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 remains of the day (edgar)

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MessageSujet: remains of the day (edgar)   Mer 9 Mai - 20:23

C'était un de ces jours où Brighton semblait être en ébullition, en effervescence, dans une dynamique constante, ininterrompue. La population dans les voitures, les rues, les métros, à leur balcon, aux terrasses des cafés – il y avait une présence humaine incroyablement dense et la ville, sous le soleil clément d'un été auroral, resplendissait de vie et d'énergies diverses. Il en allait sans dire que Cecil détestait tout cela. Les transports en commun étaient impraticables et il avait du laisser passer trois bus pour éviter d'être plaqué tout contre George, cinquante-trois ans, tout aussi poisseux qu'un touriste dans la forêt amazonienne. Il avait finalement opté pour la marche, même s'il savait pertinemment qu'il allait, de ce fait, être en retard à son rendez-vous. Boh. Edgar l'attendrait. On pouvait toujours attendre Cecil von Sydow, après tout. Mais voilà – les rues elles-mêmes étaient bondées, et zigzaguer entre les passants lui faisait perdre un temps précieux. Quelle idée avait-il eu de lui proposer un rendez-vous dans ce quartier ? Bien entendu que tous, touristes aussi bien que locaux, allaient être de sortie, personne ne pouvant franchement résister à l'appel d'un temps doux et d'une mer encore plus bleue que le ciel. Cependant, lorsqu'il s'approcha enfin du Tempest Inn, où Edgar était censé l'attendre, il poussa un soupire de soulagement tellement franc qu'il fit se retourner un père de famille (américain, à en juger par son embonpoint et par l'immense star spangled banner qui décorait sa veste en jean taille XXL) qui était, jusque là, en train d'admirer tranquillement les portes-clefs vendus par les boutiques de souvenirs. La terrasse du petit café en bord de mer semblait relativement calme. Quelques tables étaient encore libres et – Dieu merci – il ne semblait y avoir aucun enfant turbulent. Aussi, Cecil n'eut aucun mal à repérer son ami, installé à une table dans un coin tranquille de la terrasse. Il remercia intérieurement le bon sens d'Edgar – il n'avait aucune envie de voir leurs conversations être parasitées par les discussions animées d'un groupe de vieilles filles. « Hé. J'espère que je ne suis pas trop en retard ? » lance-t-il en s'approchant de la table où siégeait son ami, posant sa veste sur le dossier de la chaise libre. Sans même attendre une quelconque réponse, il regarda sa montre, lâchant un petit rire amusé. « Oh. Vingt minutes. J'en battrais presque mon record. » Il s'installe, son petit sourire amusé toujours sur les lèvres. Dans le même mouvement, il sort de la poche de sa chemise un stylo qu'il fait distraitement tourner entre ses doigts – il ne veut pas se laisser oublier qu'il est également ici dans l'espoir qu'Edgar lui donne des détails sanglants (ou seulement un tant soit peu intéressants) sur les affaires qu'il a à traiter en tant que policier. Après tout, le quarantenaire était une de ses principales sources d'inspiration – il ne pouvait passer à côté de la perspective de nouveaux récits potentiels. « C'est agréable de voir que tu m'attends malgré tout. Tu vas bien ? »

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Dernière édition par Cecil Von Sydow le Ven 18 Mai - 12:42, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: remains of the day (edgar)   Lun 14 Mai - 16:36

