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 ravages (nola)

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MessageSujet: ravages (nola)   Dim 25 Mar - 12:00

@nola blake
avancé vers l'ombre, à la fin des villes
je reprends connaissance


ils en sont sans doute à la pinte de trop, celle que mats boit trop lentement pour qu'elle soit encore associée à une dimension de plaisir, de laisser aller. y'a plus qu'une certaine habitude, une certaine recherche de la consommation à outrance. rester au bar discuter, ne pas supporter d'avoir la main libre d'un verre, recommander, se laisser prendre par l'euphorie, et ainsi de suite. mats il navigue déjà dans certaines embrumes. il pense à son poste de demain matin 9h pétantes et ça lui claque un espèce de ras-le-bol qu'il efface à coup de clopes. après tout, ils sont bien là avec nola. y'a eu nola, y'a eu d'autres potes, puis un peu moins d'autres potes, et à nouveau que nola et lui. nola, lui et les bières. les autres passent et eux restent. mats il se demande si c'est pas trop triste ça, comme tableau. deux pauvres gars qui se laissent avoir dès le mardi soir. plutôt un pauvre gars et une belle femme, dans leur cas. il se voit dans le regard des quelques passants qui rentrent chez eux, après une dure journée au bureau. il se voit dans le regard des adultes d'âge mûr, des grands, de ceux qui pèsent déjà dans la société, quand lui n'a pas vraiment l'impression d'être un pilier, un truc, ne serait-ce qu'un pion qui fait marcher un peu de monde. il avale une longue tirade de bière. elle a perdu ses bulles et a s'est réchauffée dans sa main nerveuse. il grimace, lève les yeux de sa léthargie et scrute le visage de nola aux paupières fermées. le seul avantage de ce bar, c'est la bonne playlist. et ça fait maintenant quelques minutes qu'ils se sont laissés aller à une écoute phasante des rythmes et mélodies. mats il suit des yeux les hochements de tête lents de nola, ses épaules qui dansent comme une douce vague sur l'océan. ça le fait sourire un instant, il essaye de se concentrer sur la musique, lui aussi, ferme les paupières et sent l'ébriété lui piquer la peau. il se trouve rapidement con, rapidement pas harmonieux, il lâche l'idée et décide de s'occuper autrement, de finir sa bière (presque), de jeter un coup d'oeil à l'écran de son iphone, puis de se rouler un joint. plus pour anticiper quelque chose, que par réelle envie. parce qu'au moins, s'il le roule, il sait ce qu'il fera dans cinq minutes, et ça soulage un peu de son anxiété, de programmer les choses. il fait pas vraiment dans l'anonymat, de toute façon c'est pas la première fois qu'il se laisse aller à ces activités sous cette playlist. il a beau se concentrer il sent que ses gestes sont approximatifs, se concluent en un roulage (lui aussi) approximatif. je vais fumer il souffle après avoir croisé le regard de nola qui s'est à nouveau ouvert sur leur monde. il arrive pas vraiment à déterminer si elle est aussi en phase que lui, il arrive pas à savoir si c'est un regard de questions ou de réponses qui capte le sien. il se lève, remonte sa capuche noire sur ses boucles brunes, chope juste un briquet et laisse tout son bordel d'affaires en vrac derrière la table. ils sont dehors quand il perçoit que la nuit est plus fraîche que dans ses souvenirs innondés de bière pas chère. mats donne le premier coup de feu et inspire le parfum de l'addiction. plus personne dans les rues plus que nous il a besoin qu'elle lui certifie que c'est pas anormal, qu'ils sont pas déraillés là, tous les deux. parce que lui ça lui brûle un peu la gorge, cette image d'abandon.
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MessageSujet: Re: ravages (nola)   Ven 30 Mar - 19:58

