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 rooting for you + gabi

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MessageSujet: rooting for you + gabi    Ven 8 Juin - 0:18

Face à ses yeux, le monde succombait. Une mer fragile, gémissant autour de la ville. Je respirais ses mugissements. Je comptais ses nuances, la bouche couchée sur le ressac. Les vagues roulaient sur les galets, captives des étoiles qui enlaçaient l’horizon. Ma main effleurait sa joue. Une sensation fugace devenue réelle sur sa peau porcelaine. Je me penchais, le coeur en morceaux - mille fragments d’amour qui se perdaient dans ma chair. J’avais posé un genou pour elle. Je l’avais supplié de m’épouser, de confondre ses lèvres sur les miennes. Deux ans, trois missions et la promesse scellée au bout de l’autel, Gabrielle avait attendu parce que j’étais en vie.  Elle avait attendu parce qu’il y avait l’espoir, l’absolution et le pouvoir de nous. Un sentiment que je ne retrouvais pas. Seul, face à son cadavre. A ses jambes tremblantes et ses muscles tordus. La fièvre l’emportait. Elle l’éloignait de mes étreintes. Gabrielle ne savait pas. Elle n’avait pas vu Lupo la prendre. Elle l’avait seulement senti. Elle l’avait vécu. Et moi, de l’autre côté, barricadé dans un corps sain et puissant, incapable de bondir hors de l’enveloppe charnelle pour la sauver du démon. La lassitude s’emparait de mon âme. Une impression de n’être qu’une chimère, un bon à rien. Comme ces fois en Afghanistan, où l’encre ne suffisait pas à effacer le sang. Ou la vérité n’empêchait pas la guerre de ravager les pays. Je fronçais les sourcils en aspirant les vapeurs de ma cigarette. Les perles de tabac s’enlisaient dans ma trachée, embrassant chaque anneau de cartilage jusqu’à atteindre mes poumons. Ma main ne lâchait pas, ni elle, ni le mégot. Deux amoureuses qu’il m’était impossible d’oublier. Je soupirais en souriant. « Le soleil est déjà couché. » Un constat douloureux, après l’avoir invité à observer l’astre s’endormir. Après ces jeux de contradictions et de chantages émotionnels qui ravivaient la plaie. Tout à coup, je me retrouvais sans rien. Je me sentais démuni. «Je voulais te remercier d’avoir lavé mes vêtements.» Ma voix s’emmêlait dans la fumée. Je me moquais un peu. Le sarcasme coulait dans mes veines. Parce qu’elle m’avait jeté du pont en premier. Elle était l’origine de toute mes blessures et l’unique enchantement capable d’effacer la douleur. « Tu as l’air moins malade quand il fait sombre. » Une image qui me revenait sans cesse. Un rappel constant de sa condition et de la mienne. Une illusion de retrouvailles, de réconciliations et de rires qui s’évanouissaient dans la pénombre. Je crachais mes poisons sur le monde. Je les écrivais jusqu’à en transpercer le papier. « Tu as froid ?» M’enquis-je sans bouger, sans poser ma veste sur ses épaules. La chevalerie conditionnait nos amours. S’inquiéter, c’était revenir dans la cage. Et ne plus jamais prendre son envol.  

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Ven 8 Juin - 21:38

Les chants ésotériques résonnaient contre les vagues. Aussi profonds que les abysses. Chaque trémolos me secouaient. S'abattait contre mon coeur. Durant quelques secondes, je fermais les paupières, profitant de l'air iodé. Aussi agréable que lancinant.  Le sel venait réveiller les vieilles blessures. Faisant naître  le sourire de l'ange. Le sourire douloureux de la nostalgie. Mes cils se posaient sur sa silhouette dantesque. Il semblait accablé par la vie. Les maux du monde s'accumulé entre ses doigts. La boite de Pandore. La boite de Julian. Celle qui renfermer notre histoire. La pureté de notre amour s'était transformée en supplication. Je n'étais pas la seule victime des humeurs de Lupo. Il avait été aux premières loges, sans pouvoir accepter la véracité de la situation. Sans m'aimer suffisamment pour le meilleur, comme pour le pire. Le prétexte était le couché du soleil. J'aurais pu lui dire, qu'à cette heure-ci, il avait déjà retrouvé son amante. La lune. Pour une brève aventure. Comme chaque soir. Mais notre rencontre n'aurait eu aucune légitimité, autre que celle de se retrouver. Il était impensable de retrouver l'étiquette. De suivre le même sentier sinueux. La vie nous avait surement rassemblé pour comprendre. Comprendre ce que nous voulions. Et Julian ne voulait pas d'un corps malade comme le mien. Je ne pouvais plus sentir la pitié épouser les courbes de mon corps. C'était pire que Lupo. Ne peux plus exister pour l'être aimé. C'est pas grave. C'est maintenant que le spectacle commence  murmurais-je en laissant mon corps s'abattre contre les dunes. Le sable épousait ma silhouette à la perfection. Les grains s'émancipaient entre les fibres, prêts à m'ensevelir dans les bas fonds de la terre. peut-être que t'as raison. Je suis déjà un cadavre Julian. Ferme les yeux et ne te retourne jamais.  ses pas faisaient frappaient déjà contre mes tempes. Un jour ou l'autre, il partirait à nouveau. Lasse de supporter l'inquiétude et la monotonie.  J'ai déjà pris les 3 euros dans ton porte-feuille. Je t'ai pas compté la lessive. Cadeau de la maison  je lui offris un clin d'oeil avant d'attraper son poignet pour le ramener contre le sable à son tour. Le soleil était merveilleux, mais le paysage nocturne était fascinant. Son visage devenait argenté sous la lueur céleste. La fumée de sa cigarette dansait dans le ciel. Ses arabesques étaient enchanteresses, mais la magie étaient chronométré. Elles disparaissaient lorsqu'il ouvrait la bouche. Julian me voyait comme une malade. Gabrielle n'existait plus. Longtemps je lui avais reproché de m'oublier et de réduire mon existence à un simple terme médicale. Je lui reprochais toujours. Avait-il conscience de ses paroles ? Ma présence ne semblait qu'être une enveloppe charnelle affaiblie. Il avait déjà pleuré mon décès. Déposer les fleurs sur le marbre.  Alors évitons la lumière. Je te donne rendez-vous au levé de la lune  je me pinçais les lèvres, lassé par ses mots, par con comportement. Sa présence était un paradoxe et faisait naître des sentiments contradictoires. Tu me fatigues déjà ça dépend. Si je dis oui. Tu m'offres ta veste ou tes bras ?  je riais en courbant mes jambes dans sa direction. Du bout des doigts je lissais son inquiétude. Je vais bien Juli. Je te promets J'ai été opéré il y'a deux mois.  d'un geste lent, je me tournais en soulevant le bas de mon tee-shirt pour lui montrer la lune blanchâtre qui s'était déposé contre ma peau. Tu vois Juli. On m'a ramené à la vie. Je suis vivante.  