La réputation d’Edgar le précède, d’ordinaire ; la ponctualité n’est pas de son fait lorsqu’il s’agit de rencontres personnelles. Trop absorbé par son boulot, perdu dans les archives du commissariat et ses enquêtes en cours, le tic-tac régulier de l’horloge devient muet. Parfois une demi-heure, parfois une heure entière. Mais aujourd’hui, il est en avance. Ce n’est pas vraiment de sa faute, d’ailleurs – on l’a chassé des bureaux d’une taloche derrière le crâne. T’es pas payé pour bosser autant, Smith. Casse-toi de là. Ce n’est pas parce qu’ils s’inquiètent pour sa santé, qu’ils l’envoient se balader. C’est pour éviter à avoir à lui payer des heures supplémentaires excessives. Edgar est déjà installé sur la terrasse, une clope entre les lèvres et un verre de whisky qui tangue sur une table branlante. Certains passants le dévisagent d’un mauvais œil, mais qu’en a-t-il à foutre ? Ils s’éloignent déjà et le flic sait pertinemment qu’il ne les croisera plus jamais. De toute façon, il n’est jamais le seul à traîner dans les bars et les cafés à des heures étranges, un verre d’alcool trop fort à la main. La plupart se contente d’une bière, mais quelle est la différence quand les canettes s’accumulent par paquets de dix sur la table ? Un filet de fumée s’échappe d’entre ses lèvres dans un soupir. Cecil, il est en retard. Coincé dans les bouchons ou entre le flot de touristes qui repeuple les rues de Brighton alors que l’été pointe à peine à l’horizon. Mais parmi la foule qui s’amasse sur la terrasse – loin de son coin tranquille, heureusement – le regard d’Edgar s’accroche aux boucles brunes de Cecil. Vingt minutes de retard, note-t-il en jetant un coup d’oeil à sa montre. Edgar ne s’en formalise pas alors qu’il esquisse un geste de la main pour le tranquilliser.
Pourtant, ça n’empêche pas Edgar d’esquisser un sourire taquin et de lui lancer une remarque moqueuse. « Tu penses vraiment faire mieux que m’avoir fait poireauter pendant deux heures ? C’était quoi ton excuse, déjà ? » Enfin, Edgar n’est pas forcément mieux non plus. Quel beau duo de retardataires idiots font-ils. « Mais je vais bien. » Répond-t-il en écrasant son mégot dans le cendrier. Des foutaises, en vérité. Ses maux s’accumulent ; peut-être même que Cecil parvient à les discerner. C’est un écrivain, après tout. Et il extirpe déjà un stylo et un calepin, prêt à prendre des notes. Ça n’étonne pas Edgar. C’est toujours comme ça avec lui, depuis qu’ils se connaissent. Il n’a tout simplement pas encore eu la chance de lire ce que donne ses histoires sordides sur le papier.
Le flic se rallume une cigarette avec nonchalance alors qu’il s’adosse contre sa chaise, un regard pensif tourné vers le ciel masqué par la pollution de la ville. « J’ai fouillé dans nos archives, hier. » Commence-t-il dans un sourire mystérieux. Edgar, il le tease. « Les mélodrames shakespeariens, ça te branche ? » Demande-t-il en arquant un sourcil. Edgar, il le titille de façon délibérée. Il pique sa curiosité, il se donne un air mystérieux en soufflant avec trop de lenteur la fumée de sa cigarette, son regard rivé dans celui de Cecil.

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MessageSujet: Re: remains of the day (edgar)   Ven 18 Mai - 12:43

Edgar et Cecil, ils sont un peu trop semblables, c'est surement pour ça que ça a accroché si vite entre eux. Pourtant, Cecil, c'est pas le genre à être terriblement sociable, et Edgar est surement pire que lui. Deux caractères de merde – et irait pas jusqu'à dire deux rebuts de la société mais c'est presque quelque chose comme ça – deux passifs un peu chargés, et puis ça clique, ça s'emboîte parfaitement (sans aucun mauvais jeu de mots, bien entendu). Alors leur amitié, elle se fait à travers les approbations silencieuses, les compréhensions muettes, les yeux fermés sur chacun de leurs péchés et les sourires à demi-masqués quant aux regards des bien-pensants. Quand il arrive, il reconnait donc très vite le petit air narquois d'Edgar et il sait que ce n'est qu'une question de temps avant que la petite pique quant à son (petit) retard ne franchisse ses lèvres. Il s'assoit, résigné, alors qu'enfin l'inspecteur se permet sa petite remarque. « Tu penses vraiment faire mieux que m'avoir fait poireauter pendant deux heures ? C'était quoi ton excuse déjà ? » Ce souvenir arrache un petit rire au blond, qui secoue la tête. Oh, ça, ça avait été drôle. Quoique drôle n'avait pas été le premier mot qui lui était venu en tête sur le moment, mais a fortiori, il y repense avec ce sourire amusé collé au visage. « Je m'en rappelle plus trop, franchement. Que j'étais en train de me taper quelqu'un ? Un dégât des eaux chez moi ? C'était surement un mensonge de toute façon. » Il hèle le serveur en lâchant ses mots et se commande un verre de vin (pas qu'il aime particulièrement ça, mais élégance oblige) tout en en profitant pour passer très rapidement ses yeux vers le verre d'Edgar. De l'alcool fort, ça l'étonne même plus. Mais Edgar a l'air en parfait état de sobriété, et Cecil se désintéresse très vite de ce fameux verre. Tout d'abord parce que, dans la catégorie des choses contre lesquelles on les mettait en garde à la télé (Fumez tue, bla, bla, bla, tant de portes ouvertes que l'on enfonce gaiement), lui-même n'est pas en reste. Puis, il sait parfaitement qu'Edgar manquera pas de l'envoyer chier s'il se met à adopter ce rôle affreusement horripilant qu'est celui de la bonne conscience. Cecil, il va pas prêcher la parole du chemin vers une vie saine parce que lui-même ça le fait chier. Mais d'un autre côté, compter les verres que s'enfile Edgar avec un sourire amusé, comme le spectateur d'une vile télé-réalité, ça revient à enfiler un blouson estampillé très mauvais ami (j'me fous bien de c'qui peut vous arriver) (si tout cela peut rentrer sur un blouson et demeurer lisible). De toute façon, Edgar a très vite fait de mettre sur la table un sujet autrement plus intéressant. Un sourire s'installe sur le visage de Cecil alors qu'il fait cliquer son stylo nerveusement, comme un cheval piafferait avant de partir au galop. Les histoires d'Edgar ? C'est une véritable mine d'or pour l'écrivain qu'est Cecil. Des tragédies grecques des temps modernes qu'il a juste à remanier, à couvrir de dorures et d'arabesques pour éviter que le roman de sa vie ne se retrouve dans la section trop fournie et trop sombre des romans noirs. Puis Cecil, il est malsain, un peu voyeur, et ça l'intrigue toujours d'entendre ces histoires sordides – comme le spectateur d'un film d'horreur qui se sent privilégier d'avoir accès à toutes les sphères les plus interdites de la morale. Sauf que là, c'est très réel. L'adrénaline est un peu plus palpitante. « Les mélodrames shakespeariens, ça te branche ? » Edgar, il lui demande ça alors que Cecil est tout juste en train de s'allumer une cigarette, l'enculé. Le mouvement qu'il esquisse pour récupérer son calepin, en réaction aux mots de son ami, est tellement soudain qu'il manque de se faire tomber le mégot allumé sur la chemise. « Oh Edgar, tu sais parler aux hommes toi. » il répond finalement, marmonnant un peu pour garder sa cigarette calée entre ses lèvres. La mine de son stylo est sortie, posée sur le calepin, et ses yeux sont fixés sur l'air désintéressé de son ami. Cecil sait parfaitement qu'il le fait attendre, le salaud, qu'il installe son petit suspens autour de sa précédente déclaration. « Me fais pas languir comme ça, tu sais à quel point c'est mauvais pour mon cœur. » Il ajoute, avec un petit rire. Dieu, il aurait pu en trépigner d'impatience.

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MessageSujet: Re: remains of the day (edgar)   Sam 19 Mai - 23:24

Edgar roule des yeux à sa justification miteuse mais c’est l’amusement qui l’emporte sur l’agacement. Edgar, il apprécie bien trop Cecil pour lui en vouloir. Des excuses ridicules, il en abuse allègrement lui aussi. Peut-être même que les problèmes de plomberie sont également apparus – en écho aux dégâts des eaux de Cecil. Edgar, il ne s’en souvient plus vraiment. Mais l’écrivain feignasse a le mérite de l’admettre, lui – les mensonges, ça fait tout autant parti de leur quotidien que les non-dits. Qui se ressemble, s’assemble.
Et Edgar, il joue avec les nerfs si sensibles de Cecil alors qu’il prend le temps d’écraser une énième cigarette dans le cendrier plein à craquer. Edgar, il avale une gorgée de son verre qui lui brûle la gorge avec délice – ça fait trop longtemps, que les alcools forts ne le font même plus frémir. Que pourrait-il lui raconter, cette fois ? Une vieillerie de ses débuts à Scotland Yard ? Ou quelque chose de plus récent, plus intime, qui s’est déroulée dans les tréfonds de Brighton, à peine révélé par les médias ? Des histoires sordides, il y en a dans tous les quartiers. Des monstres, il en traîne dans toutes les rues. Peut-être même qu’il en a quelques-uns comme voisins. Des salauds qui tabassent leurs gonzesses, il y en a jusque dans les bureaux adjacents au sien, au commissariat. Les flics, ils ferment simplement les yeux quand il s’agit de leurs collègues. Ils se protègent entre eux, les salauds. Ils se tapotent les uns les autres dans le dos en se disant que bah, ce n’est rien. Les meilleurs d’entre nous craquent, parfois. Edgar, il n’aurait jamais osé lever la main sur Ada. Pour quoi faire ? Dans quel but ? Asseoir sa domination, sa masculinité ? Ce genre de conneries lui fait rouler des yeux dans ses orbites alors qu’un soupir lui scie les lèvres. Et aux répliques de Cecil, son sourire mutin s’élargit. « Par où commencer... » Souffle-t-il alors qu’il extirpe de la poche intérieure de sa veste son paquet de cigarettes. En compagnie de Cecil, il fume encore plus que d’habitude. Mais comment l’en blâmer ? Il partage le même vice.
Le suspense s’étire tellement qu’il en deviendrait presque lassant. D’un coup d’oeil, Edgar note l’impatience dans le regard de son vieil ami. « J’ai entendu dire, » débute-t-il. Mon cul. Edgar n’a rien entendu, c’est lui qui a bossé sur cette enquête, à l’époque. Mais les formes ont autant d’importance que le fond, pour un écrivain dans le goût de Cecil. Et Edgar, il aime beaucoup trop jouer à son petit jeu de séduction par la crasse humaine qu’il se laisse aller. « qu’on a retrouvé le corps d’une adolescente dans la Tamise. Elle avait les poings et les pieds liés, un sachet en plastique attaché avec une ceinture autour de la nuque. Mais elle n’est pas morte d’étouffement, et encore moins de noyade. » Edgar, il prend le temps d’allumer une énième clope et de finir son verre. « Elle a été assassinée par sa propre sœur parce qu’elle a osé séduire son petit-ami et commettre l’affront d’être enceinte de lui. Sa sœur, elle avait trente ans et son petit-ami, trente-cinq. Il n’est pas en prison, évidemment. Il a réussi à y échapper en feignant le deuil devant les juges. » Edgar, il se mord encore les doigts que ni lui, ni ses collègues n’ont réussi à contrer ses arguments de preuves tangibles. Une vieille histoire aux dossiers étiquetés, classés et rangés, de toute façon. Elle n’a plus aucun intérêt, mis à part servir de source d’inspiration pour Cecil, au final.
Et Edgar, il en a des dizaines dans ce genre-là qui s'accumulent dans ses tiroirs.

