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 — seasons may change, winter to spring. (alma)

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MessageSujet: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Ven 6 Avr - 16:34


- seasons may change, winter to spring -
alma wardlow x malo wright

Ça faisait bien trop longtemps. Malo le savait, ça faisait bien trop longtemps qu’il avait quitté cette ville, et toutes les attaches qu’il y avait. Toutes les années qu’il avait passé à Londres, celles qu’il avait passé dans un bus à faire le tour de l’Europe, ces années l’avaient petit à petit éloigné un peu plus de ses racines. Aujourd’hui, il avait besoin de se retrouver, et à peine installé dans son petit appartement près de la page, son attention tout entière ne se portait plus que sur une seule personne. Alma. Il devait la voir. Il devait lui parler, lui expliquer son départ, s’excuser comme il aurait dû revenir le faire bien plus tôt. Mais aujourd’hui, tout était différent, Malo le savait bien. Après tant d’années, il ne s’attendait pas à se retrouver devant la gamine de vingt ans qu’il avait laissé. Non, c’était une femme, maintenant. Il en avait vu quelques photos, que Caitlin lui avait envoyé, mais il ne l’avait jamais revu, elle. Il était temps, maintenant. Attrapant sa veste, il quitta l’appartement qu’il occupait depuis une petite semaine, après avoir passé quelques jours dans la chambre d’ami de la maison familiale des Wright. Il s’habituait à nouveau, lentement, à sa vie à Brighton. Pourtant, Malo ne songeait qu’à une seule chose, la revoir. Il savait, pour l’inauguration du cinéma qu’elle venait de racheter. Caitlin, encore une fois, lui en avait touché deux mots. Caitlin savait tout, parce qu’elles étaient fiancées, maintenant. Preuve que cette période hors de la ville avait laissé ses marques. Si rien ne semblait avoir changé, pour les habitants de la ville, lui voyait un décor totalement différent de celui qu’il avait quitté. Sa meilleure amie et la femme de ses rêves fiancées, cette annonce restait la différence capitale, celle qu’il aurait préféré éviter, la preuve que son absence avait bien trop durée. Il arriva devant le petit cinéma, prit plusieurs inspirations avant d’en ouvrir les portes et de pénétrer à l’intérieur. Le lieu était bondé, même pour lui qui était devenu un habitué des bains de foules. Il s’en fichait bien, du monde qui pouvait se trouver là. C’était pour Alma, qu’il était venu. Son regard balayait la scène alors qu’il avançait à petits pas. Jusqu’à ce qu’il l’aperçut enfin. Son corps entier se figea, son regard la détaillant de loin, incapable de penser à autre chose que cette femme qu’il n’avait jamais pu oublier. Elle était toujours la femme la plus superbe qu’il connaissait. Avant qu’il n’eut le courage de l’approcher, il la vit se faufiler dans la foule et disparaitre dans une pièce plus loin. Le brun ne tarda pas à la suivre, ignorant le reste des convives sur son chemin, certains qu’il connaissait sûrement. Il s’en fichait. Il arriva finalement à la porte du petit bureau où elle semblait s’être réfugiée un instant, seule. Malo s’approcha de la porte, fit une pause, réfléchissant à ce qu’il pourrait bien lui dire, maintenant qu’elle était là, juste devant lui, à porté de main. — Félicitations. — Pour l’inauguration. Pour les fiançailles. Pour la femme incroyable qu’elle semblait être devenue en son absence. Il avait l’impression d’avoir manqué tellement de sa vie, beaucoup trop, sûrement. Mais ça avait été son choix. La question n’était plus de savoir s’il avait fait le bon ou pas, mais d’en accepter les conséquences. Il n’était même pas sûr qu’Alma veuille vraiment lui parler, le retrouver, après tant de temps. Faisant quelques pas dans le bureau, il finit par reprendre la parole, d’une voix faussement calme, qui cachait à la perfection son état intérieur. — Alma, je… Ça fait tellement du bien de te revoir.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Sam 7 Avr - 14:17

