AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 tale of us + james

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
avatar

Andy Cavendish

she was only half bird now, and the other half song.

- paper notes : 84
- since : 18/01/2018


- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: tale of us + james   Ven 6 Avr - 0:42

La musique me bouleversait. Âme par âme, je poursuivais ses fluctuations au milieu de la scène. Je montais dans les aiguës. Je glissais sur les cordes de l’instrument qui doucement, vibrait entre mes doigts. Le bar s’agitait entre mes paupières charnues. Je fixais l’inconnu, enchantée par ses formes et ses arabesques. J’imaginais le sourire de William, ses anciennes blessures et ses élans de colère. J’aurais pu l'aimer d'une façon plus agréable, me noyer dans ses bras et retrouver la surface. C’était ce que je voulais, ce que je désirais réellement. Mais l’amour était une émotion étrange qui ébahissait le coeur. L’amour rendait fragile et stupide. Je ne pouvais pas le sauver sans me perdre - sans écorcher mes yeux. Je me souvenais de chaque détail, du trajet des larmes sur l’oreiller et des mots qu’il avait prononcés. Je me souvenais de mes cris, de l’indignation et de la rupture. Mes prunelles ne bougeaient plus, trahies par les lumières des réverbères de l’autre côté de la vitre. Je comptais les chances qui me restaient avant l’automne prochain. Une nouvelle rédemption, une nouvelle histoire. Je souris au projecteur. Je me penchais pour effleurer la clarté d’un instant fugace, intemporel. Mes expressions s’amenuisaient face au public. J’avançais vers le rebord de la scène, les jambes flageolantes sous les pans de ma robe. Ce soir, je ne brûlais pas d’amour. J’étais seule à mourir de froid, à me glacer les sangs. J’avais eu l’audace d’embrasser Jake. Mon erreur en déclenchait une autre, encore plus grande et plus effrayante. J’étais coupable et lâche. La musique continuait à résonner au fond de ma gorge. Je balançais les épaules avec allégresse, les lèvres posées sur le microphone. Les carafes de bière recouvraient l’espace. Les esprits s’enlisaient dans l’insouciance, perdus dans la frénésie de l’ivresse, refusant de se défendre contre cette mécanique accablante. Et j’étais allée si loin - j’avais atteint les limites de mon talent. A trop aimer, à trop vouloir, je sombrais dans la solitude. Mon regard furetait autour de la salle. Je guettais toujours, j’attendais le retour à la réalité. Et cette fois, la soirée tenait ses promesses. J’arrêtais ma prestation et levais les yeux vers la silhouette imposante du soldat vêtu de noir. Je quittais l’estrade, la démarche débonnaire et zigzagante. William était là, la barbe cendrée et le désespoir saillant. Il ne bougeait pas - se méfiait de tout, de moi surtout. Je hochais la tête malgré mon mauvais pressentiment. Il semblait différent, étranger. J’hésitais à le féliciter pour sa forme resplendissante. Je savais que mon sarcasme n’était pas bienvenu. Il avait beaucoup vieilli pendant ces trois dernières années. La douleur creusait des sillons sur ses joues, au coin de sa bouche et de son menton. «Un bar à musique ? Ce n’est pas vraiment la meilleure façon de m’éviter.» Me moquai-je en tirant une chaise. Je repliais les genoux en m’installant à sa table. Mes doigts tremblaient contre mes cuisses. Je n’osais pas m’en aller, je n’en avais pas envie. « Tu vas bien? » Je marquais un silence. Je devais essayer de l’amadouer, de susciter son attention. Je haussais les épaules, une expression déterminée sur le visage. Je lui en voulais aussi. Il m’avait abandonné, il m’avait poussé dans mes retranchements. Et pourtant, malgré ma lassitude extrême, l’étincelle d’un espoir indéfini brillait encore dans ma poitrine. J’y croyais bêtement. J’y croyais de toutes mes forces. Les ondoiements de la lampe sur le plafond me créaient l’illusion d’un instant oublié durant lequel le goût amer de la solitude se dissipait - s’évanouissait complètement.

_________________
- on the surface she seemed perfectly normal. but now and then the sadness would catch a crack, a sidways glance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 79
- since : 25/03/2018


- getaway car.
address: # sea side.
contact book:
availability: open (conrad, jamie, sonya, andy, asher, jacob)

MessageSujet: Re: tale of us + james   Dim 8 Avr - 20:05

andy & james

two feet standing on a principle
two hands digging in each others wounds
(still @daughter)

Se poser dans un bar et attendre, finir un verre, puis deux, rentrer et se laisser aller dans la nuit. S'oublier dans les vapeurs d'alcool et une solitude étouffante. Le programme d'une soirée qui ressemble beaucoup trop aux précédentes, et aux suivantes, sans l'ombre d'un doute. James, il se laisse guider par les vitrines luisantes et le brouhaha étouffé qui s'échappe dès qu'on ouvre la porte. Il s'engouffre dans la chaleur d'un bar choisi au hasard, se faufile, se fait une place au comptoir et oublie tout le reste. Les rires et ceux qui s'esclaffent, les couples et les familles. Il s'égare dans les méandres de son esprit, sur la route tortueuse des souvenirs – d'habitude, en tout cas. Car il y a cette voix qui résonne, harmonie parfaite au milieu des rires gras et du tintement des verres. Une mélodie qui sonne d'abord comme un mirage, l'illusion qui le ramène à une autre vie – celle où on l'appelait William. Ses prunelles délavées dérivent, cherchent, tombent sur la scène. Sur la longue silhouette qui s'efface dans l'ombre d'une scène, derrière un micro. Il a le cœur qui tombe en arythmie, James, les tripes qui se retournent. Il se renfrogne, les épaules voûtées, sans parvenir à se détourner pour autant. Il la fixe comme un malpropre, cherche à comprendre ce qui n'est dans le fond qu'une coïncidence. Andy. Le palpitant s'agite et déraille. Il crève d'envie de se lever et de changer d'établissement, mais il ne bouge pas. Il l'écoute, comme le marin entend les sirènes. À la simple différence que Andy, ça fait bien longtemps qu'elle l'a entraîné mille lieues sous les mers. Il détourne enfin le regard lorsqu'elle descend de la scène, s'intéresse plutôt au barman et à ses propositions alcoolisées. Essaye de l'oublier. Elle et son sourire solaire, elle et sa voix écorchée par les émotions qu'elle a toujours su glisser dans chacune de ses chansons. Il se souvient, James. Il se souvient qu'il en frissonnait, des mots trop justes qui caressaient ses tympans. Des paroles mélodieuses qui lui collaient autant de larmes que d'étoiles dans les yeux, parfois. La bière lui glisse sous le nez et quelques mots résonnent dans ses oreilles. Pourquoi est-ce que tu fais ça, Andy? Ses doigts se referment sur son verre, il lui accorde finalement un regard en biais, un regard qui en dit long sur ces mots qu'il ne prononcera pas. - Parce que tu penses que je cherche à t'éviter ? Tu n'es pas le centre du monde, Andy. Tu ne l'es plus, depuis bien longtemps. Il est amer et acide, laissant ses mots dégouliner d'une méchanceté pas forcément nécessaire. Il regarde la mousse dans son verre, le bois usé du comptoir, les bouteilles qui s'alignent et font désordre sur l'étagère ; tout ce qui n'est pas elle, à vrai dire. - Puisque ça t'intéresse, je vais bien. Concis et l'ironie qui souligne chacun de ses mots. Il veut la faire fuir, James. Lui briser le cœur pour la millième fois. Alors il montre les crocs et ses yeux s'assombrissent des restes d'une colère d'hier. Une gorgée de bière et ses épaules se détendent. Incapable de se détourner totalement d'elle, son regard la cherche, accroche son visage, ses traits qui n'ont pas tant changé, au final. - Et toi ? Comment est-ce que tu vas ? Parlons de tout et de rien, de tes dernières courses et même de tes amours, de ton penchant pour la trahison et de ce qu'est devenue ta vie, depuis la dernière fin du monde, il y a des années de ça.

_________________

☽☽ Heaven if you sent us down So we could build a playground, For the sinners to play as saints, You'd be so proud of what we've made.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Andy Cavendish

she was only half bird now, and the other half song.

- paper notes : 84
- since : 18/01/2018


- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: Re: tale of us + james   Dim 8 Avr - 22:43

Les vibrations de la guitare me ramenaient en arrière. Je revoyais sa silhouette dans le noir, allongée sur le rebord du lit, accompagnant les mélodies des vinyles d’un simple sourire. William, mon amant, mon chéri, habillé d’un vieux t-shirt gris et de ses plaques de soldat. Il relevait la tête, les yeux enchantés. Il voulait que je m’approche, que mes lèvres étreignent son ombre sous les ondoiements des lumières. Je ne bougeais pas. Mes jambes étaient figées sur le sol, incapables d’interrompre ma vision. Il était si beau dans l’obscurité de Brighton. Mon bras se levait afin de mimer un signe militaire. J’agitais la main, les doigts vacillant au dessus de ma tête : je te couvre. Nos rires se déchiraient dans la pénombre de la chambre. Un symbole affectueux, le prémisse d’une passion étrange - s’opposant aux bourrasques de l’hiver contre la fenêtre. Il était l’incarnation d’un rêve enfantin, la concrétisation d’un amour qui réchauffait mon coeur, mon âme. Puis le silence. Le vent sifflait sur les parois de mon crâne afin t’interrompre mes souvenirs. Je ne reconnaissais pas l’homme assis dans le bar. Tout comme je ne l’avais pas reconnu quand les délires s’immisçaient entre nous. Will n’était qu’une chimère, une expression pâle creusée sur un faciès familier. J’essayais de sourire, de prétendre que le temps effaçait les blessures. Mais les mots résonnaient encore dans ma poitrine. Le mal se distillait dans mes veines. Mes cils se perdaient sur les visages accroupies sur le comptoir. Je fredonnais en effleurant les rebords de la table, l’esprit confus et incertain. Je n’avais pas le courage de partir - de l’abandonner comme il l’avait fait trois années auparavant. Je restais, les paupières lourdes, les prunelles assombris. «Peu importe ce que je pense, non? » De toute manière, il ne me croyait pas. Et Grand Dieu, ce serait terrible de me faire confiance. D’oser me toucher ou me saluer, même de façon cordiale. Mes larmes étaient glacées au coin de mes yeux. Il ne pouvait plus me briser - les fragments de mon coeur n’étaient que poussières, une myriade de particules infiniment petites. Il n’y avait rien à recoller. Rien à casser. Je soupirais en haussant les épaules. Ma bouche cherchait le réconfort de la bouteille. Je me redressais afin de solliciter le serveur. L’alcool brûlait mon œsophage, m’empêchant de lancer le débat. J’avais déjà imaginé notre rencontre. J’avais dessiné un schéma et un millier de discours, mais la gêne m’empêchait de parler - de lui expliquer. « Tu as toujours été bien, même quand tu creusais des trous dans le jardin. » La remarque avait glissé trop vite. Je fronçais les sourcils en détournant le regard. Je tremblais - anxieuse et mal à l’aise. Qu’est-ce qui nous arrive? Je voulais m’excuser, m’accrocher à son fantôme et lui murmurer nos promesses déchues. Mais je n’y arrivais pas. Je n’étais que le reflet de son attitude. Je luttais pour étouffer les sentiments, et ce manque - cette sensation horrible et accablante, d’être une intruse dans sa vie. « Je suis contente que tu sois revenu, Will. » Sincèrement. J’avais cru mourir sans nouvelles, en l’observant seulement, à travers une vitre, de l’autre côté de la rue ou sur un banc du parc. En n’étant qu’une inconnue dans la foule, une étrangère qu’il regardait à peine. « Et toi ? Tu pourrais au moins faire semblant … » Ma voix se noyait dans les bruits de la salle. Je le fixais avec étrangeté, imprimant les détails de son visage, gardant un bout de lui, en moi, un souvenir de plus dans ma mémoire éternelle.

_________________
- on the surface she seemed perfectly normal. but now and then the sadness would catch a crack, a sidways glance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 79
- since : 25/03/2018


- getaway car.
address: # sea side.
contact book:
availability: open (conrad, jamie, sonya, andy, asher, jacob)

