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 i'm erasing myself from the narrative (mina)

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MessageSujet: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Mar 29 Mai - 20:56

L'hôpital, c'est pas un lieu qui lui plaît plus que ça, à Cecil (non, sans blague). C'est oppressant, il trouve – les longs couloirs qui s'étendent loin, loin, comme si l'oeil pouvait pas en voir le fond. Et les portes, toujours fermées, derrière lesquelles quelqu'un peut être en train de mourir à tout moment. Puis, la mort qui éclot dans le silence le plus respectueux, dans un nid d'un blanc immaculé, c'est jamais tellement le délire d'un écrivain qui se passionne pour la tragédie, la déchéance glorieuse et poignante. Alors, lorsqu'une gamine de son cours s'est étalée dans les escaliers de l'amphithéâtre, prise d'une sévère crise d'épilepsie, Cecil il s'est senti quelque peu opprimé par les dizaines de regards qui se sont soudainement tournés vers lui. Faut faire quelque chose monsieur, qu'ils disaient – ça s'appelle enfoncer une porte ouverte ça. Bien sûr que Cecil il allait pas la regarder baver et se décomposer sur la moquette rouge, mais qu'est-ce qu'il devait faire exactement ? Lui, il voulait appeler l'infirmière, la laisser emporter cette pauvre fille agonisante sur un brancard et continuer son cours en toute sérénité. Mais non. C'était pas aussi simple. Faut qu'elle aille à l'hôpital apparemment (bien, qu'elle y aille !), mais elle est mineure, il faut qu'un référend l'accompagne le temps qu'un tuteur légal vienne la récupérer (il déteste définitivement ces étudiants avec deux ans d'avance, petits génies de merde), et ses parents, eux, ils sont pas là  (c'est bien sa veine). Puis, il y a eu ce long silence gênant, avant que Cecil ne comprenne enfin que c'était lui qui allait devoir se charger du sale boulot.
Le voilà alors. Dépité, ennuyé, à traîner dans ces couloirs morbides à une heure si tardive, attendant désespérément qu'un parent, une tante, un oncle de cette gamine vienne prendre la relève. Il marche, il fait les cent pas, se rend compte qu'il ne se rappelle même plus de son visage à la petite (il espère qu'on lui demandera pas d'identifier le cadavre si elle crève, ou quelque connerie du genre). Il est tard. Il voit certaines infirmières partir, leur sac sur l'épaule, d'autres arriver, certaines prendre leur pause dîner. Lui, il en a marre, il veut rentrer. Mais il peut pas, alors il sort dans le patio et essaie d'ignorer l'air un peu trop froid pour être agréable. Alors qu'il s'allume un cigarette, ses yeux se perdent dans le vide – il sait pas trop à quoi il pense mais il essaie d'y penser fort, puisque c'est la seule chose qui lui reste à faire. Puis, il relève le regard. Et il la voit, à quelques mètres de lui. D'abord, il fronce les sourcils, parce que Cecil, il se dit que ça peut pas vraiment être elle – comme si elle était morte après être partie, comme si elle s'était définitivement transformée en un souvenir distant, un souvenir que l'on essaie de ranger dans un tiroir oublié de son propre esprit.
Mina.
Il inspire, sait pas trop comment réagir à ça. Cecil, il l'a pas revue depuis qu'elle s'est barrée, soudainement, sans lui avoir laissé un seul mot. Alors, lui, il hésite. Parce que leur relation, elle s'est fini sur un non-dit. La jeune femme, elle aurait tout aussi bien pu être morte. Silence radio. Partout. Comment on est censé engager une conversation après ? Mina. Si j'm'attendais à te revoir ici, tiens... Comme ça apparemment. Les mots lui ont échappé sans même qu'il ne se rende compte qu'il les avait formés dans sa tête. Ses pas l'ont guidé jusqu'à elle machinalement parce qu'au fond, il a bien trop besoin d'une quelconque forme de conclusion. Il peut pas rester sur ce point virgule indéfiniment, il doit savoir.