- Et si personne ne vient ? Elle parle à Cait, mais son regard se perd au travers de la petite fenêtre du cinéma qui donne sur la rue. Elle observe frénétiquement les passants, tentant de discerner ceux qui se mêleront à la fête et ceux qui passeront leur chemin. Et ce petit jeu se joue de ses nerfs comme les griffes d'un chat avec une pelote de laine. Ce cinéma, c'est tout ce qu'elle a toujours voulu, Alma. Quand ses parents la sommaient de se trouver un métier sérieux, elle, elle ne rêvait que de ça. Elle ne l'a jamais avoué à personne, pas même à sa fiancée, mais Malo l'a grandement inspiré à se jeter dans la gueule du loup, quand à vingt-deux ans, il prit ses affaires et la poudre d'escampette pour poursuivre ses rêves. The rest is history. Les tournées, les groupies, les albums. La vie lui avait tout donné, même si lui n'avait rien laissé à Alma. Pas même un au revoir. - Ça va très bien se passer, arrête de t'en faire, Cait dépose un baiser contre la tempe de la jeune femme et cette voix si douce et familière la tire de ces mauvais souvenirs qui n'ont pas lieu d'être lors d'un soir comme celui-ci. Elle acquiesce d'un mouvement de tête, un léger sourire étirant ses lèvres, pas totalement convaincue. Elle n'a pas le droit à l'erreur et Alma, elle a toujours tendance à voir le verre à moitié-vide qu'à moitié-plein. Sa mine se  décompose à mesure que les aiguilles tracent leur ronde. Les minutes se font des heures et l'attente pèse  comme un poids sur sa poitrine l'empêchant de respirer. Mais petit à petit, le hall d'entrée se remplie et la fête d'inauguration bat son plein. Le brouhaha ambiant apaise ses nerfs en vrac et après plusieurs semaines de stress et d'angoisses, Alma peut enfin souffler, attrapant une flute de champagne au passage. Une fois le calme revenu dans son esprit, elle remarque que son poignet semble bien nu et qu'elle ne porte pas son bracelet porte-bonheur, une vieille gourmette qu'elle avait piqué à Malo quand elle avait dix-sept ans et qu'elle n'avait jamais quitté depuis, pas même après son départ, pas même après toutes ces années. Elle pose son verre puis s'évade dans son bureau dont elle laisse la porte ouverte. Elle se souvient l'avoir posé là-bas avant le début des festivités et après avoir balayé la pièce du regard, elle le retrouve finalement posé sur une petite commode qui contient la plupart de ses dossiers importants. Elle sourit à la vue de ce souvenir auquel elle tient tant, mais avant qu'elle ne le remette, une voix étrangement familière l'interrompt. Dos à la personne, un silence s'impose. Et après quelques longues secondes, elle lâche instinctivement le bracelet qui termine sa course contre le vieux parquet. Ce n'est pas possible, qu'elle se répète un million de fois. Les battements de son cœur se transforment en des cliquetis d'une grenade qui menace à tout moment d'exploser. Et très vite, elle ne tient plus en place, elle ne supporte plus l'attente et elle se retourne comme si sa vie en dépendait. Il est là – bien là. Ce n'est pas une hallucination ni un mirage, mais bel et bien un fantôme du passé qui vient la hanter, même s'il n'a pas arrêté de le faire durant toutes ces années où elle n'a cessé de penser à lui. Elle l'a bien entendu, mais les mots ne sortent pas, étouffés par les nœuds de cette gorge qui se sert violemment. Elle a mal à en crever, Alma. C'est quatorze ans de silence qui lui reviennent en plein visage comme un boomerang. Elle se revoit des années en arrière, les yeux bercés d'étoiles à la simple vue de Malo, mais aujourd'hui, ce ne sont plus que des larmes. Et il y a cette colère qui bouillonne en elle. Le fruit d'une déception jamais vraiment soignée. - Je savais que t'étais égoïste Malo, mais pas au point de ruiner la seule soirée m'étant totalement consacrée, faut toujours que ce soit à propos de toi, qu'elle répond, les mots comme du venin alors qu'elle ravale ses larmes. Non, elle ne sera pas faible. Pas une deuxième fois. Pas pour lui.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Mer 11 Avr - 16:33

Maintenant qu’il était là, à Brighton, à quelques pas d’Alma, il réalisait enfin. Malo voyait à quel point le temps avait été long. Pas pour lui, certes. Il avait été bien trop prit, entre les journées au studio, les différentes radios et les plateaux télévisés, les tournées de plusieurs mois. Le temps était passé bien vite pour lui, mais peut-être pas pour le reste du monde. Quand ses parents s’étaient plaints de son départ un peu trop long, il avait mit ça sur leur tendance à le couver, à le surprotéger. Et pourtant, là, devant Alma, il comprenait que ça avait été beaucoup trop long. Qu’il aurait dû revenir, ne serait-ce qu’un mois ou deux, revenir au moins pour elle. Pour elles. Caitlin et Alma, les femmes de sa vie, celles à qui il tennait plus que tout, pour des raisons différentes et pourtant si proches. Deux amours, à leur façon, dont il ne pourrait se détacher même s’il le voulait. Il avait quitté Brighton, laissant Alma sans même un au revoir, incapable de l’affronter au moment où elle allait apprendre qu’il quittait la ville. Elle aurait pu le convaincre de rester. Si elle lui avait demander, il serait resté. Mais à quoi bon ? Ça aurait pesé sur eux, sur leur relation, leur amitié, leur possible amour. Malo, il rêvait de grandeur, il rêvait de célébrité, de tant de choses que cette ville ne pouvait pas lui offrir. Il l’avait comprit, bien avant de rencontrer Alma. Il avait tracé son avenir, sans prendre en compte ses beaux yeux et son doux sourire qui avaient révolutionner sa chronologie, en même temps que le reste de sa vie. Partir pour vivre ses rêves, ou rester pour elle. Même s’il avait hésité, il avait décidé de partir. Pour lui. Pour sa musique. Il devait le faire, même si cela impliquait de la perdre. C’est ce qui arriva, car il le savait bien, toutes les excuses du monde ne suffirait pas. Pas cette fois, pas maintenant. Elle lui fit rapidement face, les traits si doux de son visage ne cachaient ni sa surprise, ni sa colère. Il lui avait fait mal, en partant comme ça, le Wright n’en doutait plus. Une décision peut-être trop hâtive, mais il était trop tard pour la regretter, de toute façon. Alma le traita d’égoïste, et Malo secoua la tête pour nier, sachant pourtant bien à quel point c’était vrai. — Je suis pas là pour ruiner ta soirée. J’avais besoin de te voir, et tu sais aussi bien que moi que t’aurais pas accepter de venir prendre un café avec moi. Tu réponds plus au téléphone depuis des années. — À son arrivée à Londres, il avait tenté de l’appeler. Il lui avait envoyé quelques textos, quelques mails, de quoi garder le contact. Mais elle n’avait jamais répondu, jamais tenté de garder un quelconque lien entre eux. Silence radio pendant quatorze années, de quoi lui faire un peu plus regretter son choix, sa carrière. Il n’avait préparé ni scénario, ni script pour dire tout ce qu’il avait sur le coeur à Alma, à la fois assez vite pour qu’elle ne parte pas en plein dans ses explications, et assez doucement pour ne pas la brusquer. — J’avais besoin de te voir, Alma. Je peux pas être à Brighton et ne pas chercher à te voir. — C’est tout ce qu’il trouva à dire pour justifier sa présence presque ironique à cette soirée qui ne devait lui appartenir qu’à elle, car elle était sa réussite. Il n’avait aucun droit de venir l’importuner ici, il le savait bien. Pourtant il l’avait fait, car il était incapable de passer une journée de plus dans cette ville sans pouvoir parler à cette femme dont il se souvenait dans les moindres détails, malgré les années.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Lun 16 Avr - 15:44

