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 nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)

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MessageSujet: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Ven 4 Mai - 15:33

Cecil cherche – ses yeux désintéressés parcourent la salle indéfiniment. Ils n’y trouvent rien d’autre que du mouvement, de la tension, et des couleurs à la fois trop vives et trop ternes. Il cherche, il ne trouve pas, il se frustre et s’énerve d’être frustré. Elle était introuvable, et ça l’énervait – pourquoi ? Il ne voulait l’apercevoir que par pure curiosité. Qu’est-ce qu’elle devenait ? Avait-elle changé de coupe de cheveux ? Comment s’était-elle habillée ? Est-ce qu’elle avait l’air satisfaite ? Tant de questions sans grande importance, mais qui, pensait-il, le titillaient suffisamment pour qu’il désire les satisfaire d’un rapide coup d’œil. Et s’il ne la trouvait pas ? Tant pis. Il survivrait.
Peut-être.
Mais la simple idée de quitter cette conférence sur un échec lui tordait le ventre. Il savait qu’elle était là – il avait vu son nom sur les papiers administratifs du colloque. Elle avait tout organisé, elle se devait d’être là pour la soirée d’ouverture, c’était comme ça que cela fonctionnait, lui avait-elle dit une fois.
Mais ce n’était pas pour elle qu’il était venu, ce n’était pas pour elle qu’il s’était si bien apprêté, ce n’était pas pour elle qu’il avait tant redouté cette soirée. Non, cela serait idiot, insensé – espérer quoique ce soit ? Il était bien au-dessus de ça. Leur relation s’était finie comme finirait une voiture de course que l’on conduit droit dans un mur.
Abruptement.
Douloureusement.
Sans oublier l’amertume que l’on ressent nécessairement lorsqu’on voit un bel objet réduit à un tas de ferrailles bon pour la casse.
La culpabilité que l’on essaie d’oublier, de balayer de quelques sarcasmes bien placés que l’on se répète à soi-même.
« Les filles plus jeunes, c’est comme le communisme. C’est rafraichissant un moment, puis ça n’attire que des ennuis. »
« C’était une expérience à tenter, c’est tout. Je ne me suis jamais fait d’illusions : ça n’allait pas durer. Ca n’était pas fait pour durer. »
Ca n’était pas fait pour durer. Exactement Alors qu’est-ce qu’il foutait ? Pourquoi il la cherchait inlassablement comme ça ? T’es un idiot, Cecil. Va discuter des intérêts de la littérature autotélique avec un conférencier avant de faire une connerie.
Ouais mais elle était là. Il avait à peine fait quelques pas vers l’est pour se résoudre à lâcher ces espoirs pourris, et la voilà, à quelques mètres. Et avant même que sa conscience ne puisse lui énumérer le quart des raisons valables et logiques de ne pas aller la voir, son corps – faible, influençable, régi par la réminiscence de souvenirs qu’il aurait préféré oublier – se dirigeait vers elle. « Jackie. C’est une surprise de te voir ici. » Il fait, prenant cet air froid et hautain qu’il arborait en permanence. « Je pensais que tu avais assez de jugeote et d’amertume en toi pour éviter à tout prix le département littérature de l’université. Tu sais, histoire de tenir tes « J’veux plus jamais te revoir », tout ça. »

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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Ven 4 Mai - 18:33

C'est à peine arrivée que Jackie regrette déjà. Elle a longtemps hésité, peser le pour et le contre un nombre incalculable de fois dans sa voiture mais c'est rendu à l'évidence que quoiqu'elle fasse, elle n'avait pas d'autres choix que d'y aller. Son patron l'avais mise en avant face à ses autres collègues en lui confiant cet événement. Elle se devait d'être présente. Elle se rappelle d'ailleurs de l’ascenseur émotionnel qu'elle avait subi lorsqu'il lui avait parlé d'un contrat juteux que la boîte allait enfin concrétiser. Ravie d'en être nominée chef de projet les trente premières secondes, la demoiselle avait vite déchanté en comprenant qu'il s'agissait d'une coloc pour le département de littérature de l'université. Là où il travaillait.
Elle savait donc pertinemment qu'il était là ce soir puisqu'elle avait du elle-même s'occuper des invitations. Pincement au cœur lorsque ses yeux s'étaient attardés sur son simple prénom, elle n'avait eu de cesse de tenter de le chasser de son esprit depuis. Comme elle l'avait fait à une période après leur rupture brutale et attisée par le mensonge. Malgré tout ce qu'elle pouvait dire ou penser de sa capacité à encaisser, Jackie avait réellement été frustrée, voir blessée par cette fin inattendue. Un sentiment d'inachevé qu'elle pensait avoir fini par mettre de côté. Cependant ce n'était pas le cas, à son plus grand désarroi. En effet, sans même s'en rendre compte, la blondie s'était mise sur son trente-et-un. Apprêtée d'une élégante robe de coktails en dentelle noir et de hauts talons bordeaux, elle affichait un look de femme sexy et sûr d'elle. Un sentiment qu'elle aurait profondément aimé ressentir à cet instant et non pas juste transparaître. Flirtant avec les quatre coins des murs du bâtiment, Jackie pouvait sentir les regards flatteurs de beaucoup de messieurs présents à cette conférence. Des regards qu'elle prenait à peine le temps de retourner, cherchant seulement à faire son travail et partir le plus vite possible avant de tomber sur lui. Hélas, c'était sans compter sur ce foutu karma. « Jackie. C’est une surprise de te voir ici. ». « Et merde.. », pense-t-elle très fort alors dans sa tête en se mordant la joue intérieure. Face au barman qui vient de lui tendre une vodka tonic, la jeune fille se retourne vers son interlocuteur qu'elle a immédiatement reconnu au son de sa voix si familière. « Je pensais que tu avais assez de jugeote et d’amertume en toi pour éviter à tout prix le département littérature de l’université. Tu sais, histoire de tenir tes « J’veux plus jamais te revoir », tout ça. » . Arborant un masque d'imperméabilité à toute épreuve, elle laisse un petit sourire théâtralisé se dessiner sur son visage après avoir bu une première gorgée du précieux liquide plus que bienvenu. « Cecil ». Ses lèvres se pincent discrètement en un rictus forcé. « Et laisser tous mes autres amants présents à la soirée dépourvus du plaisir de ma compagnie ? Ça serait terriblement malpoli voyons.. », lui répond-t-elle d'un air cynique rondement affirmé. Davantage maître d'elle-même à nouveau, son faux sourire s'élargit quelque peu. « Comment va ta femme sinon ? ». Elle finit par lâcher, histoire de taper là où ça fait mal. Sa conscience lui crie de déguerpir, de s'éloigner de cet homme qui l'a fait souffrir, mais c'est sans compter sur cette envie irrésistible de soutenir son regard.
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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Sam 5 Mai - 22:42