MessageSujet: Re: tale of us + james   Ven 13 Avr - 23:13

Elle est magnifique, Andy. Elle l'a toujours été – comme toutes les plantes les plus vénéneuses de cette chère planète. Elle l'a endormi en battant des cils, l'a attiré dans le piège à renfort de sourires lumineux. Une main sur l'épaule du soldat, la capture lente mais certaine, et avant même qu'il ne puisse s'en rendre compte, il était fait. Il se souvient de tout, James. De l'instant où elle a fait dérailler son palpitant, aux dernières scènes de la tragédie qu'est devenue leur relation, en passant par les nuits douces. Soirées semblables à celle-ci, qui commençaient généralement par une discussion autour d'un verre. Puis un silence, les regards qui se percutent, la conversation muette et ses lèvres contre les siennes. Il se souvient de tout James, oui. - Ouais, c'est ça.T'as raison Andy, peu importe de ce que tu penses désormais, ça fait bien longtemps que tu n'as plus le droit de donner ton avis. L'amertume qui perle sur le vermillon de ses lèvres, plus un seul sourire pour trahir de l'amusement ou une quelconque forme d'humour. Il est sincère et froid, James, il fait ça car il sait qu'elle pourrait s'échapper à tout instant de son pas léger pour retrouver une zone de confort. Elle l'a déjà fait par le passé après tout, quand elle en a eu marre de danser toute seule au milieu d'un champ de mines. Il l'écoute, le venin percute ses tympans avec violence quand elle lui parle de ses crises d'hier, celles qui ont mis le feu aux poudres. Sa main se resserre sur son verre et pendant un instant, il espère que le verre éclate, que les fragments s'égarent dans sa peau ; la douleur physique pour éviter cette torture mentale qu'elle lui impose. Il ne répond rien, même si un milliard de paroles assassines lui brûlent les lèvres. Douces insultes et répliques abrasives. De quoi lui faire regretter d'être venue se poser sur ce tabouret. Il se pince les lèvres et pose son regard sur la seule brune qui le fait vraiment vibrer ce soir ; sa bière. L'écoute distraitement pour ne pas se laisser emporter par quelques sentiments plus violents, plus réels. Il a envie de l'ignorer, de ne pas lui accorder plus d'attention que ça, de ne pas répondre. - James. Tout le monde m'appelle James, maintenant. Elle n'a pas besoin de savoir pourquoi, il ne compte de toute façon pas s'étendre sur la question. - Will, c'est le pauvre type qui creusait des trous dans ton jardin, comme tu l'as si bien dit. La rancune est tenace, il souligne tout ce qui lui déplaît, c'est à dire un peu tout, actuellement. Nouvelle gorgée de bière, il se satisfait du silence qui plane pour quelques secondes. Il la regarde enfin, pour ne pas dire qu'il la dévisage. Il imagine les sourires lointains qui courbaient ses lèvres, autrefois. Les ondulations malicieuses du vermillon lorsqu'elle lui murmurait qu'elle l'aimait. Il la fixe, sans gêne, sans pudeur. Il espère que ça lui fait mal, que ça la dérange. Mais c'est pas suffisant pour te faire fuir Andy, pas vrai ? T'es plus forte que ça, l'âme s'est blindée, avec tous les coups que j'y ai porté. – Faire semblant ? De quoi, Andy ? D'être heureux ? Que tout va bien, dans le meilleur des mondes ? Que j'ai guéri ? Que ça me fait vraiment plaisir de te revoir ? Il rit et l'amertume fait trembler ses cordes vocales. Il est mauvais et menteur, il cherche à la détruire de ses syllabes, alors qu'il la caresse d'une voix trop douce. Le contraste entre le contenant et le contenu est saisissant et presque malsain,  pourtant, il continue sur sa lancée. - Si je me souviens bien, faire semblant, c'était plutôt ta spécialité à l'époque, n'est-ce pas ? Il s'accoude au bar, tourné vers elle, lui portant bien plus d'attention qu'il ne le voudrait. Tu regrettes d'être venue, pas vrai Andy ? Reste maintenant. Assume, laisse-moi incendier les ruines, le peu qui reste de nous.

_________________

☽☽ Heaven if you sent us down So we could build a playground, For the sinners to play as saints, You'd be so proud of what we've made.


Dernière édition par James Monroe le Lun 16 Avr - 13:49, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

Andy Cavendish

she was only half bird now, and the other half song.

- paper notes : 84
- since : 18/01/2018


- getaway car.
address:
contact book:
availability:

