tordais dans la confusion des images. Je revoyais les fuites et les enjambées entre les ruines de la ville. Je sentais l’odeur ronce de la mort. Mes paupières frémissaient dans la lumière. J’étais injuste, mais j’avais mal. Tellement mal. La peine justifiait le manque. Et le manque étouffait le respect. Ma main était paralysée contre l’attelle. Le nerf s’était déchiré, ne laissant qu’un membre flasque, pendu à l’extrémité du pansement. J one pouvais pas bouger pour la retenir, ni la caresser pour m’excuser. Mes prunelles s’enfonçaient dans leur noirceur, voilée d’une colère assourdissante. Une colère si forte qu’elle oblitérait l’espace autour. Je la rejetais. Je reniais l’amour et les promesses. Un acte égoïste auquel elle était habituée avec les années. C’était ça, épouser Julian. Une lutte contre ses vices. Contre ce caractère hybride, mélange de douceur et de mesquinerie. Je soupirais en mimant ses gestes, buvant une gorgée encore plus grosse. L’alcool se distillait dans mes veines. Et je n’en ressentais aucun effet. Je ne recevais ni son ivresse ni l’euphorie du high. Elle s’approchait suavement, crachait son venin et posait ma main libre - celle malade sur mon entrejambe. Je ne retenais aucun cri. La lamentation jaillissait de ma gorge, transperçant le silence qui pesait entre nos silhouettes flottantes. Je me redressais afin de la défier. Ma bouche se pinçait, écorchée par ces insultes mal dirigées, ce dépit mortel qui bouillonnait sous ma langue.  « Je fais le mec. Je suis ton putain de mec depuis la nuit des temps et t’es pas fichue de me garder. Toi c’est quoi ton problème ? Tu me penses égoïste et chiant mais t’en sais rien … T’en sais fichtrement rien Gabrielle … J’ai tellement d’empathie pour la douleur des autres que je pense crever à chaque fois que j’ouvre les yeux …  » Grommelai-je en me penchant vers elle. J’espérais cette gifle qui me ferait taire. J’espérais qu’elle me frappe, qu’elle casse la bouteille sur mon crâne et m’assomme. Mais elle ne faisait rien et je me noyais encore. « Ma queue est moins dure parce que tes fesses sont plates. Tu manges parfois ? Tu t’occupes de ta santé ou t’es juste là pour juger mes chutes ? Pour me faire sentir pitoyable et con ? Parce que guess what, je le sais déjà. » J’essayais de fermer le poing mais j’y arrivais pas. Je n’arrivais à rien. Je crispais ma prise sur la bière, et dans un excès de rage, je finis par la balancer contre le mur. Le bruit était effrayant. Un réveil soudain. Je la fixais avec une expression affolée. Je ne me reconnaissais pas. Je reculais, horrifié. «Je … Désolé ... J’crois que tu devrais partir et m’oublier …» Sifflai-je la voix tremblante.

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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Sam 28 Juil - 23:46

Le regard grimé par les atrocités d'Orient. Je ne le reconnaissais plus. Julian n'était plus qu'un artéfact sans âme, comprimé par la douleur. Les paupières closes,  j'occultais ses cris laissant l'échos de nos souvenirs s'émanciper des murs. Les rires et les mots d'amour. Les pleurs et les réconciliation. Le présent n'avait plus de saveur face à un passé si édulcoré. Son odeur me ramenait à la réalité. Les notes boisées avaient laissé place à l'odeur du sang et de la sueur. Celle du soldat en perdition entre les dunes de sable. Ses traits étaient déformés par une couleur qui se dirigeait vers les oppresseurs , mais son regard ne faisait pas la différence, semblant me prendre pour l'un d'eux. Durant un bref instant, j'eus l'impression de retrouver l'écrivain à la douleur au bout du stylos. Il s'appropriait la souffrance pour la coucher sur le papier sans arriver à la laisser s'échapper le moment voulu. Mais aujourd'hui, la boite de Pandore s'était ouvertes. Il était impossible de le résonner tant les mots s'abattait sur le monde. Mon monde. Julian  Je baissais le visage en accusant le coup. t'avais dit que tu ne m'en voulais pas.  t'es un menteur . T'as raison. J'en sais fichtrement rien...  murmurais-je en enfonçant mes pupilles dans les siennes. explique-moi  mais il n'avait jamais voulu, préférant garder l'allure d'un homme à l'allure d'acier. Sans faille, alors que mon corps était criblé de balles. A cet instant, Julian m'inspirait de la pitié. J'aurais aimé passer mes doigts sur ses joues et aspirer sa douleur pour le soulager ne serait-ce qu'une nuit. Lui offrir la sérénité d'un levé de soleil. Mais ma dévotion s'effondrait face à la dureté de ses mots. D'instinct, honteuse, je reculais d'un pas en tirant sur mon pull. J'enfonçais mes mains dans mes manches, espérant disparaître dans les plis laineux. Lupus s'était réveillé il y a peu. Les douleurs me paralysaient mais j'avais appris à les cacher tant que les médicaments faisaient effet. Tant que la douleur était supportable. A vrai dire, je n'avais pas la place pour en accueillir autant que lui.  Heureusement qu'il plait à d'autre. Sinon j'aurais été obligé de devenir aussi aigri que toi je me redressais, le corps faible mais l'esprit vif, ls lèvres dénouées. Je n'avais pas peur de lui tenir face, ni de lui tenir face. A cet instant il n'y avait pas de pitié. Je me fichais de son syndrome post traumatique. Pour autant, lorsque le verre se brisa contre le mur, je ne pu m'empêcher de sursauter. Je tournais le visage pour regarder la bière rouler sur le mur sans oser le regarder à nouveau. Jamais la violence n'avait fait partie de ses vices. J'avalais ma salive, encore choquée et ébranlée par ce qu'il venait de se passer jusqu'à ce que ses mots ne viennent à mes oreilles. Sa voix. Celle du petit garçon fautif. Je m'approchais, le laissant se reposer contre la paume de ma main. Je caressais sa joue avant de le prendre contre moi. Peut-être que je devrais, mais je n'en ai pas envie.   .

