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 free like an eagle + margot

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MessageSujet: free like an eagle + margot   Sam 12 Mai - 20:37

Je m’arrêtais, un instant. Les bruits se taisaient dans le hangar. Les armes s’alignaient, éclairées par les ondoiements de la lampe de poche. Un spectacle affligeant pour ma conscience, pour ces années perdues dans les rangs de la police. Je pénétrais dans l’antre du diable, les doigts marqués par une infinité poudreuse. Tout le stock se trouvait ici. Les yeux fermés, j’attendais l’écho d’une vérité qui se murmurait au creux de mon oreille. Delen était morte pour ça, pour ces extases toxiques qui se distillaient dans les veines des drogués de la ville. Mon cœur se perdait dans les remords. La déchirure faisait si mal. Être ici et soutenir le gang, serrer les dents et acquiescer aux moindres commandes. Je pinçais les lèvres sans comprendre, comment il était possible d’en arriver à un tel état de haine. L’espace glissait sur mes paupières. Une forteresse dérobée, telle une vie ailleurs qui m’entourait de ses tentacule. Je fixais l’horizon noir. Mes prunelles demeuraient immobiles, paralysées par les visions d’un monde différent. Ma main tremblait en tenant la cigarette. Je comptais les fragments cendrés qui roulaient sur le béton. Ma démarche se découpait dans le vent. J’aurais voulu disparaitre, repartir à la maison - demander pardon mais il était trop tard pour se repentir. Trop tard pour être un bon garçon. Ma voix chatouillait le silence de la rue. Je vivais dans cette ligne médiane, entre le bien et le mal - entre le crime et l’impunité. Mon dos trouvait refuge contre le mur, devant la façade du club. La musique bourdonnait sous mes pieds. J’imaginais les danses sur le pôle, la beauté de ces corps qui épousaient les jeux de lumières. Et elle, si petite au milieu des tueurs. Si précieuse. Je ne bougeais pas. Mes souvenirs roulaient entre mes cils. Je confondais les images. Je peinais à trouver l’équilibre entre mes identités. Ma gorge se serrait en accueillant les arabesques grises. Un souffle de nicotine qui triturait mes cordes vocales, qui me condamnait au silence éternel. La porte crépitait sensuellement, déversant le parfum fruité d’une enchanteresse dans mes narines. Je me retournais afin d’effleurer son visage. Elle s’appelait Lina. Tout du moins, elle se faisait appelait ainsi. Comme nous tous. Comme moi. Je rêvais de susurrer mon prénom dans son oreille. De l’empoisonner dans mes secrets. Mais ce n’était qu’une menteuse, son corps s’exhibait pour des sourires éphémères. Je m’avançais lentement. « Bonsoir. » Le son était étrange. Je me redressais surpris par l’intonation de ma voix. « Tu finis déjà ? » Soufflais-je en me détournant, les yeux rivés sur les cendres qui coulaient entre mes doigts. Je le savais, je n’aurais pas dû l’aborder ce soir. Pourtant, mon coeur s’était incliné. Et ma bouche avait embrassé les ténèbres.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Mar 15 Mai - 23:36

