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 a bro never wears socks with sandals + teddy

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MessageSujet: a bro never wears socks with sandals + teddy   Dim 6 Mai - 14:36

Le vin embaumait mon esprit. Un instant, une gorgée et mon esprit vacillait entre les coupoles elliptiques au sommet du bar. Un endroit de riche, un amalgame de couleurs et de formes circulaires qui se complaisait dans les sphères d’un monde de vautours. Toute la beauté de la vie n’était pas plus haute que ce plafond. Je m’exaltais face à la concrétisation de mes ambitions, avocat associé venu d’ailleurs - fils de bergère et d’ivrogne, gosse à la langue fourchu, zozotant ses rêves dans le chemin vers la ville. Je lâchais en soupir en me tournant vers mon client. Le procès était gagné d’avance. Parce qu’il ne s’agissait que de ça. Une accumulation de victoires et de plaidoiries, des mensonges maquillés, transfigurés, servis au jury hébété par l’éloquence des procureurs. Je hochais la tête avec entendement avant de me détourner. L’entrevue était rapide, quelques chiffres échangés sur un carnet de chèque et nous voilà séparés - retours aux sources, à l’accalmie de mon esprit. Je jaugeais les lieux, les rétines transpercés par les ondoiements des lustres. Ma cravate me serrait la gorge. Mais c’était mon élément, l’apparence que je choisissais pour honorer mes rêves. Lisa l’avait compris alors elle s’était détournée de nos amours. Elle m’avait laissé à mes lubies, le coeur rongé par un succès qui bouffait mes entrailles. Je soupirais en commandant une nouvelle bouteille. Mes doigts s’accrochaient aux revers de la table, lissant les plis d’une nappe aux couleurs de la noblesse, verte, lilas et violet. Un champ de fleurs sauvages se dessinait sous mes paupières. Je grommelais en tapotant sur l’écran de mon téléphone. Le flux de messages défilait sous la pulpe de mes doigts. Teddy allait me rejoindre entre deux gardes. Il ne se permettait pas de boire mais l’invitation s’imposait et mes arguments détournaient les esprits. Je repliais les genoux en attendant son arrivée; On s’était croisés par hasard, puis la complicité avait forgé une amitié étrange, à la fois sage et rassurante. Je pinçais les lèvres en tournant les feuilles du menu. Je souris en me remémorant nos rencontres et ses histoires. A l’époque, il avait des soucis juridiques qu’il avait noyé entre les cuisses de son avocate. Une anecdote amusante, presque improbable. Les heures se consumaient entre les cadrans de l’horloge. Je me redressais lascivement, guettant sa silhouette filiforme entre les encadrements de la porte. Puis il apparu, arborant sa dégaine farouche et son sourire au coin. Je levais le bras afin de le saluer, puis je finis par me lever afin de m’essayer à une accolade familière. «Tu pues le détergeant. T’étais à court de déodorant du coup tu t’es aspergé de chlorhexidine ? » Me moquai-je en esquissant une grimace.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Dim 13 Mai - 22:25

alex & teddy

oh no there ain't no rest for the wicked
until we close our eyes for good
(no rest for the wicked @cage the elephant)

Il est presque tenté de s'arrêter dans un des bars, sur la route. De s'y engouffrer et de se montrer irresponsable, juste une dernière fois – avant la prochaine. Noyer ses ennuis au fond d'une bouteille de vodka, danser sur le bar, repartir au bras d'une belle brune, ou même valser dans la rue entre les poubelles après avoir regardé un type de travers. Mais ce soir, le mode « pochtron » n'est pas disponible, ce soir, il a des plans et il rejoint lentement mais sûrement les beaux quartiers. On le regarde quand il passe, Teddy, alors qu'il n'est qu'une ombre dans la nuit parmi les autres. Peut-être parce qu'au milieu de son visage, il y a ce bleu qui s'étend sous sa peau, de l'arrête de son nez à l'arcade sourcilière gauche. Ça détonne, à côté de son costume et de ses manières de gentleman, pourtant, ces incidents sont de plus en plus courants. Il réprime un bâillement, tente d'écarter cette fatigue qui s'accumule et qui menace de s'intégrer dans cette soirée – il aurait sans doute dû prendre une de ces pilules magiques avant de se traîner jusqu'ici. Il bouscule la porte de l'établissement comme un cowboy rentrerait dans un saloon, accorde un pauvre sourire charmeur à l'hôtesse d'accueil pour rattraper le coup, puis part à la recherche d'Alex. Il est là, l'avocat, un de ces splendides sourires placardé aux lèvres. Il s'approche, le serre brièvement dans ses bras avant de s'échapper dans quelques éclats de rire. - C'était ça ou senteur vodka-vomi des urgences. Il hausse les épaules en repensant à ce pauvre type qui l'a agrippé par la blouse pour lui vomir dans les poches, alors qu'il sortait fumer sa clope. - Je me suis dit que c'était pas fou comme parfum, surtout pour ton petit estomac fragile. Il roule des yeux avant de retrouver un sourire radieux, Teddy. Il a l'habitude lui. Il connaît ça, les viscères et les os qui se brisent, l'odeur du sang et de la chair qu'on brûle. Mais il doute que ses récits de bloc opératoire soient du goût de Ferguson et des paires d'oreilles qui les entourent. Son regard glisse sur l'assemblée. Sur les robes et les parures, les costumes sur-mesure. Étal de richesses qui le lasse. Walsh s'étire un peu et se redresse sur sa chaise, échappe un soupir. - Tu sais, j'aurais aussi pu me contenter d'une bière et de fish and chips. Tout comme il se serait contenté d'un pull à capuche et d'un vieux jeans. Il visse son regard sur Alex, la connerie au bord des lèvres, un air presque sérieux pour autant. - C'est super mignon que tu sortes le grand jeu mais je vais finir par me faire des idées tu sais, et puis t'es cool Alex mais c'est un peu précipité pour une demande en mariage. Il prend un air presque blasé pour ne pas rire, Teddy, et il cherche un serveur à happer pour commander de quoi « s'hydrater ».

