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 nothing good comes from being gone (jacob)

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MessageSujet: nothing good comes from being gone (jacob)   Jeu 12 Avr - 18:11

jacob & james

did you escape, from the feelings that you wanted to replace
with anything you thought could fill the space
(nothing [...] @flatsound)

Courir sans s'arrêter. Regarder par-dessus ses épaules de temps à autres. Furtifs coups d’œil qui trahissent une paranoïa certaine, bien ancrée dans son système. Courir, encore. À en perdre le souffle, à s'en exploser le myocarde. Il aime ces sensations paradoxales ; le corps qui bouillonne et la morsure fraîche d'une nuit de printemps sur sa peau. La douleur dans ses jambes contre la sensation de liberté. Il se demande jusqu'où il pourrait aller ainsi. La prochaine ville, l'autre bout du monde. Qu'est-ce que ça changerait, dans le fond ? Il n'est plus personne, que ce soit ici ou là-bas. Les étoiles embrassent le ciel en cette fin de journée, la ville s'éteint doucement alors que ses habitants rejoignent leur maison, leur famille, leurs amis ; leur foyer. La définition du foyer de Monroe est un peu plus bancale, moins chaleureuse sans doute. Quatre murs, une porte et deux fenêtres, ses deux fidèles compagnons : silence et solitude. Rien de plus pour l'homme qu'il est devenu, individu en sursis sur cette planète qui n'a plus grand chose à lui offrir. Il court James, comme s'il fuyait quelque chose, et peut-être bien que c'est le cas. Peut-être bien que les balles qui sifflent à ses oreilles encore aujourd'hui ne sont pas que des hallucinations, tout comme le brouhaha constant dans lequel il évolue ici. Finalement, il ralentit et s'arrête, s'échoue sur un banc, les muscles à vif, le corps en torsion pour essayer de capter l'oxygène. Tes vingt ans sont si loin que ça, Monroe ? Il a l'impression d'étouffer et de cracher ses poumons, s'évertue à apaiser le palpitant, masse sa jambe endolorie en songeant que Iolanda – sa kinésithérapeute – le tuera sans doute pour avoir autant forcé. Il relève enfin les yeux et regarde le monde qui passe. La vie qui continue, alors qu'il a sans cesse l'impression d'être sur pause. Il renifle et scrute les silhouettes, leur invente mille histoires merveilleuses, jusqu'à ce que son regard accroche un visage en particulier. Et alors, les contes tournent à des tragédies grecques. Le cœur s'emballe à nouveau et les poings se serrent sur le bois du banc. Il le regarde passer et envisage une centaine d'options plus ou moins improbables ; de son passage sans encombre au crash d'un aéronef sur sa personne. Mais parmi ces cent options, il choisit la seule qui ne figure pas sur la liste ; prendre son courage à deux mains et lui adresser la parole. - Quelle fière allure. Il aurait sans doute pu trouver mieux comme – provocation – introduction, mais Monroe n'a jamais eu l'âme d'un poète ou d'un dramaturge et quand on lui parle de Jacob Ryder, il envisage plutôt les coups qu'il pourrait lui mettre avant de devoir lui adresser la parole. Il reste là, vissé sur son banc, une lueur agressive se faufilant dans son regard. La colère est toujours là, même des années après. Il n'a pas oublié, il n'oubliera jamais. L'amertume est tenace, plus que leur amitié, apparemment. Il se souvient du meilleur, mais surtout du pire. De tout ce qu'ils avaient, et de tout ce qu'ils ont bousillé.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Sam 14 Avr - 22:41

james & jacob
{ à force des courbes se dessinent sous mon regard somnifère
j'ai voulu décourber l'échine à courir après mes chimères }

Y a quelque chose de fou, dans ces pas qui poussent le sol, dans ces foulées mécaniques, dans ce souffle contrôlé. Cohérence des gestes, inspiration, expiration, les muscles se tendent, se serrent, relâchent, font avancer son corps ; sa tête se vide, comme par besoin. Il n’a jamais connu que ça, Jacob, courir après quelque chose. Ses rêves, ses envies, sa liberté, l’oubli. Pour fuir aussi, ces démons qui le hantent, ces souvenirs assassins qui burinent ses nuits et lui volent le sommeil. Alors il court, pour s’épuiser, pour s’évader. Il court sans but dans les rues de la ville de son enfance ; il ne peut pas crier, il aurait l’air d’un fou, et pourtant. Comprenez que courir pour lui, ce n’est pas assez ; il voudrait voler. Il trouve une certaine clarté quand il prend de la hauteur.  Mais il est coincé là, les deux pieds sur terre, attendant le prochain appel. Alors il court, jusqu’à la mer, prêt à s’y perdre. Il ne peut pas. Ne pourra jamais. Fuir, c’est pas son genre. Il aurait l’impression d’abandonner trop de monde. C’est pas narcissique, il a simplement vu d’un peu trop près ce que la perte de quelqu’un pouvait avoir comme effet sur une famille. Sur des amis. Jake, il s’y refuse. Tant pis si, pendant ce temps là, il ne trouve pas sa place dans sa propre peau. Faut faire avec, mon gars. Ça finira bien par passer. Il baisse l’allure, voyant les vagues s’abattre sur le sable. Bien loin du calme de la pleine mer qu’il avait l’habitude de contempler, il y trouve quelque chose de rassurant. Ses problèmes deviennent tout d’un coup dérisoires ; effet de l’immensité face à sa petite personne. C’est presque optimiste qu’il s’apprête à repartir, avant d’entendre sa voix. Y a des choses qui ne changent pas. Will, en chair et en os, le cul posé sur un banc. Là, comment si de rien n’était, avec sa remarque à la con. Il voudrait en rire, mais Jacob, il est pris entre une envie viscérale de lui en coller une et de le prendre dans ses bras. Aucun des deux, finalement, il cherche dans son regard une once de réponse. N’y trouve que du mépris. Il fallait s’en douter. ‘Je peux pas en dire de même. C’est certainement la lâcheté qui te va pas au teint.’ Il l’a promis à Andy, il le sait ; faut qu’il reste. Faut qu’il le retienne. Mais c’est certainement pas en suppliant que ça risque d’arriver. Et puis… et puis merde, il lui en veux comme une gamine en pleine puberté. Sans même lui laisser une chance, William avait fermé la porte sur l’amitié la plus importante de sa vie. Excusez-le de trouver ça un dégueulasse. ‘Alors c’est vrai… t’es vraiment de retour.’ Andy l’avait prévenu mais allez savoir, le doute planait toujours. Qu'est-ce qu'il peut bien faire là - voilà une bonne question. Pas qu’il ait pissé sur Brighton, mais c’était sa ville. Will n’avait toujours été qu’un invité ici. Allez pas lui faire croire qu’elle a une valeur sentimentale pour lui. À moins que.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Mar 24 Avr - 10:37