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MessageSujet: Re: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Lun 11 Juin - 4:30

Ses présences à l’hôpital en fin de soirée ou en plein cœur de la nuit se faisait de plus en plus rares, l’état de plus en plus avancée de sa grossesse l’astreignant à certaines contraintes afin de mener jusqu’à terme ce petit passager clandestin qui s’était installée dans son ventre. Un visiteur indésirable auquel elle avait fini par s’attacher au-delà de ses réserves, et avec lequel elle cohabitait désormais avec plus de sérénité. Un coup de téléphone avait pourtant changé ses plans et c’est dans une salle d’accouchement qu’elle s’était retrouvée, aidant l’une de ses patientes à mettre au monde les trois petits poupons qui reposaient en son sein. Un cas difficile et complexe, autant vu l’état prématuré des bébés à naître et la santé fragile de la mère qui n’avait eu de cesse de se dégrader au cours des dernières semaines. Si la naissance du premier né se fit sans réelles complications, l’état de la femme qui se dégradait de plus en plus et l’urgent d’agir pour le bien des deux triplets forcèrent l’équipe à opter pour une césarienne d’urgence. Trois heures mouvementées qui laissèrent des traces sur son corps, tendus par ce stress constant. Elle n’avait, heureusement, ni perdue la maman, ni les trois enfants, qui se reposaient tous sous les bons soins de l’équipe soignante. Une terrible envie de retrouver ses chats et son lit accapara Mina alors qu’elle filait vers les vestiaires afin de se rafraichir et de changer son sarrau, qu’elle balança dans les bacs de lessives à leur disposition. Elle ne pouvait pas se permettre de rentrer chez elle dans l’immédiat, devant s’occuper de remplir le dossier de sa patiente et de ses enfants. Les infirmières se chargeraient des suivis rapprochés qui se devaient d’être fait dans les heures à venir, libérant ainsi le médecin de ses obligations. Du moins, jusqu’au lendemain matin, où elle officiait sur le quart de jour. Peut-être se permettrait-elle, pour une rare fois, de faire usage de l’une des chambres à l’usage des médecins-pratiquants comme elle, s’évitant ainsi un aller-retour fort inutile jusqu’à sa résidence, où elle aurait perdue de précieuses secondes de repos.
Le sommeil alourdissant ses paupières, la jeune femme glissa un peu de monnaie dans la machine à café de la salle des employés avant de s’emparer de la tasse dont le liquide chaud lui brulait presque les mains. Elle s’octroyait une courte pause, Mina, le temps de savourer ce breuvage qui, elle l’espérait, saurait la garder réveiller jusqu’à ce qu’elle cède aux caprices de Morphée. Enfilant rapidement son veston, c’est à l’extérieur, sur le patio ou l’on trouvait quelques bancs et tables pour employés et visiteurs, qu’elle décida de se poser. Du moins était-ce son intention. Avant que son regard ne tombe sur une silhouette qu’elle aurait pu reconnaître les yeux fermés – pour l’avoir maintes fois caressés du bout de ses doigts. L’amant de trop nombreuses nuits, l’homme qui l’avait bercé d’illusions avant qu’elle ne découvre l’amer vérité et l’absence de cette alliance qu’il aurait dû porter à son doigt sacré. Marié, il était marié, et il avait fait d’elle tout ce qu’elle méprisait des femmes qui courtisaient son père, il avait fait d'elle une maîtresse. Incapable de se voiler la face, elle avait choisi de le jeter de sa vie comme un véritable déchet et elle avait tenté de mettre autant de distance que possible entre eux, non sans se faire porteuse de la vérité pour cette pauvre femme, la sienne, qui ignorait surement tous des combines de son époux. Jamais n’avait-elle cherché à savoir ce qu’il était advenu d’eux, mais force est de croire que confronter à ce dernier, elle risquait bien d’obtenir quelques réponses. – Je travaille dans cet hôpital, il est donc tout à fait normal que je m’y trouve, contrairement à toi, Cecil. – Ce prénom, elle l’expulse au travers de ses lèvres avec un certain dédain, loin de l’indifférence qu’elle prétend lui accorder. Trop de mensonges, trop de non-dits, et des mois, des années de silence les séparent. Comme une histoire sans fin, laissé en suspens, indéfiniment.