Les néons étaient aveuglants. Blancs, bleus, rouges, roses, violets. Des couleurs froides, propres à ces ambiances sensuelles. Les corps n’étaient que des ombres, des silhouettes, qui ondulaient parfaitement. Qui se dénudaient, pour ces pupilles brillantes et assoiffées de désir. Ils étaient nombreux et divers. Elle s’amusait de leurs différences, de ses hommes en costard-cravate, l’alliance brûlant leurs annulaires d’une marque au fer rouge. Les timides, à peine téméraires pour poser un billet aux pieds des danseuses. Puis les habitués, ceux affalées, bière en main, rire déployé du fond de la gorge. Ils étaient à l’aise, comme à la maison, avec une attitude nonchalante et des regards espiègles presque écœurants. Pourtant, c’est dans leurs yeux qu’elle flamboyait. Parce qu’ils revenaient, tous les jours. Et ils la regardaient, tous les soirs, sans se lasser, sans détourner le regard. Elle vivait dans une bulle, Margot. Sa réalité était devenue un fantasme, une rébellion mal placée d’une adolescente oppressée et solitaire. Elle s’enfonçait un peu plus dans l’obscurité profonde de la nuit, de ses secrets, de cette face cachée d’un monde souterrain. D’un monde à part. Elle s’étonnait parfois, de la faciliter de son ombre à rouler contre les parois du pêché. La musique faisait vibrer la scène. La barre de pole dance glissait entre ses doigts habiles. Les mouvements, les danses, devenaient plus audacieux. Les quelques bouts de tissus qui recouvraient ses parties les plus intimes, s’envolaient avec grâce. Elle avait apprivoisé les quelques centimètres carrés de scène avec aisance, laissant son emprunte dans le sol tapissé. Ses hanches s’agitaient avec frénésie. Elle devenait Lina. Ce double, cette jumelle maléfique, qui la poussait dans ses retranchements. Et elle n’avait peur de rien, Lina. La musique changea doucement, sonnant la fin de son service. La nuit était à peine entamée. La lune était haute dans le ciel, mais les étoiles ne tapissaient pas encore le ciel. Le calme des vestiaires bourdonnait dans ses oreilles. Le tissu de ses vêtements était presque étranger sur son derme. Trop couvrant, trop couverte. Elle salua ses collègues, les barmaids, les quelques habitués qui lui souriaient, avant de se diriger vers la sortie. L’air frais était apaisant, pur. Les effluves de cigarettes et d’alcool embaumaient ses longs cheveux bruns. Une silhouette familière capta son attention. Travis, l’homme de l’ombre, assis au bar, guettant chaque mouvement, chaque danseuse. Son regard était captivant, presque hypnotique. Intriguant. Il l’attirait, comme une mouche à une flamme. « Bonsoir. » Elle sortit une cigarette de son paquet. « J’ai commencé plus tôt. » Un remplacement, une danseuse en moins, probablement contagieuse. Il fallait combler le trou qu’elle laissait. « J’ai pas de feu, » souffla-t-elle, le regard plongé dans le sien, calant une cigarette entre ses lèvres pincées.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Lun 21 Mai - 12:55

La haine avait cet effet. Elle consumait tout, brûlait les façades de la rue dans un souffle enflammé. Je pouvais m’en sortir, repartir à Londres, me pencher sur l’épitaphe et prier pour ma soeur. Mais le froid paralysait mes jambes. Je restais immobile face à la douleur qui se propageait à travers mes os, qui me faisait boiter et tomber. J’étais éveillé dans la nuit. J’entendais les gémissements des moteurs et les vrombissements des camions, roulant à la dérive, transportant les caisses de poudreuse. Et je ne faisais rien. Je restais dans mon lit, tous les jours, depuis des mois. Je suffoquais dans cette chemise et ces vêtements. Je disparaissais devant le miroir. Travis Dunham, antipode de Patrick Rhodes - deux contraires nés sous la même étoile. Je crispais la mâchoire en chancelant dans la pénombre. Mon coeur se déchirait sous les battants de ma cage thoracique. D’avoir tant voulu, d’être finalement devenu, le monstre aux visages double. Lina était là. Son parfum embaumait mon esprit, balayant les pensées, captivant mes prunelles sous le clair de lune. Je fixais sa silhouette sous l’insigne lumineuse. Je respirais les déceptions, qui lentement, se mélangeaient aux souffles écaillés du vent. Une odeur de poisson pourri, de sang putride qui séchait sur les lattes du port. Un parfum de mort qui remontait des profondeurs de la mer afin d’enlacer mes narines. Je les sentais tous. Je les imaginais, jusqu’au dernier cadavre. Ma langue glissait sur mon palais. Je souris, dans une grimace étrange puis je lui tendis une allumette. Sans un mot, mes doigts entouraient sa cigarette afin de lui insuffler la vie. Le feu jaillissait entre nous, il s’élevait au milieu des cendres et des bruits du club, avant d’étouffer dans la nuit. Un instant éphémère, le temps d’une cigarette ou peut-être deux. Je grommelais en agitant les épaules. Le tabac ne suffisait plus à endormir mon cerveau. Je touchais au vice, je l’effleurais dangereusement afin de me créer une identité. Ma gorge se serrait. Je pensais maitriser. Je pensais qu’il était possible de rester digne. Mais la haine avait cet effet, aussi. Elle s’immisçait dans la conscience, elle faisait chavirer les morales. Je haussais les épaules en me calant au mur, une jambe repliée, l’autre à terre, prête à bondir - à prendre la fuite. « Je devrais rentrer, aussi. » Je n’étais pas intéressé par les autres danseuses. Je voulais ses enchantements et ses valses obscures sur le pôle. Je venais pour elle, pour ses balancements suaves, donnant le rythme à ma respiration. Je haussais les épaules en aspirant les fumées goudronneuses de ma cigarette. Je me tournais, l’oeil perçant et l’expression mystérieuse. On ne se connaissait pas. Une distance de bonne convenance se dressait entre nos profils qui semblaient aigus sous les lumières des lampadaires. « Travis. » Je me présentais dans une grommellement bestial. Un prénom contre un autre. Le premier, d’une longue lignée de mensonges. Je pinçais les lèvres en fixant le ciel. « C’est beau quand il fait noir. » Les lumières n’existaient qu’au bout de l’allumette. Il suffisait de souffler pour éteindre la flamme. Pour sombrer à nouveau.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Sam 16 Juin - 14:55

Le tabac compressé prenait vie, entre leurs corps rapprochés. Comme un brasier, il s’enflammait, d’un orange vif, d’un jaune brûlant, puis se consumait, pour laisser place à une fumée épaisse. Un nuage gris, blanc, qui voilait le visage de Travis. Il était cet oiseau dans la nuit. Volage, libre. Elle le toisait, avec son regard de biche. Une curiosité brillant dans ses iris, face à cet homme qu’elle ne connaissait qu’à travers des rumeurs, des récits par des filles qu’elle enviait. Margot, elle exposait son corps, ses courbes, à travers des danses sensuelles et un effeuillage contrôlé. Ses dessous sexy, laissant peu de place à l’imagination, tombaient un à un sur le sol lustré de la scène, avec lenteur. Ils se languissaient, tous, de voir l’auréole foncée de ses tétons, d’admirer sa fleur la plus intime. Elle prenait du plaisir, à les faire attendre, à prendre son temps. Elle se sentait femme, déesse, même, sous les néons colorés du club. Elle avait cette emprise sur leurs esprits pervertis, sur leur désir. Mais Travis, il se détournait, s’occupait de son verre de whisky avec minutie. Il l’observait, quand elle ne le regardait pas. Ses yeux trouaient chaque parcelle de son derme, elle le sentait. Une ambiguïté s’était installée entre ces deux inconnus qui n’avaient jamais entrepris la moindre conversation. Alors elle l’observait, à travers les vapeurs hypnotiques du tabac. Le silence berçait les mouvements de son corps. Elle inspira une généreuse bouffée, laissant la nicotine brûler sa course jusqu’à ses poumons noircis. Les murs en brique tremblaient presque sous le poids des basses trop fortes et mal réglées. Elle imaginait les filles sur scène, qui commençaient leur service. Son attention se porta sur Travis, sur sa nonchalance, ses réflexions presque trop banales pour eux. Un sourire se forma sur ses lèvres. Le genre de sourire narquois, alors qu’elle tira une nouvelle fois sur la cigarette. Elle n’avait pas l’intention de se présenter, ou de faire comme si elle découvrait son prénom pour la première fois. Elle se contenta de lever ses prunelles vers le ciel. Si grand, si sombre, scintillant d’étoiles, d’astres qu’elle voudrait toucher du bout des doigts. « Oui. C’est la nuit que je préfère, depuis toujours. » L’obscurité masquait les défauts, rendait les gestes et les discours mystérieux. Il était plus facile de se cacher dans l’ombre la nuit, qu’en plein jour. Elle aimait ça, Margot. La nuit signifiait une part d’elle, sûrement la plus réelle, qui se réveillait. Lina, le club, l’attention, ces filles qu’elle considérait comme ses plus proches connaissances. Elle riait aux éclats, parfois. Mais quand le jour se levait, Lina s’en allait, pour laisser place à cette carapace qui l’oppressait, pour laisser Margot prendre le relais pour une journée de silence et d’errance. Elle baissa les yeux, les posant sur l’homme. Ce serait trop facile, de rester. « Merci pour le feu, » souffla-t-elle, levant la cigarette consommée. « Bonne soirée, Travis, » déclara-t-elle, sa silhouette se mêlant déjà aux ombres du noir. Il la rattraperait, se disait-elle, comme une sorte d’intuition féminine.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Lun 18 Juin - 2:00

