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 nothing can keep us apart.

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MessageSujet: nothing can keep us apart.   Dim 18 Mar - 14:43

@mats klein

Dangereusement penchée depuis la fenêtre, elle l'entend s'agiter derrière elle. Ils sont plus ou moins attendus, le hasard a fait qu'une de leurs seules amies en commun fête sa nouvelle vieillesse ce soir. « On est en retard » Elle constate simplement avec un simple regard sur son poignet. De plus d'une heure. Elle est très perspicace quand elle s'y met. Ninel espère que cette phase aux intonations nonchalantes suffira à le presser un peu. Elle range son briquet dans la poche arrière de son jean avant d'arrêter de courant d'air. Quelques minutes plus tard, la porte de l'appartement claque. Elle esquisse un sourire en l'obligeant à monter côté passager sous prétexte qu'il faut bien qu'elle s'entraine encore un peu, son permis est en poche depuis seulement un petit mois.« Mets bien ta ceinture par contre » elle insiste d'un ton léger en haussant les épaules. Elle baisse les vitres malgré la fraicheur du soir, histoire d'éviter à Mats d'avoir trop la nausée par sa conduite encore peu confiante. Le trajet n'est pas très long. Elle a par contre mis presque plus de temps à trouver une place et surtout à se garer sous l'oeil attentif de Mats. Ça l'a -presque- stressé. Ils se séparent au palier puisqu'ils sont accaparés par leurs potes respectifs qui les débarrassent de leurs manteaux, les présentent vite fait -très vite fait-, commencent à vouloir les faire boire à l'extrême afin de combler leur retard. La routine habituelle d'une soirée quoi. Ninel se fait bousculer, un verre à la main, par des potes rendues trop affectueuses par l'ivresse pourtant c'est elle qui esquisse un sourire désolé par automatisme, le dos rond. Sa joue accueille les lèvres de ses amies qui ne cessent de répéter qu'elles sont super contentes de la voir alors elle se laisse faire. Elle échange quelques phrases mais la concentration de ses potes frôlent le niveau de la mer ce soir, et c'est normal. Ses prunelles cherchent un endroit pour se replier un moment et profiter d'une tranquillité éphémère. Elle capte Mats pas loin et aussi solo qu'elle. Ninel s'approche et ses phalanges s'agrippent à son avant-bras pour attirer son attention.  « Je mets une note globale de 6 pour l'instant » elle esquisse de sa voix rauque avant de croiser ses opales. « Ils sont déjà tous ailleurs » elle justifie dans une tournure politiquement correcte. Ils sont surtout tous à leur quatrième verre alors qu'eux un peu en décalage avec les autres.
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Dim 18 Mar - 20:29

il est encore en train de fumer quelques taffes sur son joint quand ninel se prépare, s'agite, occupe la salle de bain, lui annonce qu'ils devraient partir dans une quinzaine de minutes. il a la fâcheuse habitude d'être mauvais niveau timing, mats, quand il prend la peine de décrocher dix minutes de son monde de tourbillons. il a tendance à se reposer sur le fait que les autres attendent, au même titre que lui a attendu, beaucoup trop souvent. ils vont à une soirée, tout le monde est en retard en soirée, il suffit juste de pas rater les bougies. alors quand elle précise la réalité, il se contente de lever un pouce en finissant de boutonner sa chemise. il enfile un sweat, arrange le col, s'ébouriffe les cheveux et retrousse son jean noir avant de lui indiquer que ce coup-ci ils peuvent bouger. le doc enfile sa poudre dans sa poche et ses clopes dans l'autre, il a pas vraiment prévu d'être responsable ce soir. ça tombe bien qu'elle veuille conduire, ninel, parce que la dernière fois qu'il a fumé et pris la route il s'est fait arrêter par les flics, sur une petite route de campagne de merde. en bon parisien il a maudit ces connards, maintenant il anticipe, il se laisse plus piéger comme un môme. tu comptes pas boire? ils sont pas très loin à vrai dire, au pire ils rentreront à pieds. mats prend le contrôle de la radio quelques secondes, le temps de mettre un petit son envoûtant, pour terminer sur sa lancée de détente, avant l'arrivée dans le chaos des teufs anglaises. quand ils sortent de la caisse il attrape ninel par l'épaule, passe son bras autour, même s'il sait que parfois ça la dérange. il se sent bien et c'est l'essentiel. quand ils arrivent en haut ils se défusionnent, les deux colocs, pris dans les méandres des salut et du joyeux anniversaire. mats attrape une bière qu'il entame assez vite, claque la bise à ses potes et se cale dans la cuisine pour fumer une clope avec la maîtresse de maison. il l'a connue à londres, quand il y a fait son lycée. ça date et c'est quand même cool de voir qu'ils savent encore se retrouver. lui il est plus planqué que d'autres, il reste dans son confort de fenêtre ouverte, pas loin des bières. d'autres fumeurs arrivent et ils attaquent un autre joint, qu'ils échangent entre deux gorgées. puis une musique qu'il ne connaît visiblement pas emballe les foules, et il se retrouve un instant seul. il regarde son téléphone avant de regarder dehors, souffler un coup et sentir une main sur son bras. et encore 6 c'est parce qu'on est là il sourit, garçon taquin. je peux te transporter ailleurs, si tu veux il lève sa main, la fin du joint entre ses doigts. la vérité c'est que demain ils auront tous une gueule de bois monstrueuse et nous on se fera un bon petit brunch digne d'un dimanche sous les tropiques il hausse la tête, annonce une pseudo-vérité qu'il n'est pas certain de tenir. mais l'idée lui plait bien là, avec l'euphorie qui lui châtouille les lèvres.
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Dim 18 Mar - 23:57

Elle se déconcentre facilement. L'attention volage. Son minois pivote vers lui en occultant sa marche arrière un peu complexe pour son level de débutante. « Tout dépendra de l'ambiance et de la compagnie » Ninel répond avec franchise en haussant les épaules avant de s'extirper du véhicule dans une certaine maladresse. C'est le mood général qui influence sur son envie d'alcool. Elle passe du coup un bras dans son dos quand il l'attrape par les épaules, une bouteille de vin dans l'autre main, une prise presque assurée. Ils se déploient dans deux directions différentes pour couvrir le plus de terrain possible et saluer la plupart des invités. La danseuse ne tarde cependant pas à revenir vers lui, le considérant inconsciemment comme son binôme ce soir. « Si je nous prends en compte, je monte jusqu'à huit alors » elle corrige. Elle le contemple un instant. « Je n'ai jamais essayé » elle glisse avant que ses prunelles aux couleurs démentes croisent les siennes. Ninel affiche un léger sourire sans savoir si ça pourrait lui plaire. Elle vacille entre maniaque contrôle ou une bonne vrille complète, elle n'est pas sûre qu'un espèce de niveau intermédiaire, tiède, puisse lui correspondre. La poupée préfère le lui laisser. Une nouvelle gorgée d'un mélange trop dosé plus tard : « Toi aussi, tu vas finir éclaté » elle prédit en le regardant de bas en haut. Ils viennent d'arriver. Mats est bien le plus « « fêtards » » des deux. « Mais tu en as besoin ? » sa voix oscille entre affirmation et interrogation sans forcément se décider parce qu'elle ne le connaît pas assez, au fond. C'est toujours difficile de mettre un mot sur les émotions ou les sensations qui le traversent. L'enfant se contente d'essayer de deviner quand elle arrive à le capter un peu durablement entre deux courants d'air. Ninel fronce les sourcils avant de lui tendre son verre en se rendant compte qu'il n'a plus rien dans les mains. C'est pour commencer. Elle a décrété qu'il en avait besoin. « D'ailleurs je ne sais pas si tu as vu, j'ai ramené du vin français » Elle articule en espérant prendre l'accent avant de chercher un ouvre bouteille. Du blanc finalement. Ninel a mis une demi-heure à la choisir aidée de sa mère au téléphone et d'un vendeur agacé par son indécision naturelle, elle l'a payé trop cher pour qu'elle soit bu comme soft entre deux shots de vodka. C'est maintenant une toute autre épreuve qui l'attend.
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Jeu 22 Mar - 13:53