C’était une belle femme, Jackie. Il pouvait pas lui enlever ça. Sa façon de soulever des ouragans sans lever le petit doigt, c’était ce qui l’avait fait tomber sous son charme dès le départ. C’était une beauté fondamentale, Jackie – comme un poème, quelque chose qui bouleversait sur la durée, qui le chamboulait au fur et à mesure, un peu plus à chaque pas, à chaque mot, à chaque geste. Leur relation, ça avait été quelque chose d’explosif, une grande bouffée d’air frais dans la vie de Cecil qui alternait entre les soirées auprès de sa femme, qu’il ne connaissait que trop bien, et les nuits aux côtés de ses amants, qu’il ne connaissait que trop peu. Elle, elle avait toujours été comme un alien, un OVNI au milieu du spectre, refusant de se conformer à un quelconque groupe. Elle avait été un feu d’artifice violet au milieu de couleurs primaires.
Alors il fallait le comprendre – il fallait comprendre son désarroi, son amertume, face aux ruines de leur relation avortée précipitamment. Il n’avait jamais réellement eu l’occasion de constater l’ampleur des dégâts, le contraste entre ce qu’ils avaient été et ce qu’ils étaient. La différence entre le fantôme et le concret. C’était à présent clair, quelque peu douloureux et amer. Il remarquait ses lèvres se pincer au son de sa voix, là où auparavant, elles s’étiraient en un sourire. La tension de ses muscles, de sa mâchoire, de l’atmosphère autour d’eux – c’était clairement la tension d’un lien qui avait été brisé abruptement, sans ménagement par le sentiment de trahison, par la force brute du mensonge et celle, plus tranquille, de la nécessité. Un lien qui à présent, fragilisé au plus haut point, ne pouvait plus s’étendre, se mouvoir, s’adapter. Il résistait, il se tendait, il tremblait, et à tout moment pouvait éclater en milles éclats de verre. Mille éclats de ce qui avait autrefois touché au sublime. « Oh. Des professeurs de littérature, donc. Dois-je comprendre par là que tu as cherché par tous les moyens à me retrouver dans tes autres aventures ? Adorable. » Il regarde autour de lui, et un léger rire, moqueur dans l’intonation, jaune dans l’intention, s’échappe de ses lèvres. « Qui étaient les heureux élus ? Ce vieux Jack Monroe ? Ou McPhee et sa calvitie ? Allez, étonne-moi. » Il est comme ça Cecil – énervant, peut-être même horripilant avec son cynisme de bas étage. Ca en charmait certains, pourtant. Jackie, apparemment, avait fait partie de ceux-là. Pour une quelconque raison cependant, il se doutait qu’à présent, ses mauvais mots d’esprit ne feraient que l’irriter, pousser à bout sa patience déjà malmenée. Mais il aimait jouer avec ses limites, les titiller, abuser de sa clémence. Mais cette fois, c’était elle qui portait le coup qui faisait mal – comment allait sa femme ? Oh, la garce. Il se pince les lèvres et porte son verre à celles-ci pour cacher sa grimace. « Elle se porte bien mieux depuis le divorce – et moi aussi. » C’est une réponse pathétique, il manque cruellement de répartie. Que peut-il lui dire ? Elle est loin d’avoir une vie aussi malsaine que lui. Il se complait dans ce rythme instable, mais il est certain que cela lui donne quelques désavantages en matière de joute verbale.

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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Dim 6 Mai - 14:01

Le temps n'avait eu aucune emprise. Comme un instant figé jusqu'à aujourd'hui, son visage et ses traits étaient restés les mêmes. Il n'avait pas changé depuis la dernière fois où elle avait posé les yeux sur lui, sombre tableau au cour duquel elle l'avait rejeté avec véhémence. Un regard noir de colère lié à ce sentiment de trahison terrible qu'elle avait ressenti, mélangé à ce besoin irrésistible de graver une dernière fois son image au creux de ses iris. Comme une sorte de deuil de leur relation avortée, Jackie pensait réellement avoir réussi à passer à autre chose. Hélas c'était sans compter sur l'intervention de Cecil et sa volonté semble-t-il de venir la taquiner au cours de cette soirée.
La jeune femme ne comptait plus les hommes qu'elle avait fréquenté. Coup d'un soir ou longue durée, peu pouvaient se targuer de l'avoir réellement marqué. Mais un seul pouvait avoir la prétention de lui avoir manqué. Sans prévenir il avait débarqué dans sa vie, l'avait fait sourire, frissonner, rivalisant avec le panel masculin qu'elle connaissait jusqu'à lors. Ce n'était pas juste son âge ou son physique qui faisait la différence. C'était un tout. Un esprit affûté et cinglant capable de tenir tête au sien, une vision de la vie nullement étriquée et une fraîcheur de caractère si singulière. Délicieusement différents, ils se complétaient pourtant comme jamais. Cependant, là où Jackie avait été totalement transparente, Cecil, lui, avait caché qu'il était déjà marié. Première place dans ses pensées, la blondie avait dû se résoudre à n'être qu'en seconde position pour cette homme. Un mal pour un bien qui avait coupé court à cette liaison au goût amer d’inachevé.

C'est la mâchoire crispée et la bouche asséchée que Jackie écoute son ancien amant se moquer d'elle, rentrer dans son jeu avec un cynisme qu'elle lui connaissait si bien. « Toujours aussi modeste à ce que je vois. », finit-elle par lui répondre d'un air acerbe, son petit sourire ironique figé depuis ces retrouvailles tendues. Portant de nouveau sa vodka à ses lèvres, l’interpellée se rapproche quelque peu de son interlocuteur, réduisant ainsi la distance entre eux. Un jeu dangereux qu'elle désamorce aussitôt.   Ses yeux se détournent de Cecil tandis que son index pointe  un des invités en train de se goinfrer au buffet. « A vrai dire je pensais plutôt au professeur Hodgkins.. les petits rondouillards à l'hygiène douteuse ça a toujours été mon genre. ». Elle observe son exemple vivant ingurgiter une énorme gambas avant de se lécher les doigts goulûment. Une légère grimace se dessine aux commissures de ses lèvres en voyant cet écœurant spectacle avant de reprendre le dessus. Son attention revient alors vers Cecil, un rictus piquant autour de ses lippes. « Maintenant que j'y pense, la ressemblance entre vous est frappante ». Elle le titille, le taquine mais cette fois-ci presque de manière enfantine, sans réelle médisance. Elle doit l'avouer, ce genre de joutes verbales lui avait cruellement manqué. Néanmoins elle n'en oublie pas pour autant ce qui a coupé court à cette relation. Prête à entendre la réponse du professeur suite à son pique plus qu'évident, Jackie se retrouve désarmé l'espace d'un instant face à ses dires. Frapper là où ça fait mal c'était son but. Mais elle n'avait aucunement envisagé pareille confession. Intéressant. Étrangement soulagée de l'entendre,  un frisson incompréhensible traverse son échine. Perdue par cette sensation, elle vide sa coupe déjà bien entamée. « Je n'en doute pas. Ça doit être lassant d'être cocue à longueur de temps ». Mesquin vraiment. Elle n'a pas pu s'en empêcher. Elle ignore comment les choses se sont finis entre eux et depuis combien de temps, même si elle se doute que les frasques de Cecil ont du y être pour beaucoup. C'est pourquoi elle ne se démonte pas, gardant cette assurance que beaucoup lui envient. « L'avantage à présent c'est que tu n'auras plus besoin de mentir pour t'envoyer en l'air ». Elle regarde son verre vide, une moue presque déçue, avant de se rabattre sur sa pochette où se trouve son paquet de cigarettes. « Si tu veux bien m'excuser, je vais me rafraîchir les idées », termine-t-elle  de manière faussement polie, tournant aussitôt les talons en direction du balcon vide à cette heure là.

Sa clope au bec, la flamme du briquet lèche déjà l'avant pour en extraire la première vague de fumée. Une mauvaise habitude qui la soulage de cette rencontre à la fois rebutante et secrètement désirée. D'ailleurs, à ce moment précis, au plus profond de ses entrailles, la belle espère que Cecil n'en restera pas là.
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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Mer 9 Mai - 17:13

« Toujours aussi modeste à ce que je vois » qu'elle lui dit, ce petit air moqueur qui lui va si bien constamment collé sur le visage. Cecil, lui, se contentait de souffler d'un air sarcastique en arquant les sourcils. Modeste ? A quoi bon ? Il était fantastique, incroyablement talentueux et un amant de choix. Tenter de camoufler tant de qualités n'aurait été qu'un perte de temps incroyablement vaine si le but n'était que de se targuer d'une modestie de surface. Il n'était pas de ceux qui passaient leur temps à se déprécier, l'air renfrogné et les bras croisés sur le torse. Il avait conscience de l'ampleur de sa valeur et agissait conséquemment. Ce trait de caractère représentait une telle part de lui qu'il soupçonnait Jackie de cracher sur ce qui l'avait autrefois faite tomber dans ses bras. Mais, dans sa grande miséricorde, il lui pardonnait. Après tout, il fallait bien qu'elle fasse le deuil de la perte de cet amant incroyable qu'il était – et il devait bien admettre que lui aussi avait fait la même chose après leur "rupture", ou tout du moins, leur séparation. Blâmer l'inconscience des jeunes filles, leur naïveté – leur facilité à se faire avoir puis leur outrage lorsqu'elles découvraient la supercherie. Leur optimisme à toute épreuve qui les conduisait droit dans les ravins les plus abruptes. Pourtant, n'était-ce pas tous ces traits qui l'avaient fait craquer pour Jackie ? Cette fraîcheur, cette jeunesse, cette volonté de dompter la vie et de venir à bout de chaque obstacle ? Lui, il avait été l'obstacle principal, l'obstacle qui, il l'avait bien remarqué, l'avait stoppé dans son élan d'un coup droit dans le ventre. Cecil n'était jamais tendre avec ses aventures. Pourtant, il n'avait pas pu étouffer ce pincement au cœur, voire cette déchirure muette qu'il avait ressenti lorsqu'elle lui avait jeté ce regard alliant déception et fureur (un mélange fatal pour toute âme un tant soit peu éprise d'autrui) avant de claquer la porte. Mais il secouait la tête. Il se laissait trop aller à des souvenirs vaporeux, futiles, dangereux. Alors il se contenta de répondre : « Je ne fais que m'apprécier à ma juste valeur. Si j'attends que l'un de vous le fasse, hein... » Il se tournait de nouveau vers elle en prononçant ses mots, et manqua d'hoqueter dans sa phrase lorsqu'il constata qu'elle s'était dangereusement rapproché – bien, dangereusement n'était pas réellement le terme adéquat ici. Peut-être le terme "fortuitement" serait-il plus adapté. Se raclant la gorge, il fit de son mieux pour reprendre une quelconque contenance alors que ses yeux déstabilisés se tournèrent vers Hodgkins, que Jackie lui montrait du doigt. Imaginer ce petit homme ventripotent au lit avec la femme élégante et pleine de vie, dans sa petite robe noire, qu'il avait à côté de lui faisait naître en Cecil en mélange assez désagréable d'amusement et de dégoût. Secouant la tête pour désamorcer le frisson qui commençait à se former dans le bas de sa nuque, il se pinça les lèvres en entendant la pique taquine que lui lança Jackie. Arquant un sourcil quelque peu méprisant alors que son regard hautain se concentrait de nouveau sur le sujet de leur conversation, il laissa échapper de ses lèvres serrées un léger rire narquois. « Ah, bien entendu. Je ne me suis jamais senti aussi proche d'un homme. Aussi bien spirituellement que physiquement d'ailleurs. »
Mais la conversation dérive sur un tout autre sujet, bien moins plaisant. Et Cecil ne manque pas de relever l'invective de son interlocutrice, qui lui fait un peu plus serrer la mâchoire. Il avait beau ne plus réellement être amoureux de sa femme, la culpabilité le démangeait toujours sérieusement. Il essayait de s'en remettre, d'oublier ce sentiment amer et lourd, qui tord l'estomac et étreint la gorge – mais les paroles de Jackie viennent tout remettre sur le tapis, comme un désagréable rappel des innombrables fois où il a merdé. Se tournant sèchement vers elle, il s'apprête à répliquer durement mais c'est à ce moment là qu'elle décide de couper court à la conversation, tournant les talons pour s'échapper sur le balcon. Tant mieux, pense-t-il, non sans une pointe d'amertume. Cette dicussion semblait de toute façon prendre une tournure peu plaisante. Poussant un léger soupire, il tâte ses poches pour trouver son paquet de cigarette – non pas qu'il veuille s'en allumer une (même si, habituellement, il prendrait un malin plaisir à envoyer au feu les impératifs tels que "Ne pas fumer à l'intérieur du bâtiment"), mais il ressent une soudaine urgence de s'occuper les mains. Cependant, rien dans ses poches. Excédé, il baisse le regard vers le comptoir sur lequel était accoudée Jackie, quelques minutes auparavant, et –...
Pas de paquet de cigarettes. Mais un portable. Ce n'est définitivement pas le sien – jamais il n'achèterait une coque de si piètre qualité. Mais il reconnait cependant le design de celle-ci. C'est celui de Jackie. Un léger sourire se dessine sur ses lèvres, et il parcourt brièvement la salle du regard afin de s'assurer que personne ne le regarde. En temps normal, il se serait contenté d'abandonner ici le cellulaire à son triste sort – il ferait bien le bonheur du premier voleur qui le trouverait. Mais après l'impudence dont Jackie a fait preuve à son égard, il a bien le droit à un petit méfait insignifiant non ? Il ne ferait rien de fondamentalement pervers, bien entendu. Mais s'il pouvait jeter un œil à ses messages, histoire de voir si elle flirtait avec un autre homme – ou, encore mieux, si elle parlait de lui à certains de ses amis – il serait amplement satisfait. Attrapant le portable, il appuie sur le bouton central et – Merde. Touche ID ou saisie du code. Bien entendu qu'elle a un code. Bien entendu. Et il le sait – elle lui a dit, du temps où ils entretenaient une relation. Mais est-ce que Cecil a le temps de mémoriser un numéro à quatre chiffres ? Non (et c'est bien pour ça qu'il n'a pas de code de sécurité sur son propre portable). Le voilà bloqué, comme un pauvre idiot. Tentant sa chance, il essaie bien quelques combinaisons au hasard, mais la petite vibration signifiant que la combinaison entrée est erronée porte à chaque fois un coup désagréable à l’ego de l'homme intelligent et logique qu'il est. Abandonnant rapidement, il garde le portable en main, hésite. Puis, finalement, se résigne. Il se dirige d'un pas un peu trop fier pour l'être réellement – sans cacher une once de nervosité – vers le balcon, où il trouve effectivement Jackie, appuyée sur la balustrade. Inspirant, il décide qu'il ne rendra pas les armes sans quelque combat. « Dis Jackie chérie, » fait-il de sa voix faussement mièvre et doucereuse, « pourquoi tu dis dans tes messages que je suis à ce jour le meilleur coup que t'aies jamais eu ? »

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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Ven 11 Mai - 1:30

Cecil était le genre d'homme qui pouvait être aussi charmant qu'horripilant. Cette attitude désinvolte, parfait exemple de la tête à claques par excellence, était sans nul doute ce qui agaçait le plus Jackie. Mais paradoxalement, c'est ce qu'elle aimait le plus chez lui. Sans doute parce qu'il représentait cette assurance sans faille, et non jouée, que beaucoup souhaiteraient détenir. Un mélange subtil de flegme anglais et d'arrogance aristocratique. Un contraste flagrant avec le reste des conquêtes de la blondie. Pas étonnant alors que la fin de leur relation ne fut pas simplement un énième trait barré sur une liste de noms indistincts. Comme le répertoire des invités de cette coloc, son prénom s'était gravé sous ses paupières, laissant une marque indélébile réveillée par son interaction avec lui ce soir là.  Souvenir endormi, recroquevillé au fin fond de son esprit, il n'avait fallu que sa voix pour raviver ce frisson singulier. Cependant la colère qu'elle avait ressenti en découvrant son mensonge lui permettait aujourd'hui de tenir ses distances. Une chose à laquelle elle tenait grandement. Un bouclier que Jackie brandissait allègrement à coup de sarcasmes et de paroles piquantes à souhait. Et ça Cecil l'avait tout à fait compris puisqu'il ne perdait pas un instant pour répliquer. Le contraire l'aurait étonné d'ailleurs, voir déçue. Sauf que préférant ne pas s'attarder dans cette discussion malsaine, l'organisatrice des lieux avait décidé de couper court à la conversation, laissant ainsi son interlocuteur piqué au vif. Un sentiment de fierté en surface qui cachait pourtant une profonde apprêtée. Sa rancœur avait la dent dure. Rancune coriace, blessée dans son orgueil jadis, la demoiselle cherchait par tous les moyens à être maître de la situation.

C'est à peine sortie que Jackie inspire une profonde bouffée d'oxygène, se laissant aller à un soupir de soulagement. Elle n'avait pas flanché et lui avait tenu tête comme il se doit. Fouillant activement dans sa pochette, elle en sort aussitôt une cigarette qu'elle savoure avec le plus grand des délices. « Je n'aurais jamais dû accepter ce projet.. », se murmure-t-elle à elle-même en rejetant une grosse taffe mortelle tout en passant la main sur son front. Sans perdre la face, la jeune femme tend tout de même à se relaxer. Elle est seule sur ce balcon et le brouhaha ambiant résonne comme un écho lointain derrière les portes vitrées. Dans ce simple geste d'addiction, elle cherche à se détendre, soulager son esprit de toutes ces pensées contradictoires qui s'entrechoquent. Elle se dit alors que ça serait l'occasion de checker le planning de la journée de demain sur son téléphone avant d'être définitivement libéré de cet événement maudit organisée par sa boîte. Hélas, à peine commence-t-elle à  s'enquérir de son portable, qu'on vient une fois de plus la tirer de sa rêverie. « Dis Jackie chérie, pourquoi tu dis dans tes messages que je suis à ce jour le meilleur coup que t'aies jamais eu ? ». Cecil est de nouveau derrière elle, tandis que le cœur de Jackie tressaille à cette surprise. Plongée dans ses réflexions, elle ne l'avait même pas entendu approcher. Machinalement ses lèvres se pincent à un rictus crispé et dans un geste mimétique se retourne vers lui. Elle hausse un sourcil, perplexe, avant que son regard ne s'attarde sur un appareil familier entre les mains du son ancien amant. Son téléphone. Elle le reconnaîtrait entre mille. Sans doute l'avait-elle laissé traîner comme une idiote  sur le rebord du bar. Elle ne voit que ça sur le coup. C'est en comprenant alors toute la facétie des paroles du professeur qu'elle ne peut s'empêcher d'exprimer un petit sourire malicieusement travaillé. « A vrai dire maintenant que tu m'y fais penser, j'ai dis un tas de choses à ton sujet.. ». L'intonation de sa voix se veut sensuelle, faussement envoûtante alors que ses pas la guident vers lui. « des choses tellement plus croustillantes et élogieuses que la plupart de mes exs en seraient vert de jalousie ». Le regard perçant de Jackie fixe les iris azuréennes de son invité surprise. Son sourire devient plus provoquant. S'il veut jouer à ce jeu là il faudra alors en assumer toutes les conséquences. La blondie se rapproche encore. Quelques centimètres les séparent désormais, ce qui l'oblige à lever les yeux pour poursuivre. Et c'est sans crier gare qu'à cette distance elle en profite pour récupérer son portable. « Quel dommage que tu n'aies pu le déverrouiller pour accéder au reste... mais merci de me l'avoir ramené », souffle-t-elle à proximité de sa bouche avant de se décider à reprendre un nuage de fumée toxique. Un intense frisson parcours son échine et ses avants bras, sa robe en dentelle n'étant pas la tenue adéquate pour supporter ce vent frais nocturne qui commence à se lever. Mais elle fait mine de ne rien ressentir. S'entichant d'une moue presque enfantine, elle finit par conclure d'un ton plus moqueur. « Quoiqu'il en soit je ne voudrais surtout pas te priver des festivités de la soirée et encore moins de la possibilité de te voir regagner ta chambre en belle compagnie. Enfin.. si tenté que quelqu'un parvienne à te supporter jusque là. ». Sans doute ne devrait-elle pas l'encourager dans sa bêtise, comme elle se plaît à le penser, malheureusement ce besoin de continuer dans cette voie pernicieuse est devenu bien trop tentant.
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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Dim 13 Mai - 13:29

Le portable de Jackie à la main, il fixe l’intéressée alors qu’elle lui tourne le dos. Et pour une quelconque raison – ou une raison qu’il n’a pas trop envie d’expliquer, de développer – sa voix, elle se bloque un peu dans le creux de sa gorge lorsqu’il parle. Ca peut passer pour une voix enrouée par la cigarette qu’il ne fume pas (parce qu’il a toujours pas retrouvé son paquet de clopes mine de rien), heureusement. Mais bon, Cecil sent que c’est pas vraiment ça. C’est autre chose, ça vient d’un peu plus profondément dans son corps un tantinet engourdi. En vérité, il n’a pas envie de s’avouer que c’est Jackie qui lui fait perdre ses moyens – comme toujours, hein. Son franc-parler, son talent inné d’orateur, son assurance si précieuse. A chaque fois que les circonstances avec sa locutrice deviennent plus périlleuses, plus dangereuses (plus hors de sa zone de confort), il sent le poids des probables conséquences peser sur son estomac. Il déteste ça, il adore ça. C’est l’adrénaline de l’individu froid et stoïque. L’adrénaline du pauvre, de celui qui ne ressent que par vagues floues et diffuses – le fait de vibrer durant une conversation. Ses mots si précieux devenaient une arme, et chacun d’eux comptait – mais ils pouvaient aussi se retourner contre lui. Perdre sur son propre terrain – celui de la syntaxe, de la grammaire, de la lexicographie, peut-être le pire déshonneur à ses yeux. Face à Jackie, perdre, ça veut dire quelque chose, c’est pas juste une humiliation aléatoire. Perdre face à Jackie, ça rime avec une douleur aigüe dans son flanc, avec une gorge douloureusement serrée, avec les regrets sournois des moments vides et les remords qui crient dans l’obscurité nocturne. Perdre face à Jackie, c’est désagréable. Alors il a peur de l’échec, il veut pas perdre autant qu’il veut dominer la discussion. Et les chances de s’observer en tant que triste second de ces discussions piquantes le rendent nerveux, assèchent sa bouche et humidifient le creux de ses mains. Et Jackie se retourne, ses grands yeux verts se posent sur l’objet qu’il a en main, analysant la situation. Il a la main haute n’est-ce pas ? Il essaie de se rassurer. Parce que bon, il sait que Jackie, elle peut être terriblement cinglante quand elle le veut, mais qu’est-ce qu’elle pourrait bien lui dire, à ce moment-là ?
Il a, malheureusement, très vite la réponse qu’il attend. Il la voit s’approcher, et il sait ce qu’elle a en tête, parce qu’il sait aussi qu’elle sait que c’est son point faible – et elle joue de sa corde sensible comme on jouerait d’un Stradivarius. Il sent la manipulation dans sa voix, l’artificialité de tout cela, mais qu’est-ce qu’il y peut ? Il est un homme faible face à Jackie. Cette femme (cette sorcière, peut-être) qui sait si bien se jouer de ses instincts les plus primaux. Il inspire. Les mots de son interlocutrice sont flous, résonnent un peu dans sa tête, mais il parvient à en saisir le sens vague. Cette espèce de petite -… Elle sait, elle est parfaitement conscience que ces éloges sarcastiques de sa personne, ces louanges empreintes d’un cynisme pourtant évident, ce sont les seules réparties sur lesquelles il peine à rebondir. Comme une balle de tennis que l’adversaire enverrait parfaitement sur lui alors qu’il s’attendait à contrer un revers fourbe, un lobe narquois. Elle veut le mettre à terre, c’est cela ? Assister à sa démise, en être la cause, faire de lui un homme sans moyens. Il refuse de se mettre à genoux, il refuse de se laisser aller à ce petit numéro de femme fatale – ouais, mais ses lèvres sont tellement proches des siennes, et puis, c’est tellement dur de se concentrer alors que les mots languissants de Jackie se mêlent aux battements de son cœur qui résonne follement dans ses oreilles. Il inspire, entrouvre les lèvres alors qu’il cherche ses mots (trébucher sur une syllabe serait le premier signe de sa chute), les mets en ordre dans sa tête. « Oh, Jackie, tu sais que je n’ai pas besoin de ton portable pour savoir tout cela. Je le lis dans tes yeux à chaque fois que tu me regardes, c’est flagrant. » Il souffle, son visage étant bien assez proche du sien pour qu’il n’ait besoin que d’un murmure pour se faire entendre. « Cependant, cela explique pourquoi tant de tes amies sont venues à moi après notre rupture. La publicité était bien trop aimable de ta part. » Il ajoute, n’opposant même plus aucune résistance lorsqu’il lui chipe le portable des mains, ses yeux clairs se glissant dans les yeux. Il lâche presque un soupire de soulagement, heureux de ne pas avoir été réduit à quelques bégaiements. L’assurance que lui procure cette victoire sur soi-même lui fait retrouver tout le contrôle de ses membres, et il redresse la tête, réaffichant son petit sourire satisfait de soi qui lui allait si bien au teint. « Oh. Je vois que tu t’inquiète de ma vie sexuelle. Attentionnée et prévenante, je te reconnais bien là » il lance, en prenant la cigarette que Jackie a entre les doigts sans aucune gêne. Il tire dessus, soufflant sa fumée par le nez avant de remettre le rouleau entre les lèvres de son interlocutrice pour retarder la réponse de celle-ci. « Mais après toute, qu’est-ce que quelques moments de luxure face au plaisir illimité de pouvoir t’embêter, hein ? » Il trouve, avec ces mots, le courage de la contourner, se plaçant derrière elle. Il observe un moment la vue (assez banale, l’université n’était pas aussi bien placée que la maison d’un vieux riche) avant de se retourner vers Jackie, attendant à présent sa réponse comme on attend qu’un joueur de poker abatte ses cartes.

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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Mar 15 Mai - 23:57

Vouloir absolument prendre le dessus vis à vis de Cecil est un jeu dangereux. Une stratégie redoutable mais dans laquelle elle pourrait, elle le sait, s'y perdre complètement. Sauf qu'elle ne peut s'en empêcher. Comme un papillon irrésistiblement attiré vers la lumière, Jackie n'a de cesse de revenir vers son ancien amant, lui rendant coup pour coup, pour mieux reprendre la main à certaines occasions. Cherchant à contrer les joutes verbales de ce dernier, elle continue de revenir à la charge pour mieux asseoir son talent d'oratrice. Ce répondant qui lui a toujours permis de se démarquer et de se faire valoir auprès des autres. Petit boue de femme au caractère  bien trempé, se laisser faire ne fait certainement pas parti de son vocabulaire. Baisser les bras n'est pas une chose acceptable à ses yeux, encore moins auprès  de Cecil. Là où elle avait été vexée lors de leur relation avortée, la demoiselle entendait bien combler les fissures de sa fierté fragilisée. Cette fois-ci elle est en terrain connu, concourant dans la même catégorie que lui. Non par le physique mais par la force d'esprit. Un attrait notable qui les a relié par le passé et qui a présent joue le rôle de fleuret entre eux. Chacun cherchant à marquer des points au cours de cette soirée, Jackie aurait pu passer des heures encore à lui renvoyer la balle. Mais plus elle poursuit dans sa lancée, plus une sorte de nostalgie de leur relation éphémère s'infiltre lentement dans tous son corps. A mesure qu'elle riposte, se rapprochant redoutablement de son interlocuteur, la demoiselle se surprend à prendre bien trop de plaisir dans cette attitude. Comme si quelque part des fragments de leurs souvenirs passionnés refaisaient doucement surface. Se pourrait-il qu'une infime partie d'elle ait conservé de l'affection pour lui ? Non elle s'y refuse, s'offusque même intérieurement de ne serait-ce qu'y songer une seule seconde. Il est hors de question de lui faire ce plaisir. Elle se retrouve donc à quelques centimètres de lui, sans jamais flancher malgré les paroles cinglantes de Cecil. Elle l'écoute, le laisse se défendre mais sent bien que son comportement provocateur ne l'a pas laissé indifférent. Risette crispée devant les revers de son ancien amant, elle ne faiblit pas, bien au contraire. « Oh. Je vois que tu t’inquiètes de ma vie sexuelle. Attentionnée et prévenante, je te reconnais bien là » Elle le fixe de ses grands yeux clairs, jaugeant chacune de ses réactions avant qu'il ne vienne lui ôter sa précieuse amie mortelle du bout des doigts. Aucune résistance de sa part, si ce n'est un léger haussement de sourcil. Sa bouche s’entrouvre, prête à répliquer lorsqu'il lui cloue aussitôt le bec en lui remettant la clope à la bouche. Perplexe, la demoiselle le suit du regard, le laissant ainsi la contourner non sans esquisser un rictus sardonique. Si Cecil tente de l'esquiver alors c'est qu'elle gagne du terrain. Elle est en position de force malgré l'assurance qu'il semble dégager. Qu'à cela ne tienne, Jackie n'a pas dit son dernier mot. « Il faut dire qu'après notre brève relation j'avais terriblement peur que tu t'ennuies », finit-elle par répondre d'une fausse voix suave. Dernière taffe recrachée et le mégot de cigarette termine sa course dans le cendrier le plus proche avant que la blondie ne finisse par se retourner à son tour vers son ex partenaire. Une expression emplie de malice se profile sur ses traits. Son sourire se veut plus aguichant, plus provoquant. « Si tu le dis.. ». Ses pas la guident une fois de plus devant lui, comblant irrémédiablement le vide qui les sépare. Le tension est palpable et Jackie ressent à nouveau ce pincement dans la poitrine, ce désir profondément encré dans sa chaire qui a refait surface avec le retour de Cecil. Elle se gifle mentalement pour l'oublier. S'arrêtant un instant, le temps suspendu à ses lèvres, elle se penche délicatement vers lui. « Personnellement j'ai toujours été  du genre à joindre l'utile à l'agréable ». Un murmure entre deux souffles. Des paroles racoleuses et pleines de sens, qui elle l'espère, vont torturer davantage le beau professeur. « Tu aurais eu le temps de l'apprendre si seulement tu n'avais pas joué au con ». Un dernier pique, une ultime salve tandis qu'elle cherche déjà à entrevoir sa future réaction.
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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Sam 19 Mai - 13:59

Ses yeux bleus se posent sur la silhouette fine, délicate de Jackie. Il l’admire sans dire un mot, sans rien laisser passer – parce que la moindre once d’emballement vis-à-vis d’elle, du bleu-vert de ses yeux, de ses cheveux couleur miel, de son air fier et de l’étincelle d’élégance qui l’illumine en permanence, ce serait synonyme de défaite. Mais Jackie, elle est spéciale, elle le fascine, elle l’a toujours fasciné, depuis leur rencontre, jusqu’à ce soir. Et il a du mal à se contenir, mine de rien, Cecil. Alors, il lève les yeux, fait mine d’observer un moment les étoiles, que l’on voit finalement à peine – juste le temps de reprendre ses esprits, pas plus longtemps. Il sent la tension monter à lui, à la fois tellement agréable et terriblement oppressante. Et puis, Jackie l’aide pas vraiment. Il voit, à son langage corporel, à sa voix, sa démarche, ses regards. Elle se joue de lui, de sa faiblesse devant elle. Sait-elle seulement l’effet qu’elle lui fait ? Il se pince les lèvres, porte sa main à la balustrade en pierre derrière lui. Le marbre est froid, attaque la paume de sa main et il se surprend à fermer un moment les yeux, appréciant finalement la fraîcheur qui venait comme une délivrance mordre sa chair, souffrant d’une chaleur soudaine. Il inspire, alors que Jackie reprend la parole, sa voix résonnant dans ses oreilles. De nouveau, une petite pique. « Il faut dire qu’après notre brève relation j’avais terriblement peur que tu t’ennuies. » De nouveau, il pose ses yeux sur elle, alors qu’un sourire cette fois amusé se dessine sur ses lèvres. Il ne peut s’empêcher d’être, encore et toujours, charmé par le cynisme piquant de la jeune femme. Mais très vite, son air suffisant s’évapore, tout comme les dernières onces de contenance qu’il a encore en sa possession. Il observe la jeune femme s’approcher de lui, sa démarche aussi souple et gracieuse que celle d’une féline prête à se jeter sur sa proie – comme si aucun son ne s’échappe de ses talons frappant le sol, comme si elle était portée par la brise légère qui souffle, ô combien faiblement pourtant. Il n’a même pas le temps d’appréhender tous les éléments de la situation – son attention, dans la subite et sublime exaltation de ses sens que provoque la proximité de son ancienne aventure, se concentre brièvement sur le bruit des verres et des rires à l’intérieur, comme pour éviter de ne se faire bouleverser par les grands yeux de Jackie. Elle est là, si proche qu’il peut sentir son souffle sucré (presque fruité) sur ses propres lèvres, si proche que chaque intonation de sa voix vient percuter sa gorge, si proche qu’il peut sentir son parfum (elle en a changé depuis la dernière fois, pourtant, il est toujours aussi envoûtant). Il n’est même pas sûr de saisir le sens de ses paroles – il entend bien des mots, qui sifflent dans ses oreilles, qui résonnent dans son crâne, mais n’est pas sûr de pouvoir les mettre bout à bout, de leur donner une signification véritable. Parce que ces mots sont bien incapables de mettre en ordre tout ce qu’il ressent actuellement – ces mots ne peuvent pas rendre compte de la confusion, de la perte de contrôle qu’il ressent. Tout ce qu’il a le temps de penser avant que la dernière étincelle ne l’embrase, c’est Il faudrait que j’essaie de coucher ça sur le papier un jour. Soudainement, son corps reprend vie. Sa main se pose fermement sur l’épaule de Jackie et il la retourne brusquement, afin d’échanger leurs positions. Enfin, il se retrouve dans une position de puissance, il ne se retrouve pas simplement soumis face à son regard perçant et ses lèvres malignes. Les mains fermement appuyées sur la balustrade, de chaque côté de Jackie, à présent appuyée contre celle-ci, il la fixe, se mordant la lèvre inférieure, inspirant un moment avant de répondre. « Qu’est-ce que tu cherches, Jackie ? Me faire craquer ? Te prouver que je suis faible face à toi ? » C’est terriblement dur de ne pas la toucher, de ne pas lever sa main pour laisser sa main toucher sa joue, comme il l’a fait tant de fois par le passé. Cecil s’arrête quelques secondes, le temps de se ressaisir – hors de question qu’il ne perde plus de contenance qu’il l’a déjà fait. « Bien, t’as eu ce que tu voulais. Je suis faible. T’es contente ? Satisfaite peut-être ? Rassurée ? »

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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Lun 21 Mai - 23:51

Et voilà, c'était inévitable. Ça devait arriver d'une façon ou d'une autre. A vouloir s'approcher trop près du soleil, la belle avait fini par se brûler. Prise à son propre piège, la Icare des temps modernes se retrouvait désormais spectatrice de son propre jeu malsain. Tactique redoutable certes, utilisant son physique avantageux pour l'occasion, Jackie avait voulu mettre Cecil à terre. Le faire plier afin de rester maître de la situation. Une idée vengeresse qui en soit avait son charme, du moins au début, mais qui avait fini par être à double tranchant. Elle se perd alors dans une provocation volontaire et visible, un acting à la hauteur de ses talents dont la seule limite est celle infligée par la présence même de son ex-amant. Une faiblesse qu'elle pensait détruite par le passé avant d'échanger soudainement  leur place sur ce balcon. Son dos désormais appuyé contre le marbre froid vient lui provoquer un long frisson intense, alors que ses yeux se posent irrémédiablement sur ceux de Cecil. Surprise par son geste, elle tente de ne pas lui montrer. Ravalant difficilement sa salive, elle ne veut pas faillir à sa mission malgré les imperceptibles tremblements qui parcourent actuellement l'ensemble de son réseau nerveux. Plus grand qu'elle et penché vers sa personne, la voilà à présent dominé par sa simple carrure. Un tableau transpirant de tension sexuelle au delà du raisonnable. Comme manquant d'air, Jackie s'oblige à ouvrir légèrement la bouche pour respirer et retrouver des couleurs. Sans s'en rendre compte elle serre les poings. Elle ne peut se permettre de flancher, elle n'a pas le droit.. elle.. « Eh merde Jackie, tu ne peux pas le laisser gagner encore une fois », se hurle-t-elle au creux de son esprit ; blessure encore ouverte de leur liaison écourtée. « Qu’est-ce que tu cherches, Jackie ? Me faire craquer ? Te prouver que je suis faible face à toi ? » . Elle l'écoute attentivement, les muscles aux aguets, tendus face à cette électricité qui se dégage de leurs deux corps rapprochés. Qu'est-ce qu'elle cherche ? C'est une bonne question à vrai dire. La demoiselle pensait le savoir en prenant part à ce combat de coqs. Elle croyait avoir la réponse et la solution à ces retrouvailles houleuses. Hélas il n'en est rien. Perturbée et nerveuse, elle s'inflige un énième silence en laissant Cecil combler ses paroles précédentes. « Bien, t’as eu ce que tu voulais. Je suis faible. T’es contente ? Satisfaite peut-être ? Rassurée ? » . La blondie s'attendait à bien des choses, prête à encaisser un nouveau cynisme de sa part mais là la surprise est totale. Délicieuse révélation au goût emmiellé, elle est paradoxalement aussi sonnée que ragaillardie par ces propos. Elle aime ce qu'elle entend, elle jubile même d'ailleurs lui permettant alors de revenir dans la partie. Orgueil revigoré, Jackie se repositionne, relevant les épaules pour mieux lui faire face. A nouveau son petit sourire de dépravé refait surface, ce qui ne présage rien de bon. Elle a tout ce qu'elle était venu chercher. Presque tout en fait.. « Sans doute un peu des trois.. », susurre-t-elle langoureusement tandis que ses mains se glissent au sommet des épaules de l'enseignant, caressant avec une sensualité diabolique ses clavicules jusqu'à atteindre les deux côtés respectifs du col de son costume. Comme un piège à ours, ses doigts se referment irrévocablement sur le tissu qu'elle tire aussitôt vers elle. Sans sommation, ses lèvres viennent se coller aux siennes en un mouvement. Brutal, déconcertant, saisissant. La miss l'embrasse avec un engouement renversant, taquinant sa lèvre inférieure qu'elle mordille de manière outrancière. Elle se surprend même à fermer les yeux l'espace d'un instant. Elle savoure ces quelques secondes avant de tout stopper brusquement. Son regard croise de nouveau ses iris azuréennes. Un silence troublant s'installe. C'est à ce moment précis que sa paume vient rencontrer la joue du professeur, gifle cinglante sortie de nul part et d'une déconcertante confusion. « ça c'est pour m'avoir menti et m'avoir considéré comme un simple numéro de ton tableau de chasse », siffle-t-elle entre ses dents avec un calme olympien, un rictus cynique toujours figé sur ses traits. Elle recule légèrement pour se hisser sur la rambarde du balcon et s'asseoir sans que ses pieds ne touchent le sol. Jackie ne pense pas au vide derrière elle, seulement à la réaction de son locuteur. « Maintenant on est quitte Professeur ». Une moue d'enfant moqueur se dessine sur son visage et un sourire faussement angélique prend place. « Tu m'as manqué, Cecil », finit-elle par laisser échapper avec un contresens radical face à son geste précédent. Il a joué la carte de la vérité, à son tour d'en faire autant.
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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Dim 27 Mai - 14:40

