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 we never learn + levi

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MessageSujet: we never learn + levi   Mar 15 Mai - 12:28

Le vent murmurait dans le réduit obscur de l’alcôve. Je me redressais, les épaules élargies par le poids de l’univers. La drogue se faufilait entre les mailles de mon pull, laissant ses filaments poudreux sur ma conscience. Le souffle allongé dans la pénombre, je riais face aux arcs du ciel. Ma raison se consumait lentement, portée par l’étreinte de la nuit et ses mensonges. J’étais imposteur au milieu des malfrats, un rat qui se noyait dans la vase dégoulinante des faubourgs de Brighton. Les souvenirs de ma famille s’éteignaient peu à peu. J’en oubliais les grâces de ma mère et les sourires de ma soeur. Une double identité. Une vie avortée. Je ne reconnaissais plus les intonations de ma voix. Je ne savais plus suivre les cheminements de mon esprit. Tout devenait contraire. Tout se perdait dans les silences de la rue. Mon coeur se serrait entre mes côtes, effrayé - terrorisé par l’extase malsaine d’une liberté qui volait en éclats. Perdre un seul moment de cette existence. Perdre un fragment de mon histoire. Tout devenait éphémère. Je me tournais vers la porte. Ma chambre était noire, semblable à ces mansardes abandonnées où les poussières des siècles révolues s’agglutinaient pour former un voile de saleté. Je crispais la mâchoire. J’aspirais les vestiges de ma cigarette. Et tout à coup, la vie s’insufflait à nouveau dans mes veines. Je me levais dans une impulsion sauvage, les jambes penchées vers la fenêtre. Mes ongles s’enfonçaient dans la tôle et les reliefs du mur afin d’escalader le toit. Un animal blessé, un prédateur vengeur - animé par  la colère et la folie. Mes prunelles transperçaient la ville. J’aurais voulu l’annihiler par la simple force de ma pensée, brûler les façades grises et les pointes lumineuses des lampadaires. Brûler la planète entière et retrouver l’accalmie de mon enfance. Je glissais sur la rampe afin de retrouver la fraîcheur de l’herbe. Mes pieds lapait les surfaces des petits cailloux jusqu’au chemin de l’église. Les cloches ne sonnaient plus. Mes yeux se perdaient dans une ancienne miséricorde, suppliant la croix éternelle de soulager la douleur - de me porter ailleurs, vers les landes verdoyantes de mes ancêtres. Je reniflais en marchant sur les rebords du trottoir. Vagabond au milieu des fous, mon âme hurlait pour sortir de sa cage. Pour retrouver la sobriété que je refusais d’accorder. Le temps se fissurait entre mes os. Un pêcher pour un autre, je vendais mon coeur au diable. Le portail du cimetière brillait au bout de l’allée. Je courrais à sa rencontre, les mains tendues vers les grilles en acier. La nuit s’étendait dans ce coin isolé de la ville. Je me penchais vers les pierres tombales. Mes genoux enlaçaient la terre pour rendre hommage à la mort. Je fixais l’horizon, sans prier. Sans respirer. Delen n’était pas là. Son fantôme me quittait pendant ces instants de perdition. Parce qu’elle refusait de me rejoindre dans mes vices. Elle refusait de me revenir lorsque je me transformais en épave.  Je fermais les yeux afin de m’endormir sous la lune ténébreuse. Il était déjà minuit. Et lorsque je me réveillais, ma chair était engourdie, assoiffée par les voyages de mon esprit. Je me dirigeais vers le bar au fond de la rue. Le tabouret chancelait sous ma posture trop rigide - trop sévère. « Whisky.» Le son était étrange, rauque au bout de ma langue. Ils avaient l’habitude maintenant. De mes errances. De mes boissons. J’allumais une cigarette en observant le comptoir. Les silhouettes se chevauchaient entre mes paupières.  « Hey. C’est toi, la gamine qui lit l’avenir? » Je grommelais en me penchant vers son profil. « Donne moi de quoi voyager dans le temps. » Je ne parlais pas de voyances. Mais de rush. D’insouciance à l’infini.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Mar 15 Mai - 14:46

La clope est coincée entre ses lèvres. Elle la consume et laisse la nicotine dévaler de son incidence. La fumée s’extrait de sa bouche alors que ses yeux toisent les entrées, les sorties. Elle balance le mégot après des minutes d’un silence brisé par les éclats de voix des fêtards. Sa godasse ponctue la vie du bâtonnet fumant. Elle pousse la porte et entre dans le bar. Blindé de monde comme d’habitude. Levi regarde la foule de ses yeux sombres et machiavéliques. Elle cherche une ou deux victimes à qui venir pomper du fric, des objets de valeur et tout ce qui suffira à remplir son porte-feuille. Mais avant, elle ressent ce besoin de planer. Ophe est pas dans le paysage et ce sera pas sa came ce soir. Sa silhouette disparaît dans une arrière-salle. Certains fument de la weed. D’autres se frottent comme des animaux en rute, prêts à se baiser à même le sol. D’autres attendent un signe, un mouvement qui les fera passer une soirée digne des étoiles dans le ciel. Levi a pas le temps pour ces conneries. Elle se poste dans un coin, accroupie devant une table. La poudre blanche est déballée et forme une ligne parfaite. Les narines en extase de ce qu’elles vont se bouffer dans quelques secondes. Elle fait craquer ses phalanges, ébouriffe sa frange courte et vient se détruire le corps avec la dope. Elle a pas été compliquée à obtenir. Le bon fournisseur, le bon moment et ce même sourire enjôleur pour l’obtenir à un prix décent. Levi, elle consomme pas quotidiennement. Les envies de se droguer, ça vient, ça repart. Ce qu’elle aime surtout, c’est la revendre et obtenir deux fois plus de billets qu’à l’achat. Elle sent immédiatement ses muscles se détendre, ses yeux prêts à se dilater et les lèvres humidifiées par sa langue. En se relevant, elle ferme le petit sac transpirant qui glisse dans la poche de son jean. Levi se faufile entre les corps en transe, les bouches qui se cherchent et les mains qui attisent. La chaleur grimpe et lui fait perdre la notion du temps. Les idées éclatent et défoncent sa boîte crânienne. Le temps d’une seconde c’est le visage de l’agneau qui apparaît, la seconde qui suit c’est le poignard entre les côtes en pensant au pire. Elle grogne de cet esprit qui divague et vient se poser au bar. Elle n’a pas le temps de piper un mot qu’un type vient l’accoster. Putain pense-t-elle. Haine viscérale envers les hommes à peine dépeinte dans le regard qu’elle lui lance. Levi, elle est presque certaine que dans quelques secondes, il va lui causer d’une manière mielleuse. Il espérera de sa trique naissante pouvoir l’entuber et la sauter en déposant sa semence répugnante sur chaque parcelle de son corps tellement souillé par la vie. La mécanique habituelle des mecs en mal d’amour, en mal de cul qui se baladent dans ce genre de bar. C’est récurent et affligeant. C’est pas du féminisme déguisé, c’est une réalité affirmée. Elle arque un sourcil en l’entendant causer, encore plus quand il balance sa requête.
Quand le serveur vient déposer le verre de whisky commandé par le gars, c’est Levi qui l’attrape. Sans gêne, pas éduquée pour un sous, elle s’en branle de son avis. Elle boit ce liquide dont les effluves sont connues par sa chaire et ses entrailles.
— Pourquoi toi ?
Elle le connait pas ce type. Il a pas la gueule de l’emploi et sa méfiance l’oblige à questionner. Levi, elle fait confiance à personne. Trop souvent baisée par la vie, elle a appris à baiser les autres. Mécanisme de défense assumé et mis en oeuvre dans son quotidien tordu. Le coeur en vrac et l’esprit qui suit, c’est devenu sa manière d’avancer. Marche ou crève. Elle a choisi de marcher en crevant dans le poison qui file sur sa peau. Levi hausse les épaules et se tourne vers l’étranger.
— Regarde cette salle, elle transpire l’audace. La moitié des gens présents ici seraient ravis de goûter à ma poudre et de toucher le nirvana du bout des doigts.
C’est sûrement le bar le plus malfamé de la ville. La réunion des êtres torturés qui se brisent l’âme à coup de dope, d’injections dans les veines, de quelques baises sordides et qui iront crever dans un coin pour espérer décuver et se relever. C’est typique. Elle connait tous les codes de cet endroit et réussit à les maitriser d’une main des enfers. Elle se plaît dans cet entourage. Les gens cassent les codes, renversent les idéaux, abandonnent la notion de rêve. C’est la réalité aussi dégueulasse soit-elle qui vient les défoncer et qui les rend étrangement plus vivants que tous les autres.
— Elle est chère. Va falloir mettre le prix si tu veux y toucher.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Mar 15 Mai - 15:19

La drogue défaillait. Et les immortels s’en allaient, perdus - affligés par l’étreinte éphémère de la poudre d’étoiles. Je ne ressentais rien. Je ne voulais rien ressentir. Liv avait cette aisance à la vulgarité, cette insolence espiègle et amusante qui arrachaient un sourire à la nuit. Mais je me moquais de ses ratures. Je me fichais des injustices que le temps avait laissé sur sa peau. Ce n’était qu’une gosse dans le mal, une enfant de la rue, vagabonde et légère, flottant dans les rues de Brighton. Il y en avait mille comme elle, mille comme moi, tous à la recherche du voyage. Oh, je n’étais pas impressionné par ses gestes déplacés. Je lui offrais mon verre, volontiers. Je lui offrais l’absolution et le silence des éternels. Mes yeux roulaient sur son profil anguleux, moqueurs, assassins, prêt à rompre ce cou qui soutenait sa jolie tête comme une parure dorée. Ici, je n’étais plus flic. Je n’étais plus rien. Les vestiges de mes perditions effaçaient les limites. Je m’octroyais la permission au vice, au crime volontaire. Pensait-elle réellement que j’étais semblable à ces animaux ? Que mes pensées s’emmêlaient dans les délices charnels ? Il n’y avait pas que ça. Ma rage était immense. Mon dépit était vindicatif. Ce soir, je ne demandais rien d’autre qu’un rail. Je levais le bras afin de commander toute la bouteille. Je laissais une liasse de billets sur le comptoir, étalage ridicule d’une richesse qui ne m’appartenait pas. L’odeur terreuse du sang se mélangeait aux billets, rafistolés par un élastique. Je pinçais les lèvres en buvant du goulot. L’alcool se versait dans ma chair comme une morsure de givre. Mes épaules se redressaient, dévoilant une posture droite, tranchante. « T’aimes le danger.» Un simple constat. Je me demandais si elle en appréciait tous les versants, si la mort l’avait effleuré autant qu’elle m’avait effleuré. Je grommelais dans ma barbe en allumant une cigarette. Les cendres chancelaient sur le bois terni, rougeoyants d’une flamme passagère, une flamme qui s’immolait au contact du rebord. Je jouais avec les grands. Elle ne faisait que tenter le diable, amusée par une sensation d’extase juvénile. Je me penchais lascivement. « Donne moi un prix correcte. » Mon souffle chevauchait ses boucles ébènes. Je n’étais pas un dragueur de la nuit, ou un être en mal d’affection et de cul. Ma mission avait brisé mon intégrité. Je ne reconnaissais plus les chemins menant à ma maison, ni les images qui berçaient mon sommeil. Me voilà, suspendu dans le vide, le coeur en chute libre, la bouche sèche et avide. « Tu poses trop de questions. Donne-moi c’que je veux et casse toi! » Elle pouvait retourner à ses activités illégales, à la contemplation d’une vie de vices et de dépravations pour trouver un autre acheteur. Mais nous savions tous les deux, que ce soir, j’étais son meilleur pigeon.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Mar 15 Mai - 16:27

Le danger, Levi l’aime autant qu’elle le dompte. De sa naissance balafrée par une mère masochiste à une enfance éconduite par des familles d’accueil dysfonctionnelles. De cette adolescence anarchique à une vie d’adulte ébranlée. Le danger, Levi elle est venue le goûter de ses lèvres gercées et de son coeur à la couleur du deuil. Elle a encaissé les coups dans des bagarres des ruelles où l’extase demeurait aussi folle que l’adrénaline. Elle a flirté avec le vide, les pieds suspendus à des mètres du sol. Elle aurait été cap de sauter par moment pour sentir l’exaltation de son corps dans l’air et cette chute au sol. Le corps disloqué, démembré qui baignerait dans son sang. Ce même liquide pourpre qui a laissé un goût amer à chaque embrouille, chaque ressentiment. Le danger, il effraye plus Levi maintenant. Il est une seconde peau, une seconde vie. C’est pas ce type en face qui va l’effrayer et faire pâlir sa peau. La nervosité gagne du terrain chez ce dernier et le ton qu’il emploi provoque une hilarité certaine chez Levi. Elle aime pas qu’on lui manque de respect. Ni même qu’on tente de la dominer au détour de mots salaces, de mots rugueux qui claquent du palais à l’air. Un sourcil arqué vient se soustraire à ce rictus effronté. Mère insolence, mère de tous les vices chez la diseuse de bonnes aventures. Elle se rapproche et vient attraper le menton du gars pour y planter ses ongles. Quelques secondes d’une pression diabolique suffit à éreinter l’échine qui rougit. Réaction de l’instant quand son souffle devient rauque, brisé.
— Tu devrais pas me parler comme ça si tu veux ton rail.
Pour l’instant, il n’obtiendra rien, sauf son mépris. Elle se redresse, se lève et attrape sans difficulté le porte-feuille du mec dans la poche arrière de son jean. Habituée à voler, à dérober de ses doigts fins et de son regard sombre. Gamine des rues qui a dû apprendre à avancer comme ça. Pas d’études, pas de boulot, rien que des arnaques, des vols à l’étalage, des heures derrière les barreaux pour réussir à s’en sortir. Débrouillarde au possible, Levi, elle a vite compris que seule ça fonctionnait mieux. Alors depuis qu’une autre personne s’est pointée dans l’équation, ça tambourine trop. Elle fait signe au mec de la suivre et ils se retrouvent dans une pièce déserte. Elle verrouille la pièce de la clé glissée dans sa poche. C’est rudimentaire. Une mélodie, une chanson, un rap qu’elle connait par coeur. Les paroles, les rimes, les échos suffisent à créer une ambiance à part. Elle traîne le cuir usé de ses godasses et s’accole au mur.
— Allez, à genoux. Montre-moi de quoi tu es capable. Les billets c’est moi qui vais les prendre.
Elle exige, elle obtiendra. Refrain de l’éternel pour Levi. Cette dernière balance un petit sachet avec quelques grammes de la poudre divine. C’est qu’un échantillon, un moyen de le tester, de combler ce qu’il est venu chercher ici. Il atterrit sur la table non loin de là. Elle veut le voir se démolir l’esprit et voir ses yeux se dilater. Elle bouge pas. Levi, elle brille de sa silhouette statique et de sa froideur capable de glacer le sang de n’importe qui.
— Plus vite, putain. Me fais pas perdre mon temps.
Si ce n’est pas lui, ce sera quelqu’un d’autre. Le monde regorge d’âmes perdues qui pensent qu’un peu de dope sauvera ce qu’il reste à sauver. Elle en est témoin au quotidien. Ces imbéciles qui viennent tirer des cartes, les yeux brillants d’envie à l’idée d’entendre que leur histoire d’amour va s’arranger, qu’ils gagneront au loto, que leur boulot sera pas si pourri que ça. Elle aligne les prédictions mensongères en se marrant intérieurement de la naïveté de ces débiles. Comme ceux qui se trouvent ici et qui nageront dans toutes les combines pour de la came, du cul et tout ce qui va avec.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Mar 15 Mai - 19:03

La mélodie se répétait. Un écho tourbillonnant autour de mes yeux. Le monde craquait, il se fissurait sous mes pieds de géant. C’était la vie de quelqu’un d’autre. Une identité usurpée qui me collait à la peau. Il suffisait d’effleurer ma mâchoire pour être contaminé, pour sentir l’infection virulente qui déferlait dans son échine. Elle se punissait aussi, la gamine. Le sentiment roulait, comme le sang sous ses ongles. L’empreinte d’un baiser pourpre, chatouilleux. La douleur infligée me rappelait de respirer, de reprendre mon souffle lorsque je relevais la tête. Elle se faisait du mal aussi, l’enfant. A trop toucher l’acier, elle finissait rouillée, couverte de poussières et de saletés. Nous étions les reflets de l’autre. Nous étions essoufflés par les batailles. Et nous voilà encore, griffes acérées, coeurs monstrueux, prêts à bondir, à se sauter à la gorge. J’aurais voulu qu’elle me tue la première. Pour m’épargner le déni et l’existence, pour étouffer toutes les voix qui murmuraient dans mon crâne. Mais elle était trop fragile - inévitablement, je finirais par avoir le pouvoir, par écraser ses os sous mes doigts. Le diable était là, tapi dans un coin de la pièce, sirotant son whisky et ses illusions. Son profil touchait le mien. Il dansait sur mes prunelles et ensemble, nous jaillissions des flammes de l’enfer afin de briller dans l’horizon noir. Je souris, amusé par son courage. Par la folie qui se distillait entre ses lèvres. Elle avait la bouche gercées, les joues balafrées. Je ne comptais pas les cicatrices - car trop invisibles, toutes dissimulées sous un caractère de cochon sauvage. Mes prunelles la fixaient avec étrangeté, sans énoncer la moindre émotion, sans répondre à ses provocations. Mes jambes la suivaient seulement, deux automates chancelant sur le sol, deux béquilles qui se disloquaient dans la pénombre du bar. Le cliquetis de la porte réveillait mes impulsions. Je n’étais pas dans le manque. Je ne croyais pas aux addictions, je les brûlais - je les consommais jusqu’à la dernière extase. Je regardais le sachet de poudre sur le sol, son insubordination révoltante. Je ne bougeais pas, riant à en perdre haleine. Elle était drôle, celle là. Je m’approchais, silhouette repliée, les genoux au sol. Mes mains s’élevaient, attrapant ses épaules afin de l’écraser parterre. « Si je tombe aussi bas, je t’emmène avec moi. » Mes doigts ne lâchaient pas prise. Je maintenais la pression afin de l’emprisonner dans ma colère. «Ta came n’est pas aussi délicieuse que ton sang. Ne m’oblige pas à y goûter, c’est un autre genre extase que je ne saurais pas contrôler.» Une simple mise en garde. Je ne voulais pas être ce mauvais gars, pas aussi facilement - pas naturellement. Je la repoussais violemment en me redressant. Je repris mon porte feuille et marchait sur sa drogue répugnante. « Aller, donne moi autre chose. Tes demies doses pour appâter les ado ne m’intéressent pas. J’veux plus. J’veux m’envoler. » Sifflai-je d’une voix carnassière - un rapport de force s’établissait entre nous. Un équilibre qu’il était difficile d’établir, de contenir.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Jeu 17 Mai - 19:49

Levi, elle a pas souvent peur. Sa vie a été dictée dès sa naissance par une étoile noire et désastreuse. Les émotions montées à l’envers et un coeur qui fonctionnait qu’à moitié. Le vice est venu souiller son âme vendue au diable depuis ses premières conneries. Errante dans les ruelles des enfers, ballottée de famille d’accueil en famille d’accueil, sans s’y poser une fois, sans s’y intégrer. Trop instable, détestable et fragile pour obtenir un brin de tendresse et d’intérêt. Retour à zéro à chaque fois. Ça lui a tellement filé le tournis et la gerbe que Levi, elle a abandonné l’idée d’être aimée. Elle s’est dit que rester seule, c’était ça la meilleure option. Les astres en témoin de cette foulée chaotique vers ce monde pourri. Autant que tout ce qu’elle faisait. La peur, elle a pu la vivre une fois, peut-être deux. Quand ce type avait appuyé la lame d’un couteau à même sa carotide, menaçant d’y enfoncer la pointe et de la voir se vider de son sang à ses pieds. Quand lors d’une bagarre, son corps a été martyrisé par cinq mecs et qu’elle croyait bien ne plus se relever. Le corps disloqué et orphelin de toute sensation. Paralysée par la douleur et la peur. Levi ne le dira pas, mais quand Ophe a arrêté de lui donner des nouvelles pendant une semaine, là aussi, elle a été bouffée par les craintes et les questions. D’abord la crainte qu’il lui soit arrivé un truc à cet agneau fragile et cabossé. Puis elle a été rejointe par l’idée que la douceur allait se tirer de son existence. Chaos qui a éclaté au creux de ses entrailles en démolissant le peu de raison dont elle dispose. Levi, elle sait que cette peur-là a été révélatrice de tellement plus. Ces mots qui taquinent sa bouche abimée mais qu’elle crachera pas. Alors le type en face ne lui fait pas peur. Même s’il semble à cran, aussi perdu qu’elle et que ses gestes reflètent une putain d’instabilité. En trois secondes, son corps fin est propulsé au sol dans une chute sordide. Il chute. Elle chute. L’effet domino d’une scène irréelle. Son dos frappe le carrelage miteux et le bruit du choc ressemble à des os qui craquent et qu’on abiment.
— C’est ta taille, ta queue ou un désordre dans ton enfance avec ta mère qui te fait agir comme ça avec les nanas ? La prochaine fois, frappe-moi fort, histoire de me faire vraiment mal.
L’insolence dégouline sur ses lèvres qui s’étirent. Elle se marre encore, Levi. C’est typiquement ce genre d’attitude qui vient lui soulever le coeur et raviver cette haine viscérale envers les hommes. Pas de figure paternelle, pas de désir pour les hommes. Certains ont tenté de la charmer, de frôler sa peau, d’attraper sa bouche pour y dépeindre un tableau salace. A chaque fois, la même impression de voir la bile lui retourner l’estomac, prête à sortir. Coup de genoux à même les couilles pour les observer se tordre de douleur et l’insulter de salope. Pauvres âmes obligées de se défendre par les mots perfides à défaut d’avoir eu ce qu’ils voulaient. Même schéma qui semble se reproduire. Elle ricane, Levi. Le rire qui se moque, le rire qui manque l’empreinte de son caractère. Ses fringues sont dégueulasses, salies par la poussière et la merde environnante. Assise à terre encore, ses billes sombres toisent le type. Elle sort un autre sachet de sa poche intérieure.
— Les dernières pilules sur le marché.
Les meilleures selon son vendeur. Elle y a jamais goûté encore. C’est lui qui réclame plus qu’une traînée blanche qui viendrait lui bouffer les narines et les neurones. Elle secoue le sachet comme pour appâter un vulgaire clebard avant de se mettre à genoux aussi. Ses épaules portent encore la marque des phalanges du mec. Le contact crame et déclenche une douleur lancinante. Elle craque les os de sa nuque et l’observe. Le face à face est entamé et bien vivant. Elle le fait basculer au sol et se retrouve sur lui, une cuisse de part et d’autre de son bassin. Une main au creux de sa gorge et l’autre à tenir une pilule magique. À coté, la brune semble frêle, maigrichonne, minuscule. C’est pas ça qui l’arrête et qui la freine.  Le manège débute sans une once de retenue. Ça devient une danseuse qui n’a pas la moindre grâce. Elle danse pas. Elle traîne sa carcasse et se débrouille pour survivre. C’est un mec dans un corps de femme. Sirène envoûtante à l’extérieure et diable vivant à l’intérieur. Cette dualité qui exaspère et séquestre des ressentiments fous.
— Avec elles, paraît que tu planes à mille à l’heure. Tes sens sont décuplés. L’ivresse envahit chaque pore de ta peau en une fraction de seconde. La chaleur dégomme ta peau et tu te sens fort, tu te sens prêt à tout.
Elle vient poser la pilule contre les lèvres du type et force le passage pour qu’il l’avale. Ses yeux sombres se suspendent aux siens. Son souffle cogne à proximité de sa bouche, le dos courbé. Elle se redresse, statique dans l’attente d’une réaction. La divinité de cette came qui va l’emmener ailleurs. Ils gagneront à deux les flammes et y resteront à se consumer.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Lun 21 Mai - 14:29

La respiration saccadée. Le coeur abandonné. Poitrine creuse et fissurée, je relevais la tête. L’oeil noir et aiguisé. L’autre transparent, sans vie. La silhouette de la gamine était nébuleuse, si fragile entre mes doigts. Je serrais ma prise une fois. Je sentais les os s’écorcher sur ma peau. Puis le néant, la noirceur inhérente à mes échecs, à mes vies précédentes. Je crispais la mâchoire en juchant ses expressions. Elle se moquait de tout, sauf de l’argent. Sauf des délices de la poudreuse. Elle m’injectait ses poisons par un réflexe de déglutition forcé par la pression de ses griffes sur ma gorge. Et j’avalais les méandres de la nuit. J’inhalais la mort pour me relever de mes cendres. Ma vision se brouillait sous les ondoiement de la lampe. Je n’avais plus peur de rien. Les choses que je craignais avaient fini par me posséder. Par se tisser contre mes cicatrices et mes blessures. Je gardais le silence, profitant des brumes empoisonnées qui remplissaient l’espace. Je pouvais encore la tuer avant de sombrer dans la folie. Quinze minutes, peut-être vingt. Le temps de digérer la pilule, de laisser ses composante s’infiltrer dans le sang. Je soupirais en effleurant ses épaules. Elle s’appelait Levi - sirène chantante dans les profondeurs des marécages. Plus personne ne tomber dans ses filets. Plus personne n’écoutait ses mélodies. Parce qu’elle ne faisait que crier - hurlant pour une seconde d’attention. Sa drogue, c’était le manque. La solitude d’une vie passée dans la rue. Je haussais les épaules. Je n’avais rien pour réussir - pour gagner. Je levais le bras afin de la plaquer contre le mur. Ses courbes s’amenuisaient dans l’obscurité de la salle. Elle avait fermé à clé. Elle avait provoqué le courroux du démon. Ma jambe se glissait entre ses cuisses, longeant sinueusement sa chair drapée de vice. Il n’y avait pas d’intimité, pas de convenance. Bafoués les morales et les espoirs, je la condamnais dans ma chute éternelle. Je vengeais mes déceptions dans les siennes. Ma bouche saignait sur son oreille. Je ne ressentais aucun désir. Elle n’était pas aussi belle que les chimères de mon imagination. Ses yeux s’ouvraient comme des lucarnes dans le ciel, annonçant la tempête meurtrière qui faisait chavirer les rues de Brighton. Je souriais dans un frisson. Mes joues étaient engourdies et froides. La drogue faisait ça. Elle dépouillait de tout. Elle nous enfermait dans le piège. L’apathie était doucereuse, elle pompait l’air dans mes veines. Elle dessinait des ailes dans mes poumons. Je m’envolais dans un souffle, puis je tombais dans un soupir. Ma main glissait vers sa taille. J’appuyais sur les arcades osseuses, la paume avide du craquement, de la sensation d’extase infinie. « Ils te veulent pour ta came et pour ton corps en ruines mais t’es juste répugnante. » Son odeur remontait dans mes narines, crasseuse et pourrie. Une odeur de chat d’égout, noyé dans la vase obscène de la rivière. Je la regardais d’un air carnassier. Mon porte-feuille de retour dans ma poche, il était hors de question que je paye pour un plaisir imposé. Les murs tourbillonnaient autour de mes yeux. Je me cramponnais violemment à ses bras, je la faisais chanceler dans une danse mortuaire. « Ne va pas croire que tu vaux mieux que les autres putes. » A la fin de chaque journée, elle vendait son bonheur. Elle étalait son âme pour deux sous. J’avais pitié de nous. D’elle, plus que du reste.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Lun 21 Mai - 17:47

La tension est palpable. Le regard vicieux face à l’étalage de came. La pastille enfoncée dans sa gueule comme dans celle d’un chien à soigner. Elle attend le moment où ça va faire effet. Mais c’est une tornade qui se déverse. Le corps cogné contre le mur. Sa silhouette brûlante contre la sienne. Cette nausée qui monte, la bile qui ne demande qu’à couler sur ses godasses. Elle se laisse faire quelques secondes, comme une marionnette, frôlant la soumission d’un oeil insolent. Il croit mener la danse macabre. Il se dit que tout ça n’est qu’un moyen palpable de la faire pâlir, de la mener à sa propre perte. Mais Levi, elle est pas effrayée. Elle sent pas une once de désir, ni même d’envie. Elle n’a jamais baisé avec un mec. Simple idée qui suffisait à la dégoûter. La brune n’a jamais été attirée que par les courbes de ces sirènes. Elle n’a été qu’une victime des lèvres tentatrices et des peaux sucrées. Alors le manège de ce connard ne fait pas effet. Ni même ce qu’il dit. Pour la peine, Levi, elle se marre. Son rire devient un chant du diable dans le silence chaotique de la pièce. Elle se défait de la pression de son corps imposant sur le sien. Un mouvement de recul mais le rire qui ne désemplit pas. Ça fait écho, ça résonne, ça assassine. Elle hausse les épaules en le fixant sans sourciller. Pas dans ses habitudes de baisser les yeux ou de rendre les armes la première.
— La différence entre une pute et moi, c’est qu’une pute, elle se serait mise à genoux devant toi en te suçant la gueule grande ouverte avant de supplier de se faire baiser à même le sol.
Levi, elle a besoin de fric. Mais pas au dépend de ce corps qui pourrait être souillé. Elle n’a jamais réclamé des billets pour des cuisses offertes au premier venu. Colérique et à bout de force, éreintée par le combat psychologique, quoiqu’elle en dise, Levi avance. Elle se retrouve face à lui et ses yeux se suspendent aux siens. La nuque voutée vers l’arrière pour lui faire front. Et sa main qui vient empoigner la paire de couilles qu’il cherche à faire victorieuse. Elle serre, elle appuie, elle aiguise l’anatomie du type d’une lame tranchante, d’un revers de la main qui se veut féroce et blessant. Elle serre si fort pour voir les traits de son visage se crisper. Levi relâche l’étreinte et se recule. Y a ce sourire sadique qui dessine le contour de ses lèvres et l’envie dévastatrice de le voir fermer sa gueule qui grouille au creux de ses entrailles.
— Désolée de te décevoir, mais j’offre pas mon cul aux mecs. Et si tu vois en moi une pute, t’es le meilleur client qu’il se doit.
Elle parle d’une voix qui déraille, parsemée des abysses et de la rage. Les poumons qui se gonflent d’un manque de nicotine et d’une oxygène ternie par les ténèbres. Le temps fait nécroser sa peau. Elle s’adosse au mur, croisant les bras contre sa poitrine à peine formée. Levi n’a pas honte de ce qu’elle est. Une connasse en évolution depuis l’enfance, au coeur blessé, à l’âme souillée. Elle a été pervertie avant sa naissance par une mère addict et un père nommé abandon. L’alcool a coulé dans le liquide placentaire bien avant tout le reste. Elle a été scotchée par les vices alors que son corps n’était encore qu’un brin d’innocence. Alors, elle n’a rien à apprendre des autres. Elle n’a rien à prouver pour se faire entendre ou comprendre.
— Tu penses valoir mieux que tous les déchets qui se traînent dans cet endroit sordide ?
Elle ricane. Il est comme tous les gens qui se succèdent dans ce bar malfamé. Des âmes dansant avec la solitude et la peur. Des âmes qui n’ont qu’une envie : voltiger dans les airs et dans des lieux où la vie est moindre âpre, moins dure. Et lui le premier en se pointant et en réclamant à planer avec de la came, de la bonne. Levi ne lui a rien demandé. Elle n’a pas entamé la discussion, elle n’a pas réclamé à se faire emporter par les ailes du diable.
— T’es venu réclamer ta dose, tu l’as eu comme un vulgaire camé qui aurait frôlé la crise de manque sans.
Même sous dope, il a l’air mal à l’aise, mal au point. Il a ce truc différent. Ce truc qui ressemble en rien aux camés présents. Ça crée des questions, ça soulève des doutes chez Levi. Comme s’il n’était pas aussi sombre que ce que ses gestes cherchent à prouver. Mâle qui croit qu’affirmer de sa force par les coups de poignard est suffisant. Ça répugne Levi. Elle pourrait lui vomir à la gueule et lui faire bouffer le goût acide de la bile. Imprégner sa bouche de sa gerbe, comme récompense à tant d’insolence. Elle déverrouille la porte et l’ouvre. Un regard vers celle-ci avec une froideur qui noie les jardins d’hiver. Comme un étalage de glace et d’une neige qui donne un air d’immaculé aux sols où le sang coule trop souvent.
— Si ton égo est pas satisfait de ne pas obtenir une quelconque soumission de ma part, c’est pas mon problème, mec. Alors casse-toi maintenant. Tu m’as assez fais perdre mon temps.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Mar 29 Mai - 20:33

