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 prends des routes incertaines, trouve des soleils nouveaux (helen)

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MessageSujet: prends des routes incertaines, trouve des soleils nouveaux (helen)   Ven 27 Avr 2018 - 23:43

helen & jacob
{ rechercher la lumière, un jour peut-être trouver la clarté }

Helen. C’est comme un murmure, une brise dans l’air, une caresse voluptueuse. Sa silhouette est élancée, elle est belle mais semble s’en moquer. Sans artifices, elle n’a besoin de rien d’autre que son sourire pour renverser le monde. Et il se sent con. Jacob, il est là par hasard, arpentant les rues sans réel but. Ça lui arrive trop souvent d’avoir besoin d’air pour se recentrer. Depuis combien de temps n’avait-il pas respiré l’air iodé de Brighton ? Quelques jours, une semaine tout à plus. Rio l’avait appelé, et puis Sacramento, où il était resté quelques jours, retrouvant un vieux compagnon de bataille comme si le temps et la guerre n’avaient pas ternis leurs âmes. Elle est belle, l’illusion. Il y a cru. Avant de retrouver l’Angleterre. Il avait pourtant promis à Janey de se poser. Seulement Jake, il n’y arrive pas. Rester en place, c’est pas son truc. Se trouver un gentil petit job non plus. Il a besoin d’un rush, il a besoin de voler, il a besoin de se sentir utile. Trimbaler les corps de centaines d’incrédules de continents en continents, voilà ce qu’il avait trouvé de plus stable. Aucun regret. Juste quelques doutes, parfois. Faire le bon choix, c’est pas franchement son truc. Alors bien sûr, quand la nuit vient, il s’interroge. Heureusement pour lui, elle est parfois là pour faire taire ses démons. Helen. Il aime ce prénom qui butte dans sa tête ; aime encore plus la personne qui lui est rattachée. Il se sent con, là, de l’autre côté de la rue, bloqué sur elle. On aurait dit une sorte de pervers, s’il n’avait pas le regard bienveillant. Il se sent niais, Jake, parce qu’il a envie de lui offrir des fleurs, ou une connerie du genre. Il se dit que lui offrir quelque chose effacera son silence radio de ces derniers jours. Pourtant il le sait ; devrait le savoir, y a peu de chance pour qu’elle lui en tienne rigueur. Après tout, il ne lui a rien promis – et elle n’a rien demandé. Helen, qui remet une mèche de cheveux derrière son oreille. Helen, qui fronce le nez en entendant son interlocuteur parler. Helen et cette étreinte qui vaut cher en guise d’au revoir. Sait-il au moins, celui qui la quitte, à quel point elle peut rafistoler une âme brisée de ses deux petits bras ?  Leurs regards se croisent. Il lui sourit. Il n’a pas de fleurs en main mais se promet d’en trouver si d’aventure elle les laisse continuer leur petite danse. Il fait un pas, puis deux, lentement. Se retrouve face à elle. Radieuse. ‘Le hasard fait bien les choses…’ il ne sait jamais comment reprendre le cours de ce eux. Elle est plus douée que lui pour ces choses là. ‘bonjour.’ qu’il conclue finalement, d’une voix lointaine, lascive. Lui dire qu’il comptait l’appeler ne servirait à rien. Elle est là, maintenant, devant lui. C’est la seule certitude qu’il a. Et ça lui suffit.

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MessageSujet: Re: prends des routes incertaines, trouve des soleils nouveaux (helen)   Sam 28 Avr 2018 - 11:50

La brise s’engouffre dans ses cheveux bruns tandis qu’un léger frisson parcourt Helen. Elle termine sa cigarette, sur laquelle elle tire rêveusement depuis quelques minutes en essayant d’organiser les nombreuses idées qui l’assaillent alors qu’elle tente de décider quel sera l’objet de sa prochaine toile, pièce maîtresse de son travail de fin d’année et clé de l’obtention de son master d’arts plastiques. Elle ne sent pas immédiatement son téléphone vibrer dans la poche de son trench beige, et il lui faut quelques minutes de plus pour déchiffrer le SMS que Sullivan, son meilleur ami, vient de lui envoyer. Heureusement qu’il a son numéro celui-là, il est incapable de gérer sa vie comme un grand. Ce n’est pas pour rien qu’elle l’a suivi jusqu’à Brighton.