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MessageSujet: Re: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Mar 19 Juin - 2:06

Le mépris est évident. Pour la première fois, Cecil comprend son propre prénom comme une insulte – il ne reconnaît pas cet assemblage de lettres et de sonorités, pourtant la première particule de son identité. Cette accentuation sur les sifflantes, qui éclipsent presque totalement les voyelles – ça n’est pas son nom. C’est un affront quelconque, un affront qui déstabilise le lettré. Il en a presque un mouvement de recul. Démuni. S’attribuer cet adjectif est déchirant à ses yeux, et pourtant, c’est bien ce qu’il est à présent. Démuni, parce que le simple regard froid de Mina suffit à l’assommer de culpabilité. Adultère, mensonge, tromperie – un trio de responsabilités qu’il n’a que trop vu. Sur les lèvres de ses amantes, dans les yeux de son ex-femme, sur les papiers du divorce et au cœur des bruits de couloir qui persifflaient sur son chemin. A présent, dans les consonnes sifflantes et accusatrices de Mina, les voilà de nouveau ; ces trois mots, d’autant plus inquisiteurs qu’ils appuient sur un péché qu’il ne regrette qu’à moitié. Et lui, se plante devant Mina en pensant avoir une quelconque chance dans ce combat ; il part avec l’éternel désavantage d’être indubitablement fautif. Ils le savent tous les deux, et rien de ce qu’il dira ne pourra faire oublier à Mina l’innommable culpabilité gravée dans sa chair – la chair qui l’a fait pécher, la chair qu’il a beaucoup trop écoutée. Il inspire, ne sait même pas quoi répondre alors qu’il constate la terrible aporie dans laquelle il s’est fourré lui-même – il ne peut plus s’en aller. Mettre fin à la discussion dès maintenant ne relèverait pas simplement du ridicule, mais aussi de l’échec, de l’abandon, de la soumission (trois mots que Cecil se refuse même d’orthographier). Pourtant, que peut-il dire ? La simple réplique, cinglante, froide, sèche, de Mina ne lui laisse pas le luxe de la répartie – il doute fort que les cynismes avec lesquels il aurait habituellement répondu soient tolérés par la bienséance, ici. En revanche, il devine sans grand mal qu’il a tout intérêt à faire profil bas. Bien, effectivement. Je suppose. La dernière partie de sa phrase est ajoutée, plus bas, marmonnée. L’aveu qu’il n’ose pas tant prononcer, qu’il refuse malgré tout de se soumettre complètement. J’ai mes torts, je suis coupable, peut-être que je ne regrette pas – et il y a tellement d’insinuations dans ce je suppose discrètement désinvolte que Cecil le prononce dans un murmure, un souffle. Mais le silence qui suit est presque plus frustrant, plus terrible. Parce que la seule chose que Cecil peut alors affronter est le regard de Mina, finalement plus lourd que ses mots. Ses phrases ont l’effet d’une gifle – cinglante, mais la douleur qui suit n’est qu’éphémère. Son regard, cependant, pèse toujours un peu plus sur lui, comme un poids qui prendrait plaisir à le faire suffoquer lentement, seconde par seconde. Je suppose que c’est malvenu que de te demander comment tu vas. Qu’il lâche finalement – mais avant qu’il ne finisse sa phrase, ses yeux se posent sur ce qu’il aurait du remarquer depuis le début – et la chose est tellement flagrante que, pendant quelques secondes, Cecil fronce les sourcils, persuadé que, c’était pas là il y a deux secondes, ça ? Comme un éléphant mal caché derrière un fin rideau de tensions, la grossesse de Mina lui saute aux yeux dès lors qu’il la remarque du coin de l’œil. Il est pris par surprise, et en oublie de respirer pendant quelques secondes. Elle n’est pas juste enceinte. Elle est enceinte jusqu’aux yeux, comme on dit si vulgairement. Plus proche de l’accouchement que de la conception, probablement. Comment c’est possible ? L’état est anodin. Des femmes enceintes, il en croise tous les jours. Pourtant, de voir Mina dans cet état, ça le laisse bouche bée, si bien que Cecil von Sydow, d’habitude si éloquent, si à l’aise avec les mots, ne parvient à bégayer qu’un pauvre : Tu -… Enceinte ? Pathétique. Comme lui. Comme cette situation.

