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  — it’s where my demons hide (eli)

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MessageSujet: — it’s where my demons hide (eli)   Ven 18 Mai - 23:10

Elle a les yeux gonflés d’avoir trop pleuré. Le cœur en miettes d’avoir trop aimé. Et la déception la ronge dans le fin fond de ses entrailles alors que le secret se meurt au coin de sa bouche, perdu dans les eaux troubles d’un verre d’alcool qui lui brûle la gorge. Ophelia, elle ne peut en parler à personne de toutes ces choses qui lui fissurent l’âme à mesure que les années s’envolent. Pas même à sa sœur qui peine à maintenir sa propre vie à flot. Et Ophelia, elle pense si souvent aux autres qu’elle s’en oublie elle-même, préférant se planquer dans le silence et la pénombre que dans le brouhaha de ses pensées lamentables mises à jour sous les projecteurs aveuglants de la vérité. Ouais, elle fuit la réalité, à se morfondre dans un bar malfamé, à lire son avenir peu brillant dans le fond d’un verre de jack. Il y a rien de glorieux pour la princesse déchue à la peau de porcelaine. Rien de glamour. Et elle laisse derrière elle son insigne dont elle ne se juge pas digne. Elle l’oublie dans la boite à gants de sa voiture qu’elle reprendra malgré le poison qui souille ses veines, parce qu’elle est d’une stupidité exaspérante, parce qu’elle croit échapper au sort des mortels. Ou plutôt parce qu’elle cherche à y être confronté. Peut-être que la mort serait une douce délivrance. Elle y pense, parfois. Souvent. Comme une chanson coincée dans sa tête qui revient sournoisement. Elle y songe et tout ce qu’elle peut faire, c’est noyer ces pensées négatives dans la liqueur magique qui assourdit ses problèmes. Mais parfois, elle les exacerbe au point qu’elles n’en deviennent plus vivables. C’est douloureux, ça prend aux tripes. Et elle se dégoute, Ophe, à faire croire aux autres qu’elle est quelqu’un de bien, quelqu’un d’honorable, quand c’est tout le contraire. Ça la tue à petit feu d’avoir à se regarder dans la glace tous les matins, parce qu’elle sait que ses cernes sont le résultat de vices bien cachés, plutôt que de nuits acharnées. – Allô ? Eli… ? J’ai craqué… J’suis qu’une sombre merde, la gorge qui s’enraille sous l’émotion de ces mots violents. Il y a personne qui peut détester Ophelia plus qu’elle ne se déteste elle-même. Et elle s’en veut terriblement de le tirer de ses propres soucis, d’attirer l’attention sur elle à cause de sa propre connerie, à cause de sa propre faiblesse. Mais il est sa bouffée d’air frais, Eli. La bouée de sauvetage qui l’empêche de sombrer, parce qu’il sait tout à son sujet, même les côtés de l’ombre qu’elle dissimule tant bien que mal. Et il devine sans gêne ce qu’elle ressent. Il la comprend. Mieux que quiconque. – Je suis foutue ? Sois honnête avec moi. Il y a plus d’espoir ? Réflexion d’un cerveau perverti par l’alcool.

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Eli Goldstein

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MessageSujet: Re: — it’s where my demons hide (eli)   Ven 25 Mai - 4:20

Il devrait dormir depuis longtemps, mais Eli n’y parvient pas. Le sommeil le fuit à nouveau depuis quelques jours, comme un vieil ami plus ou moins fiable qui disparait dès que l’on a besoin de lui. La petite bouteille de comprimés sur sa table de nuit, que son médecin lui a prescrit afin de l’aider à rejoindre les bras de Morphée, est parsemé d’une légère couche de poussières, le pompier refusant de dépendre d’un fichu médicament pour trouver le repas, le soir venu. Néanmoins, plus les minutes, les heures passent, et plus il sent sa résistance commencée à lui faire défaut, et tôt ou tard, il sait qu’il cèdera, ne serait-ce que pour gagner quelques heures de repos en échange. La pièce est plongée dans la noirceur, mais son regard, qui s’est accoutumé au manque de luminosité de la pièce, scrute avec une attention anormal le plafond au-dessus de sa tête. L’éclairage de son portable le surprends presque et il tend une main distraite pour attraper l’appareil qui traîne au sommet de la tête du lit, ses yeux se plissant afin de déchiffrer le nom de l’appelant. Ophelia. Il décroche aussitôt. – Euh… oui? – L’incertitude perse au travers de sa voix, alors qu’il tente de percer le mystère de cet appel nocturne. Les cartes sont rapidement mises sur la table et, retirant les couvertures qui le couvrait d’une seule main, Eli s’arrache de son lit, s’assoyant sur le rebord de ce dernier. L’une de ses mains passe sur son visage, alors qu’il tend l’oreille aux aveux de la Hart, dont l’état d’ébriété semble évident. – T’es pas une sombre merde, Ophé, arrête-moi ça. – qu’il lui répond en soupirant légèrement, loin d’être agacé par son comportement. Eli, il est dépassé par la suite des évènements qui s’enchaine dans sa vie, directement ou indirectement. Si la sienne a connu des jours plus beaux, il n’est pas le seul à voir son ciel s’assombrir de nuages grisâtres. Il aimerait tant pouvoir tous les sauver, tous les sortir de cette galère dans laquelle ils sont tous plongés, chacun de leur côté, mais c’est une tâche impossible à accomplir. Il est humain, lui aussi, et tout aussi faible face à l’adversité et aux épreuves qui se posent sur sa route. Il ne peut cependant pas se réduire à laisser Ophélia se noyer alors qu’elle lui lance un appel à l’aide désespéré. – Non, t’es pas foutue, je te le jure, ok? T’as vu comment j’étais il y a quatre mois, et regarde-moi aujourd’hui. Je vais mieux. Et toi aussi, tu iras mieux. Demain, la semaine prochaine, dans un mois. Ça prendra le temps qu’il faut, c’est tout. – Il tentait de la rassurer, de lui faire comprendre que le chemin qu’elle empruntait ce soir-là n’était pas sa seule issue. Il y avait d’autres routes, d’autres options, il fallait simplement que quelqu’un lui montre la voie à prendre. – T’es où, que je passe te chercher. Je refuse que tu prennes la route dans ton état. – Ses pas l’avaient amené jusqu’à son salon, où il récupéra son porte-monnaie et ses clés, qu’il coinça dans son pantalon de pyjama, son portable coincé entre son épaule et sa tête, toujours attentif à la voix au bout du combiné. Il n’avait pas l’intention de raccrocher tant et aussi longtemps qu’il n’était pas à ses côtés.

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MessageSujet: Re: — it’s where my demons hide (eli)   Jeu 31 Mai - 0:11

Elle se mord les lèvres jusqu’au sang, Ophelia, parce que ça lui torpille les tripes d’être faible au point de céder au désespoir un soir de semaine, à appeler un ami qui n’a rien demandé. Un de plus à ajouter sur la longue liste des gens déçus par la policière aux penchants peu glorieux. L’alcool imprègne encore sa bouche et vient brûler sa plaie naissante. Elle maudit le jour où elle a pour la première fois trempé ses lèvres dans la disgrâce infâme qui se vend en bouteille et partout dans le monde. Quoi qu’elle fasse, où qu’elle aille – ça la poursuit comme un mauvais cauchemar. Mais elle n’arrive pas à se réveiller Ophelia. Et elle a peur de sombrer dans les limbes sans plus jamais pouvoir s’en tirer. – Oui, mais… Elle s’arrête un moment, les paupières lourdes, les pensées confuses. Elle n’a pas envie de lui servir des excuses idiotes ou de justifier ses échecs. Il n’y a rien qui explique sa rechute, si ce n’est son manque de motivation, si ce n’est sa volonté quasi inexistante. Aussi fragile qu’un château de cartes sur lequel le souffle de Levi se mêle au sien pour n’en faire qu’une bouchée. Envolé, oublié. Et avec lui, ses bonnes résolutions qu’elle reprend à chaque début de semaine. Mais Ophelia, elle se dit que ce ne sont pas les chutes qui comptent, mais le nombre de fois qu’elle se relève. Et elle se raccroche à ça comme à une bouée de sauvetage. Elle n’a pas vraiment le choix. – Je suis désolée, je te dérange avec ça alors qu’il est déjà tard… c’est… j’ai honte. Elle a la bouche et la langue engourdies par l’alcool et les mots s’articulent avec difficulté alors qu’elle ravale ses larmes. Elle se déteste, plus que n’importe qui ou n’importe quoi. Plus que les vices qui la tirent vers le bas. – T’es gentil, Eli. Mais peut-être que ce serait la solution à tous mes problèmes. Peut-être que je devrais me prendre un arbre pour me remettre les idées en place. En réalité, elle a des songes bien plus macabres que cela. Ouais, Ophelia voit la mort comme une délivrance. Mais même pour ça, elle n’a pas assez de cran. Même devant la faucheuse, elle courbe l’échine, esclave des affres de son cerveau bousillé et malade. – Je suis au west quay. Mais te dérange pas, je vais me débrouiller, je vais... Elle titube dans le bar et ça fait écho à ses pensées mal organisées. Elle manque de s’étaler de tout son long sur le sol, mais elle se rattrape, ainsi que le peu de dignité qu’il lui reste. Elle ne le dit pas, mais dans le fond, elle espère de tout cœur qu’il viendra à son secours, parce qu’elle n’a pas envie d’être seule, parce qu’elle n’a pas envie de se noyer dans d’autres verres qui s’annoncent comme une fatalité.

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MessageSujet: Re: — it’s where my demons hide (eli)   Jeu 21 Juin - 3:31

Ça le ronge, Eli, de la savoir dans un état aussi instable, de la sentir, rien qu’au son de sa voix, vulnérable et fragile. Elle n’est plus l’Ophelia qu’il a toujours connu, elle n’est désormais plus qu’une sombre image d’elle-même qui ne cesse de se rabaisser, de s’insulter. Ces propos résonnent toutefois comme un douloureux écho qui le ramène des mois en arrière, alors qu’il tenait les mêmes discours, les mêmes remarques, se dénigrant comme seule une personne détruite de l’intérieur peut le faire. Il comprend, Eli, la route sinueuse qu’elle est en train de traverser. Il est conscient qu’elle ne parvient pas à voir la lumière au bout de cette route. Parce qu’il a déjà été à sa place. Et parce qu’il a cru, lui aussi, s’être perdu à jamais. Mais elle est bien là, brillante dans la nuit. Même si elle n’est que sous la forme d’un minuscule grain de lumières à l’horizon. Il ne faut jamais perdre de vue, et le Goldstein sera prêt à tout, même à se lever, en plein cœur de la nuit, pour aller récupérer son amie après une soirée où elle l’a tout simplement échappée. – Tu ne me déranges pas, Ophé. Si je t’ai dit que tu pouvais m’appeler n’importe quand, c’est bien parce que je le voulais bien. – Il préférait encore qu’elle le réveille à une heure tardive de la nuit, plutôt que d’aller la cueillir, le lendemain matin, dans une cellule de dégrisement au poste de police ou d’aller identifier son corps à la morge d’un hôpital. Il était déjà près à partir, n’ayant eu qu’à enfiler en vitesse un chandail et ses chaussures, puis à attraper son coton-ouaté afin de prendre la porte pour rejoindre sa voiture. Il ne lâchait cependant jamais son téléphone, qu’il tenait toujours près de son oreille. La clé dans la serrure de son véhicule, il s’arrêta net dans son mouvement. – Ophélia Hart, je t’interdis de dire ou même de penser à un truc pareil! – fustigea-t-il à l’attention de jeune femme. Elle abdiqua finalement à lui révéler le lieu où elle se trouvait, et Eli ne mit que quelques secondes avant d’être installer au volant, démarrant afin de rejoindre la rue menait jusqu’au quartier Sea Side, où se trouvait le bar. – Je suis en route. – Il resta au bout du fil tout au long de son travail, se remerciant intérieurement d’avoir équipé sa nouvelle voiture de la technologie main-libre. Ophelia ne parlait plus, mais il entendait son souffle au bout du fil, lui confirmant qu’elle était toujours là, qu’elle restait accrochée à lui, à sa voix, et à la bouée qu’il lui avait tendue. Il ne lui fallut qu’une dizaine de minutes avant de rejoindre le West Quay. Il se précipita rapidement hors de sa voiture après s’être garé, filant vers l’entrée du bar sans se préoccuper des regards qui le suivait des yeux, et des commentaires sur sa tenue que certains se permettaient de faire. Il les aurait tous envoyé balader s’il n’avait pas été aussi pressé de rejoindre sa meilleure amie. Il ne tarda pas à la repérer, à peine fut-il à l’intérieur. Elle se tenait là, près des portes menant à l’extérieur, chancelante sur ses pieds, son regard vide fixant un point droit devant elle, sans vraiment l’apercevoir. Coupant la communication de son téléphone, il l’enfonça dans sa poche avant de se diriger à ses côtés. Il se plaça droit devant elle, plongeant son regard dans le sien, afin de capter son attention. – Je suis là, Ophé. Allez, viens, on sort. Le grand air va te faire du bien. – Et passant son bras autour de ses hanches, il l’escorta jusqu’à l’extérieur, s’assurant qu’elle ne perdre pas pied en cours de route.

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MessageSujet: Re: — it’s where my demons hide (eli)   Mar 3 Juil - 21:45

Elle s’endort presque, le téléphone portable calé entre sa joue et son épaule. Mais il est là, au bout du fil et c’est déjà très rassurant pour la jeune femme noyée dans une marée d’inconnus. Elle peine à parler, elle peine même à déchiffrer ses pensées, mais elle ne raccroche pas. Et elle suit son trajet à distance, ravie de savoir que celle qui les sépare se réduit au fur et à mesure, parce qu’elle a besoin de cette présence – elle a besoin de lui. Si les alcooliques anonymes lui ont appris une chose, c’est que ce n’est pas une preuve de faiblesse que de demander de l’aide. Et si c’est quelque chose qu’Ophelia a toujours du mal à faire – question de fierté, elle sait qu’elle pourra toujours compter sur Eli et qu’il sera toujours là pour lui tendre la main. Il sait ce que c’est, lui. L’addiction, le sevrage et toutes ces choses entre. Il est passé par là. Et ils se connaissent les deux, mieux que quiconque – assez pour se voir dans les pires comme dans les meilleurs états. Et quand elle le voit entrer, son cœur manque de tomber de sa poitrine. C’est comme si on l’autorisait enfin à respirer. Et c’est titubante qu’elle se rue vers lui, ne prêtant pas attention au monde autour d’eux. – Eli ! Ça vient du cœur alors que le soulagement apaise son âme en peine. Et en un rien de temps, il l’aide à sortir de cette prison alcoolisée. Ce bar qui n’est rien d’autre qu’un lieu de rencontre pour certains, mais qui pour Ophélia représente l’enfer sur terre. – Je suis tellement désolée Eli, je dois sentir mauvais, elle met du temps à prononcer ces mots, la bouche pâteuse et l’esprit confus. Mais elle est réellement navrée de lui faire subir cela – de l’entrainer dans sa chute. – T’es un amour d’être venu, elle attrape sa main dans la sienne par peur de tomber, mais son regard croise furtivement le sien. Elle le détourne très rapidement, craignant de s’effondrer et de devenir émotionnelle. Les larmes seraient too much, alors elle se contente de s’assoir par terre, sur le bord du trottoir, lui faisant signe de prendre place à ses côtés. – Je dois me poser 5 minutes, ne m’en veux pas, qu’elle lui dit en ramenant ses genoux contre sa poitrine, posant son menton dessus. Ses longs cheveux blonds foncés lui retombent sur le visage alors qu’est victime d’un hoquet foudroyant qui ne daigne pas la laisser tranquille. – Je suis contente de te voir, mais j’aurais préféré que ce soit en d’autres circonstances, ses mots sont hachés et peinent à venir. Elle essaye à présent de retenir sa respiration pour faire passer son hoquet, mais en vain. – Je me sens pas vraiment bien, Eli, elle passe ses mains sur son visage et sa tête tourne comme dans un manège. Elle aimerait mourir plutôt que de vivre cela. Elle aimerait mourir plutôt que de continuer à mener cette vie-là.

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MessageSujet: Re: — it’s where my demons hide (eli)   Dim 5 Aoû - 0:31

C’est un soupir de soulagement qui s’échappe de ses lèvres quand, enfin, il la rejoint. L’état dans lequel elle se trouve fait peine à voir, mais au moins, elle est toujours en vie. Ces macabres pensées qu’elle avait vocalisées avaient fait naître une crainte au cœur de la poitrine d’Eli, alors qu’il redoutait de n’arriver que trop tard à son secours. Il avait déjà perdu Isveig, il ne pouvait pas se permettre de perdre Ophelia aussi. Elle était l’une des rares personnes qui le forçait à se lever chaque matin, à surmonter chaque épreuve qu’une nouvelle journée pouvait lui apporter.  Dans les bons comme dans les mauvais moments, il avait promis d’être là. Une vieille promesse d’adolescents qui pourtant persistait au-delà du temps. Elle avait aujourd’hui besoin de lui, plus que de quiconque, et Eli se fichait bien que sa nuit de sommeil ait été gâché par sa voix tremblante au bout du fil. Il dormirait plus tard. Ophelia, elle, n’attendrait pas. Dès qu’elle l’aperçoit, ses pas chancelants la mène vers lui, alors qu’il vole à sa rencontre, la réceptionnant dans ses bras, assez forts pour les supporter tout les deux. Parcourant en sens inverse le chemin pour les sortir de là, d’une façon cahoteuse et vacillante vu l’état désastreux dans lequel l’un d’entre eux se trouve, le duo parvient à se glisser à l’extérieur du bar. L’air frais du soir se fait aussitôt sentir, et une légère brise se fraye passe sur leurs visages, balayant au passage la chevelure de la policière. – Ce n’est pas grave, Ophé. – Il s’en fiche qu’elle puisse empester l’alcool et la sueur des bars de quartier, que la fumée des cigarettes s’est accrochée à ses vêtements. Il a vu pire. Bien pire que ça. Et cette odeur qui lui monte au nez, il la tolère, bien plus que celle de la chair brûlée auquel il a trop de fois été confronté dans son travail. Elle s’accroche à l’une de ses mains, la serrant très fort entre ses doigts, alors qu’elle le remercie d’être là. Il ne répond pas. Il n’aurait pas pu en faire autrement. Ce n’est pas dans son habitude de laisser tomber les gens. Sauf avec Isveig, mais ce cas là est différent. Ophelia évite soigneusement son regard, même s’il le capte, ne serait qu’un court instant. Il se doute de ce qu’elle ne veut pas qu’il voit dans ce dernier. Regarder les gens dans les yeux, c’est ouvrir son cœur et son âme à l’autre. C’est relâcher sa garde, baisser ses barrières. La Hart, elle n’est pas encore prête à ça, et c’est quelque chose qu’il respecte, qu’il comprend. La suivant dans son mouvement, alors qu’elle se laisse tomber sur la bordure du trottoir qui longe cette rue passante du Sea Side, Eli lui accorde silencieusement ses cinq minutes de pause, avant que viennent le temps de rentrer. Ou du moins, partir et s’éloigner d’ici. La belle se recroqueville sur elle-même, et affectueusement, l’une de ses mains vient replacer une des mèches qui cachait son visage torturé. – Ce n’est pas ton moment de gloire, je te l’accorde. – admet-il, mit figue, mi-raisin, tâchant de mettre un peu de légèreté dans la lourdeur de l’air qui les entourages. Un vigoureux hoquet semble s’être emparé d’elle, rendant son allocution plutôt pénible, s’ajoutant à son état d’ébriété qui affaiblissait déjà chacun de ses sens. À la lueur des réverbères, le teint de son amie lui semble pâle, cireux. Un brin de sueur se fait d’ailleurs ses marques le long de son coup. Elle n’a pas besoin de le lui dire pour qu’il devine son état, son malaise. – Je te ramène chez moi, ok? T’as besoin d’une bonne douche, de quelques aspirines et d’une bonne nuit de sommeil. Et pas question que je te laisse toute seule chez toi. T’es pas en état. – Il se fichait bien qu’elle dorme à ses côtés, son matelas était assez grand pour deux, et ce n’est pas comme s’il risquait de se passer quoique ce soit entre eux. Le fait qu’ils partageaient tout deux ce même amour des femmes rendait l’équation impossible. À croire qu’ils avaient aussi en commun ce goût prononcé de s’enticher des mauvaises personnes. Aidant la jeune femme à se relever, il la guida jusqu’à sa voiture, garer non loin de là. – J’te préviens par contre. Si tu comptes être malade, tu me fais signe, que j’arrête la voiture. – lui dit-il, plein de sollicitude. Il attend qu’elle se soit glissée sur le siège, côté passager, avant de fouiller dans son coffre à gants, en sortant quelques sacs de plastique, qu’il gardait toujours, au cas-où. Il en tend quelques-uns à Ophelia, avant de refermer la porte et de se diriger vers le côté conducteur, où il s’installe sans peine. Ils ne tardent pas à reprendre la route en sens inverse, fenêtres baissées pour laisser l’air du soir s’infiltrer à l’intérieur de l’habitacle. Eli, du coin de l’œil, ne peut s’empêcher de scruter sa passagère. Il n’aime pas la voir dans cet état. Tout comme ses proches ne devait pas apprécier de le voir ainsi. Cette vérité, elle le frappe au visage de plein fouet, alors qu’il réalise à quel point sa famille et ses amis ont dû se faire du souci pour lui, tout autant qu’il s’en fait pour sa meilleure amie.

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Dernière édition par Eli Goldstein le Mar 18 Sep - 14:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: — it’s where my demons hide (eli)   Mer 5 Sep - 12:10

À y réfléchir, Ophelia n’a jamais vécu d’amitié plus pure que celle qu’elle partage avec Eli. Il y a quelque chose de limpide entre eux qui rend cette relation à l’épreuve de tout et qui la renforce quoi qu’il arrive. Sans doute est-ce parce que l’ambiguïté est inexistante entre eux, off the table. Tous deux aiment les femmes et jamais il ne pourrait se passer quoi que ce soit entre eux, si ce n’est un amour platonique digne des plus grandes amitiés. Et même si certains inconnus s’amusent à les charier par moments, cette idée de couple leur est amusante, tout au plus, car Eli est ce qui se rapproche le plus d’un meilleur ami. Il est son meilleur ami. Elle n’en a jamais vraiment eu et cette appellation rend les choses bien trop officielles. Un jour, il partira, la laissant derrière. Elle ne peut s’empêcher de le penser, car Ophelia a du mal à accorder sa confiance aux gens. Elle peine même à les regarder dans les yeux, au risque de les laisser entrevoir les plus sombres teintes de son âme. Et pourtant, Eli les connait toutes. C’est aussi ce qui rend cette relation si spéciale – ils n’ont pas de secret l’un pour l’autre. Ophelia ne lui cache rien, contrairement au reste du monde. Elle lui parle de ses problèmes et de ses addictions qui rongent ses veines, mais aussi de ses mauvais choix en terme de femmes. Car Ophelia cède toujours à celles qui lui prennent tout et ne lui laisse rien. Sauf peut-être des larmes qu’elle noie dans différentes liqueurs. Mais tout cela, le jeune homme le sait. Elle ne lui épargne rien – pas même son histoire d’amour avec Levi. Celle qui ne laissera que des cendres d’elle, si elle part en fumée. – Ah bon ? Tu ne me trouves pas à mon avantage là ? Elle rit, faisant semblant de prendre une pose comme dans les magazines. De l’autodérision pour détendre l’atmosphère et camoufler le fait qu’elle est assise par terre, à digérer les litres d’alcool qu’elle a bu toute seule, dans ce bar miteux. Elle rit à ses dépens, parce qu’il n’y a rien d’autre à faire. Pleurer n’est plus une option. Elle l’a déjà bien trop fait. – Ok, qu’elle répond avant de se relever. Elle ne cherche pas à fuir, ni même à se dérober. Au contraire, aux côtés d’Eli, c’est à la solitude qu’elle fait ses adieux. Ses au revoir, plutôt, jusqu’à nouvel ordre. Jusqu’au petit matin, quand le soleil viendra la tirer de ses rêveries imbibée de vodka et gin tonic. – C’est parti ! Accrochée à son bras, elle le suit jusqu’à sa voiture dans laquelle elle s’empresse de monter du côté passager. – C’est ça, ma vie ? Elle regarde les sacs en plastique et elle ne peut s’empêcher de rire d’elle-même. – J’ai trente-deux ans et j’en suis réduite à ça ! Elle les secoue en l’air et continue de se moquer de sa propre personne. Une réalisation aussi triste que drôle qu’elle ne peut s’empêcher de notifier. – Mais t’inquiètes pas Eli, je vais pas faire de bêtises ! Elle lui adresse un léger sourire, puis elle attache sa ceinture avant de fermer les yeux. Elle préfère garder ses paupières closes, au risque d’avoir la nausée en regardant la route. – Je pourrai jamais assez te remercier, qu’elle murmure, à moitié endormie déjà.

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