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 dirty boots. (logan)

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Edgar Smith

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MessageSujet: dirty boots. (logan)   Sam 19 Mai - 3:49

Des mois qu’ils traînent dans ce bourbier infâme aux abords de Ypres. Des mois qu’ils dorment en compagnie des rats, au milieu de la pisse et des cadavres. Ils n’avancent pas. Ils n’y arriveront probablement jamais mais leurs supérieurs ne cessent de les tourmenter de discours grandiloquents qu’ils n’entendent pas, de toute façon. Les pouilleux dans les tranchées, ils ont les oreilles défoncées – boulottées par les rats, niquées par l’écho des tirs d’artillerie, hantées par les hurlements de leurs semblables qui résonnent encore dans le no man’s land. Il est bientôt quatre heures trente du matin mais Edgar, il ne dort pas. Il n’y arrive plus. Ça le gratte, au fond de ses bottes et de son caleçon. Ça le démange, au creux de sa nuque barbue et pouilleuse.
Edgar, il s’adosse à la tranchée branlante, invisible aux yeux des boches. Il n’a pas de tabac sur lui. On lui a volé ses dernières miettes la semaine dernière et les prochaines rations… elles sont pour quand, déjà ? Autour de lui, il n’y a que des hommes déjà morts à l’intérieur. Il est comme eux, Edgar – un cadavre ambulant shooté au rhum et à la cocaïne de contrebande qui attend sagement qu’un obus lui tombe sur la gueule. Il aurait mieux fait de taire ses pensées, Edgar. Un cri suffit à réveiller les morts. « Artillery! Get down! » hurle un soldat alors que ça siffle déjà. Se mettre à couvert ? Mais où ? Dans les tranchées ? C’est là, que l’artillerie tombe. C’est là, qu’Edgar voit ses compagnons d’infortune tomber les uns après les autres. Edgar, il s’éloigne du centre nerveux de la tranchée. Il recule, il fuit, il a raison. Certains l’imitent. Il ne sait pas ce qui le tient en vie. La chance, le bon œil, le Seigneur, p’têtre. Il ne sait pas. Tout ce qu’il sait, c’est qu’une heure plus tard les tranchées brûlent. Les fumigènes qui volent dans tous les sens les empêchent de voir les grandes à fragmentation qui explosent à leurs pieds. Edgar, il ne sait pas comment il a eu le temps d’attraper au vol son Lee-Enfield, avant la tourmente. Il sait juste qu’il n’a qu’une balle dans la chambre et que deux clips de cinq au fond de ses poches. « Don’t you dare run off, tommies! If someone has to run, it’s those damn squareheads! Show them what we got, soldiers! Go over the top! Smith? Do you fuckin’ hear me you… »
Edgar, il se réveille en sursaut, le corps perclus de frissons et de tremblements. Ses draps sont poisseux par la sueur. Edgar, il se redresse et se passe une main tremblante sur le visage. Il n’a pas de barbe. Il est en sécurité. La guerre, elle s’est achevée quatre ans plus tôt.
Aujourd’hui, Edgar a un rendez-vous.

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Logan Ramirez

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MessageSujet: Re: dirty boots. (logan)   Mar 22 Mai - 0:25