Il déteste cette silhouette si familière, hait encore plus les traits innocents de son visage. Jacob n'a rien d'innocent. Jacob est un monstre, au même titre que lui, mais un autre type de monstre encore. Celui qui cachait bien son jeu, à l'époque. Celui qui lui a enfoncé une lame entre les omoplates, dans une accolade aussi fraternelle qu'assassine. C'est pour toutes ces raisons que James crache ses mots. Dans l'espoir de l'accrocher, de le happer dans cette ce simulacre de conversation qu'il ne semble même pas désirer. Paradoxe de la colère. Il n'a pas envie d'entendre sa voix et pourtant, il aimerait tant que Ryder ait le cran de lui répondre. De hausser le ton, comme autrefois. Il y repense, parfois, à ces temps révolus. Aux grands sourires, aux soirées match et bières. Cette époque où il pouvait encore le considérer comme un frère. Ces jours où il aurait tout donné pour lui, ici ou à l'autre bout du monde, à se battre à la sortie d'un bar ou à se jeter au milieu d'une fusillade pour le tirer d'un mauvais pas. Aujourd'hui ? Il aurait plutôt tendance à l'envoyer valser sur un champ de mines. Ses yeux débordent d'un mépris qu'il n'arrive plus à contenir. Puis, Jacob a le malheur de répondre. De rentrer dans le jeu. Les phalanges de l'américain se serrent sur le banc, ses mâchoires se bloquent presque douloureusement. Il n'a même pas envie de répondre, Monroe. Parce qu'il a peur de ce qu'il pourrait dire, peur de perdre le contrôle ; à nouveau. Alors il détourne le regard et ravale sa fierté. Fait comme si ses mots s'étaient perdus dans le vent. Il n'est plus certain de vouloir lui parler, désormais. Plus certain de vouloir qu'il reste. Il regretterait presque de l'avoir interpellé, mais l'autre relance la conversation. Un drôle de rire traverse les lèvres de James. - De retour ? Tu devrais atterrir, ça fait trois ans que je suis revenu. Trois ans à me perdre dans les ombres d'une vie qui était la mienne autrefois. Avant que tu ne passes par là. Que tu ne piétines tout. Il rassemble ses mains, triture ses doigts avec humeur. Cherche à faire passer la sensation de malaise qui le prend encore et encore à la gorge, avec une violence. - Et toi alors ? Qu'est-ce que tu peux bien faire de ta vie ? Je t'ai jamais croisé en trois ans et Brighton, c'est pas vraiment immense. Il fait rouler ses épaules, il ment ; il l'a croisé. N'a jamais eu le courage de l'affronter. Peur que ça dérape, peur d'être tenté de le fracasser, à nouveau. Il pose enfin son regard sur lui, ancre ses prunlles aux siennes. - Ils t'ont plutôt bien refait le nez, finalement. Et le voilà qui jette de l'huile sur le feu, car il est incapable d'agir autrement, James. Il a besoin des étincelles ; besoin qu'il lui rappelle toutes les raisons pour lesquelles il le déteste, désormais.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Mar 1 Mai - 20:18