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Dernière édition par Gabrielle Kostas le Dim 10 Juin - 11:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Dim 10 Juin - 5:35

Ma solitude - Gabrielle ne pouvait pas l’imaginer. Sombre et brûlante, telle l’empreinte de ses lèvres sur mon ventre. Noire et essoufflée dans la nuit, tel un monstre qui courrait dans mon dos. Qui croquait ma chair et mes pensées. Sans elle, sans Jude - le monde s’effondrait. L’étoile transperçait la voute et pleurait sa constellation. Un royaume obscur, voué aux sphères inatteignables du ciel. Je tremblais en aspirant les arabesques d’ivoire et de cendres, la bouche serrée et la poitrine criblée d’amour. J’agitais mes épaules perverties par le manque. Ma gorge emprisonnait les mots. Nous étions en vie. Nous étions amoureux, les coeurs liés sur les galets glacés. Je ne souriais pas. Le temps vacillait entre les lumières de l’horizon. Une trêve passagère où la séduction n’était qu’un jeu, une parallèle sentimentale pour oublier le divorce. Ma main glissait dans ses boucles soyeuses. Gabrielle, femme d’Athènes, divinité affranchie, survolant les plaines blanches et les étendues d’Azur. Elle avait voyagé au travers des livres pour succomber dans mes draps. Une passion bénie. Une passion effritée par les erreurs humaines. Mes doigts serraient l’étreinte sur son poignet - si petit, si fragile. Sa silhouette effleurait les dunes et la mienne, suivait ses ondulations afin d’épouser les grains de sables. Je rêvais en sept couleurs, l’esprit captif d’un spectre de nuances psychédéliques. Son parfum se confondait dans les vagues. Je l’inhalais pour respirer. Pour retrouver la force et le courage. Mes yeux embrassait sa peau, affligées par la beauté enivrante de ces courbes que je ne touchais plus. « Tu insinues que je suis un journaliste fauché ? » Mais je m’en sortais de manière convenable. Un appartement spacieux au centre-ville, une voiture achetée à crédit et le prestige d’une carrière enchantée par les bourdonnements des chars militaires. Elle ne pouvait pas m’ôter ma gloire. Les trois euros n’étaient qu’une mièvre allusion à nos escapades européennes. A ce voyage de noce qui n’avait duré que 25 heures entre les aéroports de France et d’Espagne. Puis j’étais parti en Afghanistan, les paupières rosées et les jambes tremblantes. A trop combattre le mal des autres, j’en oubliais celui de ma femme, ses luttes et sa maladie. Je n’étais presque jamais là pour ses examens. Pour les sermons des médecins et les pronostics effrayants. Tout se transmettait par messages interposés, et lorsque je rentrais au pays, je devais agiter l’étendard de la paix. J’en oubliais ses douleurs jusqu’à ce que les symptômes se réveillent et que je me retrouve au milieu. Les guerres étaient partout. J’étouffais. Je déviais. Incapable de m’extirper des villages en sang. De m’échapper loin des images effrayantes. Et surtout, j’étais désolé de l’aimer si fort. De la chérir au-delà de mes espérances.  «Un autre rendez-vous, déjà. Je suis flatté.» Elle s’amusait de mes faiblesses, soulevait le tissu afin de dévoiler le toucher nacré et la cicatrice au dessus de ses reins. Mon pouce se pressait sur la marque, puis mes lèvres tombaient, embrassaient l’ombre d’une suture qui étincelait sous ses côtes. Je ne savais pas. Je ne faisais plus partie de cette vie. « Il y a deux mois, je dégustais du vin snob dans une foire d’Italie. » Nos chemins s’éloignaient. Nos espoirs, aussi. Je soupirais sur sa joue. « Je préfère que tu dises non. Je pourrais te déshabiller sans culpabiliser.» La pénombre colorait nos profils. Je me fichais des regards et des appels de ma conscience. Ici, le mensonge était facile. J’enterrais mon mégot dans le sable en lâchant un soupir. Mes bras retombaient, inertes sur les galets. Les yeux dans les étoiles, je lâchais un rire nerveux. « J’ai toujours su que tu m’avais vu, ce soir là. Mais je refusais d’y croire. Je me suis dis que si je pouvais garder ce secret, je pouvais aussi te cacher le reste. » Comme mon envie de revenir. De t’aimer - de rester. Les cris des enfants qui me hantent, l’odeur des cadavres qui revient dans mes narines. Et le pire - cette impression de revoir ton visage sur tous les morts. La peur, de te perdre pour toujours. L’émotion ignoble de n’avoir aucune empathie pour les autres, seulement pour toi. Parce que tu es Gabrielle. Que tu es mon univers et les étoiles qui orbitent autour.  

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Dim 10 Juin - 15:01

Le voile du silence se couchait en douceur sur nos silhouette étendues. Le bruit n'avait pas de raison lorsque je pouvais entendre les murmures de sa respiration. Lui ne savait pas. Il pensait écouter les miennes, à la recherche d'un sursaut d'apaisement. Mais les battements de son coeur, à lui, étaient ma  rédemption. Je pouvais imaginer l'encre sereine de l'électrocardiogramme épouser les grains de papier. J'aurais aimé toucher sa poitrine du bout des doigts. Laisser la pulpe dessiner la naïveté enfantine. Mais je ne le faisais pas. Je n'étais plus légitime. Un soupire transperçait mes lèvres. Nous étions si proches, mais si éloignés. La chaleur de son corps se transformait en glace aussitôt le contact établis. Il n'y avait plus de sens à nos rencontres. Plus aucun. J'inhalais les fumées toxiques par procuration. Je soufflais la vapeur imaginaire en espérant que les arabesques raconteraient une histoire. notre histoire. tu ne m'as toujours pas invité diner je haussais une épaule, sourire aux lèvres. L'argent n'avait jamais été important. La passion l'emportait. Nos rêves s'étaient transposés dans un endroit reculé de Brighton. Là ou le lac miroitait nos erreurs. Nous avions passés des journées entières à rénover la vieille bâtisse, lorsqu'il ne partait pas affronter la chaleur suffocante du Moyen-Orient. Nos souvenir était gardé par le temps, par cette clé que je n'avais plus jamais osé prendre. Ses doigts encerclaient ma cicatrice. Mon coeur s'arrêtait lorsque mes paupières se fermaient. Continu Julian. J'aurais tout donner pour que ces secondes soient des heures. Pour ressentir. Elle a l'ait vraiment chiante ta vie.  soufflais-je du bout des lèvres. Je me retournais lentement pour lui faire face. Mes cils se levaient dans sa direction. Mes pupilles attrapaient les siennes. Le constat était là. il n'était pas là. Il ne l'avait jamais été. Fuyant la douleur. Cajolant la souffrance des autres plutôt que la mienne. Et même si je ne pouvais pas lui en vouloir à l'heure d'aujourd'hui. Mon coeur se brisait à nouveau. Un morceau en moins. Un morceau en plus. Parce que nos chemins s'étaient séparés. L'air moins enjoué, je me renfrognais en laissant tomber mes doigts pour rompre tout contact, préférant enfoncer mes ongles dans le sable, les pupilles dans les astres.  Que j'ai froid ou non, tu culpabiliseras   j'attrapais sa veste pour la poser contre ma poitrine. Je mourrais dans l'attente d'inhaler son souffle. De brûler sous sa salive fiévreuse, mais la froideur de ses révélations me crispèrent automatiquement. « je pouvais aussi te cacher le reste » Le monde venait d'arrêter de tourner. Il s'effondrait. L'air n'était plus respirable. J'étouffais sous le poids de ses révélations. Je voulais lui demander. Combien y'en a t-il eu Julian ? Combien de corps ont remplacé le mien ? les cris des passants éméchés vint rompre le silence. Je ne voulais pas lui demander, de peur d'affronter une réalité que je ne pouvais pas entendre. Tais-toi Julian. Je veux pas savoir le reste. Je veux pas savoir combien de secret tu m'as caché ... je ravalais l'amertume de la bile qui grimpait dans ma gorge. Presque instinctivement, je refermais la veste autour de moi, faisant naître sa culpabilité davantage. La sensation de ses doigts n'était plus que dégout. Le fantasme s'était envolé entre les cuisses des autres. Du reste  Merci. J'ai toujours regretté d'être partie sans un mot. Sans un regard. Je savais que c'était mieux pour toi. Maintenant je sais. Je sais que c'était mieux pour moi aussi. les lèvres crispaient, j'essayais de lui offrir un sourire, mais sans succès. Parce qu'on est pas que des amis Juli. Tu le sais bien.  

