AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 we bleed the same + jude

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

- paper notes : 403
- since : 08/04/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: we bleed the same + jude    Sam 30 Juin - 21:36

Deraa, ville soumise aux violentes offensives des forces gouvernementales. Les bombardements résonnaient sur les routes pavées de cadavres. La fuite était devenue urgente face aux silhouettes qui s’emmêlaient vers le sud. Ma main était couverte de sang. Tout s’arrête là. Le coup de feu se faufilait dans mon bras. Je soupirais et tournais la tête. Le sol en mouvance engloutissait mes pensées alors que je levais ma carte de presse. Mais l’attaque continuait. Le chaos tapissait les murs. Il n’y avait pas de protection au nom de la liberté d’expression. Journaliste ou villageois, toutes les blessures saignaient pareil. L’histoire coloniale se répétait, et nous étions tous réduits au silence. Un pays, tout entier, brutalement réprimé par le régime du président. Mes yeux avaient traversé les villages fantômes, les sentiers marqués par la destruction. Une hécatombe de sentiments, de rebelles armés de pierre et de passion. Une centaine de frappes contrées par le feu. Le nom d’Allah scandé vers un ciel qui pleuvait les projectiles par millier. Mes doigts se crispaient autour de l’entaille. Le premier cri de douleur sonnait faux - comme un mirage lointain, une sensation irréelle qui effleurait mes membres paralysés. Puis la montée d’adrénaline provoquait le reste. La chute faisait chavirer ma conscience. Une vague nocturne s’emparait de mon corps. Nuit éternelle entre ces paupières que je ne savais plus réveiller. Les bourdonnements berçaient mon apathie jusqu’à la prochaine secousse. La gorge serrée, j’inhalais les fumées des moteurs qui s’enflammaient autour. La brûlure était différente des mégots de cigarettes qui s’inclinaient sensuellement sous la flamme. C’était fini. Je ne me battais plus. Les mots se confondaient dans mon esprit. Le perce, l’anglais - les pleurs, langue universelle qui coulait dans mes veines perforées. L’hélicoptère m’avait rapatrié vers la Terre des autres.  Un asile politique forcé qui me ramenait sur les traces de Gabrielle. La Grèce accueillait mon sang dans les couloirs de l’hôpital. Une déchirure du nerf qui endommageait mes étreintes et l’agitation de mes doigts qui essayaient encore de rattraper mes erreurs. Une semaine de silence, c'était la châtiment pour ma folie. Le retour à Londres m’avait transpercé le coeur. Puis le transfert à Brighton avait éteint les autres organes. Je trimbalais une coquille vide. Une paroi qui s'effritait sous le vent. Toutes les odeurs de la mer se faufilaient dans ma poitrine. Je marchais à reculons, sursautant au son des klaxons et des conversations. Une vie à l’inverse, effrayante par sa simplicité et le calme de ses promenades. Mes jambes me portaient vers l’appartement de Jude. J'escaladais les marches en soupirant à chaque pas. Le moment de vérité était arrivé. La porte s’ouvrait afin d’éclairer le couloir. Je ne bougeais pas, le bras retenu dans l’échappe. Les bruits de la guerre s’élevaient dans ma tête. Je revivais la scène. Je suivais la course effrénée des civiles sans jamais parvenir à prendre la fuite. Je pinçais les lèvres en reculant. Le son n’existait pas, je sais. Il n'entendait rien non plus. Seulement, le roulement confus de ma langue qui essayait de parler. «J’ai tellement merdé, cette fois. Jude j’ai cru qu’on se verrait plus jamais. Et que si je mourrais, j’emportais un bout de toi avec toi. C'est terrible d'avoir l'impression de te tuer aussi. » Soufflai-je en cherchant le contact de ses bras.

_________________
- heart made of glass, my mind of stone.

this ship had sailed:
 
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 127
- since : 10/04/2018

( end game )

- getaway car.
address:
contact book:
availability: open (ninel, victoria, julian, travis, you?)