La musique opère sa magie et, petit à petit, je perds pied. La réalité autour de moi se dissipe, les formes s’effacent, les couleurs explosent, les visages se mélangent, les voix ne sont plus qu’un bourdonnement inaudible accompagnant le rythme qui, doucement, fait remuer mes épaules, balancer mon menton et papillonner mes paupières. Ils palpitent dans mes oreilles, les instruments qui crient leur rage, et la voix, disparate sur un morceau sans le moindre message, s’emmêle dans mon esprit à la façon d’un gourou hypnotisant qui me souffle une vérité difficile en plein instant de faiblesse - et puis il y a l’alcool, qui fait couler dans mes veines l’absurde absolu. J’ai envie de rire, de pleurer et de hurler en même temps. De rire ma tristesse, de pleurer mon incompréhension et de hurler ma joie. Tout ça à la fois dans ce labyrinthe toujours plus étendu dans lequel on se perd bien trop souvent, Mats et moi. Mats, il n’est plus qu’une présence floue à mes côtés, une forme opaque dans un univers diffus et pourtant, je m’accroche à lui comme à une bouée. Pas réellement, juste dans ma tête. Avant qu’elle ne s’envole et ne puisse plus jamais atterrir. J’ai les paupières closes, tout à coup, mais je le sens tout près, je le sens qui bouge, qui inspire et expire sans même y penser, je sens son esprit qui bouillonne, je sens ses yeux qui cherchent sans trouver. J’ai envie de le serrer contre moi comme avant pour lui dire que tout va bien et l’instant d’après, je m’empêche de partir pour toujours parce qu’on sait tous les deux que c’est pas vrai. Alors on se contente d’être là, au milieu de la nuit, dans un bar comme un autre, au milieu d’inconnus ou d’amis qui vont et qui viennent, jusqu’à nous laisser seuls avec nos démons. Il les fume, je les danse. Ensemble, mais chacun de notre côté. Avec Mats, il arrive toujours un temps où on ne peut plus se parler. Où on ne se quitte pas mais où on a besoin de se déconnecter, de refaire le plein d’énergie, d’oublier le bordel dans la tête de l’autre qui fascine mais qui fait un peu peur, aussi. Alors on s’oublie, l’espace de quelques minutes ou quelques chansons, on se soustrait à la réalité pour intégrer celle que le substitut choisi nous propose. Et, alors, je songe à ma vie. A ma vie dans la vie, dans le monde tout entier et ma place par rapport à lui. Si seulement j’en ai une. Si seulement tout le monde en a une, automatiquement, ou si certains sont là par hasard, par accident, pour combler l’espace vide sur Terre. Toutes ces âmes qui sont là pour témoigner de la grandeur des autres, pour offrir un public à ceux qui étaient destinés à exister. Je ne sais pas quelle position est la plus enviable : savoir que tu es une erreur, que tu n’as pas de raison d’exister mais, par conséquent, t’en créer une de ta propre initiative, selon tes propres désirs et envies ou d’avoir la certitude que tu es amené à faire de grandes choses, que tu fais partie de ceux qui comptent, mais vivre avec cette pression jusqu’à ta mort. J’imagine que cette seule question résume le pourquoi du comment de la religion. Cette simple pensée me fait secouer la tête d’un air désapprobateur - toujours dans ma tête. C’est ce que je déteste avec la religion, la foi ou autre regroupement d’hurluberlus en robe noire : tu ne peux pas avoir la moindre réflexion sur la vie sans que quelqu’un l’ait déjà, d’une façon ou d’une autre, associé à Dieu. Je rouvre les yeux, alors, réintégrant le temps présent et ma place à côté de Mats qui m’observe. Fumer. Oui. Machinalement, je lui emboîte le pas tandis qu’il fond vers la porte. Les mains dans mes poches, la tête rentrée dans les épaules, je me prépare à être percutée par le froid mais seule une fraîcheur agréable me caresse les joues et, sur le moment, je ne me dis pas que j’ai trop bu et que je ne sens plus le froid. Simplement que le printemps revient, fait peu à peu son nid et que ça me donne envie de sourire bêtement. - Je peux ? je demande en désignant son joint. Juste une taffe. Juste un peu. Je devrais pas. Lui non plus. Surtout lui, lui et ses habitudes merdiques, lui et ses penchants douloureux. Par-dessus la fumée, dans ses yeux brumeux, j’aperçois le vide. Mon coeur tremble avant même qu’il ne parle. Et mon regard se perd aux alentours, se répercutant contre les façades d’une rue désespérément vide. Il a raison - il n’y a plus personne. Plus que nous. Comme toujours. - On est toujours seul, je souffle doucement, de peur de perturber la quiétude de la ville endormie. Je serre les lèvres, les pince, les mords, roule des billes vers lui. Moi-même, je suis paumée. Seule. - Les gens n’aiment pas la nuit. Elle fait peur, elle inquiète, elle interroge, elle est ennemie incomprise. On dort la nuit, on s’oublie jusqu’au jour prochain, et la vie revient avec les rayons du soleil. Ce sont les étranges qui vivent la nuit, les insolites, les décalés ou ceux en marge, ceux qui ne conviennent pas au jour ou à qui le jour ne convient pas. - On s’y sent bien, pourtant. C’est que je dois être une étrange, une insolite, une décalée ou en marge. - Rien de ce qu'on fait n'a réellement d'importance, on est totalement libre, on ne doit rien à personne, et ma voix douce et rêveuse. Peu importe la façon dont on occupe notre temps, on pourrait rester allongé par terre, à regarder les étoiles et cela ne changerait absolument rien.
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MessageSujet: Re: ravages (nola)   Lun 2 Avr - 0:08

