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MessageSujet: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyLun 28 Mai 2018 - 18:51

gigi & jude

cause i was filled with poison
but blessed with beauty and rage
(ultraviolence @lana del rey)

Le papier roule entre ses doigts, se froisse sous la pression de ses phalanges. Il avale sa nervosité de travers, Jude. Tente d'oublier les picotements qui valsent sur chacun de ses nerfs. L'impatience lui gonfle le cœur. La colère lui ronge l'esprit. Intenable et pourtant, figé sur ce banc, le corps trop lourd, impossible à soulever. La volonté est là mais l'échine courbée ne suit pas les ordres de l'esprit ; peut-être qu'il y a sous cela un peu de son instinct de survie qui se manifeste enfin. Aller là-bas n'est pas une bonne idée, la confronter non plus. Il s'était juré de laisser son passé derrière lui en quittant sa cellule miteuse, mais il y a toujours eu cette infime partie de lui qui demandait plus, qui réclamait la vengeance comme un fantasme malsain construit sur trois années d'enfermement. Six mois à courir après une chimère, six mois à ignorer ce désir dévorant de la retrouver elle. Puis, il a été trop curieux. Des noms sont tombés. Une adresse dans le lot. Il a replongé comme un camé, Jude. Incapable d'être raisonné, courant à s'en éclater les poumons vers le précipice, vers son enfer et ces flammes qui lui ont cramé l'épiderme il y a des années de ça. Son enfer et sa Perséphone au sourire malin et aux intentions douteuses. Gigi. Le surnom est murmuré comme un blasphème, quatre lettres devenues trop corrosives pour sa bouche. Il est encore temps de faire demi-tour. De se lever et de dévaler la vallée jusqu'à la mer. S'égarer dans les vagues glacées pour oublier l'empreinte incandescente qu'elle a laissé sur son âme. Il se lève enfin, Jude, mais certainement pas pour se montrer raisonnable ; il défie la gravité et rejoint l'immense demeure. Ça dégueule le luxe et la réussite. Tout ce dont elle l'a privé en le jetant derrière les barreaux. L'architecture noble lui rappelle leur vie d'hier. Existence commune dont il ne reste plus que des ruines et quelques souvenirs douloureux. Un pied devant l'autre, il chancelle jusqu'à la porte, la tête haute et la poitrine enflée par une assurance feinte. Il prend des allures de roi, un roi qui a égaré sa couronne, alors qu'il rampe dans les bas-fonds de Brighton depuis six mois. Il sonne et attend. Enfonce le papier dans sa poche et se montre impatient. Les bruits de pas se font entendre et il se fige, la porte s'ouvre enfin. - Je m'attendais à voir débarquer un larbin ou un truc du genre. Ses prunelles de jais se heurtent à ces traits harmonieux qu'il n'a jamais pu oublier. Il aurait voulu que ces trois ans la dévisagent, la rendent hideuse. Qu'elle s'étouffe sur ses caprices et qu'elle cède à la chirurgie esthétique, mais il doit se rendre à l'évidence ; elle est toujours aussi belle et toute la haine du monde ne suffirait pas à la rendre laide. - Je t'ai manqué, mon cœur ? Un sourire espiègle s'empare de ses lèvres. Il est trop tard pour faire demi-tour.

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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyMar 29 Mai 2018 - 20:58

Il claque la porte et les masques tombent. Il n’y a plus de mots d’amour prononcés du bout des lèvres, plus de sourires trompeurs et de regards désarmants pour faire sombrer les cœurs. Cette comédie s’est essoufflée à l’image des poumons de Giulia qui se sont épuisés à l’usure de cette course permanente à laquelle elle s’adonne depuis des années. Celle pour fuir son passé et ses conséquences et avec lui, sa liberté qui n’est plus qu’un lointain écho de sa vie d’avant. Cette vie qui l’a imprégnée de traces bien plus profondes que celles laissées par son mari. Ces ecchymoses au goût fadasse et insipide qui lui rappellent le néant dans lequel elle a plongé son existence. Ils sont douloureux, mais insignifiants face aux bleus qui gangrènent son cœur et abiment son âme, face aux escarres gravées par celui dont elle ne prononce jamais le nom. Jude. Un prénom qui la fait voyager dans le temps, vers d’autres horizons où le bonheur n’était pas un mirage. Mais où la déception ne fut que plus fatale. Elle soupire. Seule face à son miroir, elle observe sa peau colorée des poings de son époux. Au moins, avec lui, elle sait à quoi s’attendre, qu’elle pense en remontant son déshabillé de satin rouge le long de sa cuisse pour admirer les dégâts qui ont mordu sa chair. Elle a vendu son âme nécrosée au diable, Gigi, à offrir son corps au plus offrant. Et c’est le prix à payer pour sa tranquillité et pour ces choses matérielles qui s’entassent dans les trop nombreux placards de sa luxueuse maison. Ses yeux remontent le long du reflet de son visage demeuré intact. Il est trop intelligent pour céder à la tentation facile d’une lèvre coupée ou d’un œil teinté de noir, alors il fait comme les lâches, comme ceux qui malmènent les corps en secret. Les doigts de Giulia retracent le contour de sa mâchoire et elle réalise que même le temps n’a pas eu d’emprise sur cette beauté qu’elle cultive comme une arme. L’unique qu’il lui reste – celle qui endort les soupçons quand elle prévoit de lui rendre la monnaie de sa pièce. Ça sonne, silence. Elle sursaute légèrement et tourne la tête en direction du bruit, les yeux écarquillés. Elle ne reçoit jamais de visite, Gigi, et son mari n’est pas censé revenir avant plusieurs heures. Elle couvre le peu de pudeur qu’il lui reste d’un peignoir similaire à sa tenue, puis elle attrape son petit pistolet fétiche avant de dévaler les escaliers sur la pointe des pieds pour maintenir le silence qui règne dans cette gigantesque demeure. Il n’y a que les battements de son cœur affolé qui rythment cette maison où résonne la froideur d’un mariage sans amour. Elle inspire pour se remettre d’aplomb, puis elle ouvre la porte, parée de son dédain habituel. Mais les traits de son visage trahissent légèrement sa surprise à la vue de ce phœnix revenu des cendres encore tièdes d’un passé qui a fini par la rattraper. Une partie d’échecs sciemment jouée où la reine est désormais en danger. Un jeu de cartes où les cœurs se font tous faucher.  – T’es venu pour du boulot ? On cherche des domestiques, ça t’irait très bien, qu’elle crache comme du venin alors que le mépris empoisonne sa mine qui a retrouvé toute sa contenance. Mais si elle fait bonne figure, à l’intérieur, c’est un carnage des sentiments contraires. – Qu’est-ce que tu veux ? Ça gronde comme le tonnerre alors qu’elle cache son arme derrière son dos.
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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyVen 8 Juin 2018 - 22:36

Une colère sourde fait enfler son cœur et gonfler ses veines, se mêle à l'excitation d'hier, celle du jeu et de la traque. Elle se termine ici et aujourd'hui, sur le pas de cette porte, devant une demeure dégueulant l'opulence et le luxe. Un sourire malin trahit le fond de sa pensée en glissant sur ses lèvres. La tension ronge ses nerfs et valse sur ses tendons ; jusqu'au bout de ses phalanges qu'il détend et referme dans un toc nerveux. Il a l'impression qu'il pourrait imploser, Jude. S'effondrer sur le pas de cette porte si l'attente se fait trop longue. Il est fort pourtant – il aime s'en convaincre. Se dire qu'il lui tiendra tête et qu'il ne ploiera pas sous ses paroles empoisonnées, peu importe les mots qu'elle murmura pour le faire tomber. Il est déjà à terre depuis longtemps, Baker. Roi sans couronne qui rampe dans les ruelles crasseuses, dans les restes souillés d'un passé faste et clinquant. La porte s'ouvre pour dévoiler une silhouette qu'il n'a jamais réussi à oublier, malgré toute sa bonne volonté. Elle est toujours la même, sa divinité, dangereusement belle. Ces mêmes lèvres qui le happaient de ses sourires malicieux, qui laissaient couler mille promesses enchantées qui ne valaient rien, au final. Car autrement, elle ne l'aurait jamais vendu aux loups, pas vrai ? Il a retourné le problème plusieurs fois dans sa caboche abîmée, Jude. Creusé dans ses souvenirs pour trouver un instant, une fraction de seconde pendant laquelle elle aurait été sincère. Puis, il s'est rendu à l'évidence ; ça n'a jamais été de l'amour. Juste une symbiose parfaite mais temporaire, qu'ils voulaient croire éternelle. Il serre les dents derrière un sourire trop poli, ignore cette première provocation qui tombe au fond de ce vide qui lui creuse le cœur. - Je ne pensais pas que tu allais avoir le cran d'ouvrir. Il cherche la peur au fond de son regard, un soupçon de terreur pour nourrir sa propre confiance. - Ce que je veux ? Je n'ai survécu que pour te retrouver, mon amour. Des mots qu'il souffle en se penchant vers elle, lui imposant cette proximité d'hier, celle qui faisait chavirer son palpitant autrefois. Il pousse la porte et s'impose dans la demeure, se disant qu'au pire, il finira avec un couteau entre les omoplates – n'est-ce pas ridicule, à côté de l'enfer qu'il a traversé par sa faute à elle ? - Tu es toujours aussi délicieuse. Un regard qui n'ose pas s'attarder plus sur sa personne, pourtant. Pas par pudeur, ni par respect. Simplement par crainte d'un nouveau vertige, qui pourrait le faire retomber la tête la première dans ses anciens vices. - Alors comme ça, tu as réussi à en embobiner un autre ? Le regard se perd dans la pièce, sur la décoration raffinée et chaque infime détail qui n'est pas elle. - Ou bien, c'est enfin le véritable amour ? Celui que tu m'avais promis, quand nous étions les maîtres du monde. Tu te souviens, Gigi ? Toi et moi, jusqu'à la mort. Un soupir lui échappe et il lui accorde enfin un regard, gorgeant son sourire d'une assurance qu'il ne fait que mimer. - Je ne compte pas m'imposer trop longtemps. Je passais juste prendre des nouvelles.

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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyMer 13 Juin 2018 - 2:26

- Ce que je veux ? Je n'ai survécu que pour te retrouver, mon amour.
Un frisson lui parcourt le dos alors que ces mots teintés d’ironie lui rappellent des temps plus heureux. Il en joue dangereusement, à en réveiller la créature vengeresse qui sommeille en elle depuis des années, depuis trop longtemps. Le revoir est aussi merveilleux que douloureux. Mais c’est un brin de vie qu’il insuffle en elle. Un tourbillon passionné qui la tire de son cauchemar de femme rangée, de femme trophée. Et son cœur se gorge d’une excitation semblable à celle d’autrefois, bat la mesure d’un second souffle retrouvé qui se coupe aussitôt qu’il s’approche d’elle. Pause. Le temps s’arrête quand Jude la frôle de cette insolence qu’elle trouve irrésistible. C’est insensé et malsain, mais c’est la poursuite incessante de la lune et du soleil qui se fuient et se chassent. Même si elle n’en montre rien, même si elle demeure impassible. Immaculée d’émotions et belle de cette froideur qu’elle lui réserve spécialement - à lui, le traitre, l’assassin. Il y a les vestiges de son cœur en miettes pour témoigner de son crime, les cendres de leur amour balayé par la fumée nauséabonde d’un pot d’échappement. Et lui qui piétine les pédales. Et leur histoire, avec. – Et toi toujours aussi beau parleur. Elle referme la porte alors qu’il ouvre les hostilités, peinant pourtant à soutenir son regard. Elle s’en nourrit, Gigi, de ce pouvoir qu’elle peut avoir sur lui, de cette influence qu’elle avait, il y a longtemps. Elle l’observe du coin de l’œil, déchiffrant tous ses faits et gestes. C’est comme un livre qu’elle s’amuse à relire, mais elle réalise qu’il a réécrit quelques pages. De quoi susciter son intérêt. – Beau, tout court. Elle ronronne presque, Giulia, alors qu’un sourire malicieux fend ses lèvres. Elle gravite autour de lui, lui laissant croire qu’il mène la danse tandis qu’elle bat des cils. Et le faussé entre eux se réduit bientôt au néant. Et elle manque de flancher, Gigi, parce qu’il est là, chez elle. Elle peut sentir son souffle, deviner les battements de son cœur, ressentir cette confusion qu’il cultive à son égard. Il est là, tout près et pourtant, si loin, à des années lumières, à mille lieux d’elle. Et réduire la distance entre eux n’y changera rien. – Jaloux ? Elle hausse un sourcil alors que son visage s’illumine d’impudence. Elle a les yeux rivés sur lui ; la lionne ne lâchant pas sa proie.  – Tu sais bien que tu es le seul homme que j’ai jamais aimé.  C’est un écho de vérité qui résonne faussement comme une moquerie entre ces murs qui témoignent de la froideur du couple qui habite la demeure. Il n’y a rien de chaleureux – pas même ce feu ardent qui brûlait en elle avant l’ultime trahison, le baiser de judas. Elle s’avance à nouveau et le bruit de ses talons sur le sol signe son arrêt de mort. Il n’y a plus rien pour les séparer, si ce n’est cette haine mutuelle qu’ils se portent depuis des années. Une haine gangrenée par un reste d’amour qu’elle ne parvient pas à oublier. – Tu peux prendre ce que tu veux, Jude. Elle chante comme une sirène alors que son épaule se découvre pour le tenter. Et dans son dos, toujours caché, il y a cette arme qui menace. Après tout, il faut être deux pour danser.
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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyVen 6 Juil 2018 - 22:21

Il aurait simplement pu passer à autre chose, cracher sur la valeur des sentiments, brûler ses souvenirs dans un feu de joie que toute cette haine aurait alimenté sans mal. Oublier Gigi et ses ruses, ses mots doux et ses accents du nouveau continent, le venin qui gorgeait ses syllabes – tantôt doux, tantôt assassin. Il se souvient d'avoir ployé sous ses exigences, d'être devenu esclave d'un amour destructeur, juste pour lui plaire. D'avoir tout abandonné, même son bon sens, pour qu'elle devienne une reine – sa reine. Et ils ont régné oui, jusqu'à ce qu'elle le précipite sur l’échafaud et qu'elle offre sa tête à la justice. Il n'oublie pas non plus cette partie de l'histoire, ce dernier chapitre, qui a conditionné le reste de son existence : ses échecs, sa misère. Il n'a plus rien d'un roi désormais, avec ses petites magouilles et les as qu'il cache dans ses manches, juste un raté des bas-fonds qui brille par ses tours de passe-passe. Jaloux. « Toujours. » Qu'il rétorque dans un soupir las. Il fait semblant mais il n'oublie pas la dépendance, celle qu'elle a fait naître dans son esprit, la possessivité qu'elle a implanté dans son cœur défaillant. Il se souvient qu'il aurait abattu n'importe quel homme autrefois, n'importe qui qui aurait osé lui manquer de respect ou se montrer trop proche. Il explore les environs, découvre une vie dont il ne fait pas partie – qui aurait pourtant pu être la sienne, si elle ne l'avait pas vendu. « Oh Gigi. » Qu'il lâche dans un éclat de rire. « C'est bien là le problème, tu ne m'as jamais aimé. » Il hausse docilement les épaules et s'égare dans le séjour. Son regard expert repère la valeur, l'art, cherche les failles dans un quelconque système de sécurité. « J'étais simplement utile. » Triste constatation, vérité acquise bien trop tard, quand il goûtait déjà aux plats infects des centres de détention. Il avait été pratique et assez charmant pour qu'elle s'intéresse à lui, la suite s'était faite naturellement, entre un sourire et une gifle, il était devenu accro et prêt à céder au moindre de ses caprices. Ses doigts courent sur un meuble et il se détourne enfin. La fixe de ses prunelles sombres. « Mais ça me convenait. » Un soupir coule de ses lippes et il s'avance, observe cette épaule dénudée et chaque parcelle de peau ambrée. Il se rappelle des notes épicées de son parfum et de la douceur de son épiderme sous ses lèvres, de la chaleur de ses soupirs et des nuits sans fin sur les toits du monde. Il se penche et s'égare dans les effluves de son parfum – un grand créateur, de toute évidence. « Il te gâte. » Le bout de ses doigts glisse sur l'épaule, descendent trop lentement jusqu'à son bras. « Mais lui aussi est juste utile, n'est-ce pas ? » Il a besoin qu'elle lui confirme, qu'elle le rassure – non, l'amour n'existe pas. Oui, il est tombé dans un piège, comme tous les autres. Non, rien de tout cela n'était réel. Oui, il peut passer à autre chose. Il s'approche et se brûle. Effleure ses lèvres dans un sourire gorgé de malice. « Je viens récupérer tout ce que tu m'as pris. »

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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptySam 7 Juil 2018 - 17:20

Il y a comme quelque chose qui se casse en elle quand il lui assure qu’elle ne l’a jamais aimé. C’est le coup de couteau de trop, celui qui rompt à jamais le lien déjà bien abimé qui faisait pont entre leurs cœurs. Ce n’est pas elle qui a appuyé sur la pédale le laissant seul face à son triste sort. Ce n’est pas elle qui a préféré sauver sa peau plutôt que de faire front, ensemble. Et pourtant, il se pare d’insolence et d’audace, à se pavaner chez elle, à onduler comme le serpent au beau milieu du jardin d’Eden. Elle l’observe, le visage impassible alors que son cœur bat la mesure d’une vieille chanson d’amour gravée sur un disque rayé. Elle ne réalise pas qu’il est là, sous ses yeux, à rouler des mécaniques alors que les siennes sont foutues depuis qu’il l’a abandonné, mais elle ne parvient pas à oublier cette haine incommensurable qu’elle nourrit à son égard, ni même cet amour que lui seul est parvenu à faire germer. Malgré ce qu’il en pense, il n’était pas simplement utile ; il était son monde, son ciel, son soleil, sa lune et ses étoiles. Elle aurait tout donné pour lui, mais il ne lui a pas rendu la pareille. C’est l’hôpital qui se fout royalement de la charité et qui demande son reste, par-dessus le marché. Une situation qu’elle trouverait ni plus, ni moins risible, si seulement il ne s’agissait pas de Jude. Et quand il se penche, elle ne peut s’empêcher de retenir son souffle, comme s’ils n’avaient jamais souffert de l’érosion du temps, ni même de leurs trahisons. Et son corps se souvient ; de sa bouche contre sa peau, de ses mains sur ses hanches et de cette odeur si familière – sa madeleine de Proust. C’est une machine à remonter le temps qui la ramène en des heures plus heureuses. Elle voyage mais n’en montre rien, parce que cela serait trop facile, parce que cela lui ferait trop plaisir. – Il aime se faire pardonner quand il me malmène, qu’elle balance du bout des lèvres, sans marquer la moindre preuve d’émotion. Il n’y a rien pour la trahir, si ce n’est ces frissons qui parcourent son échine quand il l’effleure du bout des doigts. – Autant dire que ce n’est pas un tendre, au vu de cette maison et des merveilles qu’on y trouve. Mais elle ne se plaint pas, Giulia, les yeux rivés sur l’objet de toutes ses afflictions. Et quand ses lèvres effleurent les siennes, elle ne répond plus de rien l’espace d’une seconde, savourant le goût du danger distillé dans le creux de sa bouche. – Il ne sera jamais aussi utile que toi, un murmure qui déguise à peine la nature de ses sentiments, parce que Gigi n’a aucune pudeur quand elle aime. Seulement quand on lui plante un couteau dans le dos. – Sauf que lui ne m’abandonnera pas pour une poignée de billets. Et soudain, son visage devient plus dur et plus froid quand elle fait référence à la nuit où tout a basculé. Harvey est loin d’être un saint, mais elle sait à quoi s’attendre avec lui. Il ne pourra jamais lui faire autant de mal que Jude, car elle ne lui en laissera jamais l’opportunité. Moins naïve, moins stupide. Besides, je n’ai jamais donné dans la tendresse. Un léger sourire malicieux étire ses lèvres alors qu’elle ramène le revolver contre le ventre de Jude. Elle rabat le chien et le clic fait écho à la grenade qu’elle a désormais à la place du cœur. Ça résonne dans toute la maison comme une menace alors qu’elle le regarde droit dans les yeux. – On fait un marché. Tu me redonnes mes années gaspillées à tes côtés et je te refile le peu de dignité que tu avais, deal ? Son sourire se fait plus grand et plus moqueur car il n’aura jamais rien de plus venant de sa part.
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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyDim 22 Juil 2018 - 18:09

C'est maintenant, une éternité plus tard, qu'il comprend enfin ce qu'il fait là. Ce qui a réellement motivé cette visite, ses pas, sa présence et cette assurance bancale qu'il porte comme une armure. Il est là pour ça, pour ce qu'elle lui donne par sa présence, pour le danger qu'elle représente. Un parfum ancien, disparu avec le temps, mais jamais oublié. Un goût et des couleurs ; tout un univers qu'elle a construit autour de sa personne pour l'avoir dans ses filets. Il a mis du temps à s'en tirer, Jude – quelques années derrière les barreaux. Et le voilà qui se précipite à nouveau dans le piège, la tête la première. Il parie sur des précautions hasardeuses. S'imagine qu'il s'en tirera mieux, maintenant qu'il connaît déjà la douleur et la brûlure qu'elle est capable de lui infliger. Mais s'il a l'impression de la connaître par cœur, c'est à croire qu'il a oublié à quel point elle est imprévisible, Gigi. Capable de se retourner contre lui et de dominer la partie. De le mettre à terre d'un de ses sourires ravageurs et de lui faire mordre la poussière juste parce que ça l'amuse. Il se perd dans le contact de son bras. Un corps qui en cherche un autre, depuis trop longtemps maintenant. L'interdit coule pourtant sur son épiderme et il a du mal à s'y tenir. À se dire qu'un autre se tient désormais à sa place, à ses côtés, dans son lit. Elle lui dépeint le portrait d'un truand et il n'y a pas une once d'étonnement pour rouler dans ses prunelles. Simplement un peu de colère qu'il cherche à dissimuler, quand elle crache sur leur histoire d'autrefois avec tant de facilité. « Il n'a jamais été question de t'abandonner. Tu t'es toujours contentée de ta version des faits et tu n'as jamais cherché à connaître la vérité. » Qu'il lâche dans un murmure. Il se penche vers elle. Cherche sa chaleur et sa proximité. Frôle la flamme car son monde est devenu glacé aujourd'hui et qu'il a besoin de se souvenir de cette sensation. Juste encore un peu. « Et je vois que tu t'en contentes très bien. » Les mots glissent comme un reproche de ses lèvres. Il lui en veut Jude, bien sûr qu'il lui en veut. De ne pas avoir vu plus loin que l'évidence. De ne pas avoir compris que Clyde n'aurait jamais abandonné Bonnie sans en crever. Il se perd dans ses mots et ses sourires. Baisse à peine le regard quand le clac caractéristique se fait entendre. Il sent le canon contre son ventre. Menace dont il se rit. Il ne bouge même pas, Baker. Il ancre son regard au sien et se contente d'oublier tout le reste. Son sourire est presque mauvais. Aussi gangrené que son âme, nécrosé que son cœur en panne. « C'est marrant de t'entendre parler de dignité, Gigi. Surtout quand on sait que maintenant t'écartes les cuisses pour des fringues et l'assurance de pas crever dans un caniveau. » Il s'avance encore un peu. À peine – c'est presque imperceptible. Juste pour sentir l'arme se nicher d'autant plus contre son abdomen. L'adrénaline lui retourner les tripes. « Qu'est-ce que tu vas faire ? Me buter ? » Il rit à nouveau. Instable. Frénétique. « T'aurais trop peur d'éclabousser le mobilier hors de prix de ton geôlier. » Ses doigts glissent finalement jusqu'à l'arme et il en détourne vivement le canon, un élan de colère portant ses gestes. Il la déteste de pouvoir le considérer ainsi, comme le seul criminel de l'histoire, alors qu'elle a mis le feu à leur histoire en le vendant aux autorités. « Je suis juste là pour récupérer mon fric et après, on aura plus qu'à redevenir deux inconnus. »

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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyMar 24 Juil 2018 - 0:41

La vérité. La collision de deux astres que tout oppose, mais que tout attire. Mais elle s’en tient à sa version des faits, Gigi, à peine ébranlée par les mots qu’il débite avec tant d’assurance. Il a changé, Jude, le regard assombri par des choses qu’il n’était pas destiné à vivre. Béni à la naissance, touché par la grâce. Damné à sa rencontre avec Valentina, touché par la noirceur. La vérité. La vérité, c’est qu’elle est incapable de se laisser berner, de baisser sa garde, pas même une minute, pas même une seconde. Si elle flanche, elle en crèvera, bousillée par la culpabilité d’avoir craché, sans aucune pudeur, le nom de celui qu’elle aimait. Le seul homme qui a donné un sens aux paroles des chansons d’amour. Le seul qui a su faire battre son cœur beaucoup plus fort. L’unique qui a réussi à lui briser, aussi. Et rien – pas même les belles choses, pas même son semblant de mariage parfait, n’a pu recoller les morceaux. Ils sont restés là, dans l’arrière-cour malfamée de cette bijouterie, où trop occupée à lever les mains en l’air, elle en a oublié de retenir son palpitant. Un bruit fracassant. Elle s’en souvient comme si c’était hier. Et les frissons qui la parcourent sont les mêmes qu’autrefois. – Ce n’est pas parce que mes cuisses t’obsèdent que tu es obligé d’en parler à tout va, elle ponctue ces mots d’un léger rire moqueur. Elle est garce Gigi, à le prendre de haut, le revolver pointé tout droit contre ses entrailles. Un simple geste du doigt suffirait à en finir ; un simple geste du doigt, et il ne serait plus que de l’histoire ancienne. Cette pensée lui compresse violemment la poitrine, mais elle n’en montre rien. La vérité, c’est qu’il est son passé, son présent et son futur. Avec ou loin d’elle, il est là, tout le temps, partout. Elle est hantée, Gigi, par le fantôme d’un homme qui l’a rebâti à neuf pour mieux la faire sombrer – par un amour qui l’a enivré seulement pour mieux l’empoissonner. De lui, elle n’a rien perdu, rien oublié. Il est toujours à ses côtés, à rythmer chaque pensée, à meubler chaque silence, l’âme forgée par les cicatrices qu’il a laissé. Mais il n’est jamais vraiment parti. Elle a toujours eu un morceau de lui avec elle. Une trace de son passage qu’elle a précieusement gardé pour se rappeler chaque jour que c’est trop banal d’être sentimentale. C’est beaucoup mieux de jouer avec le feu, les doigts souillés de poudre à canon. – Oh Jude, Jude, Judie Elle se pince les lèvres en le regardant, le visage déformé par la condescendance, l’air de dire : «  Oh, honey. » Il est naïf, s’il croit pouvoir s’en tirer ainsi. Elle ne lui donnera pas un centime. Elle ne lui donnera pas cette chance de racheter sa liberté. Car elle préfère Jude, comme tout ce qu’elle possède, à elle. Rien qu’à elle. Elle dépose finalement l’arme dans la main de l’homme, puis elle place le canon contre sa propre tempe, ne lâchant pas son regard, ne serait-ce qu’une seconde. – Tue-moi et prends ce que tu veux, si tu penses que tu arriveras à vivre sans moi. Elle ne rit plus. Les mots sont prononcés avec beaucoup d’attention. Elle l’observe, scrute chacune de ses réactions, parce qu’elle ne se mouille pas Gigi, mais elle le met en position de le faire. Il est au pied du mur Jude – au mieux, elle aura le cœur net concernant ses sentiments. Au pire, il lui fera sauter le caisson, mais c’est une sentence plus douce que le rejet de celui qu’elle n’a jamais cessé d’aimer. Jamais.
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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyLun 6 Aoû 2018 - 21:47

Un regard qu'il accroche avec rancune. Prunelles constellées de souvenirs aussi lointains que précis. La rencontre, l'amour, la bijouterie, la mort. Un millier de jours pour rejouer le film, les scènes de leur vie. Il a trouvé du double-sens dans ses mots. Des mensonges derrière ses sourires. Il a découvert le monstre qu'il a aimé, quand il s'est retrouvé comme un lion en cage, à compter ses erreurs et ses blessures. La revoir lui retourne les tripes. Constater qu'elle n'a pas changé, c'est pire encore. Égoïstement, il aurait aimé qu'elle tombe plus bas que terre. Qu'elle se ramasse et qu'elle devienne aussi laide qu'à l'intérieur. Gangrenée jusqu'à la moelle par ses excès et sa cupidité. Mais non, elle est là à se pavaner dans le luxe et les étoffes improbables, à faire danser la soie sur sa démarche féline. Elle est proche mais inaccessible, le cœur – corps – marqué des mots d'un autre homme. Jude, il réalise alors qu'il n'a jamais été suffisant. Il n'était qu'un moyen pour parvenir à ses fins, intéressant seulement lorsqu'il avait l'argent et la belle voiture, un monde et des mines de diamants à lui offrir. Aujourd'hui ? Il ne vaut certainement pas mieux à ses yeux que les types qui lui servent son latte dans le café du coin. Elle rit et noie ses mots dans une bonne dose d'assurance. Paraître, sembler, c'est tout ce qui compte dans ce monde superficiel où elle s'est perdue, mais Jude, du fond de sa cellule crasseuse, il a appris à voir au-delà, et en dessous. Il la dissèque de ses prunelles inquisitrices. Exige et se laisse happer par des élans de colère – mais malgré ça, malgré tout, le cœur s'agite sous le poids d'anciens sentiments. Le monde se renverse et avant qu'il ne puisse le réaliser, la situation n'est plus la même. Il se retrouve avec cette arme dans la main et le canon contre sa tempe ambrée. Son propre regard change et son cœur s'agite. Another wicked game, Judie. But still, she's a dame you'd kill for. Il se perd dans son regard et leur proximité, elle rayonne d'une chaleur qui l'étouffe, alors que le métal de l'arme lui semble glacé. Il semble hésitant, Jude. Jusqu'à ce que les tremblements s'estompent dans ses phalanges et qu'il ploie, se penche vers elle jusqu'à effleurer son oreille de ses lèvres. « T'es toujours aussi dramatique, mon amour. » Il se recule, lui échappe, récupère l'arme. S'écarte avant de succomber à un autre de ses sourires, un énième murmure qui ferait vaciller sa raison. « Ce serait beaucoup trop facile comme fin, tu ne penses pas ? » Il décharge machinalement l'arme, vide le chargeur en posant patiemment les balles sur un meuble, parfaitement alignées. « Quelle satisfaction est-ce que j'en tire, dis-moi ? C'est bien plus drôle de te voir te débattre avec ton mac. » Il laisse l'arme en pièces sur le meuble et enfonce ses mains dans ses poches. Reprend sa ronde dans la grande pièce. « Tes petits numéros ne prennent plus, Gigi. Tu as tout ruiné le jour où tu m'as balancé. Qu'est-ce que tu espérais, que je ressente encore quelque chose pour toi ? C'est pas le cas. Mais rassure-toi. Je ne ressens plus rien tout court. » Pour personne. La méfiance a pris le pas sur la douceur des sentiments. S'attacher, c'est se tirer une balle dans le pied et Jude, il ne compte pas finir sa vie en rampant.

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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyMar 14 Aoû 2018 - 15:18

Elle ne ferme pas les yeux, Gigi. Pas même un instant, pas même une seconde. Elle demeure fière et confiante, sans bouger d’un cil, parce qu’elle sait qu’il n’appuiera jamais sur la détente. C’est une certitude ancrée au plus profond de son être, car malgré les années envolées et la rancœur dévorante, elle peut toujours sentir ce je-ne-sais-quoi qui les maintient chacun dans la vie de l’autre. Ce lien invisible entre leurs cœurs qui fait écho à leur romance consumée. Et elle peut sentir son palpitant renaitre de ces cendres peu à peur lorsqu’elle l’observe reprendre vie sous ses yeux, comme animé par cette haine qu’il porte sans mesure à son égard. Et Gigi, elle ne peut s’empêcher de sourire quand il démonte l’arme pour le réduire en morceaux – car elle sait que la violence de ses sentiments n’a d’égal que l’amour qu’il lui porte. Même s’il se tue à penser le contraire. Même s’il s’obstine à faire d’elle son bourreau. – Seulement pour te plaire, c’est répondu avec malice tandis que ses prunelles dessinent la trajectoire de l’homme qui se perd entre les meubles hors-de-prix. – Me débattre ? Elle rit avant de s’asseoir sur le canapé, l’observant toujours alors qu’il s’adonne à faire sa ronde. – Tu trouves que j’ai de quoi me plaindre, Jude ? Elle attrape des verres qui sont posés sur la grande table basse en verre. Sur celle-ci se trouve également un nombre vertigineux de bouteilles différentes et surtout, particulièrement onéreuses, à l’instar de tout ce qui se trouve dans cette demeure bien trop grande. – Et c’est moi qui suis dramatique, chéri ? Elle se sert un verre, un large sourire étirant toujours ses lèvres. – Arrête deux secondes de faire ta pleurnicheuse. Tu as fait de la prison, moi aussi, deal with it, il n’y a pas mort d’homme, elle soupire pour ponctuer ses mots, sa bouche étant désormais marquée par l’agacement. Elle sert un deuxième verre, s’entêtant dans sa tirade : - Je ne t’ai jamais forcé à faire quoi que ce soit. Et si je t’ai balancé, c’est parce que tu as brisé mon cœur, quoi que tu en dises. Les mots résonnent dans le salon, lourds de sens. Gigi n’est pas du genre à s’épancher sur ses sentiments, mais elle n’a pas de mal à lui conter tout le mal qu’il a pu lui faire, car elle n’a presque aucune pudeur quand il s’agit de Jude. – Et si ça n’est pas suffisant pour toi, alors sers-toi, Jude. Prends ce que tu veux. Il me rachètera tout. Elle se lève en attrapant les deux verres, puis elle marche jusqu’à lui d’un pas nonchalant. Elle aurait aimé lui dire que depuis qu’il l’a laissé, abandonné, elle n’est plus vraiment en vie. Qu’il s’est tiré en lui arrachant une partie d’elle, la plus cruciale, ne lui laissant que de quoi survivre, le minimum vital. Mais ses lèvres demeurent closes, parce que ce n’est pas à celui qui fera le plus pleurer dans les chaumières et parce qu’il croirait sans doute à une autre ruse. Alors elle se contente d’être la vipère qu’il pense qu’elle est, à sourire – belle d’insolence, à rouler des hanches, perchée sur ses talons hauts. – Scotch ? Qu’elle propose en lui tendant le second verre, comme si rien n’avait vraiment d’importance.
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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyVen 24 Aoû 2018 - 23:26

Des regrets qui tombent de ses yeux. Un millier et peut-être plus, pourtant, malgré les ratures et les non-dits, il y a une chose qu'il ne parvient pas à regretter. Cet amour qui lui a gangrené le cœur. Ce même amour qui l'a aveuglé, du prologue au grand final. Un chapitre qui laissait présager un second acte, qu'elle a annulé en signant un contrat. La bague au doigt et un autre diable dans son lit. Jude, il aurait aimé pouvoir lui offrir tout ça. Avoir le temps de découvrir un autre monde avec elle – un monde qu'ils n'auraient pas eu à écrire sur des plans, ni même à chronométrer en guettant l'arrivée des autorités. Simplement un monde où les sentiments auraient pris le pas sur la violence et la cupidité. Un monde où les mots aurait suffi pour la combler, bien plus que les diamants et des planches de billets. Elle rit et laisse chavirer ses courbes sur une démarche féline. Il accroche sa silhouette de ses perles obsidiennes. Ignore ces pauvres sentiments acides qui lui attaquent encore le cœur. C'est du passé. Rien que du passé. Elle n'a pas de quoi se plaindre, non, mais il en rit, de cette superficialité. Elle est matérialiste et se pavane dans les richesses pour oublier le reste. Il espère secrètement qu'elle finira par s'y noyer. Il écoute toujours et s'abreuve de ses paroles. Qu'elle parle de prison ou de cœur brisé, chaque mot résonne de la même manière jusqu'à ses tympans ; des toiles de mensonge qu'elle impose entre eux pour mettre de la distance. Un sourire écorche ses lèvres et il secoue la tête. « Regarde-toi. Tellement laide à l'intérieur que tu dois t'entourer de belles choses. » Il laisse ses doigts longer les meubles. Lâche un soupir fatigué. « J'en doute pas, il t'offrira ton poids en or si tu lui demandes. Puis un jour, tu seras vieille et peu désirable, et il t'abandonnera pour une jolie petite escort des pays de l'Est. » Il exagère une moue pleurnicharde. Récupère ce verre de scotch qu'elle lui tend, le lève en sa direction pour trinquer dans le vide. « Le genre de conte de fées dont tu rêvais, pas vrai ? » Il est moqueur et acide, ricane de ces chapitres futurs qu'il ne peine pas à imaginer. Peut-être qu'il a tort, pourtant. Peut-être que l'autre l'aimera jusqu'à la fin des temps, mais il préfère croire que lui l'aimera plus et mieux encore. Il vide son verre d'une traite et le repose bruyamment sur un meuble. Dans sa tête, les plans se redéfinissent et les objectifs changent. Les options se bousculent. Les possibilités sont infinies. Il était venu pour son argent, mais voilà qu'intérieurement, il réclame plus. Avide d'une vengeance qu'elle ne lui accordera pas aussi facilement. Une faim insatiable qu'elle provoque par sa proximité. Il s'approche et glisse une main sur sa joue. « Tu sais quoi ? Tu as raison. Les bijoux, l'argent, ce ne sera jamais suffisant. » Sème un baiser sur sa joue puis un autre, au creux de son cou. « Je vais te prendre bien plus Gigi. Tellement plus que tu vas regretter notre rencontre et tout le reste. » Ton mariage, ta couronne et ta vie d'aujourd'hui. Une vengeance latente dans laquelle il finira par se perdre lui aussi.

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MessageSujet: Re: ultraviolence (gigi)   ultraviolence (gigi) EmptyMer 5 Sep 2018 - 15:08

Comme une lune couverte d’or qui courrait après un soleil noir, calciné par sa propre existence. Deux astres en perdition, bousillés par une course sans fin. Fuis-moi, je te suis, suis-moi je te fuis. Et pourtant, elle est incapable de se tenir à distance, même si elle aimerait faire croire le contraire. Son corps vend la mèche. Ses gestes la trahissent. Elle parle, mais ses mots se traduisent par d’autres qui trompent les défenses de son cœur orné de ronces et d’épines. Finalement, c’est un rire sarcastique qui résonne entre les murs de l’immense demeure. Elle boit une gorgée de son verre et laisse planer le silence un instant. – Tu sais ce qui me fait rire, Jude ? Elle n’attend pas de réponse de sa part, d’ailleurs, elle enchaine directement : - C’est que même après tout ça, tu penses toujours être le bon gars. Elle termine son verre, puis elle le pose à son tour sur le meuble, près de celui de l’homme qu’elle jauge de son regard assassin. – Mais je ne t’ai jamais forcé à rien. Tu étais même heureux de tremper dans toutes ces combines. Comme un poisson dans l’eau. Elle hausse un sourcil pour marquer ses mots, les yeux rivés dans ceux du jeune homme. Avant, elle y contemplait les étoiles et les paradis retrouvés. Aujourd’hui, elle n’y voit plus que les flammes de leur amour parti en cendres et de leurs âmes consumées. – Il serait peut-être temps de te regarder une fois pour toute dans le miroir, Baker, qu’elle murmure avec grande attention. – Je suis peut-être laide, mais je ne m’en cache pas contrairement à toi. Son ton est partagé entre la lassitude et le jugement. Ces retrouvailles tournent en rond car aucun d’eux n’aura l’audace de mettre sa fierté de côté. C’est une histoire perdue d’avance qui s’est arrêtée le jour où il a démarré et quand elle a parlé. Des torts qu’ils se partagent mais qu’ils préfèrent se lancer. C’est plus facile que d’avouer qu’ils se sont trompés. – Et contrairement à toi, mes sentiments étaient sincères. Elle n’en démord pas, Gigi, ne lâche pas le morceau. Elle lui en veut. Terriblement. Car elle est tombée pour cette mascarade, parce qu’elle s’est faite avoir. Et il n’y a pas d’autres versions que la sienne. Celle où il appuie sur l’accélérateur, l’abandonnant aux griffes de l’ennemi. Renonçant à cette relation, comme si elle n’avait jamais compté. – Et ma trahison n’était que le retour de flammes de mon amour pour toi. Quelle idée d’aimer une femme à l’humeur vengeresse. Mais très vite, son esprit vogue jusqu’à la pensée de sa jeunesse envolée – de sa beauté fanée. Elle en a un pincement au cœur. De ceux qui ne présagent rien de bon. Qui l’aimera, vieille et défraichie ? Cette angoisse qu’il fait germer en elle l’assaille. Mais elle n’en montre rien, la tête plus haute que jamais alors qu’elle ne lâche pas son regard. Pas même une seconde. – C’est le jeu. Et ce sont les risques qui le rendent intéressant. Elle n’a rien de plus à dire sur la question. Oui, son mari la quittera sans doute un jour, pour une autre, bien plus belle et bien plus jeune. C’est une éventualité à laquelle elle s’est toujours préparée. Et Gigi est bien trop rôdée pour céder à la panique pour si peu. Elle n’en est pas à son premier coup d’essai. Et contrairement à d’autres, elle n’est pas qu’une jolie fleur qui menace de s’éteindre. Elle a également la chance d’en avoir dans la caboche. Assez pour avoir fait succomber le petit génie qu’est Jude. – Si tu veux jouer, Jude, on va jouer, murmuré du bout des lèvres alors que ses doigts glissent le long de son bras, tandis que son autre main se perd dans les cheveux bruns du jeune homme. – Mais rappelle-toi comme tu as perdu, la dernière fois. Des mots qui résonnent comme une menace alors qu’il subit toujours les conséquences de cette défaite.
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