Du rouge à lèvres rouge éclatant et une robe blanche. Les couleurs dont tu as tellement manqué Logan, que t'as pas osé porter pendant près de dix ans. Du noir et du gris, ça a été comme ça depuis qu'le tocsin a sonné en 14. C'est la mère qui l'a imposé, quand ton frère est parti dans son bel uniforme bleu et garance. Puis seulement le noir, quand il est revenu dans une boite, trois mois après. Et t'as chialé Logan, t'as tellement chialé. Ces couleurs, tu les as portées jusqu'à Noël dernier, où t'as décidé qu'il fallait tourner la page. Le père, ça faisait longtemps qu'il était plus dans le tableau. Retourné chez lui, en Angleterre, d'après ce qu'on t'a dit. Toi, t'as jamais cherché à comprendre. T'as jamais cherché à le retrouver. Jusqu'à maintenant. Parce que la mère est malade, et qu'elle veut le revoir une dernière fois, sur son lit de mort. Alors tu t'es mis en recherche Logan, t'as demandé un peu partout, t'as glané des informations à gauche, à droite, dans l'espoir d'avoir de simples bribes. T'as cherché Logan, t'as tellement cherché sans rien obtenir en retour. Jusqu'à c'que tu tombes sur cette lettre d'un anglais à sa maitresse belge, racontant les exploits d'un des vieux du peloton. Le soldat Ramirez. Et t'as su Logan, t'as su que c'était ton père. Parce que les immigrés mexicains au Royaume-Uni, ça court pas les rues. Parce que dans les seuls souvenirs que t'as de lui, tu l'vois comme un homme fort et intrépide. Ce type dans cette lettre, t'es certaine que c'est ton père. T'as cherché son auteur Logan, t'es même allée jusqu'en Belgique pour trouver le couple en question. T'as été accueilli avec un café et un acte de décès. Mais la bonne femme, elle t'a ouvert son coffret rempli de lettres, elle t'a laissé fouiller dans sa vie sentimentale pour que tu retrouves le paternel. Jusqu'à retrouver sa trace, en partie. Et putain, tu seras toujours reconnaissante Logan. T'as obtenu un nom, juste un nom. Edgar Smith, lui aussi dans la même unité. Lui aussi, dans ces batailles. Tu lui as écrits une lettre, et t'as prié des jours durant un dieu en qui tu ne crois plus, jusqu'à obtenir réponse.
Tu pousses la porte du café avant de t'installer dans un coin à l'écart. Tu sors son petit carnet à la couverture en cuir et ton crayon à papier. Par réflexe, tu l'ouvres pour en inspecter le contenu. Quelques dessins gribouillés, quelques notes. Et ses mots. « à la plus délicieuse femme du Velours Rouge », suivis par la signature de l'as des airs. Un léger sourire qui vient étirer tes lèvres alors que tu te rappelles de ton client préféré. C'est à peine si tu remarques la silhouette qui se dessine à ta droite. Rapidement, tu refermes ton carnet, les joues rougies par la surprise et la possibilité qu'on ait pu lire l'inscription. Tu te racles légèrement la gorge avant de te lever et de tendre ta main vers l'homme. « Edgar Smith I assume ? » que tu lui dis dans un anglais peu assuré. Puis, tu lui désignes le siège libre en face de toi, avant de te rassoir. « Please, sit. Thank you so much for coming today. » Tu souris Logan, tu veux paraître la plus agréable possible. Tu veux ces informations sur le sort de ton père.

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Edgar Smith

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MessageSujet: Re: dirty boots. (logan)   Mar 22 Mai - 23:59

Ce rendez-vous, Edgar l’anticipe depuis des semaines. Depuis cette lettre aux consonances fatidiques et aux questions poignantes. Depuis cette lettre écrite par une gamine désireuse de retrouver la trace d’un père disparu. Edgar, il n’a pas osé écrire la vérité sur le papier – trop impersonnel à son goût et la donzelle, elle a préféré lui fixer un rendez-vous. Edgar, il pousse la porte du café miteux et enfumé où ils sont censés se rencontrer. Un silence de mort y gravite ; on ne chante plus, dans les cafés. On ne chante plus depuis que les gueules cassées sont rentrées, la mâchoire trouée. Ils sont chanceux, ceux-là. Sa gueule à lui, elle n’est pas cassée. Mais Edgar, il envie ses anciens camarades à la trogne ravagée – leur souffrance, elle n’est qu’esthétique. Il oublie pourtant qu’ils sont les premiers à souffrir de l’obusite, à se noyer et se ruiner à l’absinthe et les opiacés.
Edgar, il hèle le barman – un vieux copain, un vieux d’la vieille qui creusait les tunnels – pour un verre de ce qu’il a de plus fort. Il en a toujours besoin, Edgar. Il en a toujours besoin depuis qu’on l’a forcé à enfiler un casque brodie, depuis qu’il a le regard éteint. Et de ses yeux plus morts que vivants, il cherche la mioche de Ramirez. D’elle, il n’a qu’une vague description pour l’aiguiller – des cheveux bruns et la promesse d’avoir enfilé une robe immaculée. Sa roulée aux bords des lèvres et son verre à la main, il s’approche de la table dissimulée dans un coin ombragé. La gosse du soldat Ramirez, elle est mignonne. Elle aurait été mignonne si les affres de la guerre ne minaient pas autant son joli minois. Et son regard, il se glisse jusqu’au carnet qu’elle tient dans les mains. Dans la pénombre, il n’arrive qu’à en deviner les consonances françaises. Edgar, il ne lui sert pas la main. Il ne sourit pas non plus, alors qu’il s’installe sur le tabouret face au sien. Il a déjà pris sa décision. Après avoir déposé son verre sur la table crasseuse et branlante, elle disparaît au fond de la poche de sa veste rapiécée pour en extirper une plaque militaire à l’aluminium corné et à la peinture rouge écaillée. Pour un soldat, une évidence. « Your father got himself put in a wooden overcoat. » Et Edgar, il s’en souvient comme si c’était hier. Et Edgar, il lui raconte.
Il lui raconte la Somme et les soldats en bleu horizon, coudes à coudes avec les soldats en marron. Ils s’écorchent les doigts ensemble, ils crèvent ensemble. Ramirez, il en ne tient pas en place. Ramirez, il rêve d’être auréolé par la gloire et les honneurs. Ramirez, il croit en une patrie qui se fout de lui. Ramirez, il n’est qu’une énième raclure d’immigré. Ramirez, il ne tremble pas devant les MG 08/15 des boches. Il lève le menton, il sort sa tête de la tranchée. Edgar, il agrippe sa chemise pour l’obliger à retrouver la sécurité de la boue. Edgar, il a compris. Edgar, il chiale mais Edgar, il le lâche déjà. « I hope you’re going to join the Order of the Bowler Hat soon, Smith. I’m going over the top. Someone has to blow those mounted guns off. » Ramirez, il grimpe sans une once d’hésitation. Les balles volent autour de lui. Les grenades explosent – encore trop loin pour l’atteindre. Ramirez, il ferme un œil et vise. Le casque s’envole, les tirs suppressifs disparaissent. Il n’y a qu’Edgar qui ose jeter un œil par-dessus la tranchée. Il n’y a qu’Edgar, qui le voit s’écraser dans le marasme sanglant, deux trous rouges au côté droit. Pourtant, ils ont tous murmuré ces derniers mots avec lui. La bleusaille et les terreux. « In the bleak mid-winter frosty wind made moan; Earth stood hard as iron, water like a stone; in the bleak mid-winter, long ago. »
Le mégot d’Edgar, il lui brûle les lèvres. Ses doigts, ils effleurent ceux de la jeune femme alors qu’il dépose la plaque militaire de son paternel au creux de sa paume. Son regard, il croise le sien. « I’m sorry. » Souffle-t-il. Il est mort en héros, le soldat Ramirez. Mais en est-ce vraiment un, s’il a abandonné sa fille ?

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Logan Ramirez

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MessageSujet: Re: dirty boots. (logan)   Dim 27 Mai - 21:53

Tu retiens ta respiration Logan. Tu sais très bien que ce n'est pas la peine d'avoir de grands espoirs. Parce que la guerre a fait des ravages, parce que la guerre a détruit tout autour de toi. Parce que la guerre, elle n'a pas fait le tri, elle n'a pas compté le nombre de personnes qu'elle fauchait dans une même famille. Et au fond de toi, tu te dis que ça tiendrait du miracle si ton père était encore de ce monde. Tu te dirais qu'il y aurait vraiment un Dieu là-haut. Un Dieu en qui tu ne crois plus Logan. Un Dieu qui t'a déçu. Comment laisser de telles choses arriver ? Si vraiment y'avait un être supérieur, t'aimerais bien lui en toucher deux mots. Alors t'es pas surprise quand le soldat Smith t'annonce le sort de ton père. Mais t'avais beau t'y attendre, tu sens quand même ton cœur se fendre légèrement. Pas parce que tu l'aimais. Pas parce qu'il était ton père. T'es triste Logan, mais seulement pour ta mère. Parce que tu ne vas pas pouvoir réaliser sa dernière demande avant de mourir. Parce qu'elle ne pourra pas le voir une dernière fois. Encore une victime de cette guerre à la con, qui fait encore des ravages quatre années après la fin. Tu hoches simplement la tête, les lèvres pincées. Tu ne dis rien, tu l'écoutes simplement. T'as lu les journaux comme tout le monde, mais la dure réalité du front était édulcorée. On vous mentait ouvertement, mais vous avaliez tous ces doux mensonges. Parce qu'ils étaient moins durs que la vérité. Parce qu'il fallait se croire meilleur que ceux d'en face. Mais parfois, y'avait ces quelques gars en permission qui venaient vous raconter toutes les horreurs qu'ils voyaient. Ils venaient te voir danser, puis toi tu les écoutais. T'en demandais toujours plus Logan. T'imaginais la douleur à laquelle ton frère avait échappé en s'faisant descendre au début de la guerre. Puis y'a Georges qui t'racontait ses histoires aussi, un peu. De ce qu'il voyait du haut de ses Spad. Jusqu'à ce que lui aussi, il se fasse descendre. Et tu regardes Smith, en te disant que lui aussi il a traîné dans la boue, lui aussi il a évité les balles et les explosions. Tu ressers tes doigts autour de la plaque de ton paternel, dans un petit poing insignifiant. C'est quoi ça ? De la colère ? De la tristesse ? T'en sais rien. Après tant d'années dans la souffrance, tu ne sais plus faire la différence entre les autres sentiments. « It's ok. » tu murmures finalement en glissant la plaque dans ton sac à main. Tu pourras au-moins rapporter ça à ta mère. Lui montrer que tu as fait du mieux que tu pouvais. T'as traversé la Manche. T'as remué ciel et terre Logan, mais ça n'a pas été suffisant. « Thank you. » que tu lui dis, un chaste sourire de dessiné sur tes lèvres rouges. T'es reconnaissante Logan. Parce que cet homme, il n'était pas obligé de ressasser ces vieux démons pour toi. Il n'était pas obligé de venir aujourd'hui. Alors tu lèves la main pour attirer l'attention d'un serveur. « Please, let me invite you for lunch. It's the least I can do. »

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MessageSujet: Re: dirty boots. (logan)   Mer 4 Juil - 4:15

Il a eu de la chance, Edgar. Il a eu de la chance d’avoir survécu à ce massacre. Il n’a pas perdu la boule, enfin, pas tout à fait. Il ne s’éclate pas la tête contre les murs comme certains mais c’est des tirs d’artillerie qu’il entend, la nuit. C’est le sifflement de balles invisibles qui le réveille, c’est les gargouillis qu’émettent ses camarades en crevant, leurs propres tripes entre les doigts. Les femmes ont de la chance - elles ont échappé à ce bourbier infâme. Mais c’est leurs maris qu’elles ont perdu, leurs frères ou leurs fils. Qu’ils soient morts ou non. Elle n’a pas l’air si surprise que ça, la mioche de Ramirez. Devrait-elle l’être ? Personne n’est rentré. Edgar, il se passe une main moite dans les cheveux. Son esprit, il n’est plus là. Il est à des années-lumières de ce bar miteux, à des kilomètres de cette jolie demoiselle au cœur qu’il a brisé sans une once d’hésitation.
Mais elle lui propose tout de même un déjeuner. Edgar, il ne répond pas à sa proposition dans l'immédiat. Il porte simplement une cigarette à ses lèvres, l’œil vitreux. Il a les doigts tremblants après avoir tant remué le passé, Edgar. Et pour quoi ? Une gamine curieuse, une lettre qui lui a noué les tripes, un joli minois aux traits fatigués. Que dirait Ramirez, s’il voyait sa gamine aussi grande et aussi jolie ? Se féliciterait-il d’avoir fait une mioche qui n’aura aucun problème à épouser l’élite ? Un filet de fumée s’échappe d’entre ses lèvres alors que son regard se pose sur sa montre à gousset. Il est bientôt midi. Et il est bavard, Edgar. Peut-être est-ce une façon d’exorciser cette matinée. Peut-être est-ce un moyen de rassurer la jeune femme qui s’est perdue trop longtemps dans le passé – comme lui. « You know… the past is not a concern. The future is no longer a concern either. One minute. The soldier’s minute. In a battle, that’s all you get. One minute of everything at once. And anything before is nothing. Everything after… nothing. Nothing in comparison to that one minute. » À quoi bon remuer le passé ? À quoi bon imaginer l’avenir ? Il n’y a plus que le présent, maintenant.
Et son regard dépouillé de vie, il croise celui de la gosse de Ramirez. « I won’t stay for lunch. » Qu’il répond dans un bref hochement de la tête négatif. Peut-être qu’à une autre époque, ils auraient pu. Peut-être que dans un autre monde, d’autres circonstances les auront amené à se croiser. D’autres circonstances moins cruelles. Edgar, il se redresse déjà. « It has been a pleasure, Miss Ramirez. » Il s'efforce de lui offrir un sourire, Edgar.
Il sonne faux.

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Logan Ramirez

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MessageSujet: Re: dirty boots. (logan)   Jeu 12 Juil - 19:01

T'espères le voir rester. T'espères pouvoir au moins partager un repas avec lui avant de te retrouver une nouvelle fois seule. Parce que c'est ça qui t'attend Logan, rien de plus. Ta mère est en train de crever, ton père est officiellement mort. Ton frère ? Il a tenu trois mois avant de s'faire faucher. Tous les hommes auxquels t'as pu t'attacher durant ces années de conflits, ils ont fini par disparaître eux aussi. Tués, devenus fous ou simplement retournés chez eux auprès de leur famille. Et toi ? T'es restée là au-même endroit, à fouler le parquet de la scène du cabaret devant une clientèle abimée, bien moins prestigieuse que celle à laquelle tu t'étais habituée pendant la guerre. Parce que les hommes lambdas, les hommes comme ton père, ton frère ou Smith, ils étaient dans le bourbier pendant que ceux de bonne famille occupaient les places de choix dans l'armée. Mais toi Logan, tu les aimais bien ces gentilhommes épargnés de la crasse et de la douleur. Parce que cet argent qui leur avait offert des places d'officier, il le partageait avec toi et les autres danseuses.
Tu déglutis quand il prend enfin la parole, presque surprise. Tu l'écoutes le soldat, et tu hoches la tête. « I believe you. » Ils sont nombreux ceux qui t'ont raconté la réalité du front, celle censurée dans les lettres et les journaux. Ces gars en permission qui cherchaient un minimum de confort en présence d'une jeune femme au parfum délicat. Et plusieurs fois, t'as accepté d'enfreindre la loi du cabaret, t'as accepté des contacts pourtant interdis par tes patrons. Simplement parce que ces soldats, ils avaient besoin d'oublier, ils avaient besoin de réconfort. Parce qu'ils avaient besoin d'être à nouveau humain. Tout ça, tu le comprenais très bien Logan. Il y en a eu plusieurs comme ça, à qui tu t'es abandonnée dans l'espoir de les rassurer. Un soulagement d'un léger grade supérieur, comparé à l'abatage des maisons closes.
Smith refuse et t'as cette amère déception qui s'fait sentir. T'aurais voulu lui parler un peu plus longtemps, en apprendre plus sur les faits d'armes de ton père. Mais tu ne vas pas le forcer Logan. Il a déjà fait l'effort de venir, tu ne vas l'empêcher de partir. « Right, I understand. », tu lui dis en te levant. Tu lui tends ta main, pour lui dire au revoir formellement. Un sourire reconnaissant sur ton visage, tu poses ton regard dans le sien. « Thank you so much for your time. » Tu voulais plus Logan, tellement plus qu'un simple récit expéditif sur la mort de ton paternel.

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