Le temps se consumait entre mes doigts. Depuis la première bouffée, la cigarette se transformait en venin. Un délit flagrant de beauté. Une soumission au mal. Mes jambes approchaient, arquées sous les lueurs de la nuit. Elle était si fragile, si ténébreuse. Lina, danseuse de l’éphémère. Danseuse sur le pôle au corps dévêtu et gracieux. Je l’avais vu autant que les autres. Mes prunelles s’étaient logées entre ses reins, sur chaque courbe qui s’alignait dans les lumières du bar. Une extase taciturne, bouillonnant dans les entrailles du monde. Ivrogne et malsain, je me courbais. Je détournais les yeux pour que la flamme s’éteigne. Mes doigts se crispaient autour du briquet. Son parfum chancelait sur mon visage. Appel à l’aide, au toucher. Je me penchais lentement, l’oeil opaque. Il n’y avait rien à lire en moi. Mon souffle saignait sur ses joues. Je souris puis je m’éloignais. La fumée se dressait entre nos silhouettes. La ville tourbillonnait, écorchant nos prénoms sur les façades tremblantes du club. Ma fausse identité enlaçait sa vie d’emprunt. Deux mensonges nécessaires, taillées sur les alcôves du ciel. Elle pouvait comprendre le doute et le mal - ce tourbillon d’émotions logé dans mes entrailles. L’envie du sang et de mort. Danger de franchir l’abîme, de regarder en arrière. Je ne répondais pas. Sa voix s’amenuisait dans l’espace. J’aurais espéré un échange plus long, des paroles éparpillées sous les étoiles. Mais son dos se tournait afin d’embraser les pavés. Je restais immobile, le profil aigu dans l’obscurité. Ses pas étaient enchâssés sur le goudron. J’acquiesçais avec courtoisie. De rien, trop difficile à prononcer. Au revoir, impossible à énoncer. Je marchais par automatisme, vapeur en bouche, secrets au coeur. Un monde s’étalait sous nos pieds. Je l’accompagnais par hasard. Parce que c’était ma route aussi. Et que je ne remarquais sa présence que sous les spots des lumières. Ici, elle n’était personne. Elle n’était qu’une chimère. Ma gorge se nouait autour des mots, guettant la chute, attendant une nouvelle occasion. La semer ce n’était pas rattraper. Voler, ce n’était pas tomber. Je l’observais au coin, marmonnant au fond de ma barbe. « Je suis là, si l’envie d’avoir le feu te prend encore. » Soufflai-je avec flegme. La nuit enveloppait mon visage. Je connaissais le rythme de ses pas. Je prétendais qu’il suffisait de danser pour garder le souvenir de ma soeur. Mes poumons crochaient les méandres du tabac. Seuls entre les griffes de la lune, tout pouvait arriver. Tout pouvait se perdre. « Tu t’attends à ce que je te rattrape. Je suis triste d’être aussi prévisible, Lina Déclarai-je comme une évidence. Après tout, elle faisait tomber le masque la première. Refusant de présenter un nom que je connaissais déjà. Une transparence qui ruinait l’instant. Qui nous rendaient humains et exécrables face aux détours de la rue. J’inhalais les poisons nacrés qui s’échappaient du filtre, sourire paré de mensonges. Une vérité qui éclatait en sanglots à chaque fois que je lâchais un soupir.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Lun 18 Juin - 9:19

Ses pas foulaient le bitume avec une cadence mesurée. Une danse lascive, pour tester, mettre à l’épreuve cet homme qu’elle voyait comme un jeu. Le temps d’une soirée, sous les étoiles, ils n’étaient que deux ombres solitaires, ondulant le long des façades en brique. Le club s’éloignait, noyant le silence dans l’obscurité de la nuit. Des lampadaires accompagnaient leur démarche lente.  Des spotlights différents, presque trop pâles pour une danseuse habituée à être sublimée par l’éclairage. Elle s’imaginait parfois, que la scène du Rabbit Hole était son Crazy Horse à elle, qu’on payait l’entrée une fortune pour voir ces femmes aux mensurations parfaites, s’agiter sous un éclairage savamment organisé. Mais le Rabbit Hole était miteux. Les effluves de tabac se mélangeait aux litres d’alcool consommés, effaçaient presque l’odeur du désir. Elle se mêlait au mystère qui entourait Travis. Qui était-il, que voulait-il. Comme une lionne, elle l’observait, l’œil ouvert et aguerri, un sourire en coin surplombant son expression chimérique. Elle entendait encore Stella, avec sa voix stridente parler de cet amant, aux mains calleuses contre son derme sensible. Elle se voyait encore rouler des prunelles, en écoutant Rachel le comparer à un Apollon des temps modernes. Elles tombaient, toutes, comme des mouches, trop bêtes et frivoles, s’aventurant trop près d’une flamme brûlante. Travis était cette flamme. Une étincelle, prête à enflammer les rues de Brighton. Margot, elle, n’était ni stupide, ni facile. Les hommes ne la touchaient qu’avec leurs yeux embués d’envie. Sa peau d’albâtre n’était qu’un fantasme de plus sur leur longue liste d’assoiffés. Elle ne dansait jamais en privé, sur les genoux d’un homme où elle devinait l’appétit naissant sous un jean trop serré et étroit. Sa bouche ne pliait sous le poids d’aucun homme attirant. C’était une limite qu’elle s’était fixée, une ligne qu’elle ne comptait pas franchir. « Si tu proposes aussi gentiment... » Elle tendit sa palme ouverte à l’homme qui l’avait rejoint, attendant patiemment qu’il lui dépose le briquet convoité. Les briquets, les allumettes, étaient une denrée rare dans les vestiaires du club. Ils apparaissaient, disparaissaient aussi vite qu’un battement de cils. La malice brillait dans son regard, alors qu’elle jeta au loin, le mégot consommé. « Tous les hommes sont prévisibles. » Elle se souvient de Bobby, en quatrième, de son regard insistant, de ses gestes hésitants, de ce baiser baveux qu’il avait planté sur ses lèvres pincées. Elle l’avait vu venir, à des kilomètres. Elle croisa brièvement le regard de Travis. Une chaleur réchauffait ses entrailles. Elle jubilait presque, se sentant presque spéciale. « Tu connais le prénom de toutes les danseuses ? Ou seulement celles que tu veux mettre dans ton lit ? » S’enquit-elle, un sourcil arqué. Il ne parlait à personne, Travis, ne se mélangeait pas aux habitués et leurs conversations plates. Sûrement n’attendait-il que ça, sous la lumière blanchâtre des réverbères.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Mer 20 Juin - 23:04

Ses pas butaient contre le goudron. Mélodie claudiquante, chancelant sous les néons de la rue. Je respirais les méandres du tabac mélangés au parfum de ses cheveux. Une vapeur amère, telle le poison du diable, enroulé autour de ma gorge, se faufilant dans mes poumons. Elle était si belle dans l’obscurité. Les lampadaires enlaçaient les mouvements de ses hanches. Un éclairage divin qui la suivant au delà des scènes du club. Lina était majestueuse. Ses yeux brûlaient comme des étoiles déchues de leur constellation. Et je saignais chaque nuit, perdu sous ses regards fugaces. Mon coeur se détachait du corps, succombant au rythme de la peau qu’elle dénudait. Vêtement après l’autre, elle se mettait à l’écart, créait la distance entre la réalité et l’illusion. Une traînée de lunes blanches se dressait entre nous. Mais j’avais besoin de parler. Je voulais m’égarer dans son univers différent. Mes prunelles pleuraient le voile tombé, le masque qui se collait à mon visage - bien loin du Rabbit hole, des gangs et de la vengeance. La musique était suspendue sous la flamme qui jaillissait du mégot. La fumée était une auréole dorée, flottant autour de nos regards qui se cherchaient dans la nuit. Je souris en haussant les épaules. J’effleurais sciemment sa main en posant le briquet. La crosse était notre lien, le joug mortel qui illusionnait nos esprits. Je l’observais avec étrangeté, incapable de me détourner ou de reporter mon regard en arrière. L’univers s’épandait sous mes pieds. Lina était l’esquisse d’un rêve lointain. L’incarnation du magnifique. Première femme à capturer Travis. A lui faire oublier Patrick. Ce flic idiot - intègre et ennuyeux. Celui qui n’osait pas. Qui ne fréquentait pas les bars et les trafiquants de drogue. Elle m’offrait un instant d’évasion, l’étreinte esquive de l’interdit. La possibilité d’être réellement. «Tous les hommes prévisibles. Combien en as-tu connu ?» Je sifflais en m’arrêtant au bord du trottoir. Elle ne pouvait imaginer mes pensées ni l’espoir accablant de la vengeance. La vérité tombait sur mes épaules. Sous ses coups, l’âme périssait. Elle éclatait en fragments. Je clignais les yeux, soulignant ses traits dans la brume. Lina adressait un sourire malicieux. Sa bouche tournait sans fin dans les buées argentées du ciel. Je posais une cigarette entre mes lèvres et me penchais vers son visage. Mes prunelles s’émancipaient dans l’obscurité, effleurant la douceur de ses traits qui s’étiraient. « Je peux ? » Marmonnai-je en lui faisant signe d’allumer. « Il y a certains noms que j’oublie. » Lina, âpre et piquant. Une incantation maléfique, éveillant les émotions du coeur. Une contradiction de sentiments, ce voyage hors du temps qu’on ne pouvait oublier. Elle comprendrait si elle voyait. Si son esprit était prisonnier des missions d’infiltration de la police. Je m’agitais en redressant le profil. Je ne voulais pas m’en aller, braver les soupirs de Brighton et retrouver la quiétude de mon appartement. Ce serait retourner dans le gouffre, dans cette parallèle entre deux identités. L’errance était meilleure à ses côtés. Tout semblait, agréable. « Je couche avec toutes les danseuses, c’est ce que tu penses ? » Grommelai-je, légèrement contrarié. « Tu prêtes trop attention aux commérages ou tu prêtes trop attention à moi. » Une réplique froide. Une remarque qui glissait avec l’hésitation d’un papillon de nuit vers la source de lumière.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Mer 4 Juil - 12:16

