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 free like an eagle + margot

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MessageSujet: free like an eagle + margot   Sam 12 Mai - 20:37

Je m’arrêtais, un instant. Les bruits se taisaient dans le hangar. Les armes s’alignaient, éclairées par les ondoiements de la lampe de poche. Un spectacle affligeant pour ma conscience, pour ces années perdues dans les rangs de la police. Je pénétrais dans l’antre du diable, les doigts marqués par une infinité poudreuse. Tout le stock se trouvait ici. Les yeux fermés, j’attendais l’écho d’une vérité qui se murmurait au creux de mon oreille. Delen était morte pour ça, pour ces extases toxiques qui se distillaient dans les veines des drogués de la ville. Mon cœur se perdait dans les remords. La déchirure faisait si mal. Être ici et soutenir le gang, serrer les dents et acquiescer aux moindres commandes. Je pinçais les lèvres sans comprendre, comment il était possible d’en arriver à un tel état de haine. L’espace glissait sur mes paupières. Une forteresse dérobée, telle une vie ailleurs qui m’entourait de ses tentacule. Je fixais l’horizon noir. Mes prunelles demeuraient immobiles, paralysées par les visions d’un monde différent. Ma main tremblait en tenant la cigarette. Je comptais les fragments cendrés qui roulaient sur le béton. Ma démarche se découpait dans le vent. J’aurais voulu disparaitre, repartir à la maison - demander pardon mais il était trop tard pour se repentir. Trop tard pour être un bon garçon. Ma voix chatouillait le silence de la rue. Je vivais dans cette ligne médiane, entre le bien et le mal - entre le crime et l’impunité. Mon dos trouvait refuge contre le mur, devant la façade du club. La musique bourdonnait sous mes pieds. J’imaginais les danses sur le pôle, la beauté de ces corps qui épousaient les jeux de lumières. Et elle, si petite au milieu des tueurs. Si précieuse. Je ne bougeais pas. Mes souvenirs roulaient entre mes cils. Je confondais les images. Je peinais à trouver l’équilibre entre mes identités. Ma gorge se serrait en accueillant les arabesques grises. Un souffle de nicotine qui triturait mes cordes vocales, qui me condamnait au silence éternel. La porte crépitait sensuellement, déversant le parfum fruité d’une enchanteresse dans mes narines. Je me retournais afin d’effleurer son visage. Elle s’appelait Lina. Tout du moins, elle se faisait appelait ainsi. Comme nous tous. Comme moi. Je rêvais de susurrer mon prénom dans son oreille. De l’empoisonner dans mes secrets. Mais ce n’était qu’une menteuse, son corps s’exhibait pour des sourires éphémères. Je m’avançais lentement. « Bonsoir. » Le son était étrange. Je me redressais surpris par l’intonation de ma voix. « Tu finis déjà ? » Soufflais-je en me détournant, les yeux rivés sur les cendres qui coulaient entre mes doigts. Je le savais, je n’aurais pas dû l’aborder ce soir. Pourtant, mon coeur s’était incliné. Et ma bouche avait embrassé les ténèbres.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Mar 15 Mai - 23:36

Les néons étaient aveuglants. Blancs, bleus, rouges, roses, violets. Des couleurs froides, propres à ces ambiances sensuelles. Les corps n’étaient que des ombres, des silhouettes, qui ondulaient parfaitement. Qui se dénudaient, pour ces pupilles brillantes et assoiffées de désir. Ils étaient nombreux et divers. Elle s’amusait de leurs différences, de ses hommes en costard-cravate, l’alliance brûlant leurs annulaires d’une marque au fer rouge. Les timides, à peine téméraires pour poser un billet aux pieds des danseuses. Puis les habitués, ceux affalées, bière en main, rire déployé du fond de la gorge. Ils étaient à l’aise, comme à la maison, avec une attitude nonchalante et des regards espiègles presque écœurants. Pourtant, c’est dans leurs yeux qu’elle flamboyait. Parce qu’ils revenaient, tous les jours. Et ils la regardaient, tous les soirs, sans se lasser, sans détourner le regard. Elle vivait dans une bulle, Margot. Sa réalité était devenue un fantasme, une rébellion mal placée d’une adolescente oppressée et solitaire. Elle s’enfonçait un peu plus dans l’obscurité profonde de la nuit, de ses secrets, de cette face cachée d’un monde souterrain. D’un monde à part. Elle s’étonnait parfois, de la faciliter de son ombre à rouler contre les parois du pêché. La musique faisait vibrer la scène. La barre de pole dance glissait entre ses doigts habiles. Les mouvements, les danses, devenaient plus audacieux. Les quelques bouts de tissus qui recouvraient ses parties les plus intimes, s’envolaient avec grâce. Elle avait apprivoisé les quelques centimètres carrés de scène avec aisance, laissant son emprunte dans le sol tapissé. Ses hanches s’agitaient avec frénésie. Elle devenait Lina. Ce double, cette jumelle maléfique, qui la poussait dans ses retranchements. Et elle n’avait peur de rien, Lina. La musique changea doucement, sonnant la fin de son service. La nuit était à peine entamée. La lune était haute dans le ciel, mais les étoiles ne tapissaient pas encore le ciel. Le calme des vestiaires bourdonnait dans ses oreilles. Le tissu de ses vêtements était presque étranger sur son derme. Trop couvrant, trop couverte. Elle salua ses collègues, les barmaids, les quelques habitués qui lui souriaient, avant de se diriger vers la sortie. L’air frais était apaisant, pur. Les effluves de cigarettes et d’alcool embaumaient ses longs cheveux bruns. Une silhouette familière capta son attention. Travis, l’homme de l’ombre, assis au bar, guettant chaque mouvement, chaque danseuse. Son regard était captivant, presque hypnotique. Intriguant. Il l’attirait, comme une mouche à une flamme. « Bonsoir. » Elle sortit une cigarette de son paquet. « J’ai commencé plus tôt. » Un remplacement, une danseuse en moins, probablement contagieuse. Il fallait combler le trou qu’elle laissait. « J’ai pas de feu, » souffla-t-elle, le regard plongé dans le sien, calant une cigarette entre ses lèvres pincées.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Lun 21 Mai - 12:55

La haine avait cet effet. Elle consumait tout, brûlait les façades de la rue dans un souffle enflammé. Je pouvais m’en sortir, repartir à Londres, me pencher sur l’épitaphe et prier pour ma soeur. Mais le froid paralysait mes jambes. Je restais immobile face à la douleur qui se propageait à travers mes os, qui me faisait boiter et tomber. J’étais éveillé dans la nuit. J’entendais les gémissements des moteurs et les vrombissements des camions, roulant à la dérive, transportant les caisses de poudreuse. Et je ne faisais rien. Je restais dans mon lit, tous les jours, depuis des mois. Je suffoquais dans cette chemise et ces vêtements. Je disparaissais devant le miroir. Travis Dunham, antipode de Patrick Rhodes - deux contraires nés sous la même étoile. Je crispais la mâchoire en chancelant dans la pénombre. Mon coeur se déchirait sous les battants de ma cage thoracique. D’avoir tant voulu, d’être finalement devenu, le monstre aux visages double. Lina était là. Son parfum embaumait mon esprit, balayant les pensées, captivant mes prunelles sous le clair de lune. Je fixais sa silhouette sous l’insigne lumineuse. Je respirais les déceptions, qui lentement, se mélangeaient aux souffles écaillés du vent. Une odeur de poisson pourri, de sang putride qui séchait sur les lattes du port. Un parfum de mort qui remontait des profondeurs de la mer afin d’enlacer mes narines. Je les sentais tous. Je les imaginais, jusqu’au dernier cadavre. Ma langue glissait sur mon palais. Je souris, dans une grimace étrange puis je lui tendis une allumette. Sans un mot, mes doigts entouraient sa cigarette afin de lui insuffler la vie. Le feu jaillissait entre nous, il s’élevait au milieu des cendres et des bruits du club, avant d’étouffer dans la nuit. Un instant éphémère, le temps d’une cigarette ou peut-être deux. Je grommelais en agitant les épaules. Le tabac ne suffisait plus à endormir mon cerveau. Je touchais au vice, je l’effleurais dangereusement afin de me créer une identité. Ma gorge se serrait. Je pensais maitriser. Je pensais qu’il était possible de rester digne. Mais la haine avait cet effet, aussi. Elle s’immisçait dans la conscience, elle faisait chavirer les morales. Je haussais les épaules en me calant au mur, une jambe repliée, l’autre à terre, prête à bondir - à prendre la fuite. « Je devrais rentrer, aussi. » Je n’étais pas intéressé par les autres danseuses. Je voulais ses enchantements et ses valses obscures sur le pôle. Je venais pour elle, pour ses balancements suaves, donnant le rythme à ma respiration. Je haussais les épaules en aspirant les fumées goudronneuses de ma cigarette. Je me tournais, l’oeil perçant et l’expression mystérieuse. On ne se connaissait pas. Une distance de bonne convenance se dressait entre nos profils qui semblaient aigus sous les lumières des lampadaires. « Travis. » Je me présentais dans une grommellement bestial. Un prénom contre un autre. Le premier, d’une longue lignée de mensonges. Je pinçais les lèvres en fixant le ciel. « C’est beau quand il fait noir. » Les lumières n’existaient qu’au bout de l’allumette. Il suffisait de souffler pour éteindre la flamme. Pour sombrer à nouveau.

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