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Dernière édition par Gabrielle Kostas le Lun 6 Aoû - 22:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: feels like home (julian)   Lun 6 Aoû - 10:39

Un cessez-le-feu affligeant. Le silence après le plomb. Le vide dans la tête et l’impression de voler, d’être submergé par le ciel. Mais l’odeur du sang reste et enivre les sens. L’odeur du sang s’enlise dans les pensées et les souvenirs. Elle tâche et perfore les yeux de ceux qui observent. On ne revient pas intacte. On ne revient jamais. Mort ou vivant, les soldats changent. Et les journalistes vacillent sur la corde raide. Un chaos de forces involontaires. Une chute libre dans le bourdonnement des chars et les cris des civiles. Là voilà, la morale de l’histoire. Une peur irréelle qui se faufilait dans mes veines pour se greffer dans mes cellules et y laisser la marque de la guerre. Je soupirais en m’éloignant. Ma main était amorphe, incapable d’effleurer sa joue et de supplier pardon. Je me tenais au milieu des poussières de notre ancienne maison, le coeur en miettes et le corps en bouillie. Des articulations rouillées et une pensée noire, perturbée par les images d’une altercation militaire terrible. Je n’aurais pas dû y aller sans dire au revoir. Je n’aurais pas dû lui tourner le dos sans un dernier baiser. Parce que tout semblait loin à présent. Ses lèvres. Sa bouche. Sa poitrine. Ma tête tournait et je me cramponnais au meuble afin de retrouver l’équilibre. Le sentiment se transformait en violence. Ses épaules sursautaient et le monde s’effondrait sous ses pieds. Son expression était figée, tournée vers mes regards globuleux et mes lippes pincées. Je ne savais pas la retenir. Je n’avais jamais su. Je me sentais si proche de son coeur, si proche du bonheur absolu. Et pourtant, mes blessures rejetaient le souffle de vie. Ma chair se rebellait contre ce parfum de roses et de liberté qui ondulait sur son faciès maigre et perçant. J’attaquais ses cicatrices parce que les miennes saignaient encore. Parce que la douleur était lancinante et que je ne supportais pas le manque d’elle. Le manque de Jude. J’aurais voulu courir dans ses bras, l’étreindre jusqu’à ce que l’irradiation de son âme épouse la mienne. Mais elle était si loin. Elle était si différente. L’amour se transformait et me mettait à genoux. Je frémissais en plissant les yeux. Il y avait pas de réponse, pas de place pour ses provocations mal placées. Parce que j’aurais tué tous ces autres à qui ses formes plaisaient. J’aurais tué chaque homme et chaque femme sur Terre. « Y a rien à expliquer … » Je soufflais dans mon menton. Gabrielle s’approchait et posait sa main sur ma peau. La brulure s’étendait et ravageait mes os. Je serrais son étreinte et étouffait les images. Une larme perlait au coin de mes cils. Puis une deuxième, plus grosse et plus douloureuse encore, roulant sur les courbes aigues d’un visage voilé par la souffrance. Je m’accrochais à ses épaules. J’enfouissais mon visage dans ses cheveux. Puis, doucement, je murmurais. «Je sais … Mais va-t-en … Je suis sérieux … Casse-toi s’il te plait …» C’était assez dur comme ça. Je n’avais plus envie de prononcer les mots. Je n’avais plus envie de me battre et de lui faire du mal. « J’ai pas envie, Gabi. J’ai plus envie de rien.» Même de toi. Et c’était ça, le pire. Je n’osais pas la regarder. Je n’osais pas la lâcher et lui dire que je l’aimais plus fort que tout. Plus fort que la vie qui, lentement, se détachait de mon corps.

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