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 black and blue + jacob

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Andy Cavendish

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MessageSujet: black and blue + jacob   Lun 9 Avr - 22:34

Je voyais tout. Je me souvenais. Les échos, les images - chaque détail. Je voyais tout. Et c’était horrible. D’imaginer le vide dans ses yeux. Le flingue dans sa main. De le supplier. De le rassurer. Et de réaliser qu’il n’entendait pas. Que mon amour ne suffisait pas à le sauver de la guerre, de ses délires. William n’existait pas. Il s’en allait au loin, emporté par les voix qui murmuraient dans sa tête. Peut-être n’avais-je pas la force d’être la compagne d’un soldat brisé. Peut-être était-ce mieux ainsi. De se séparer. D’oublier. Je pinçais les lèvres en me redressant au bord de la chaussée. Je vacillais sous le vent, étreignant un coeur fier, fracturé par les néons des réverbères. Je ne retournais pas sur mes pas. Je n’arrivais même pas à excuser mes erreurs. Jacob était là. Et il comprenait. Il me tendait un sourire chaleureux. J’étais faible et confuse. J’étais fatiguée de ses jeux de rôles. William était différent. Chaque jour, il me servait une nouvelle personnalité. Il me soupçonnait de tout - de trop le regarder, de trop l’attendre, de trop parler. Je posais les questions qu’il ne fallait pas. J’avais l’impression de déranger, d’être un poids sur sa conscience. Il était mieux dans sa solitude, loin de mes promesses. Je frissonnais en serrant les pans de mon manteau. Le tissu se froissait autour de mon cou, étouffant mes émotions et cette rage qui bourdonnait dans mes oreilles depuis trois ans. Une larme roulait sur ma joue. La première depuis la rupture. Depuis qu’il était parti. Les choses avaient changé, maintenant. Je n’avais pas peur de le perdre. De me tourner vers lui. Ce que je craignais, c’était les réminiscences de nos amours. Le mal qu’on s’infligeait au nom des sentiments. Jacob avait promis de tout arranger et je le croyais bêtement. Je le sollicitais encore, comme une vieille habitude - une dépendance à ses mots, à mon havre de paix. Je m’arrêtais devant son immeuble. L’adresse était floue. Je n’étais jamais venue. Il me l’avait simplement marmonné au téléphone. J’escaladais les marches de l’escalier. Mes jambes tremblaient dans la pénombre du couloir. Je ne bougeais pas, les poings fermés contre la porte. J’espérais un miracle, un retour du temps. Qui avait initié notre chute ? Le premier baiser ? Je n’étais pas sûre de savoir. Notre idylle était une succession de moments, de petites attentions. Puis une nuit, je m’étais réveillée dans le mauvais lit, l’esprit embaumé par les vapeurs de vin et les effluves de mon parfum bon marché. Je soupirais en appuyant sur la sonnette. Ses pas résonnaient de l’autre côté. Je revoyais sa démarche assurée et son sourire fripon. Instinctivement, je glissais les doigts dans mes cheveux, essayant de dompter les boucles sauvages qui ondulaient sur mes joues. Je voulais être présentable - l’attirer peut-être. Je l’ignorais. Je ne voulais pas réfléchir. « Jake. » Je murmurais doucement. Mes prunelles s’attardaient sur son visage creux - vieilli par l’usure de la guerre. Je restais immobile, les bras pantelants sur mes côtes. Puis dans un moment de faiblesse, semblables à ceux qui avaient brodé notre histoire, je me jetais dans ses bras en sanglotant. « Il est vraiment là. Cette fois il m’a parlé. Et je ne sais pas quoi faire. » Je n’arrivais pas à porter ce masque d’orgueil et de présomption. Pas face à lui. Pas lorsque mon coeur se déchirait dans mes entrailles. Je fermais les paupières en étouffant dans son étreinte. En respirant les méandres de notre trahison comme un nuage de poison.

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MessageSujet: Re: black and blue + jacob   Mer 11 Avr - 20:57