Soudain, elle a vingt ans à nouveau. Vingt ans et le cœur bien trop lourd d'adieux jamais prononcés, de baisers cloués sur le bout de ses lèvres fiévreuses et délaissées. Elle le regarde, mais ce sont les quatorze dernières années qui défilent en quelques images qui lui réchauffent et lui brisent le cœur à la fois. Elle en a des bons souvenirs, Alma. Beaucoup même. Mais il y a toujours eu cette présence comme une ombre au tableau – celle de son absence. Il ne s'est pas juste volatilisé, Malo. Il a toujours été dans ses pensées, partout, tout le temps. Même quand elle ne le voulait pas. Même quand elle le maudissait de tout son amour déguisé de haine. Surtout dans ces moments-là. Et dans bien d'autres encore. Elle s'est longtemps imaginée cette scène, des retrouvailles chimériques effritées par le temps, confondues aux grains d'un sablier fissuré. Il y a sans doute une date d'expiration pour ce genre de choses. Un retour limité dans le temps, un droit de chambouler la vie de quelqu'un sans délai possible. Mais il n'y a pas prescription pour les cicatrices laissées derrière. Pas de pansement assez gros pour rafistolé un cœur blessé en guerre. J'avais besoin de te voir. C'est comme un coup de jus qui réveille ses vieux démons endormis, amadoués par l'amour de Cait durant toutes ces années. Il y a des échos de rancoeur qui palpitent sous sa cage thoracique et dans le moindre de ses neurones. Et elle ne peut s'empêcher de penser qu'il a tout de même un sacré culot de se pointer la bouche en cœur, avec quatorze années de retard et des phrases toutes faites censées balayées les erreurs du passé. C'est sans compter sur sa rancune maladive qui l'aveugle amèrement. Même si son cœur, lui, loupe des battements. J'avais besoin de te voir. Il le répète, comme un leitmotiv menteur et aguicheur qui la nargue d'une ironie qu'elle ne peut ignorer. Si bien qu'un léger rire fielleux lui échappe malencontreusement avant même qu'il ne puisse terminer sa phrase. - Garde ça pour tes groupies, tu veux ? Moi, je n'y crois pas. Je n'y crois plus, qu'elle prononce d'un air monotone, comme si elle parlait d'une vieille habitude désagréable. Elle a cessé d'y croire le jour où il n'est pas revenu. Ou plutôt le jour où elle a réalisé qu'il ne reviendrait pas. La mort d'une naïveté peu familière qu'il avait insufflé en elle. La consécration d'un amour mort-né, piétiné, mal digéré. Un amour dont elle garde des séquelles dissimulées qu'elle n'a jamais pu oublier à l'instar de cet homme qui se trouve face à elle. - Comment tu peux te tenir devant moi en me disant ça ? Après autant d'années, après tout ce qu'il s'est passé... Le ton ne vole pas. Elle les prononce d'une grande douceur en une lenteur maitrisée. Elle veut qu'il comprenne  que ce n'est pas de la colère, mais pire que cela – de la déception. - Tu m'as laissé, Malo. Elle accentue son prénom comme un coup de couteau. - T'aurais pu me prendre avec toi ou me demander de t'attendre, mais tu l'as pas fait. T'avais pas besoin de me fuir si tu m'aimais pas. T'aurais pu simplement me le dire, plutôt que de revenir quatorze ans après avec des mensonges plus gros que toi. Sa voix tremble légèrement et elle manque de s'étouffer en avalant sa salive. Sa gorge est serrée, tout comme son cœur. Trop de non-dits gangrenés. Trop de sentiments réduits au silence. Elle détourne le regard pour éviter ces yeux qu'elle adorait contempler. Les seuls traits inchangés de son visage façonné par le temps. Il est le même, mais différent. - Et c'est surtout pas le moment. T'aurais pu passer chez nous, mais non, toi... Elle ne termine pas sa phrase, portant instinctivement ses doigts et son regard à son alliance. Il ne sait pas Malo. Il ne doit pas savoir. Qu'elles sont fiancées, que bientôt, elles seront à jamais liées. -  Chez moi... Qu'elle reprend, confuse, les sourcils légèrement froncés et les yeux perdus dans le vide. - C'est vraiment pas le bon moment, pour parler, pour ton retour, pour tout. Comme s'il y avait un bon moment pour faire renaitre le passé.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Mar 1 Mai - 15:07