Cette sensation douce amer, c’est exactement ce qu’il avait imaginé des centaines de fois en pensant à leurs retrouvailles. Seulement dans ses scénarios, Jacob le trouvait dans une ville lointaine, à fuir comme le lâche qu’il voulait imaginer, apeuré face à ce ramassis de vie gâchée. On en est bien loin. William, James, peu importe son nom, a le regard conquérant de celui qui dit au monde d’aller se faire foutre. Au départ, du moins. Parce que Jake ouvre la bouche et que sa belle façade vacille. Il le connaît, l’a connu, du moins. Qu’il ne l’oubli pas. Il y a quelques années encore, il était capable de lire en lui la moindre émotion. Le privilège d’apprendre à se connaître au milieu d’une guerre. Tout va plus vite, se vit plus fort. Alors le pilote gagne en confiance, se dit que peut-être, il peut l’atteindre. Avant l’uppercut. Trois ans… trois ans à arpenter ces rues sans même donner signe de vie ? Et il s’en vente, l’égoïste. ‘Qu’est-ce que tu fais là ? Je croyais qu’y avait plus rien pour toi ici…’ question légitime. C’était jouer avec le feu, non, que de poser ses valises dans la ville même de son ex et de celui qui l’avait trahi ? Et puis, comme il venait si bien de le souligner, Brighton n’était pas connu pour son immensité. Alors oui. Il se pose la question. ‘Certains d’entre nous honorent la fin de leur contrat.’ Oh non, il ne compte pas y aller de main morte. Il n’avait pas simplement claqué la porte de leur amitié ou celle de son couple, mais aussi d’une institution en laquelle Jake croyait véritablement. Même si elle était la cause de bien des démons. Et certainement la raison pour laquelle Will était parti en vrille. ‘Je peux savoir ce qui me retient de les appeler pour les éclairer sur ta présence ?’ au poker, ça s’appelle du bluff. Pourtant, il a les as en main. James est dans la merde, ils le savent tous les deux. Leur livrer un déserteur serait très bien vu ; qu’il le leur ait caché, par contre, pourrait le mener tout droit vers une enquête interne et possiblement le destituer de ses droits. Et pourtant. Lorsque l’ancien Marins accroche son regard, il ne peut plus bouger. Il lui doit trop, il lui doit tout. On en reste donc au bluff pour l’instant. ‘J’étais pourtant tenté de pas y toucher ; ça me donnait un air viril. Et puis, pour une fois que tu cassais vraiment la gueule à quelqu’un !’ son ton est plus léger, tout d’un coup. On aurait presque pu croire à une discussion entre deux bons potes. Jacob, il essaye tout ce qu’il peut. Il essaye surtout de lui montrer qu’il assume. Parce qu’il a trahi sa confiance, il le sait. Que son poing dans la figure, il l’a mérité. Mais qu’aujourd’hui, il se tient quand même devant lui, avec ses espoirs en bandoulière, et les restes de leur amitié sur les mains.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Dim 13 Mai - 19:57

Il se souvient des jours anciens où il n'aurait eu qu'à plonger dans ses bras pour échapper à ces failles immenses qui s'ouvraient parfois sous ses pieds. Des mauvaises décisions, choix regrettables et regrettés. Jacob était toujours là, prêt à le tirer hors du gouffre, même s'il devait passer ses bras dans les flammes de l'enfer pour l'en ramener. James, il lui en a toujours été reconnaissant, mais depuis cette fameuse fois, ce fameux jour où il lui a préféré tendre les bras à Andy plutôt qu'à lui, Monroe n'arrive pas à se focaliser sur les bons souvenirs. Ne parvient pas à se souvenir de tout ce qu'il a fait pour l'aider, avant d'agir pour le détruire. Alors il lui crache son insolence au visage, même si c'est sans réel impact, même si ça ne fait que ricocher. Jacob ne vacille même pas, alors que James aimerait le renverser. Au lieu de ça, il reste stoïque. Écoute chacun de ses mots qui tombent avec violence jusqu'au fond de son palpitant. Jacob sous-entend beaucoup trop de choses. Le genre de choses que James ne supporte plus d'entendre. Il serre les dents et regarde ailleurs, oublie les picotements qui dansent sur ses nerfs, longent vicieusement ses phalanges, appelant à une violence d'autrefois. - Rien. Il ancre son regard au sien, garde ses distances par prudence. - Rien ne t'en empêche, à part.. Comment on appelle ça déjà ? La dignité ? Non. Plutôt.. La loyauté ? Ou même un sentiment de fraternité. Il hausse les épaules, le talon frappant frénétiquement l'asphalte. - Non, c'est vrai. Ces mots là ne te disent rien. Tu peux bien le faire de toute façon, t'as déjà prouvé par le passé que poignarder un ami dans le dos ne te posait pas de problème de conscience. L'acidité qui glisse sur chacune de ses syllabes, ses propos qui font écho à un passé commun, un passé qu'il a depuis longtemps jeté dans les flammes, pourtant. Il serre les mâchoires et un muscle roule sous sa joue. Inspire avec humeur. Expire sa tension, sa colère. Ryder tente une autre approche. James, il n'est pas certain de comment il doit prendre ses paroles. Est-ce qu'il essaye de déconner ? De faire comme autrefois ? Comme si rien ne s'était passé ? Ça le met mal à l'aise, sa gorge se serre, son cœur aussi. - T'es bête. Qu'il lâche dans un demi-sourire. Il reste pourtant sur ses gardes, car sa confiance s'est étiolée avec le temps, jusqu'à totalement disparaître. Il s'attend à tout instant à ce que Jacob lui fasse un autre tour fourbe de son cru. - T'es toujours avec elle ? Il fuit du regard James. Il n'aurait jamais dû demander ça, mais il a besoin de savoir. Même s'il prétend qu'il s'en fiche, que ça n'a plus aucune importance. Il a besoin de savoir pour aller de l'avant.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Dim 20 Mai - 18:23

C'est difficile et douloureux. Comme des impacts de balles qui frôlent le cœur pour mieux l'achever ; lentement. Il y a d’abord sa posture, désinvolte et agressive, le cul posé sagement sur un banc comme si le monde lui appartenait et qu’il n’en avait rien à foutre. Parce qu’il a beau avoir de la hauteur, Jake, il a quand même l’impression que le blond a l’ascendant. C’est étrange, mais le croiser là l’a complètement écrasé au sol ; figurativement. Il se tient droit, bien ancré au bitume parce qu’au moindre courant d’air, il a peur que ses genoux le lâchent. Y a son regard, le petit sourire narquois de celui qui semble s’être joué du monde. Il se pavane dans les rues depuis des années, sous leurs nez, comme le roi de la jungle. Alors qu’eux le cherchent. Indéfiniment, aux coins de rues des quatre coins du monde. Mais c’est en ses termes qu’il se fait voir. Et puis, il y a ses mots. Acerbes, acides, ils brulent l’atmosphère et l’étouffent. Il suffoque, Jacob, de voir son meilleur ami en face de lui, là, vivant et bien portant, alors que certaines nuits il se jurerait l’avoir tué. Mais ça, James s’en fout. Visiblement, y a que sa petite rancœur qui compte. Et il peut même pas lui en vouloir pour ça. Ou peut-il ? James lui parle de fraternité et il sait, il sent qu’il ne vaut mieux pas répondre. Pour lui dire quoi ? Il a fait un erreur, la plus grande de sa vie probablement, et il en paye le prix. ‘Tu crois vraiment que ça n’a été qu’une partie de plaisir pour moi ? Bordel Will, j’ai déconné ! D’accord ? Mais crois pas que j’en ai pas payé le prix depuis. La preuve…’ lâche t-il, lasse, en les désignant tous les deux. Il soupire, se passe une main sur le visage, regarde l’horizon. La mer balaye le sable, efface toutes traces sur le sable humide, et il se met à croire, Jake, à l’impossible. Aux signes du destin, à toutes ces conneries que sa sœur avait pu lui servir avec les années. Il s’avance vers la rambarde, s’y accoude. Il a sourit, Will, ou James, ou peu importe le nom qu’il se donne. Il a sourit, même un tout petit peu, alors peut-être qu’il est un peu trop optimiste mais il veut y croire.  S’y raccrocher. Il en a besoin. ‘J’ai jamais été avec elle. Quoi qu’t’en penses, elle a toujours été qu’à toi. Puis t'as disparu...’ c’est risqué comme affirmation parce qu’il lui a volé la certitude de ce propos en une nuit, et pourtant. Pour Jacob, ça a toujours été limpide. Même s’il avait pu, même s’il avait voulu, Andy n'aurait jamais, jamais été sienne. C’est bien le plus tragique, dans l’histoire. Trois vies brisées pour quelques coups de reins sans avenir.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Jeu 24 Mai - 22:45

Il regrette presque, James. Sa vie d'hier, aussi difficile était-elle. Ponctuée par des craintes injustifiées, abîmée par une paranoïa entêtante. Son existence tenait peut-être plus du cauchemar que du rêve, mais au moins il les avait eux. Au moins, il l'avait lui. L'ami de toujours. Ce frère d'une autre mère. Son cœur se froisse alors que les souvenirs s'y agglutinent. Les bons, les mauvais. Les joies, les colères. Un point final violent pour tourner la page d'un ultime chapitre. Il regrette presque, oui. De s'être enfui et d'avoir tout perdu. Il écoute les mélodies détraquées de sa voix. Ses plaintes et sa lassitude, ses mots qui s'arrangent en un simulacre d'excuses bancal. Il voit ça comme une invitation à la colère, d'abord. L'amorce, l'étincelle qui met le feu aux poudres. Mais il éteint l'incendie avant même qu'il ne se glisse dans ses veines, James. Il avale de travers ses impulsions, se concentre sur le froid qui lui mord le bout des doigts. Un rire malin glisse sur ses lèvres. - Une partie de plaisir, j'en doute pas. Il se mord l'intérieur des joues et regarde ailleurs. C'était facile, et bas, de dire ça. De détourner les mots pour les faire résonner comme une blague vaseuse. - Quel prix est-ce que t'as bien pu payer, Jacob ? Regarde-toi. T'es tout ce qu'il y a de plus normal. Il n'a pas envie d'y croire Monroe, pas envie de croire que Jacob parlait de leur relation en disant ça. Il ne peut pas s'en tirer aussi facilement, avec quelques regrets étalés sur des syllabes maladroites. Il ne veut pas gober ça, James ; il a avalé assez de mensonges pour toute une vie. Ses épaules roulent et la question tant redoutée lui pique le bout de la langue. Il la pose. Regrette. Ses épaules ne s'affaissent pas – pas encore, il essaye de se montrer fort et indifférent. Que Ryder mente ou dise la vérité, il tente de se persuader que ça n'a aucune importance. Parce qu'il ne tient plus à Andy, pas vrai ? - Dis-moi juste une chose Jacob. Pourquoi est-ce que je devrais te croire ? Il hausse les épaules, se lève de son banc, déployant sa carcasse sur toute sa longueur. - Et puis tu sais, je m'en fous d'Andy. De toi aussi. Il ment et il lutte pour ne pas se mordre la langue, James. Il est acide, malgré les ombres de sourires qui passent sur sa bouche par moment. - Ma vie ne gravite plus autour de vous deux depuis bien longtemps. Il feint l'indifférence. Lève le menton et détourne le regard, dans un élan de mépris qui ne lui ressemble pas. Une manière de dire tu vois, j'm'en sors bien sans vous, même s'il n'y croit pas une seule seconde.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Jeu 7 Juin - 19:00