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MessageSujet: Re: remains of the day (edgar)   Sam 26 Mai - 0:57

Edgar, c’est un peu l’homme parfait pour endosser le rôle de muse dont Cecil a tant besoin. Il a pas les courbes parfaites et le regard languissant pourtant (pas qu’il soit moche, hein. Cecil, il veut pas vexer Edgar, même si c’est que par représentation mentale). Mais il est inspecteur, et ça, c’est vraiment une mine d’or pour Cecil, parce que lui et son esprit tordu, ils passeraient leurs journées aux archives de la police si cela leur était permis. Silencieusement, il écoute Edgar, le jalouse même un peu d’avoir accès à tant de destins brisés, de coups de folie, de cris désespérés, d’injustices passées sous silence. Cecil, c’est un auteur du tragique – la littérature, elle naît des choses les plus sombres de ce monde. Y a aucune fierté à écrire sur ce qui est déjà beau, tout comme c’est totalement vain que de sculpter par-dessus une statue de Rodin. Les histoires d’Edgar sont à Cecil ce qu’une charogne décomposée était à Baudelaire – un matériel dégoulinant de tout ce qui peut révolter et répugner l’âme humaine qu’il se devait de travailler pour en faire une œuvre d’art. Et Edgar, il a touché aux pires trucs que l’être humain peut faire, ça se voit dans tout son être, désinvolte, las. C’est peut-être pour ça que, dès le départ, il a tant intrigué Cecil. Il a jamais ressenti le besoin, comme pour tant d’autres connaissances, de l’envoyer chier, de tester sa patience, de lui faire subir quelque horrible brimade psychologique. Edgar, ça a toujours été, aux yeux de l’écrivain, un personnage diablement intéressant au milieu de personnages de romans de gare, un individu dont la présence était intéressante et pas dénuée de tout sens. Mais bon, y a certaines choses qui l’agacent malgré tout chez Edgar – par exemple, cette ignoble manie de faire monter un suspens de circonstance qui ne servait qu’à le faire languir, de toute évidence. Et il sait qu’il peut voir à quel point l’impatience bouillonne vite chez lui, que ce soit par cette façon qu’il a de presque mâcher sa cigarette, ses doigts qui tapent nerveusement sur son bloc-notes, ses inspirations un peu plus appuyées que ses expirations. Il s’en délecte, le salaud, il en est certain. Mais enfin, après un temps d’attente qui lui paraît interminable, il crache le morceau – Cecil, il se dépêche de noter les détails importants sur le papier encore vierge, entourant quelques mots qui lui inspirent déjà des développements, des filiations prometteuses, dans l’espoir que ces cercles impersonnels l’aideront à se remémorer ses idées momentanées. Bien entendu, Cecil, il se prive pas de petites réactions à l’entente de l’histoire morbide qu’Edgar lui raconte. Une petite grimace, un sourcil arqué souligné par un coup d’œil incrédule jeté à son ami, quelques mots lâchés, par-ci, par-là (« Sa propre sœur, vraiment ?). Les drames familiaux, c’est le petit point faible de Cecil, une des choses qu’il préfère le plus. Peut-être parce que ça le soulage de savoir qu’il y a des foyers, quelque part, enlisés dans une situation bien plus boueuse que la sienne. Un genre de satisfaction perverse sur laquelle il ne s’attarde que très rarement – faire de l’auto-psychologie, c’est pas dans les délires de Cecil. « Bien, j’suppose que ce gamin a trouvé la meilleure méthode pour avoir le beurre, l’argent du beurre et la fermière. » qu’il lance en ajoutant un point final sur son calepin, relevant enfin ses yeux gris vers le visage de son ami. Il esquisse même un petit sourire – s’il passait son temps à réagir conventionnellement aux histoires d’Edgar (le pathos habituel, la petite larmichette qui va bien, la réaction choquée alors qu’on ne l’est pas tant que ça parce qu’on a vu cent fois pire à la télévision la semaine dernière), leurs rencontres ne se résumeraient que par apitoiement sur apitoiement, il se morfondrait dans l’alcool autant qu’il se complaisait dans la cigarette. Alors, il blague, chasse l’horreur de la situation d’un haussement d’épaule et d’un sourire. Il sait qu’Edgar ne le jugera pas, de toute façon. « Et la fille ? Tu sais ce qui lui est arrivé, à la fille ? J’suppose qu’elle s’en est pas tirée. »

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