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 catch up ! (hugo)

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MessageSujet: catch up ! (hugo)   Ven 23 Mar - 18:23

- catch up ! -

Jazz avait enfin réussi à se dégager un peu de temps, dans son emploi surchargé. Il fallait dire que c'était une mission de la plus haute importance, qu'elle n'avait pas pu laisser Hugo s'en tirer comme ça. Son âme d'anglaise brisé en mille morceaux, elle avait pris sur elle, relevé le menton, et obligé l'américain à la suivre. Une mélopée de « sacrilège, sacrilège, sacrilège » s'entendait sur son passage, résonant encore et encore et encore. Le bug de la matrice, en quelque sorte. Sauf que la matrice n'était pas le souci du moment, Hugo l'était. Une catastrophe. Un désastre. Un outrage, même. Une hérésie, un pustule, une épine dans son coeur, une tâche indélébile. Autrement dit, elle ne pouvait pas le laisser vivre dans des conditions pareilles.
Si au premier abord, elle avait été attirée par son accent américain caractéristique, son manque de culture tout aussi caractéristique finirait par la tuer. Cela faisait désormais plus d'une heure qu'elle avait forcé l'homme à s'asseoir devant un écran, le menaçant de toutes sortes de choses s'il ne se pliait pas à l'exercice. Comme lui crever les yeux, par exemple. Il avait fini par plier – il n'aurait eu d'autre choix, de toute manière.

Le film se terminait enfin, et Jazz rajusta sa position afin de regarder Hugo – qu'elle n'arrivait pas à caser dans la case de l'ami, ni de celle de copain, et encore moins celle de petit copain. Et connaissance ne faisait pas non plus l'affaire. Elle n'arriverait pas à simplement le qualifier de coup d'un soir, ni vraiment sex friends. La valeur la plus sûre restait encore le type qu'elle voyait, ou futur ex. Mais ex-quoi ? Alors, c'était Hugo. Hugo seulement, ou l'américain. Le cul qu'elle reluquait ces derniers temps, et le portefeuille rêvé juste à côté. Elle ne savait pas vraiment ce qu'elle préférait, d'ailleurs, entre sa gueule d'ange et son caractère incroyable, ou les relations qu'il possédait et sa position sociale. Elle n'avait pas encore déterminé qui il était précisément, mais Internet était une amie précieuse qui l'avait aidé à un peu mieux cerner le personnage. Et elle vivait un rêve éveillé.
Alors, t'en penses quoi, des Monty Pyton ? L'humour british classique, le genre de film dont elle avait été bercé, biberonné avec. Elle ne pouvait même pas dire à quel âge elle avait vu l'un de leurs films, puisque elle ne s'en souvenait même pas – simplement que c'était l'une des choses préférées de son père, ce qui était plutôt mince comme héritage ou souvenirs. Enfin, sauf si ce genre d'humour est trop compliqué pour toi ... Dans ce cas-là, il ne pouvait pas vraiment se faire une opinion, si ? Enfin, elle tendait vers lui son plus grand sourire, son sourire de victoire, son sourire de maline. Mais en même temps, c'est lui qui avait commencé, en lui avouant n'avoir jamais cerné ce qu'était l'humour british. C'était de son devoir d'anglaise respectable que de lui montrer, de combler ses lacunes édifiantes. De son devoir d'amie, que de prendre soin de lui et de son intégration au sein de Brighton, de l'Angleterre – n'importe quel prétexte ou situation où elle pouvait avoir l'avantage était bon à prendre, pour pouvoir le taquiner.

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MessageSujet: Re: catch up ! (hugo)   Ven 6 Avr - 0:30