MessageSujet: Re: we bleed the same + jude    Ven 13 Juil - 23:31

i'll wait, so show me why you're strong
ignore everybody else, we're alone now
retrograde / james blake

Séparation brutale, un cœur qui se divise pour conquérir un monde. À peine de retour qu'il le perd déjà au-delà des frontières, sur des lignes décrites comme hostiles. Il n'a pas compris, Jude. Puis d'abord, il a détesté. Un peu de haine pour Gabrielle et beaucoup pour lui-même. Je l'ai fait fuir. Culpabilité qui l'a empêché de dormir. Qui entretient ses insomnies encore aujourd'hui. Il s'imagine Julian à l'autre bout du monde, valsant entre les dunes et les balles. Héros avec pour seule arme un stylo. Il se demande, Jude, s'il n'a pas précipité le départ de sa moitié d'âme, en lui refusant la vérité. En lui cachant les récits de sa détention, en s'enveloppant d'un tissu de mensonges – ce pathétique tour du monde dont il n'a même pas fait le quart. Son palpitant s'épuise, son esprit s'use sous la pression qu'impose l'attente. Il fait les cent – les mille – pas dans l'appartement vide. Travis n'est pas là pour le visser sur une chaise ou devant la télévision. Il n'y a que lui et un silence étouffant que Julian ne peut pas couvrir de ses rires. Il n'est pas là. Il est en chemin. Peut-être qu'il arrivera dans une poignée de secondes. Peut-être qu'il devra patienter encore pour une éternité. Son âme s'effrite et ses poumons cherchent leur air. L'inquiétude lui étreint la trachée, insidieuse et pesante. Il regarde par la fenêtre et s'arrête de bouger dès qu'un craquement de latte miteux se fait entendre. Mais il n'y a rien de plus que des fantômes et des rats grassouillets pour traîner leur carcasse entre les canalisations. Toujours pas de Julian à l'horizon. A-t-il oublié le chemin qui le mène à la maison ? Peut-être qu'il avait raison. Peut-être que leur lien gémellaire s'est étiolé avec les années. Pourtant Jude, il peut jurer avoir senti cette balle traverser son bras et son âme. La peur lui a gangrené le cœur, intense, malgré les milliers de kilomètres qui le séparaient de l'instant et du terrain des opérations. On frappe à la porte. Le monde se renverse. Ses pas se précipitent vers l'entrée et il lui fait face – à lui, au fantôme. Il reste interdit un instant. Cherche des réponses au creux de ses yeux vides. Le silence pèse, mais pas autant que cette attente dévorante. Pas autant que l'incertitude, celle de le revoir un jour, en un seul morceau. Il a envie de hurler, Jude. De le malmener, le bousculer, lui cracher mille reproches au visage avant de claquer la porte. Puis, il a envie de l'enchaîner à sa table basse, pour qu'il ne reparte jamais. Le cœur en fibrillation et les lèvres qui tremblent, il l'écoute, se noie dans les harmonies parfaites de sa voix. « J'te déteste putain. » Pourtant, il fond dans ses bras et y meurt, juste un peu. Il ferme les yeux pour cacher les larmes qui valsent au bord de ses paupières. Il le serre à en perdre souffle – mais un peu plus, un peu moins, il n'y voit aucune différence. Il a appris à vivre sans respirer correctement, et ce depuis ses dix huit ans, depuis que son monde s'est divisé en deux. « Pourquoi est-ce que t'as fait ça, hein ? » Il finit par se reculer Jude, dans un élan de colère. Il a de la rage au bord de son sourire nerveux et les larmes pour inonder ses yeux. Les sillons salins se creusent dans ses joues et disparaissent dans sa barbe de quelques jours. « Qu'est-ce que t'avais à prouver encore ? Mais. Non mais pourquoi ! Pourquoi est-ce que tu fais toujours des trucs débiles comme ça ? Qu'est-ce que t'attends bordel ? » La colère fait trembler sa voix et il fait des grands gestes pour parler, Jude. Il a envie – besoin – de comprendre. « J'étais mort de peur putain. Et t'arrives comme une fleur. Mais qu'est-ce qui tourne pas rond chez toi, Jules ? » Il tremble de tout son être, de sa colonne vertébrale au bout de ses phalanges. Il se recule et s'enfonce dans son appartement. Lui tourne le dos et passe ses mains sur son visage. Son cœur qui crève sous l'assaut de l'adrénaline. Il est là. Il est en vie. Ils sont en vie.

_________________
[ s h a m e l e s s ] he doesn't look a thing like jesus but he talks like a gentleman, just like you imagined when you were young.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur En ligne
 
we bleed the same + jude
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» QUI EST JUDE CELESTIN ? POURQUI ET PKWA LUI ET NON PAS ALEXIS ?
» Jude Celestin:Un pouvoir fasciste en gestation en Haiti
» UN AUTRE CAS D'USAGE DE FAUX ! SENBLE JUDE CELESTIN PA INGENIEUR VRE !
» Un kit pour Jude SVP.
» BRIDES: Mirlande Manigat gagne 7% alors que Jude ne decolle pas

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
- call it what you want. ::  :: brighton east side.-
Sauter vers: