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 quartier des lunes (halley).

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MessageSujet: quartier des lunes (halley).   Lun 21 Mai 2018 - 18:59

La nuit file. Elle est sombre et froide ce soir. La brise qui éclate dans l’atmosphère se fait glaciale sur la peau claire de Levi. Comme à son accoutumée, elle déambule. Sa silhouette se faufile entre les passants et ses écouteurs viennent rythmer ses tympans d’une mélodie assourdissante. La frange qui retombe et masque l’ombre de ses yeux noirs. Ses phalanges craquent et le manque grimpe. C’est pas la came qui souligne cette sensation. Ni même l’alcool ou tous les vices qui rongent sa chaire. C’est un autre manque. Il est cruel et vient soustraire les émotions à son coeur. C’est le genre de manque que Levi veut pas nommer alors elle le balaye d’une pensée sordide. Elle se dirige vers son bar fétiche pour se faire exploser les entrailles à coup de vodka, à défaut de goûter à la meilleure gourmandise possible, ce soir. En arrivant à proximité, la brune voit au loin deux types qui se prennent pour des molosses. Ils détiennent de leurs griffes salaces le corps d’une poupée. Elle observe la scène sans bouger d’abord, mais la colère monte. Pas justicière en temps normal, Levi peut pas s’empêcher de l’être quand un homme se croit supérieur à une femme. Alors sans vraiment réfléchir, elle voit ses pas défier le bitume et avance à une allure folle. Elle pousse le premier type d’une poigne féroce. Elle a pas peur, elle craint pas les coups en retour. Levi en a tellement bouffé que ça en devient une macabre habitude.
— ça t’as pas suffit de te prendre une raclée l’autre fois ?
Elle le connait. C’est un putain de connard qui sait pas agir autrement qu’en s’en prenant aux nanas de passage. Complexe de l’enfance à peine résolu chez ce dernier, comme chez le pote qui l’accompagne. Elle ricane alors qu’il tente de saisir son poignet. Mais c’est un coup de genou qui s’écrase dans ses parties et vient le faire se tordre de douleur. Son pote, une fillette de toute évidence se barre le premier et l’autre s’étale au sol. Levi sort le canif de sa poche et en observe la lame tranchante. Elle se baisse au dessus de lui, le dos courbé et le couteau sur sa carotide. Elle appuie à peine pour déclencher une sensation scabreuse.
— dégage putain sinon je vais te trancher la gorge.
Elle se relève et le barge la suit tant bien que mal, une main sur ses couilles en miettes. Elle se marre Levi en le voyant se barrer, rampant presque pour s’extraire des ténèbres. La brune finit par se retourner vers la victime. Prostrée dans un coin à détailler la scène de ses yeux effrayés et brillants. Une vision qui étrangement soulève le coeur de Levi. Elle vient s’accroupir face à l’inconnue, balayant une mèche de cheveux de ses phalanges mal articulées. Elle passe une main dans son dos et vient la relever.
— viens, là.
Elle la force à avancer et la faire s’assoir sur un banc dont le bois est effrité, abimé par les scènes indécentes qui se jouent dans la rue. Elle l’observe quelques secondes dans un silence qui se fait religieux. Ses yeux toisent les siens. Cette silhouette quasi-parfaite, cette peau qu’on pourrait avoir envie de goûter, ces courbes qui attirent et éveillent les sens. Une beauté à part qui devient enchanteresse. Gage de séduction et d’un charme qu’on ne goûte que dans des rêves brûlants. Elle se focalise sur sa détresse et s’adosse au banc. Sa main n’a pas quitté son dos. Tactile sans se soucier des convenances. Levi, elle se penche vers la brune en l’observant, un rictus désenchanté sur la bouche.
— une poupée comme toi devrait pas traîner ici. C’est pas ta place.
Elle a rien en commun avec les déchets qui squattent les alentours. Elle détonne avec tous les gens que Levi peut croiser ici et c’est naturellement qu’elle comprend que la brune s’est perdue en route. L’arnaqueuse se relève et vient se placer devant la gonzesse. Elle se baisse et passe sa veste en cuir sur ses épaules. Cette dernière claque des dents, à cause du contre-coup ou du froid. Difficile à dire.
— tu venais chercher quoi ?
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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Mar 22 Mai 2018 - 0:29

Nuit obscure et infinie. Le clair de lune étouffé sous les ombres qui défilaient dans la rue. Je sentais mes genoux se dérober entre les crépitements des lampadaires. La lassitude s’emparait de moi, tandis que les voix s’élevaient pour m’enterrer contre le mur. Je tremblais avant de tomber. Mes mains couvraient les larmes. Tant de perles salées qui roulaient sur les angles de mon visage. J’étais en manque encore - et je respirais, je ressentais le vide dans mes veines. Si Lip avait été là, il les aurait tous tué. Il m’aurait sauvé de ces démons qui rongeaient mon coeur. Mes pupilles se dilataient, éprises par les lumières des insignes. Je ne bougeais pas, à même le sol, la respiration retenue au fond d’un bassin imaginaire. L’odeur du chlore chatouillait mes narines, adoucissant mon humeur. Je n’existais pas au milieu des Hommes. Mes bras étaient des nageoires, des pièces enchanteresse qui se dissipaient sous les vagues. Je sursautais, prête à leur offrir mon porte feuille et la clé de ma voiture. Mais le vent happait leurs profils dans un mouvement brutal. Je les voyais se disloquer entre mes cils, s’accroupir et s’évaporer dans les longues avenues de Brighton. Je relevais légèrement la tête. Ce vent là avait une forme, un corps et des lèvres. Il se penchait pour me prendre. Il me parlait et me bordait de désillusions nouvelles. Je crispais les doigts autour de ma robe sans la regarder. Sa main s’enlisait dans mon dos, comme une ancre, un support qui me ramenait vers la réalité. Ma peau frissonnait, portée par l’esquisse d’un rêve. Je fixais l’horizon en silence. Elle m’avait sauvé, mais je n’avais plus confiance. Elle avait raison - mes espoirs, mes ambitions étaient différents. Je ne faisais pas partie de ces gens ou de ce monde. Mon coeur faisait appel aux sirènes. Je me redressais en lui adressant un sourire timide. Ma gorge étranglaient les mots. Je n’avais pas la foi de répondre, de trouver la juste mesure entre nos contradictions. Elle me faisait peur aussi. Avec ses longs bras et son couteau aiguisé. Avec ses mots et sa voix qui retentissaient dans mon crâne. Je coiffais les boucles qui chancelaient sur mes épaules. La noirceur de ses iris se confondait avec la pénombre du banc. Je me penchais afin de détailler son expression. Un mélange espiègle de douleur et liberté, une beauté qui faisait chavirer les jougs du temps. Captivées, perdues dans l’antre enchantée de l’inconnu, nos mains s’effleuraient dans un geste incertain. «Ne m’appelle pas, poupée. Je suis Halley. » Soufflai-je dans un élan de courage. Je me rappelais des acclamations des spectateurs et des tremblements du gradin. Je me rappelais des heures d’entraînement et de l’impact de l’eau sur ma poitrine. Toute ma vie, je faisais face aux défis, à la compétition - aux mensonges et tromperies. Et maintenant, l’instant se concrétisait. Je fronçais les sourcils. J’avais jeté toutes mes pilules dans le sable dans une tentative stupide de retrouver la sobriété. Puis, le matin était arrivé avec ses déceptions. J’avais ruminé mes pensées toute la journée avant d’errer dans les quartiers malfréquentés de la ville. Ce que je cherchais, n’était pas réel. Une extase légère. Une folie qui rendait bête et heureux. «Je ne sais pas. Quelqu’un pour me sauver. » Je haussais les épaules avec désinvolture, la remerciant avec un clin d’oeil taquin. Puis quoi maintenant ? Allait-elle me raccompagner à ma place ? Ou choisissait-elle de laisser tomber les conventions qui faisaient d’elle, une femme de la nuit et moi, une sirène échouée ?  

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Dernière édition par Halley Baxter le Lun 28 Mai 2018 - 23:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Mar 22 Mai 2018 - 11:42

Levi, elle devient la sauve d’une nuit ombragée. Une attitude qu’on ne lui connaît pas. C’est peut-être l’envie d’être sauvée elle-même qui remonte. Cette envie dépeinte dans des appels à l’aide étouffés par sa pudeur. Tête cramée qui insiste et poursuit son chemin, persuadée de pouvoir sauver sa peau du pire. Enfermée dans les entrailles du diable, prisonnière de cette instabilité qui devient une seconde peau. Ses yeux accrochent ceux de l’inconnue qui se présente dans une phrase où se mêle une franchise certaine et un miaulement d’un animal blessé. Levi esquisse un sourire en coin face à l’attitude de la sirène tout en secouant la tête comme pour acquiescer. Au fond, ça reste une poupée à ses yeux. De porcelaine ou de chiffon qui a été trainée dans la boue. Le genre de poupée qui roule des hanches et attire le regard pour venir dépeindre un idéalisme certain. Incapable de rester de marbre face à cette dernière, elle demeure pourtant immobile, l’écoutant causer. Un léger rire s’extrait de ses lèvres cannibales en l’entendant.
— Ce n’est pas le meilleur pour endroit pour ça, Halley.
Être sauvée ici ? L’ironie pointe son nez. On sombre qu’un peu plus dans ces ruelles malfamées. Ces endroits qui deviennent le bal des alcooliques, des camés, des putes qui régissent le désir de vicieux, des corps qui s’étreignent et s’éreintent. Levi en a trop souvent été la témoin privilégiée, sans parler de sa manière à elle de s’auto-détruire. Après quelques secondes d’un silence qui lui permet de détailler son visage, la brune se redresse. Sans demander l’autorisation, elle attrape la main de la brune et la force à entamer la marche.
— Suis-moi.
Elle lui fait quitter la misère pour l’emmener vers une autre poussière de cendres. Son appartement miteux qui devient son refuge pour quelques heures. Elle ouvre la porte, l’invite à entrer et part récupérer une couverture dans sa piaule. En revenant, Levi balance cette dernière à proximité de la sirène. Elle s’avance vers le sofa et la rejoint. Leurs regards se croisent et s’apprivoisent, comme tout le reste.
— Tiens si tu as froid. J’suis désolée, c’est pas l’endroit que tu devais imaginer pour ta soirée, mais faudra faire avec.
Levi est pas là pour lui vendre du rêve. Pour mentir sur ce qu’elle représente vraiment. Ici, c’est le pire, c’est les éclaboussures de détresse et la marchandise qui grouille sur la table. Y a cette bouteille de tequila, des clopes, de la weed, des cachetons pour planer quelques heures. Y a pas de douceur, ni même de sens à tout ça. Levi sent son dos cogner dans le canapé et elle tourne la tête vers Halley sans s’empêcher de sourire en toisant sa peau halée et les effluves de ce parfum qui lui retourne les sens. Elle mordille sa lèvre dans un effet mécanique.
— Tu veux boire un truc ? Je te proposerais bien plus qu’un verre de vodka mais pas sûre que ça t’intéresse d’y goûter.
Elle fait référence à la dope sur la table. Mais à la regarde de si près, la poupée n’a rien d’une consommatrice. Levi en est convaincue. Elle hausse les épaules avec désinvolture en attrapant une pilule. Quitte à se bousiller, autant le faire comme il se doit. Parce que depuis le chapitre final de son histoire avec Ophelia, ça tourne plus rond. Le palpitant qui éclate à chaque pensée vers perdue vers la brune. Les larmes qui sont refoulées pour ce mépris que ça cause. Constamment en colère, constamment en proie à la noirceur du paysage. Quelques secondes suffisent pour que ses muscles se détendent et qu’un sourire équivoque gagne sa bouche. Ses yeux eux restent hypnotisés par la sirène à ses côtés.
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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Mar 29 Mai 2018 - 21:43

Etrangère. Maléfique. Qui était-elle ? Créature venue d’ailleurs. Esprit de Fée incarné dans l’enveloppe d’une déesse. Je m’approchais, je me ravisais, la peur au ventre, les papillons au coeur. Je ne savais pas bouger. Mes instincts se fanaient. Je me redressais sur le banc. Je l’observais à demie silencieuse. La peau cramée sous ses prunelles reptiliennes, face à sa beauté irréelle, mon âme se consumait. Paralysée. Anéantie. Bouffée par le chlore et les vapeurs de sel. Je pinçais les lèvres pour cacher mon émotion. Mes yeux partaient en fumée. Misérable que j'étais, et plus misérable que je n’osais l’avouer, je vacillais sur sa silhouette. Mon souffle effleurait son odeur de goyave et de fleurs sauvages. Le ciel tombait sur nos épaules écorchées. Je l’observais en murmurant le secret, en espérant trouver l’étreinte paisible de la cocaïne sous les vibrations de sa voix. Pouvais-je lui montrer ? Toutes les piqures et les traces d’aiguilles sur mes orteils. Toutes ces marques cachées et les doses qui se distillaient dans mes veines. Une poupée qui se droguait. Qui devenait chiffon. Qui se fracassait sur le sol; Mes paupières enlaçaient l’obscurité de la rue. Je souriais à mon tour. Comme pour échapper aux silences. Comme pour semer les pensées et ce besoin d’apnée qui emplissait ma poitrine. J’avais du mal sur Terre. J’étais faible et instable. Mes nageoires se transformaient - devenant ces jambes effilochées et ces genoux cagneux qui me portaient vers les zones interdites de ma ville. Je voulais un refuge pour mes pensées, une caresse sur mes cuisses et un baiser sur mon coeur. Mon regard s’éteignait à la surface des vagues, mousseux, troublé par les galets qui s’emmêlaient sur la rivage. Peut-être qu’elle avait raison. Peut-être que ce n’était pas le meilleur endroit pour être sauvé. Il n’y en avait pas d’ailleurs. Le poison était la seule échappatoire. Pour oublier. Pour avoir la force de nager encore. Sa main refermait ses étaux sur mon poignet. Un automatisme que de la suivre dans l’inconnu. De marcher à reculons dans les ruines d’un paradis maudit. La dépravation coulait sur les cloisons des bâtiments. Elle enlaçait chaque parcelle de mes vêtements, de ma conscience. Je n’avais pas de place ici. Je n’avais de place ailleurs. Le bassin tendait les bras et m’appelait au fond du trou. Je pinçais le nez en pénétrant l’antre du démon. La couverture effleurait mes mains. Je m’éloignais. Je quittais l’illusion d’une maison trop vaste, trop illuminée. Gosse d’une famille riche. Athlète olympique déchue, radiée et méprisée. Je ne valais pas mieux que ses poussières et ses cendres. A la différence que ma drogue était pure et cristalline. Que mes ustensile étaient stériles et aiguisés. Ma gorge se serrait alors que je fixais la table. «Non merci. » Un exercice difficile. Pour lutter contre le manque et la tentation. Je me levais afin d’enlever mes chaussures. Mes pieds valsaient sur le parquet. Je m’entourais des détails de sa vie, de ses déchirures. Je humais les parfums exquis de l’échec, des mégots brûlés sur le cendrier. Des mouvements enchanteurs. Des empruntes qui s’éparpillaient dans sa maison. Je souris.«Tu te drogue et tu couches avec les gens ? Et ça te rend heureuse ? » Moi, la coke m’avait tout pris. Et mon amoureux était parti. Il préférait la compagnie d’une autre. Ses sourires bercés de sobriété et de fantasme. Je n’étais qu’une fantôme. Une illusion. La sirène sans voix. «Peut-être que c’est moi, qui devrait te sauver. » Murmurai-je, la main effleurant son épaule, glissant vers sa clavicule et les arcades osseuses menant jusqu’à son visage. Elle était si douce. Si cassée. Je ne connaissais pas son prénom. Et je ne le voulais pas. L’interrogation était la plus belle confession. La promesse d’un avenir incertain. D’une nuit qui s’oubliait avant de commencer.

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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Mer 30 Mai 2018 - 19:59

Levi, elle a le regard entortillé de sentiments. Les billes sombres qui se déportent d’un coin de la pièce à un autre en observant la sirène. Les chaussures à l’abandon sur le parquet où se mêlent cendres et crasse. Elle enchante le salon de sa beauté qui a des allures d’éternel. Ses pas sont gracieux, fluides, une danseuse qui brille par sa délicatesse. Cette fille, elle apparaît comme un joyau pas assez taillé, pas assez mis en valeur. Ses yeux sont infectés d’une tristesse qui pointe sa lame dans les côtes de Levi. Elle devrait s’en taper, passer outre ce mauvais délire et arrêter de se façonner l’esprit de questions à la con. Malgré tout, ce goût des réponses vient effleurer ses lèvres ensorceleuses. Le dos accolé au canapé, les cuisses repliées, Levi est pantoise. Sa seule occupation pourrait résider dans cet échange visuel qui n’en termine pas. La clope coincée entre le bout de ses doigts. Elle se consume. Les cendres s’écument et viennent cramer la pulpe rugueuse. Elle grimace mais la douleur n’est rien comparé à ce qui ronge en profondeur. Le prénom qui grouille, qui asphyxie et crée la sensation d’une morte lente. Sept lettres qui amènent l’amertume sur cette peau souillée de son absence. Le poids du silence qui arrache un soupire à la déraison. Alors Levi, elle se focalise sur son sens de l’observation en ébullition manquant de rire à la remarque placée par la poupée.
— Je cherche pas le bonheur. Je me contente de ce qui s’offre à moi. Ça évite les désillusions.
L’idée d’être heureuse n’a que rarement dansé dans sa tête. Une enfance souillée par l’absence et le sang en souvenir. L’adolescence qui n’a été que le reflet nauséabond du chemin effrité qu’elle menait. Des mauvaises rencontres, les mauvais moments, les désillusions. Tout n’a été qu’un moyen de la pousser dans un précipice. Puis, parfois, dans l’ombre des doutes et des regards oppressants, elle se rêvait ailleurs. La situation devenait moins pressante, moins déchirante. Les pupilles écarquillées en imaginant sa mère vivante, prête à la prendre dans ses bras pour la rassurer. Les lèvres écartées d’un sourire en pensant à un quotidien calme où l’amour aurait sa place et où la haine ne deviendrait qu’un passif mal assumé. La bile prisonnière de sa gorge a suffit à éradiquer ces instants à part. Maintenant, elle fonce la tête baissée, le coeur abimé. La main de la sirène s’infiltre, elle effleure sa peau, les os de ses épaules et cette mâchoire qui se tend. Le contact est berceur, exquis. Un frisson se retient de naître dans ce dos qui se creuse pourtant.
— Tu as envie de me sauver ?
Elle ricane, Levi. C’est une mission des astres. Et avec l’arnaqueuse, les étoiles ne brillent pas très longtemps. Elles voguent dans le ciel et finissent par disparaître derrière cette lune. Elle semble si grande, si pleine. Elle n’est pas clair, ni même brillante. C’est qu’un rivage aux allures machiavéliques. C’est noir, c’est foncé, c’est un outrage à la vie et la douceur. Ses yeux marquent une pause en se refermant sur tout ce qui dépossède son âme. Sa langue taquine qui humidifie sa pulpe dans un geste ravageur. Puis, la concentration se déporte sur Halley. Levi se retourne, apprivoise son poignet en la faisant se rapprocher. La distance n’est qu’une denrée rare. Les respirations rythment la cohésion entre leurs regards. Levi sourit. Elle a plus que ça à faire pour limiter la casse. Les brisures de verres qui écorchent le creux de ses côtes.
— Personne ne peut le faire, te fatigue pas à essayer.
Les mots sont soufflés dans un écho à peine perceptible. Le constat est là. La froideur de son regard aussi. Sa main ne lâche pas son poignet et l’autre vient gagner la terre sainte de sa nuque. Elle l’effleure de ses pulpes dévastées par la cendre. Son front peut presque se poser à même le sien. L’espace de quelques secondes, c’est le sourire de ophelia qui apparaît. Son visage est là, tout près. Il l’observe et une main se tend. Les mots sont soupirés et viennent l’appeler.
Rejoins-moi, Levi.
Et Levi serait prête à plonger pour que ça se réalise.
La tête la première dans l’océan dans ses yeux.
Le coeur chantant des mots qu’elle ne prononce.
Les lettres qui s’abandonnent dans le saccage de leurs corps.
Leurs âmes bousillées face au parterre sanguinolent.
— Tu aimes le danger dis ou t’es simplement en manque de sensation ?
Elle lui susurre les paroles au creux de l’oreille. Sa respiration se précipite et sa main glisse sur ce bras à peine effleuré, sur cette poitrine qu’elle ne dessine que par l’impact de ses illusions. En rouvrant ses yeux, c’est la chute. Ophelia qui paraît triste comme la mort, qui s’éloigne et disparaît. Levi pourrait courir mais la douleur vient la paralyser. Alors elle frôle à peine les lèvres de la sirène, se demandant ses envies, son but. Elle esquisse un rictus puis dépose un baiser à même cette joue rosée. Elle sent le corps qui se tend, la tension palpable de tous les saints. Et la voilà qui s’éloigne, à peine présente dans ce corps à corps de l’inconnu.
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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Ven 1 Juin 2018 - 18:35

Je sentais la nuit me brûler la peau. Mon corps vacillait, épris par l’absence de bruit. Un silence, emmuré sur la voute sans lumière d’un plafond qui s’inclinait toujours. Prisonnière d’un salon pour fous. D’un couloir si étroit qu’il étouffait le coeur. Je ne connaissais pas cette fille. Pourtant, je suivais les fluctuations de sa bouche dans la pénombre. Je m’enivrais des volutes grises qui ondulaient autour de ses boucles noires. Une créature des jais, presque irréelle. Une sirène née hors de l’eau. Je glissais sur le canapé, les doigts tremblants de l’autre bout de la cendre. Je ne fumais pas. Je respirais. Chaque méandre était une absolution. Une marque sur mes poumons. La tristesse de mes prunelles se confondaient avec ses énigmes. Elle était différente - presque aliénée par les revers d’une vie à l’envers. Elle ne grandissait pas. Elle revenait en arrière. Sa conscience bafouait l’innocence afin de créer le change. Je souris en hochant la tête. L’apnée manquait à mon esprit. L’étendue bleue qui pouvait tout engloutir - tout ravager. C’était le secret de mon addiction. Flotter dans le néant, perdre l’équilibre et le sens de la raison. Simplement voguer. Nager avec la puissance d’un requin dans le bassin. Elle se moquait - taquinait la stupidité de mes songes. Le bonheur éphémère et illusoire. Trop peu pour une déesse hybride. Pourtant, je m’accrochais aux déceptions passées. Je rêvais de la piscine olympique et de la foule gémissant face à mes brasses. Un mouvement violent, projetant les ondulations chlorées de l’eau sur mes côtes. Je pinçais les lèvres sans répondre. Je me fichais des divergences d’opinion. L’important était cet anonymat. Ce regard immaculé qui se posait sur moi. Comme si mes erreurs n’existaient pas. Comme si le scandale n’était pas là. Elle ne voyait que les courbes lisses d’une ancienne athlète. Une bouche voluptueuse à embrasser pour le soir. Le reste n’était qu’une analogie. Ces prunelles glacées et ces pupilles dilatées qui trahissaient ma chute. Je haussais les épaules. «Tant mieux pour toi.» La voix espiègle et joueuse, je me penchais afin d’humer les vapeurs du tabac. L’exaltation explosait dans mon cerveau. Je me penchais lascivement, soufflant mon amertume sur cette joue qui se teintait d’une lueur rosée. Elle était si jolie. Malgré ses vices et son honnêteté assassine. Je n’étais pas ici pour la vérité. Le mensonge suffisait. Mes phalanges s’accrochaient à sa clavicule. «Je peux faire semblant. » Je n’avais pas le pouvoir de sauver les gens. Seulement de les décevoir. De me droguer et de tout gâcher. Ses mots se murmuraient au creux de mon oreilles. Je frisonnais. Je glissais au fond de l’abysse, le corps roulant dans une lit d’épines et de poussières. J’étais prête à tout pour oublier. Pour effacer les vestiges de Lip et son handicap. Je ne voulais pas abandonner. Le quitter pour toujours. Mais il y avait ces sentiments pour une autre. Cette joie qui brillait dans ses paupières. Et que je pouvais pas lui dérober, simplement pour le réconfort. «Peu importe. Je ne reste pas longtemps.» J’encadrais ses lèvres. La pulpe tiède glissait sur les éraflures rosées. Baiser d’un autre monde. Une saveur âpre et délicieuse, qui s’enlisait dans mes pensées. Je soufflais sur sa bouche. Je m’approchais lorsqu’elle s’éloigner. Simplement pour marquer la contradiction. En hommage aux étoiles contraires qui succombaient dans les sphères nébuleuses du ciel. « Je ne demande même pas ton nom. Les choses qu’on ignore finissent par nous obséder … » Je fis glisser la bretelle de ma robe en souriant. L’espace exhalait une chaleur étouffante. Ou peut-être était-ce le mégot qui s’écrasait dans le cendrier. « Tu fais quoi ici? » Tu t’évades pour mieux rentrer dans la cage ? Tu te moques du danger jusqu’au jour il n’y a plus de quoi rire ? Regarde. T’es comme moi, mais en plus cassé.

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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Dim 1 Juil 2018 - 13:19

— T’es sûre de toi ?
Elle ne veut pas rester longtemps la sirène. Les mots s’accrochent dans l’air et sonnent faux. Un rictus moqueur trace ses pulpes abimées. Elle bouge pas, Levi. Fidèle à la nonchalance qui forme une seconde peau. Elle est entrée dans l’antre du diable, prise au piège du vice et la décadence. Ici, la rage devient pièce maîtresse. Les cœurs s’emballent à la came et l’alcool. L’odeur de la clope imprègne les meubles, le tissu du sofa. C’est un lieu de perdition pour les âmes qui s’égarent. Le schéma débuté dans la ruelle interlope. La démarche mal assurée en débarquant ici. Elle se fait sensuelle, vient faire danser ses courbes à proximité de Levi. Le trouble est bien présent quand l’esprit se dérobe ailleurs. Les paupières closes qui suffisent à faire renaître le visage du paradis qui a quitté les enfers. La flic qui se ramène pour semer le trouble, atrophier ses muscles d’une douleur lancinante et piétiner son cœur de souvenirs néfastes. Quand la brune en face flirte avec ses pulpes, Levi frissonne. Ses pensées s’arrachent et créent un tourbillon émotionnel. La sirène rythme son désir quand Ophelia obsède ses pensées. L’égoïsme de Levi vient la pousser sur la corde raide. Elle tombe dans un songe où la douceur règne. Le paysage est désert et ébloui par une lumière blanche. Leurs deux silhouettes se retrouvent, s’apprivoisent de tendresse et d’amour. Les flammes de l’enfer ne sont qu’un fantôme oppressant. Les deux semblent heureuses, apaisées. Elles se sourient, étreignent leurs phalanges et se dévorent des yeux brillants. Tout n’est que l’apothéose d’une relation loin du chaos. Et une fraction de seconde vient bouleverser le paradis doré. En ouvrant les yeux, la flic disparaît. Elle s’évapore dans une ambiance lourde. Son attention se focalise sur la sirène à l’instant où leurs pulpes ne sont qu’un contact doux, fébrile. La chaleur gagne, les émotions qui dévastent aussi.
— Et les obsessions finissent par nous tuer.
La réponse nargue la remarque de Halley. Levi sait de quoi elle cause. La flic, ça devait être une fille de passage comme tant d’autres. Des baisers lubriques au détour de caresses guidées sur les peaux brûlantes. Les soupirs s’acclimatant comme une symphonie de l’éternel. En quelques mois, elle est devenue fascinante à en imprégner chaque parcelle du corps de Levi. Pantin mal assurée de sentiments incontrôlables. La possession se mêlant à la rage pour se donner une impression de liberté. La reine colère qui s’abat et qui détruit tout sur son passage. Maintenant, l’arnaqueuse vient payer les pots cassés d’une destruction amoureuse bonne qu’à filer la nausée. Des hauts le cœur qui ravivent l’amertume. Levi est prisonnière des souvenirs. Alors quand la poupée décale la bretelle de sa robe, elle sourit. La brune semble mal assurée, féline dans une attitude qui n’est pas exactement la bonne. Elle se fait docile, tentatrice, prête à apposer de son empreinte sur le désir de Guthrie. Les sens réveillés par cette vue vertigineuse. Les pupilles qui se dilatent comme avec la traînée de poudre à même ses narines. Elle incline sa tête sur le coté, inspectant le spectacle de ses yeux prédateurs.
— Je fume, consomme, bois et sauve les princesses qui se perdent en route.
L’essence même de son existence. Ce goût prononcé pour l’autodestruction. Portrait craché d’une mère que Levi n’a pas connu. Ballotée bien trop tôt dans des familles d’accueil à l’amour primaire. Les effusions au placard quand son cœur saignait d’un passé trop lourd, trop instable. Elle a foncé droit dans le mur dès son enfance, appuyant de toutes ses forces sur l’accélérateur. Le regard brûlant à l’idée de se cracher sur l’asphalte rien que pour sentir son cœur battre. Le myocarde à peine battant malgré les conneries qui s’accumulaient. Le trou noir même des années après à chaque regard posé sur ces familles heureuses. Levi rêvant en silence de l’accalmie qui se pointe pas. Ereintée, blessée et dérouillée par les coups de poing dans la gueule, elle se clame forte quand tout sombre dans les abysses. Elle lâche un soupire, se demandant où la soirée va les conduire. Un regard se pose sur la sirène et d’une main habile, elle vient l’attirer contre son corps. Là à même le tissu crasseux su sofa, la belle sur ses genoux et une main au creux de ses reins. Elle se redresse, vient plaquer son front au sien, nargue sa bouche de son souffle chaud.
— Alors maintenant, dis-moi ce que tu veux Halley.
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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Dim 22 Juil 2018 - 15:23

Sa voix oscillait. Un ricochet de notes imprévues, de sensations néfastes et impétueuses qui roulaient à la surface de l’eau. Ma chair s’enflammait, troublée par le manque et l’envie. Je me redressais en serrant les poings. Mon esprit vagabondait, créant l’illusion du rush. Le baiser poudreux d’une pastille douce, chancelant au creux de mon oesophage atrophié. Elle ne comprenait pas, cette autre. Avec sa frange lisse et ses lèvres d’ébènes. Ses hanches courbées et son regard perçant. Elle était une invitation à embrasser l’obscurité, à s’extasier sous les néons des lampadaires cassés. Mon coeur pompait le vide entre mes cotes. L’interdit était une passion. Une frénésie mortelle, roulant sur nos peaux nacrées par les substances empoisonnées. Mes paupières tremblaient afin de découper l’image. Sa silhouette négligée se tendait sur le canapé, la promesse d’un instant - d’un éphémère qui s’entortillait dans mon cerveau. Je me raccrochais au rebord. Je ne voyais pas une sauveuse, seulement une chimère. Une autre forme de sirène. Moins jolie. Plus terrestre. Mes lèvres se pressaient contre mon poignet, mimant un geste nerveux. Je voulais tout. Tout de suite. Mon impatience était une flamme ardente, se consumant dans mes entrailles fébriles. Je ne connaissais pas son nom. Je ne l’avais pas demandé. Ce n’était pas intéressant de nommer les objets de mes perditions. Elle était une cocaine parmi tant d’autres. Un crystal qui s’enfonçait dans ma gorge. Qui m’insufflait une vie ailleurs dans les méandres des nuages et l’insouciance des étoiles. « Oh si tu le dis. » Je minaudais d’une voix enchanteresse. Je me fichais de ses obsessions. Seuls mes vices comptaient. Cette soif intarissable qui grondait dans mes veines. Je me tournais vers son profil. Mon expression était figée. Fatiguée, lasse - obnubilée par une noirceur qui enlaçait les murs de l’appartement. Je l’avais suivi par mégarde. Et par mégarde, je plongeais. Je me noyais dans ses sillages. La séduction se glissait entre nous. Sa main agrippait mes reins que je soulevais ma poitrine pour me poser contre la sienne. Un souffle chaud, parfumé de menthol et d’autres conneries. Elle buvait. Fumait. Se droguait. Je pouvais inhaler les méandres de ses délices nocturnes. Cette fragrance ravivait la plaie. Elle saignait dans mes bronches. Je souris en hochant la tête. Je n’avais pas l’habitude des provocations, des passades sexuelles avec les inconnus. Mais j’avais l’endurance d’une nageuse olympique. Je défiais l’apesanteur et les bourdonnements de la mer. Je n’avais pas peur du risque, du challenge qui s’étalait sous mes prunelles. Je posais une main sur sa nuque, maintenant une distance convenable entre nos lèvres écorchées. Elle ignorait ce que je voulais. Elle ne pouvait me l’offrir. Un remède pour mon père. Une jambe pour Lip. Une nouvelle chance pour moi. La paix dans le monde. Tant de clichés - d’émotions répugnantes, dégoulinant dans mon palpitant malade. Je me penchais lascivement, roulant mon pouce sur sa clavicule afin de m’imprégner d’elle. «Et si je te dis que je suis comme tous les autres. Je veux une dose qu’importe le prix. Que je me moque que tu me plaises ou que t’essaie de me mettre dans ton lit ? Je suis juste la suivante. Même pas la dernière princesse à croiser ton chemin. » Murmurai-je en écrasant mes lèvres sur sa bouche. Une confession secrète. La trace d’un vice qui ruisselait sous ma peau. J’étais une addict pour milles petites raisons qui m’échappaient. Je me laissais porter par la drogue, survivant à l’agonie sans le savoir dans une chambre obscure à l’autre bout de la ville.  

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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Dim 22 Juil 2018 - 18:47

L’espace de quelques secondes, Levi se veut égoïste. Elle a beau regarder la sirène en face, c’est un autre visage qui vient la hanter. Rien n’y fait. Ophelia est partout. Cette douloureuse sensation d’addiction qui déchire ses entrailles. Ce couteau qui s’installe entre chaque côte en pensant à cette dernière. L’impression nauséabonde d’être encore plus accroc à cette nana qu’à la dope et toutes les conneries qui constituent son quotidien. Ce manque cruel qui déferle et lui donne parfois envie de rendre les armes. Qui fait rosir ce visage où les larmes salées pourraient s’écraser. De tristesse ou de désespoir, elle n’en sait rien Levi. Elle a merdé. La flic aussi. Elles ont laissé la colère devenir reine et les sentiments s’évaporer comme neige au soleil. Il ne reste que ces éclats au sol. L’amertume qui est encore plus puissante que les effluves d’alcool, que les traînées blanches et toutes les merdes du genre. Sa rancoeur guidant sa fierté en l’empêchant de composer son numéro. De souffler un vague désolé du bout des lèvres d’une voix tremblante à cause de la distance. Tout ça détruit Levi à petits feu et elle pourrait crever pour effacer cette sensation. Alors d’un revers de l’esprit, cette dernière chasse toutes les émotions en rapport avec Ophelia. C’est face à Halley qu’elle préfère se concentrer. Dépeindre la beauté de son visage de ses prunelles sombres. Sourire rien qu’en la voyant agir comme une tentatrice en devenir. Sentir la chaleur de son souffle à proximité de sa bouche et rêver d’y goûter encore. Effleurer sa peau en se demandant à quel point elle lâchera tout et se laissera faire comme une poupée de chiffon en mal d’amour.
Ses doigts filant sur son épaule. 
Ses doigts s’imprégnant de la chaleur de ses cuisses.
Le regard vide de la sirène.
Les blessures au coeur.
Les cicatrices à l’âme.
Puis les confessions perlent comme des idées mal assumées. Des idées qu’elle balance ce soir, là où la peine lune vient se poser en témoin. Ce qu’elle dit, ça la surprend qu’à moitié. Levi est pas dupe. Une nana comme elle traîne pas dans les ruelles malfamées pour rien. Elle cherchait quelque chose. Et visiblement un bon moyen d’oublier ses ennuis du quotidien. Des ennuis dont la brune s’en fiche. Elle posera pas de questions. Elle cherchera pas à comprendre laquelle des cicatrices chez la sirène est la plus béante. Pourtant y a ce sentiment étrange qui naît. Y a cette impression douloureuse de voir son propre reflet. De la regarder et de le lire dans ses yeux la détresse que Levi cherche à masquer au monde entier. Alors elle se laisse faire quand Halley plaque ses lèvres sur les siennes. Une main dans sa nuque pour approfondir le baiser, une main dans son dos pour l’empêcher de tomber. Elle ferme les yeux et à son tour, le monde vient défier le pire. Elle voit les images tourner, se bousculer et par dessus tout l’affaiblir. À bout de souffle, à bout de tout, Levi se recule à peine et passe une main sur la joue de la brune. Elle vient la remonter dans cette chevelure de soie et l’observe dans un silence quasi-religieux avant de reprendre.
— Je te dirai de faire ce que tu veux. Que si c’est une dose que tu veux, tu peux l’avoir. Que si tu veux planer et oublier les raisons de ton addiction, tu peux. Je te tendrai la main avec un filet de poudre pour que tu viennes te foutre en l’air sans penser à demain. Je te serrerai dans mes bras comme dans ceux du diable, en te soufflant que c’est ta vie. Pas la mienne. Qu’on ne se connait pas et que demain on passera chacune à autre chose.
Les explications sont claires. Elle peut lui filer un rail de coke. Elle peut lui filer une seringue pour venir taquiner ses veines. Elle peut devenir sa dealeuse le temps d’une nuit. Les étoiles s’éteindront. La lune s’éloignera. Il ne restera que leurs carcasses pour bouffer la poussière, goûter la misère. Si c’est ce que Halley veut, elle l’obtiendra. Sans morale, sans respect, Levi le fera. Malgré tout, une retenue vient emprisonner ses poignets fins au moment où elle se redresse, rapprochant la sirène de son corps. Sa main flirtant avec la douceur de ses cheveux.
— Mes choix à moi sont clairs depuis des années. Mais les tiens Halley ? J’arrive pas à croire en te regardant que c’est vraiment ce que tu veux.
En tout mot, la brune effleure la peau de son visage, défie ses paupières du bout des doigts et s’ancre à ce regard qui rendrait fou n’importe quel pêcheur dans ce bas monde. D’une autre main, elle fouille dans son perfecto et en ressort un sachet avec une poudre blanche.
— Tiens. Choisis.  
La main tendue.
La drogue à même sa peau.
Le choix.
Le pire, le meilleur.
La vie, la mort.
Elle l’observe comme si le monde tourne à l’envers.
— Si la drogue permettait de tout oublier, mon seul souhait serait de crever d’une overdose. Mais ça marche pas comme ça.
Elle crèverait ouais. Pour oublier Ophelia. Pour oublier son passé. Pour éradique chaque perle de souffrance à même sa peau pleine d’ecchymose.
Mais la vie, c’est pas ça.
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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Jeu 9 Aoû 2018 - 14:37

Le frisson déferlait sur ma nuque. Elle était douce, ma mélancolie. Un baiser d’ambroisie, faisant trembler les immortels de l’Olympe. Ecorché, perdu, banni sur des lèvres qui appartenaient à la mer. Je me délectais, un instant. Puis je me faisais mal. Nous n’existions pas réellement. Les ondulations opiacées et les vapeurs de l’alcool nous enlaçaient dans une autre dimension. Le plaisir se courbait sous les soupirs de la nuit. Je redressais les épaules. Des muscles tendus par le désir, avides d’entamer la dernière danse au bras d’une belle inconnue. Le chant des sirènes résonnait dans mon coeur. Il emportait ma conviction au rythme d’une lyre à sept cordes. Une pour chaque vie. Une pour chaque malédiction. Je lui adressais un sourire. L’émotion se tortillait dans mon abdomen. Une vague d’océan qui submergeait la chair. Pensait-elle réellement détenir le secret ? La trainée de poudre n’était que l’instrument. Mon esprit voyageait seul, il domptait les illusions de la drogue et ses délices dans un fragment de rêve brisé. Elle ne reconnaissait pas la nageuse olympique. Elle ne voyait que le reflet d’une gamine des beaux quartiers, une muse égarée sur les faubourgs d’une ville qui plongeait doucement dans l’oubli. Son parfum coulait dans mes narines, poison d’incertitudes et de délices. Je vacillais dans ses bras, émue, touchée par les valses enivrantes de l’âme et de ses blessures. Elle avait son mal aussi - sa douleur lancinante dans les veines. A quelques seringues, nous aurions pu être amoureuses et chanceler dans les hautes lumières du ciel. Je marmonnais au creux de sa gorge, lançait un feulement de colère sur les rebords de sa peau. Je me raccrochais au navire qui coulait, à son capitaine condamné dans son poste de commande. Mon Dieu, elle était magnifique dans la chute. Ses doigts entrelaçaient mes cheveux. Je me redressais, surplombait sa silhouette effilochée sur les coussins. Elle avait raison sur une chose. C’était ma vie. Ma décision. Ou peut-être celle des médias, de la presse qui jugeait et enflammait l’encre pour ternir mon image. Ma rupture faisait la une. Bien plus que mes exploits d’athlètes. Bien plus que le scandale de dopage et la décision de la fédération des sports.  « Je ne suis pas bête … » Marmonnai-je. Elle semblait tout à coup humaine. Ses yeux me transcendaient de leur éclat majestueux. Je pouvais lui offrir tout mon être pour un rail. Ecarter les côtes et donner mon coeur. Mais elle avait cette facilité à créer le doute dans ma tête. Elle pénétrait dans mes pensées, voilait l’amertume et transposait les vérités. Les silences s’estompaient, transformés par les fredonnements de nos respirations. Les jambes repliées, la tête dans les nuages et la bouche dans les glaïeuls - mon cops se mourrait dans une orgie de sentiments. Mes doigts tremblaient sur sa poitrine. Les néons transperçaient ma peau. Il y avait deux trous rouges sur mes pouces. Les traces discrètes d’une injection de bonheur. Personne ne les voyait. Personne ne faisait attention. Au début, ce n’était qu’un appel à l’aide. Une bouteille jetée à la mer. Puis l’addiction avait envahi mon être. Le poison était devenu nécessaire. Je tremblais en crispant ma prise sur ses vêtements. Ma joue coulait sur sa main. Je m’enivrais - je me perdais dans ses caresses dangereuses et la promesse d’un lendemain. «L’overdose peut attendre. Crève pas ce soir. » Je ne voulais pas qu’elle disparaisse. Qu’elle m’abandonne. Une contagion émotionnelle entre l’otage et son ravisseur. Je fixais le sachet de poudre. Une matérialisation de mes fantasmes. Une absolution au bout des narines, cristallisée dans les tranchées musculeuses de mon pharynx. Je le désirais autant qu’elle. Autant qu’une perdition nocturne dans ses vices. Je n’avais plus rien à perdre - tout à gagner. «Tu t’appelles comment en vrai ?» Je déglutis en relevant mes prunelles vers son visage. Je venais de poser les armes. De créer le premier lien. On pouvait s’enfuir toutes les deux. On pouvait courir à en perdre haleine - à en broyer nos poumons et tout le reste.

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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Mar 28 Aoû 2018 - 17:26

Halley n’est qu’un mirage. La douceur d’un songe qui s’éveille dans une pièce rongée par la misère. Une beauté faite de pureté et d’irréel qui surplombe le pire. Des traits qui s’étirent avec une délicatesse qui rappelle de la soie. Une ressemblance miroitée avec celle qui ronge la chaire de son myocarde. Le doux prénom dont les lettres résonnent au creux de l’oreille. Et viennent claquer sous son palais avec cette amertume aiguisée.
Parce que c’est la grande absente de l’instant.
La grande absente de ces dernières heures.
La grande absente de l’agonie qui s’élance et vient bloquer chaque battement cardiaque. Parce que Levi a merdé. Elle est bonne qu’à ça. Déchirer tout ce qu’elle tient entre ses mains. Briser de ses phalanges graciles ce qui pourrait la rendre heureuse. Une incapacité à aimer. Une incapacité à s’attacher. Comme une persuasion faite depuis longtemps. Un déchet de la rue qui absorbe les émotions et les régurgite tant elles sont incapables à saisir. Face à la flic, la pudeur a pris le dessus. La reine nommée colère s’est déversée comme une vague récalcitrante. Elle a préféré taire les sentiments qui taquinaient son myocarde. Ignorer la vérité pour bouffer la poussière. Celle de l’absence. Celle du manque. Et qu’il est cruel. Qu’il est puissant. Son échine saigne de cette privation. De sa peau. De ses lèvres. De ses yeux brillants. Du son de sa voix capable de faire danser ses sens. D’elle. De tout.
Fierté trop présente pour la rappeler. S’excuser. Aligner les mots pour lui avouer ses sentiments. Pour tenter de la récupérer. Alors elle erre. Elle zone comme une camée en manque. Et aucun artifice ne suffit à apaiser les blessures. Ni l’alcool, ni la violence, ni la dope. Chaque tentation apporte des grains de sel sur une cicatrice béante. Le sang coagule et bloque la circulation, l’empêchant de respirer. Ses poumons atrophiés de l’oxygène nécessaire.
Durant l’espace de quelques minutes, c’est dans les bras qu’elle retrouve ce souffle. Obnubilée par sa beauté qu’elle vient confondre avec celle d’Ophelia. Un songe qui s’éveille et qui lui procure une sensation d’apaisement dans ses veines. Ses mains qui se perdent sur ses courbes et taquinent l’échine de porcelaine. Le regard brillant alors que leurs souffles viennent se maîtriser. Elle dessine le monde à même ce corps. Elle refait les idéaux à même ses lèvres frôlées d’une ivresse retrouvée.
Levi, elle vit par procuration son envie d’Ophelia.
Les retrouvailles aux abonnées absentes.
Une existence terrassée par des envies mises sous silence.
Pas un appel. Pas un message.
Sûrement la réponse la plus claire au désarroi.
Mais Halley ne cède pas aux abysses. Elle reste maître de la situation. Là, dans un corps à corps qui débute et s’éternise. Les effluves de la bouteille de vodka posée sur la table remonte. L’arrière senteur de la clope domine. Alors Levi, elle la saisit. Elle vient boire au goulot et laisse ses lèvres s’imbiber du liquide âpre. L’odeur de la vodka domine et vient se poser sur la bouche de la sirène dans un baiser à peine vorace. La brune glisse ses doigts sur son bras, la peau de son ventre. Elle tire sur le tissu pour s’y accrocher comme une forcenée. Sa peau prête à dévorer la sienne. Ses pulpes prêtes à souffler le prénom d’une autre.
Touchée-coulée.
— Levi.
Son prénom résonne. Quatre lettres qui s’entremêlent dans les bas-fonds d’une identité bafouée. Depuis sa naissance. Avec l’absence dévorante d’une mère. Un père n’ayant existé que dans les rêves d’infortune. Et l’impression constante d’être de trop. Un poids pour l’univers. Un poids pour la vie. Une vie malmenée par les autres et par elle-même. Ce goût bien trop prononcé pour l’auto-destruction pour tenter de survivre. Une ironie dégueulasse se dit-elle face au reflet dans le miroir. Là où ses épaules osseuses dominent. Où ses côtes se comptent une à une. Où sa silhouette n’a rien d’enchanteresse. Où la drogue a abimé ses organes. Où son corps n’est que le terrain de jeu d’une douleur vive.
— Mais c’est pas vraiment important.
Parce que demain, ce prénom ne comptera plus. Demain, tout ça ne sera que le reflet désabusé d’une volonté à peine réelle. Alors Levi s’allume une clope. Elle tire sur le bâton de nicotine et crache avec sensualité la fumée. Les arabesques grisâtres qui se rejètent au visage de la sirène. Elle fume et vient frôler sa bouche. Elle fume et vient taquiner sa peau. Elle fume et oublie le monde qui ne tourne plus rond. Un univers instable où Levi marche, bancale, comme une funambule sur le point de chuter. Avec un mouvement de recul, ses yeux accrochent ceux d’Halley. La tête à peine inclinée alors qu’elle replace une mèche de cheveux derrière son oreille.
Une douceur naissante.
Une douceur de l’inconnu.
Là où la violence disparaît. Où le sang ne coule plus.
Là où Ophelia devrait régner comme l’impératrice de son monde. Aussi déchirant soit-il.
— C’est ton truc les filles, Halley ?
Parce qu’en la sauvant dans cette ruelle, elle y aurait pas cru. Alors à présent, les corps s’attirent. Ils s’aimantent. Et se cherchent. Les pieds au bord du précipice. Plongera, plongera pas ? La question taraude Levi. Qu’est ce qu’elle cherche la sirène ?
Sûrement un exécutoire.
Sûrement un échappatoire.
Sûrement un moyen de ne pas crever tout de suite.
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MessageSujet: Re: quartier des lunes (halley).   Lun 1 Oct 2018 - 18:39

La douceur échangée entre nos lèvres. Des éclats de lumière, valsant sur les cadrans d’une horloge cassée. Parce qu’elle avait un bout de mon âme. Une petite fiole. Un cachet. N’importe quelle dose. Un fragment de bonheur qui existait en dehors de moi. Qui s'échappait. Qui étouffait. Mes yeux glissaient sur ses doigts. Une beauté enchanteresse. De sensualité et de noirceur. Une bouche qui se consumait dans ma mémoire. Son parfum embaumait l’espace. Il s’enlisait dans les poumons — dans le coeur. Je me redressais lentement. Elle était si belle. Une illusion qui bordait mes pensées. La nuit rattrapait nos songes, lapant les vitres de ces petites fenêtres poussiéreuses où les rideaux s’agglutinaient. Un monde ailleurs. Un monde de crépuscule et de maladie. Ses déchéances contre les miennes. Parce que je n’étais pas une sirène. Mes bras étaient des tentacules et mes baisers une blessure de sang. J’ignorais ses discours pour plonger dans l’abysse. Un univers sous l’eau. Des impulsions rêvées puis éclatées en sanglots. Le fantôme de Lip et de sa jambe amputé. Un corps mutilé. Des muscles assailli par la douleur. Et moi, au milieu de ses ruines. De ses conquêtes. Il ne m’avait pas trompé. Il s’était seulement égaré. Etourdi par le doute. Emmêlé dans l’émotion brûlante d’un amour qui se consumait dans nos chairs. La peur de me voir disparaitre. Les disputes répétitifs et l’obsession d’une carrière qui s’effritait entre mes doigts. Je vivais dans l’ombre de ses réussites. Dans les méandres de ses échecs et de ses silences. Un sentiment trop lourd à porter. A exister. Alors la drogue était devenue le refuge de mes démons. Une alliance entre l’exaltation de la compétition et l’insouciance de la jeunesse. Des rails devenus injections. Des doses quotidiennes et doucereuses, laissant leurs marques sur ma peau et mes veines. J’esquissais un sourire et effleurant la joue de Levi. Ce prénom que j’entendais pour la première fois. Ces syllabes qui roulaient sur sa langue et se fracturaient dans mon âme. Je me rapprochais du rebords, me délectais de ces aiguës et de ces consonances mélodieuses. Un anonymat qui s’arrachait du tombeau. Et l’illusion d’une étreinte qui s’épandait sur les rebords du canapé. Les relents de l’alcool s’élevaient dans l’espace. L’ivresse par la séduction. La frénésie d’une chasse où nous étions, toutes les deux, des trophées rangées au milieu des têtes de cerfs. « Je n’ai jamais dis que c’était important. » Cette identité décharnée qui s’asphyxiait dans les volutes d’une fumée grise. La prise de la clope — de conscience et de position. Des mains filiformes, alignées dans la pénombre, happant mon attention et mes frissons. Comme si je n’étais qu’une marionnette. Une poupée de chiffons. Mon profil s’inclinait et mes os se brisaient. Je la fixais à mon tour. Défiant ses tentatives et ses questions. Je n’étais pas la première idiote qui s’aventurait dans son antre. Je ricanais en me relevant. Le tissu glissait encore, dévoilant les courbes et les formes affutées d’un corps qui s’étirait sous les bassins de chlore. Une musculature rêvée, bafouée par les vapeurs d’un éphémère qui tanguait sous mes yeux. Je me penchais à nue, lapait la commissure d’une lèvre violacée. La fumée qu’elle exhalait s’infiltrait en moi. Une souffle de violence carbonisée, entaillant ma trachée et mes résolutions.  « Entre autres. Je suis versatile et bisexuelle.  » Mon coeur appartenait à qui voulait prendre. Je posais mes paumes sur ses épaules et l’embrassais voracement. Le feu jaillissait de mes veines. Le manque prenait le dessus sur le désir. Je souris et me rétractais. « Tu n’as pas l’air convaincue. » Et j’étais trop blasée pour expliquer. Trop blasée pour ouvrir les vannes et laisser le magma entourer nos dépouilles agonisantes. Je pris la bouteille et bus une gorgée de Vodka. « Donne moi une cigarette. Je te donnerais peut-être du plaisir.» Un aveu murmuré d’une voix fluette.
Une douceur qui m’échappait.
Qui rappelait la réalité, toujours.
J’étais la petite fille égarée dans les ruelles de Brighton.
La princesse déchue.
Sans trône.
Sans roi.
A la recherche de la dose qui pourrait combler le vide.
Ce manque à la vie.
 

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