il baisse la main, mats, il veut pas forcer ninel, elle lui paraît pas convaincue. y'a des gens comme ça qui arrivent à être parfaitement droits dans leurs choix, puis y'a lui, lui il a la sensation de devoir toujours frôler un peu trop avec les limites. c'est pas tant pour se sentir intéressant, peut-être que ça l'était à l'adolescence, mais c'est surtout pour éveiller cet espèce de battement cardiaque particulier. celui qui entremêle angoisse et excitation. parce que parfois il se dit qu'il a un peu trop donné (et qu'il continue de trop donner) à ce bout de vie, et c'est la seule manière qu'il a trouvé pour se rebeller. y'a ça, et puis y'a une sorte d'addiction, un pacte tacite qu'il a signé avec les pilules et qu'il aimerait parfois déchirer. t'étais hyper contrôlée non? quand tu dansais enfin, à vrai dire il y connaît rien mais il assimile la danse de haut niveau au sport de haut niveau. et il associe le sport au contrôle, surtout en russie, surtout après les nombreux scandales. mais peut-être pas, au fond, il a jamais trop vu de grands titres et accusations contre une étoile de l'opéra bastille. c'est peut-être de fausses idées. mais c'est vrai qu'il voit mal ninel, dans toute sa délicatesse, se fumer un joint en sortant de représentation. il tire une taffe avant de sourire et hausser les épaules. ça me détend le soir, ça l'aide à dormir, là c'est convivial il écrase la fin du mégot dans le cendrier avant de profiter de l'élan de chaleur qui lui brûle les yeux. je suis pas aussi réglo que toi même s'il doute pas qu'il reste un bon médecin, au fond, les excitants le matin c'est bien pour lui permettre de se dépasser, d'être une espèce de meilleure version de lui-même. il étudie plus, il a pas l'impression de tromper le système. là c'est la vraie vie, et on attend de lui qu'il soit toujours alerte et toujours dispo, alors il s'en donne les moyens. tu m'abandonnes pas ici par contre hein il déteste se retrouver à pioncer sur le canap en fin de soirée, autant rentrer à pieds dans ce cas. il plonge ses lèvres bien trop vite dans le verre qu'elle lui tend. il a cette soif d'aller vite, pas vraiment dans la demi-mesure. j'ai vu, je suis honoré il capte son regard, mats, il sourit encore plus. ils ont jamais trop trinqué ensemble. parfois (rarement), à l'appart, pour un apéro improvisé. mais dans ce cas c'était souvent les potes de l'un ou de l'autre, qui rinçaient, et ça s'est jamais vraiment éternisé. ils ont pas passé tant de soirées que ça ensemble, ninel et lui. c'est apaisant de se retrouver comme ça, ici. la vodka russe tu la gardes pour chez nous? il hausse un sourcil en dardant son sourire. il a toujours bu de la mauvaise vodka mats, du style retourne boyaux, alors il est pas contre une petite dégustation privée.
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Jeu 22 Mar - 23:19

Sa question raisonne dans les airs. Elle avale une gorgée du liquide qui laisse une traînée de feu dans sa gorge, elle plisse les yeux face au phénomène. « Pas vraiment » Elle déclare. « Les gens ferment facilement les yeux même quand la souffrance s'agite sous leur nez » Elle continue parce que des filles qui prenaient de quoi tenir, qui se faisaient vomir parce qu'on leur disait qu'elles étaient trop lourdes, elle en connaît tellement. On n'a pas envie de voir cette réalité dans un ballet, encore moins ceux qui s'occupent des danseuses parce que c'est aussi se remettre en question indirectement. La discipline du classique et son monde fermé poussent à des extrêmes. C'est aussi pour cela que le temps de gloire est globalement très court. « J'avais des amies qui prenaient n'importe quoi pour que leurs carrières décollent » Elle se souvient difficilement. Pas besoin de contrôle pour mal finir dans tous les cas et gangrener sa réputation. C'est convivial ? La poupée esquisse un sourire tout en affichant ensuite une mine un peu septique. « C'est sûr que ça t'aide à lier » elle déclare avec ironie en les désignant tous les deux un peu isolés dans la cuisine qu'ils squattent depuis quelques minutes. « Tu as agrandi ton répertoire depuis qu'on est ici » elle se moque en sifflant faussement admirative parce qu'ils se retrouvent à deux alors qu'ils vivent déjà ensemble. De toute façon pour elle, Mats, c'est son choix un bis après l'hôte qui est bien trop accaparée ce soir. Elle lui offre une attention accrue et se contente d'hocher positivement de la tête. Ils rentreront à pieds. Elle le sent. « J'essayerai de te traîner jusqu'à la maison alors, t'inquiète » elle répond en haussant les épaules. Elle le comprend, elle préfère aussi dormir dans son propre lit plutôt que squatter sur place et composer avec les odeurs d'alcool et de cigarettes. « J'assure tes arrières » esquisse la demoiselle d'une voix légère en lui servant un verre de « bon » -elle espère- de vin français. Son verre teinte contre le sien et elle avale une gorgée. Aucune grimace, c'est bon signe. « Je n'y connais rien » elle le prévient en se marrant. « Je demanderai à ce qu'on nous en ramène si tu veux » Ninel propose tranquillement, arrangeante. Son père revient régulièrement de Russie pour la voir parce que c'est dur de se retrouver brutalement tout seul depuis que l'enfant s'est envolé. « Tu t'essayais à la Poliakov quand tu avais dix-huit ans ? » Elle lui demande en croisant son regard. Elle a du mal à l'imaginer sorti de l'adolescence. Elle a du mal à l'imaginer tout court, passé et présent. « Tu étais commun d'ailleurs quand tu étais encore un jeune adulte ? » elle s'amuse.