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MessageSujet: Re: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Ven 27 Juil - 1:50

Elle avait craché ces mots avec un dédain certain, et une froideur évidente, incapable de faire abstraction de cette rancœur qui lui collait toujours à la peau. Son regard s’était couvert, tel le ciel à la veille d’un orage, et ses traits, figés sur son visage teinté par la fatigue, ne laissait nulle place à l’interprétation. La présence de Cecil, au sein de son hôpital, ne l’enchantait guère, et elle n’allait nullement lui faire prétendre le contraire. À une toute autre époque, pourtant, c’est d’un sourire enchanté sur le visage qu’elle l’aurait accueilli, son regard brillant d’ainsi retrouver l’homme qui occupait ses jours et, plus souvent, ses nuits. Mina, elle s’était amourachée du trentenaire, sans jamais toutefois s’être embarrassé de ses trois petits mots trop lourds de sens, qui aurait suffi à le faire fuir. Elle l’avait aimé, en silence, se nourrissant des soupirs qu’il expiait à son oreille alors qu’elle se perdait entre ses bras. Et ça lui avait suffi. Pourtant, une odeur de mensonge persistait entre la sueur et les caresses, entre les baisers et les mots doux. Une traitrise qui, même des mois plus tard, lui puait toujours autant au nez. Son attitude semblait déstabiliser son adversaire, visiblement pris de court par ce mépris et cette hargne qu’elle lui avait craché au visage, du bout des lèvres couleur carmin. L’ardeur de Cecil s’affaissait sous le poids des reproches silencieux qui bercent sa voix. Il est loin d’être en contrôle de la situation, et sa réponse ne dégage que soumission. La fatigue l’assaille peut-être depuis de trop nombreuses heures, mais Mina, elle, se tient toujours droite, trop fière pour ne laisser transparaitre ne serait-ce qu’une minuscule trace, qu’un léger signe de faiblesse. Elle lève les yeux au ciel lorsqu’il s’enquiert de son état, visiblement conscient du sens déplacé de ses propres mots. Mais alors qu’elle s’applique à lui servir la réplique, Mina ne peut que remarquer l’expression du regard de son opposé qui délaisse son visage pour se glisser jusqu’à son ventre, qu’elle a depuis un bon moment cessé de camoufler derrière des tenues peu élogieuses.  Son veston ne recouvre qu’à peine cette partie de son anatomie, pourtant bel et bien visible depuis le début de leur confrontation. L’homme de lettre peine à retrouver sa voix et à retrouver l’usage de ses mots. Il reste sans voix, dubitatif devant son état, et les quelques mots qu’il marmonne à son attention ne font que naître l’éclat d’un rire dans la gorge de Mina. Elle s’esclaffe devant le ridicule de cette situation, devant la déconfiture qui se fraye un chemin sur chacun des traits du visage de son ancien amant. Aussi hagard, il lui fait bien pitié, à la mexicaine. – Oui, je suis enceinte. Mais ne t’inquiète pas, cet enfant n'est pas le tien.Et heureusement. Le timing n’était pas le bon, elle le savait plus que quiconque. L’homme qui lui faisait face ne pouvait d’aucune manière être lié à cet enfant. Mais d’avoir le loisir de le lui balancer en plein visage, avec cette audace et ce cran, avait quelque chose de satisfaisant. – Nous allons bien. – se contenta-elle de lui répondre, par politesse plus que par gentillesse. Sa mère s’était fait le devoir de l’élever convenablement, et elle lui avait inculqué plusieurs leçons sur la vie que la belle tentait de mettre en pratique, dans toutes les sphères de sa vie. Même lorsqu’elle se retrouvait face à un visage ennemi. – Comment se porte ta femme? – ne put-elle s’empêcher d’ajouter, ses lèvres s’étirant d’un petit sourire narquois, consciente de l’effet qu’une telle réplique pouvait avoir sur son opposé.