Combien de fois était-il passé devant ce cadre, hôte d'une vieille photo ? Des centaines, des milliers de fois sûrement depuis son installation dans ce loft de la ville côtière. Ils avaient l'air heureux... Au centre, un William au visage rond, le rire aux lèvres, le soleil d'un pays étranger ayant doré sa peau. À sa droite, une brune sculpturale qui jetait sur lui un regard mélangeant l'amour et le désir. À sa gauche, Jacob, sa blondeur presque enfantine, son sourire espiègle et son regard charmeur, certainement dirigé vers la belle plante qui avait immortalisé le moment. Quel âge avaient-ils ? Pas si loin de la vingtaine, probablement. Souvenir de l'un de leur premier passage à Brighton, cette photo représentait le trio infernal qu'ils étaient à l'époque. Aujourd'hui, qu'en restait-il ? Pas grande chose. Presque rien, à part des regrets. Le cadre avait été relégué en arrière plan, presque caché derrière un vase que lui avait offert sa sœur et qui n'accueillait que rarement des fleurs. La mémoire devient floue. La vie continue. Jusqu'à ce qu'on frappe à sa porte.
« Jake. » son souffle se coupe, il ne s'attend pas à la trouver elle, derrière la porte. Andy. Elle a gardé la beauté de leur rencontre mais ça et là se frayent sur son visage les conséquences de ces dernières années. Son regard fouille le sien et il comprend qu'elle n'est pas là par hasard. Plus rien n'est laissé au hasard, entre eux. Plus depuis cette fameuse nuit. « Il est vraiment là. Cette fois il m’a parlé. Et je ne sais pas quoi faire. » son corps heurte le sien et, d'instinct, ses bras se referment sur la silhouette longiligne de la belle. Cette proximité lui fait peur ; plus que ses mots. Mais il n'a pas le courage de la repousser. N'en aura probablement jamais le courage. « Calme toi... » souffle t-il alors qu'une de ses mains berce son dos. Est-ce qu'elle dit vrai ? Est-ce qu'il aurait osé revenir comme un prince, après toutes ces années, après tous leurs efforts, pour secouer leurs vies ? Sentiment paradoxal, Jacob meurt d'envie de le voir de ses propres yeux ; pour, enfin, reprendre son souffle. « Viens, entre. » il l'invite à la suivre, son bras toujours autour d'elle, pas certain que, s'il la lâchait, elle ne s'effondrerait pas sur le pas de sa porte. Son canapé n'est pas loin. Le chemin qui les sépare lui parait pourtant interminable. Une fois Andy assise, il hésite un quart de seconde avant de se diriger vers le bar pour leur verser deux verres de bourbon. Peu importe l'heure ou qu'il y ait du café chaud dans la cuisine ; il en a besoin. Et elle... certainement autant que lui. « Raconte moi. » lâche t-il enfin après lui avoir tendu son verre, prenant place en face d'elle sur un fauteuil. Il met un peu de distance, il en a besoin, pour garder les idées claires. Parce que, quand il la voit, c'est cette nuit qui lui revient, et les pleures, et les cris qui ont suivis. Y a rien de simple dans leur amitié. Pourtant... ils sont là. Parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement. La page William, aucun d'eux n'est prêt à la tourner.

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Andy Cavendish

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MessageSujet: Re: black and blue + jacob   Jeu 12 Avr - 0:16

Mon coeur se perdait dans son paterne. Je suffoquais. Je ne savais rien. Tout se mélangeait. Les images se confondaient dans mon esprit, étiolées dans une myriade de ressentiments étranges et contradictoires. Je l’aimais. Je le détestais. Je voulais mourir - vivre, courir dans ses bras. William était mon évidence, l’amour qui échappait parce qu’il était infime et infini. Enorme. Incommensurable. Je pinçais les lèvres en me redressant. Si seulement, il pouvait le voir. Je secouais les épaules en esquissant un mouvement vers la porte. Le vent se faufilait dans mon manteau, imposant le retour vers une réalité fuyante, momentanément retenue captive par les mots qu’on ne prononçait pas : cette fameuse nuit. La signification d’une passion interdite, consommée dans le secret. On s’en voulait. On s’acharnait. Et pourtant, l’erreur se répétait encore. Jacob était l’évasion vers l’abysse. Notre complicité engendrait le déchirement, la douleur entre nous. D’habitude, William n’était pas jaloux. Il avait simplement cessé de penser à moi - de me faire confiance. Mes dents se serraient dans un soupir affligé. Je me cramponnais à ses épaules, cherchait dans le désespoir de son étreinte, un repère pour mes chagrins - une façon de guérir pour toujours. Je n’avais pas la force. Je ne parvenais pas à oublier. Depuis trois années, sa voix murmurait dans mon cou, cette chanson de nostalgie éternelle. Je m’abandonnais dans ses bras. Je m’abandonnais partout dans la pièce. Mon équilibre devenait instable lorsqu’il me guidait vers le canapé. Je respirais les méandres de son parfum sur les meubles, sur les parois du vestibule et au coin du verre de bourbon qu’il me tendait dans un geste condescendant. Comme si l’alcool suffisait. Comme si l’ivresse pouvait m’apporter la sérénité. J’essuyais mes larmes en buvant une gorgée. Le feu s’embrasait dans ma gorge avant de s’éteindre dans mon estomac. Je restais silencieuse, les yeux posés sur la fenêtre, une expression qui n'évoquait rien. Une expression effacée. Mes ongles se posaient sur mes cuisses, laissant les traces de mes angoisses sur ma peau, oblitérant l’espace et le vide autour. Je relevais la tête pour le regarder.   « Je peux avoir un zeste d’orange et de la cannelle. » Je lui adressais un sourire malgré mes paupières mouillées. J’espérais peut-être que les saveurs épicées au fond de mon palais puissent me ramener à la raison. J’agitais lascivement le verre. «Qu’est ce que je peux raconter? Il avait l’air bizarre, distant. Il me parlait et je n’ai pas pu m’empêcher de jeter un oeil à sa main à la recherche d’une alliance simplement pour lui en vouloir à mon tour, pour trouver un moyen d’être quittes. C’est horrible, Jake. Le voir, c’est horrible. » Marmonnai-je, les sourcils froncés. J’ignorais s’il pouvait comprendre - s’il était possible de comparer nos sentiments. Jake avait perdu un meilleur ami et j’avais l’impression de ne plus avoir de vie. Je déglutis en me levant. Mes doigts glissaient sur les plis des rideaux. Je me penchais vers les reflets de la lune. «S’il nous voit maintenant ensemble je pense qu’il s’en ficherait. Il avait l’air de s’en ficher… » C’était blessant. Et pourtant je l’avais vu. Aux yeux de William, je n’étais qu’une ancienne amante. Une relation achevée, oubliée. Une rature insignifiante.  

