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 i'm erasing myself from the narrative (mina)

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MessageSujet: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Mar 29 Mai - 20:56

L'hôpital, c'est pas un lieu qui lui plaît plus que ça, à Cecil (non, sans blague). C'est oppressant, il trouve – les longs couloirs qui s'étendent loin, loin, comme si l'oeil pouvait pas en voir le fond. Et les portes, toujours fermées, derrière lesquelles quelqu'un peut être en train de mourir à tout moment. Puis, la mort qui éclot dans le silence le plus respectueux, dans un nid d'un blanc immaculé, c'est jamais tellement le délire d'un écrivain qui se passionne pour la tragédie, la déchéance glorieuse et poignante. Alors, lorsqu'une gamine de son cours s'est étalée dans les escaliers de l'amphithéâtre, prise d'une sévère crise d'épilepsie, Cecil il s'est senti quelque peu opprimé par les dizaines de regards qui se sont soudainement tournés vers lui. Faut faire quelque chose monsieur, qu'ils disaient – ça s'appelle enfoncer une porte ouverte ça. Bien sûr que Cecil il allait pas la regarder baver et se décomposer sur la moquette rouge, mais qu'est-ce qu'il devait faire exactement ? Lui, il voulait appeler l'infirmière, la laisser emporter cette pauvre fille agonisante sur un brancard et continuer son cours en toute sérénité. Mais non. C'était pas aussi simple. Faut qu'elle aille à l'hôpital apparemment (bien, qu'elle y aille !), mais elle est mineure, il faut qu'un référend l'accompagne le temps qu'un tuteur légal vienne la récupérer (il déteste définitivement ces étudiants avec deux ans d'avance, petits génies de merde), et ses parents, eux, ils sont pas là  (c'est bien sa veine). Puis, il y a eu ce long silence gênant, avant que Cecil ne comprenne enfin que c'était lui qui allait devoir se charger du sale boulot.
Le voilà alors. Dépité, ennuyé, à traîner dans ces couloirs morbides à une heure si tardive, attendant désespérément qu'un parent, une tante, un oncle de cette gamine vienne prendre la relève. Il marche, il fait les cent pas, se rend compte qu'il ne se rappelle même plus de son visage à la petite (il espère qu'on lui demandera pas d'identifier le cadavre si elle crève, ou quelque connerie du genre). Il est tard. Il voit certaines infirmières partir, leur sac sur l'épaule, d'autres arriver, certaines prendre leur pause dîner. Lui, il en a marre, il veut rentrer. Mais il peut pas, alors il sort dans le patio et essaie d'ignorer l'air un peu trop froid pour être agréable. Alors qu'il s'allume un cigarette, ses yeux se perdent dans le vide – il sait pas trop à quoi il pense mais il essaie d'y penser fort, puisque c'est la seule chose qui lui reste à faire. Puis, il relève le regard. Et il la voit, à quelques mètres de lui. D'abord, il fronce les sourcils, parce que Cecil, il se dit que ça peut pas vraiment être elle – comme si elle était morte après être partie, comme si elle s'était définitivement transformée en un souvenir distant, un souvenir que l'on essaie de ranger dans un tiroir oublié de son propre esprit.
Mina.
Il inspire, sait pas trop comment réagir à ça. Cecil, il l'a pas revue depuis qu'elle s'est barrée, soudainement, sans lui avoir laissé un seul mot. Alors, lui, il hésite. Parce que leur relation, elle s'est fini sur un non-dit. La jeune femme, elle aurait tout aussi bien pu être morte. Silence radio. Partout. Comment on est censé engager une conversation après ? Mina. Si j'm'attendais à te revoir ici, tiens... Comme ça apparemment. Les mots lui ont échappé sans même qu'il ne se rende compte qu'il les avait formés dans sa tête. Ses pas l'ont guidé jusqu'à elle machinalement parce qu'au fond, il a bien trop besoin d'une quelconque forme de conclusion. Il peut pas rester sur ce point virgule indéfiniment, il doit savoir.