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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Jeu 22 Mar - 23:58

c'est pour ça que t'as arrêté? il enchaîne sans trop réfléchir, il est comme ça mats, ça s'installe hyper vite dans sa tête, les questions, surtout quand on lui offre une brèche. d'habitude c'est pas le genre à interroger, il préfère laisser les autres parler, parfois il rebondit, mais il s'impose pas vraiment la souffrance il précise quand même. c'est fort d'oser partir. quand t'es dans un moule, une voie, un truc déjà tout tracé. ninel, il a fait des recherches sur elle quand ils ont emménagé. déjà parce que mats il a cette nature un peu fouine, à vouloir décrypter qui sont ceux qui partagent son territoire (est-ce qu'elle aime de la bonne musique, est-ce qu'elle est du genre chill le dimanche matin?). et puis parce que c'est normal, non? d'assurer ses arrières. il aurait pas vraiment pensé un jour partager un appart à brighton avec une (ex?)-danseuse russe. c'est le genre de trucs qui arrivent aux autres, pas à un interne d'onco-hémato qui débarque tout juste parce qu'il a besoin de débrancher de paname. c'est un peu partout pareil. parfois on te le présente comme une option, parfois tu sens que c'est la seule issue il pense à ses potes qui ont fini à la city, où à lui qui se tape des rails tous les matins avant d'attaquer le taf. c'est juste difficile de déterminer quelle est la limite entre choix vraiment personnel ou la contrainte. est-ce que j'en suis capable? c'est vachement une question de confiance en soi. y'a des gars, c'est des brutes, ils encaissent sans jamais ciller. et puis y'a des gens comme lui, qui se résignent à penser qu'au final c'est leur seule possibilité, pour être au niveau. idée perverse qui s'installe dans un contexte compliqué. mais maintenant c'est foutu, comme la gangrène, c'est là et ça part pas. heureusement ninel elle rebondit sur autre chose, sur de la légèreté. et mats il saisit l'occasion pour jeter un coup d'oeil aux alentours, screener la soirée qu'ils sont en train de rater à force de faire les solitaires. il sourit je reste qu'avec des huit moi tu sais il rebondit sur ses mots de tout à l'heure, d'un sourire partagé et puis moi je sais pas danser c'est ironique de dire ça à une danseuse qui doit faire face aux désastres pas vraiment uniformes de leurs potes bourrés, mais ça a une part de vérité. il faut soit qu'il soit très bourré, lui aussi, soit vraiment dans la position de merde où il veut impressionner quelqu'un et qu'il a pas d'autre choix que de se mêler au groupe, au risque de passer pour un putain d'asocial. là ils sont deux à boycotter david guetta, et c'est très bien. il allume une clope en recroisant ses yeux. et moi les tiennes c'est un peu son rôle de coloc, ça fait partie du game enfin sauf si tu veux pas on sait jamais qu'elle ait les eyes on quelqu'un à la teuf, il veut pas briser un truc. même si pour l'instant les seuls eyes qu'elle a sur quelqu'un, c'est sur lui, et c'est pas si mal. ils trinquent, il savoure, de toute façon il est déjà assez biaisé par les bières et la weed, mais ça lui semble bon. ça pourrait être cool oui il tire une taffe et du caviar aussi ses lèvres dessinent un sourire avant de se déchirer en grimace, résolu, quand elle parle de mauvaise vodka, parce que c'est bien le souvenir amer qu'il se trimballe au fond de la gorge. à dix-huit ans? oula... je finissais mon lycée à londres, je me sentais assez cool parce que je partais faire médecine à paris... (il pense) mais au fond je me trimbalais pas mal de névroses. j'étais un peu pareil, sans barbe et avec moins de cernes (il passe ses doigts sous ses yeux) j'ai plutôt passé mon adolescence dans les bouquins qu'avec des potes. mais bon, j'ai quand même eu une petite vie de fêtard avant la fac. premières cuites, premières emmerdes premiers tout, premiers regrets, parfois. et toi? t'étais déjà lancée tête baissée dans la danse? une vie de sacrifices, ça. il a vu un reportage, mats, sur les sélections faites dès le plus jeune âge chez les danseuses classiques. c'est pas grand chose, c'est qu'un reportage arté, mais ça lui donne quand même l'impression de pouvoir voir un peu, un tout petit peu de ninel derrière ces images.
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Sam 24 Mar - 23:02

Ses opales bleutées croisent celles de Mats. « Absolument pas » elle lui répond en souriant parce que c'est le genre de question qu'on lui a posé au cours son suivi psychologique post gloire/paillettes imposé par ses parents qui s'interrogeaient sur sa capacité à tenir sans la discipline et la pression du ballet. Ninel savait déjà  que ses ambitions étaient trop grandes face à son manque de souplesse enfant. La souffrance a été souvent associé au mot progrès durant son adolescence. Elle aimait presque cela, ce rappel de la difficulté de la voie choisie, y avait son ego qui était un peu flatté au fond et y avait son cerveau curieux de connaître ses limites. « C'est juste devenu un peu trop un métier, et plus trop une passion » Ninel lui explique. Elle imagine que c'est pareil pour tout le monde mais elle a préféré y mettre un terme avant d'haïr complètement la composant essentielle de sa vie. « C'était le moment où je me demandais si je continuais parce que j'aimais cela  ou simplement pour ma petite routine sécurisante » elle continue de sa voix rauque. Et ça la rendait lasse de savoir qu'elle préférait son confort, rester dans ce qu'elle sait faire de mieux sans tenter ailleurs. Une question d'ego peut être encore. Elle a mûri longtemps ce léger burn-out pendant une année avant de décider de le transformer en challenge pour rebondir plutôt que de sombrer dans l'inertie. Ninel l'écoute avec une certaine attention, en hochant la tête une fois. « Dans tous les cas, rien n'est irrémédiable » Ninel se contente de laisser échapper. C'est l'essentiel. Parce qu'elle le pense sincèrement, c'est peut être enfantin dit comme cela, mais elle le pense. D'ailleurs elle s'en moque de donner l'impression d'avoir la maturité d'une enfant de dix ans là. « Que ce soit un choix ou si la personne est tombée dedans parce qu'elle a cru qu'il ne lui restait que cela » elle glisse en croisant ses prunelles. « En tout cas, j'ai envie d'y croire  » elle ajoute parce qu'elle est sûre qu'une prise de conscience peut être salvatrice. « Je suis un peu idéaliste » elle concède parce que c'est peut être ça. Idéaliste et naïve, mais ça lui va, elle ne s'en plaint pas. Du coup elle finit par lui dire qu'il pourrait aller causer à moins idéaliste qu'elle. Sa réponse lui arrache un léger rictus avant qu'elle ne lui promette de s'occuper de lui. Elle met quelques secondes avant de capter le sous-entendu de sa deuxième remarque et cela doit se voir sur son minois qui s'éclaire face à une lente compréhension qui défroisse ses sourcils par la même occasion. « Non non, c'est bon » la poupée esquisse tout naturellement en haussant les épaules. Vodka et caviar. La russe siffle. « Tu as des goûts de luxe » Elle constate simplement avant qu'il lui assure qu'il a déjà survécu à quelques cuites. « Et tu lisais quoi ? » elle l'interroge. « Ça ne te manque pas trop Paris ? »  elle ajoute dans la foulée. Y a des points du discours sur lesquels elle se garde de rebondir, ou en tout cas pas tout de suite, il est surement "trop" sobre là.« C'est exactement cela » répond Ninel. « C'est très prévisible et cliché » la vie d'une ballerine en général. Malgré des caractères différents, elles ont tous un parcours presque similaire, comme une route obligatoire à suivre. Elle ne le regrette pas non plus. « Je vis la fin de mon adolescence maintenant, je crois » elle se moque en désignant leur groupe de potes enivrés.

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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Dim 25 Mar - 12:40

tu penses que les deux sont inconciliables? métier et passion il a sa petite opinion, mats, qui se reflète dans les mots de ninel. lui il s'est jamais imaginé vivre d'un art, de son art, de sa propre puissance, de son âme entière. c'est pas comme les sportifs, c'est pas comme les comédiens, les danseurs, les musiciens. eux ils se battent pour s'exprimer par ce qu'ils sont. c'est un autre combat. un combat contre la compétition, contre l'exigence des autres, des critiques ou des regards. un combat contre l'exigence qu'on a envers soi-même (la pire des exigences). mais c'est pas cet espèce de devoir qu'il ressent lui envers la société, parce que la société lui a permis d'étudier et que dans le cercle normal des choses maintenant il doit lui redonner ce qu'il est. il n'est qu'un espèce de pantin, quand eux, les personnes comme ninel, il les voit comme des âmes libres. alors ça doit pas être évident, d'accepter qu'un jour cette passion puisse être dictée par les normes de quelqu'un d'autre. les normes de celui qui te file ton cash à la fin du mois. et alors, tu commences à avoir des réponses ici? mats il s'enfonce dans ses pensées. il se demande s'il aime sa routine, lui, il se demande à quelle partie de personnes il appartient. ceux qui veulent une petite vie bien définie, ou ceux qui préfèrent tout claquer pour assouvir une soif d'aventure. il aimerait bien être dans la deuxième case, mais il s'en sent pas forcément capable. et il y croit pas vraiment aux mots de ninel. lui il pense que c'est irrémédiable, que plein de choses sont irrémédiables, qu'elles appartiennent à la nature même de ce qu'on est. il pense qu'il arrivera jamais vraiment à quitter son métier, parce qu'il s'y sent utile, parce qu'il à l'impression de pourrir quand il fait rien de concret, pour les autres. et il sait aussi que c'est ce métier qui construit les premières barres de sa prison. mais il est prêt à l'accepter, d'une certaine manière. c'est irrémédiable. irrémédiable comme l'addiction. il a pas trop de mal à parler de drogues, d'habitude, mais ce coup-ci avec tout l'entremêlement de pensées qui lui brusquent l'esprit, il a du mal à tenir le regard de ninel. il arrive pas à saisir à quel point ses mots lui sont dirigés. il finit par sourire, il a pas envie de s'imposer comme pessimisme face à son idéalisme. elle est pleine de volonté ninel, pleine de rêves, pleine de force pour construire sa vie. il a pas le droit de se planter là comme mur noir face à ses belles idées. c'est peut-être ta manière à toi de changer le monde il en faut, des idéalistes, pour faire espérer les gens comme lui. il reprend du vin, pour occuper ses mains qui ont besoin de s'agiter. pas mal de trucs, mais surtout des histoires de vie, ou de guerre. des trucs vrais. et des bd, j'ai toujours adoré la bd il sourit j'en ai toute une collection dans ma chambre, je t'en prêterai si tu veux améliorer ton français il remplit son verre à elle aussi ça va, tu sais, paris c'est sombre. mes potes me manquent, mais la ville en elle-même pas forcément il en garde surtout des putain de fantômes et j'aime bien vivre à la mer comme à nice, comme à nantes (presque, pas loin de l'océan). et tu regrettes pas? d'avoir donné toutes ces années? pour se retrouver ici, à cet âge, à rêver du temps à rattraper. à la fin de ton adolescence en tout cas il trinque à nouveau avant de passer son bras autour de son épaule et de la serrer un instant contre lui. il est assez tactile, mats, ça fait partie de la chaleur humaine qu'il emmagasine tous les jours au boulot et qu'il a besoin de redistribuer. un peu comme s'il pouvait pas encaisser qu'on lui soit redevable de quelque chose. c'est quoi tes rêves cachés d'adolescente alors? c'est le moment de les réaliser, il pense, en avalant une nouvelle gorgée avant de capter son regard.
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Lun 26 Mar - 0:05

« Y a un côté qui finit toujours par prendre le pas sur l'autre » Elle répond sans vraiment répondre parce qu'elle n'a jamais été capable de faire un choix tranché et assumé alors qu'elle y voit dix milles nuances. « Tu ne penses pas ? » elle lui retourne la question en posant ses grandes opales sur lui. Elle termine en douceur son verre avant de s'en resservir un fond cette fois. Ninel ne se souvient pas pourquoi ils ont dérivé vers ce genre de conversation. La non-réaction de Mats face à ses mots aux allures d'espoirs veut tout dire concernant son avis sur la question. Ses prunelles azurées se contentent de le dévisager un instant, scrutant son visage comme à la recherche d'un indice. Elle apprécie néanmoins son silence parce que cela ne fait que quelques mois qu'elle est sortie du trou dans lequel elle s'était volontairement enterrée. « Et ta manière à toi, c'est laquelle ? » elle lui demande en souriant. « Parce que tu as envie de changer le monde, un peu » elle déclare sereinement, parce qu'avec un métier pareil, il est impensable d'adhérer à l'hypothèse inverse. « Le pragmatisme ? » sa question s'élève dans les airs. Ninel l'écoute avec une concentration presque religieuse, esquisse un sourire, puis ses traits se détendent. « Je t'imaginais plus grand prix du roman de l'académie française » elle commente dans un sourire avant de rebondir sur la suite. « On va commencer par l'anglais déjà » elle s'amuse parce qu'elle a son accent de l'Est qui refait souvent surface, au moment où elle s'y attend le moins. « Paris est sombre ? » elle répète en fronçant les sourcils face à la perplexité que fait naître ses mots dans son esprit. « Et tu es venu ici à cause de quoi ? A part la mer » Ninel l'interroge puisque la plupart des potes sont à Paris. Et elle imagine que les hôpitaux ne manquent pas non plus là-bas. C'est difficile de se dire qu'il est normal de se poser à Brighton, la ville n'a pas un rayonnement international contrairement aux capitales. Elle parlait de la fin de son adolescence en plaisantant. « Non » Ninel répond catégorique pour une fois tout en trinquant avec lui. « J'ai atteint ce que je visais même si c'était court, ça valait le coup » Elle glisse, concise. Y a ce genre de vérité, de sentiments qu'elle n'a jamais remis en cause malgré tout ce qui s'est passé. Mats lui parle de ses rêves d'adolescente. C'était simple : être la meilleure, être une des plus jeunes recrues d'un ballet. Cliché ? Mais tellement vrai sur le moment. Elle était obsessionnelle à l'époque. Et c'est chose faite. C'est peut-être pour cela qu'elle ne nourrit aucun regret concernant son ancien mode de vie. La poupée s'accorde quelques secondes de réflexion, le temps qu'il faut à Mats pour l'attirer contre lui. Immobile, elle se laisse faire en esquissant un rictus. « Vivre sans culpabilité, ne plus compter mon temps » elle lui dit en passant un bras dans son dos pour compléter l'étreinte jusque là inégale.« C'étaient mes rêves de l'année dernière »  Elle précise tout de même. « Passer une journée à bouquiner, sortir le soir jusqu'au matin, plusieurs jours de suite même, sans me dire que j'ai gâché ma journée » elle sourit. « Tu as toujours voulu bosser en médecine ? » elle l'interroge.