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Dim 10 Juin - 19:44

L’horizon  se couchait sur ses paupières. Une lueur fugace qui valsait entre mes cils. Gabrielle succombait. Et je tombais à sa suite. Je mordais la poussière et les vapeurs qui se détachaient de sa silhouette. J’étais amoureux. J’étais faible. Ma bouche imprimait nos promesses sur sa peau. Je soupirais sous les étoiles. Ils ne pouvaient pas nous retrouver et étreindre nos coeurs. Tous ces astres du ciel, toutes ces divinités et ces destins qui se dessinaient dans les arcs nébuleux des nuages. Je posais un coude sur le sable afin de me hisser vers sa joue. Ma main tremblait encore. Après le genou, c’était ma dignité que je posais au sol. Elle ne pouvait pas comprendre. Elle n’avait pas mes yeux pour voir - pour ressentir cette douleur contradictoire, hybride et malsaine. Comme un compte à rebours. Un rappel que notre bonheur était limité. M’aimait-elle assez pour pardonner mes erreurs ? Ou son amour n’était mesurable que dans le sacrifice ? Elle était partie pour mon bien. Pour m’offrir une liberté que je la suppliais de m’octroyer dans la nuit. Et maintenant, que restait-il de nos passions ? Ma mâchoire se serrait autour des relents amers du tabac. La salive putride, cendrée de la bouche au ventre. Je me tournais afin d’effleurer sa tempe. « Le désert à emporter ? » Murmurai-je mensuellement en me penchant au creux de son oreille. Elle s’amusait de mes faiblesses. Et je faisais de même, plongeant, âme la première au fond de ses prunelles. Magnifique, comme au premier jour - mon coeur s’enlisait dans ses mots. Chaque fragment de moi, cherchait un fragment d’elle. Une évidence astrale qui nous condamnait dans le cycle vicieux.  «Je culpabilise parce que je te mérite pas. » Ricanai-je en me détachant de son emprise. Le sarcasme revenait au galop, se dressant entre nos silhouettes étendues. Gabrielle s’offusquait de mes révélations. Elle s’agitait, les sourcils arquées et la déception visible. Je ne justifiais pas mes paroles. Je les embrassais jusqu’au dernier souffle. Je repliais les jambes en me tournant vers la mer. Les vacarmes de la ville prenaient d’assaut notre rencontre. « Content de t’ouvrir les yeux. Tu arrêteras peut-être de m’en vouloir pour ton geste héroïque et ton altruisme amoureux. T’es partie pour notre bien. » Une épine que j’enfonçais sciemment dans ma chair. Je grommelais en sortant une autre cigarette. Le silence était pénible. Le doute étouffait mes pensées. « Gabi, c’était débile d’embrasser une autre seulement pour échapper à tous nos dramas. Excuse-moi de pas gérer ta maladie. De pas savoir comment te consoler. Mais je ne suis pas con au point de te tromper à répétition. Ce qu’on avait était beau. C’est toi qui décide de le ternir avec les doutes. Ne sois pas jalouse, je ne t’appartiens plus. » Je me levais afin de marcher entre les dunes. Mon corps bougeait - une chimère entre les néons, affaiblie par le conflit. Ce que je détestais la vérité. Elle retentissait dans ma tête. Elle détruisait ma conscience.

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Dim 10 Juin - 23:57

La lune n'était que secondaire face à son visage argenté. L'ombre de ses cils se déployait contre son derme avec une élégance rare. Lorsqu'il s'approchait, son odeur me percutait pour ne plus me lâcher. Elle m'emprisonnait dans l’étau du passé. Dans les pages de notre album. Et pourtant, je déployais mes poumons pour la respirer davantage. Malgré tout, je ne voulais rien oublier. Julian avait été l'homme de ma vie. Mes doigts s'enroulaient dans ses boucles brunes. La proximité devenait presque étouffante. Mais divine. Ma poitrine s'arquait contre la sienne. A la recherche d'un tempo. Celui de son cœur. J'avais le besoin viscérale de m'aligner à ses respirations. Comme pour lui prouver, inconsciemment que nous n'étions pas si différent l'un de l'autre. je peux être plein de vitalité Julian. Comme toi. Il arrivait encore à me décrocher un sourire. Puis un rire. Ses yeux me hantaient. Il savait. Il savait l'effet que ses prunelles avaient. L'afflux sanguin vint teinter mes joues. Malgré les années, les étapes et les épreuves, Julian avait toujours eu cet effet. Presque automatique. Au-delà du chimique, du physique, du logique, et pratiquement au-delà de tout ce qui finit en -ique. Il n'avait pas changé. Toujours aussi beau. Je n'avais qu'une idée. Me perdre dans l'immensité abyssal de son regard. Des heures et des heures durant. Je secouais la tête en frottant mon nez contre le sien, les doigts autour de ses joues.  chez toi ou chez moi ?  presque par automatisme, sans réfléchir, je lui mordillais le nez, rieuse. Puis la chute. La réalité. Je me raclais la gorge dans l'espoir d'éviter les justifications. Je tournais le visage pour ne plus à affronter mes démons. Ils portaient tous le prénom de Julian. La culpabilité était ancré dans ses rides. L'inquiétude perlait le long de ses yeux. Chaque nuit, faisant naître nos cauchemars. J'ouvris la bouche dans l'espoir de répondre, mais ses mots furent plus rapide. Aussi tranchants que la lame du couteau. Le reste. Les femmes et leurs courbes enchanteresses. Il avait succombé à la mélodie des sirènes sans se souvenir de celle de sa femme. Son absence m'avait rendu aphone. Le ciel se déchirait sous l'assaut de nos reproches. Le pardon était difficile lorsqu'il se mélangeait aux regrets. L'amour était impossible. Nous étions incompatibles. J'encaissais jusqu'à la rédemption. Sa silhouette  s'éloignait dans la nuit. Le ressac s'écrasait contre ses jeans. Et son odeur se dissipait J'ai froid Jules. C'est tes bras que je veux . Il avait raison. Je n'avais plus le droit d'être jalouse. J'avais renoncé à ce privilège en signant les papiers du divorce.  A mon tour, je me redressais pour marcher jusqu'à son ombre. Je me positionnais dans son dos, le menton contre son épaule. J'hésitais à enserrer sa taille, à retrouver la place qu'il leur avait faite. mais elle ne m'appartenait plus Tu m'en veux ?  tu m'en veux encore d'être partie Jules ? Je serais toujours jalouse. C'est plus fort que moi. je soufflais contre son cou avant de redresser la tête pour regarder le reflet de notre soleil nocturne. t'as plus de raison de me cacher le reste. Parle-moi Juli.  

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Dernière édition par Gabrielle Kostas le Lun 11 Juin - 20:33, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Lun 11 Juin - 1:47