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Mar 15 Mai - 16:44

Un sourire élargi, faisant craquer ma mâchoire de part en part. L’illusion d’une amitié que l’on pensait éternelle. Puis le temps, qui s’incrustait dans ma mémoire. Le souvenir incertain, d’une mère et d’un frère, laissés derrière les clôtures - loin de tout, loin d’une vie désirée. Je pinçais les lèvres en buvant mon verre. Ces moments étaient précieux. Ces évasions entre deux procès, entre deux pensées inadéquates. L’adultère de Lisa s’estompait, englouti par les vacarmes de la salle et les vapeurs de l’alcool. Je parvenais à passer outre, à oublier - à lâcher prise. Puis le soir, je retrouvais sa silhouette dans les couloirs de la maison. Je sentais son parfum et la bile monter dans ma gorge. Mon imagination prenait le flambeau, elle embrasait mes pensées et mon esprit, d’une jalousie ravageuse, capable de tout détruire - de tout effacer. Je l’aimais de tout mon coeur. Je la détestais de tout mon être. L’égalité de ces sentiments était ma plus belle preuve d’amour. La contradiction en soi, n’était qu’une analogie de ma loyauté, un reflet de l’immensité qui s’étendait dans ma poitrine. J’agitais les épaules en profitant de ma jovialité. Je me moquais d’un ami, de ses routines et des miennes. « Tu te trompe tellement. J’ai grandi dans la cambrousse, les boyaux et les mises bas compliquées c’était mon dessin animé préféré. » Sifflai-je en me redressant, arborant une posture pleine de confiance et d’arrogance. En réalité, je n’étais pas sûr de supporter la vue du sang humain, ni de pouvoir tenir une seconde dans un bloc opératoire. C’était probablement l’une des raison de mon admiration pour Teddy, pour son travail et ses accomplissements. Je m’assis à nouveau sur ma chaise, repliant les jambes sous la table afin de maintenir une posture parfaite. L’alcool ne suffisait pas à embaumer mon esprit. Il y avait aussi les lumières des lustres et les décorations autour des fenêtres. Mon regard s’émerveillait, face aux contrastes de la vie, de mes débuts et mes fins. Je pouffais de rire à sa remarque. Il ne perdait jamais aucune occasion. «Hmm, j’espérais seulement une nuit de sexe torride mais je suis flatté que tu envisages le mariage comme une option et que tu te considère comme la fille dans notre couple. » Visiblement, si j’étais celui à poser le genou à terre je gardais un semblant de virilité. Je lui adressais un clin d’oeil taquin en interpelant le serveur. « Deux whisky, s’il vous plait. » Je me précipitais pour passer commande, de peur qu’il ne nous fasse honte avec un cocktail à la sex and the city. Maintenant, que je le détaillais, Teddy avait un air à la Carrie Bradshaw. C’était perturbant.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Mar 22 Mai - 0:40

Il siffle ses souvenirs d'hier comme une justification que Teddy est surpris d'entendre. Il se rappelle alors qu'il ne sait pas grand chose sur Alex, au final. Ce qu'il a bien voulu lui céder au détour de quelques discussions plus ou moins alcoolisées. Récits désordonnés, à la chronologie parfois douteuse, autour desquels il s'est fait une idée sur le personnage qui se tient en face de lui aujourd'hui. Walsh a bien du mal à l'imaginer avec de la boue jusqu'à la pointe du menton, un sourire édenté et un strabisme corrigé avec l'âge – peut-être qu'il exagère un peu le stéréotype du paysan, aussi. Images déformées qui les font dériver à mille lieues d'ici, de ce restaurant trop guindé qui lui arrache une ou deux remarques bancales, pas vraiment fondées, qui lâche uniquement pour le taquiner. Mais qui sème le vent récolte la tempête, comme le dit l'adage et ça, Teddy aurait dû s'en souvenir. Il rit pour ne pas reconnaître la défaite, l'humiliation d'être pris à son propre jeu. Il lui concède la victoire en silence, se contente de hausser les épaules. - Je doute que ta femme apprécie. Le serveur se pointe enfin et une idée peu brillante avec. Teddy, il se redresse sur sa chaise, se penche légèrement en avant et laisse sa main glisser sur celle d'Alex, le bout de son pouce effleurant trop délicatement son épiderme. - Toujours à choisir pour moi, chéri, je vais finir par me vexer. Un sourire d'ange glisse sur ses lèvres alors qu'il tourne le regard vers le serveur. - Vous rajouterez un cosmopolitan, s'il vous plaît. L'employé disparaît après un discret hochement de tête, Walsh se laisse retomber au fond de sa chaise, un éclair de malice dansant au fond de ses prunelles. Il reste silencieux un moment, interdit peut-être. Loin de s'inquiéter des conséquences d'un tel comportement en société – pas tant pour lui, plus pour Alex. Voilà longtemps que Teddy ne se questionne plus sur les rumeurs qui gravitent autour de sa petite personne. Les bavardages et autres commérages l'indiffèrent, et généralement il aime en jouer. Mais Teddy, ce qu'il oublie, c'est que lui n'est pas marié. Lui n'a rien à perdre – ou presque. Il y a bien cette fille dans un coin de la tête. Un souvenir d'hier qui a bousculé son présent, il y a quelques temps. Un chapitre de sa vie qu'il pensait fermé, à jamais. Qui s'est pourtant ouvert sur une nouvelle page, sans même qu'il sache ce qu'il est supposé écrire. - D'ailleurs, pour en revenir au mariage, quand est-ce que tu me présentes ta femme ? Je suis sûr que je pourrais lui plaire. Il garde son sourire taquin, sans réaliser la portée de ses mots, mais surtout sans percuter qu'il la connaît bien plus qu'il ne l'imagine.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Sam 26 Mai - 19:47