MessageSujet: Re: tale of us + james   Sam 14 Avr - 14:53

Je n’osais pas bouger. Ma silhouette se glaçait face aux arabesques du plafond, immuable - fragile, presque nue. Le temps coulait sur mon visage, donnant l’illusion de mouvement à ma bouche. Je le voyais enfin, tel que je l’avais rêvé pendant trois années. J’effleurais sa peau translucide et ses paupières grises. Je touchais le fond. Je me noyais dedans. Nous étions similaires dans le silence, deux fumeurs d’opium, chacun dans son nuage, étrangers, seuls et incertains. Nos prunelles se croisaient dans la pénombre du comptoir. William avait changé. Je le ressentais dans ma chair. Je partageais son dégoût et son amertume. Il n’était pas le seul à porter les traces de notre relation. Il n’était pas le seul que la guerre avait brisé. La peur écorchait mes yeux, toutes ces nuits, où les images agitaient son sommeil. Je ne connaissais pas les horreurs de la-bas, alors j’envisageais le pire. Des landes couvertes de sang et de douleurs, des enfants agonisants sur les dunes froides d’un village ruiné. J’imaginais le bourdonnement des chars et les coups de feu. L’amour n’était pas un choix. Il s’imposait - il était venu jusqu’à moi. William me blâmait d’une trahison qu’il avait engendré. D’un mal qu’il avait initié, le premier. Je crispais les mains autour de mon verre. J’étais cette goutte d’eau condensée sur le bord de la bouteille, glissant sur une pelote de givre, mourrait à la surface de la table. Mon esprit transfigurait les mots. J’essayais de lire entre les lignes, de comprendre un peu. J’étais trop blessée pour l’aimer. Trop fatiguée pour le détester. Le vide était effrayant. Je pinçais les lèvres en acquiesçant. Je n’avais rien à ajouter. Pourtant, mes jambes refusaient de me porter ailleurs. Il s’était éloigné pendant une éternité. Et maintenant, j’avais besoin de sa colère pour tourner la page. J’avais besoin de la douceur de ses gestes. Son dépit était vindicatif, c’est qu’il n’oubliait pas. Il ne m’oubliait pas. Cette pensée suffisait, un instant. J’étais gravée dans sa mémoire, avec mes sourires et mes vices, avec mes caresses et mes cris. Je me redressais lentement, le visage penché sur l’assiette  de chips. « James, alors. Techniquement, lui, je ne l’ai pas trompé. » L’énoncer. L’entendre de ma propre voix. Réaliser l’horreur de cet acte. Je frémissais en me blottissent dans ma veste. Mes muscles se crispaient, paralysés par la clarté de ses yeux. Il me coupait le souffle. J’étouffais sous les battements de ses cils, au fond de ses iris océans. Je posais une main sur la table en m’éloignant. «Ne hausse pas le ton, s’il te plait.» Il le faisait avant aussi. Cracher sa haine. Blâmer ses échecs sur moi. Je plissais le front en luttant contre les larmes. Je refusais de lui offrir la satisfaction de mes chagrins. Il ne faisait plus partie de ma vie. William, James - peu importait son identité maintenant, il n’était qu’une chimère du passé. « Idiot. » Je marmonnais avec conviction. Tu ne dis jamais que des choses blessantes. « J’ai seulement fais semblant de ne pas avoir peur à chaque fois que tu me rejetais ou que tu pensais que E.T était là pour t’emmener dans une soucoupe volante. Pour le reste, à part quelques orgasmes, il me semble que j’étais sincère. » Je le fixais avec une figure inflexible. J’étais incapable de détourner le regard. De le fuir avec la même lâcheté que lui. Nous n’avions jamais parlé de Jacob, de cette évasion qui avait brisé notre équilibre. Je me servis un autre verre, appréhendant ses attitudes froides et dédaigneuses. « Si tu croises Will, tu pourras lui dire que je ne regrette rien. » Un rien nous blessait et même nous tuait. La trahison, le mensonge, l’abandon - j’ignorais lequel de nous était le plus à blâmer. Mon coeur avait dérapé - il avait explosé dans la foule. Un faux pas, une simple erreur, tout était fatal. « Tu peux vider ton sac. Je ne bougerais pas. Je ne partirais pas. Il n’y a que les déserteurs et les hommes sans parole, pour faire ça. » Il m’avait promis la lune. Il m’avait charmé avec sa guitare et ses ballades romantiques. Puis un jour, tout s’était arrêté. Il m’avait claqué son mépris au visage. Il avait décidé de ne plus y croire. De devenir fou. De me laisser au bras d’un autre.