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Dernière édition par Andy Cavendish le Sam 21 Avr - 14:47, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: black and blue + jacob   Lun 16 Avr - 21:57

Il y a de l'audace dans sa demande. Une désinvolture qui la caractérise et le ramène des années en arrière, à l'époque où il pouvait se permettre de lui répondre avec son sarcasme habituel. Parce que Will était là et qu'il n'y avait aucune équivoque entre eux, parce que son meilleur ami ne voyait aucun mal à leur petit jeu ; parce que ce n'était que ça, un jeu. Depuis, ils s'étaient brûlé les ailes. Icare de son état, Jacob avait eu le malheur de goûter à la chaleur de son être. Dieu que le mal avait du bon. L'instant suspendu avait été délicieux, jusqu'à ce qu'ils rouvrent les yeux sur l'erreur de leurs vies. Une simple bavure. Un accro sur la carrosserie. Une amitié à la casse. Une histoire en lambeaux. Il se relève, se souvient de ses goûts douteux, manque de s'offusquer parce qu'elle va ruiner ce nectar mais se retient. Là n'est pas la question. Elle peut bien le boire comme elle veut, si ça peut faire passer la pilule. Il pose sur la table les objets de ses désirs et reprend place face à la brune. Sur son visage, un voile se dessine. Le fantôme de leur passé est revenu les hanter. Combien de fois avaient-ils espéré se donner cette nouvelle ? Et pourtant, aujourd'hui, elle a un goût amer. Ses lèvres se trempent dans le liquide ambré. Il l'écoute, essaye de s'imaginer l'homme que William est devenu. Dans son esprit se juxtaposent les images d'un garçon souriant et espiègle et d'un homme perdu et haineux. Les multiples facettes d'un même homme. Ce que le temps peu faire de vous. 'Il t'a dit ce qu'il faisait là ? Depuis quand il est en ville, pour combien de temps ?' ses questions n'ont rien de rationnelles, ou bien le sont-elles un peu trop ? Mais il ne sait pas quoi lui dire, Jake. Il aimerait lui promettre de tout arranger, mais il ne sait pas s'il en a la force. Il ne sait plus. Il s'est trop battu, ces dernières années. Il a le souffle court d'avoir trop bataillé. Andy se lève, le regard de l'homme glisse sur ses longues jambes, son buste, le bout de ses cheveux, la naissance de sa mâchoire. Elle méritait mieux que ça. Elle méritait bien mieux que ces deux carcasses de Marines dans sa vie. 'Ne dis pas ça...' il meurt d'envie de se lever, de lui saisir les épaules pour la secouer, lui faire retrouver la raison. Seulement les souvenirs lui reviennent, et Jacob s'y perd. 'Tu te souviens de notre sortie à Swanborough ? Je l'avais tanné pendant des semaines pour qu'on aille pêcher dans le coin et quand il a fini par céder tu sais ce qu'il m'a dit ? "Que si Andy vient avec nous."' il trouve son regard, un maigre sourire aux lèvres. Ils étaient jeunes et cons ; ils étaient heureux. 'On n'avait pas beaucoup de temps avant de repartir et Will, il imaginait pas se priver de quelques heures avec toi.' grâce à Andy, il avait découvert un tout autre William. Il y avait quelque chose de plaisant à côtoyer un homme amoureux. 'Je peux pas croire que ce mec là ait complètement disparu. Il est fier, il est blessé, mais merde Andy ! T'étais pas qu'un flirt d'adolescent pour lui. T'étais pas...' n'importe qui. Eux, leur histoire, ce n'était pas n'importe quoi. 'Il m'aurait pas cassé le nez, s'il s'en foutait.' oh oui, il se souvient encore vivement de ce coup. Simple, efficace, renversant. Il l'avait mérité, pas de doute là-dessus. Ç'avait été le point virgule de leur histoire. Respiration. Il attendait simplement de savoir quand s'écrirait la suite.

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MessageSujet: Re: black and blue + jacob   Sam 21 Avr - 19:20


Sa voix se dissipait à la surface de la fenêtre. Mot par mot, les gouttes se condensaient sous mes doigts. Je respirais ses espoirs. J’avalais chaque promesse - chaque mensonge. Jacob ne savait pas. Il n’avait pas entendu les supplices de William. Il ne m’avait pas vu ce soir là, genoux à terre, les yeux écorchés dans le noir. Je l’avais supplié. Je ne voulais pas qu’il parte - qu’il abandonne. Tout était ma faute. J’étais la première à lui tourner le dos. J’étais l’amante déchue, celle qui embrassait ses pêchés sur les lèvres d’un autre. Mes larmes n’effaçaient pas la douleur. Ce n’était qu’un mirage, un vague souvenir de nos amours. Je redressais les épaules en silence. La rue défilait sous mes prunelles. Un monde différent de l’autre côté de la glace. Immobile, je fixais les lampadaires. Mille silhouettes déambulants sous les néons aux couleurs du soleil. J’imaginais leurs éclats de rires. J’imaginais ces joies qui ne m’appartenait plus. Un instant d’égarement. Quelques minutes de plaisir. Il ne suffisait que de ça. J’essayais de trouver l’équilibre face au micro mais les chants des sirènes ne ramenaient que le ressac d’une mer morte. Ma main tremblait sur le rebord. Je frissonnais sous un manteau épais. Je frissonnais car les étreintes de William étaient les seules à réchauffer mon coeur. Je me retournais lascivement, le corps chancelant entre les meubles. L’aigreur des agrumes se mélangeait aux saveurs maltées de son whisky si précieux que j’osais souiller de mes caprices. Je lui adressais un sourire fade. Je n’avais pas de réponses. J’ignorais tout de William, de sa vie ou son travail. Il était juste dans un bar. Son profil était si aigu - il m’avait transpercé le coeur. « Je sais pas. Il a dit de l’appeler James, maintenant.» Nous étions si éloignés. Trois ans s’étaient écoulés. On se croisait en inconnus. Mais je le voyais encore comme un fragment de moi, piégé dans une réalité parallèle. Je me souvenais de Swanborough, des courbes verdoyantes d’une nature infinie. Avant, ma présence manquait. Mon odeur. Mes chansons. Je restais immobile. Mes jambes étaient paralysées. J’observais Jacob sans le toucher. Sans parvenir à faire tomber les barrières. Nos corps se rejetaient après l’étreinte ultime. Nos sentiments changeaient. On étaient assis dans le salon, le souffle étouffé - le vide tout autour. J’esquissais le premier pas, encore. Je posais la main sur sa cuisse. «C’est différent maintenant. Il est trop têtu. Et toi aussi. » Il y avait un fossé entre nous. Notre complicité était fausse. Sans élan d’impulsivité. Sans enthousiasme. On se refusait le réconfort. On se refusait, la vie. « Il a toujours été jaloux de ton nez. Tu as vu le sien ? On dirait une patate.» Raillai-je en m’approchant. Mes mains encadraient ses joues dans un geste forcé. Je le fixais avec étrangeté, les sanglots séchés - les paupières rosées. « Jacob, ne pas me toucher ne va pas le ramener. Tu te sens obligé d’être cordial mais on a couché ensemble il y a mille ans. Et c’était ma faute. Je t’ai embrassé. Je t’ai séduis. Tout ce temps il avait raison, ça me tue de l’admettre. Mais sa paranoïa était réelle. Ils ne sont pas venus le cherché. C’est moi. Je leur est donné, William. Je l’ai laissé glisser dans la pente. Il avait peur et au lieu de le soutenir, j’ai eu peur aussi. Je crois que je ne pourrais jamais me le pardonner. » Je souris en me détachant. Mes poignets tremblaient encore. «Tu sais quand il est parti, je t’ai perdu aussi. » On ne se disait plus rien. On ne partageait que des regards furtifs, au loin. Parce que c’était trop dur de s’aimer à nouveau.

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