L’esprit légèrement fermé, ma vision du monde était étroite, forgée par les confluents d’éducation paysanne où la fierté servait de voile pour masquer tout le reste. La différence, l’homosexualité - c’était des sujets auxquels j’apprenais encore à m’adapter. Je me redressais sur ma chaise, le faciès crispé - le sourire nerveux. Un jeu qui devenait malaise. Qui étouffait mes pensées. Je retirais la main de sa prise en détournant le regard. Ma posture rigide trahissait ma défaite. Je craignais les débordements d’affection en public spécialement dans un endroit aussi fréquenté par des collègues. Pour éviter les scandales. Ou seulement pour préserver le secret. Il y avait, en vérité, une ombre dans mon mariage. Une noirceur qui engloutissait les sentiments. Lisa m’avait trompé. Une erreur que j’oubliais parfois. Puis dès lors, que je me souvenais, la colère jaillissait de mes veines. La distance se creusait entre nos silhouettes amoureuse. C’était l’amour la pire torture. On appuyait sur le détail, sur l’émotion qu’on suscitait encore l’un chez l’autre. Je soupirais en ébouriffant ma frange. Je grommelais en fixant le lustre. Ses balancements projetaient des fragments de lumières sur les murs de la salle, brisant la quiétude de l’espace et ses décorations. Je n’osais pas parler en premier. Trouver un justificatif aux absences de ma femme. Elle était trop occupée à valser entre les cuisses d’un autre. Ou peut-être m’attendait-elle sagement, ruminant ses regrets et le souvenir de nos promesses. Je l’ignorais. J’étais incapable de trouver la juste mesure entre la haine et le pardon. « T’es mignon, vous feriez un joli remake de la belle et la bête. » J’acquiesçais en agitant l’écran de mon téléphone. La photo s’affichait, étincelant entre les pixels et les applications. Je ne lui montrais pas. Par jalousie. Ou possessivité. Je l’ignorais. Mon instinct me poussait à préserver cette intimité. Comme s’il se pencher et me l’ôter pour toujours. « Elle a un humour spécial ne sois pas étonné si elle te menace avec un couteau.» Me moquai-je en faisant chanceler ma chaise. Le serveur revint avec les boissons. Une coupe ridicule, ornée d’un lamelle de citron vert. «Je l’ai épousé trop jeune. En dix ans de mariage elle a jamais commandé un cosmo Je lui adressais un clin d’oeil en buvant une gorgée de Whisky. Le liquide brûlait mon oesophage. Le vertige glissait dans mon esprit. J’en étais à mon quatrième verre. L’ivresse déliait ma langue. Elle facilitait les échanges avec les autres. «Faut que tu passe à la maison un soir. Promis pas de plan à trois. En vérité, je déteste la partager. Je déteste tellement qu’elle soit entourée d’hommes. Probablement mon côté bouseux. Mon père a jamais apprécié que ses brebis broutent ailleurs. C’est resté ancré dans ma tête. » Je m’esclaffais en haussant les épaules.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Dim 3 Juin - 22:09

Il a gagné Teddy et ça pourrait presque le faire jubiler, de voir le malaise étreindre les prunelles de l'avocat. Il se contente d'un sourire satisfait et de retrouver une posture désinvolte, se perdre dans les éclairages riches et chaleureux de la grande pièce. Il s'oublie dans les jeux prismatiques du cristal des lustres, s'abandonne aux tintements et aux messes basses des autres, le temps d'un silence. Alex lui parle de son mariage et de celle qui l'attendra, ce soir. Pour quelques syllabes, Walsh vit par procuration, avant de se souvenir de son lit vide et froid, de l'éternelle solitude qui le borde le soir. Un rire glisse sur ses lippes alors qu'il s'approprie l'image qu'il lui donne de cette femme. Il en devine les défauts avant même d'en connaître les qualités, échappe un sourire amusé devant le manque de discernement que Ferguson lui impose, avec le sens négatif de ses propos. - A t'écouter elle tient plus du monstre que de la femme. Il lâche un soupir et regarde les verres que le serveur dépose. C'était vraiment ridicule de commander ce cocktail – il en déteste la couleur, n'apprécie pas spécialement le jus de canneberge. - Dix ans de mariage ? Ses yeux s'arrondissent légèrement. Il trouve ça énorme et remarquable, Teddy. Le genre d'exploit que lui-même ne pourrait pas accomplir, il le sait ; dix ans c'est bien trop long. Dix ans de routine, dix ans à se laisser crever à petit feu, juste pour se perdre dans les bras rassurants de l'autre après une longue journée de boulot. Ça l'effraye, Teddy, qu'on puisse rester aussi longtemps aux côtés de quelqu'un d'autre. Peut-être parce qu'il n'a jamais aimé – jamais assez pour se passer la corde au cou comme ça. - J'aurais jamais pu me marier à.. T'avais quoi ? Vingt-deux c'est ça ? Il hausse les épaules et balaye cette option de sa main avant de retirer la lamelle de citron de sa coupe, un rire nerveux faisant trembler ses lèvres. - A vingt-deux ans je passais mon temps dans les soirées étudiantes. Ou à la bibliothèque universitaire – la petite stagiaire était carrément canon mais c'est pas la question, tout ça pour dire que je profitais de la vie quoi. Un peu trop peut-être. Il en a bien conscience. Et peut-être que ce qui se passe aujourd'hui, ce n'est que le contre coup de ses excès et de ses amourettes passagères. Il attrape sa coupe ridicule et la vide d'une traite, sans vraiment se préoccuper des règles de bienséance, rit une fois de plus. - Je ne toucherai jamais à la femme d'un pote, Alex. La coupe vide retourne sur la table et il porte une main à son visage, les phalanges curieuses s'égarant brièvement sur l'hématome avant de couler dans ses cheveux. - Puis, t'as pas à t'en faire. Pour t'avoir supporté dix ans, c'est qu'elle doit sacrément t'aimer, ta femme, laisse-la vivre ! Qu'il lâche dans un grand sourire. Pourtant, il le comprend, Teddy, d'une certaine manière. Il s'imagine qu'il serait un peu pareil, s'il avait quelqu'un, enfin, s'il l'avait elle, cette autre qui revient un peu trop dans ses pensées dernièrement. Sans doute qu'il n'apprécierait pas le regard ou les remarques des autres hommes, mais qui est-il pour en juger, lui, l'éternel célibataire.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Dim 10 Juin - 6:47