Lorsqu’elle a débarqué dans l’appartement du west side que je loue depuis quelques semaines maintenant à un couple de trentenaires branchés, Jasmine avait un projet. Une mission. Elle s’était donné un objectif à remplir et cet objectif, c’était moi. Moi quoi, je n’en sais rien, mais c’était moi. Cela se voyait autant dans ses prunelles déterminées que dans la délicatesse avec laquelle elle a défoncé la porte d’entrée d’un grand coup de pied conquérant, avant même que je n’ai eu le temps d’esquisser un pas. Aussitôt, elle était chez elle, enclenchant le pilote colonisation. Elle s’est installée, a décrété qu’on regardait un film, a décidé lequel, m’a quasiment attaché au canapé et s’est roulée en boule contre un coussin pour regarder avec moi. J’esquisse un sourire presque attendri tandis qu’elle gigote pour intégrer la position parfaite. Je ne m’attendais pas à ce qu’elle prenne la chose à ce point au sérieux. En ce qui me concerne, je ne me rappelle même pas avoir prétendu ça un jour, ne pas saisir le célèbre humour britannique, pourtant ça semble l’avoir marquée et blessée comme si j’avais insulté sa famille, mordu son chien, dessiné un pénis sur le Union Jack. Non, en réalité, cela s’est passé autrement - les Monty Pythons. Voilà de quoi elle m’a parlé, voilà que ce que j’ai admis n’avoir jamais vu, et voilà ce qui l’empêche de dormir depuis des jours. La réalité est là et je ne peux que confesser douloureusement les faits. Nous autres, américains, ne nous soucions pas de grand chose d’extérieur à nos frontières. C’est de notoriété publique nous sommes stupides, ignares et complètement centrés sur nous-mêmes. Même dans les classes les plus hautes, desquelles on attendrait au moins un semblant de culture, réunie pour le simple et vain but de paraître intelligent, il s’agit bien souvent de poussière balancée dans les yeux naïfs des badauds. Je suis passé d’école privée en école privée, j’ai côtoyé des gens prestigieux, brillants, je suis à présent étudiant en médecine à Harvard depuis presque dix ans. Je ma targue de savoir deux trois trucs, tout de même. Des compétences théoriques. Des savoirs théoriques. Une infinité - rien de culturel ou d’utile dans le monde réel. Les études, le travail ne m’ont jamais permis de prendre le temps de m’instruire sur ce qui constitue réellement la vie quotidienne. Je regarde peu de films, encore moins de séries et la seule chose dans laquelle je suis calé, c’est la musique. Je dirais même la musique qu’on appelle classique, et les improbables noms de morceaux que je connais autant que leur contenu qui vibre sur mon piano. Alors oui, la culture populaire anglaise m’est inconnue, parce que le pays en lui-même m’était jusqu’à récemment inconnu. Mon Europe à moi est celle du sud. De l’Italie, de la France, du soleil, des vastes champs brûlés et des vieux débonnaires aux terrasse des cafés d’un autre temps. Je tâche de lui faire plaisir toutefois, en étant attentif au film, sans chercher à lui faire remarquer que je sais ce qu’est l’humour pince-sans-rire. Je l’entends presque ronronner de plaisir et de satisfaction, à mesure que l’heure s’écoule et qu’elle capte un sourire ou un rire étouffé. Finalement, je me redresse, m’étire doucement et roule des billes vers Jazz, qui m’observe d’un air impatient. Amusé, je prends le temps de m’adosser au fauteuil, de regarder l’écran un dernier instant, de réfléchir. - C’est tolérable, je fais mine de hausser les épaules, finalement, en inspectant distraitement mes ongles. J’exagère. C’est sympa mais c’est le genre de film avec lequel tu dois grandir, ce qui n’est pas mon cas. Je suis supposé happer ou être happé en chemin par un monument de la culture britannique que les enfants savent réciter par coeur. C’est un train dans lequel tu montes avec tes parents qui bercent tes pas de leurs références et lorsque tu prends le train en marche des années plus tard, ça n’a plus vraiment la même saveur. Aussi, je ne réplique même pas lorsqu’elle me taquine, me contentant de lorgner dans sa direction avec un sourire sarcastique. - Je m'interroge sur tes modèles de vie par contre. j'ajoute sans ciller. Non parce que si ce sont ces mecs-là qui ont guidé ses rêves et bercé son idéalisme... Nous, de notre côté de l'Atlantique, on avait Clint Eastwood et son regard profond, sa classe légendaire et indiscutable, sa mâchoire prête à éclater un rocher, on avait ce genre de héros, de cow boys. Ce n'est clairement pas la même division. Et je sais que ça va la faire bondir. On ne parle pas en mal d'Arthur et sa bande trublions à un britannique. Intérieurement, je me marre parce que franchement, il est pas si mal son film. C'est mon esprit de contradiction qui fout le bordel. - Je te pensais du genre à te débarrasser de ce lapin avec plus de panache (...) - regard qui se lève dans un semblant d'air pensif, haussement d'épaules - - (...) j'ai dû me tromper sur ton compte, c'est pas grave, je me chargerai des pigeons, maintenant que je suis à nouveau accepté dans ton cercle de connaissances, je soupire, le regard malicieux et taquin. Maintenant que j'ai réparé la faute ineffable dont elle m'accusait. Qu'est-ce qu'un homme inculte, tant qu'il est prêt à braver et pourfendre les ennemis à poils, plumes et autres écailles pour défendre tel Clint les enfants des Monty Pythons ?
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MessageSujet: Re: catch up ! (hugo)   Ven 13 Avr - 22:12

- catch up ! -

Que pouvait-elle dire ? Que pouvait-elle faire ? C'était vrai ; elle ne pouvait pas mentir. Elle l'aimait bien, Hugo. Assez pour débarquer et investir les lieux comme s'ils lui appartenaient, comme s'il lui appartenait. Presque. Pas vraiment, même, même si l'idée lui plaisait.
D'ailleurs, elle pouvait bien l'admirer tout son saoul durant cette séance de rattrapage, connaissant les répliques et les chutes dans leurs moindres détails. Sa mémoire engendrait les nouvelles images ; les sourires et le regard, l'intérêt ou l'ennui passager. La satisfaction qui se lisait sur son visage quand elle voyait Hugo apprécier le film. La satisfaction, tout simplement, d'être là, sur ce canapé et en sa compagnie. Sans oublier, à chacun de ses passages favori, de ne pas en perdre une miette. Alors, à ce moment précis, elle savait qu'elle avait eu raison de le pousser à voir ce film, et partager un peu de sa culture, de son humour.
Et lui, à ses côtés, élu porte-monnaie le plus sexy de l'année par ses soins. Trois battements de cils plus tard, le générique se déroule à l'écran et elle s'empresse de récolter son avis. Pour savoir si elle devait le rayer de sa liste de contacts (ok, cela n'arrivera sans doute pas à cause de ses choix cinématographiques) ou bien l'épouser (mais ce n'est pas elle qui le demandera en mariage). Bien sûr, le malin prend son temps pour lui répondre, jouant avec sa patience aussi facilement qu'un chat avec une souris.
Trois mots plus tard, elle lui envoie son coude dans les côtes pour cause de profanation. Tolérable, ouais. Comme ton sens critique. Mais elle l'avait vu sourire, apprécier un tant soit peu le film. Autrement, elle avait le sentiment qu'il aurait exulté son dégoût bien avant, semant les commentaires assassins au fur et à mesure du visionnage.
Regard noir sur ses provocations, départ du canapé sous ses railleries. Ses modèles de vie portaient les traits absent d'un père fantôme, alors le roi d'Angleterre, c'était mieux que rien. Elle laisse ses pas la mener droit vers le frigo, se sert un verre de jus de fruit avant de revenir, par-derrière le canapé, forçant Hugo à la chance de se faire un torticolis s'il voulait la regarder. En plein dans sa plaidoierie, elle ne l'écoute qu'à moitié – à moitié fière et à moitié satisfaite. Sirotant son jus, jugeant sa victime telle une professeur. Il n'avait jamais été exclu de son cercle de connaissances, mais il faisait nettement meilleure impression, désormais.

Il faut dire qu'elle est touchée, au final. De son preux chevalier arthurien, qui accueille son monde et sa culture sans sourciller. Elle se penche sur lui, l'enlace malgré son verre, dépose un baiser sur sa joue. Tu ne l'a jamais quitté. Elle mord un sourire qui menace d'étirer ses lèvres, avec l'envie menaçante de mordre ses lèvres à lui. Mais te prend pas encore pour l'héritier de Camelot, c'est pas tout à fait ça. Elle grimaça, effrayée par un possible Arthur à l'accent américain. Sacrilège.
Mais je t'autorise à me faire subir une épreuve américaine de ton cru, maintenant. Quelque chose de doux de préférence, osait-elle s'imaginer. Pas un western devant lequel elle s'endormira, ou elle le supplierait d'arrêter la torture. Tu ferais quoi, si on était à New-York, là ?