Il la voyait comme une bombe à retardement, juste là, debout devant lui. Elle l’écoutait déblatérer ses excuses minables, jusqu’à ce que ce soit trop, qu’elle explose et lui renvoi de trop longues années de peine à la figure. C’était assurément ce qui allait se passer, Malo n’en doutait pas. Il avait fait trop de mal en partant, en disparaissant du jour au lendemain de la vie d’Alma. Il l’avait fait pour elle, pour eux, et pourtant, ça n’atténuait aucune peine. Un léger rire se fit entendre, nerveux, qui n’avait aucun rapport avec le rire qui avait marqué sa mémoire, celui d’une gamine heureuse qui rigolait à chaque blague qu’elle pouvait entendre. La gamine qu’il avait laissé à Brighton avant d’aller accomplir ses rêves. Elle n’avait plus rien de cette enfant là, Alma, elle avait muri, faisant place à une femme à l’apparence à la fois forte et amicale, tendre et sensuelle. Pourtant, le regard qu’elle lui offrait est à mille lieux de ça. Pour lui, elle ne serait que rancoeur et peine, c’est le sort qu’elle lui avait réservé, assurément. Trop d’années de retard, trop de temps écoulé pour qu’il ose pointer son nez dans son bureau avec un simple félicitations. Il avait tout faux, Malo, et il s’en rendait compte maintenant. Même sa voix est froide, directe, blessante comme la lame d’un couteau qui n’attendait que de pouvoir attaquer.  — 
Si je ne t’aimais pas ? — répéta-t-il un peu plus fort, sous la surprise de sa phrase, s’approchant d’un pas, avant de décider de s’arrêter là. Il ne voulait pas s’énerver, il ne voulait pas la confronter. Il était là pour s’excuser, tout simplement. Et pourtant, la seule idée qu’elle puisse penser qu’il ne l’avait jamais aimé le rendait fou de colère. Alma, il l’aimait. Il l’aimait comme il n’avait jamais aimé, comme il n’aimerait plus jamais après elle. C’était la bonne, la seule avec qui il se voyait vraiment, la seule qu’il voulait à ses côtés. Il l’avait dans la peau, depuis leur rencontre, et il n’avait jamais pu l’oublier malgré les années. Et pourtant, il était parti, il l’avait laissé. Il avait voulu faire passer ses rêves et sa carrière avant elle, laisser une chance à son talent. Il l’avait laissé pour ne pas la forcer à le choisir face au reste de sa vie, pensant faire la bonne chose. Mais c’était un gamin, Malo, quand il l’avait quitté sans un mot. Il n’avait aucune idée des répercutions de son choix. Son regard ne quitta pas le visage de la belle, même lorsqu’elle tentait de détourner le regard. Il l’aimait. Il l’aimait comme un fou, et il ne pouvait rien dire. Ce n’était pas juste, ni pour elle, ni pour Cait. Elles ne méritaient pas qu’il revienne dans leurs vies pour tout chambouler. Ils les aimaient trop pour leur faire subir ça. Et pourtant, il se tenait là. Il était venu jusqu’ici, l’envie de revoir celle qui avait trop longtemps hanté ses pensées plus forte que la raison. Chez nous. Elle s’arrêta, avant de reprendre, comme si elle voulait le lui cacher. Pourquoi ? Ça, Malo n’en savait rien. Il devait lui laisser du temps, probablement. Lui laisser une chance de comprendre tout ce qui se passait avant de lui balancer au visage ce qu’il pensait de cette union. — Alma, je ne repars pas. —  annonça-t-il finalement. Juste pour qu’elle sache, pour qu’elle comprenne. Cette fois, c’était pour de bon. Il ne quitterait pas la ville à nouveau. Il serait là, à se promener dans des rues qu’elle fréquente tous les jours. Rien ne leur empêcherait de se croiser lorsqu’elle irait prendre un café, ou si elle sortait avec Cait un soir. Elle devait le savoir. Maintenant, il serait là. — Je suis là et je compte bien rester. J’ai trouvé un appartement en ville. Il faudra bien qu’on se voit et qu’on discute, même si ce n’est pas ce soir. — Son regard continue de la détailler, de peur qu’elle disparaisse après cette rencontre, trop en colère pour lui refaire un jour face. Il note ses traits, ses expressions, cette beauté naturelle qui lui avait plu dès les premiers jours. Alma n’a pas changé, à ses yeux, malgré quatorze années. Pourtant, il sait que rien n’est pareil.
 — Il faudra bien qu’on en parle. — Qu’ils parlent de ses quatorze années, des sentiments qu’ils éprouvent, que ce soit de la haine ou de l’amour. Qu’ils parlent tout simplement.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Sam 19 Mai - 0:00

Si je ne t’aimais pas ?
Elle ne comprend pas, Alma, la surprise qui déforme le visage de Malo. Et l’espace d’une seconde, elle croit entrevoir un brin de sincérité qui la fait vriller et elle se met à tourner comme une girouette, pas certaine de savoir sur quel pied danser. Elle cogite à s’en brûler les neurones qui charbonnent pour essayer de comprendre ce qu’il insinue, ce qu’il fait là, le pourquoi du comment il est parti sans laisser de traces. Et de voir l’étonnement le faire vaciller de la sorte, ça la tue, Alma. C’est pire que tout ce qu’elle s’est imaginée ces dernières années. Il l’aimait. Et il s’est tiré, malgré ça. Peut-être même à cause de ça. Et soudain, c’est comme une vague violente qui entraine tout sur son passage : Elle est submergée par l’émotion ravageuse de cette vérité qu’elle n’est pas prête à entendre, même si elle l’a tant désiré. Et c’est toutes ses nuits d’insomnies à se demander pourquoi qui lui reviennent en pleine figure comme un méchant retour de flammes. Et les larmes qui bercent ses iris, sombres de colère et d’amertume, menacent de trahir la vraie nature de ses sentiments. Non, elle ne le déteste pas. Pas que. Elle l’aime. Beaucoup trop. Même après quatorze ans, même après tout ce qu’il a pu lui faire. Elle lui tourne à présent le dos, les yeux rivés sur l’horizon alors qu’elle se trouve face à la seule fenêtre de son petit bureau. Elle peut voir son reflet sur les différents carreaux et les gouttes de pluie qui s’y perdent se fondent et se confondent avec ces perles salées qui roulent le long de ses joues. Elle ferme les yeux, serrant fermement les paupières, comme pour se donner du courage et de la force. Mais revoir Malo… ça a l’effet d’une bombe. C’est violent, c’est douloureux, ça prend aux tripes. C’est la plaie encore béante qu’on arrose d’acide. C’est comme un accident de voiture, un crash d’avion. Et elle se demande qu’elle serait la dernière image qu’elle aimerait entrainer avec elle avant de se retrouver six pieds sous terre. Caitlin, Malo… ? Cette pensée la ravage et la dévore. Elle l’ignore. C’est la question qui la divise depuis trop d’années. Et elle est tout bonnement incapable d’y répondre. – Et alors, Malo ?! Elle se retourne brusquement, habitée par cette impulsivité qui est si profondément enracinée en elle. Elle parcourt la pièce de quelques enjambées pour être de nouveau face à lui, les traits tirés et fatigués de cet ascenseur émotionnel qu’elle ne cesse de prendre. – Qu’est-ce que tu veux que ça me fasse ? T’es parti. Trop longtemps. Tu t’es envolé ! Et avec toi, notre… Elle s’arrête un instant. Amitié ? Amour ? Elle n’est pas certaine. Et ça la déstabilise, Alma, parce que rien n’est jamais clair quand il s’agit de Malo. Sauf peut-être les battements de son cœur qui s’harmonisent en une mélodie enivrante. – T’as tout pris avec toi. T’as rien laissé. Si ce n'est mon coeur brisé. Elle le regarde droit dans les yeux, les prunelles marrons qui trahissent sa trop grande déception. – Tu veux en parler, maintenant ? T’étais où quand moi je voulais en parler il y a des années de ça ? Tu nous as abandonné avec Cait. Tu peux pas revenir la bouche en cœur après tant d’années et t’attendre à ce que tout soit comme avant. Les choses ont changé. J’ai changé. Et j’crois qu’il n’y a plus rien à ajouter. Ses lèvres se scellent pour ponctuer ses mots, mais ses yeux, eux, crient des vérités qu’elle n’est pas prête à avouer. Aime-moi. Comme avant. Comme si la corrosion du temps n’avait pas émietté mon cœur déjà bousillé d’un adieu jamais prononcé. Comme si tu ne m’avais jamais quitté. Mais ces mots se meurent sur le bout de sa langue. Il n’y a que la colère qui berce le silence.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Ven 1 Juin - 16:04