Une passion transfigurée, tordues entre ressentiments et mensonges. Ce mariage était compliqué, chargé de contradictions et de défis. Lisa était merveilleuse. Je l’aimais malgré ses erreurs. Je l’aimais pour ses vices. C’était mon absence qui engendrait le manque de discernement. Peut-être l’avais-je poussé dans les bras d’un autre. Peut-être l’avais-je sciemment éloigné afin de concrétiser mes ambitions. A cet instant, les blâmes ne se posaient plus. L’animosité faisait partie du couple. Une habitude malsaine à l’auto-dérision et au sabotage. Une routine étouffante et immature qui nous confinaient dans une boite. Je n’avais plus confiance. Mes doigts capturaient les parois du verre afin de le porter jusqu’à mes lèvres. Je lapais chaque gouttelette d’alcool, la chair assoiffée d’ivresse et de déni. Mon sourire s’élargissait, mutin et plein de malice. Maintenant que Teddy avait repris une distance convenable, le malaise avait disparu. J’avais quitté la campagne depuis des années. Mon âme était citadine, libre et intrépide - et pourtant, encore attachée à ces landes boueuses et conventionnelles qui m’avaient vu grandir. Je n’oubliais jamais ces origines, ni le dos de ma mère voussé sur la clôture, une courbure particulière exprimant sa fatigue extrême et sa dévotion pour la nature. Ses mains étaient rugueuses sur les fils barbelés, guettant le prédateur qui fauchait la vie de ses agneaux. Des sacrifices quotidiens qui se creusaient sur son visage gris. J’étais là pour elle. Afin de perpétuer son héritage et honorer sa persévérance. Seule, face aux démons du village, aux superstitions issues des confluents culturels anglo-irlandais et des commérages des autres. Mon père l’avait quitté. Mon frère était autiste. J’étais un arriviste égoïste. Un millier d’histoires et de versions différentes qui posaient l’étiquette et troublaient son existence. Mais elle ne se plaignait jamais. Elle ne pleurait pas. Sa confusion se noyait dans ses sourires chaleureux. Elle était cette figure patiente et honorable. Un souffle d’affection qui résonnait au fond du combiné, fier de mes exploits et de ma famille. Je haussais les épaules. « Je profitais de la vie avec madame ferguson. Dix ans de vie commune surtout. Il est difficile de poser un chiffre sur notre mariage. » Je n’avais pas ressenti le besoin de m’émanciper - de voir ailleurs et de tester mes limites. Elle était là - la seule et l’unique. Je séduisais parfois. Mais ce n’était qu’une exercice. Un réflexe lié à ma condition humaine. «Tu penses que je suis coincé ? J’ai juste une vie bien rangée. » Et des responsabilités. Les choses étaient difficiles du côté de Cumbria. «Bien sûr qu’on touche pas la femme d’un pote ! C’est écrit dans le manuel des bros. D’ailleurs tant qu’on est dans le topic. Un bro ne met jamais de col roulé. J’ai vu des publications sur facebook. J’ai dû te retirer de mon fil d’actualité. » Je haussais les épaules d’un air faussement affligé. « Je veux pas la laisser vivre, Ted. Je peux t’appeler Ted hein ? C’est plus viril au palais. » Me moquai-je en triturant nerveusement ma serviette. « Elle m’a trompé … » Une vérité qui éclatait enfin. Un secret que je traînais depuis un an et se consumait, à feu doux, dans mon coeur. Je lui confiais sans craindre le jugement, sans faire étalage de ma colère. Ici, nous étions si loin des requins et des convenances des firmes d’avocats. Le masque tombait et je me sentais libéré, pour la première fois.  

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Jeu 28 Juin - 17:33

Il l'admire, Teddy, de tenir bon depuis aussi longtemps. De se rattacher à l'amour comme aux premiers jours. Il s'imagine que c'est difficile, pourtant. Un chemin tortueux, semé d’embûches qui se franchissent à deux. C'est bien le problème, depuis toujours, lorsqu'il rencontre un obstacle, il se contente de changer de chemin, Walsh. Il ne cherche pas à franchir, ni seul, ni à deux. Il se détourne simplement. Rallonge l'aventure ou prend des raccourcis. Certaines ont compris. D'autres lui en ont voulu pour ça. Quoi qu'il en soit, il est toujours aussi seul, à boire les paroles de son ami. Il écoute les mélodies jalouses qui s'entortillent sur ses syllabes. Alex, il parle de sa femme comme d'un bien précieux qu'on pourrait lui dérober et Teddy comprend alors la source de tous ces stratagèmes. Il comprend pourquoi est-ce que l'avocat s'évertue à lui dépeindre le portrait d'un monstre ; pour préserver sa muse des regards envieux des loups qu'il fréquente tous les jours. Walsh a envie de lui dire qu'il n'a pas à s'inquiéter avec lui, qu'il n'est pas de ceux-là. Mais ce serait mentir ou au moins, omettre une partie de la vérité. Il s'est déjà égaré dans les cœurs désespérés d'une ou deux femmes mariées. Des erreurs de parcours qui l'ont presque fait culpabiliser. Il se contente finalement de hausser les épaules. « Rangé, c'est juste une manière plus polie de dire coincé, tu sais. » Il échappe un éclat de rire et s'abandonne aux taquineries. C'est difficile à avaler malgré tout. Alex le met face à sa solitude et ses échecs. La chaleur des blagues et de ces discussions animées n'est que temporaire. Dehors, les ombres glacées de la nuit se précipiteront pour l'étreindre, dès qu'ils sortiront de l'enseigne. « Va donc dire ça à Steve Jobs. Plus, je déteste les cols roulés. » Il soupire et secoue la tête, échappe deux ou trois éclats de rire avant de visser son regard délavé dans le sien. « Un campagnard qui me donne des leçons de style, on aura tout vu. » Qu'il ajoute sur un air supérieur, avant d'arborer un grand sourire. Il retombe au fond de sa chaise et contemple le mauvais camaïeu de rose qui baigne dans sa coupe à cocktail. « Ma nièce m'appelle Ted. Pas sûr que ce soit un modèle de virilité. » Il attrape finalement le verre et le vide en trois gorgées sucrées qui lui anesthésient la gorge. Le silence retombe et appelle les aveux, pousse à une confession qu'il ne pensait pas entendre. « Oh. » Qu'est-ce qu'il pourrait dire de plus ? Il constate l'amour et ses failles. « De toute façon, aucune histoire n'est parfaite. » Qu'il concède dans un soupir. Même si c'est malsain, cet adultère a presque quelque chose de rassurant pour quelqu'un comme Theodore qui ne croit plus en l'amour depuis longtemps - cela ne fait que valider sa vision des choses. Les gens finissent toujours par partir, par tromper, par blesser. Toujours. C'est hésitant qu'il croise son regard, pour y lire les blessures et les secrets qu'il garde enfouit depuis bien trop longtemps sans doute. « J'ai envie de te dire que ce n'est pas surprenant, après dix ans de mariage... » Il se hasarde dans des explications peu rationnelles. Rien n'explique qu'on fasse du mal à l'autre. Rien ne justifie vraiment l'infidélité. Rien ne valide non plus les propos qu'il lâche, comme s'il avait un quelconque diplôme en psychologie du couple. « J'ai pas la solution Alex. Mais si tu l'aimes, j'imagine que vous passerez au-dessus de ça. » Qu'il ajoute d'une petite voix.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Dim 1 Juil - 11:47

Son rire résonnait dans la pièce. Il me ramenait vers l’insouciance de Cumbria. Seul, face au mur d’Hadrien, un millier de promesses dans la tête et le coeur. Mon ambition n’était que l’ombre d’un rêve - une folie des grandeurs qui happait le souffle. J’étais le gosse qui voulait plus. Le fils aîné, sain et intelligent. Celui sur lequel reposait l’avenir. Je le regrettais aujourd’hui. Cette vie trop coincée, qu’il était plus poli de dire rangée. Cette obsession pour la réussite qui transformait tout le reste. Ma personnalité, mon mariage, mes perceptions. Une machine à plaidoiries, crachant son venin sur la barre et l’opposition, ralliant les forces et les lois pour briser l’argument de l’autre. Je n’étais le défenseur de rien. Seulement, celui de moi-même. Une lutte pour gagner. Sans raison. Sans nom. Une routine ennuyeuse qui se répétait de manière éternelle dans les couloirs des tribunaux. Je pinçais les lèvres en esquissant un sourire. Assis face aux lumières des lustres,  je ruminais mes souvenirs. Je crispais les doigts autour de la table et je comptais mes défaites. A trop accomplir, j’en perdais le fil. Je me noyais dans la vase dégoulinante. Lisa se sentait oubliée, abandonnée. Elle s’égarait ailleurs. Sa tromperie n’était une excuse de rien. Elle avait ressenti le désir, l’exaltation d’un homme et son odeur. Elle s’était jeté dans l’abîme et avait éclaté mon coeur. Certains jours, je comprenais. Et d’autres, je détestais le monde. Je sentais la déchirure s’enfoncer dans ma chair. Saigner si fort, qu’elle me vidait de tout. Ma voix tremblait dans ma gorge. Un sentiment que j’étouffais dans l’alcool et les taquineries. Mais la douleur était aussi vive qu’au premier jour. La douleur était là, tant que je la voyais. Tant que je la portais en moi. Je redressais les épaules en soupirant. Mes yeux glissaient sur son expression, chassant la confession. «J’ai vécu la moitié de ma vie à Brighton. Avec ta dégaine, les poches qui te servent d’yeux et le surnom Teddy, t’as plus le profil bouseux que moi.» Raillai-je en avalant les dernières gouttes de whisky. Je levais le bras afin de commander une deuxième tournée. «C’est sympa la campagne et ma maison c’est la plus belle. Je devrais t’emmener, un jour.» Ma silhouette chancelait de bout en bout, effleurant le vide et les contours de la chaise. Je ne voulais plus en parler. Lâcher la vérité suffisait à calmer la colère, à l’extirper de ma poitrine. Pour un temps, j’étais soulagé. Je me sentais libre et sans secrets. Puis le soir, en rentrant dans la chambre, j’apercevais son sourire. J’imaginais les bras qui bordaient ses rêves. L’envie qui s’enflammait dans ses reins. Elle n’était pas pour moi. Ce n’était peut-être la réminiscence de cette nuit avec son amant. Je grommelais en observant Teddy. «Tant pis. Dix ans, c’est déjà bien. » Je forçais un sourire. Je me refusais au défaitisme. Mon humeur ne pouvait être ruinée par, ce qui hantait déjà toutes mes pensées. «Tu as une petite ami ou … un copain ? » M’enquis-je en fixant les ondulations colorées de sa boisson. Je m’esclaffais encore, amusé par ses choix de cocktails et l’extravagance de ses gestes. En réalité, Teddy était une échappatoire. Une distraction bienvenue. Il était vrai - authentique. Et j’étais pris au piège au milieu des requins. Des collègues arrivistes et sans éthiques. Des voisins hypocrites et curieux. Une femme adultère et le rêve d’une famille qui se fracturait au fil du temps.  

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Lun 16 Juil - 19:18

Il apprécie la légéreté de l'instant, Teddy. Se perd dans les railleries et les confessions de son ami. Il se satisfait de la simplicité de leurs échanges. Ils sont taquins. Pas inquisiteurs, et ça tombe bien ; Walsh en a marre des questions. Marre qu'on s'inquiète pour lui, marre de crouler sous les interrogations. Peut-être que c'est tout simplement que Alex n'est pas capable de voir au-delà de ses sourires factices. Sans doute qu'il ne le connaît pas assez pour ça. Ou, peut-être est-ce simplement par respect. Pour ne pas détruire l'instant avec des idées trop sérieuses. Teddy n'en sait trop rien. Il lui est juste profondément reconnaissant de fermer les yeux sur tout. Sur son coquard, sur ses sourires en demi-teinte, ses lèvres qui se pincent quand il est tenté de mentir. Il rit à nouveau et hausse un peu les épaules. « Touché. » Qu'il se contente de répondre. Il n'a pas grand chose d'un gentleman, Walsh, il le sait. S'il ne s'était pas trouvé dans la chirurgie, il n'aurait sans doute jamais porté de costume hors de prix, ni même roulé en allemande. Il se serait tourné vers une vie plus simple, sans doute. Centrée sur les voyages et les découvertes. Une succession de petits boulots pour se remplir les poches et un vélo ou une planche de skate pour se déplacer. Il le sait, il n'en aurait pas été moins heureux, que ce soit à vendre des pizzas ou servir des cocktails dans un pub. « Calme tes whormones Ferguson, je ne suis pas tellement dans le délire british-Brokeback-Mountain. » Qu'il lâche dans un sourire avant de descendre son cocktail. Pause alcoolisée que le silence attaque. Son regard court sur les contours de la table avant de s'attarder sur les traits soucieux d'Alex. Il s'improvise conseiller matrimonial, mais il ne perd pas de vue que non, tous les problèmes de cœur ne peuvent pas être réglés à coup de scalpel. « Tu dis ça comme si c'était fini. Je pensais les avocats plus coriaces que ça. » Il laisse une touche d'humour glisser sur ses lèvres, même quand le sujet ne s'y prête pas vraiment. C'est son moyen de fuir le malaise, à Teddy. De fermer les yeux sur les erreurs des autres, de parler pour combler le vide, sans pour autant se risquer à donner des conseils creux. Mais Alex est meilleur que lui à ce petit jeu et la situation ne tarde pas à se renverser. Il rit, se pince les lèvres. Est-ce qu'il peut vraiment se permettre de lui en parler ? Est-ce que lui-même est capable de comprendre ce que cette histoire signifie ? Il arrête le serveur en profite pour lui demander deux autres verres, puis il retrouve un léger sourire, malmenant la nappe du bout des doigts. « En fait.. » Les mots restent suspendus à ses lèvres. Son cœur bondit et il se ravise. Est-ce qu'en parler rendra la chose plus réelle ? Est-ce qu'un simple aveux remettra tout en question ? Ses prunelles se redressent et accrochent celles d'Alex. Il tapote nerveusement du bout des doigts sur la table. « Il y a quelqu'un. Peut-être. » Un soupir. L'incertitude lui serre la gorge. « Enfin, je la connais depuis longtemps mais. C'est assez nouveau. Elle est cool, elle.. Elle s'appelle Clara. » La confession est presque trop lourde et il a l'impression que le contrôle lui échappe. Alors il se reprend immédiatement Teddy. « Mais on est pas du tout ensemble, elle et moi. C'est rien de sérieux. On s'entend bien, on passe du temps tous les deux, c'est tout. » Il acquiesce comme pour se convaincre de ses propres mensonges. Il a tellement peur que ce soit plus que ce qu'il veut bien admettre.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Mer 8 Aoû - 13:08

Une complicité tacite, maquillée par une bienveillance renversante. Je fermais les yeux sur ses secrets. Et il accompagnait ma solitude, griffait les ténèbres qui enlaçaient mon coeur pour ouvrir une lucarne et laisser entrer la lumière. J’étais moins aigri - moins confiné dans mon couple. Teddy était une échappatoire à la vérité. Une pause méritée après des mois de lutte et de ressentiments. Notre amitié était étrange, elle se consolidait dans les silences murmurés - dans ces regards échangés. Parce qu’on ne disait rien. Mais on savait avec certitude que nos âmes se soutenaient dans la chute. Les ecchymoses faisaient partie du personnage. Des traces violacées que j’ignorais volontairement. Mon regard glissait sur son visage pour ne remarquer que le sourire, la lueur au fond d’un regard illuminé par une joie artificielle. Il avait ses habitudes. Et j’avais les miennes. Une addiction au travail et au succès qui rongeait mon couple. Un vice effroyable qui faisait tremblait les piliers d’un mariage soudé. Je m’en fichais parfois. Je ne m’inquiétais pas des disputes et des absences. Je voulais croire aux victoires des plaidoiries qui se succédaient entre les façades du tribunal. Je voulais lever la tête et dresser les épaules, être le parolier d’une mélodie entraînante qui faisait valser l’opposition et les procureur. Un complexe ancien. Celui d’un gosse des champs, étouffé par l’oppression d’un père alcoolique et d’une mère courageuse. Une attention qu’on n’accordait au frère cadet. Il était malade, lui. Il avait ses troubles et son autisme. Il n’avait rien à faire d’une vie d’adulte. Je hochais la tête et sifflais une gorgée d’alcool. Mon esprit vacillait entre deux univers. Des maisons parallèles. Des lieux contradictoires. Une origine campagnarde et un avenir citadin. J’en avais rêvé. Et aujourd’hui, j’en ressentais le manque. De mes landes de Cumbria et des horizons féroces à la merci du ciel. «Oh ça va. Un peu d’air frais et un bon ragout d’agneau te feraient pas de mal.» Pour la première fois, je lui témoignais ma sollicitude. Une remarque qui auréolait ma bouche et mes paroles. Je n’effaçais pas les détails. Je les transposais seulement. Je me souciais de ses bagarres. De ses défaites qu’il cachait derrière une insouciance juvénile. Mon dos s’alignait sur la chaise. Je hochais la tête sans écouter. J’étais l’avocat le plus coriace du cabinet. Un requin dans une piscine pour enfants. Gros acérés et preuves à l’appui. Je ne laissais rien filer - seulement, une dignité amoureuse, un sentiment d’amour véritable pour elle. «Elle me rend dingue, Ted. Est-ce que tu peux imaginer, une jalousie qui brûle tout sur son passage. Ce serait mieux si on pouvait finir. » S’épargner nos horreurs et nos insultes. Parfois, la passion ne suffisait pas. La confiance était ébranlée par la moindre tromperie. Par le fantôme d’un autre, un amant inconnu, haletant contre son oreille - sa bouche. Un frisson traversait ma poitrine. Je saisis le verre que le serveur posait sur la table, buvait une grosse goutte d’ivresse et effaçait la frustration - ce malaise catarrhal qui bouillonnait dans mes tripes. Mon attention se portait sur ses confessions. Un bourgeon d’amour fragile. Un sentiment qui faisait peur, qui écorchait les viscères et le coeur. «T’inquiète, elle est pas là pour écouter. Tu peux m’dire que tu l’aimes bien. J’aurais flippé aussi si je devais sortir avec le compagnon du Dr Who. » Murmurai-je en hochant la tête. Je sentais son appréhension, sa peur de l’engagement et la lâcheté sentimentale qui envahissait ses expressions. « Respire, pour un truc pas sérieux t’as l’air de bien te prendre la tête. » Je m’accoudais à la table et l’observais d’un air inquisiteur. Un face à face moqueur - plein de défis, à l’image de ces longues pauses devant l’accusé.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Mer 22 Aoû - 17:18

Des sentiments qui s'enlacent comme autant d'incertitudes dans son esprit. Teddy, il vit des mots d'Alex. De ses histoires fabuleuses et d'autres, bien plus terribles. Il lui dessine d'abord une campagne superbe, aux saveurs rustiques, aux paysages de carte postale. Puis, une minute s'écoule et leur monde bascule sur les aveux d'un adultère. Le sourire de Walsh vacille, s'essouffle sur des souvenirs similaires. Il a été fidèle, mais il a cautionné que d'autres ne le soient pas pour se perdre dans leurs draps. Il a connu le contre-coup et parfois rien du tout. Jusqu'à ce qu'il devienne le pion à son tour. L'imbécile heureux s'étouffant sur sa naïveté. Il a été trompé, sur plusieurs sens du terme. Mais ça ne l'a jamais autant affecté que Alex. Parce que Teddy, il n'a jamais aimé dix ans de sa vie la même personne. Theodore, il n'est même pas certain de savoir ce que c'est, de ressentir cet amour crève-cœur, de s'y accrocher pour rester à flots, alors que le poids d'une alliance et de mille erreurs entraînent vers le fond. Mathilde valse brièvement entre ses souvenirs. À vrai dire, elle a été l'une des rares à le faire mourir un peu, baiser après baiser, dispute après dispute. Vingt apocalypses au moins se sont écoulées ; les cœurs se sont attachés puis détruits, accrochés puis éloignés. Il l'aimait pourtant, sa française, jusqu'à ce que s'aimer ne soit plus qu'une corvée épuisante, une promesse de guerre qu'il était trop fatigué pour mener. « En finir ? Ce serait trop facile. Écoute-toi parler Alex, tu l'aimes beaucoup trop, ta femme. » Il hausse mollement les épaules Teddy et garde ses conseils alambiqués pour lui. Sa respiration se dilue dans le silence et son esprit s'oriente sur autre chose. Des expériences personnelles. Une silhouette nouvelle sur son horizon. Un futur incertain et terrifiant, dont il cherche à connaître les tenants et les aboutissants, un peu malgré lui. Les soupirs s'alignent sur ses lèvres et les confessions sont maladroites, volées aux coins de ses lèvres comme quelques secrets qui n'en sont pas, en réalité. C'est que les mots ricochent étrangement contre son palais – il a l'impression que c'est un autre qui parle. Car ça ne peut pas être ta vie Walsh, n'est-ce pas ? Ce bonheur, il est nouveau. Naissant et fragile, à protéger de ses déviances et de ses incertitudes. Il rit un peu, Teddy, secoue la tête, une légère gêne nouant ses sourires. « Peut-être que c'est un peu sérieux. » Qu'il lâche dans sa confusion. Ses épaules roulent et ses lèvres se pincent. Il se trouve ridicule, Walsh, vulnérable sous le poids des sentiments. « Elle est différente. Je l'ai rencontrée au Costa Rica, il y a des années de ça. » Différente des autres femmes. Ils se complètent et se complimentent. Se moquent et se font peur, quand ça devient trop sérieux, justement. « J'ai juste peur de tout foirer, parce que c'est ce que je fais toujours, tu sais. Je ne suis pas comme toi Alex. L'engagement, ça me fait flipper. » Qu'il confesse dans un soupir. Il finit son verre et dans un énième passage, le serveur abandonne deux cartes sur la table. Walsh, il secoue la tête. Chasse le pire de sa caboche blonde. Il ne veut pas y songer, pas encore. Pour l'instant, tout est simple. Pas de promesses et pas d'étiquettes. Juste des jours qui s'alignent et s'allongent sur la douceur de ses sourires. Teddy, il perd son semblant de sérieux et attrape plutôt la carte. « Et si on commandait ? » Pas qu'il ait particulièrement faim. Il pourrait boire toute la soirée et s'en contenter pour refaire le monde avec lui, à vrai dire.

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MessageSujet: Re: a bro never wears socks with sandals + teddy   Dim 26 Aoû - 14:54

Le secret rongeait mes pensées. Un poison gangrénant dans ma chair. L’ultime aveux d’un homme à qui tout réussissait. Une carrière flamboyante et des rêves assouvis. Puis la chute - le coup de poignard qui laissait une trace indélébile sur la peau. Lisa s’était échappée dans les draps d’un autre. Certainement, pressée par mes absences et mes voyages. Un travail qui bouffait la passion. Un engagement qui m’éloignait de nos promesses et de nos romances. Elle était acquise, cette femme. Elle était précieuse et enfouis dans mon coeur. Et pourtant, le temps manquait pour lui dire. Le temps manquait pour l’embrasser et l’emmener en ballade. Une routine devenue douloureuse et des années de complicité bafouées par l’erreur humaine. Nous avions grandi ensemble; Nous avions redéfinie les arabesques d’un monde de fantaisie. Puis la réalité nous avait heurté. La réalité était différente des fantasmes juvéniles. Je me redressais sur le siège et avalais une énième gorgée d’alcool. Un coma éthylique qui s’attardait. Une ivresse qui ne faisait qu’endormir le sentiments. Je l’aimais trop, Lisa. Ce n’était pas là la question. Le poids de son adultère crevait mes yeux. Chaque souffle - chaque caresse était souillée par la possibilité de l’autre. Par l’émotion ressentie dans ces draps froissés et suintants. Un lit qui n’était pas le mien. Des lèvres et une bouche qui avaient glissé sur ces courbes que j’avais adulé un millier de fois. Je ne le connaissais pas, ce type. Je n’étais même pas sûr de le vouloir. J’aurais pu le tuer ou simplement me suicider. Me noyer dans une assomption ridicule et une vanité masculine qui n’avaient plus aucun sens lorsqu’on perdait la femme de sa vie. « Je ne sais pas. Les papiers du divorce sont prêt, il ne manque que ma signature. » Mais je m’obstinais. Je refusais d’apposer l’encre sur le papier et d’adhérer au chantage sentimental. Un combat d’égoïste pour préserver un mariage qui comptait bien plus que ma carrière. Je n’arrivais pas à la quitter, malgré les disputes et ses demandes. Malgré les silences et les colères. Il y avait quelque chose à sauver. Un fragment de nous qui s’agitait entre mes côtes. Je soupirais en me détournant. Les lumières doraient les contours de la pièce. Un espace illuminé par la ferveur de l’alcool et des rires contentieux. Et nous étions là, anonymes au milieu des vacarmes, confessant, blessure après incertitude, prêts à noyer le doute dans un verre de bourbon. J’aurais voulu l’aider, Ted. Lui tendre la main et lui promettre que toutes les peurs étaient passagères. Qu’il suffisait d’essayer pour y arriver. L’engagement n’était pas terrible. Ce n’était qu’un mot. Un sentiment. Et comme tout le reste, il pouvait durer une éternité ou s’essouffler avec le temps. « Hey. Quand j’ai rencontré Lisa, la connexion a été immédiate. On était étudiants à la fac. Il faut m’imaginer avec une besace et un accent terrible. Des manières de campagne qui me venait un peu trop naturellement et une espièglerie qui m’avait conduit dans une ville étouffante. Je ne me voyais pas l’épouser et l’aimer pendant dix ans. Elle aurait pu être une petite amie. J’ai eu peur aussi… » Mais il y avait l’évidence d’un amour qui consumait tout sur son passage. Il y avait ce besoin, presque vital, de l’étreindre et la garder auprès de moi. « Ce que je veux dire que c’est normal de flipper. Prend le temps d’apprendre de tes erreurs. » Avec le recul, c’était la seule chose à faire. Je souris et épluchais le menu. « Oui, commandons. » Une trêve pour oublier ces ratures qui se creusaient dans nos histoires. Un moment de silence où les blagues revenaient et la nostalgie s’effaçait. « Je crois que vais m’organiser un petit trip ce weekend. Tu peux me rejoindre. No girls allowed. » Je hochais la tête en interpelant le serveur.

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