Ç'avait été bon d'être avec elle, il ne va pas mentir. Ç'avait été bon de se comprendre, de panser les plaies de ses lèvres, de repousser les doutes de ses mains, ç'avait été bon d'exister, ne serait-ce qu'un instant, par la prisme de cette femme. Parce qu'Andy, elle a ce don qui vous donne l'impression d'être exceptionnel. Même quand elle est blessée, même quand elle pleure, elle est solaire. Il a eu besoin de ses rayons. Parce que si la guerre ne l'a pas affecté comme William, Jacob n'en est pas ressorti indemne non plus. Voir son frère d'arme dans cet état, ça lui a foutu un coup. Ne pas pouvoir l'aider, surtout. Alors il s'est tourné vers Andy, s'est abreuvé à sa source. Et ç'avait été bon. Absolution de quelques minutes, avant de redescendre sur terre. Se rendre compte de l'erreur. Elle n'était pas qu'une baise sans conséquences. Elle était la passion éphémère et destructrice. Et les morceaux sont là, comme deux cons, à pas réussir à se dire les choses. 'J'aurais beau te dire que je suis désolé une énième fois, tu voudras pas l'entendre. Qu'est-ce que tu veux que je te dise...' rhétorique, cette question, parce qu'ils savent probablement tous les deux qu'il n'y a plus rien à dire. Que ce que Jacob attend, une once de pardon, ne viendra probablement jamais. Et pourtant, il essaye. Ne cessera certainement jamais. James lui parle de normalité, et Jake étouffe un rire nerveux. Comme si courir le monde pour le compte de compagnies pleines de fric et refuser toute forme d'attache était normal. Il a pas avancé, Jacob. Il est resté coincé là-bas. Dans cet entre-deux que James doit bien connaitre. 'On n'a pas besoin de péter un plomb pour prouver que les séquelles sont là. C'est des conneries tout ça !... tu devrais le savoir.' sous entendu, tu me connais mieux que ça. Mais encore une fois, il ne peut pas prétendre à quoi que ce soit ; ce n'est plus William devant lui, mais le simulacre de quelqu'un qu'il a une fois connu. C'est éreintant, cette confusion. Les demi-mots, les non-dits, ça ne leur ressemble tellement pas qu'il a du mal à ne pas le secouer pour que les choses sortent une bonne fois pour toute. Il est même pas certain d'en avoir la force, Jacob. Ça fait trop longtemps qu'il se joue cette joute dans sa tête. Aujourd'hui, y a plus de jus. Juste assez pour faire ronronner le moteur. 'Je peux savoir ce que j'y gagnerais à mentir ?! Bordel Will, sois pas parano.' ça l'irrite qu'il ne le croit pas. Ça l'irrite qu'il le fuit du regard, qu'il essaye même pas de voir s'il est sincère ou non. 'J'ai fait une erreur, une ! Mais j'ai pas essayé de le cacher. Jme suis pas barré à l'autre bout du monde quand les choses ont commencé à devenir difficiles.' bien sûr qu'il remet ça sur le tapis, parce que c'est trop simple d'être le seul à s'en prendre plein les dents. James aussi a merdé. Qu'il en assume un peu les conséquences. Il se lève et Jake se redresse aussi, lui fait face, droit dans ses bottes. Ça le fait rire d'entendre ses dernières phrases. Il essaye de prouver quoi, avec ces mots qui tombent à l'eau ? 'Alors pourquoi t'es là ?...' il n'a toujours pas répondu à cette question. C'est évident pour le blond. Limpide, même. Il avance d'un pas, capte son regard et s'y ancre. 'Regarde moi dans les yeux et dis moi que t'as pas le souffle coupé à chaque fois que tu penses à elle ?' c'est simple, faut qu'il ouvre les yeux. Pour son bien. Pour Andy.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Jeu 28 Juin - 19:12

Il a envie de lui cracher au visage que non, il ne lui pardonnera jamais. Qu'il ne gobera pas ses excuses – pas après avoir avalé tous ces mensonges. La rancune est tenace. Ancrée au palpitant comme un marque incandescente qui brûle et brûle encore, à chaque fois qu'il croise sa chevelure d'ébène à elle, ou ses prunelles claires à lui. Il ne peut pas faire autrement que de les imaginer tous les deux. Dans un tableau parfait sur lequel il ne serait jamais venu faire tâche. Il est pourtant là, ombre qui hante l'arrière plan, avec ses traits fantomatiques. Il ne voit pas, Jacob. Il n'entend pas les bombes qui tonnent comme l'orage dans sa caboche abîmée. Tu n'y étais pas. Tu n'étais pas à Marjah. L'origine même de cette incontrôlable chute de dominos. Marjah et le massacre. Marjah et tous ses cadavres. « Qu'est-ce que t'en sais, Jacob. T'étais pas là. T'as toujours eu la tête dans les nuages. » James il s'imagine que les pilotes ont le beau rôle. Ils lâchent les bombes et foncent vers le soleil, alors qu'eux, ils crèvent en bas, dans le sang et le sable. Il se relève et enfonce ses mains dans ses poches. Se laisse happer par la paranoïa et ses démons d'hier. Se perd dans les méandres d'une confiance brisée, bousillée par leurs actes et leurs paroles. Ils sont tous fautifs et lui en tête de liste, il le sait. L'admettre, c'est déjà plus compliqué. Sois pas parano. L'ironie est douce et elle glisse sur ses lèvres dans un simulacre de rire. Il ne sait pas à quel point il a raison, Jacob. La suite est plus difficile à avaler cependant. Elle roule difficilement jusqu'à ses tympans et écorche son bon sens. Il voit rouge, James. Rouge, vert, noir. Toutes les foutues teintes d'une colère assourdissante. Les propos de Ryder sonnent comme une provocation gratuite sur laquelle le déserteur s'asphyxie. Il serre les poings et oublie la température qui grimpe dans ses veines. « Ferme-là Jacob. T'as pas idée de ce dont tu es en train de parler. » Qu'il lâche entre ses dents serrées. C'est une mise en garde. Une invitation à reculer, à abandonner les armes. Pourquoi est-ce que je suis là ? Parce que tu es là, Jake. Et elle aussi. Parce que c'est tout ce qui me reste dans ce vaste monde. Ma seule famille – ou un truc du genre. Il ne trouve rien à lui répondre ; rien qui ne lui donnerait pas raison, en tout cas. « Cette ville, c'est tout ce qui me reste. Mes souvenirs. Mes rares amis. Ma maison. Tout est là. » Même vous. Il secoue la tête, sourcils froncés, l'humeur vacillante. « Bien sûr que j'ai le souffle coupé, Jake. Et si tu savais combien de fois j'aurais voulu m'étouffer. » Il rit de son propre désespoir. Passe une main sur sa nuque, étire son corps fatigué et pince ses lèvres pour ravaler sa haine. « T'étais mieux qu'un frère tu sais. » Il hausse les épaules et prend un pas en arrière. Comme si être trop proche était devenu dangereux, soudainement. « Vous étiez ma famille. Tu me connais. Enfin, tu me connaissais. Tu savais que j'avais rien d'autre à part elle et toi. » Jeunesse chaotique et vie d'adulte entre les dunes. Andy et Jake. Jake et Andy. Les deux seules constantes solides de son monde. Il efface rageusement les larmes qui étaient en train de naître aux creux de ses yeux. Il n'y a plus rien à dire. Plus rien tout court.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Ven 20 Juil - 18:12

Si William n'avait pas été là, auraient-ils eu une chance ? Une quelconque, insignifiante chance d'être... quelque chose ? Jacob, il a du mal à y croire. Parce qu'il n'aurait jamais réussi à rayonner dans son atmosphère sans son meilleur ami. C'est Will, l'astre d'eux deux. Celui qui brille, attire, repousse, éclair. Dans une pièce, il écrase la concurrence d'un battement de cils ; il ouvre la bouche et les filles tombent, c'est comme ça. Enfin, c'était... Aujourd'hui, il est bien éteint ce soleil. Mais Jake, il se pose encore des fois la question. Et si il avait loupé sa chance avec l'amour de la vie d'un autre ? Ça lui effleure l'esprit, quand la nuit tombe. Il balaye vite l'idée. Andy, elle a toujours été trop bien pour lui. Lui, trop... différent, pour elle. C'était une histoire vouée à l'échec, si on peut parler d'histoire. Parce qu'il n'a pas eu sa chance. Il a eu la chance ; celle de voir leur amour grandir, vivre, exister. Parfois, il se dit qu'il a tout bousillé pour eux. Avant de se souvenir que Will avait marché sur leurs cœurs respectifs bien avant ça. Tout comme il piétine son cœur, là, maintenant, à lui reprocher de ne pas avoir vécu. C'est des conneries, et c'est tout simplement injuste. 'C'est dégueulasse et tu le sais. Va lâcher une bombe sur un village sans même voir, savoir si y a pas des gamins en dessous ! J'avais peut-être moins de risque de me faire flinguer, mais me redis jamais que mon job était plus facile que le tien.' il a les dents serrées, le regard assombrit, le corps en ébullition. Il a accepté les conditions parce qu'il croyait en sa mission, il y croit toujours. Mais bordel, ça n'avait pas été qu'une partie de plaisir. La mort, il avait beau la voir de loin, il avait certainement plus de sang sur les mains que celui qui se trouvait aujourd'hui en face de lui. Ça le tue qu'ils en soient là. Ça le tue parce qu'à une époque, il n'y aurait jamais eu aucun jugement de valeur entre eux. Juste du soutien, infaillible, infatigable. Quel gâchis... Il se passe une main nerveuse sur le visage le blond, sait que si il veut continuer cette conversation un minimum, il lui faut garder son calme. Les mots, pas les poings. Il n'a pas le moins du monde envie d'en arriver aux mains. Il attaque de nouveau, se heurte à un mur mais ça le fait sourire parce qu'il sait, il sent que la réaction de James a une raison toute fondée. He cares. Il aura beau dire, il n'a pas plus envie de les éjecter de sa vie qu'eux de le voir s'en aller. Tout est là. Bien sûr qu'il y voit une note d'espoir, Ryder. Y a une once de William derrière cet autre homme, une qui se raccroche à ces éléments de sa vie d'avant. Alors bien sûr, Jake fonce dans la brèche. Quitte à ce qu'elle se referme sur lui. 'On est là. On n'a pas bougé. On compte pas bouger...' cette main tendue lui est douloureuse parce qu'il sait, il sent que l'homme en face de lui va lui rire au nez. Mais il n'en a rien à faire. Il se doit d'essayer. L'espoir, c'est vraiment un truc à la con. Pourtant, Ryder en a à revendre. Puis il lui parle d'Andy, et le pilote baisse le regard. Les voir torturés, chacun de leur coin, c'est sa forme de torture. Si seulement il pouvait faire quoi que ce soit pour apaiser leur peine... 'Tu pourrais la pardonner.' c'est une évidence pour lui. Simple et difficile à la fois, mais il pourrait. Pas lui, non, il n'en demande pas tant. Mais savoir qu'Andy est sortie de la noirceur de son cœur... ça lui suffirait. Le coup de couteau suivant lui coupe le souffle. Était. Il était, mieux qu'un frère. Y a rien qui pourra effacer ce passé. Il a du mal à l'accepter. Jacob secoue la tête, les yeux serrés, il voudrait être hermétique mais il sait, il sait qu'il n'a pas le droit. Mais ça lui fait mal. Il a envie de crier mais il peut pas. Sa gorge se serre. C'est les larmes qui montent. Restent en lui. De justesse. 'Y avait plus rien du William qu'on connaissait en toi sur la fin. Y avait de la haine, de la peur, de la peine, mais aucune place pour le reste. Et on a essayé, d'accord ? On a essayé d'être patients, on a essayé d'aider, mais c'était... tu sais ce que c'est que de voir son meilleur ami se détruire à petit feu ? De détruire le monde autour de lui, de bousiller la fille qu'il aime ? T'as pensé au mur qu'on se prenait à chaque fois qu'on croisait tes yeux ?' c'est pas une justification, y a pas d'excuse pour ce qu'il a fait. Et pourtant... 'Tu t'es perdu avant même de nous perdre. Tu peux au moins admettre ça...' il est fatigué, Jake. Mais il a besoin de lui ouvrir les yeux. Il a besoin de réponses. Est-ce qu'ils auraient fini par le récupérer, s'ils n'avaient jamais commis la faute ? N'en seraient-ils pas au même point ; ou pire ?