Tout paraissait soudainement si dur. Il avait beau avoir réfléchi à tout ce qu’il voulait lui dire, il ne savait plus par où commencer. Elle ne semblait pas vouloir écouter. Elle ne semblait pas vouloir comprendre. Malo n’en était pourtant pas surpris. Il ne s’attendait pas à ce qu’elle l’accueille les bras ouverts, prête à reprendre où ils avaient arrêté, des années plus tôt. C’était trop tard, beaucoup trop tard. Il le savait, Malo. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher d’espérer. D’espérer qu’elle ouvrirait les yeux, qu’elle lui pardonnerait. Alma se protégeait, lui tournant le dos comme si elle voulait se cacher de lui, lui cacher ses émotions, ses sentiments. Il n’avait pas besoin de ça pour la comprendre, pourtant. Il voyait clair dans son jeu, dans ses réactions. Il la connaissait, Alma. Il tenta de lui laisser du temps, pour comprendre, réalisé, se calmer. Immobile, il la regarde en attendant un geste, un signe de sa part. Quoi que ce soit. Le temps semblait pourtant s’être s’arrêté, et les questions bouffaient l’homme de l’intérieur. Jusqu’à ce qu’elle craque. Alma lui fit face, s’approchant à nouveau de lui, sans qu’il n’ose bouger. En quelques secondes, les mots tombèrent, et il resta là à les écouter, à faire face à ses actes et ses erreurs. Il l’avait laissé. Il l’avait abandonné, malgré leur histoire. Leur relation si délicate et encore si floue qu’ils ne sauraient vraiment y mettre un mot dessus. Elle existait bien, pourtant. Ils avaient partagé l’affaire de quelques semaines, quelques mois, ce lien si spécial qui n’avait cessé d’hanter l’esprit du chanteur, depuis. Malgré les années, malgré l’éloignement. Il n’avait pu cesser d’y penser, à cette relation. De penser à la douce Alma. Il s’apprêtait à s’excuser, une énième fois. À lui dire qu’il regrettait. À lui dire que s’il pouvait revenir dans le passé, il changerait tous ses choix. Mais le nom de Cait dans la conversation l’arrêta net. Il n’avait pas abandonné Caitlin. Il n’avait jamais cessé de la contacter, prenant de ces nouvelles même en tournée, en évitant soigneusement le sujet d’Alma qu'il avait laissé sans nouvelles. — Cait… C’est différent, pour Cait. — se contenta-t-il de dire, ne sachant pas réellement ce qu’il pouvait dire. Des pièces manquantes dans le puzzle de leurs vies, ils semblaient y en avoir un peu trop. Malo n’avait pas été mit au courant de la relation que les deux femmes qu’il aimait le plus entretenaient maintenant. Alma, de son côté, n’avait peut-être pas été mise au courant quant à la relation qu’ils avaient continué à entretenir, lui et sa fiancée, malgré la distance qu’il avait tenté de mettre avec Brighton et tout ce qui pouvait s’y lier de près ou de loin. — Alma… — Ce n’était qu’un murmure qui réussi à lui échapper, les idées s’entrechoquaient dans sa tête sans lui laisser le temps de savoir réellement quoi dire. Trop de non-dits accumulés au long de ces années, trop de secrets, de regrets qu’il aurait voulu lui confier. Mais il n’aurait su par où commencer. Son corps toujours figé sur place, il releva doucement sa main, venant effleurer du dos de ses doigts la joue de cette femme qu’il ne pouvait tout simplement jamais cessé d’aimer, avant de la retirer, rapidement, incertain de ce geste et de la réaction qu’elle pourrait avoir, de son interprétation, de son sens. — Dis-moi que tu veux que je reparte. Dis-moi que tu ne veux plus jamais me voir. Dis-le moi, et je disparaitrais de ta vie. Pour de bon. — Il n’aurait pu être plus sérieux, Malo. Si elle le lui demandait, il quitterait la ville, le pays et le continent, pour lui laisser de l’espace, pour la laisser respirer, pour la laisser vivre sans qu’il ne vienne s’interposer dans son bonheur. Mais elle était bien présence, cette petite voix en lui qui lui maintenait que sous toute cette haine, Alma ne pouvait pas avoir oublié ce qu’ils partageaient. Ils s’aimaient, elle ne pouvait pas l’avoir oublié. Elle ne pouvait pas avoir arrêté de l’aimer, malgré tout ce qu’il lui avait fait enduré, malgré les changements et les nouveautés dans la vie de cette femme qu’il ne connaissait qu’à peine, maintenant, mais dont les souvenirs n’avait jamais quitté son esprit. Il se confia finalement, à mi-mots, pour ne pas la brusquer plus qu’il ne l’avait déjà fait. — J’ai jamais cessé de penser à toi, Alma. Pas une seule seconde.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Mar 5 Juin - 0:35