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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Lun 26 Mar - 23:28

j'imagine que j'ai une vision de la passion comme d'un truc assez solitaire. un truc qu'on fait pour soi, donc j'ai du mal à l'associer à un métier, qui peut être dicté par quelqu'un d'autre il souffle en attrapant une clope. c'est sans doute erronné, biaisé, utopique, mais lui il a ces idées assez concrètes qui se dessinent dans le fond de sa caboche, sur le bout de sa langue. et c'est des trucs auxquels il a jamais vraiment réfléchi, parce qu'on l'a jamais mis face à ces questions, mais maintenant qu'elles se présentent il parle avant de réfléchir. et parfois ça fait écho, quelques secondes après avoir prononcé les mots. je me dis que derrière la passion il doit y avoir une sorte d'assouvissement, de dépassement, de créativité il allume d'une flamme sa cigarette avant de hausser les épaules en souriant mais c'est qu'une idée, j'ai jamais été dans ta situation il préfère appuyer la discussion sur ça, plutôt que sur le reste. lui, il pourrait facilement dire que ce qui lui fait du bien et le rend libre, parfois, c'est cette petite pilule avalée dans un contexte de laisser aller. mais c'est bien loin des rêves qu'il avait quand il était ado, et c'est bien loin de l'image onirique d'une extase par la douleur de l'effort, comme a pu le ressentir ninel. tu penses que je suis pragmatique? c'est pas forcément le premier adjectif qu'il aurait dit, mats. mais en même temps il a pas trop d'autres mots qui lui viennent à l'esprit. il a jamais trop su comment se définir je sais pas, j'imagine que c'est simplement... de savoir écouter. et dire ce qu'ils veulent entendre, dans la mesure du réalisme on l'a toujours remercié d'avoir su sourire au bon moment. d'avoir gardé un ton calme, d'avoir gardé les épaules droites. il est assez conscient de ses forces, en tant que médecin, il sait juste pas si ça suffit à changer le monde. moi je me contente d'être là, parce que c'est son taf, et parce que c'est là où il a envie d'être. il pourrait bien être dans un labo à chercher la dernière mutation sur laquelle faire une thérapie génique, mais c'est pas son truc à lui, c'est trop technique, c'est trop solitaire. il sera jamais un grand chercheur, mats, il changera pas le monde par sa science, mais il s'en fout pas mal. si le grand prix de l'académie française parle d'histoires de vie, oui il tire une longue taffe dont la fumée s'envole au plafond. il la suit du regard et ça lui donne une raison de penser à quoi répondre. il a jamais été très bon pour expliquer son départ. y'a la vraie raison, mais c'est pas forcément celle que les gens ont envie d'entendre en soirée. puis y'a les alibi, encore et encore, qui dessinent les contours vagues de son parcours chaotique. après les attentats je me suis jeté dans le taf, sans trop réfléchir, pour penser à autre chose. et ça a fini par devenir... difficile, à gérer. émotionnellement il se pince les lèvres en posant ses yeux sur son verre. j'ai fait mon lycée à londres, et j'ai quelques potes qui ont fini par venir bosser ici, donc j'ai pensé que ce serait une bonne occasion de changer un peu d'air c'est peut-être le truc le plus fou qu'il ait fait, depuis quelques années. une décision pas trop réfléchie, guidée par un espèce d'instinct de survie. à voir où ça le mènera, pour l'instant il a pas la sensation d'avoir vraiment évolué, mats. à l'angoisse de paris se substitue le stress de la nouveauté, d'un autre mode de travail et d'un environnement qu'il n'a jamais cotoyé. il se sent encore funambule, mais il a bon espoir que ça finisse par passer. ninel, elle a l'air plus assurée que lui dans ses décisions. c'est apaisant, de lui parler, il a la sensation que d'une manière ou d'une autre ça le motive. elle a cette façon d'annoncer les choses comme si tous ses choix avaient été évidents, écrits, tracés. comme si c'était qu'une part de destin à laquelle elle se pliait, et même, qu'elle accueillait en souriant. c'est peut-être pour ça aussi qu'il cherche son contact. il encourage sa liberté autant qu'il s'en impressionne. ça fait quoi ? de sortir d'une espèce de prison de passion ? ça fait pas peur ? apprendre à se redécouvrir autrement que par ce qui a guidé toute son enfance et adolescence. manger ce que tu veux il glisse en se marrant avant d'écraser sa clope dans le cendrier. oui, ça me suit depuis que je suis gamin. ça a toujours été assez clair. parfois je me dis que j'aurais plus me remettre en question, mais j'ai quand même de la chance d'être là où je suis, donc je réfléchis pas trop il saurait pas quoi faire, de toute façon. il s'est jamais imaginé autrement que mats médecin, mats en blouse blanche. si demain on lui demandait de tout quitter il paniquerait. y'a bien que ça de tracé, au fond, cette espèce d'image de lui dans trente ans toujours avec le même stétho aux épaules.

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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Jeu 29 Mar - 23:06

La danseuse lui offre une oreille attentive. « La passion peut être partagée » Elle lui glisse parce que c'est comme cela qu'elle voit la chose. Comme l'artiste qui expose, ou les représentations. C'est partager avec ceux qui veulent bien s'arrêter et prendre le temps. « J'ai toujours imaginé que ne penser qu'à soi finissait par te rendre névrosé, c'est transposable selon moi si tu gardes uniquement ce qui t'anime juste pour toi » Elle explique en levant les épaules. La danseuse se tourne un peu plus vers lui avec sa grâce naturelle. « Aucune idée » Ninel lui répond en redressant la tête. « Je ne te connais pas » elle souffle tranquillement en lui offrant un sourire brouillon. Ses opales croisent les siennes et elle soutient son regard. C'est juste un constat, ils partagent simplement un espace, même les discussions seulement à deux commencent à arriver, ce n'était pas le cas avant. L'enfant avale une nouvelle gorgée de vin qu'elle garde un tout petit peu en bouche. « C'est déjà pas mal, non ? » l'interroge la belle. Ecouter les autres. « Certains n'en sont pas capables » peut être trop enfermés dans une organisation gestionnaire, productive de leur vie sans prendre le temps pour ceux qui leur font face. Il lui raconte en quelques mots bien choisis sans trop entrer dans les détails, et ça lui convient très bien, à Ninel, qui pourrait être rapidement mal à l'aise d'avoir des mots futiles face à ce qu'elle devine entre les lignes. « Pourtant t'es toujours jeté dans ton taff comme tu dis, même ici »  Elle retient, septique, simplement parce que le rythme de vie de Mats est parfois indécent. Il a juste changé de ville, il est toujours dans la même spirale qu'avant. Enfin c'est ce que Ninel pense. C'est pas trop sa définition de changer d'air que de continuer à avoir exactement le même fonctionnement. Est-ce qu'elle a peur ? Oui, de ne pas arriver à combler sa vie comme avant, de se sentir seule aussi face à le vide laissé, de finir de constater qu'elle n'a aucun autre domaine de prédilection. « Un peu » Elle concède en hochant la tête. « Mais c'était un peu l'effet recherché » Ninel ajoute d'un ton doux. Se mettre en « danger », se remettre en question, les variantes sont tellement nombreuses. « Je me demande ce que je vais faire maintenant » La poupée russe lui répond. « Sans avoir non plus envie de me replonger dans un projet sur le long terme » elle précise parce qu'elle apprécie cette toute nouvelle liberté, sans contrainte et culpabilité. La génie russe a ses exigences, celle de ne plus être enchaînée déjà, pour commencer. Elle vivote ? Elle ne savait même pas que ce mot pouvait exister. Mats évoque la nourriture. « Le sujet est encore trop sensible pour plaisanter là-dessus » prévient la gosse avec paradoxalement un sourire son délicat minois. Parce qu'elle se traîne encore sa vigilance excessive -encore plus parce qu'elle pratique un peu moins de sport-, comme profondément ancrée dans son épiderme, à l'encre indélébile. Mats s'exprime. Elle allume une cigarette en même temps, tête baissée, concentrée sur ses mots. « Mais tu te sens bien ? » glisse la brune alors qu'elle pivote pour capter ses prunelles. « Dans ce que tu fais, là, maintenant, à l’hôpital ? » elle précise. La question est simple. « Tu es heureux dans ce que tu fais ? » c'est peut-être la question de l'idéaliste timbrée du coin mais elle sert de jauge. Si ce n'est : jamais, alors fuis ou remets-toi en question.