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Lun 6 Aoû - 21:34

Les syllabes courent sur ses lèvres et il se brûle tout seul sur l'écho de ses propres pensées. C'est facile de cracher son venin. C'est déjà plus difficile d'en assumer les conséquences. Jacob, il ne se laisse pas démonter. Il se défend, d'un coup de poignard entre les côtes, d'une phrase qui claque sur sa langue acérée. La tension lui mord les artères et il aurait presque envie de lui sauter à la gorge, William – non, James. De lui faire ravaler sa prose douteuse et les provocations qui soulignent ses mots. Puis, dans un élan de raison, il se rappelle que c'est la paranoïa qui fait tout ça – enfin, c'est ce qu'il y avait écrit sur le dépliant concernant le ptsd, dans le bureau du psy. Il se ravise et il campe sur ses positions. S'oublie dans une indifférence feinte et un regard ancré au lointain. Il a envie de regarder vers le futur, de se perdre dans un horizon nouveau que ni Jake, ni Andy n’entacheront de leurs crimes et pourtant, pourtant, il ne s'imagine pas un monde sans eux. Il a raison Jacob ; ils n'ont pas bougé. C'est ce qui rend la situation aussi tordue et douloureuse pour James, cette sensation terrible de faire du surplace, alors qu'il ne demande qu'à aller vers l'avant. Il se pince les lèvres et il regarde ailleurs, James – ou peut-être William. S'égare entre les suggestions d'un ami d'hier et les possibilités qu'il restreint par sa propre volonté. La pardonner ? L'ironie coule comme un éclat de rire le long de sa gorge. Il secoue la tête et ses lèvres se tordent à mi-chemin entre une grimace et un sourire. « C'est hors de question. » Il visse son regard dans le sien une fois de plus. Fait preuve de plus d'assurance que jamais. « Je ne veux plus rien avoir à faire avec elle. » Une certitude qui lui échappe, pourtant ébranlée par leur dernière rencontre. Elle demeure dans un coin de son esprit, continuellement ; parfois, il cherche même sa silhouette au détour d'une rue, et il se déteste pour ça. Et après s'en être pris à elle, il s'en prend à lui, en conjuguant leur relation fraternelle au passé. Ses prunelles s'arrondissent quand il se construit une défense, Jacob. Qu'il lui dit, lui répète tout ce qu'il n'a pas envie ni besoin d'entendre. Ses torts, sa part de responsabilité dans le grand bordel qu'est devenu son existence. « Mais tu t'écoutes parler Jake, ou tu balances toutes ces conneries spontanément ? » Il refuse d'ouvrir les yeux sur la réalité, James. Sur la profondeur des plaies qu'il a laissées, sur la manière dont il a scarifié leurs esprits. Il lui donne raison malgré lui en se comportant comme autrefois ; un mur distant et froid, un type qui ne veut rien entendre et encore moins admettre qu'il a tort. « Bien sûr que j'étais perdu. Tu le sais très bien, je ne suis jamais vraiment rentré de Marjah. » J'ai laissé un bout de moi au-delà des dunes, dans un désert de noirceur où je suis un peu mort, moi aussi. J'aurais mieux fait d'y rester au final, tu penses pas, Jake ? Il le fixe toujours et vacille sur ses pieds. La colère s'éteint entre ses côtes, étouffée par la fatigue et la lassitude. Inutile de s'acharner, pas besoin de lutter ; ils ne seront plus jamais les mêmes, leur relation n'existera plus que sous la forme d'un vague souvenir. « J'étais paumé, mais vous n'étiez pas obligés de rester. J'ai retenu personne. Ni toi, ni elle. Si vous étiez tant en souffrance, vous n'aviez qu'à vous barrer. C'était simple, tu penses pas Jacob ? » Elle était déjà toute trouvée à l'époque, la solution. Et il s'en souvient James, des coups d'éclat, des crises de colère pour tenter de les faire fuir ; oh il se souvient d'avoir traversé des enfers main dans la main avec eux, dans l'espoir qu'ils se barrent. Ça aurait facilité les choses. Évité bien des souffrances. Un énième soupir coule de ses lèvres et il s'éloigne d'un pas puis de deux en arrière, James. « J'crois qu'on a plus rien à se dire Jacob. » Et il est prêt à prendre la fuite, aussi simplement que ça, comme si son âme n'était pas tiraillée par un passé se mêlant encore trop au présent.

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MessageSujet: Re: nothing good comes from being gone (jacob)   Jeu 16 Aoû - 18:37

Cette détermination, il lui avait souvent envié. Will, c'était le mec qui ne disait jamais non, qui le poussait à aller plus loin, plus vite. Celui qui serrait les dents pendant les entrainements difficiles, qui, pour faire front et montrer ce qu'il avait dans le ventre, restait sous la pluie à s'entrainer comme un dingue alors que les autres se mettaient à l'abri. En ça, Jake l'avait toujours admiré. L'avait suivi, avec des motivations différentes. Passer ses diplômes, devenir pilote, le reste... il verrait. L'ironie est assez folle ; il n'aurait jamais penser faire une vraie carrière dans le militaire. Pourtant, c'est encore lui qui est sur les listes de réservistes. À croire que les gens changent. À croire que son meilleur ami lui a fait voir quelque chose qu'il a du mal à mettre de côté aujourd'hui. Même si ça a détruit plus de personnes autour de lui que ça n'en a sauvé. Toujours est-il qu'aujourd'hui, c'est lui qui se prend sa ténacité en pleine face. Y a de la rage dans la manière dont il se tient, Jacob peut le voir. Tout un tas de choses que James tente de couvrir avec son humeur de fer ; pourtant il voit à travers, parfois. Juste un peu. Et ça le fait sourire. 'Ouais... c'est ça.' pas convaincu, pourtant l'homme en face de lui tente du mieux qu'il peut. Mais Andy... jamais elle pourra le laisser indifférent. Les, laisser. L'ancien soldat évoque la bataille de trop et tout d'un coup, c'est son échine qui se cambre, pas à l'aise. Ils n'en n'ont jamais parlé. C'était pas faute d'avoir essayé, mais William refusait de mettre des mots sur ce qu'il avait vu, vécu là-bas. Alors, Jacob avait imaginé le pire. Parce qu'on ne revient pas dans cet état-là si on a pas vécu l'enfer. Et il aurait voulu être là, il aurait tout fait, avait, tout fait. Insuffisant. Pire même ; à trop essayer, les deux hommes s'étaient éloignés peu à peu. Pour en arriver là. 'Mais tu peux pas comprendre qu'on pouvait pas ? Qu'on voulait pas ? Merde Will... tu te baladais un flingue à la main... t'aurais pu te faire descendre par les flics avant même de quitter ton jardin... nous, on voulait juste que tu ailles mieux. Visiblement, on a réussi !' qu'il lâche finalement, un rire jaune en fond de gorge. Parce que ça lui fait mal de voir que malgré toutes les tentatives, malgré l'horreur qu'il leur avait fait vivre, la seule chose qui lui avait rendu un poil de lucidité avait été de se barrer. D'être loin d'eux, de leur en vouloir peut-être. Ils l'avaient poussé à la sortie et dans un sens, il faut croire que ça l'avait sauvé. Putain de retour de bâton. C'est douloureux. Ça le sera toujours. Et puis, James met fin à son calvaire. D'un pas, puis deux, il recule. C'est fini. 'T'as sûrement raison.' qu'il admet enfin, lasse, les épaules relâchées. Il enfonce ses poings dans ses poches, retrouve l'horizon. 'Mais il n'empêche que tu connais le chemin. Et que ma porte reste ouverte.' c'est con parce qu'il sait très bien que la réciproque n'existe pas, mais il a besoin de le dire. Il a besoin que James le sache. Si demain, il venait frapper à sa porte pour x raison, Jake serait là. Aussi... fou, que cela puisse paraitre. Parce qu'au contraire de celui dont il s'éloigne à présent... il n'est pas capable de tirer un trait définitif sur le passé. Ne le sera probablement jamais.

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