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Mina Goldwater

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MessageSujet: Re: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Lun 11 Juin - 4:30

Ses présences à l’hôpital en fin de soirée ou en plein cœur de la nuit se faisait de plus en plus rares, l’état de plus en plus avancée de sa grossesse l’astreignant à certaines contraintes afin de mener jusqu’à terme ce petit passager clandestin qui s’était installée dans son ventre. Un visiteur indésirable auquel elle avait fini par s’attacher au-delà de ses réserves, et avec lequel elle cohabitait désormais avec plus de sérénité. Un coup de téléphone avait pourtant changé ses plans et c’est dans une salle d’accouchement qu’elle s’était retrouvée, aidant l’une de ses patientes à mettre au monde les trois petits poupons qui reposaient en son sein. Un cas difficile et complexe, autant vu l’état prématuré des bébés à naître et la santé fragile de la mère qui n’avait eu de cesse de se dégrader au cours des dernières semaines. Si la naissance du premier né se fit sans réelles complications, l’état de la femme qui se dégradait de plus en plus et l’urgent d’agir pour le bien des deux triplets forcèrent l’équipe à opter pour une césarienne d’urgence. Trois heures mouvementées qui laissèrent des traces sur son corps, tendus par ce stress constant. Elle n’avait, heureusement, ni perdue la maman, ni les trois enfants, qui se reposaient tous sous les bons soins de l’équipe soignante. Une terrible envie de retrouver ses chats et son lit accapara Mina alors qu’elle filait vers les vestiaires afin de se rafraichir et de changer son sarrau, qu’elle balança dans les bacs de lessives à leur disposition. Elle ne pouvait pas se permettre de rentrer chez elle dans l’immédiat, devant s’occuper de remplir le dossier de sa patiente et de ses enfants. Les infirmières se chargeraient des suivis rapprochés qui se devaient d’être fait dans les heures à venir, libérant ainsi le médecin de ses obligations. Du moins, jusqu’au lendemain matin, où elle officiait sur le quart de jour. Peut-être se permettrait-elle, pour une rare fois, de faire usage de l’une des chambres à l’usage des médecins-pratiquants comme elle, s’évitant ainsi un aller-retour fort inutile jusqu’à sa résidence, où elle aurait perdue de précieuses secondes de repos.
Le sommeil alourdissant ses paupières, la jeune femme glissa un peu de monnaie dans la machine à café de la salle des employés avant de s’emparer de la tasse dont le liquide chaud lui brulait presque les mains. Elle s’octroyait une courte pause, Mina, le temps de savourer ce breuvage qui, elle l’espérait, saurait la garder réveiller jusqu’à ce qu’elle cède aux caprices de Morphée. Enfilant rapidement son veston, c’est à l’extérieur, sur le patio ou l’on trouvait quelques bancs et tables pour employés et visiteurs, qu’elle décida de se poser. Du moins était-ce son intention. Avant que son regard ne tombe sur une silhouette qu’elle aurait pu reconnaître les yeux fermés – pour l’avoir maintes fois caressés du bout de ses doigts. L’amant de trop nombreuses nuits, l’homme qui l’avait bercé d’illusions avant qu’elle ne découvre l’amer vérité et l’absence de cette alliance qu’il aurait dû porter à son doigt sacré. Marié, il était marié, et il avait fait d’elle tout ce qu’elle méprisait des femmes qui courtisaient son père, il avait fait d'elle une maîtresse. Incapable de se voiler la face, elle avait choisi de le jeter de sa vie comme un véritable déchet et elle avait tenté de mettre autant de distance que possible entre eux, non sans se faire porteuse de la vérité pour cette pauvre femme, la sienne, qui ignorait surement tous des combines de son époux. Jamais n’avait-elle cherché à savoir ce qu’il était advenu d’eux, mais force est de croire que confronter à ce dernier, elle risquait bien d’obtenir quelques réponses. – Je travaille dans cet hôpital, il est donc tout à fait normal que je m’y trouve, contrairement à toi, Cecil. – Ce prénom, elle l’expulse au travers de ses lèvres avec un certain dédain, loin de l’indifférence qu’elle prétend lui accorder. Trop de mensonges, trop de non-dits, et des mois, des années de silence les séparent. Comme une histoire sans fin, laissé en suspens, indéfiniment.

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maybe making out for a few minutes would help us figure things out.

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