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MessageSujet: Re: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Lun 13 Aoû - 19:56

Il arrive parfois à Cecil de porter sur ses relations passées un regard emprunt de nostalgie, d'amertume. Jamais de regrets, cependant. Il avait peut-être souffert de la disparition soudaine de Mina, s'était surement inquiété de son absence – mais dans sa romanisation malsaine de la douleur, il n'en tire que du plaisir. Et dans son refus systématique de baisser les yeux, d'afficher pleinement et ouvertement une culpabilité qui ne serait que légitime, c'est une affirmation qui s'esquisse – ou plutôt, une incompréhension. Je t'ai fait vivre, j'ai fait naître des sentiments brutaux, primaux, en toi. J'ai réveillé les effluves somnolentes de ton âme et toi, toi tu as l'audace de m'en vouloir. C'est ainsi qu'il aimerait plaider sa cause, mais il sait, se doute, que ces arguments ne seraient pas bien reçus. Il lui a fait mal, certes. Le regrette-t-il vraiment ? Que serait-il advenu de leur relation si elle n'avait pas été bâtie sur des piliers si instables, sur des fondations de mensonges et de non-dits ? Rien. Il n'en serait rien advenu, bien évidemment. Ils se seraient embarqués dans un voyage placide et essentiellement éphémère. Au moins, ce qu'ils avaient vécu en valait la peine, ne serait-ce que pour l'explosion sentimentale qui en avait marqué le point final. Alors, pourquoi est-ce qu'elle lui fait subir tout cela ? Cette rancune évidente et pourtant terriblement froide, fatalement muette – terreau stérile d'où ne peut germer aucune échappée lyrique. Cette amertume qui cingle la peau comme un mistral déchaîné. Et sa réplique – toujours aussi sèche, toujours aussi brève, comme si elle l'insultait sans aucun mot (tu vois, moi, je peux me payer le luxe de ne pas gaspiller ma salive pour toi) –  elle le rassure, elle le vexe et cette dualité paradoxale le crispe fondamentalement. Cet enfant n'est pas de toi – sept mots de délivrance, surpassant, et de loin, le septain classique le jury prononce l'accusé non coupable. Pourtant, le verdict est ici balancé avec tellement de cynisme, tellement d'amertume, qu'il dépasse la simple ressemblance avec l'injure. Il en est essentiellement une. T'es même pas foutu de faire un gosse – et bon débarras. Les lèvres de Cecil se pincent et il arbore, l'espace d'un instant, cet air d'aristocrate contrarié à qui on annonce l'arrivée de la révolution à ses portes. Il est presque jaloux, et c'en est ridicule. Mais il ne peut empêcher l'enquiquinante question de marteler son esprit déjà fatigué par des heures d'attente ; c'est qui, le connard qui a pu la mettre enceinte ? Il devrait même pas se demander cela. Il est stupide de porter autant d'importance à cette interrogation. Mais il ressent le même pincement au coeur, vain, inexplicable, égocentrique que lorsqu'on les clefs d'une maison que l'on a aimée aux nouveaux propriétaires. On ne les connait pas, et pourtant, on leur en veut. On leur en veut parce qu'ils vont être heureux entre ces mêmes murs qui ont été témoins de notre propre bonheur. On leur en veut parce qu'on a l'assurance de la beauté de ce qui les attend alors que notre propre futur est encore incertain. Les effluves de souvenirs heureux mêlées à un égocentrisme sous-jacent sont de ces syncrétismes systématiquement douloureux. Mais un instinct primal, voire viscéral, s'empare de Cecil et éclipse cette brume de sensibilité : il ne doit rien laisser paraître. Heureusement pour toi, siffle-t-il. Ce brouillard chimérique l'a rendu frustré, mal à l'aise, et donc, nécessairement mauvais. Le père accepte surement de te payer une pension alimentaire, lui. Il croise ses bras sur son torse, mais Mina enchaîne immédiatement. Sa femme. Son ex-femme. Sa mâchoire se crispe, il la fixe un moment en silence. Lorsqu'il s'est séparé de Pippa, Mina s'était déjà évaporée dans la nature. Elle semble pourtant bien au courant de ses déboires maritaux – son ton sarcastique, son sourire moqueur, tout cela ne peut traduire qu'une ironie latente. Et cela énerve Cecil. Si, quelques minutes auparavant, il était décidé à faire profil bas, il est à présent déjà fatigué de la laisser lui rire au nez. T'as l'air bien empressée de prendre des nouvelles de mon ex-femme, Mina. Quoi, vous formez un club, entre femmes spoliées de toute leur dignité ? Il persifle, son ton est froid. Il n'est pas sarcastique, moqueur pour une fois. Simplement énervé. Mina a effectivement fait trembler une corde sensible, et il n'a pas l'intention de laisser passer cela aussi facilement.