Parler de Cait la consume de l’intérieur. Elle ne supporte pas de la mêler à cela, ni le poids de la culpabilité qui l’accable depuis toutes ces années, parce que malgré l’amour sincère qu’elle lui porte, elle n’est jamais parvenue à oublier Malo. Et ça la ronge, Alma, d’être si faible face aux souvenirs et à ce poison qu’il a insufflé dans ses veines depuis trop longtemps. Une maladie incurable qu’elle n’a jamais vraiment voulu soigner. Elle l’a dans la peau. Et s’en remettre signifierait qu’il n’a pas compté alors qu’il l’a marqué au fer rouge, à laisser sa trace à l’encre indélébile entre les lignes de son cœur malade de la poésie de leur amour mort-né. – Qu’est-ce que tu entends par là ? Qu’est-ce que ça veut dire « c’est différent pour Cait » ? Elle fronce les sourcils alors qu’elle retourne le couteau dans la plaie. Elle se déteste, d’être pendue à ces lèvres qui lui sont désormais interdites, alors que sa fiancée est seule avec ses convives, dans l’autre pièce. Elle se maudit de gâcher sa soirée au profit de celui qui a ruiné sa vie. Et par-dessus tout, elle lui en veut, terriblement, de l’avoir ensorcelé quatorze année plus tôt et d’être revenu soufflé sur les bâtisses fragiles d’une relation née sur leurs cendres, à eux. Mais il prononce son nom et c’est une sérénade enivrante qui berce ses oreilles et son cœur en mal de lui, de sa voix, de ses gestes. De cet amour qu’il lui a violemment repris, sans crier gare, alors qu’elle était prête à tout pour lui, quitte à renoncer à ses rêves pour poursuivre les siens. Et c’est un mélange néfaste de sentiments contraires qui bourgeonne en elle à lui en donner la nausée. Elle le déteste. Elle se dégoute. Elle l’aime. C’est une évidence sur laquelle elle ne peut fermer les yeux. C’est une vérité que même la colère n’arrive pas à écraser et qui fait chanter ce palpitant qu’elle aimerait mettre en veilleuse, parce qu’elle n’a pas le droit de se sentir comme cela. Pour son amour propre et surtout pour Cait, l’autre amour de sa vie, celle qui a fait renaitre ce qu’elle croyait perdu à tout jamais. Mais quand la main du bourreau frôle sa joue, la raison laisse place au trouble et à l’accalmie. Le temps s’arrête. Et seuls, isolés du reste du monde, Alma peut entendre leurs cœurs battre à l’unisson. Tambour de guerre d’un amour ravivé qui appelle à la paix. Et quand le moment est passé, elle ravale difficilement sa salive, les genoux qui menacent de flancher, touchée en plein dans la poitrine, là où il a laissé son empreinte sans jamais la reprendre.  D’un seul geste, il a tout emporté : sa colère, ses certitudes, sa vie avec cait. Et elle voyage dans le temps, à retrouver celle qu’elle était avant, quand il était là, à la bercer de mots doux et d’illusions. – J’en suis incapable Malo… Qu’elle murmure, à la merci de cette faiblesse qu’il fait si facilement éclore en elle. Et le tonnerre tire sa révérence quand tombe la pluie, de celles qui effacent les larmes, mais pas les cicatrices. — J’ai jamais cessé de penser à toi, Alma. Pas une seule seconde. Les mots comme des lames qui lui mordent la peau. Les mots comme des pansements pour soigner ses blessures. C’est la confusion qui règne dans ce bureau où brûlent les non-dits et les sentiments mis à mal. Et pourtant, il fait naitre à nouveau cette sensation aussi délicieuse que douloureuse dans le creux de son ventre, parce qu’après toutes ces années à s’imaginer ces mots, ils résonnent enfin au creux de ses oreilles jusqu’aux tréfonds de son cœur qui peine à battre la mesure sous le coup de l’émotion. Et grisée par cette folie passagère, elle s’approche dangereusement de l’homme qu’elle a tant aimé et haït à la fois, jusqu’à réduire la distance au néant. D’aussi près, elle peut sentir son parfum, sa madeleine de Proust. Et le temps d’une seconde, celle de trop, plus rien n’a d’importance. – Je n’ai jamais pu t’oublier, non plus. Sa voix s’enraye comme le pistolet de rancœur avec lequel elle souhaitait l’abattre. Acte manqué qui révèle un jeu beaucoup trop dangereux alors que ses lèvres s’approchent lentement des siennes. Il est le soleil, elle est Icare et la fin tragique s’annonce comme une fatalité.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Mer 6 Juin - 2:56