Elle me regardait en silence, comme si je n’étais qu’une séquelle de sa maladie - un amour qui se dilatait dans un prisme de formules naïves et simplificatrices. J’avais embrassé une autre, alors elle me quittait. Le vent s’engouffrait dans ma poitrine. Je m’éloignais afin de prendre mon envol, ailleurs. Apatride. Asservi. Abandonné. Soupirs réprimés. Les vagues s’alignaient dans un mirage au bord de la mer. Mes pieds se noyaient dans la vase dégoulinante, marqués par les traces d’une guerre que j’avais mis trois ans à enjamber. La-bas, pour elle - pour mon frère. Mes doigts se crispaient dans mes poches. Je rêvais d’absolution et de l'aventure éternelle, de marquer les esprits d’un talent inouï qu’il était possible de lire sur papier. Mais il y avait pas de mots pour les images. Le sang s’enroulait autour de mes poignets. J’étais lié par ma conscience et les métamorphoses de mon esprit. Je me souvenais des feux de camp et des discours des militaires. Ces vagabonds venu d’ailleurs, armes en main et coeurs en pièces. Ils longeaient les dunes à la recherche de la liberté perdue. Les villages se confondaient dans la brise, servant de refuge aux fils de la guérilla et à leur lutte barbare. Tout du moins, je pensais. Puis je m’étais approché. J’avais vu ces adolescents au regard vaillant, ces grenades maladroites qui se projetaient dans l’air. Une victoire ponctuée par la mort. Un sacrifice qui rendait les femmes veuves et les enfants orphelins. Je fixais les reflets azurs sur l’horizon. La terre n’avait jamais cessé de tourner ici. Il était si difficile de poser un nombre sur nos amours. Une relation qui se composait d’un millier de souvenirs et de voyages. Gabrielle était mon autre moitié. Sans elle et sans Jude, j’étais dépouillé de tout. Je n’étais qu’une enveloppe charnelle, travestie par le temps. Nos corps se mélangeaient dans une foule invisible. Je n’osais plus répondre à ses jeux de séduction. Chez elle. Chez moi. C’était la même chose. Il ne s’agissait pas de sexe. Les délices du corps nous condamnaient dans les sentiments. On s’aimait, on étouffait. On se respirait et on crevait. La boucle était fermée. Je haussais les épaules en esquissant un sourire mutin. Le souffle retenu entre ses lèvres gercées, je m’avançais pour mieux oublier. La mousse m’attirait vers le bas. J’étais incertain. A trop prétendre que le monde était meilleur, que la guerre ne m’avait rien ôté - j’avais fini aliéné. Ma gorge se serrait en lapant les méandres d’une fumée noire, carbonisée au bout du mégot. Il ne restait plus rien à fumer. Et pourtant je continuais à aspirer le filtre. Je m’éclatais les poumons dans un poison doucereux, devenu addictif. Le tabac se mélangeait aux parfums de Gabrielle. Tous deux amers et douloureux. Une malédiction qu’elle rangeait dans une fiole pour empoisonner le monde. Je sentais son menton sur mon épaule. Mes bras ne réagissaient pas. Il y avait trop de colère et de contradictions dans mon coeur. Sa voix demeurait en suspens entre les mugissements des vagues. J’esquissais un pas sans me tourner, l’emportant dans mon sillage au-delà du rivage. Maintenant, nous avions froid à deux. Une immersion dans mon univers et ses déceptions. Je hochais la tête, un premier temps puis mes phalanges entouraient sa taille. Je serrais jusqu’à toucher l’os. Jusqu’à laisser la marque de mes doigts sur son épiderme. « Ce serait injuste de t’en vouloir. T’es partie et j’ai fais pareil. » Elle n’avait pas essayé de nous sauver - de me retenir. Et j’avais usé tous les prétextes pour saboter notre amour. J’étais assez clairvoyant pour admettre mes vices. Je pinçais les lèvres. Mes prunelles absorbaient les ombres de la lune. Je n’arrivais pas à reprendre le rythme - à redevenir un enfant. Mon esprit s’enlisait dans les perles pourpres de l’Afghanistan. J’avais perdu mon innocence entre les brancards et les carcasses purifiées. Elle ne le voyait pas. Elle ne s'apercevait pas de l'agonie, lente et éprouvante. «Tu devrais pas, pour ton bien. » La jalousie n’était plus une option. Je vagabondais dans les bars de la ville. Je papillonnais et je brûlais dans les lumières des phares. On s’était perdus dans une liberté forcée par Luppo. La distance me poussait dans les bras des autres. Une passion vénale et éphémère qui malgré mes efforts, n’égalait jamais ses lèvres. Je l’aimais encore - un aveu qui s’inscrivait sur mes côtes comme sur une épitaphe. Affection funéraire, encrée sur la pierre et les façades de Brighton. Je m’accrochais à son regard vermeil. Je n’avais pas d’émotion à partager. Je savais qu’elle ressentait ce manque de nous. Ma paume roulait sur sa joue. Je pensais la protéger de mes horreurs mais les siennes étaient si vastes, qu’elles m’engloutissaient dans le noir. Les récits du front ne m’appartenait pas. Il y en avait tellement : effleuré par un fragment de bombe, prisonnier des mines et des jougs des rebelles désespérés pour deux livres de rançon. On m’avait ramené in extremis. Et je m’étais juré silence. J’avais soigné les blessures et embrassé les cicatrices. Je n’osais pas avouer mes défaillances. Je les avais choisi alors qu’on lui imposait Luppo et ses fourberies. « Je collectionne tes promesses. Je ne t’oublie pas, Gabrielle. J'en suis conscient. Tu n’es pas morte, mais peut-être que moi je le suis. » Elle n’avait pas besoin de me prouver sa vitalité. Ses prunelles débordaient d’espoir et de douceur. J’étais le paria dans ma famille. L’intrus dans le bataillon. Je me penchais vers elle, la poitrine creuse et l’alliance en moins. Ma bouche épousait doucement la sienne. Un baiser volé sur des lèvres qui dérapaient, portées par le chant des sirènes qui n’avaient jamais cessé de me conduire vers elle. Ma seule reine de piques. « Toutes les femmes que je courtise maintenant ne comptent pas comme des tromperies. Ce ne sont que des passades. Si ce n’est pas toi, je serais le mari de personne.» Je caressais sa nuque en me détachant. « Mais les choses ne changent pas. Je ferme les yeux en espérant que tu sois guéri. Je les ouvre et tu es toujours malade. Mon esprit crée toutes ces analogies. Et je ne supporte pas d’être le spectateur de ta douleur sans parvenir à te sauver. » Je soupirais en lâchant prise. Trop égoïste pour l’aimer sans restriction. Trop bête pour sacrifier mon bonheur, pour le sien.

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Lun 11 Juin - 20:33

Je me perdais dans les vestiges de nos souvenirs. Ses yeux étaient des lucarnes qui me ramenaient vers un passé glorieux. Valhalla se trouvaient derrière le rideau de ses cils.  Au sein même du royaume des dieux, cet endroit avait la préférence des Valkyries. Les plus braves y avaient leur place. L'or remplaçait le pourpre. La couleur sanguinaire s'effacerait devant la douceur des matins. Si tu fermes fort fort fort les yeux Juli. Tu oublieras. Il lui suffisait d'être fort. Il connaissait la formule de la rédemption mais refusait de l'appliquer. Il se complaisait dans la souffrance pour ressentir, ressembler aux autres.A ceux qui se battent avec force et courage sur le front. Ses écrits transperçaient la douleur des combattants. Durant ses absences, mes habitudes étaient les mêmes. Lorsque ce n'était pas les mots qu'il m'adressait, je lisais ceux destinés au public. Ceux qui n'avaient qu'un but. Faire transparaître la dureté de la réalité. La peur cachait derrière les murs détruits pat la stupidité humaine. Même si les balles ne lui étaient pas destinées, elles avaient laissé des marques invisibles contre sa peau. Dans son esprit. Et aujourd'hui. Elles prenaient les couleurs de son enfer personnel. Le pourpre. La mort. Mais je n'avais pas conscience. Pas conscience que chaque partie de son corps étaient devenues des membres fantômes. Son ombre se dissipait dans la nuit. Durant quelques secondes, je le regardais. J'hésitais à le rejoindre, à briser notre destiné. Cette fois-ci, je vais te retenir. Je me postais dans son dos. J'aurais voulu me lover dans ses bras. Lui dire à quel point c'était de ça dont j'avais besoin. Mais il n'était pas prêt. Un pas en avant. Ses doigts s'enfonçaient dans ma chair. La froideur qui enlaçaient nos échanges n'étaient qu'une façade. Ses empruntes étaient brulantes. you burn me Il était parti. Un million de fois. Rejoindre les bancs de l'Afghanistan. J'étais partie une seule fois. Mais la différence était frappante. Il revenait à chaque fois. J'avais lâchement déserté notre mariage en brandissant son bonheur. Pour lui. Pour moi C'est pas grave. T'as plus à te soucier de mon bien maintenant soufflais-je en ravalant ma salive. Jude ne disait rien. Mais les mots de Julian confirmait les doutes. L'inconnue était devenu son quotidien. Il chérissait la liberté en embrassant le corps du reste. Mon coeur se froissait sous les révélations. Je passais ma langue sur mes lèvres desséchées. Mon mari était encore là. Derrière une tonne de sable. Je passais mes pouces contre ses joues, déterrant les ruines mystiques de notre relation. Ses lèvres rencontraient les miennes, presque timidement. Presque tremblante. Je passais ma main contre sa nuque pour appuyer le geste. Ressentir chacun de ses mouvements. Nos respirations s'entrechoquèrent dans un rugissement doucement bestial. Mais il venait bafouer ce moment en me parlant de toutes les femmes Je me détachais en détournant le visage sans avoir le droit de parler.   comment tu peux être si bon écrivain et un piètre interlocuteur soufflais-je, presque rieuse. A nouveau, je m'approchais pour fermer ses paupières  Alors pourquoi tu les ouvres ? Tu devrais devenir aveugle. Je ne guérirais jamais. Je m'en suis fait une raison, tu devrais en faire de même. Tu ne peux pas être mon héros. je soupirais en ouvrant ses paupières. Résolue.  tu devrais commencer par te sauver toi-même Jules.   je redressais mon regard dans le sien, attrapant ses doigts pour l'entrainer dans l'eau. T'es bien trop beau pour priver toutes les femmes de se réveiller à tes côtés. Alors réveilles toi !  terminais-je en l'éclaboussant. Passe pas à côté de ta vie. Fais-le pour moi   

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Lun 11 Juin - 21:37

Notre passion était insoluble, écorchée au bout de mes lèvres. Ne pars pas. Reste pour toujours. Mon esprit s’alanguissait sous les néons des lampadaires. J’étais seul avec ces démons d’ailleurs, et ces souvenirs qui saignaient sur mes paupières. Gabrielle ne les avait pas vu. Elle n’avait pas respiré leurs parfums si épicés - si forts. Mon pouce glissait sur sa clavicule, . La guerre était une longue tradition de vices. Une marrée de sang et de mépris qui pétaradait entre les dunes de sable. Ma gorge était nouée autour des vérités. Un massacre humain, d’enfants et d’innocents. Des complots politiques et des mensonges médiatiques. L’ignorance était la vertu des bienheureux. J’en savais trop. Et les choses me bouffaient. Le sentiment se tortillait dans mon ventre. Ma chair se confondait avec le reste. Ces femmes qu’elle jalousait et ces hommes qui mourraient. Ma souffrance était réelle. Elle se déversait sur mon âme, lissant mes pensées et transformant mon courage en lâcheté. Je n’étais pas le héros d’Afghanistan. Et je n’étais pas le sien. Il ne restait rien de ma conscience. Mes paumes emprisonnaient sa silhouette. Le baiser approfondi, jusqu’à en caresser son coeur. La douceur était une braise éteinte qui s’éveillait sous les oscillations humides de nos lèvres, l’une contre l’autre - l’une pour l’autre. Je m’enivrais d’une caresse imaginaire. D’une histoire qui s’écrivait sur les papyrus du temps. Seuls face à la mer, nos promesses jaillissaient des profondeurs de la nuit afin de hanter les phares de Brighton. J’étais lié à ses faiblesses, incapable de mes détacher de sa maladie. Sa souffrance était horrible pour moi. Parce que je l’aimais. Je l’adorais. Je la chérissais. Mes prunelles enlaçaient son visage angélique. Je ne voulais arrêter notre étreinte. Nos soupirs se mélangeaient au creux de ses reins qui ronflaient dans le silence de l’esplanade. Je tâtais la cicatrice. Une trace qui se moquait. Qui conditionnait mes échecs. Je n’avais pas demandé. Je me forçais à ignorer le détail. Je suppose, qu’il était plus facile d’oublier. De la considérer comme une sirène échouée sur le rivage. Une créature lumineuse, moitié enchanteresse et moitié poisson.  « C’est vrai. » J’acquiesçais en effleurant ses boucles ébènes. J’aurais adoré me dégager de sa prise et partir. Avoir la fermeté et la vanité assez fortes pour tirer ma révérence. Je souris en l’attirant dans l’eau. Le ressac léchait nos genoux fébriles, brisant l’équilibre de nos corps qui s’entrechoquaient sous les étoiles. Et puis quoi maintenant ? Etais-ce une réconciliation ou le gage d’une liberté qui s’offrait à moi ? Je plissais le front en inhalant les effluves de son parfum. Une saveur salée, d’ouverture de fleurs et d’arbustes. « T’occupe. Elles peuvent encore se réveiller dans le lit de Jude.» Nous étions identiques. Chaque ridule était le reflet d’une autre. Deux moitiés d’âmes et de chair, qui se distillaient dans les rues de la ville. Je souris en haussant les épaules. Il était si facile pour elle de me laisser. Son amour était-il altruiste ou déloyal ? Je n’en savais rien. « Pour une meuf qui se plaint d’être jalouse, tu m’envois vite à la chasse au slip. Respire, je t’ai juste embrassé. C’est pas une déclaration. » Je pinçais les lèvres. Ma prose était médiocre, Gabrielle avait raison. Mes talents d’interlocuteurs étaient limités. Spécialement à ses côtés. Parce que je rêvais de toucher - d’effleurer. De brûler à mon tour.  

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Mar 12 Juin - 19:56

Les passions étaient éphémères. La notre s'était éteinte sous le souffle glacé du temps. Les lumières du phare n'étaient plus assez lumineuses pour nous guider dans les humeurs taciturnes. Mon coeur était partagé par les émotions. Les révélations. Il n'était pas heureux à mes côtés. La tendresse pervertissait ses pensées. L'amour ne pouvait avoir sa place entres les dunes de sable. Mais je voulais lire ses mots doux dans ses yeux. Entendre les battements de son coeur s'accorder aux miens. Je n'étais pas prête à faire totalement passer son bonheur avant le mien. J'avais su dès le premier regard. Dès le premier échange que Julian allait bouleverser mon quotidien. Torturer mon palpitant jusqu'à le laisser s'écraser contre le récif. Vidé de son essence. Vidé d'amour. Nos pas se suivaient. L'eau nous enlaçait avec la promesse de nous ramener sur le rivage. Cette soirée était éphémère. Il ne servait à rien de ressentir. Pas entre ses bras. Ses pulsions s'alanguissait derrière ses prunelles. La liberté le chérissait plus qu'il ne m'aimait. Les mois s'étaient écoulés avec une nostalgie lointaine. Je rêvais des paysages grecs. Les dieux me ramenaient vers mes landes. Brighton n'était plus ma maison. Je ne sentais plus l'odeur rassurante au coin des rues. L'odeur de Julian avait disparu.  Je devrais peut être y songer  j'emprisonnais sa nuque entre mes poignets. Mes paroles n'étaient qu'ineptie. Mon regard criait le contraire. Leurs silhouettes ne formaient qu'un seul et même reflet. Pourtant, ils étaient si différents dans leur ressemblance. Je pouvais encore imaginer les traits de mon époux sous mes paupières, sans même le regarder. Julian était plus doux. Plus réfléchis. Son grain de beauté s'était transformé en larme. Il pleurait les morts d'Afghanistan chaque jour. La mort dans l'âme de n'avoir rien pu faire. Il se dévalorisait sans considérer son ardeur. Aussi brave que les guerriers. C'était cette moitié que j'avais aimé. Plus fort que tout. Plus loin que les étoiles. Je l'attirais en arrière, dans les méandres de la nuit, me fichant de nos vêtements trempés. Je voulais nous laver de nos péchés. Je m'accrochais à ses épaules un peu plus.  Je l'ai toujours été. Ca t'as pas empêché. Je te donne ma bénédiction. T'as pas content ?  je haussais les épaules en observant les clapotis de l'eau contre sa peau. Envieuse du touché. Je t'ai juste embrassé. C'est pas une déclaration mon regard rencontrait le sien. C'est vrai. Il avait l'habitude. L'habitude d'embrasser pour rien. D'écorcher ses lèvres contre l'inconnu.  T'es dur. Je me voyais déjà la bague au doigt je passais une main dans mes cheveux pour dégager mon regard, les lèvres boudeuses. Il lui suffisait d'un simple rappel pour qu'il arrête de faire le malin. Mes doigts s'enfonçaient dans sa peau. Mes jambes enserraient sa taille lorsque ma poitrine se posait contre son dos. Je n'étais plus qu'une extension de son corps.  On devrait profiter de cette soirée. Je compte repartir en Grèce  un baiser contre sa clavicule. La salive teintait par l'amertume. 