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MessageSujet: Re: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Mar 4 Sep - 0:16

Mina, elle conservait des images très nettes des moments partagés avec l’homme marié; ces trop nombreuses nuits entrelacées dans le lit défait, ces baisers volés au coin d’une rue déserte; ces mains parfois un peu trop curieuses dans des lieux inappropriés.  Dire qu’ils n’avaient pas profiter de chacun des instants que la vie leur avait offerts n’aurait pu être plus faux. Et elle ne regrettait rien de cette époque où l’ignorance était sa plus grande amie. Car une fois le charme rompu, une fois que la vérité lui ait éclaté en plein visage, plus aucun retour en arrière n’aurait pu être possible. Elle s’était sentit trahie. Cecil, il n’avait pas fait que la tromper elle : c’est aussi son épouse, cette inconnue au bataillon, qu’il blasphémait à chaque nuit qu’il passait en sa compagnie. Elle avait reproché tant de fois à son père ses aventures extra-conjugales. Le rôle de l’autre femme reposait désormais sur ses épaules, et elle ne supportait pas de vivre avec ce poids sur ses épaules. De vivre dans ce mensonge éhonté qu’il balayait du revers de la main avec une insolence qui lui était propre. D’amour, elle en était venue à éprouver une haine sans nom pour cet homme qui s’était bien jouer de sa personne. Qui s’était joué d’elles. L’amante et la femme. Deux femmes qu’il avait bafouées, sans égard de leur sentiment. Deux femmes parmi tant d’autres, surement, qui avaient froissées les draps de sa chambre à coucher en soupirant lascivement à son oreille, la sueur perlant dans le creux de leur cou.
De l’eau avait coulé sous les ponts depuis cette époque-là. Les jours étaient devenus semaines, et les semaines, des mois. L’hiver avait fait place au printemps, puis à l’été. Puis un petit embryon avait décidé de faire d’elle sa maison, et son ventre n’avait cessé de s’arrondir pour laisser entrevoir la vie qui fleurissait en son sein. Une erreur de parcours. Un accident qu’ils auraient pu éviter. Un imprévu avec lequel ils avaient dû apprendre à composer. Bash et elle, c’est d’un front commun qu’ils avaient décidé d’affronter l’inattendu. C’est ensemble qu’ils s’apprêtaient à élever cet enfant qui n’aurait jamais dû être, mais qu’ils avaient appris à aimer, malgré tout. Cette réplique qu’elle envoyait valser à la figure de Cecil provenait du plus profond de ses tripes. Dans pareille situation, elle n’imagine même pas l’homme capable d’assumer son rôle de géniteur. Il se serait débarrassé du problème, d’une façon ou d’une autre, l’abandonnant à son sort, sans aucun remord. – Non, puisque ce n’est pas nécessaire. Il accepte de prendre sa part de responsabilités, lui.Contrairement à toi. Le père de ce fœtus aurait pu être n’importe lequel de ses amants, mais elle était heureuse, et soulagée, que ce soit avec le Fraser qu’elle ait commis cette ultime erreur, et pas avec l’homme qui lui faisait toujours face, se refermant à mesure que la conversation s’amenuisait.  Jusqu’à ce qu’elle tire une flèche pointue en sa direction, abordant un sujet épineux qu’il aurait sans doute préféré garder sous silence, s’il en avait eu le choix. Mais c’est Mina qui dirigeait la conversation, Mina qui menait la danse.  – Ton ex-femme... Les félicitations sont de mises, je présume. – qu’elle s’exclame en feignant la surprise, alors que son regard assuré dégaine une assurance qui prétends le contraire. Cecil qui retrouvait enfin sa liberté. Cette femme qui elle, regagnait un peu de sa fierté.  – C'est n'est qu’une immense satisfaction que je ressens à son égard, et tu sais pourquoi, Cecil? – Elle vrille ses iris ambrées dans le regard sombre de l’homme de lettres, réduisant de quelque pas le vide qui les sépare, avant de se poser délibérément à sa hauteur. – Parce que j’ai su trouver les mots pour la convaincre qu’elle méritait mieux que toi. – Cette lettre qu’elle avait laissé sur le pas de sa porte. Ces aveux qu’elle avait livré en se cachant derrière une plume anonyme. En livrant ce courrier, prophète de malheur, c’est la boîte de Pandore qu’elle avait ouverte. Et la seule personne qu'il y avait à blâmer, dans toute cette histoire, se tenait juste devant elle.

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MessageSujet: Re: i'm erasing myself from the narrative (mina)   Jeu 18 Oct - 14:07