il lui tend le joint, par habitude et parce qu'elle le lui demande. ça le débarrasse un instant d'un poids, mats, il se dit qu'il est pas le seul à vriller dans la nuit. ils sont au moins deux, dans cette bulle de fumée qui les entoure, épaisse, puissante, quand elle le lui rend et que c'est lui qui expire. les mauvaises bières dans leur sang, la drogue qui fait doucement son chemin jusqu'à leurs neurones, et leurs deux corps qui se balancent face à la fraîcheur du silence. lui, il se balance, d'une jambe à l'autre, parce qu'il est jamais vraiment capable d'accepter l'inactivité. nola, elle est plus calme. nola on dirait qu'elle trouve des étoiles dans le fond de ses yeux. puis par-dessus sa tête, tout autour d'eux. il cherche là-haut, mais il voit rien. lui, tout ce qu'il entend c'est les bruits des voitures au loin, c'est un vague chant de sirène trop familier, c'est quelqu'un qui ferme ses volets, c'est l'écho des basses qui résonnent dans le fond du bar, c'est le souffle du vent sur les feuilles, au coin de la rue. il entend tout un tas de trucs, pour pas écouter son coeur qui s'affolle, comme toujours, quand il faut faire face à l'attente. il n'aime pas la nuit, mats. il a toujours été de ces gars heureux au premier rayon de soleil. il dort avec ses rideaux ouverts, parce qu'il attend le matin. il réfléchit trop, et il sait pas faire face à ses réflexions. c'est un putain de tourbillon irrationnel dans lequel il s'engouffre sans revenir. y'a que des gens comme nola, qui ont su parfois faire taire ce bordel, au bout de la nuit, par des mots soufflés tout près de son oreille. on est face à soi-même c'est le genre de conversations qu'ils ont déjà eu, qu'ils ont déjà eu trente fois, pour sûr. parce que nola elle aime la nuit et que mats la déteste. mats, il aime la nuit que quand elle devient un prétexte pour autre chose. que quand la nuit éclate comme les basses au fond de son crâne, un boum pesant qui fait vibrer les enceintes au même rythme que son coeur : anarchique. il l'aime qu'au fond de ces soirées, quand les rails lui arrachent une énergie irrationnelle. il l'aime que quand elle est partagée, la nuit, par un autre corps qui veut bien du sien. qui veut bien lui offrir un peu d'amour, de chaleur, d'inconscience. il l'aime, au fond, quand il l'oublie. mais ce soir, elle est tout autour d'eux, et c'est presque effrayant de s'en rendre compte. on se doit plein de choses, à soi-même. la nuit, c'est le moment où on s'en souvient quand il était môme mats il en avait déjà peur. il avait commencé à compter les moutons, pour se faire vite emprisonner par le sommeil. mais parfois il comptait jusqu'à cent, deux cent, et pas moyen de trouver la liberté dans l'oubli. c'est un putain de calvaire qui le poursuit, qu'il a su faire taire par quelques séances de psy, ponctuellement. puis qui est revenu. et il a grandi, il a accepté le fait, il a eu la flemme d'un gars fauché, un gars qui cherchait l'indépendance de ses parents, il a pas refoutu les pieds dans un cabinet. pourquoi on apprend aux gamins qu'ils peuvent avoir des cauchemars, la nuit? d'où il vient, ce fait qu'à un certain âge on flippe du noir ? pourquoi on pense qu'un monstre va surgir de sous le lit ? il en a plein des questions comme ça et ça le tue de pas avoir d'explication concrète, scientifique, objective du phénomène. pourquoi certains cerveaux se détraquent plus que d'autres ? si le mot cauchemars n'existait pas, peut-être que la nuit serait agréable pour plein de gens il lui tend à nouveau le joint. pour lui, la nuit c'est une espèce de prison. le seul moment où il se sent libre c'est quand il n'est pas maître de sa conscience. et ça, c'est foutrement triste. dépendre d'autre chose pour espérer à la liberté, c'est la preuve même qu'un truc déraille, entre les étoiles et la terre ferme.

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i hope you find it some day
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