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 winter bird + julian

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- paper notes : 34
- since : 08/04/2018


MessageSujet: winter bird + julian   Dim 8 Avr - 21:51




- julian baker -
in and out my heart, flowed rainbow blood


i. harness your blame, walk through
- âge et lieu de naissance: Décembre, le sol poudré de neige et d'espoirs. Un cri. Peut-être deux. Un premier enfant, puis le second, avec le même visage, le même coeur ardent, enflammé dans le solstice de l'hiver. Julian est né les doigts emmêlés dans l'étreinte de son jumeau. Un bonheur dupliqué, résonnant dans les avenues silencieuses d'une petite ville du comté de herefordshire à l’ouest du Royaume-Uni. Trente cinq ans qu'il borde les sentiers poussiéreux du country side à la frontière du Pays de Galle et d'une liberté promise ailleurs. Son enfance est bercée par la culture anglo-saxonne médiévale et les rires criards de son frère. Il ne le quitte jamais. Et malgré leur complicité accablante et cette sensation étrange de dépendante, c'est entre les champs sauvages et les ruines des abbayes que Julian se retrouve - il longe les clôtures, un livre dans les poches, les yeux perdus sur les promenades solitaires menant à la rivière. Son imagination déborde sur les cours d'eau et le sommet des roches couvertes de vase. - origines et nationalité:Britannique. Issu d'une famille de hippies libertins et insouciants. Julian se sent enfermé dans cette identité quelconque, sans exotisme ni originalité. Il méprise les penchants écologiques de son père, ses luttes ridicules contre le papier hygiénique et les bouteilles de plastique. Il hausse les épaules face aux superstitions de sa mère et ses collections d'aromates et de produits biologiques. Il se veut meilleur - d'un univers différent, bien plus noble et éloquent, à l'image de ses rêves et de ses ambitions.   Son esprit est une constellation d'étoiles, une infinité de points brillants, éparpillés dans un ciel noir et inconnu. Des pensées isolées, fracturés sur la toile. Reliées par une émotion supérieure de l'amour, de la loyauté et du courage. Julian aspire toutes les cultures et les traditions. Un homme d'ailleurs, apatride et changeant. La métamorphose revient souvent, évoquant en lui la présence d'une multitude d'intelligences. Il lit - il s'instruit. Il est parti à travers les horizons sans voyager, sans réellement voir le monde. Parois, il a un peu honte de ses origines. De la simplicité de ses parents. De l'usure du temps sur leurs habits, sur les murs de son ancienne chambre. Puis il se déteste pour sa superficialité. Il se déteste de se détourner. - statut familial: Un jumeau. Un reflet. Ils sont identiques jusqu'au moindre détail. La même nonchalance, le même sourire insolent, une démarche assurée et dansante dans les couloirs de la vie. Des semelles qui claquent contre le sol, annonçant l'harmonie de ces pas qui se succèdent toujours. Julian est l'ombre de son frère. Il le protège, s'accapare son visage et sa personnalité. Ils jouent dangereusement, échangent leurs histoires. D'aventure en aventure, ils se confondent dans ces récits qui leur appartiennent. Qui les unissent dans un équilibre parfait. Une dépendance à l'autre que la distance ne peut changer. Car malgré les missions en Orient et les guerres, Julian a toujours laissé un signe. Et si parfois, par un malencontreux concours de circonstances, il tombe et se casse une jambe, son frère le ressent à des milliers de kilomètres. - statut civil: Divorcé. Ce n'est pas son adultère qui cause sa perte mais la lassitude. La peur de cette monotonie qui étouffe, du sacrifice récurrent. L'amour n'est pas compassion. On n'épouse pas une amie, simplement parce qu'elle est malade. Parce que la tendresse est trop forte. Que le coeur est confus. Aujourd'hui, il est célibataire. Il sillonne les bars à la recherche d'une passion qui se consume entre les lignes de ses essais. - occupation: Journaliste de guerre, reconverti en reporter de faits divers. Auteur de nouvelles, profitant d'un franc succès, loin de payer les factures ou de lui valoir le prix nobel qui le fait rêver mais suffisant pour lui permettre de charmer ces gentes dames, éblouies par les promesses mensongères d'un presque écrivain. - cinq choses favorites: La cigarette. La réussite. La frénésie. Le sexe. Les autres.- saison préférée: L'été et les flammes ardentes d'un soleil orgueilleux. La chaleur se faufilant dans les rouages du temps, créant les zones d'ombres et de confusion. Encore une contradiction de son esprit. Une métamorphose. Julian est un oiseau d'hiver, migrant vers les contrées ensoleillées de ces pays qu'on osent pas. Ces pays ailleurs. - traits de caractères: La réalité échappe à l’homme qui ne réfléchit pas. Impulsif, sanguin, le cœur au bout de la langue, Julian se laisse porter par les sentiments, par la pensée immédiate – la première. Ce n’est pas la réflexion qui lui manque mais la volonté, la patience. Le feu s’embrase dans ses poumons perforés. Il fume depuis si longtemps – depuis toujours. La saveur édulcorée du tabac et ses nuances de menthol s’enlisent dans ses entrailles, dans sa chair fébrile et nerveuse. Il y a un millier de versants à sa personnalité, une bonté courroucée par la rage de vaincre, par l’ambition dévorante et le complexe du surhomme. Il cherche l’inspiration dans les ombres ténébreuses de la nuit – dans la douleur, les chagrins et la mort. Il voyage pour partir. Il ignore le vrai sens des choses. Tout n’est qu’analogies et interprétations. Julian se métamorphose, change d’avis et d’amours. Vif et plein d’humour, il est souvent au centre de l’attention. Il courtise et déploie ses charmes afin de trouver une compagnie. Il s’entoure, se greffe dans l’unité. Julian est incapable de manger seul, de s’isoler. Depuis sa création, il se noie dans l’étreinte de son frère. De sa famille. Ses prunelles voguent dans le temps, appréciant les courbes charnues de ces créatures nocturnes, femmes vénales et vaporeuses. Il aime pour toucher. Il ne sait rien des émotions. Sa loyauté est intemporelle, elle se tresse comme un collier de perles autour de son cou. Il ressemble au romancier qui n’écrit pas, celui qui imagine seulement les protagonistes. Son éloquence est accablante, parfois pompeuse. Et quand il rit, sa voix transcende l’espace. Il vous emporte avec sa bonté et la douceur de son caractère. Frivole, serviable et heureux. Ses yeux sont une lucarne qui accueille la clarté de la nuit. Un noir des jais, une opposition à ses sourires chaleureux.  Julian relève de la prose, de la poésie. Il est un art à lui tout seul, un flux anarchique d’émotions. Les images de la guerre le troublent, mais jamais l’horreur du monde ne ternit son âme solaire. Parce qu’il n’est qu’une moitié. Une étoile fissurée au milieu, avec une pointe lumineuse cachée dans la poitrine de son jumeau. - groupe: yellows. - avatar: bbarnes.