Incertitude. Déroute. Désillusion. Le sentiment se faufilait dans mes bronches. Je respirais les vapeurs de la drogue, le coeur vacillant dans une danse mortuaire jusqu’au bout de la nuit. Les mélodies du bar glissaient sur mon crâne. Mes doigts effleuraient les façades de la chambre close. Un millier de grains agglutinés contre les parois d’une prison dorée. Policier déchu - conscience étriquée, il n’y avait plus rien à sauver. Mes pensées s’amenuisaient entre les lueurs de la lampe. J’avançais lentement, les genoux tremblants et le corps flou. Mes ongles enfermaient sa gorge dans une étreinte vorace. Un décalage affectueux pour m’avoir rendu misérable. Pour avoir enfoncer la pilule dans ma chair. Elle était si belle quand elle ne bougeait plus. La noirceur de sa bouche se confondait avec les vacarmes du couloir. Je me fichais de son existence. Je me fichais de la mienne, surtout. Elle ne connaissait de la douleur que celle de la rue. L’abandon et la solitude. L’odeur de la crasse et du goudron. Fugitive dans un univers édulcoré. Dealeuse qui vendait les fragments de son âme. Elle n’était rien. Et j’étais le néant, aspirant son arrogance et son insubordination. Je souris en écrasant mon poing contre le mur. Les oreilles aux aguets et l’esprit ouvert, je me penchais afin de cueillir les mots qui faisaient battre le sang sous ma peau. Elle me défiait - elle insufflait le vice dans ma tête. Je ne voulais pas son cul. Bien trop maigre. Bien trop fade. Sa silhouette disparaissait dans mes soupirs, envolée en éclats, portée par les pattes d’un papillon bleu. Sa poigne se refermait sur mon pantalon. Je n’étais pas prêt à ressentir. Elle avait hébété mes muscles et mes couilles. Seul mon esprit voguait, vagabond au milieu de ses ignominies. Elle avait le coeur glacé. Je lui enviais ça. Il ne restait que le vide sous mes côtes. Un creux dans mon diaphragme. Je répondais à son sourire par un autre. Mon visage portait les cicatrices d’une vie qui ne m’appartenait pas. Une identité forcée par la vengeance et le désespoir. Je posais la main sur la sienne. Nos doigts emmêlés sur le froc devenu mou - élastique. « Tu m’touches mais t’es pas une pute. Intéressant. » Grommelai-je d’une voix sifflante. J’aurais voulu l’apercevoir mais son profil se dissipait dans mes songes. Je volais au-dessus de tout. Je tuais, le sang versé sur mes yeux et mon coeur. Cette mort en direct, je la buvais comme une boisson grisante qui emplissait mon âme. La chaleur m'inondait jusqu'à l’ivresse. Elle pouvait garder la cohérence des joutes verbales et les combats de vanité. L’échec était plus délicieux que ses victoires éphémères. Et la couronne blanche qu’elle avait forcé sur ma tête m’élevait vers les hautes lumières. Ma vision se dédoublait. Nos prunelles s’épousaient, suffoquaient dans une réflection mensongère de la lune sur les carreaux. D’un seul coup, je retrouvais la fin du tunnel. La frénésie qui revenait lorsqu’on ne l’attendait plus. Mon poing en collision avec sa mâchoire. Avec les grincements de sa voix qui m’extirpait de mon nuage. Il suffisait d’une fois pour faire basculer une vie. L’équilibre rompu, elle tombait et je la suivais dans une décadence magnifique. Le contact du sol froid. La douceur d’un lit de saletés et de déchets. Elle l’avait voulu, je lui offrais comme un cadeau de Noel, étoffé par des couleurs rougeoyantes et un ruban qui s’enlisait dans son cou. « T’offres ton cul aux vaches ? Et alors. T’es obligée de faire étalage de tes préférences sexuelles pour te prouver que t’es une rebelle.» Je l’abandonnais à la douleur. Aux vibrations nerveuses qui illuminaient ses joues. Elle était encore plus belle quand elle saignait. Je plissais les yeux afin de soutenir ses émotions. L’obscurité nous intimait le silence. Le mutisme absolu. Elle se trompait complètement. Elle ne voyait que mes addictions et les effets du manque. Mais j’étais sobre et fatigué. Un illusionniste sur la corde raide. Un menteur compulsif, souillé par ses pêchers originels. Ma bouche tremblait. Mes os se fissuraient. C’était effrayant de devenir cet autre. D’inverser les identités. Le cliquetis de la porte résonnait dans mon crâne. Je redressais les épaules afin de la retenir dans une chute imminente. J’étais là pour la source de la dose. Pour élucider le mystère et venger ma soeur. Et elle ? Que cherchait-elle dans les basfonds de la ville ? Pourquoi insistait-elle sur la soumission? « Attend.» Je posais la main sur sa poitrine. Mes phalanges écrasaient la chair qui se tordait dans un noeud douloureux. Maintenant, on avait l’équité des sexes. On se méprisait à point égal. « T’es plus dure que ma queue.» Je l’attirais vers l’extérieur. Ma démarche débonnaire, mes rétines extasiés par les ondulations anarchiques des lampadaires. L’espace tournoyait autour de mes paupières. Une image fantastique et imaginaire, saupoudrée par les étincelles de la drogue. J’essayais de lutter contre l’extase. De l’enterrer au fond de ma conscience. Mais le rush revenait. Il m’emportait ailleurs. « Dis moi ou trouver la coke. T’as pas l’sens des affaires je veux quelqu’un d’autre.» Je grinçais entre mes dents, la poigne serrée contre ce qui me semblait être son bras mais ce n’était qu’un mirage. Une réfraction des étoiles sur ma main. Je me tournais vers l’invisible. Elle avait disparu - comme si je l’avais rêvé. Il ne restait de son odeur que les effluves cendrées de la nuit. Sa silhouette apparaissait partout sur néons de la rue. Je ne faisais plus de distinction entre la réalité et le mensonge.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Mer 30 Mai - 20:54