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MessageSujet: Re: catch up ! (hugo)   Lun 23 Avr - 16:36

J'étouffe le coup qu'elle me porte aux côtes d'un rire amusé. J'ai bien envie de lui faire remarquer que de nous deux, c'est certainement moi qui suis le plus à même à juger de la qualité du film puisque j'ai l'objectivité de l'adulte ne l'ayant jusque-là jamais vu. Elle a le regard totalement biaisé, techniquement son avis ne devrait même pas compter. En théorie. Parce qu'en pratique, si elle me dit que le film est bien, je la crois, même sans prendre la peine de le regarder pour me faire ma propre opinion. Je sais pas, j'ai confiance en le jugement de Jazz. J'ai confiance en sa réflexion, en son objectivité. C'est un truc qui doit arriver souvent entre amis, je suppose. Je n'ai pas tellement d'expérience valide ou authentique en la matière. En la suivant du regard jusqu'à ce qu'elle disparaisse dans mon dos, je m'amuse à la charrier. Gentiment. C'est le sarcasme pragmatique et pince-sans-rire typiquement anglais qu'elle voulait me faire découvrir, pas vrai ? En partie, du moins. Et bien je peux faire ça. Je souris, néanmoins, lorsqu'elle revient s'échouer à côté de moi, pour me gratifier d'une réponse plutôt sérieuse et d'un baiser sur la joue. Elle a ses élans de douceur, Jazz. Qui pourraient paraître incongrus pour une jeune femme forte et indépendante comme elle, mais qui, en réalité, ne font que rajouter à tout cela. - Tu sais que mon deuxième prénom, c'est Arturo ? je plaisante doucement. C'est faux, j'ai tout un tas de prénoms, mais pas celui-là. Je sais d'avance ce que ma mère aurait rétorqué à mon père s'il avait eu le malheur de le lui proposer : pas assez moderne et classe en même temps. Aucun esthétisme. C'est qui d'abord, Arturo, ton vieil oncle agriculteur ? Il lui a donc laissé le monopole des prénoms inutiles et présents seulement pour les hommages vieillots aux parents et amis qu'on n'a pas pu choisir comme parrain ou marraine. - Intéressant, j'y réfléchirai pour la prochaine fois. roulement de sourcils, sourire énigmatique. Laisser planer le mystère. Je me laisse jusque-là pour me décider, histoire de décortiquer totalement le potentiel du pouvoir qu'elle me confère en m'autorisant à lui faire découvrir ma culture, à mon tour. Je pourrais la jouer subtil et lui proposer quelque chose d'italien, puisque techniquement, je suis un fils d'immigré. Voire de français, même si ça devient déjà un peu plus obscur. Ce sont deux pays qui ont tracé de manière indélébile mon histoire et peut-être même mon individualité, mais au même titre que je suis bien incapable de déceler leur impact sur moi, je ne me sens pas légitime que pour les présenter comme étant ma culture à Jazz. D'autant plus qu'elle est européenne - moi pas. Elle s'y connait probablement bien plus que moi. Non, la vérité, c'est que j'ai été majoritairement bercé par l'Amérique, par les États-Unis, malgré les relents d'éducation ritales et frouzes durant l'enfance. Je n'ai, par ma généalogie, que l'attrait du multiculturel qui fait bon genre dans le monde de l'industrie. Enfin, qui faisait bon genre, j'imagine, parce que Trump, parce que racisme, parce que toutes ces conneries qui font que je ne suis pas mécontent de quitter le pays pour un moment. Finalement, je redeviens silencieux, tandis que je songe à ma vie à New York. Très sincèrement, je ne serais jamais allé vivre là-bas s'il n'y avait pas eu Grace. J'aurais réalisé ma formation pratique à Los Angeles ou tout simplement à Boston. Près de la faculté. - Je serais probablement en train de bosser ou de voir des amis, rien d'incroyable. je réponds donc machinalement, avant de hausser les épaules. Mais c'est une réponse facile : où que je sois, à cet instant, j'aurais probablement été en train de bosser. Et, en ce qui me concerne, voir des amis, c'est comme travailler. - Tu veux que je t'avoue un truc ? Je n'ai jamais particulièrement aimé New York. J'y ai déménagé simplement parce que c'est là que vit ma fiancée. Et à l'époque, ça a suffit pour pourrir l'opinion que j'avais de la ville toute entière. Elle était synonyme de prison, d'enfermement, de mensonge. De tout ce que je cherchais à fuir et de tout ce que je détestais. Alors forcément, elle ne partait pas avec beaucoup d'avantages. Le seul attrait que cette ville avait, c'était Simone. C'est ce qui a rendu un peu de beauté et de magie aux rues bondées, froides, harassantes. - Tu y es déjà allée ? Je pourrais te faire visiter, un de ces jours. je propose alors spontanément, pivotant dans sa direction une posture ouverte et un sourire chaleureux. J'ai le sentiment qu'elle pourrait aimer New York.