Le contenu du message accapare toute son attention. Elle le lit et le relit, une fois, puis deux, puis trois. Essaye de l’appeler, messagerie. Merde. Elle lui renvoie quelques mots et prend déjà le chemin qui mène à sa voiture, quitte son petit appartement en trombe sans respecter aucune limite de vitesse. Elle chausse ses lunettes de soleil pour masquer ses yeux rougis et légèrement vitreux après une nuit passée à dessiner avec frénésie sur son carnet à croquis, cherche du regard l’épicerie bio que Sullivan lui a indiqué dans son message. Elle se gare en travers de la route, en plein milieu d’un trottoir où un panneau démesurément large indique Stationnement gênant et se dirige vers l’immeuble qui lui fait face, se demandant la boule au ventre quel ennui est encore arrivé à son meilleur ami. Elle parcourt chaque étage, essoufflée mais bien déterminée à trouver l’idiot qu’il est, quelque part dans ce petit immeuble du West Side. Troisième étage, quelques personnes dans un couloir enfumé, musique qui gronde, une chambre dans laquelle elle rentre en ignorant délibérément les regards interloqués des étudiants qui se demandent si elle a oui ou non été invitée.

Sullivan ! Elle crie à pleins poumons mais sa petite voix ne porte pas assez pour couvrir le grondement de la musique. Elle se contente donc de traverser toutes les chambres qui s’enfoncent en enfilade dans l’appartement jusqu’à l’apercevoir, ce visage qu’elle connaît si bien, essayant de fuir la bouche d’un autre garçon, qui visiblement est résolu à écraser ses grosses lèvres sur les siennes. C’est donc ça que Sullivan voulait dire par Viens me chercher, je connais personne et il y a un type louche. Bon, son impulsivité fait le reste du boulot et elle n’attend pas une seconde pour écraser son petit poing dans la mâchoire du type en question. Elle se tient le poignet et grimace en jurant, se disant que chatouiller un grizzli c’est toujours une mauvaise idée. Elle le voit se redresser, furieux, et attrape Sullivan par l’épaule pour le tirer en arrière, avec la ferme intention de décamper sans demander son reste.

Heureusement, Sullivan n’est pas bien gros et elle arrive à le trainer jusqu’à la voiture, ouvrir la portière et l’installer sur la banquette arrière, lui cognant dans la précipitation la tête contre la portière. Zut. Tant mieux peut-être, il réfléchira la prochaine fois avant de prendre du LSD avec des inconnus.T’es chiant ! T’es vraiment un putain de casse-couille, qu’elle râle presque pour elle-même avant de reprendre. Tu pouvais pas décrocher. Elle essaye de calmer son cœur qui s’emballe encore un peu plus lorsqu’elle pense à tout ce qui aurait pu arriver de pire. Il se rend pas bien compte qu’elle en crèverait si il lui arrivait malheur ?

Les voilà qui conduisent sur quelques pâtés de maison avant de se garer – proprement cette fois – devant l’immeuble où habite son meilleur ami. Helen le raccompagne jusque devant la porte, le prend un bon coup dans ses bras en lui murmurant de grandir un peu, et le laisse s’engouffrer dans le hall de l’immeuble. Il est déjà huit heures et il est temps pour elle de rentrer se faire un café. Mais une silhouette bien trop familière pour être ignorée attire son attention, et elle plisse le nez, enlève ses lunettes de soleil pour croiser le regard de Jacob. La fatigue de cette nuit passée à courir à droite et à gauche s’estompe presque entièrement alors qu’elle se perd un instant dans ces yeux bleu-verts qui lui font toujours autant d’effet. Elle l’attend sagement, le regarde traverser la rue et l’écoute sans rien dire, redevenant peu à peu la Helen souriante et toujours trop rêveuse qu’on connaît bien. Il a visiblement terminé de parler. Elle lui plante un baiser sur la joue, un grand sourire aux lèvres, et ouvre enfin la bouche. J’ai passé une drôle de nuit. Je crois que j’ai besoin d’un café ! C’est tout. Pas de questions, de reproches, rien, parce qu’elle est pas comme ça, Helen. Elle prend ce qu’il lui donne et elle en est très heureuse. Alors elle glisse sa petite main dans la sienne, comme s’ils avaient fait ça toute leur vie, et soutient son regard en attendant sa réponse.
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MessageSujet: Re: prends des routes incertaines, trouve des soleils nouveaux (helen)   Dim 6 Mai 2018 - 20:50

Il y a quelque chose d'apaisant dans sa personne. Le calme de sa tempête perpétuelle. Helen, c'est l'évidence d'une simplicité sans borne. D’un regard aux mille mots, d’un sourire de toutes les intentions. Il a encore du mal à comprendre comment ce brin de vie peut supporter l’humeur trop souvent taciturne de l’ancien militaire qu'il est, mais il se soigne ; elle est le meilleur remède. À croire qu’il est son petit projet. Ça fonctionne parce qu’elle ne lui impose pas de rythme, que le changement se fait de manière lente et douce, qu’il ne voit pas la transition s’opérer. Et pourtant. Il lui doit déjà beaucoup. Plus qu’il ne le voudrait, sûrement. Ses lèvres trouvent le chemin de sa peau et finissent de le réveiller. Voilà, comme par magie elle vient d’effacer une semaine de silence. Sept petits jours, cumulés à une multitude d’autres absences qu’elle n’a jamais remises en compte.  Elle lui parle de sa nuit et Jacob, il suit sa main qui frôle son épiderme pour s’y glisser, ses doigts se fermant doucement sur ceux de la brune. ‘Tu n’es pas difficile à contenter !’ il ouvre le pas, un sourire aux coins des lèvres. Repense à cet homme qu’elle a laissé sur le pas de la porte. Se demande pendant un quart de seconde s’il a eu la chance de recevoir ses faveurs, avant de s’ôter toute pensée de ce genre. Il n’a pas le droit à une once de jalousie. Même si c’est plus fort que lui, même s’il refuse d’imaginer ses hanches ondulant sur un autre que lui ; elle lui offrait la distance dont il avait besoin, Jake se devait d’en faire de même. Alors, il marche, se contentant d’être heureux de se tenir à ses côtés. C’est déjà une victoire en soi. Il en est conscient. ‘Est-ce que tout va bien ? Ce mec avec qui tu étais, il n’avait pas franchement l’air dans son assiette…’ aucun jugement dans sa voix, certainement pas le ton de l’interrogatoire. Non, il veut simplement s’assurer qu’elle ne s’est pas fourrée dans une affaire sordide. Qu’elle va bien, en somme. Parce que même si elle n’a aucune explication à lui donner, Helen fait tout de même parti de ceux qu’il veut protéger. De tout comme de rien. Du monde qui les entoure. Il a besoin qu’elle aille bien. C’est viscéral. Arrivés devant l’entrée d’un petit café, il lui ouvrir la porte, l’invite à s’asseoir à une petite table avec vue sur la rue. Pas qu’il compte regarder ailleurs, le spectacle de cette femme étant amplement suffisant. Il la laisse commander et s’enquille lui même d’un café noir et d’œufs brouillés. ‘On a atterrit tard hier soir et j’avais oublié que mon frigo était vide…’ justifie t-il d’un ton léger. Brighton se réveille doucement, il n’y a pas foule dans les rues, la ville leur appartient. ‘Alors, comment vas-tu ?’ ses pupilles captent les siennes. Il a le don, Jake, pour rendre ce genre de questions banales d'une intensité sans nom. Parce que ça l'intéresse. Parce qu'il a envie de comprendre les gens qui l'entourent, parce qu'il veut lire en eux ; en elle. Parce que ses absences intensifient sa présence.

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MessageSujet: Re: prends des routes incertaines, trouve des soleils nouveaux (helen)   Jeu 10 Mai 2018 - 9:18

Helen ne s’arrête jamais. Peinture, réunions pour les nombreuses causes auxquelles elle se dévoue, conférences quand un sujet l’intéresse… Elle a bien l’intention de marcher de ses petits pieds devant tous ces hommes qui regardent le brin de femme qu’elle est avec dédain et de leur montrer à tous, que le futur est à conjuger au féminin. Rien ne se mettra en travers de son féminisme révolté et résolu. Mais quand Jacob apparaît au détour d’un chemin, le temps semble s’étirer, ralentir, s’arrêter. Leur compréhension muette rend les choses compliquées d’une simplicité enfantine, et il n’y a rien de plus à désirer. Il s’éclipse et le tourbillon reprend. Il revient et tout retrouve sa place. Le temps passé loin de lui ne compte plus, elle lui sourit, il la regarde. Que demander de plus. « Crois-moi, je suis bien plus compliquée qu’il n’y paraît. », lui répond-elle en le suivant dans son sillage, le visage illuminé par ce début de journée. Il l’a vue avec Sullivan, et elle aimerait bien que ça lui fasse un petit quelque chose. Ne serait-ce qu’un frémissement, les poils qui se hérissent imperceptiblement. Parce qu’elle, elle le sent, le nœud dans le ventre quand elle se dit qu’il a peut-être passé la semaine dans les bras d’une autre de ses muses. Elle s’y refuse pourtant, ne désire pas de promesses ou d’exclusivité – concept désuet finalement. Elle a tout ce qu’elle pourrait bien vouloir et ça lui plaît. « Ça va ! Il va bien, rassure-toi. Je sais toujours comment lui remonter le moral. ». Elle tourne la tête à droite, à gauche, embrasse du regard le monde qui s’ouvre à eux, se demande bien où il l’emmène. L’univers des possibles semble infini avec Jacob. Ce prénom que d’autres diminuent sûrement mais dont elle se plaît à prononcer consciencieusement chaque syllabe. Elle remarque le ton dégagé du jeune homme et se dit qu’il a l’air d’aller bien. Mieux que quand elle lui a parlé pour la première fois, moins fébrile, plus léger. Elle se fait légèrement heurter par le serveur qui vient prendre une commande et renverse un peu de café sur son pantalon noir. Grimace et se saisit d’une serviette en écoutant la question de Jacob. Elle lui offre un grand sourire muet, lui propose le sucre d’un geste doux. Elle ne lui répondra pas, parce qu’elle n’aime pas parler d’elle-même quand Jacob est là. Elle en a déjà trop dit et préfèrerait rester silencieuse et se perdre un peu dans ses histoires à lui, de voyage et d’aventures. Qu’il la nourrisse de tout ce qui s’est passé pendant qu’il était loin de ses yeux – près de son cœur.
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MessageSujet: Re: prends des routes incertaines, trouve des soleils nouveaux (helen)   Sam 26 Mai 2018 - 20:18

Jacob, c’est pas forcément un grand sentimental. S’il a eu quelques histoires, ses je t’aime sonnaient souvent faux à ses propres oreilles. Parce qu’il avait toujours quelque chose d’autre en tête, parce qu’il allait s’envoler pour l’autre bout du monde, parce que sa vie était rythmée par la guerre, il n’a jamais vraiment cru à ces grandes histoires qui durent mille ans. Pourtant, le voir se poser aurait fait plaisir à sa mère, mais lui… comprenez aussi qu’il n’a croisé qu’une seule femme dans sa vie qui lui ai jamais donné l’envie de tout plaquer. Seulement il était jeune et con, et ce cadeau s’est envolé. Avec elle, ces rêves de petite maison avec clôture, le chien et les deux gosses et demi. C’est comme ça. Il s’y est fait. À la place, Jake vit de rencontres, de petites passions éphémères, de moments fugaces et torrides, avant que le temps ne lui joue des tours et qu’il s’envole, de nouveau. Il ne veut rien leur promettre, ne pense pas avoir quoi que ce soit à offrir. Plus maintenant. Il a trop perdu pour ça. Mais Dei fait exception, ces derniers temps. Probablement parce qu’à sa place, beaucoup lui aurait déjà demandé de rendre des comptes ; sûrement aussi parce qu’elle sait se joue de lui pour qu’il ne s’en lasse pas. Allez savoir pourquoi. En attendant, il est là. ‘Je ne vois pas en quoi.’ souffle t-il, un fin sourire au coin des lèvres. Elle n’a rien de compliqué si vous lui demandez son avis. Bien au contraire, elle lui semble vierge face à la laideur du monde. Ça le change. Lui fait du bien. Elle lui parle d’un autre et il se demande, Jacob, comment elle lui remonte le moral. Serre les dents quelques secondes parce qu’il est jaloux, avant de se dire qu’elle ne lui doit rien. Qu’il est ridicule. Qu’elle ne lui appartient pas. La seule chose qu’il peut lui réclamer, c’est ce moment. D’être là avec lui, et elle lui offre, de sa main dans la sienne. Il l’emmène dans les rues de sa ville, sourit au monde, lui ouvre la porte parce qu’il en a envie. Cette douceur lui avait manqué. Et pourtant lors qu’on la bouscule, c’est tout son être qu’il doit contrôler pour ne pas sortir les crocs et exiger de cet idiot qu’il s’excuse. C’est un peu trop territorial, il ne faut pas. Elle lui sourit. Tout s’efface. Le café est chaud, le sucre qu’elle lui tend inutile et pourtant il se voit en mettre une touche dans son breuvage, comme envouté. ‘Tu es radieuse.’ Il fait la réponse à sa propre question, parce qu’il sent qu’elle ne dira pas mot. Et pourtant. Elle semble aller bien. Et dieu, qu’elle lui paraît belle. Alors il le dit. Parce qu’il est comme ça, Jake, qu’il n’a pas peur du compliment si ça peut illuminer une femme. La sincérité du séducteur. Ou une connerie du genre.

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