Ses prunelles dansaient sur le ciel étoilé. C’était beau, la nuit, quand les astres brillaient plus fort que les lampadaires. Une lumière artificielle, qui éclairait chaque pas, chaque silhouette comme un énorme projecteur. Les ombres fugaces devenaient moins menaçantes, moins effrayantes en s’adonnant au jeu de lumière. Les traits de Travis étaient plus clairs, plus réels. Il se tapissait dans l’obscurité du bar, devenant presque un élément du décor, parfois. Elle connaissait son visage, la forme de son nez, de sa mâchoire. La façon dont ses cheveux retombaient parfois sur son front avec insolence. Mais le reste était flou, comme une photographie où la mise au point n’aurait pas été faite. Elle découvrait avec clarté, la couleur de ses yeux, cette barbe naissante, le dessin de ses lèvres. Le contraste était saisissant. « Combien, à ton avis ? » La chair et ses plaisirs sensuels qui embaumaient les esprits. Il était facile de s’y perdre, de s’adonner à ces bouches assoiffées, à ces corps raidis par l’envie. Elle n’était ni prude, ni timide, Margot. Son effeuillage était fait avec provocation et malice. Mais elle n’était pas comme celles qui vendaient leurs charmes pour un billet misérable. L’écume de son ego flottait déjà au bord du rivage salé. Elle voulait préserver le peu de modestie qu’il lui restait. Ses pas s’arrêtèrent, silencieux dans la nuit humide. Elle plongea ses pupilles curieuses dans celle de l’homme qu’elle découvrait à travers les lampes artificielles et blanchâtres. Elle jouait, alternait son attention entre ses yeux et sa bouche, la cigarette pendante, se languissant d’être allumée. Le briquet s’enfonçait dans la paume de sa main. Comme un jouet qu’elle venait d’acquérir, elle le gardait précieusement enfermé entre ses cinq doigts. Ça l’amusait, de le faire attendre. « Mais d’autres que tu retiens. » Son pouce écorcha la molette, ses yeux toujours dans les siens, les dents mordant sa lèvre inférieure. La flamme jaillit d’un orange vif, et un rire se déploya au fond de sa gorge. Elle rangea le briquet dans la poche de sa veste en jean beaucoup trop grande, beaucoup trop large, avant de déambuler de nouveau sur le trottoir vide. Elle aimait s’imaginer que la ville lui appartenait, le soir, quand la nuit est bien avancée et que ses seuls compagnons de voyage sont de petits rats dans les poubelles. « Je suis une fille, évidemment que je prête attention aux commérages. » Ses doigts s’enroulèrent autour d’un des réverbères. Elle tourna, comme dans un manège, comme une enfant amusée par une simple rotation. « C’est prétentieux de penser que tu pourrais toutes les avoir. T’es pas aussi charmant que tu sembles le penser. » Elle s’arrêta de tourner, le sourire en coin bien en place. « T’es juste moins affreux que la moyenne. »

