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 sweet serial killer + harley

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( end game )

MessageSujet: sweet serial killer + harley    Sam 21 Avr - 14:26

L'ambition nous contraignait - elle étouffait nos silhouettes à travers les avenues de Brighton. Je marchais. Je reculais. Mes jambes se faufilaient sur le goudron, balayant les fragments de poussières et les souvenirs de la guerre. Doucement, mon esprit glissait vers le tombeau. Le coeur si i inquiet, si lourd. Les fantômes des soldats déambulaient alentour. J’effleurais les étoffes blêmes qui s’emmêlaient dans la nuit. Je les touchais, je respirais l’odeur du sable blanc. Puis le silence s’imposait. Tout s’arrêtait. Je ne les entendais plus. Ces voix qui transperçaient la peau. Ces voix qui suffoquaient sur les dunes du désert Afghan. Mes yeux roulaient sur l’asphalte gris. Un, deux, trois. Je m’éloignais à travers les galeries. Des fragments de ma vie qui défilaient sous mes paupières. Une enfance banale dans un foyer écologique, accompagné d’un jumeau identique et des caresses de la rivière. Un mariage presque forcé par un sentiment d’humanité terrible. Une amitié fulgurante, jamais romantique. La maladie d’Angela, ses supplices et mes confessions. Une carrière fluctuante. Un talent perdu, biaisé par les opinions publiques. Tous ces articles n’étaient que des mots. De l’encre séché sur les marges du papier. Un millier d’images et de questions. La ville transperçait mes prunelles. Je ne voyais rien. La foule se dispersait sous les néons des réverbères et je me retrouvais seul, face aux insignes du pub. Les lumières étaient aveuglantes à l’intérieur. Je sentais l’amertume des ivrognes et les délices de l’alcool. Mon coeur me portait jusqu’au bout de la pièce. Je croisais toutes les belles dames et leurs sourires. J’attendais. Je guettais. Puis je l’aperçus, au milieu des autres, magnifique au bout du comptoir. L’âme abîmée, écorchée par des rêves impossibles. Elle me jeta un coup d'oeil distrait. Harley s'ennuyait à périr, les doigts crispés sur les parois d’un cocktail trop sucré. Je m’approchais en hochant la tête. « On te pose souvent des lapins ?» Je soupirais dans ses cheveux. Un geste incandescendant et provocateur. Je n’étais pas étonné de sa solitude. Elle se joignait à mes pensées. Elle accompagnait mes exodes terribles dans l’univers des philosophes. Je posais un coude contre sa chaise. Harley était insupportable - pleine de défauts et de sentiments. Sa bouche exhalait un onguent amer. Une fragrance d’indécision qui s’opposait à son caractère passionné. Je la remarquais. Je la voyais lorsque les autres ignoraient sa détresse. « Tu devrais te détendre - personne ne veut coucher avec un balai.» Me moquai-je en interpellant le barman.
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MessageSujet: Re: sweet serial killer + harley    Dim 22 Avr - 14:59

Son ambition ne s'arrêtait pas aux bordures de l'immeuble. Elle était obstinée, étouffante. Griffait ses joues et son cœur. Harley vivait sous le joug de ses aspirations. Sans elles – sans le manteau lourd et venimeux, elle n'était rien. Ses écrits se crispaient sous la pression de ses attentes. On ne la voyait pas. Mais elle, elle voyait tout – les défauts et les ratures. Elle voulait être tout en haut, là où les visages se levaient pour admirer le soleil. Elle voulait vivre avec les étoiles et oublier l'enveloppe de sa banalité. Harley n'était rien. Harley était ordinaire. Elle souffla sur le liquide ambrée. Les ondulations des reflets dans le verre la firent sourire – une esquisse seulement, discrète. Elle était seule parmi les ombres, les silhouettes, les amertumes noyées dans l'alcool. Les bars s'emplissaient de ceux qui voulaient oublier. Et ceux qui, dans l'élan de leur bonheur passager, s'esclaffait autour d'une table ternie par le temps. Harley écoutait, les éclats de conversation, les mots essoufflés par l'ivresse du soir. Paraît que John a surpris sa femme avec le voisin, t'y crois toi? Les anecdotes déformées, balancées d'un haussement d'épaules au centre d'une conversation sans direction. Vide de sens. Elle releva les yeux pour capturer l'essence des alentours. Les auras fatiguées et les visages pétrifiés. Et, parmi les milliers d'yeux brillants, elle accrocha la noirceur des siens. Son cœur frôla ses côtes dans une halte féroce. Julian, et l'ébène de ses mèches, et l'immensité de ses convoitises. Il voulait son trône. Il voulait sa réussite. Elle bâtit des paupières en le regardant filer entre les ombres. Il approchait. Toujours, à l'affût de ses faiblesses, de l’essoufflement de sa détermination. Prêt à la pousser dans l'abîme de l'oubli pour dérober sa couronne. Elle pinça les lèvres en retenant son souffle. Julian empestait la détermination et la cigarette. - Je n'ai invité personne, nota-t-elle en frôlant sa joue de ses iris brunes. Elle se laissait aller dans une solitude usuelle. Ses pensées noyaient les silences. Sa figure se figeait sous les néons. Elle inspirait le calme et l'assurance. Puis, lorsque l'on regardait ailleurs, elle affaissait les épaules et fermait les paupières. Respirer. Noyée par ses affections contraires. Elle échappa le souffle d'un rire – sifflant entre ses dents alors qu'elle fixait les abysses devant elle. - C'est vrai. Tu dois bien le savoir. Elle se pencha pour souffler dans les poussières, une confession, une moquerie. - Du moins, c'est ce que les rumeurs disent. Elle haussa les épaules en portant le verre à ses lèvres nues. Le cocktail était trop sucré – il brûlait sa langue et serrait sa gorge. Un silence. - C'est pas la peine de t'attarder. Les prochaines promotions ne seront attribuées qu'en décembre. Elle aimait lui rappeler la hiérarchie. Le sens de leurs positions. Il était le pion, elle était la reine. Pourtant, elle restait terrifiée de ses attaques silencieuses. De ses menaces invisibles. Car il n'avait qu'à sourire un peu trop pour qu'elle s'effondre dans une affection toujours démentie.
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MessageSujet: Re: sweet serial killer + harley    Mar 8 Mai - 23:30

Mes pensées se fissuraient sur les parois du bar. Je ne savais rien - j’ignorais tout de nos animosités secrètes. Elles étaient nées à l’aube de notre première rencontre, une compétition assassine, sournoise entre deux esprits avares de gratitude. Harley le voyait aussi. Nous étions opposés, contradictoires sous un ciel sans étoiles. Mon regard glissait sur les silhouettes alignées dans le corridor. Des femmes, toutes aussi belles. Toutes aussi charmantes. Mais, je me refusais à mes vices. Je refusais de ternir une soirée, tel que j’avais terni mon mariage. Je m’installais sur le tabouret, les doigts crispés sur les rebords du comptoir. Je n’avais pas peur de ses morsures. Harley n’était qu’un nuage de fumée, une vapeur qui coulait sur mes lèvres. L’ambition ternissait ses talents. Elle aveuglait son esprit face à mon ingéniosité - à mes années d’expériences sur les terres de sang et de guerre. Je haussais les épaules en marmonnant. Mon corps chancelait sous les fluctuations des lampes, jouant avec les reflets et les ombres des bouteilles. Je riais à ses sarcasmes, à ses petites remarques insignifiantes. Il était si difficile de croire qu’elle était souveraine de mon royaume - que ses talons rongeaient le sol des couloirs que je convoitais, ceux menant vers les bureaux de la rédaction. On ne se battait pas pour les mêmes choses. J’écrivais les réalités d’un monde à l’agonie. L’encre écorchait le papier, pleurant sur le sillage de mes ongles noircis par l’effort et les mégots. Une nuit, j’avais entendu les bombardements. Les sirènes avaient déchirés le silence pour invoquer clémence d’une divinité en dormance. Ils courraient à mes côtés, ces villageois aux haillons gris, aux sandales déchiquetés par les cailloux et les sables tranchants. L’odeur de la sueur était écoeurante. Mais le sang était pire. Chaque goutte était une cicatrice sur mes yeux, une marque pourpre qui éconduisait mon esprit. Je ne voulais pas gagner sa place pour lui ôter la gloire. Au contraire, je voulais rendre justice à ces vagabonds de la guerre, ces âmes errantes entre les refuges militaires et les cachots souterrains. Je voulais hausser la voir lorsque la leur, étouffait, emportée par les blessures et les pétarades du feu. A quoi bon lutter si la mort était seule accomplissement ? A quoi bon s’assoir ici et boire les vices des autres dans une gorgée d’alcool ? « Peut-être que d’ici décembre JE devrais décider de ta prime de fin d’année.» Je soufflais avec arrogance. J’étais certain de l’effet - de la réaction qui suivait les mots. Elle s’offusquait, Harley. Les veines gonflaient au coin de ses paupières. Et elle me détestait. Elle me haïssait de tout son être.  « Mais t’inquiète, si tu couches avec moi, je te laisserais prendre le bureau à côté des toilettes. J’aime bien les balais …» Je lui adressai un clin d’oeil en effleurant sa main. Le barman déposa ma boisson, un mélange électrisant d’amertume et de faux semblants. L’envie irrépressible de prendre la fuite, d’arrêter les frais et d’être un jeune homme honorable. Pourtant, je ne bougeais pas. Mes jambes étaient figées, face à elle. Incapables de capituler. De plier.
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