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Mer 13 Juin - 0:37

Ma douleur était constante - aiguë. Gabrielle ondulait entre mes cils, une silhouette filiforme, cachectique sous les ondulations du ciel. Elle paralysait le sentiment, l’immobilisait au creux de ma gorge. Je soupirais en effleurant sa joue. Toutes mes pensées se dirigeaient vers ce faisceau de nerfs autour de mon coeur. Un jeu de vanité qui jaillissait de ses yeux. Qui brûlait sur les vagues mousseuses. Ma prise se fermait sur son épaule, remplissant l’espace d’une étreinte affligeante. Son corps valsait autour de mon profil, appuyant sur mon dos et l’ombre de mon ossature rigide. Elle dansait - elle tombait dans le vice. Je laissais ses poignets entrelacer mon cou. Sans bouger. Sans trouver de mesure. Son souffle s’évaporait au coin de ma bouche, murmurant, suppliant, pour une seconde chance. L’amour était une ignominie. Un sacrilège poétique. Je grommelais en humant les vapeurs boisées de son parfum. Ses succès se répandaient dans le vent, vestiges d’odeurs et de promesses olfactives. Mais elle n’était pas différente des mercenaires de guerre. Capturant l’essence d’une vie dans un le flacon. Mesurant les éléments afin d’en choisir ceux qui, selon sa convenance, se mariaient le mieux avec la saison. Je me penchais lentement vers son oreille. Mes jambes s’enterraient dans le sable, incapables de courir plus vite et de semer mes erreurs. Mes doigts écorchaient sa peau de porcelaine, laissante une marque indélébile sur les jointures saillantes de sa mâchoire légère. Non, je n’étais pas content. Je refusais de la laisser conditionner mes libertés, mes vagabondages et mes vices. Mes draps étaient sales et trompeurs. Ils engloutissaient les vénales qui s’aventuraient au-delà des limites. Je n’aimais pas. Je m’offrais au plaisir. Aux délices d’un corps, qui s’éveillait dans les coups de reins. Mon regard la transperçait. Il voguait au travers de ses prunelles et de ses mots. Jalouse ou pas, son affection ne concernait qu’un fragment de mon âme. Quant au reste, il s’éparpillait dans les landes d’Angleterre, entre les vestiges d’Asie centrale et les méandres d’Orient. De république islamique en complot politique, il n’y avait jamais de répit pour mes exodes, pour ma plume qui se fissurait à la surface du papier. « J’ai pas besoin de ta bénédiction. Tu comprends pas que j’ai plus besoin de rien ? » L’émotion ne suffisait pas à créer l’équilibre. A nous renvoyer vers le passé. Gabrielle était obnubilée par sa maladie. Elle survivait aux symptômes chroniques et les signes immuns. Elle luttait si fort, qu’elle en oubliait mes ratures - mon mal à moi, psychotique et cruel. Ses bras ondulaient autour de mon visage. Elle exhalait ses enchantements, me couvrait d’une attention malsaine. Comme s’il suffisait d’une soirée pour oublier. Pour faire une trêve. Ses lèvres écorchaient ma clavicule. Elle partait en Grèce. Et je ne voulais plus jamais la revoir. Les choses étaient si facile - si logiques. Et pourtant, mon poing se serrait sur sa hanche. Tentative idiote de la retenir dans mes ruines. De la contenir dans une illusion passionnée et éternelle. « Comment ça ? » Ma voix s’enrayait. Tu n’as pas ma bénédiction. L’aveu se consumait au bout de ma langue. « Tu te sens obligée de détaler à chaque fois que j’approche ? Tu as si peur de me laisser te protéger parce que toi-même, tu rejettes la fatalité. Tu as ton lupus. Et j’ai ma Gabrielle. Nos défaillances qui ne s’expliquent pas. » Je l’abandonnais sur le rivage afin de retrouver le toucher granuleux de la plage. Mon pantalon retenait les galets entre les plis du tissu. Je me laissais choir sur le ponton. « Tu reviens ? » Je me demandais. Parce qu’il y avait toujours ce doute, cette impression de la perdre encore et encore.

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Mer 13 Juin - 22:15

L'éclat de lune se dessinait dans ses yeux. Corps cotre corps, j'étais déjà nostalgique de cette proximité momentanée. Passagère. Mes doigts s'enfonçaient dans ses épaules, faisant glisser les os dessous. Je soufflais contre son derme, le coeur apatride. Il n'y avait plus de bague pour désigner le sentiment d'appartenance. Ses mots me revenaient en plein visage. L'effet boomerang. Je suppliais Chronos de nous ramenait à un temps. Un temps où il avait besoin de tout. De rien. De moi. Ses mots n'avaient de consonance qu'en mémoire de nos souvenirs. J'aurais pu me limiter au premier degrés. Laisser mon coeur s'enliser dans l'amertume de son venin. Mais je connaissais l'autre moitié Julian n'était plus le même. L'horreur ocre défilait devant ses yeux. J'en avais conscience. Cependant, je ne voulais pas le forcer. Sa langue se délierait un jour où l'autre. L'encre se coucherait sur le papier. Je lui exposais mes projets. L'azur me manquait. Je voulais retrouver mes landes et ses façades blanches. Du bout du pouce, je lissais sa joue en haussant les épaules.  J'ai envie soufflais-je du bout des lèvres. tu n'as besoin de rien. Je n'ai plus rien à perdre . J'inhalais son haleine mentholée juste avant qu'il ne déchire notre étreinte. Je soupirais, la silhouette en équilibre sur l'eau. Les rayons de lune caressaient mon visage, lui donnant un air presque imaginaire. et ça se guéri ce que t'as ? demandais-je. ou est-ce que tu m'aimeras toujours ? Jusqu'à ce que la mort nous sépare ? C'était pas notre promesse ? . Julian me pointait du doigt. Mais je n'étais pas celle qui fuyait. A chaque pas que je faisais, il reculait. Le coeur vide et malade. Je me redressais en entendant ses pas sur le banc de sable. Les cailloux s'entrechoquaient dans une mélodie harmonieuse.  Je devrais ?  donne moi une raison pour revenir et je le ferais mais ma décision était déjà prise.  Mon séjour était temporaire, une exode familiale.  tu n'as plus besoin de rien. Plus besoin de moi soufflais-je contre sa joue. Je déposais un baiser, à la commissure de ses lèvres.  Les vêtements mouillés. La nuit froide et taciturne, je serrais mes bras contre ma poitrine pour tenter de me réchauffer.  Merci pour ce coucher de soleil Juli  je lui fis un sourire, un geste de la main prête à partir, sans me retourner. Mais les bombardements reprenaient. Les pétards retentissaient dans le ciel. Les rires s'envolaient dans le ciel. Puis une nouvelles slaves. Un peu plus forte. Un peu plus proche. Les couleurs artificielles coloraient le ciel. Multicolore. Pourpre.  