Et fatalement, la culpabilité cède, fait plage à l'amertume d'un égo blessé, à la colère d'un fautif acculé. Cecil a toujours été meilleur pour pécher que pour se repentir, et les pousses bénignes d'un mea culpa sont d'ores et déjà arrachées par son formidable égocentrisme. Cruellement, froidement. L'air suffisant de Mina l'agace, le tourmente – peut-être parce qu'au fond de lui, il sait qu'il ne s'agit pas simplement d'une façade. Dans cette situation, ici et maintenant, elle lui est supérieure, peut se permettre d'aborder cet air confiant, parce que c'est elle qui a la main haute. Car, malgré l'évaporation progressive de ses regrets, malgré l'exaspération qui tend ses muscles et crispe sa mâchoire, Cecil ne peut pas réellement se permettre de contre-attaquer. Dieu sait qu'il a envie, pourtant – il crève d'envie de répliquer, de taper là où ça fait mal, aussi fort qu'il peut. Mais même Cecil admet qu'il ne peut pas. Même Cecil sait qu'il y a des règles, et il ne pourrait pas supporter de descendre dans sa propre estime. Alors il se contente de railleries sifflées, de regards qui s'assombrissent de plus en plus. Et la tension, elle est palpable – si tranchante qu'elle pourrait lui couper la gorge à n'importe quel moment. Mais la remarque de Mina achève de l'enrager, et ses dents se serrent tellement qu'il est presque certain d'avoir entendu sa mâchoire craquer. Ne me parle pas de responsabilités, Mina. Les bras croisés sur le torse, il plonge ses yeux clairs dans les iris ambrés de Mina. Ce regard qui, plus d'une fois, l'avait achevé. Ces yeux ténébreux, ces yeux étincelants, qui plus d'une fois l'avaient harponné. De harpons, ils étaient devenus poignards et Cecil tente toujours tant bien que mal d'ignorer l'étau de la nostalgie qui se referme douloureusement autour de sa gorge. Tu es celle qui s'est enfuie comme une putain de voleuse parce que t'avais trop peur de ce que tu avais fait. Et je dirais même que t'es terriblement chanceuse que ton cher et tendre n'affronte pas les imprévus aussi courageusement, aussi vaillamment que toi. Il crache les derniers mots, en accentuant chaque syllabe, chaque son. Comme s'il espérait que ses mots pénètrent chair de Mina, comme s'il affûtait chaque phonème pour entailler sa peau, entailler ses os, entailler son esprit. Cecil, il se refuse de perdre. Il perd sa contenance au nom d'un égo surdimensionné, comme d'habitude.