C’était comme si tout avait cessé de fonctionner à l’instant où ses doigts l’avaient effleuré. Elle, la pomme défendue du jardin d’Eden, la seule femme qu’il avait jamais aimé d’un amour aussi sincère, et qui pourtant lui était parfaitement inaccessible, aujourd’hui. Il lui avait fallu trop d’années pour réaliser à quel point Alma comptait. Il l’avait abandonné, comme un idiot laisserait tomber une pierre précieuse sans comprendre sa réelle valeur. Les regrets n’y feraient rien, elle ne reviendrait pas. Il était trop tard pour lui, trop tard pour eux, pour leur amour auquel il n’avait qu’à peine donné le temps d’exister. Les horloges avaient cessé de tourner, le bruit de fond comme disparu ne faisait place qu’à leurs respirations. Un silence lourd de sens, alors qu’il l’observait, attendant sa sentence. Elle ne pouvait pas le lui dire. Lui dire de partir, lui dire de laisser tomber ce qu’ils avaient vécu. Comme lui, Alma était incapable d’oublier, cette histoire qui n’aurait pourtant pas dû laisser une telle marque sur leurs âmes. Malo continua de l’observer, longuement, attentivement, cherchant une moindre réponse, un quelconque signe pour comprendre ce qu’il devait faire, maintenant. Il aurait pu quitter la pièce, en rester là. Elle serait retournée à sa soirée, retournée à ses convives, à sa fiancée. Lui, à sa quotidienne mélancolie, à ressasser les erreurs de parcours, les mauvais choix qu’il avait pu faire. Ils auraient pu en rester là, mais ce ne fut pas le cas. Elle s’approcha, jusqu’à ce que l’espace entre eux disparaisse entièrement. Pendant un instant, elle était à nouveau à lui. Sa main glissa lentement autour de sa taille alors que ses yeux n’avaient pas quitté les siens un seul instant. Il la retrouvait enfin, cette femme qui avait hanté ses pensées même à l’autre bout du monde, sans cesse, sans répit. Et de sa voix, presque murmurante, elle lui confirma ce qu’il avait toujours espéré, au fond de lui: elle ne l’avait pas oublié. Ses lèvres s’approchèrent, si proches qu’il put sentir son souffle sur les siennes. L’envie d’oublier toutes ses réserves et tout bon sens aurait pu s’emparer de lui, mais au lieu de ça, c’est dans un murmure qu’il lui répondit. — Tu ne peux pas… — Ce n’était pas l’envie qui lui manquait, pourtant. Pouvoir goûter à nouveau à ces lèvres, sentir leurs corps l’un contre l’autre ne serait-ce que l’espace d’un cours instant. La retrouver entièrement, pleinement. Mais il ne pouvait pourtant pas s’y résoudre. Ses yeux fixèrent un instant les douces lèvres de la brunette, qu'il venait de se refuser, avant de relever son regard sur le sien. Ils restaient à ce jour les plus beaux yeux que Malo n’avait jamais vu, reflet parfait de son âme si douce et sensible, la plus belle qu’il avait pu côtoyer. Il ravala sa salive en même temps que ses regrets, avant de reprendre. — Il y a Cait. Elle t’aime. Et tu l’aimes. Et je l’aime aussi, je lui ferais jamais ça.
 — C’était pour Caitlin, qu’il le faisait. Sans elle dans l’équation, il n’aurait pas hésité une seule seconde. Mais Cait, elle représentait trop pour lui. Pour eux. Il n’aurait jamais pu la trahir de cette façon, en séduisant sa fiancée, quand bien même il en eut été amoureux depuis des années. Ça aurait été une autre femme, un autre homme, les choses auraient été différentes. Il l’aurait embrassé avec amour, avec ferveur, juste pour lui prouver à quel point elle représentait à ce jour tout son monde. Mais pas à elle, pas à Caitlin. — Ma tendre Alma… — chuchota-t-il à nouveau, s’écartant finalement, sa main se glissant une dernière fois dans son dos avant de lui rendre sa liberté, loin de ses bras. Il ne jouerait pas de ses faiblesses pour la reconquérir, ce n’était pas juste. Enfonçant ses mains dans ses poches, il continua de la détailler du regard, attentivement, comme s’il voulait se souvenir de chacun de ses traits au cas où elle ne veuille plus jamais le revoir après cet épisode. — Je regrette tellement de t’avoir laissé, tu sais. — Sa carrière lui avait tout prit, mais la seule chose qu’il regrettait vraiment, c’était elle.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Mer 13 Juin - 14:49

Les étoiles sont en haleine à admirer ces astres entrer en collision en un baiser teinté de disgrâce. Mais les lèvres d’Alma demeurent en mal de celles de Malo alors qu’il met brutalement fin à l’instant volé. Son cœur est en chute libre et l’arrivée est sinistre et brutale. Il y a plus que le fracas des restants de son palpitant pour meubler le silence qui règne dans ce bureau témoin de la faiblesse de la jeune femme. Dans sa vie, Alma est morte deux fois : Il y a quatorze ans, quand il est parti sans rien dire et à ce moment précis, quand il lui a claqué la porte au nez. Et c’est sa fierté qui fait vibrer son corps au rythme de sa colère dépoussiérée des cendres qu’elle croyait envolées, le temps d’une naïve seconde. Et au pied du mur, Alma se braque, animée par la frustration qui gorge ses veines d’un venin lancinant et par cette culpabilité qui la guette et menace. Elle ne s’en tirera pas indemne, c’est une certitude qui la hante à présent. Soudain, son odeur, ses gestes et sa voix lui paraissent douloureusement insupportables et elle prend ses distances pour s’éloigner de la source de son malheur qu’elle déguise en une colère mêlée à de la mauvaise foi. Elle est blessée en plein orgueil, Alma. Et le nom de Cait n’arrange rien à ce royaume qui tombe en ruines, qui part en fumée sous ses yeux impuissants. Elle n’est pas devin, mais elle peut aisément lire cet avenir tout tracé qu’elle se réserve à force de mensonges et de mauvaises décisions. – Comment… comment tu sais pour Cait et moi ? Elle le regarde d’un air suspicieux alors que son cœur tambourine dans sa poitrine. Elle sent que quelque chose cloche, qu’il manque une pièce du puzzle. Et tous ses sens sont en alerte alors qu’il peine à répondre rapidement. Le temps s’arrête. Icare vacille dans le néant de l’univers, les ailes brûlées, le cœur en miettes. Un ange déchu, déçu par ceux qu’elle aime alors qu’elle s’adonne à des trahisons tout aussi indélicates. – Vous avez gardé contact ? C’est expéditif. Elle n’a plus envie de lui parler, fermée comme une huitre, mais elle souhaite avoir des réponses à ses questions. Même si elle devine celle-ci sans trop de mal. Et soudain, c’est presque quinze années de sa vie qui lui reviennent en mémoire. Elle revoit des images qui sonnaient fausses. Des mensonges prononcés par Cait qui lui jurait qu’elle n’avait plus de nouvelles de Malo et qu’elle ne cherchait pas à en avoir. Et elle manque de s’écrouler, Alma, sous le poids de la vérité qui l’écrase à l’en faire douter de tout. De son histoire, de son amour, de ce trio bancal et malsain dont elle est prisonnière. Et la colère fait appel à la colère. Elle voit désormais rouge et l’envie de tout envoyer valser dans la pièce est tenace et maladive. Il lui aura tout pris, tout volé, jusqu’au dernier rayon de soleil, jusqu’au dernier morceau de bonheur. – Arrête… qu’elle balance à bout de souffle, les yeux assombris de cette rage qui bouillonne en elle. – Tu te rends compte de ce que tu fais ? Si tu savais pour Cait et moi, pourquoi t’es revenu ? Pour te faire du mal ? T’aimes ça souffrir et faire souffrir, Malo ? Faut croire que oui. Sa poitrine se soulève à vive allure et elle reprend son souffle plus que de raison. Mais c’est pour apaiser le diable qui lui colle à la peau alors qu’elle aimerait le voir disparaitre à tout jamais de sa vie. C’est une pensée éphémère qu’elle ne désire pas réellement, mais la colère l’aveugle au point de souhaiter le pire. – Et moi je regrette de t’avoir connu.