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Jeu 14 Juin - 23:36

La brûlure était une invitation à la récidive. Comme au blanc de la flamme, une lumière dans la douleur, une éloge de rien - d’un sentiment maculé de sang. L’amour sale et déplorable, rouillé par les vestiges d’une guerre qui faisait rage ailleurs, à des milliers de coeurs au-delà de la Méditerranée. Je me penchais vers sa joue, les yeux émerveillées par la clarté de ses gestes. Belle et cristalline, elle s’entourait de magie. Je l’avais aimé pendant des années. Et maintenant, la solitude se faufilait entre mes côtes. Je me perdais dans le vide inhérent à ses départs. Elle s’échappait. Elle s’en allait. Gabrielle, malade ou saine - sa silhouette filante sur l’horizon sombre. Je tendis les bras afin d’effleurer son épaule. Devais-je la retenir cette fois ? Mes paupières se fermaient afin d’enlacer les étoiles. La froideur du ponton remontait dans mon échine. Pendant un instant, les images s’interposaient dans ma tête. Brighton ou les villages d’Iran, le sable de la mer ou le désert d’Afghanistan, l’analogie était devenue trop facile. Je la fixais, le silence sur les prunelles, incapable de me détacher des visions passées. Le déni tombait avec le voile de la nuit. Nous étions identiques aux astres échoués dans le ciel. Deux constellations dispersées dans la nébuleuse infinie, condamnés aux errances lunaires. Elle avait envie de Grèce et je voulais oublier. Je ramenais ma tête en arrière, résistant à l’envie de griller une cigarette. Son parfum était la seule fumée que j’inhalais. Un poison d’un autre genre, asphyxiant l’âme avant de perforer les poumons. Je la regardais avec désinvolture, feignant l’insouciance. Son profil s’illuminait, enserrant l’étau de la prison dans laquelle elle me retenait. Mes vices étaient incurables. Ils s’emmêlaient dans un rythme épuisant à l’intérieur de mes bronches. Ses mains enlaçaient ma joue. Je me redressais afin de la happer du sol, imposant ma poitrine sur son corps. Elle n’avait plus le droit de jouer avec les cordes sensibles, de m’enterrer vif dans un océan d’incompréhension. Elle désirait mon attention, elle crevait pour mes promesses. C’était ça l’erreur. Anticiper. Attendre. Je grommelais en la faisant valser entre les dunes. Ses jambes encerclaient ma taille. Je l’embrassais encore. Un dernier baiser. Une source de passion intarissable. Je plissais les yeux. « Ouais, j’ai pas besoin. Fais ce que tu veux. » Un aveu qui s’épandait avec amertume sur ses lèvres. Les perles de rosée intoxiquaient mon esprit. Je la déposais afin de me tourner vers le ressac. Les ondulations mousseuses remplissaient l’espace. Je vagabondais encore, incertain et confus par ses tentatives. Le soleil ne se couchait jamais lorsqu’elle était là. Il brillait dans son coeur. Il se consumait dans les baisers que je volais à la dérobée. Je me noyais dans l’étreinte du vent, perdu dans une foule de sentiments, puis soudain, les bombardements s’élevaient de ma conscience. Mon imagination créerait l’illusion parfaite. Une pétarade si forte qu’elle vibrait sous mes pieds. Je cherchais son regard, en panique. Le ciel éclatait dans un bruit strident. J’empoignais le dos de Gabrielle afin de la projeter au sol, sous ma poitrine pantelante. « Bouge pas. » Respire pas. Un réflexe de lâche qui s’était transformé en habitude sur le front. A trop éviter les balles, j’avais fini par prendre la tangente, par encaisser le coup le plus violent. Celui du coeur. La sueur perlait sur mes tempes alors que je la retenais dans mes folies. « C’est … » Prenant conscience du ridicule de la situation, je me redressais, cachais mon désarroi et ravalais ma dignité. «C’est con. Je sursaute parfois, quand j’entend un pot d’échappement. » Sifflai-je avec difficulté. Ma voix était haineuse, pleine de colère et de frustration.

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Ven 15 Juin - 21:44

La nuit s'éparpillait contre son visage. Je pouvais toucher les astres du bout des doigts. Mais je n'osais pas frôler la nébuleuse. Je n'osais pas de peur qu'elle s'éteigne à nouveau au contact de mes doigts. Les cils baissaient, je regardais mes mains coloraient par les ténèbres. Il n'y avait plus rien de sains chez moi. Les muscles endoloris. Le sang noir et la respiration saccadée. Cette escapade nocturne était une erreur. Les sentiments en éruption, ils détruisaient tout sur leurs passage et je n'avais pas la force de reconstruire, encore, ma vie après Julian. Malgré les rires et les sourires, les rayons de soleil et les tournesols, elle n'avait plus de saveur. Alors je ne voulais pas prendre le risque d'empirer la situation. Parce qu'il y a quoi après toi? Sa longueur se posait mon corps. Lupo n'était pas douloureux à côté de l'après. De l'instant où la froideur de son absence reprendrait ses droits. Les mains tremblantes, j'hésitais à les poser sur son dos. Pourtant, lorsque mes paumes retrouvaient la chaleur de son dos, l'évidence me frappait. Elles n'avaient pas oublié. La sensation était la même. Le  passé devenait réalité.  Julian ...  mais je n'avais aucune doléance à lui suggérer. Mon cerveau n'était plus en mesure de refuser la proximité qu'il m'imposait. Mon corps la recherchait davantage. Ses lèvres étaient froides, la langue chaude, je voulais apaiser les morsures de l'hiver. Intense. Trop bref. Je n'osais pas ouvrir les yeux et imprimer l'effet que ce baiser m'avait fait. J'espérais qu'il soit aveugle. Qu'il ne puisse pas voir la lueur dans mon regard. Le rouge contre mes joues. Ma poitrine s'éveillait. Je laissais ma tête retomber dans le sable en ondulant pour le faire tomber sur le côté. Son venin ne m'atteignait pas. Sa voix n'était que mensonge. Mais c'était idiot de demander la vérité. je ne voulais pas l'entendre . Je me redressais en évitant son regard, encore un moment, jusqu'à ce que les pétards ne viennent ternir nos adieux. Il n'y avait pas de répit pour les soldats. Pour les héros . Les dunes de Brighton se coloraient d'ocre. Le pourpre couvrait nos visage. Les balles fusaient par mont et par vaux. Julian ... c'est rien. C'est que des enfants. soufflais-je en attrapant son visage. Je caressais son derme avant de le serrer contre ma poitrine. et tu l'entends la bombe à retardement. Mon coeur. Il va finir par exploser si tu l'abîme un peu plus.  Je suis là ... la sueur perlait son corps. Ses cheveux étaient trempés. Mais je me fichais de tout. sauf de toi.  Puis sa fierté prenait la forme d'une canne pour le redresser vivement. Encore une fois, il faisait froid sans lui. La douceur avait quitté ses cordes vocales. Malgré sa colère, il livrait ses émotions. Je haussais une épaule en me redressant à mon tour. et moi j'ai toujours peur du noir. C'est con je lui souriais en secouant mes vêtements et mes cheveux avant de les redresser en queue de cheval. Son regard m'avait faite frissonner. Ô grand jamais je ne l'avais vu aussi désemparé ou apeuré.  Je crois finalement que j'ai pas envie de rester seule ce soir ...  soufflais-je en me mordillant l'intérieur de la joue  Tu viens ? mais ce n'était que rhétorique. J'attrapais sa main sans lui laisser le choix. Les senteurs de la boutique n'étaient pas loin. Il suffisait de fermer les yeux et de se concentrer sur son odorat pour ressentir. fais moi confiance soufflais-je en enlaçant un tissus de soie sur ses yeux. Je l'entrainais à l'intérieur de la boutique, main dans la main. sans vouloir la lâcher . Mes pas étaient timides, je ne voulais pas le brusquer et le ramener sur le front. Il n'y avait plus sa place lorsque je lui tendais les bras. J'ouvris une petite trappe pour entrer dans un tout nouveau monde. Il faisait calme sur le toit. Les lumières de la ville se dressaient devant nous d'un côté, puis l'océan rugissait nos prénoms de l'autre. Nous étions sur l'Olympe. Notre Olympe J'attrapais une couverture et deux bières pour l'entrainer sur les bains de soleil que je rapprochaient. Ce n'était pas très cocooning, mais le minimum me suffisait. Si un jour t'en ressens le besoin. Si l'ocre te brule les yeux et que le bruit te perce les tympans ... tu peux venir ici   tu peux te réfugier dans mon antre. Les rebelles ne te trouveront pas ici  