ii. swing wide your crane, run me


Et tandis que le ciel retentissait du bruit des orages, je secouais les épaules au milieu de la pièce. La lumière coulait sous l’entassement des rideaux. Le silence s'imposait dans le vestibule sombre. Je me tournais, observant les cadrans de l'horloge et un millier de photos de mon enfance. Nos expressions identiques, parfaitement symétriques. Nos cheveux noirs, jaillissant dans une vaste prairie, couverte de coquelicots et de fleurs sauvages. Nos mains liées, unis à tout jamais. Nos rires. Nos promesses. Et maintenant, sa voix n’existait pas – ce n’était qu’une illusion juvénile. Un souvenir qui s'amenuisait dans un gouffre temporel. La silhouette de mon père se penchait sur mes yeux larmoyants. Je n'arrivais pas à m'exprimer, à lui ouvrir mon coeur alors que Jude était parti ailleurs. Dix huit ans, c'était l'âge de la séparation. De la maturité. De l'aventure. Mais je n'étais pas indépendant. Je ne parvenais pas à réfléchir, à me trouver une identité sans lui. Mes doigts se crispaient sur mes genoux cagneux. Je tremblais en posant une cigarette au coin de mes lèvres. Le filtre brûlait au bout de ma langue. Mes pensées cheminaient autour de ma tête. J'avais rangé ma valise aussi. Je devais partir à l'université mais je n'y arrivais pas. Je n'arrivais pas à esquisser le premier pas. La fumée s'évaporait sur les parois de la maison, face au regard indigné d'un paternel qui ne trouvait plus les mots pour justifier mon insolence. Cette année là, j'avais raté le semestre. Puis mes chances d'obtenir une bourse d'études. J'avais écris beaucoup avec un talent qui ne suffisait pas à émouvoir mon âme. Avec un vide au bout des doigts. Depuis cette année là, mon souffle se mélangeait aux vapeurs cendrées de la fumée. Une exhalaison de couleurs et de parfums austères, semblables à cet instant de doute - cet instant précis, où il fallait vivre comme un homme et non comme un jumeau.