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MessageSujet: Re: — seasons may change, winter to spring. (alma)   Dim 17 Juin - 0:15

L’idée même de sentir à nouveau la sensation des lèvres d’Alma contre les siennes l’enivrait, mais la raison fût plus forte que les sentiments. Pour une fois, Malo fit confiance à sa tête plutôt qu’à son coeur, même si ça lui en coutait. Il aurait voulu que cet instant dure infiniment, ou simplement quelques secondes de plus, pour qu’il puisse la garder entre ses bras, à l’observer, à la redécouvrir alors que le temps autour d’eux s’était figé. Mais ce n’était pas comme dans un film. Le temps ne l’attendait pas, il filait, emportant bien trop rapidement cet instant magique auquel il avait mit fin. Si elle lui en voulait, il espérait qu’un jour, elle comprendrait. Il ne voulait pas être cet homme-là. Il portait déjà le poids de l’homme qui l’avait abandonné, il ne voulait pas devenir en plus celui qui allait bousiller son mariage, tout ça pour un vague plaisir lors de retrouvailles écourtées, un instant d’égarement. Mais elle s’écarta dès qu’il eut empêcher ce baiser, l’incomprehension et la frustration visible sur les traits de son visage. Elle lui pardonnerait un jour, peut-être, mais pas maintenant. Il avait perdu espoir que ces retrouvailles deviennent autre chose qu’un champs de bataille où ils étaient tous les deux perdants. Le nom de Caitlin ne tarda pas à revenir dans la conversation. Est-ce qu’ils avaient gardé contact, toutes ces années ? Oui, c’était certain. Elle avait pourtant tarder à lui dire, pour Alma et elle, attendant que Malo décide de revenir en ville pour lui annoncer la nouvelle. Retarder l’échéance rendait les choses encore plus difficiles pour lui, pourtant. Il avait tenté de se comporter comme le meilleur ami qu’il était supposé être, heureux pour Cait, heureux qu’elle est enfin trouvé la femme de ses rêves. Mais la femme de ses rêves était aussi celle du musicien, et les choses étaient bien trop compliquées pour que Malo décide d’en rester là. De venir à leur mariage, un sourire aux lèvres, comme s’il n’était pas détruit au plus profond de son âme de savoir qu’elle avait tourné la page avec une autre. — Cait et moi… On a jamais cessé de se parler. Je pensais que tu le savais. — Il n’était qu’à peine étonné que ce ne soit pas le cas. Malo était l’ombre sur le tableau de leur parfait amour, celui qui aurait probablement pu tout chambouler, à l’instant de son retour dans la vie de la Wardlow. Si Cait ne lui avait rien dit, c’était pour leur bien. Pour qu’elles puissent s’épanouir. Pour qu’Alma puisse tourner la page. — Je ne savais pas, pour vous. Je l’ai su à mon retour, seulement. — Il cherchait à se justifier, alors que ça ne changeait rien. Tous les deux victimes des doux mensonges de leur amie, ça n’allait pourtant pas les rapprocher. Il le savait, Malo. Mais il ne cesserait d’espérer toute sa vie. T’aimes ça, souffrir et faire souffrir. Les mots d’Alma l’atteignaient en plein dans son âme, dans sa fierté, dans tout son corps. Il faisait souffrir tout le monde autour de lui, lui y comprit. Pour une histoire d’amour qui était probablement vouée à l’échec dès ses premières minutes. Les yeux baissés, honteux, il s’apprêtait à répondre avant qu’elle ne l’achève de sa douce voix. Elle aurait préféré ne jamais l’avoir connu. La mâchoire de l’homme se serra un peu, alors qu’il refrénait la soudaine envie de frapper dans un mur ou d’éclater en sanglots. Il ne voulait pas montrer plus de ses sentiments qu’il ne l’avait déjà fait ce soir-là. Ça ne servait à rien. C’était cause perdue. Il reprit ses habitudes d’homme fort et insensible, relevant la tête pour la toiser un instant du regard, ravalant sa fierté et tout l’amour qu’il lui portait. — Je vois, ouais. — Ce fut tout ce qu’il eu à dire, incapable de se défendre ou de la raisonner. Il n’aurait pas dû revenir. C’est tout ce qu’il pouvait penser, à ce moment-là. Il n’aurait simplement jamais dû revenir. — Si je peux te donner un conseil, tu devrais peut-être discuter avec elle, avant de passer à l’autel. Il semblerait que certaines choses ne soient pas claires, entre vous. — Il aurait pu s’en passer, de cette remarque. Il aurait certainement dû la garder pour lui. Tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de se montrer blessant à l’égard de cette femme pour qui il aurait décroché la lune. Son ton détaché sonnait presque moqueur, mais il était simplement blessé de voir avec quelle force elle le rejetait. Avec qu’elle force elle le haïssait. Enfonçant ses mains dans ses poches, Malo lui accorda un dernier regard, incertain de l’existence même de la prochaine fois où il la reverrait. — Encore toutes mes félicitations. — Il ajouta avant de faire demi-tour, disparaissant dans le silence, aussi vite qu’il était arrivé. C’était trop douloureux pour qu’il leur inflige ça une seconde de plus.

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