Dernière édition par Ninel Issaïev le Sam 31 Mar - 21:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Sam 31 Mar - 16:36

il l'imagine sur les parquets cirés des opéras, la pointe de pied tendue devant elle, le corps crispé dans ce genre d'harmonie qui impressionne, qui laisse muet un public d'initiés ou de novices, comme lui. lui il l'aurait regardée avec une admiration non feinte, il le sait. parce qu'il a toujours été impressionné par ces personnes qui arrivent à faire des choses incroyables de leurs corps. de leurs muscles. de leur tête. il sait que c'est là, au fond, que tout se contrôle. et ninel elle a raison, sa passion a elle devait être partagée. ça se voit, qu'elle est pas de ces danseuses qui se pervertissent dans le succès. ça se voit, parce que sinon elle ne serait pas ici aujourd'hui. et c'est peut-être ça, la beauté des gens. c'est peut-être des ninel, qui rendent plus beau le monde, en donnant beaucoup pour ouvrir les yeux à des gars comme lui. il en sait rien, mats, il est sans doute déjà un peu ivre, à force d'avaler ses verres trop vite. il sourit, hoche la tête, j'aimerais bien te voir danser il dit simplement. même banalement, même au milieu d'une foule. il aimerait juste voir ce que c'est, l'harmonie d'un corps qui a été entraîné à vivre de rythmes et de musique. à s'en imprégner pour le redistribuer, autrement. lui, quand il dit qu'il sait écouter il lance ça un peu en l'air. c'est une sensation, c'est peut-être utopique. c'est peut-être quelque chose qu'il aimerait savoir faire, vraiment. il a que l'intuition, d'être au moins pas trop mauvais dans son métier de médecin, mais c'est comme tout, il peut toujours faire mieux. le truc, c'est que quand faire mieux signifie faire plus pour aider les autres ça devient vite une course contre la montre. et c'est ça qui le rend un peu malsain, malsain pas dans le sens mauvais, mais dans le sens vraiment pas sain, vraiment pas bien. comme si des boulons étaient déraillés chez lui, et que ça tournait pas dans le sens logique des choses. il arrive pas à s'intégrer dans cette espèce de normalité, qui voudrait qu'un médecin doit réussir à maintenir une distance de sécurité avec ses patients. j'ai peur de rater quelque chose ça glisse entre deux gorgées, dans une sincérité absurde surtout que je suis nouveau, dans un nouveau pays, j'ai besoin d'être à la hauteur le truc, et ninel doit s'en douter, c'est qu'il veut pas être à la hauteur pour les autres. ça, il sait qu'il fait le job. il veut être à la hauteur dans ses propres critères, et ils sont putain de foutrement biaisés, ces critères. parce que c'est les critères d'un gars qui a décrété que dans sa vie il serait bon qu'à sauver les autres. qu'à sauver, à son sens, un peu de monde. leurs corps se refont face, après avoir partagé une fraction de symbiose. et lui, il pense que c'est le bon moment pour commencer à se rouler un autre joint, surtout quand quelqu'un qui passe par là le lui suggère. le quelqu'un redisparaît, mais mats il reste seul face à cette pensée. il capte les yeux de ninel, ninel qui met des mots sur ses incertitudes. et pendant qu'il y pense, à ces chemins qu'elle attend de tracer, ses doigts à lui tracent une route jusqu'à sa poche, jusqu'à son pochon. carpe diem? il sourit. ça ressemble un peu à ça c'est quoi qui te fait vibrer, quand tu te réveilles le matin? ses yeux scrutent ses mouvements, puis ses mouvements à elle, ses mains, ses bras, il remonte à son visage, à ses lèvres qui se plissent, à ses yeux qui brillent. il mime un pardon, d'un mouvement de tête. c'était sans doute con, comme remarque. ça fait écho à ce qu'il pensait tout à l'heure, parfois il parle trop vite mats, et il se rattrape après. mais il reste avec cette amertume des mots mal dits. des mots qui se coincent pas longtemps dans sa gorge, quand elle lui renvoie autrement la question. je me sens utile et c'est tout ce qui compte. il pourra jamais être bien, bien au sens propre, au sens léger, dans son métier. parce que son métier c'est un putain de rappel à la sale destinée de l'univers. mais il est bien, parce qu'au moins il a l'impression de faire quelque chose pour attraper un peu de leurs maux. c'est ça qu'il voudrait, pouvoir absorber leur souffrance et l'encaisser lui, en tant que personne saine. l'évacuer autrement. là, il a surtout l'impression d'absorber et de pas s'en débarrasser. mais il met ça sur le compte du temps, du stress, du pays. il allume le joint. la question c'est pas d'être bien. c'est de pas arriver à 50 piges en me disant que je suis qu'un espèce de robot. c'est con il se marre mais ce que je veux, c'est faire le "bien". et j'espère qu'un jour j'aurai cette sensation, et à ce moment je pourrai être un peu en paix la fumée fait à nouveau rougir ses yeux. il sourit, mats, parce qu'il se rend compte qu'il y a une part de fatalité, dans ses mots. mais dans toute son ébriété il est assez content de se rendre compte, qu'au fond, il arrive quand même à savoir ce qu'il veut.