— J’peux te filer des tuyaux pour la rendre aussi dure que moi. À ce stade, tu risques de finir éjaculateur précoce à bander mou, ce serait con.
La perfidie de ses propos s’étale dans l’air qui frappe son visage. Extirpée de cette boîte par la main ravageuse de Travis. Abdiquante, traînée de force, agacée par la tournure de la soirée. Elle parle de sa queue comme on parle d’un truc qui dégoûte. Les mecs, c’est pas son truc à Levi. Si ça l’avait été, la donne aurait pu changer. Rien que pour lui prouver qu’elle aurait rameuté sa trique à lui en faire mal. De ses lèvres aux mouvements maîtrisés, de sa main vaporeuse. De ce corps qu’elle aurait fait onduler comme les vagues qui s’étalent à même le sable fin. Rien que pour lui faire ravaler sa fierté et son cynisme. Là, emprisonnée par la lumière des lampadaires, Levi veut se tirer. Le point final à une rencontre du chaos. Elle se détache de son empreinte, refoule cette main qui cogne sa poitrine en serrant son poignet. Une force bien trop mince face à cette stature inusable. Il continue sur sa lignée de la course à la drogue. L’envie bestiale de se taire les neurones avec de la came. Les effets encore bien dissimulés de la pilule gobée quelques secondes auparavant. La marche bien assurée, elle se retourne happée par sa main. Il veut la saisir mais ne réalise même pas qu’une distance se pose. Le ricanement de Levi ne fait plus de doute quant à ce qui se trame.
— Putain, tu me fais chier ! Tu as personne pour combler ton manque ?
Levi sent ses cordes vocales vibrer face au ton agressif qui martèle l’atmosphère. De ses yeux destructeurs, elle vient le détruire d’un regard acide. Elle s’approche à nouveau, coupe court à la distance et repousse son torse. La violence gagne l’arnaqueuse. Les poings, seule mécanique qu’elle sait utiliser. La haine, seul sentiment qui teinte à chaque fois son âme d’une perfection sans égale. Ses lèvres tremblent comme la carcasse qu’elle traîne de tout son poids. La grâce, grande absente de la fête, comme toujours. Elle lâche un soupire en sentant le vent qui nargue sa frange mal arrangée.
— J’ai pas de nom à te filer, c’est pas qu’une personne, c’est un réseau qui sévit à Brighton et ailleurs, alors démerde-toi.
L’information file dans une aisance folle. Elle lui donnera aucun indice de plus. Levi en détient pas à vrai dire. La drogue passe de type en type avant d’être refilée à des âmes en manque. La poudre se déverse, les pilules claques dans des sachets transparents, le poison se glisse à la seringue au creux des veines abimées. Elle est tombée là dedans par le hasard d’une décharge d’adrénaline. Le test ultime pour finir accroc. La brune prisonnière de ses addictions, des ressentiments et de tout ce qui entache son monde. Il tourne plus rond. Elle non plus d’ailleurs. Les cernes sous les yeux, les os qui apparaissent et démontrent son pouvoir d’auto-destruction. Elle déverse sa colère de son regard et de sa manière méprisante de s’affirmer face à lui. Et soudainement, il tangue. Il l’observe mais ses pupilles sont dilatées, ailleurs. Il peine à aligner deux pas l’un devant l’autre, manque de se casser la gueule. Il touche les alentours d’une main imaginaire pour se raccrocher, pour ne pas crouler. Le camé qui cherche à se repentir, à revivre. Les canines mordent sa pulpe et le rire s’apparente à un chant céleste. Là haut, les étoiles sont présentes. Une à une, elles viennent briller et raconter une histoire à même le ciel sombre. Mais entre eux, plus rien ne brille. Ça se terni, ça s’enferme dans un exil putréfiant, un dépotoir aux sentiments. Ils se méprisent, ils se détestent, mais au fond, les deux ne sont pas si différents. Ils exécutent une illusion nauséabonde pour sauver le derme qui recouvre leurs corps. L’allure à peine assumée maintenant que la came est digérée. Elle attrape son bras, le tire sous ce lampadaire qui aveugle son regard. La main sur son t-shirt pour tirer dessus, le forcer à courber l’échine. Les lèvres qui s’approche de son oreille. Le refuge des sons qui deviennent des voix féroces, des rivages chaotiques.
— Je t’avais dis que ça allait agir vite. Tu tangues, tu vois flou, tu te perds entre le réel et l’irréel. Bienvenu dans mon monde.
La porte s’ouvre.
Le feu s’embrase, les rires déferlent.
La chaleur est partout, oppressante.
Les corps s’éloignent, s’observent et s’apprivoisent.
La danse est folle, l’effet est dopant.
Les sens en éveil, l’alerte à chaque étage.
Elle lui entrouvre une partie obscure de son quotidien. Il vient la toucher de son regard plus assuré. Sa carcasse se perd dans les méandres. Les rêves ne sont qu’un échec cuisant. Tout s’efface au profit d’un mal-être commun. Levi, lassée de ce manège recule. Le corps en exil qui chute et trouve sa place sur le trottoir. Assise au contact froid de l’asphalte. Le menton haussé pour dénaturer de ses billes ombres la scène en devenir. Il s’enfonce dans les abysses. La succube sur la retenue dans un coin. Les petites voix qui traînent dans les parages.
Maintenant et demain.
La drogue infiltrante, les effets ravagent.
L’audace de ces deux âmes perdues.
Le corps à corps qui n’est plus qu’un poème dramatique.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Ven 15 Juin - 14:17