En quelques secondes, la tension a monté d'une bonne dizaine de crans, et Cecil, il peut la sentir faire trembler chacun de ses pauvres membres tendus. Jackie, il l'a pas revue depuis leur rupture précipitée. Et Jackie, elle lui a vraiment manqué. Son odeur, il avait l'impression de l'avoir oubliée mais il se rend compte, maintenant, que c'est toujours le même parfum frais, sucré. Cecil, ses relations extraconjugales, elles se résumaient à une nuit. Peut-être deux. Les femmes avec qui il a partagé plus, elles sont rares, et elles ont toutes une place dans un coin de son esprit. Mais avec Jackie, c'est plus que ça. Jackie, il tenait à elle sans jamais avoir réussi à lui faire comprendre, sans avoir réussi à la retenir lorsqu'elle avait claqué la porte derrière elle. Et là, momentanément, l'instant de quelques précieuses secondes, elle est de nouveau entre ses bras. Il essaie d'en profiter mais il peut pas, parce qu'il y a tout qui se bouscule dans sa tête et que Cecil, il intègre pas tout. Il essaie de contrôler tout son corps, chaque parcelle de son être, pour pas faire un truc stupide. Et quand Jackie, elle pose ses mains fines, si froides (et pourtant si chaudes en même temps), il s'entend exhaler lourdement parce qu'il est beaucoup trop faible face au contact de son ancienne amante. Lui, le grand Cecil von Sydow, il est brisé à chaque caresse de la main de la jolie blonde – brisé de la plus belle des façons qui soit. Et même face à ça, même dans cette situation il arrive à se persuader que c'était que du cul. Une belle histoire de cul, mais du cul – parce que Cecil, il refuse de se voir amoureux. Il sait même pas s'il l'a déjà été. C'est un bien grand mot amoureux que Cecil aime pas trop – un peu trop long, un peu trop pompeux, un peu trop fade, un peu trop. Même le terme sentiments il ose pas le coller sur son histoire avec Jackie – ça donnerait à tout cela un caractère beaucoup trop officiel. Puis, y a le baiser. Jackie, elle ose là où Cecil est trop lâche. Il peut même pas résister, lutter, essayer de sauver les quelques onces de dignité qu'il lui reste, parce que Jackie, merde, elle est beaucoup trop attirante. Ses mains sont sur son col, ses lèvres sur les siennes, et Cecil est perdu. Il se perd, se noie dans son parfum, dans le goût de ses lèvres et dans les souvenirs qui l'assaillent. C'est pas de la nostalgie, ni de la béatitude qu'il ressent, et pour une fois, il peut pas foutre de mots sur ce qui tourbillonne en lui. Il expire par le nez, alors que sa tête se penche un peu sur le côté pour appuyer encore plus leurs bouches l'une contre l'autre. Et putain, c'est bon. C'est là qu'il doit être, Cecil – l'espace d'un instant, il en est enfin persuadé. Même ça, c'est beaucoup trop court. Jackie, elle se recule, déjà, alors que lui, il rouvre les yeux, comme rattrapé par la dure réalité de l'instant. Ils se regardent, et il sait pas trop quoi dire pour une fois – le baiser aura au moins eu le mérite de lui faire fermer sa grande gueule. Il commence tout juste à parvenir à mettre des mots sur tout ça, a essayer de les organiser que brusquement, une douleur aiguë traverse sa joue. Il inspire, la tête tournée par l'impact de la baffe. Aucune réaction. Les yeux plantés droit devant lui, il sait pas trop comment prendre ça. Est-ce qu'il l'a méritée ? Certainement, ouais. Est-ce que ça le vexe quand même ? Oui. Cecil, dans toute l'envergure de sa préciosité, il supporte pas qu'on lève la main sur lui. Non seulement parce que ça blesse son égo surdimmensionné, et aussi parce que, bon, ça colle pas avec son aura d'illustre intellectuel. Est-ce qu'on aurait foutu une claque à Roland Barthe ? Non. La seule fois où le pauvre homme s'est fait taper c'était par une moto et il en est mort. On ne tape pas un intellectuel, et Cecil, en temps normal, il se serait déjà énervé d'un tel outrage. Mais pas cette fois. Il demeure silencieux avant de laisser échapper un petit rire, secouant la tête et se passant une main sur le visage. Elle aura osé. Y a pas à dire, Jackie, ça peut être une vraie garce quand elle veut – mais après tout, c'est aussi ça qui l'a fait tomber sous son charme.  « Bien. Merci pour ça, je suppose ? » Il se frotte la joue. Elle y est pas allé de main morte, c'est le cas de le dire – et sa joue lui pique encore un peu. Il inspire, redresse ses yeux aciers vers les siens, arquant un sourcil.  « Et si je peux me permettre de te corriger – sans que tu m'en foutes une autre, je veux dire – tu n'étais pas un "simple numéro sur mon tableau de chasse", si compté que j'avais un tableau de chasse – quel genre d'idée ridicule, vraiment ? J'veux dire, on a passé assez de temps ensemble, j'pensais que tu t'étais rendu compte que c'était pas juste ça entre nous. Justement. » Il se frotte encore un peu la joue avant sourire en coin, la fixant toujours.  « T'as pourtant plus de jugeotte que ça, Jackie. » De nouveau, un silence certain s'installe entre eux. Puis il finit par lever la tête vers les étoiles, plus pour cacher son sourire amusé qu'autre chose.  « Tu m'as manqué aussi Jackie. Tes giffles en revanche... Je suppose que je risque de m'en prendre une autre si j'te dis que tu peux toujours venir chez moi après ?» Qui ne tente rien n'a rien, alors autant prendre le taureau par les cornes tant que sa joue est encore endolorie, qu'il se dit.

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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Jeu 31 Mai - 22:23

