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 towing the line (mina)

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MessageSujet: towing the line (mina)   Mer 2 Mai - 8:25

il pose une dernière perf', mats, tandis que ses yeux brûlent de sommeil. c'est le petit matin et la nuit a été tout sauf tranquille. r-à-s en hémato, alors on l'a appelé aux urgences, histoire de. y'a des gardes tranquilles, comme la semaine dernière, des gardes où il peut se poser quatre heures en salle de repos des internes. des gardes où, à défaut de prendre des somnifères (il s'interdit ça à l'hôpital, il doit pouvoir se réveiller et agir rapidement) il peut fermer les yeux et tomber dans une pseudo léthargie de l'épuisement. puis y'a des nuits comme celle-ci, où il se retrouve à faire un taf qui n'est pas forcément le sien, par manque de personnel. parce qu'un putain d'incendie s'est déclenché dans un logement social, un logement qui aurait du être détruit y'a bien longtemps, mais qui servait au moins de refuge à une grosse vingtaine de familles qui avaient rien d'autre. en plus d'être indigné, mats ça l'a catapulté amèrement dans les actions de survie, les gestes de derniers recours qu'il a fait qu'une seule vraie fois dans sa vie. et il aurait aimé s'éviter ça, parce que c'est toujours un putain d'enfer pour lui de se replonger dans les attentats de paris. sauf que cette fois il était pas en plein coeur de l'horreur, il s'est cantonné à n'être qu'un médecin. et quand à sept heure trente on lui dit de filer, parce que l'équipe de roulement est arrivée, il se fait pas forcément prier. il termine deux trois gestes, va échanger quelques mots avec la mère d'une gamine qui est sous oxygène, puis on le pousse dehors et il souffle enfin. aucun bilan négatif, si ce n'est que ces familles ont tout perdu. pas de mort, quelques intoxiqués, des brûlures et des jambes cassées, mais pas de mort et c'est tout ce qui compte. il se laisse tomber dans la salle commune, parce qu'il a besoin d'un instant de calme, d'un instant de recul. y'a tout qui file en vrille dans son crâne, les images, les mots, la peur, les larmes. et ça s'emmêle à d'autres images, d'autres mots, d'autres larmes. ça s'emmêle à des cris et à de la douleur. il vacille un peu, repense à ses potes, repense à elle, et nerveusement il enlève sa blouse et se passe le visage sous le robinet. il laisse couler l'eau froide une petite minute. y'a que dans les films que ça rend bien, que ça fait l'effet d'un électrochoc. lui, à part la sensation apaisante de l'eau qui coule sur son visage il a que froid, et son tshirt trempé. même tshirt avec lequel il s'essuie et s'ébouriffe les cheveux avant de le laisser tomber sur une chaise et de fouiller dans son casier pour en dégotter un autre.  son dos nu se tend dans un espèce de réflexe de paraître, quand la porte s'ouvre. paraître clean, paraître jovial, paraître léger, paraître bien, paraître détendu. un regard en travers, derrière lui, et il capte les yeux de mina. il tourne la tête et sourit en croisant ses iris, frissonne de quelques gouttes froides qui se perdent encore le long de son échine, puis met enfin la main sur une chemise en jean dont il enfile les manches en se retournant vers elle. matinale il souffle, parce qu'il est même pas huit heures et que son poste commence normalement un peu plus tard. il le sait, parce qu'il a pas mal suivi son emploi du temps dernièrement. mina, à ses yeux, c'est un espèce de cocktail molotov. et ça l'étonne pas, au final, que ce soit elle qu'il croise dans un moment de vulnérabilité. y'a comme un truc, un espèce d'aimant, un espèce de karma. il sait juste pas encore s'il est content de croiser un visage connu qui lui permet de balayer les souvenirs de la nuit, ou si au contraire ça lui donne juste envie de fuir l'hôpital au plus vite.

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Mina Goldwater

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MessageSujet: Re: towing the line (mina)   Ven 18 Mai - 17:25