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Sam 16 Juin - 18:54

Le ciel perlait au coin de ses yeux. Je la fixais en silence, le souffle coupé - le coeur ébahi face aux vacarmes de la rue. Un orage d’explosions qui s’épandait jusqu’à l’infini sur les épaules de la ville. Ma peau s’entourait des poussières de la mer. L’écho s’évadait sur l’horizon, où les vagues s’enlaçaient, comme les fantômes d’une autre vie. Ce n’était que des enfants, la bas aussi. J’aurais voulu lui répondre, poser la bouche sur sa joue et frémir dans l’harmonie d’une passion solitaire. Mais elle ne méritait pas mes supplices. Elle ne méritait les vérités qui saignaient au bout de ma langue. Ma voix tremblait, désespérant de communiquer aux foules l’ignominie d’une guerre qui faisait rage dans le coeur. Une lutte du racisme et du militarisme, mettant en scène la mort d’un millier de héros déchus. Pour libérer les peuples de leurs dictateurs, on assassinait les citoyens, on ravageait les villages et la beauté d’un paysage doré, rendu ocre et putride sous le vrombissement des chars. Je crispais la mâchoire. Le vide était intersidéral. Mon âme, suspendu entre les filaments des étoiles, enchaînée par les images et les souvenirs. Un mal contre un autre, des horreurs d’ailleurs qui m’empêchaient d’embrasser ceux de Gabrielle. Un amour physiquement impossible, émotionnellement éprouvant, ma chair s’abandonnait à la mélancolie. Je haussais la tête. Je m’éloignais dans un mot. La tristesse étirait mes paupières. Je ne parlais pas. Je n’avais pas de secret à confier, seulement un sourire à façonner pour tromper le monde. Le chant des sirènes me replongeait dans le déni. Je m’éloignais, le regard éteint dans l’obscurité. Le bruit s’évanouissait dans les faubourgs. Je ne l’entendais plus. J’en oubliais ses baisers et la saveur de ses lèvres contre mon oreille. Mon corps s’envolait, dilapidé par les flots, à nu face aux ondulations mousseuses de l’eau. Les vêtements glissaient sur le sable alors que je prenais la fuite. «Arrête. » Ma main s’extirpait de la sienne, avide de retrouver les profondeurs ténébreuses. Un bain de minuit pour laver mes pêchers. La poitrine submergée par la houle, je me noyais délibérément dans l’inconnu. Le sel s’emmêlait entre mes cils, effaçant les derniers supplices de la guerre. Les bourdonnements de la mer remplaçaient le vide. Je sortais la tête de l’eau. Le vent lapait les blessures. Je m’approchais, enfilait mon pantalon et reposait mon poignet contre le sien. Gabrielle ne posait pas de questions et se contentait de m’emmener ailleurs. Nos pas enchâssés sur le goudron, nous marchions dans les rues de Brighton. Je me souvenais de nos exodes amoureuses, des rires qui jaillissaient dans la nuit. Je reconnaissais l’insigne de son magasin. L’odeur boisée se faufilait dans mes poumons. Je reculais, les yeux fixés sur les rangées de produits cosmétiques. La trappe offrait un voyage dans le temps, au sommet du toit, loin des bruits et des souvenirs. Je m’arrêtais sur le bord, laissait mes jambes tanguer de l’autre côté. Un saut dans le néant. Un danger qui en remplaçait un autre. J’ouvris la bière et avalais la moitié du contenu afin de désaltérer ma gorge. «Merci mais si tu m’laisses pas te protéger j’ai pas envie non plus. » Elle avait dressé ce fossé entre nous. Je respirais les méandres de son corps. Mes prunelles étaient emportées, transformées, par delà les abysses. La vue était splendide. Je l’avais attendu toute ma vie. Je tendis la main pour l’attraper. «Tu devrais garder les lumières allumées, le soir. Toujours. » Sifflai-je en souriant. Ce que j’avais vécu était une abomination. Un secret si lourd, qu’il comprimait ma chair. Je tombais sur son profil. «J’ai pas envie d’en parler. Mais je suppose que tu sais déjà. » Elle anticipait mes chutes et mes défaillances. Comme le soir, du baiser. La fois ou elle avait surpris ma tromperie. «Et t’es partie parce que tu lis en moi. Tu déchiffres tous les signes. » J’encadrais son visage, obligeant son regard à se déverser sur mon visage. « Qu’est ce tu vois maintenant ? » Sifflai-je, les sourcils froncés - l’âme au vent.

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MessageSujet: Re: rooting for you + gabi    Sam 16 Juin - 21:23

Les lumières du phare guidaient les âmes vagabondes, les âmes en perdition. Elles étaient devenues notre salue. Je soufflais face au vent. Il s'infiltrait entre les mailles de nos vêtements trempés. Mais je n'avais pas froid. Jamais lorsqu'il était à mes côtés. Mais la terre s'effondrait sous nos pieds. Les enfers le rappelaient sans cesse ne lui laissant pas le temps de goûter au repos du guerrier. Les traits du visage déformaient, je le regardais s'engouffrer dans les abysses, les pieds cloués au sol. L'impuissance au bout des doigts. Sa maladie était mentale. Fourbe, elle se cachait derrière des apparences souriantes. Mais ses yeux reflétaient la noirceur de son coeur. Il suffisait d'un instant, d'un bruit, d'une odeur pour que son corps se retrouve propulsé sur le front. Les membres déchiraient par l'acier des balles ennemies. J'aurais voulu y être, me dresser entre les armes pour empêcher les tueries et ses mauvais souvenirs. Les vagues se fracassaient contre son corps nu. La lune semblait l'oublier pour lui laisser son intimité. Le temps de guérir pour ce soir. J'attrapais son tee-shirt pour m'enivrait  de son odeur. C'était elle qui m'avait appris à supporter son absence. J'avais appris la patience entre nos draps de soie.  I will wait for you. Forever Lorsqu'il sortait de l'eau, je voulais tourner le regard pour lui laisser le temps, cependant mes yeux étaient attirés vers ce corps qui était jadis, le mien. Un sourire que je ne pu réprimer s'écrasa sur mon visage, puis je l'entrainais entre les lampadaires de la cité. Je fermais les yeux, guidais par les arômes et les épices. La perdition d'un sens affutait l'autre. Arrivés au sommet, je songeais au jour ou j'avais découvert cet endroit. C'est lui qui m'avait poussé à acheter la boutique. Il me rappelait les soirs où nous regardions les étoiles allongés dans la pelouse de notre jardin, à attendre que la rosée du matin colore nos joues. A moitié dans le vide, entre la vie et la mort , qu'elle belle métaphore. Je balançais mes jambes au dessus de la ville. Au dessus des gens.  je te laisse 30 jours d'essai.  mais tu ne voudras pas d'abonnement après. Jules, me protéger c'est se mettre la tête sous l'eau sans pouvoir prendre son oxygène. Tu vas te noyer. Son visage tombait sur mon profil alors j'ondulais pour qu'elle tombe sur mes cuisses, laissant mes mains tracer un chemin invisible sur les angles de son visage. Quand t'étais là, j'avais pas besoin de lumière  je haussais les épaules, sans un brin de mélancolie. Ce soir, je n'avais pas besoin de lumière. Mes doigts s'entortillaient autour de ses mèches brunes, le regard colorait par les astres. Je portais le goulot de bière autour de mes lèvres, laissant le liquide rouler dans ma gorge. c'est pas toujours facile murmurais-je dans une voix à peine audible. Si je n'avais pas vu que la cage maritale lui coupait les ailes, aujourd'hui, peut-être que les choses auraient été différentes. Peut-être que nous serions toujours ensemble. Soudainement, il se redressait. Ses grandes mains encadraient mon visage, m'obligeant à plonger dans les méandres de ses sentiments. La bouche en coeur, je fronçais à mon tour les sourcils. Je me tournais, à cheval sur le mur afin de lisser ses peines.  Je vois un homme en colère. T'es là, sans être là. J'ai l'impression qu'une partie de toi est resté dans les dunes du Moyens Orient. Ton corps ...  doucement, je faisais glisser mes doigts sur les boutons de sa chemise afin de l'ouvrir est remplis de marques, de traumatismes que tu n'arrives pas à effacer soufflais-je en laissant mes doigt trainer sur les obus.  t'es pas heureux Julian. Les gens te tendent la main mais tu les refuses parce que tu penses ne pas les mériter. Tu dis que tu ne m'en veux pas ... mais je sais que c'est faux  

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