L’aigle solitaire ne vieillissait pas. Son âme tourbillonnait dans les sphères nébuleuses. Un élément contre un autre, des plumes dépecées qui embrassaient les astres de la nuit. Je me redressais avec un sourire, l’expression écorchée au bout des lèvres. Elle ne comprenait pas. Elle ignorait les vérités. Je levais les yeux vers la façade du bâtiment. Les étoiles se détachaient de la voûte afin de se déposer dans les flaques d’eau. La pluie avait glacé le quartier mais j’étais impassible sur le goudron. Ma silhouette se consumait dans les notes de la musique celtique. Un souvenir d’Irlande. Un appel de la mémoire, qui lentement, vacillait dans le vide. L’illusion de puissance avait aliéné les cœurs. Là-bas, dans l’horizon vert où le sang se transformait en océan. Je joignis les mains sur mon menton. La nuit déplorait ma nostalgie. Je ressentais le sentiment triste et étouffant. Les tonalités de mon cœur s’estompaient au fond de ma gorge. Qu'importait l'abîme dans laquelle il glissait, il était toujours déchu. Aucune lumière n'était comparable. Aucune mort ne pouvait égaler la première. Je lapais les commissures de ma bouche en longeant la rue. Les ombres ondulaient sur les murs afin d’accueillir ma démarche étrécie. Je suffoquais. Ici. Tout le temps. Le masque avait craqué sur les dorures de ma mâchoire. Je ne voulais plus mentir sur la condition humaine. On avait dessiné le mensonge sur mon épaule, j’avais juré allégeance à l’organisation par l’encre et le sang. Mes doigts se déposaient sur rampe. Mes phalanges prenaient l’apparence monstrueuse de l’arme. Je la pointais sur elle. Sur son visage sale et répugnant. Sur ses affronts et son insolence. Le vent s’infiltrait entre les plis de mes vêtements, puis il retombait sur le canon avec réserve. Le vent épousait mes expressions. Il faisait sombre et mes pensées se perdaient entre les cicatrices et les diagonales. Tout me rappelait la mafia. Le meurtre de ma petite soeur. Je soupirais en croisant les silhouettes qui sortaient du bar. Je m’évadais dans les teintes blanches de la poudreuse. La drogue était l’absolution des plus faibles. Elle devenait la mienne à présent. L’ordre dans le chaos. La flamme qui s’amenuisait dans les ténèbres. Je ne répondais pas à ses provocations. Elle n’avait pas de sens - pas d’importance. Sa silhouette se désenchantait sous mon regard acerbe. «Ils sont tous morts ceux qui remplissent le vide. C’est con, hein ? » Je grommelais en haussant les épaules. Je m’agrippais à son profil, laissait la crosse détonner dans le vacarme de la ville. Ses informations n’étaient qu’une maigre consolation. Je connaissais déjà le réseau. Je l’avais infiltré pour mieux m’aventurer dans ses abysses. Mais j’avais besoin d’une trajectoire, d’une cible à pulvériser pour devenir légitime. «Parce que tu penses que j’ai besoin de ta came pour tanguer, pour voir flou ? » Elle n’avait pas idée de la douleur cuisante. De l’absence qui brûlait les veines. L’état de mal dans ma peau. Parce que je ne pouvais pas succomber à la tentation et interrompre ce sevrage émotionnel. L’étreinte de Delen n’était plus là. Elle était pourrissante, grignotée par les charognes et les ports tranchants du cercueil. Une existence de délire, de manque à combler. Aucune dose ne pouvait me sauver. Aucune dose, ne me tuait. « C’est quoi ton prix ?» Pour racheter sa dignité et sa parole. Je me laissais choir sur le trottoir, la main crispée sur la détente.  « T’en a marre d’être là et moi aussi. Donne moi un prix et un nom qu’on finisse.» Qu’on oublie, enfin. Mes prunelles s’ouvraient sur la vision asphyxiante de la nuit. Je pinçais les lèvres, je me noyais dans l’apathie imposée par ses poisons. Levi, cette chimère que j’ignorais encore. Ce prénom qui se déchirait dans la détonation du feu, bien avant qu’elle ne se présente. Bien avant que je la rencontre. Je levais mon poing à ces destinées croisées, fortuites et enlacées. Nous étions voués à l'autre. A pourrir ensemble.

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MessageSujet: Re: we never learn + levi   Mar 17 Juil - 18:29

Elle ricane Levi. La silhouette abîmée traînant à même le trottoir. Le début de son existence faisant écho au bitume. Les premiers cris poussés dans une ruelle malfamée. Une mère camée gisant au sol, le ventre déchiré par des contractions. Les phalanges écorchées à force de taper le béton pour soulager sa douleur. L’image donnerait la gerbe à tous les saints. Le coeur en friche en y pensant, l’égo en roi qui chasse tout ça. La rue, elle la connait Levi. C’est une seconde peau qui fait cramer la première. Le poids constant des souvenirs sur ses épaules osseuses. Les paupières parfois trop lourdes qui doivent se fermer, là où s’immiscent les cauchemars sombres et chaotiques. L’enfer se profile à chaque pensée qui s’égare. Elle a mal à crever parfois. Mais encore une fois ses lèvres demeurent mutines. Elle est paralysée de causer, paralysée de se livrer. Sa carapace n’est fait que de violence, de came et de luxure.
Peau à peau contre le corps brûlant d’Ophelia.
La poudre s’infiltrant dans ses narines.
Le paysage devient flou.
Elle a froid. Elle a chaud.
Elle tremble. Elle ricane.
La vie devient flou. La vie devient lourde.
Elle tend la main.
Un appel à l’aide.
Puis la chute.
Comme ce soir face à lui. Elle l’observe de ses pupilles dilatées là où les amandes sombres dispersent la haine. Les lèvres pincées, saccagées par la rage qu’elle cherche à canaliser. Il est autant paumé qu’elle. Ce n’est qu’une pale copie de ce qu’elle incarne au quotidien. Une putain de déchéance capable de filer la nausée au premier venu. Il titube. Il cause. Les mots s’alignent mais ne font qu’un demi-tour chez Levi. Éreintée par la soirée, foudroyée par des images sanglantes. Elle se relève. Elle l’inspecte d’un regard dédaigneux. Elle tourne autour comme un lion en cage. La proie en bonne victime qui réclame un nom, un tarif. Le commerce en roi. Elle se fou de lui au détour de la mélodie sarcastique de son rire.
Une main sur son torse.
Une phalange qui dérape sur sa bouche.
Le sourire ravageur qui déforme sa face.
Le coeur en exil de ce qu’elle ne dit pas.
Elle se rapproche.
Elle s’éloigne.
Elle l’emporte dans sa chute.
Les portes de l’enfer s’ouvrent.
Elle fouille dans la poche de son pantalon usé. Y a ce morceau de papier qui en sort. Un nom dessus. Une identité. Le maillon d’une chaine. Un pion d’un commerce dégueulasse. Ce n’est pas lui qui dirige. Ce n’est pas lui qui manie les vendeurs comme des marionnettes. Avec lui, le type en face n’obtiendra que très peu d’informations. Ça amuse Levi de lui faire croire le contraire. Sur la pointe déchiquetée de ses godasses, elle se hisse. La brune sent son souffle devenir vaporeux, tanguer autour de sa bouche, rivaliser d’invention pour se faire lubrique. Elle glisse le morceau de papier dans la poche de sa veste. Une pression s’exerce dessus. Elle se marre. Levi, elle pense à demain. Elle l’image se réveiller comme un fantôme. Le corps alourdit par la came et la fatigue. Les cernes violacées sous les yeux. Les lèvres rythmées par des trémulations nerveuses. Une loque. Une putain de loque qui composera le numéro du vendeur. Il tombera sur un blaireau de plus qui l’arnaquera pour une dose de came.
Et il rêvera de la retrouver.
De passer ses mains autour de son cou et de serrer.
Ils se reverront. Ils se retrouveront.
Les enfers seront le siège de leurs corps en exil.
Elle. Lui. Eux.
Les flammes suffisant à entourer leurs silhouettes.
Là, où l’innocence n’a plus sa place.
La nuit devient témoin de son corps frêle et pourtant si fort qui disparaît dans la nuit. La fumée de sa clope détonne dans la pesanteur. Elle se retourne une dernière fois. Un dernier regard. Et le silence devient impérial.

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