Elle savait qu'elle avait joué avec le feu, et là voilà qui s'était sérieusement brûlée. Une brûlure ô combien délicieuse. Une douleur salvatrice au doux parfum d'interdit. Car oui, au départ Jackie s'était promise de ne plus retomber dans le panneau, de ne plus jamais succomber à ses charmes. Jamais. Mais elle ne pouvait s'y résoudre. Après tout ce n'était pas n'importe quelle personne. C'était Cecil. L'homme qu'elle avait, d'une manière paradoxale, placé en plus haute estime. Une sorte de respect mutuel dont elle retrouvait toute la teneur au fil de leur conversation. En effet, là où elle avait cherché à le fuir dès le début de cet soirée, elle ressentait à présent ce besoin irrésistible de coller son corps au sien, de sentir ses doigts venir effleurer sa peau à vif. Mais en parfaite bonne comédienne, Jackie savait comment feindre l'indifférence, ou tout du moins contrôler ses désirs. Un pouvoir qu'elle sentait toutefois défaillir au fur et à mesure des minutes passées en sa compagnie. Ce baiser volé n'avait d'ailleurs en rien apaisé la demoiselle, luttant alors pour se défaire de ses lèvres sucrés à souhait. La gifle qui avait suivi (vengeresse ou salutaire, elle n'aurait su le dire) avait eu au moins le mérite de lui faire récupérer un semblant de résistance. Ses jambes balançant dans le vide le long de la rambarde, la jeune femme s'accroche à sa fausse assurance. Elle l'observe, jauge sa réaction suite à son attaque soudaine et cinglante. Elle se tient prête, la tête légèrement penchée, un petit rictus au coin de la bouche. Positionnée de la sorte, Jackie ressemble à une petite poupée. Image qui se volatilise aussitôt lorsqu'on la connait bien. Et Cecil le sait parfaitement. Son regard fier se pose sur la joue de son interlocuteur, rougie par son geste et l'écoute lui répondre. Ses pommettes se rosissent lorsqu'il la rassure sur leur relation. Même si au fond elle l'avait toujours su, entendre Cecil le lui avouer ouvertement lui procure une sensation de légèreté innommable. Un poids dont elle peut enfin se défaire depuis tout ce temps. Parce bon faut être honnête deux secondes, l'orgueil de la belle en avait pris un sacré coup lorsqu'elle avait appris pour ce mariage dissimulé. Des aveux plus que bienvenus donc. Son sourire s'élargit de plus bel, un air amusé répondant directement aux paroles moqueuses de son ancien amant. « Méfies-toi Cecil, mon autre main me démange.. », souffle-t-elle en sa direction, étouffant un petit rire cristallin. Une réaction sincère qui la surprend presque. Il faut dire qu'elle n'avait aucunement imaginé que cette soirée puisse dériver de la sorte. Qu'elle puisse se transformer en quelque chose d'aussi.. intéressant, envoûtant. Elle se joint ensuite à son silence, ne pouvant s'empêcher d'étudier chacun de ses gestes. La blondie finit par hausser un sourcil suite à la proposition tendancieuse de ce dernier. Elle le reconnaît bien là et la risette grandissante sur son visage le conforte sans doute dans son audace. Baissant les yeux l'espace d'un instant, elle le laisse se questionner. Elle s'offre ainsi quelques secondes de répit, une réflexion intense qu'elle chasse au plus vite par un simple battement de cils. « Ne me force pas à recommencer alors. Ça serait vraiment dommage d'abîmer un si joli visage ». A la fin de ces mots, Jackie se laisse pousser vers l'avant, ses talons claquant à nouveau le sol de la terrasse. Se mordant discrètement la lèvre, elle s'avance d'un pas félin, une assurance trompeuse sur ses traits. « Hmm.. seulement si l'alcool y est meilleur qu'ici, et dans mes souvenirs c'était le cas ». Elle se retient de ne pas s'approcher davantage, tant l'envie de l'embrasser encore est omniprésente. « Oh et juste une chose Cecil : j'espère pour toi que tu n'as pas de nouveaux secrets ou je ne sais quels autres mensonges à me faire gober, car crois-moi, ce n'est pas de ta joue que tu devras t'inquiéter mais plutôt de ceci.. ». Joignant le geste à la parole, Jackie s'empresse de venir empoigner soudainement l'entre-jambes du professeur, le laissant comprendre de quoi il en retourne. Oui elle est comme ça Jackie. Terriblement imprévisible mais c'est ce qui fait son charme après tout. Son regard croise le sien et elle finit par relâcher son emprise. « Sur cette belle mise au point, si on y allait ? Le discours de votre directeur était d'un barbant.. sérieusement, emmènes-moi loin d'ici ». Une lueur scabreuse vient se dessiner au creux de ses pupilles. Une réponse osée à son invitation tout aussi effrontée. Après tout ce temps passé à se retenir, à ne pas craquer, Jackie finit par céder, encourageant alors Cecil dans ses ardeurs réciproques et inassouvies.
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MessageSujet: Re: nous avons conquis l'univers avant de quitter nos draps. (jackie)   Dim 3 Juin - 17:29

Ses yeux sont plantés dans ceux de Jackie. Il la fixe, inspire, il ne sait pas vraiment ce qu’il fait, à quel point il se perd dans les vapeurs nostalgiques de cette relation inachevée, mais il n’est pas sûr de vouloir s’en défaire. Peu importe à quel point tout cela est mal, qu’il se dit. Cecil, il a ce problème (l’a toujours) de se laisser envoûter par la première fleur du mal qu’il voit, s’approchant de leurs épines, de leur venin, de s’y piquer en se pensant maître de sa propre déchéance. Jackie est la rose blanche au milieu des rouges, oranges, jaunes. Celle qui se démarque et pourtant, Cecil, il voit ses épines. Il pourrait s’empaler dessus, et avec le plus grand des plaisirs. C’est une souffrance à laquelle il pourrait s’abandonner volontiers en échange de quelques moments de purs plaisir – ces moments auxquels il est certain de pouvoir accéder en compagnie de Jackie. Il inspire, se redresse un peu, relève le menton, et elle le prévient qu’il ferait mieux de pas la forcer à recommencer – un commentaire qui lui fait lever les yeux au ciel, amusé. A-t-il l’air si stupide ? (Oui). Il hausse alors les épaules mais touche quand même de la pulpe de ses doigts la joue sur laquelle a atterri la main de Jackie, quelques secondes auparavant. Elle est encore chaude, légèrement douloureuse (qui se serait douté qu’une site petite chose pouvait cacher une telle force, en même temps ?). Ce simple contact, ce lancinant rappel suffit à le convaincre : mieux vaut se tenir à carreaux à partir de maintenant. Alors, il hoche la tête, non sans contenir une petite grimace – il déteste céder, putain. A qui que ce soit, à quoique ce soit. Je pense que j’ai compris la leçon la première fois, Jackie. Si tu pouvais garder cette main en évidence, ça m’arrangerait. Il plisse un peu les yeux alors qu’il déclame ces mots plus qu’il ne les dit. Il a le goût du dramatique, Cecil, comme toujours, et il y a dans chacune de ses phrases, cette obscure nécessité de les articuler comme si elles étaient la réplique décisive d’une tragédie classique – même les plus anodines d’entre elles. Quand on a une vie si peu palpitante, il faut bien l’épicer comme on peut, diraient les cyniques. Cecil, lui, préfère rejeter la faute sur son naturel littéraire, comme il appelle ça, cet espèce de don inné qui le lie aux muses des lettres. Les mots de Jackie, qui vient de reprendre la parole, l’extirpe de son flot de pensées incessant et il cligne des yeux – surpris, c’est le moins que l’on puisse dire de son état. Il ne pensait pas vraiment qu’elle accepterait, du moins pas si facilement, mais il ne va pas cracher sur ce soudain revirement de situation. Après tout, c’est tout à son avantage n’est-ce pas ? Il affiche néanmoins une moue vexée alors que la jolie blonde le met en garde contre d’éventuels secrets. Cecil, c’est un homme mystérieux, il aime les cachotteries, c’est ce qui met du piment à sa vie. Cependant, il n’est pas sûr d’avoir quelque chose d’aussi périlleux à cacher que l’existence d’une femme trompée allégrement. Alors il se contente d’hausser les épaules, va pour répondre mais écarquille les yeux, le souffle coupé. Il baisse le regard, fixe la main de son interlocutrice sur son entrejambe – oh. C’est donc à qui sera le plus dominant, hein ? Il arque un sourcil, un peu troublé par le manque de parité du geste – si lui faisait cela, nul doute qu’il serait considéré comme un gros beauf, un pervers, et insérez ici tous les noms d’oiseaux que vous trouverez. Ne joue pas trop de ton statut de demoiselle, Jackie, moi aussi j’trouverai bien quelques moyens de pression. Il roule des yeux avant d’ajouter, avec un sourire amusé et taquin. Mais si ça t’inquiète tant que ça… Non, je ne cache pas de femme dans une de mes armoires. Ni d’enfant illégitime, ou encore d’élève que j’aurais mise enceinte par inadvertance. Il laisse échapper un léger rire en entendant sa dernière injective et lève les yeux au ciel, tendant son bras pour qu’elle puisse le prendre. Bien, si Madame Lockwood veut bien se donner la peine. Je connais effectivement quelques endroits où l’action sera bien plus trépidante, bien que moins intellectualiste.

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