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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Sam 31 Mar - 21:56

Elle redresse la tête. « C'est noté » elle se contente de lâcher avec tranquillité. Ninel a un peu l'habitude de ce genre de demande dès qu'on sait ce qu'elle fait. Mais elle attend d'avoir réellement envie plutôt que se mouver sur commande juste pour être dans une simple démonstration. « Mais ce ne sera pas aujourd'hui, je n'ai pas assez bu pour danser sur ces musiques » elle glisse sur un ton qui pourrait résonner comme prétentieux pour le (non-)DJ de la soirée. Parce qu'elle est pas suffisamment à l'aise, elle doit connaître trois filles et la musique... parlons-en. Non, parlons plutôt de son rythme et de son hygiène de vie. La danseuse finit son deuxième verre de vin tout en l'écoutant.« Tu t'es déjà senti à la hauteur avant ? » elle lui demande en se tournant vers lui. « C'est dans notre nature d'être insatisfait » de nous même. Elle ne lui apprend rien. Il le sait. L'être humain est souvent  insatisfait de lui même, c'est cette pointe de déception qui le pousse à se dépasser toujours toujours plus. « Vacances est donc un mot qui ne t'attire pas ? » elle souffle avec un sourire et ses opales balaient rapidement son visage. Franchement ses cernes ne sont pas prêtes de disparaître. Il en aurait bien besoin pourtant. La question suivante de Mats lui arrache un rictus aux allures un peu moqueuse. Ce genre d'interrogations l'amuse toujours parce qu'elle ne sait jamais y répondre tellement ses idées paraissent trop évidentes pour être prononcées à voix haute sans avoir l'air d'être la simplette du village. « La vie quotidienne » elle répond en haussant les épaules. « Me décider sur mon occupation de la journée, prendre du plaisir à l'organiser le jour même, les gens que je vais voir ou croiser dans la journée, les cours avec les petites aussi » elle énumère à voix basse en haussant les épaules une nouvelle fois avec une délicate nonchalance. Elle ne s'est jamais dit qu'elle allait faire le bien comme Mats par exemple ; elle veut juste un peu vivre sa vie tranquillement pour l'instant, elle verra après pour ses ambitions. Ninel a envie d'un retour à une certaine simplicité qui était sa seconde peau avant son entrée bruyante dans le ballet. Elle l'assène d'une autre question à son tour. Il ne répond pas vraiment à cette dernière, la contourne habillement. Ses sourcils se froncent quelques secondes sous ses mots, et ses maux sûrement. « Si tu es bien, que tu as l'impression d'être à ta place, c'est que tu ne fais pas les choses par habitude, par confort et routine et que tu n'es pas un robot  » elle déclare d'une voix claire. La russe ne sait pas si elle s'est faite comprendre. Quelques secondes s'égrainent. Ses prunelles croisent les siennes. Elle porte à ses lèvres sa clope avant d'expirer. « Parce que tu penses pouvoir faire « le bien » sur du long terme alors que tu es, toi, en vrac ?  » elle l'interroge en sourcillant. C'est difficile d'imaginer aider tout le temps les autres alors qu'on est incapable de s'occuper un peu de son propre bien être, même juste un peu. « Ça finit par toujours rejaillir » lui balance Ninel alors que le bout de son index se pose sur le haut de son torse avec l'esquisse d'un sourire qui barre son minois. Elle le sait par expérience. La poupée s'écarte quand il allume son joint, ses prunelles cherchent fébrilement un cendrier. Ninel ouvre la fenêtre au passage.
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Dim 1 Avr - 22:17

c'est peut-être l'ivresse qui lui donne envie de danser, à mats. il aimerait bien être qu'avec ses quelques bons potes, trois, quatre à tout casser, prendre le contrôle de la playlist et balancer des vieux sons des années 90'. le genre qui doit pas avoir dépassé les frontières (et heureusement). il aimerait bien faire n'importe quoi sur un parquet ciré, du moonwalk, des gestes destructurés, faire semblant d'avoir le rythme dans la peau. mais elle a raison ninel, ils sont pas en conditions là, y'a ni la musique, ni les gens avec qui se laisser aller. il a pas besoin d'être impressionné, mats, tout ce qu'il veut c'est s'amuser. et ce soir, s'amuser c'est plutôt rester là, avec elle, calmement, qu'essayer de sociabiliser avec le reste du groupe. ils se sont engouffrés dans cette espèce de conversation sérieuse, un peu casse gueule, hyper sincère. c'est sans doute la première fois qu'ils se laissent aller comme ça, l'un à l'autre. et c'est plaisant, de découvrir que y'a pas que ninel la coloc, y'a aussi ninel qui écoute, ninel qui questionne, ninel qui réplique. au début, jamais vraiment. quand tu commences un nouveau taf, un nouveau stage, t'es toujours le bizuth qui doit prouver qu'il peut tenir le cap il hausse les épaules en souriant, c'est vachement leur système qui fait ça. l'hôpital, l'externat, t'es qu'un gamin face à l'autorité patriarcale des chefs de service. y'en a des brillants, mais y'en a aussi qui sont de sacrés fils de pute. faut encaisser. il en a encaissées des belles. puis après un moment ça va mieux. là j'ai l'impression d'être encore dans la phase où on me teste c'est normal je suis que le frenchie il passe une main sur son visage mats, parce qu'il capte bien que ninel le scrute. un peu comme si elle le jugeait, pas vraiment avec un regard négatif, mais une certaine attention désapprobatrice ah si je rêve de vacances il concède, s'exclame doucement, quand ses yeux s'illuminent un peu. il est pas fou mats, il rêve du monde, d'ailleurs, de liberté. c'est un gars comme un autre, avec certains rêves plus grands que sa conscience. mais il programme ça à loin, il est pas capable, comme ninel, de faire des plans le matin pour sa journée. parfois il l'envie, dans son espèce de nonchalence. il envie la douceur de ses réveils, les secondes de ses journées, qui paraissent bien plus longues que les siennes. lui il a la sensation de toujours courir, même le soir, quand il finit par se retrouver seul et insomniaque dans sa chambre. là, c'est son coeur qui court d'angoisse. et lui il se dépêche de le faire taire. tout a l'air facile quand tu le dis il sourit, scrute ses lèvres à elle qui se détendent doucement. pourtant il sait bien que si elle est là c'est parce qu'un jour elle est arrivée à un espèce de burn out, comme lui. le week-end prochain je suis pas de garde, je veux faire un week-end à la ninel, je te suis toute la journée ça pourrait paraître too much, mais elle sait bien ce qu'il veut dire pas de prises de tête des beaux principes, qu'il est pas sûr de pouvoir tenir. mais au moins c'est annoncé, dit, soufflé à voix haute. elle pourra lui en tenir rigueur, s'il y manque. sans doute il se pince les lèvres avant de tirer une taffe mais c'est un peu idéaliste comme vision des choses, non? ses yeux se lèvent, scrutent le vide, cherchent une manière de dire ce qu'il n'a pas envie de dire être bien, ça se résume pas au boulot y'a tellement de facteurs qu'ils peuvent pas contrôler. ou tellement de facteurs qui sont inhérents à la manière dont ils ont été construits, pendant leur enfance ou adolescence. oui je pense, j'en suis certain même c'est facile de s'effacer, c'est facile de paraître, de s'oublier. c'est facile de donner tout ce qu'on a de mieux, quand c'est d'autres personnes qui sont en jeu. il fixe son doigt, puis son sourire furtif, tire encore un peu sur le joint avant de l'éteindre, pour pas que ça la dérange. au fond, il en a pas besoin, il est déjà assez défoncé. suffit de tout étouffer alors il sourit viens il attrape sa main mats, il oublie ce qu'ils ont dit y'a pas deux minutes. lui il a envie de danser, maintenant. il a envie de s'en foutre. et qu'elle s'en foute elle aussi, des autres, de la musique, des silences.

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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Mer 4 Avr - 21:07

Elle écoute avec attention Mats qui évoque le fait de faire ses preuves. « Quand cette phase sera passée, tu trouveras une autre excuse pour ne pas ralentir le rythme ? » La russe questionne pour la forme parce qu’elle le voit mal ralentir dans quelques mois. Ses prunelles se posent sur son visage pour l'observer. « Je retiens » Ninel répond lorsqu'il parle de son envie de vacances, si jamais elle a besoin d'un compagnon pour un week-end loin de Brighton. Le problème est qu'elle a déjà l'impression d'être en vacances depuis de longs mois. C'est difficile d'avoir besoin de décompresser quand on flotte dans l'espace sans rien de faire de concret. Mais bon, elle l'a bien mérité. « On se fera une virée à l'océan » elle glisse sans promettre, mais un jour peut être. « Quand on pourra prétendre à un peu de soleil » elle roule des billes parce que le temps anglais de n’y prête pas encore. Elle présente bien sur le papier Ninel, avec sa vie désormais tranquille. Il lui arrive régulièrement de se réveiller en pleine nuit, de se demander si elle n'a pas pris la pire de décision de vie. Elle a des sursauts de panique concernant son avenir et sa précarité qui semble être sa voie actuellement. Ninel sait relativiser heureusement parce qu'elle se dit que la vie n'est pas la danse et que la danse n'est pas sa vie. C'est ce qu'elle essaie de s'imprimer depuis quelques mois dans son esprit. Un week-end à la Ninel. Elle plisse ses yeux dans un réflexe amusé mais presque inconscient. A l'entendre, elle a l'impression d'être super calme et sans accroche pour l'extérieur. Après tout s'il se prend comme référentiel, c'est sûrement le cas. Elle trouve cela quand même ironique de véhiculer cette image alors qu'il a un an les portes se claquaient fort chez elle, son cœur oppressé battait d'un rythme anarchique et les traits de son visage se tendaient à la moindre réflexion. « Je demande à voir » défie la ballerine. « Tu seras de corvée ...de tout la semaine suivante, si tu ne réussis pas » elle fait mine de menacer sans une once de crédibilité mais l'idée est bien présente. Mats tourne autour de la question sans y répondre. « Et toi, tu es « bien » du coup ? » elle lui demande parce que y a toujours cette réponse en suspend. Il a fuit Paris pour beaucoup de raison, maintenant c’est mieux ? Ça valait le coup ? La réponse de Mats la fait presque rire. Elle a longtemps suivi sa solution et on voit ce que cela a donné : la nécessité de décrocher. « Et si tu imploses ? » elle soumet cette possibilité avant de se faire entraîner dans le salon, elle le laisse faire, tirée comme une enfant. La poupée attrape en chemin le verre d'une pote de sa main livre pour en boire quelques gorgées afin d'accentuer la sensation de chaleur qui lui monte à la tête avant de le reposer pas loin. Une grimace. Chargé, elle pense. Ninel serait d'ailleurs incapable de distinguer ce qu'elle a bu.  « Je te ferai une playlist pour te détendre » elle glisse comme ça, en haussant les épaules, sur le passage, pour lui partager sa pensée saisie au vol. « Tu en as besoin » plaisante la danseuse avant d'essayer de reconnaître la chanson du moment vainement pour se mouver en rythme sans trop en faire. Elle n’aime pas trop prendre la place.
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MessageSujet: Re: nothing can keep us apart.   Jeu 5 Avr - 0:00

absolument pas, je serai tellement libre que t'en auras marre de moi il sourit sans vraiment savoir le pourcentage de sincérité qu'il met derrière ces mots, mats. faut pas croire, il aimerait. y'a tellement de trucs qu'il aimerait refaire, à commencer par de la musique, régulièrement. par aller voir des expos, par retourner au ciné, par acheter des bouquins et bd et avoir le temps de les lire. tous ces petits trucs qui donnent la sensation d'avoir un train de vie normal. il est conscient, qu'il se perd bien volontairement dans le travail, parce que ça lui permet d'échapper à plein de pensées, ça lui donne une raison de pas dramatiser sur ses insomnies (s'il dort pas il peut bosser et c'est tant mieux pour le personnel qui a toujours besoin de mains en plus). enfin, il est conscient qu'un jour ça devra s'arrêter, il sait juste pas comment faire. et maintenant, maintenant surtout y'a cette dépendance chimique à la cocaïne, cette dépendance viscérale qui fait qu'il est plus si indépendant, si libre de ses envies et de ses actions. c'est chiant, c'est horrible et frustrant et extrêmement triste pour un mec comme lui qui a bossé tout ça, les addictions, la neuro, de savoir qu'il s'est piégé tout seul. alors quand il dit à ninel qu'il attend les vacances c'est sincère ça, c'est vraiment sincère. il les attend comme on attend le soleil à la fin de l'hiver. ça crie tout un tout dans son corps. et elle met les bons mots sur ses attentes et ses espoirs. il sourit, passe une main dans ses boucles emmêlées et se rend compte qu'il est déjà bien défoncé. alors il se promet de faire un effort, de calmer le rythme, parce qu'il aime bien discuter avec ninel et qu'il a pas envie de tout niquer parce qu'il a trop bu et fumé. bientôt le soleil, j'y crois il est plein d'espoirs sur ces trucs là mats. il a tendance à voir le printemps au moindre degré en plus. ça lui joue souvent des tours, mais ça amène cette once de soulagement quand il met un pied dehors, chaque matin. et ça lui suffit. pas très cool cette histoire de corvée il tranche façon douce grimace et je dois faire quoi alors, pour faire un week-end à la ninel? il a besoin de la recette magique. il s'imagine bien qu'elle a pas toujours été comme ça, la russe. mais l'image qui se dessine lui plait, avec ses rares allusions à la dureté de son passé. elle a l'air de réussir ce qu'il aimerait faire, un de ces jours. en apparence. c'est pas une discussion comme celle de ce soir qui lui donne une étendue parfaite de son passé et de son présent. mais c'est déjà plus que toutes les autres semaines j'en sais rien, pour un mec abonné aux insomnies j'imagine que ça va oui il s'étend pas, il préfère accrocher sa main et laisser en suspend la dernière question. il hausse les épaules dans le brouaha de la musique qui les englobe. il hausse les épaules et capte son regard dans une légèreté presque provoquante. il la regarde avaler son verre et retrousse les manches de son sweat, de sa chemise, avant d'essayer de s'abandonner en se marrant aux notes d'un vieux son des black eyed peas comme on n'en fait plus. chaud il adore qu'on lui file des playlist mats, il a soif de découverte depuis qu'il n'a plus vraiment le temps de découvrir lui-même je veux de la musique russe aussi il appuie quand même. il veut des trucs à elle, des trucs qui viennent d'elle. des trucs qui la font vibrer. de la musique qui compte il ferme les yeux sur ces mots, bouge la tête quelques instants, reste dans une espèce de bulle de convention avant de voir qu'autour d'eux d'autres s'agitent et alors il se marre, il bouge un peu plus ses bras, un peu plus ses jambes. il fait le con et il essaye d'accrocher les yeux de ninel pour qu'elle le suive, dans cet espace qu'ils se sont créé l'espace d'un soir.

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nothing can keep us apart.
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