//

J'aspirais les derniers souffles de ma cigarette. Vivons fous ! L'ivresse au vicieux. La frénésie au courageux. L'orgasme à l’amant et le cœur à l'ambroisie. C'était étrange, comme parfois, les années se succédaient. Trop vite. Dans une hâte soudaine. Je plissais les yeux en tirant les volets de la chambre. Les couleurs fulguraient à travers l'espace et de nouvelles pensées, encore plus complexes que les précédentes, encerclaient mon esprit. Je pensais être amoureux pour la première fois. Je connaissais ma destination, mais les lueurs d'Angela passaient devant moi à une allure vertigineuse. Elle m'échappait encore. Je secouais les épaules en cheminant à travers le couloir. La musique faisait trembler les murs du bâtiment. Je suivais les mouvements de la foule à la recherche de Jude. « Tu es venu !» S'exclama-t-il en levant jovialement son verre. Je le gratifiais d'un sourire confus avant de me laisser tomber à ses côtés. « Je dors dans ta piaule depuis trois jours. J’ai pas le choix, t’sais. » Le taquinai-je en levant les yeux au ciel. Il me fixait d'un air peu amusé avant de replonger dans la contemplation du comptoir. Il était déjà éméché. Je n'avais presque pas bu. Et pourtant je le devançais de manière considérable. L’alcool de la veille embaumait mon haleine et ma vision. Je déglutis en posant mes coudes sur le rebord. Mon regard traversait la pièce immense. Je marmonnais dans ma barbe avant de me tourner vers les contours irréguliers de mon jumeau. C’était donc à ça que je ressemblais. Un visage maigre, ombragé par des traits sombres et rocailleux. Des prunelles aussi noires que les jais, aussi lumineuses que le soleil. « J'ai rencontré une fille, Jude. » Il se redressa subitement. Ses yeux s'ouvrirent et son visage retrouvait son expression bienveillante. Il s'était éveillé, comme si je venais formuler une formule magique. « Si elle est rousse je te parle plus ! » J'arquais un sourcil avant de m'esclaffer. « Tu peux pas. » Et c’était vrai. Il ne pouvait pas. On ne pouvait jamais. Nos liens étaient gravés dans le marbre, impossibles à effacer. Je haussais les épaules dans ce geste singulier, il pouvait tout percevoir – tout comprendre de mes sentiments. Jude pouvait déchiffrer ces émotions qui m’échappaient. Ces choses que je croyais ressentir mais qu’il pouvait toucher – effleurer du bout des cils.