Elle se redresse, droite comme un pic, d’entre la multitude de coussins au creux desquels elle s’est endormi, la veille. La sonnerie stridente de son téléphone résonne un peu trop fort dans ses oreilles, et sa première pensée est de balancer l’appareil à l’autre bout de la pièce, avant de constater que ça serait la pire des idées. L’afficheur indique un appel de l’hôpital, le genre d’appel qu’elle ne peut pas se permettre de rater, et auquel elle répond en essayant de se donner un peu plus de constance, malgré la fatigue qui transperce sa voix. Après deux grommèlements bien sentis, Mina raccroche, et son corps s’extirpe avec lenteur d’entre ses draps, prochaine direction : salle de bains. L’eau brulante se met rapidement à couler le long de ses courbes féminines, et sur ce renflement bien senti de son ventre où pousse la vie. Elle passe paresseusement une main sur ce dernier, comme si sentir cette peau qui s’étire et se tend ne fait que confirmer ce qu’elle a toujours du mal à réaliser : elle est enceinte. D’ici quelques mois, elle sera maman. Refusant de s’y attarder inutilement alors qu’on l’attend au travail, la mexicaine laisse ses pensées s’écouler au même rythme que le jet de douche. Une quinzaine de minutes plus tard, cheveux placés dans un chignon digne de la ballerine qu’elle était, à une autre époque de sa vie; visage maquillée à la vite, se résumant à l’essentiel et tenue de ville propre et confortable, elle prend la route au volant de sa voiture en direction du West Side. Bien peu de temps la sépare du Brighton Medical Center, et, en tout est partout, il n’y a qu’une trentaine de minutes qui se sont écoulés entre son réveil et le moment où elle pénètre dans la salle commune d’un pas rapide, mais assurée. Son regard s’accroche sur la silhouette qui se découpe et se redresse à son arrivée, et ses yeux croissent ceux de Mats alors qu’il se détourne vers elle. Un simple signe de la tête en guise de salutation, et Mina s’approche de son propre casier dans lequel elle balance ses talons hauts pour les troquer pour des chaussures plates, plus appropriés pour courir à droite et à gauche dans les nombreux couloirs de l’établissement. Un fin sourire s’esquisse sur ses lèvres en attendant son collègue. À croire qu’il connait son horaire par cœur. – Ne m’en parle pas. Je dormais encore, y’a moins d’une heure. – mormone-t-elle en levant les yeux au ciel. Elle regrette déjà son lit, qu’elle vient à peine de quitter, ses chats n’ayant même pas levés la tête pour s’interroger de ce changement d’habitude. – Petterson est au chevet de sa mère, j’ai gentiment accepté de le remplacer. – Ou plutôt : elle n’en avait pas le choix. Les autres étaient soient déjà en service ou ils sortaient d’un quart de travail infernale, qui avait monopolisé grands nombres des médecins pratiquants. – Sale nuit, à ce qui parait. – lança-t-elle à Mats, dont les cernes sur son visage en disant long, très long. Mais Mina était convaincue que la fatigue des dernières heures n’était pas la seule coupable de ses traits tirés et ce teint un peu cadavérique, presque à en faire peur. | Outfit

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MessageSujet: Re: towing the line (mina)   Mar 3 Juil - 23:58

la décontraction dans ses mouvements à elle contrebalence complètement la tension qui émane de toutes ses parcelles de peau à lui. mats il l'admire, d'être aussi calme, aussi naturelle, comme si tout s'enchaînait facilement du matin au soir. il voit dans sa mimique l'exaspération de celle qui a été tirée du lit trop tôt. mais il se dit qu'au moins elle a pu dormir. peut-être qu'il lui en veut un peu, de ne pas avoir été là quand lui se tapait l'urgence de plein fouet. pensée ridicule et totalement égoïste, du fait qu'en cas de garde elle aurait dans tous les cas du rester maître de son service. lui, il est encore jeune dans l'hosto, il est français, c'est un électron libre et on a vite compris qu'il avait un problème chronique de sommeil. on a moins de mal à bousculer l'interne insomniaque que la chef de service. il est à vif, vif de fatigue et d'un trop plein de frustration à sentir les remous de souvenirs lui frapper le visage. encore trop fort à son goût. on dirait que le temps passe partout, tout autour de lui, et qu'il reste bloqué dans une espèce de contemplation des autres. ça le rend dingue. il préfère se taire quelques instants, éviter de répondre alors qu'il est piqué dans ses ruminations égocentriques. il se concentre sur sa chemise, qu'il finit de boutonner et dont il retrousse les manches dans la foulée. il se concentre sur des choses simples et précises. son paquet de clopes qu'il cherche au fond de son casier. parce qu'un oncologue qui ne fume pas ça n'a pas de crédibilité. il en soustrait une qu'il glisse dans sa poche. il se concentre sur le cliquetis de l'eau qui goutte du robinet, sur le crissement des portes de couloirs qui s'ouvrent et se ferment dans un empressement étouffant. puis sur les mots de mina, ses derniers, qui viennent titiller ses pensées. il serre la mâchoire un instant, mats, avant de s'assoir et de s'appuyer contre un casier. ses yeux bleus viennent enfin croiser ceux de la latino. il s'est calmé, plus ou moins, il doit être un peu lunatique, parfois il a l'impression de passer par mille états en l'espace d'une simple minute. clairement, pas des meilleures il se prend à souffler dans un pseudo sourire. le genre de sourire qui veut dicter un "mais ça va" étouffé par le poids du mensonge. ils sont empathiques eux, les médecins, mais ils doivent aussi apprendre à se protéger. et se protéger c'est faire exactement tout le contraire de ce qu'il fait depuis des mois. puis t'étais pas là, y'avait vraiment rien qui allait il se concède une presque blague, entendue, lâchée entre deux croisements de regards. il a cette espèce de nervosité palpable, involontaire, celle qui se manifeste par des gestes méthodiques, par l'incapacité à rester immobile. il agite ses mains, fait craquer ses doigts avant de les glisser dans ses cheveux. t'as le temps pour un café? il a pas vraiment envie de se retrouver seul aussi vite. il a pas envie de se retrouver dans la rue, face à une nouvelle journée que les 99% des piétons sur son chemin affronteront d'une toute autre façon que lui. il a besoin d'une transition, entre le délire explosif des urgences et la lenteur de la vie qui passe, dehors. il a besoin de décanter. et mina il décide qu'elle a pas vraiment le choix. au regard de cette espèce de relation qu'ils ont instauré, il a beau souvent la fuir elle reste l'un de ses pilliers dans cet hôpital.

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