Mais elle enchaîne, et cette fois ses mots le font s'arrêter quelques instants. Il plisse les yeux, alors qu'il tente de mettre un sens sur les phrases de Mina – un sens qu'il n'a pas forcément envie de comprendre. Il se rappelle de cette lettre. Vaguement, d'abord. A l'époque, ce malheureux bout de papier n'était vite devenu qu'un détail, perdu entre les ruines d'une guerre conjugale sans merci et les spectres des impiétés de Cecil. Brièvement, il s'était demandé qui avait pu être l'enfoiré qui avait vendu la mèche. Mais la liste des suspects était trop longue, la quête trop vaine, et ses préoccupations étaient trop nombreuses. La lettre n'était devenue qu'un détail fugace et oublié. Mais maintenant – maintenant qu'il comprend peu à peu, la missive prend soudain l'aura d'un élément crucial de toute cette affaire. Tu as fait quoi ? Cette fois, les mots sont encore plus décrochés les uns des autres, et la voix de Cecil se fait toujours plus froide, toujours plus cinglante. Les pupilles rétrécies, et c'est une colère sourde qui s'empare de son corps. Plus qu'un sentiment de trahison, c'est l'humiliation d'avoir été ainsi pris au piège par une amante déchue qui le torture. Bien… Bien. Bien. Et il ne peut rien dire d'autre pour le moment parce que son esprit essaie encore de digérer l'information, de faire le lien entre ces différents cataclysmes. Il se passe une main sur le visage et inspire longuement. Tu sais quoi Mina ? J'devrais surement te féliciter. C'est sans conteste le coup bas le mieux monté qu'on m'ait jamais fait. Il lève un doigt en l'air, ses yeux s'allumant d'une étincelle mauvaise. Tu as précipité ma pauvre femme dans un divorce à perte. Tu lui as brisé le cœur et les illusions qu'elle s'était faite pour rester heureuse. Et moi ? Il rit légèrement. Il n'est pas amusé, cependant, et ça s'entend dans son rire – un rire forcé, un rire jaune, un rire qui puise plus dans l'amoralité que dans le bonheur. J'ai été libéré d'un mariage qui me retenait plus qu'autre chose. J'ai pu récupérer la maison et les meubles, et je suis, comme qui dirait, totalement libre. De nouveau, il croise ses bras sur son torse et se penche vers Mina, son insupportable sourire en coin collé aux lèvres. Le soulagement de pouvoir se berner d'une illusion de triomphe, et il est déjà plus calme. Merci Mina. Tu m'as tellement, tellement, tellementaidé.

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