//

J'entendais le bruit des graviers sous mes pieds. Les souffles de la mousson s'infiltraient dans mes cheveux. Les paysages grisonnants du voisinage défilaient sous mes yeux ensommeillés, mais je n'avais qu'une hâte. Retrouver Angela. Elle n'avait pas ami et je n’avais personne. Plus maintenant. Elle restait sur le perron de la maison en guettant ma silhouette titubante sur les chemins de la ville. Nous avions un pacte secret. Quoi qu'il arrive désormais, que je sois malade ou triste, j'endurais la froideur de l’aube afin de la rejoindre à la même heure. C'était peut-être ça l'amour. Attendre indéfiniment, ne pas oser et la regarder grandir. J'étais captivé par sa façon de se tenir timidement dans l'allée. J'étais attiré par l’éclat de ses iris ambrés. Les émotions se bousculaient sur les verres de ses lunettes, telle une extension de mon âme. Mes pensées m'incitaient à courir vers elle. A lui tenir la main. La protéger. Jude n'était pas là. Alors, elle était devenue mon exutoire. Le foyer de mes chagrins et de mes passions. C'était idiot. Angela était un amour de substitution, une échappatoire. C'était tout aussi bête, parce que je n'en ressentais pas l'envie particulière et pourtant, pendant une fraction de secondes, ma bouche frémissait au contact de son cou. Mon affection était mal. J'étais devenu son meilleur ami, son protecteur et maintenant, je me languissais de son parfum sur ma peau. Je n'étais qu'un adolescent en manque d'aventures. Puis un matin, j'étais devenu un mari. Angela était douce et malade. Sa silhouette s'amenuisait sur ce même perron, attendant encore mes retours. Mais j'étais fatigué de sacrifier. D'être l'esclave de nos promesses enfantines. La séparation était cordiale et sans douleurs. Elle soupçonnait ma lassitude. Alors, elle avait cessé d'attendre. Un soir, il ne restait qu'une alliance sur la table de la cuisine.

//

Je me réveillais encore dans l’inconnu. Ma tête était prise au piège dans un enchaînement de souvenirs brumeux. Les images se bousculaient, portées par le son des vagues qui lézardaient les murs de la chambre. Il n'y avait personne à mes côtés, seulement une inscription coquine gravée sur le miroir. Je fermais les yeux. Mon cœur s'embrasait dans ma poitrine, toujours en apnée. L'odeur de l'alcool troublait mes pensées. Je me redressais afin de poser mes pieds sur le sol froid. L'insouciance était un sentiment particulier. L'oiseau vole parce qu'on l'a laissé être un oiseau. Je souris en plongeant entièrement dans la fraîcheur exotique des décorations. Mon esprit semblait absorbé par des rêveries agréables. Si j'en croyais la légèreté de mon humeur et les courbatures en bas de mes hanches, la soirée avait été à la hauteur de mes attentes. Je passais ma main dans ma frange puis je me glissasi dans la salle de bain. Le jet d'eau déliait mes muscles engourdis. Quel était le prénom de cette fille ? Lamaï ? Lamoon ? A quoi bon s'en souvenir ? Je haussais les épaules en m'avançant dans le couloir. Je flânais sans réaliser l'ampleur des choses. Lorsque soudain, le dessin d'une bouche mesquine apparut devant moi. Une jeune tahitienne nue. Cette fois, je ne rêvais pas. Je tentais de redéfinir notre relation, de lui donner une identité définitive mais je ne lui avais jamais demandé qui elle était réellement. Je m'étais contenté de l'accoster au détour d'une ruelle. C'était le jeu, Jude choisissait mes cibles et je lui trouvais des défis. Elle articula quelques mots dans un accent grossier. « Moi pas parler anglais. »  Je l'observais crédulement. Elle s’agitait en effectuant de grands gestes dramatiques  et je m'éloignais par réflexe, sceptique à l'égard de ses intentions. J'imaginais déjà les gros titres : Un journaliste anglais, retrouvé mort dans un hôtel luxueux de Kabri. Arme du crime ? Une danse voudou. Un frisson traversa mon échine. La jeune asiatique se frotta contre mon bras puis elle désigna le miroir. « Money, honey. » Je plissais le front en me tournant vers l'écriture. Mon inscription coquine était-elle un devis pour une nuit de sexe ? Putain, ce n’est pas un numéro de téléphone ? Le prix était exorbitant. Je n'avais pas la somme. Je soupirais en me prenant mon téléphone. Jude frappa à la porte après quelques minutes, arborant son sourire habituel. « Tu le savais ! Je te déteste. » Affirmai-je en hochant la tête. Il esquissa une moue amusée en agitant son portefeuille sous mon nez. « Peut-être. » Je m'adossais au mur en soupirant. « Mec, faut pas jouer avec ma vie. J'ai pas le sou. Son mac va me casser la gueule. Tu devrais la payer. » Il pouffa de rire avant de croiser les bras. Il jubilait. A cet instant, il venait de gagner. « C'est contre mes principes de payer pour le cul, tu le sais. » Je fronçais les sourcils avant de le bousculer. Il pencha la tête en feignant une attitude pensive. « Je vais te cogner. » Grinçai-je d’un air impatient. « T’as vérifié au moins que c’était pas une ladyboy. » Je m'assis au bord du lit, les sourcils froncés. « Je sais pas. Elle était dure. » Jude abusait mais j’en riais déjà. Au fond, je savais que ses blagues n’étaient que l’incarnation d’une forme vicieuse de l’affection qu’on se portait. Lui et moi, c’était pour la vie.

//

Ecrire la guerre. Remonter le fil des mots, des sentiments. L'encre saignait sur les marges du papier. Et mes mains se fissuraient. Mes mains tremblaient, nues au bord du précipice. Je les regardais tomber sur les dunes : pourpres, noirs, répugnants. Les couleurs se succédaient sur les cadavres des soldats allongés sur le sol. J’aurais voulu les sauver. Mais ils étaient morts ce matin, après l’embuscade au nord de Paktika. L’histoire coloniale se répétait – nous étions réduits en esclavage de la frontière à Kaboul. Une décennie après la retraite sans gloire des Britanniques, nous avions rencontré la défaite sur les mêmes terres. L’Afghanistan était fidèle à ses violences. Le pays, tout entier, se battait pour la liberté contre les régimes impérialistes. Certains jours, j'aimais la vie par obligation. J’aimais la vie parce que la mort me terrifiait. On m’avait affecté dans un petit village à mon arrivée. Je n'étais pas le seul visage pâle sur les terres des autres. Nous étions une centaines d'étrangers, vadrouillant entre les tentes et l'infirmerie. Et je ne comprenais pas – moi, le journaliste assidu, l’homme capable de tous les miracles, réduit entre les murs délabrés de la base militaire. Je ne prenais jamais part aux combats. Je les entendais seulement. Puis le soir, après la sonnette du dîner, je retournais au silence de la nuit. Je découvrais tous ces corps. Des soldats âgés entre dix-huit et vingt ans, la chair explosée en morceaux, drapés dans les sacs plastifiés. Mon empathie mourrait sur mon oreiller. Je ressentais la douleur des autres, un instant. Puis le sommeil emportait mon coeur. Le sommeil me noyait dans les ténèbres éternelles. Depuis ma naissance j'étais l'enfant des métamorphoses, celui qui prenait mille visages pour sourire au monde.

//

Je restais immobile dans l'obscurité. La pluie tombait drue sur ma silhouette. Quel était la raison de cette douleur ? Ta gueule, conscience. Ta gueule ! Je m'agitais dans la rue en vomissant mes tripes. Mes doigts s'écrasaient contre les parois de la ville. Les lumières des réverbères transperçaient mon corps titubant, ne laissant que des fragments de pensées sur mon visage abattu. Pourquoi tu es pas, Angela ? Mon amour était noble et magnifique. Mon amour n'était qu'une traînée de poussières. Je ne comprenais pas sa maladie. Je ne lui pardonnais pas sa fragilité. Au début, ce sentiment n'était qu'un symptôme, une fièvre qui montait comme un ballon dans ma gorge. Puis mon cœur avait fini par exploser. Mon esprit semblait étranger. Je baissais mes yeux sur la chaussée. Deux âmes habitaient ma poitrine, la première était partie à dix-huit ans. Et la seconde, suffoquait dans un univers d’adultes, sans repères, sans jumeau. Mes yeux étouffaient dans l'ambiance morose de Brighton. Je mourrais si je prenais la décision de chercher Angela. Je mourrais si je sacrifiais encore mon bonheur. Pourtant sa voix résonnait encore dans mon crâne. J’entendais ses lamentations nocturnes et ses larmes. Je crispais la mâchoire en m'aventurant dans l'oubli. Ma destinée se brisait au contact du vent. Je grognais en plaquant les mains sur mes tempes. Je courrais, les épaules redressées dans une posture maladroite, vacillante. Mes sentiments étaient biaisés par les regrets et la déception. Je me perdais dans la foule, tandis que mon cœur me guidait vers les bras de Victoria. Ma meilleure amie. Ma dernière chance pour trouver le répit. Son sourire enlaçait mes joues, m’offrant un instant de répit. Un peu d’insouciance. Elle écoutait mes aventures en acquiesçant – sans juger, sans jamais revendiquer, simplement en aimant chaque facette de cette personnalité anarchique que j’étalais sur son canapé.

//

Son visage brillait comme une constellation au milieu de la pièce. Je souris en me penchant langoureusement vers son profil. J’hésitais toujours à effleurer son bras – à la toucher comme une femme. Je crispais la mâchoire en m’avançant dans le vestibule. Nos silhouettes s’enchantaient dans la musique. Les sérénades bourgeoises se succédaient, toutes semblables et différentes. Je furetais afin de repérer les figures emblématiques de la soirée ; des hommes politiques, le maire de Brighton et d’autres personnalités influentes. Je me redressais en silence, les lumières du lustre, coulant sur le visage. L’hégémonie des souverains diffusait à travers les grands discours de l’assemblée. Ils parlaient avec une gravité si profonde. Ma démarche se découpait entre les tables scintillantes. Je voulais parler – exprimer l’éloquence de mes écrits mais le soleil s’était couché sur mes yeux. Depuis la guerre, je ne parvenais plus à saisir le sens de la vie. L’Afghanistan, la Syrie – le monde s’effondrait fragment par fragment. Alors je m’efforçais à ressentir quelque chose. La colère, la déception, la joie, l’insouciance. Harley, malgré ses grands airs vaniteux, me tenait en équilibre dans le couloir. Elle était ma supérieure hiérarchique. Que je le veuille non. Que je fasse l’effort ou pas. L'amour et la confiance se transformaient en haine, en combat à mort entre ma raison et mes sentiments. Lorsque je regardais Harley, je m’enfermais dans un air méprisant. J'étais revenu à Brighton pour reprendre ma place au sein du Brighton & Hove - Independent. Et elle était là – levant ses étendards partout autour de moi. Mon regard glissait furtivement sur la vitrine ornée de décorations lumineuses. Elle voulait m’effacer et garder toutes les attentions. Mais mon sourire était abyssal. Il aspirait ses pensées et ses tentatives ridicules, d’être à la hauteur. « Regarde, il y a le chef de section là-bas. Si tu remontes un peu ta robe maybe il te prendra au sérieux. » Je me moquais avec condescendance. Je la regardais avec un sourire arrogant – plein de sous-entendus. « C’est comme ça que tu as fais, toi ? A peine arrivé, déjà rédacteur. J’ai du mal à croire que tu sois aussi doué. » Je me tournais lascivement vers son oreille, respirant son odeur, digérant ses mots et l’amertume de ses gestes. Elle était si belle – elle ne le voyait jamais. « Une robe beige. Tu sais, j’arrive à voir à travers la dentelle. » Je me penchais afin de relooker sa silhouette. « Jolie culotte, si jamais tu ne te sens plus à ta place dans le journal, tu peux toujours faire du mannequinat. » Je lâchais son bras en m’éloignant vers les invites. Mes sourires se mélangeaient à l’euphorie générale. La transition de la rêverie à l’exaltation était brutale. Je butinais avec une légèreté absolue, charmant un auditoire déjà enchanté par mon humour et la sensualité de mes mouvements. Harley – elle, restait dans l’ombre. Dans un coin caché. Une part d’elle se consumait dans l’envie. La jalousie. L’autre, je la gardais précieusement entre mes paupières.
Parce qu’elle était si belle.
Et moi, je le voyais toujours.


 

iii. when eyes are all painted sinatra blue
- pseudo/prénom: nono again.  - âge et pays: mille ans. - type de personnage: mash-up. - votre avis sur le forum: paradis du rpg    - où avez-vous connu le forum: mauvaises influences nadège et bbcue m'ont ensorcelé. je suis venue avec un seul perso, je me retrouve avec quatre. - autre:    

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(we gotta lose it.)


Dernière édition par Julian Baker le Ven 13 Avr - 12:22, édité 10 fois
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Dim 8 Avr - 21:53

+ because jules

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(we gotta lose it.)


Dernière édition par Julian Baker le Dim 8 Avr - 21:59, édité 1 fois
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Lula Goldstein

take your broken heart, make it into art.

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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Dim 8 Avr - 21:56

Salut toi.

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    - i love you for watching me shine, and i had the best day with you today.
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Janey Ryder

red lips and wine sips.

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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Dim 8 Avr - 21:58

oth vibes re-bienvenue avec cet excellent choix d'avatar

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you could be my king, i will be your queen. this could be the real thing, just like in the movies. the perfect ending, we could be fairytaling. the kiss, the whole thing, just like in the movies.
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Lysandra Hart

how can emptiness be so heavy.

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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Dim 8 Avr - 22:14

T'as changé tes plans avec bb Barnes?
J't'oblige quand même à avoir un lien, c'est pas négociable.

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L Y S A N D R A    H A R T
i needed to do something but i've forgotten what it was. live, it was, i think.

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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Dim 8 Avr - 22:29

trop laid

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- being in your arms once felt like home, and i just want to come home.
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Dim 8 Avr - 22:45

le métier. l'avatar.
rebienvenue ici. I love you

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INSTANT CRUSH.
Staying up till morning, only seventeen but he walks the streets so mean.
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Invité

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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Dim 8 Avr - 22:51

Rebienvenue parmi nous
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Andy Cavendish

she was only half bird now, and the other half song.

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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 0:59

merci à tous
i mean vous êtes les mieux vous le savez probablement mais voila

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- on the surface she seemed perfectly normal. but now and then the sadness would catch a crack, a sidways glance.
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 7:10

Rebienvenue ici
T'es canon de partout toi
Bon courage pour cette fiche

_________________
Et puis la Colombienne.



(c) proserpina
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 8:58

rebienvenue 

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fuis moi comme le choléra
Comment est-ce que tu peux penser qu'tu tiens à moi, si moi même j'y tiens pas?pourquoi tu dis qu'tu m'aimes alors que moi-même j'me déteste?∆ northern lights.
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 9:30

Que t'es laid.
Rebienvenue à la maison.

_________________
-- So tell me another beautiful lie, Tell me everything I want to hear. Won't you lay here by my side? I want to fuck away all my fear. @bearsden

Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 12:07

hello there rebienvenue chez toi baby I love you I love you

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how could u be so
heartless
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 12:15

canon. (re) bienvenue chez toi.
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 14:57

Mais ce métier mon rêve, un jour Arrow
Rebienvenue chez toi

_________________
I gotta roll I can't stand still
Got a flamin' heart can't get my fill
With eyes that shine, burnin' red
Dreams of you all through my head
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 18:44

rebienvenue parmi nous I love you

_________________

☽☽ Ever since this began, I was blessed with a curse And for better or for worse I was born into a hearse. I know I said my heart beats for you I was lying girl, it beats for two.

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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 20:18

rebienvenue

_________________

☾ baby, I'm dancing in the dark, with you between my arms barefoot on the grass, listening to our favorite song ☽ ♡
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 22:26

Non mais toujours les beaux mots, quoi. jpp moi Arrow
Rebienvenue avec Julian
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Lun 9 Avr - 23:25

Non mais bb Jules quoi, je suis émue

_________________
and i'ma fuck the pain away, and i know i'll be okay
they said our love is just a game, i don't care what they say
but i'ma drink the pain away, i'll be back to my old ways
and i got two red pills to take the blues away.
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MessageSujet: Re: winter bird + julian   Mar 10 Avr - 12:16

rohlala, déjà le pseudo (oth) et puis ben et le personnage .. j'suis amoureuse.
Rebienvenue ici.

_________________
// For many years, everything I touched would fade away. And you are so full of life it scares me. I admire your spirit too much to let it be clouded by my darkness.
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winter bird + julian
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