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MessageSujet: Re: catch up ! (hugo)   Mer 25 Avr - 19:31

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Hugo, il sent bon. Il sent bon l'argent et les embruns d'un autre continent. Le porte-feuille en cuir et cette vague effluve de sexe – d'autres auraient parlé de musc ou de confidence, non, Hugo puait le sexe, et c'était loin de lui déplaire. Mais Arturo, c'était le tue-l'amour. Sa tête affichait le dégoût, ses traits pincés. Pas d'Arthur à l'accent américain, pas d'Arturito roi de Camelot non plus. Rien du tout. Quel gâchis.
Elle lui propose plutôt de lui rendre la pareille, une prochaine fois. De l'initier à quelque chose de complètement américain, pour changer. Mais il reste bien trop énigmatique – et il aime ça, elle peut le lire sur son visage – et elle, est avide d'un avant-goût, de quoi patienter jusqu'à la prochaine fois. Alors elle creuse, tente le diable, essaie de le faire réfléchir, de le faire parler. Si elle était à New-York, elle serait sans doute en train de faire les boutiques de SoHo ou un jogging autour de Central Park, et si elle y était avec Hugo … elle pouvait se permettre de rêver un peu plus. Elle serait heureuse, et ça, c'était une certitude.

En train de bosser ou de voir des amis. Hugo, maestro, briseur de rêves professionnel. C'est clair ... qu'elle se permet de confirmer. Rien d'incroyable à tout cela, elle pouvait faire exactement la même chose ici, à Brighton. Pas besoin de traverser l'océan pour ça. Elle se relève de sa position, gardant une main sur l'épaule d'Hugo, amenant l'autre, portant son verre, à ses lèvres. Il continue, demande si elle veut un secret et elle n'a même pas le temps de dire oui, évidemment qu'il enchaîne.
Et, peut-être,
juste peut-être,
aurait-elle voulu ne pas savoir.
Elle se figea à la fin de la deuxième phrase. C'est là  que vit ma fiancée. Elle se dit que non, elle a mal entendu. Mais il ne se reprend pas. Et puis, c'est vit au présent. Au présent, pas au passé. Pas genre, tiens, j'ai cassé avec elle ou tiens, elle est plus de notre monde. Mais genre, tiens, je l'ai trompée avec toi.
Stoïque, elle pense que tout cela n'est qu'une blague quand il lui propose d'y aller, de lui faire visiter. Oh, elle aurait sauté de joie à cette idée, deux minutes plus tôt. Et me présenter à ta … fiancée ? Elle n'en revient pas. Elle a l'impression que son âme et son corps se sont dissociés, qu'elle est passée en mode automatique,, qu'elle est dans une réalité alternative, biscornue. C'est quoi, cette histoire, Hugo ? Vous avez rompu ou tu l'as juste trompée ? Elle se raccroche aux branches, comme elle peut. Mais elle sait, au fond. Que ce n'était pas une simple façon de parler, que les mots n'étaient pas juste, mal choisis. Que ce n'était pas une boutade d'Hugo, même si elle voulait, oh, comme elle voulait y croire, à cette blague.
Mais non, Hugo il est trop bon pour ça, il est trop con aussi. Forcément qu'il y en avait une autre.
Forcément, c'est le type parfait.

Sa main ne repose plus sur son épaule - il lui fait face, à présent. Il lui fait face et cette distance entre eux est désormais insupportable. Et ce verre, dans sa main, elle se sent stupide. Elle ne sait pas quoi faire de sa peau, de son corps. Comment réagir.

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