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Sam 21 Juil - 12:56

Sa voix se murmurait dans la nuit. Une lune d’ébène, couchée sur les alcôves d’une ville à l’agonie. Nous étions les émissaires des ténèbres, des voyageurs épris de mélancolie. Nos prunelles s’effleuraient sous les néons. Une fraction de secondes. Un instant à se jauger, à mesurer l’infini. Les étoiles soufflaient des mélodies d’antan. Des rythmes d’ailleurs, berçant la solitude de mes âmes dupliquées. Un fragment pour Londres. Un autre pour Brighton. Le flic était mort en moi. Il s’éloignait, le coeur enfoui dans une vase dégoulinante. J’esquissais le premier pas. Mes jambes effleuraient le goudron avec grâce. Une démarche dansante, glissant à la surface d’un sentiment étrange. Nos passions étaient l’ombre d’un doute. Un besoin viscéral de tomber, de sentir le mal ronger les veines et la chair. Je souris, d’abord. Puis ma mâchoire se serrait. Un faciès fermé. Des yeux gris. Une chevelure cendrée, ondulant sur un front soucieux. Telle était l’image qui se dessinait. Un homme prévisible, autant que les autres. Autant que les ivrognes au coin du bar, sirotant les pichets de bières et l’amertume de la coke. Consommation forcée par le devoir judiciaire. Je haussais les épaules, les pupilles dilatées par les ondoiements du lampadaire. Je ne voulais pas deviner ses frasques, ni compter ses aventures. Lina ne m’intéressait pas avant. Je la désirais, maintenant. Au milieu de la rue. Dans l’insouciance d’une caresse. Un impulsion sauvage, réprimée entre mes côtes. La cigarette se consumait entre ses lèvres, lançant le compte à rebours. Un sablier de cendres qui s’effritait au bout de sa langue acérée. Son insolence la rendait magnifique. Ses paupières s’illuminaient afin de me perdre dans ses tourments. Un secret pour un autre, nous pouvions nous rapprocher. Consolider le vice. Elle prenait le temps d’allumer. De fair jaillir la flamme et ses brûlures. La fumée s’élevait dans l’espace, voilant la visions de ses danses. Elle était si belle. J’en avais la poitrine serrée. Mes doigts se crispaient sur le filtre. La poison ruisselait dans mes poumons. Il s’étendait dans mes bronches et mes pensées. Je jetais le mégot afin de me tenir face au réverbère, stoppant son manège et les fantaisies de ce corps qu’elle déployait tel un instrument de plaisir. Son souffle me libérait des entraves. Des limitations imposées par l’esprit. Je me penchais lascivement, l’oeil vil et enchanteur. «Tu m’plais bien. » Marmonnai-je en posant la main au dessus de la sienne, au contact de l’acier. « Tu as peut-être raison. Je ne suis pas aussi charmant que ça. » Mon sourire s’élargit, dévoilant mes canines acérées et l’éclat vermillon de mes yeux. Une étincelle meurtrière, illuminée par les étoiles. « Heureusement, que t’es là pour remonter le niveau. Pas vrai ? » Un sarcasme qui dénaturait mes traits. Je soufflais sur sa joue en me redressant. Je chancelais sur le trottoir. « Tu veux pas coucher avec moi pour faire la différence ? Ou tu attends le bon Je ricanais en claquant mes semelles sur le goudron. Mes pensées enlaçaient l’obscurité. J’étais attentif aux fluctuations des couleurs. Aux variations imaginaires de la musique. A ses mouvements enchantés. A chaque sourire, absolument chaque détail, de son visage.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Mer 25 Juil - 23:01

Le premier contact. Le premier frisson. Elle releva les yeux, comme électrisée. Ce n’était qu’une caresse anodine. Peau contre peau. C’était plus que ce qu’elle n’autorisait. Son intimité lui était précieuse, dans un club où la nudité n’était pas taboue. Elle se préoccupait de préserver sa modestie, d’éviter de toucher et d’être touchée. Elle effleurait, parfois. Du bout des doigts. Une caresse si légère, qu’aucune sensation ne parcourait le derme des hommes luxueux. Elle se rendait inaccessible, mais désirable. Un jeu de séduction rôdé, dont elle seule décidait les règles. Mais Travis avait ébranlé ce règlement qui n’existait que dans sa tête. Sa main recouvrait entièrement la sienne, l’écrasait contre le métal froid et rigide du lampadaire. Ce simple bout de métal miteux les séparait désormais. Ils étaient presque au milieu de la scène du Rabbit Hole, avec pour seul public les étoiles. Le lampadaire effaçait le reste de la rue, des immeubles, des ruelles sombres et dangereuses. Le temps d’un moment, elle ne voyait que ses iris claires, son sourire malicieux. Elle pouffa de rire, levant les yeux au ciel. Son corps glissa contre la barre lumineuse. « Et si je te disais que tu m’plais plutôt bien aussi ? » L’espace se réduisait, sans pour autant disparaître. « Tu serais bien moche sans moi dans les parages, c’est vrai. » Un sourire taquin étira le coin de ses lèvres. Ses pas reprirent leur cadence en rythme avec ceux de l’homme. La rue s’allongeait. Elle ne voulait pas arriver au bout, elle ne voulait pas briser leur marche et s’éloigner vers son appartement vide et silencieux. Quelque chose chez cet homme l’attirait. Depuis le coin reculé du bar, dans la pénombre, à cette conversation légère. Elle s’avança jusqu’à le dépasser, puis elle se retourna pour croiser son regard, marchant aveuglément à reculons. « Peut-être. Après tout, ma maman m’a toujours dit de ne pas coucher avec des inconnus… » Déclara-t-elle, feignant une moue boudeuse. Le bon n’existait pas pour des filles comme Margot. Il était une utopie, dans un monde, où son agonie ne passerait pas inaperçu aux yeux de ses géniteurs. La négligence avait forgé son indifférence et son scepticisme. Il n’y avait pas d’amour, pas d’affection, pas d’homme attentionné. Elle n’y croyait simplement pas, à ces conneries. Elle s’arrêta net au milieu du trottoir. « Qu’est-ce que tu veux de moi ? » S’enquit-elle doucement, le regard inquisiteur, ouvert.

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MessageSujet: Re: free like an eagle + margot   Jeu 26 Juil - 20:11

Sans un souffle. Sans un regard. On s’en tenait là. Les prunelles enlacées sous les étoiles. L’espace réduit sous les cotes. La passion on la gardait pour soi. Comme la douleur, comme les secrets d’une vie ailleurs. Nos chimères se croisaient sur les pavés grisonnants. Puis, l’odeur du bonheur se mêlait à ses confessions. Ma bouche se pinçait. Je ne répondais pas. Un hochement de tête suffisait à signifier mon interêt. Ma main se détachait de l’acier. Le contact rompu trop vite et l’impression d’être en manque, déjà. Je me penchais vers le vide. Ma silhouette s’élançait dans la nuit, une démarche rectiligne filant sous le monde. Mon coeur somnolait et mes pensées se fracturaient. Je restais immobile, les cils emmêlées sur la vision de son corps. Des courbes qui succédaient à d’autres. Un enchaînement de dunes nacrées. Une étendue libertine, murmurait sous les froissements du tissu. Je l’avais trop vu se dénuder. Et elle n’avait jamais été aussi belle qu’enrobée d’étoffes. J’avançais, la gorge serrée. Patrick se serait détourné. Il serait rentré se cacher. Mais j’étais Travis. Et je voulais rester. Je voulais respirer.  « C’est bien d’écouter sa maman. » Ma voix s’amenuisait dans la rue. Une allée infinie. Une promenade éternelle. Je ne voulais pas suspendre nos mouvements et retrouver la monotonie de ces regards timides et effarouchés. L’intrigue s’illuminait sous les arcs du ciel. Une mélodie qui se faufilait dans mes bronches, qui enlaçait les vapeurs de nicotine. Les mains dans les poches, je cherchais le contact du briquet. Mais elle l’avait pris. Lina me dépouillait de tout. Mon esprit conspirait afin de la rejoindre. Afin de jouer ces jeux de séductions enfantins. Je ne voulais pas gagner. Simplement, la tenir en haleine. Réprimer chacun de ses fantasmes. Je me tournais afin de l’observer. Mon rire jaillissait dans le silence. Il vibrait sur les cadrans et les parois des buildings qui s’étalaient dans west side. « Et tu penses que je vais te dire, juste comme ça, ce que moi je désire de toi ? » Une reformulation précise. Une déclaration, un cran au dessus. Je haussais les épaules en effleurant son profil. Ses yeux transperçaient mon âme. Elle me juchait, attendant, ouvertement, la suite de l’équation. Mais il n’était pas question de plier. Le secret était la plus belle arme du séducteur. « T’inquiète je couche pas le premier soir, Stella te dira. » Sifflai-je en lui adressant un clin d’oeil, provocateur.

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