_________________
- on the surface she seemed perfectly normal. but now and then the sadness would catch a crack, a sidways glance.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
avatar

- paper notes : 79
- since : 25/03/2018


- getaway car.
address: # sea side.
contact book:
availability: open (conrad, jamie, sonya, andy, asher, jacob)

MessageSujet: Re: tale of us + james   Dim 22 Avr - 23:09

L'ironie qui dégouline de ses mots, elle fait danser les syllabes sur sa langue de vipère, joue comme une poète talentueuse sur chaque lettre. Et lui, il écoute, s'abreuve des versets malhabiles, de sa répartie tranchante qui écorche ses tympans. Pire encore, il en demande toujours plus, entre dans le jeu, lui donne matière à faire, lui tend la boîte d'allumettes pour l'inciter à mettre le feu. C'est inévitable, il finira par s'énerver. Par s'enflammer. Tout emporter sur son passage. Il lui fera du mal, à nouveau. Lui dira qu'elle l'a cherché, à nouveau. Qu'elle l'a mérité. A nouveau. Le cœur valse dans sa cage fragile. Idiot. Elle n'a pas tort et il a mille mots qui lui brûlent les lèvres soudainement, comme autant de noms d'oiseaux qu'il pourrait lui donner, pour ce qu'elle lui a fait. Mais il refuse de s'abaisser à cela. Refuse de l'empoisonner de ses paroles assassines ; l'atmosphère actuel est assez toxique comme ça. Ses phalanges blanchissent en s'entortillant sur le verre. - Tais-toi. Qu'il lâche avec humeur. Il ne la supporte pas. N'arrive pas à entendre la manière dont elle parle de leur relation. Il a tout piétiné, mais est-elle vraiment obligée de cracher sur ce qu'il reste d'eux ainsi ? - Sincère ? Sincère. Rire amer qui fait trembler ses cordes vocales. Le palpitant s'agite, se fait fébrile. La respiration est plus courte, il a l'impression d'asphyxier sous le poids de ses mots. - Sincère, comme toutes ces fois où je te demandais à quoi tu jouais avec Jacob ? Et que tu me parlais d'amitié et de soutien. Sincère, au point d'en oublier de mentionner qu'il te sautait ? Cruauté qui danse sur les papilles, les mots charmeurs sont loin, il dégueule la vulgarité pour lui faire mal, lui renvoyer ses erreurs à la face, toujours plus fort. Il roule des épaules, cherche à oublier la tension qui enveloppe ses muscles et met ses nerfs à vif. Nouvelle gorgée de bière dans laquelle il cherche à se noyer, rien n'y fait, il reste à flots, même quand elle cherche à le tirer par le fond. Est-ce là la preuve qu'il n'a plus besoin d'elle ? Ou simplement la preuve qu'il a appris à nager à contre-courant avec les années. Elle a l'audace de parler de son manque de regrets, d'une culpabilité absente et ça lui crève le cœur, à James. Il a l'impression que d'une minute à l'autre, le verre va éclater dans sa main et son cœur, imploser au creux de son torse. Il se demande quel genre de plaisir malsain est-ce qu'elle trouve à le torturer ainsi de sa prose dévorante. Comment a-t-elle pu devenir aussi cruelle ? Comment est-ce que ces lèvres qui autrefois caressaient les siennes avec la douceur du satin, peuvent aujourd'hui marquer son esprit aussi douloureusement par les mots qui s'en échappent ? Elle poursuit sur sa lancée, il déraille, décapsule ; la machine infernale est lancée quand le mot de déserteur fracasse son ouïe avec une violence inouïe. - Si tu ne regrettes rien, alors que fais-tu là à geindre pour un peu d'attention ? Tu te donnes en spectacle, tu souris et tu craches tes mots comme si tu étais forte alors qu'en réalité, tu es juste pathétique. Les traits se déforment sous une grimace, les mots, il les crache avec véhémence et hausse le ton, sans se soucier de l'impact, du tremblement de terre qu'il est en train de provoquer. - Tu t'approches et tu minaudes pour mieux attaquer. C'est tellement bas. Même pour toi. Il finit son verre d'une traite et le repose brusquement sur la table. - Ça te fait du bien, c'est ça ? Tu ne m'as pas assez foutu en l'air comme ça ? La défense se mue en attaque, il la jette dans les flammes car il en a marre de brûler tout seul, de traverser l'enfer en solitaire alors que, comme toujours, Andy Cavendish pensait s'en tirer avec ses grands sourires.

_________________

☽☽ Heaven if you sent us down So we could build a playground, For the sinners to play as saints, You'd be so proud of what we've made.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur


Contenu sponsorisé



MessageSujet: Re: tale of us + james   

Revenir en haut Aller en bas
 
tale of us + james
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Morrell James ( Haiti Democracy Project) 202-588-8700
» Davy James' Fiche technique
» With Aristide's return comes hope (Selma James, widow of C.L. R. James)
» All i wanted was you [PV James Stanford]
» Présentation de James-Potter

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
- call it what you want. ::  :: brighton sea side.-
Sauter vers: