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 si fragile, tu perdras la raison (mariel)

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( end game )

MessageSujet: si fragile, tu perdras la raison (mariel)   Dim 11 Mar - 17:54


Si fragile, tu perdras la raison. Elle était belle, elle était frêle, elle avait laissé chez elle son assurance et son charisme. Ils s'étaient fait la malle, avec son ego. Ils s'étaient pris la main et l'avaient laissée là, seule, nouvelle. Nue. Perdue. La mer au bord du cœur, s'échappant depuis ses yeux, Jeanne se laissa dériver dans les rues de Brighton. Si on l'avait vue, on aurait pensé d'elle qu'elle était folle.  On l'aurait crue dérivée, bateau oublié au large. Tanguant à l'horizon, vaguant avec peine. Elle n'était plus rien. Elle n'avait plus rien. Son regard, à moitié démaquillé à à peine 16h, le criait. Ses bras refermés sur elle le hurlaient. Qu'avait-elle fait ?
Qu'allait-elle faire ?
Quel était son but ?
De quoi se construisait sa vie, sans lui ? L'œil baissé, le cœur à l'amende, parce qu'il l'avait oubliée. Parce qu'il avait arrêté de l'aimer. Elle l'avait senti. On le lui avait confirmé. Il la quitterait. Parce qu'elle ne valait plus assez, parce que - d'elle - il s'était lassé.

Ses pas la conduisaient à un endroit précis qu'elle n'aurait su nommer. Le corps automatique. L'âme éteinte. La même rengaine, depuis plusieurs semaines, sans la moindre question. Parce qu'elle savait faire semblant. Parce qu'il ne la regardait plus qu'à moitié. Qu'il ne voulait pas savoir. Il l'aurait laissée mourir à côté, pour ne pas avoir à poser de questions. Et ne pas avoir à répondre aux siennes.
Elle le savait. Elle n'attendait plus rien de lui, plus pour répondre, pour savoir. Pour lui dire.
Elle trouverait les réponses ailleurs.

Salle d'attente. Jeanne n'avait pas pris rendez-vous. Elle avait attendu que quelqu'un sorte pour rentrer, pour ne pas sonner. Elle ne voulait pas qu'elle sache qu'elle était là. Elle avait honte. Elle ne voulait pas que son regard inquisiteur se pose sur elle, avide de connaître les questions auxquelles elle devrait répondre. Elle n'avait plus l'énergie, elle n'avait plus le cœur à tout ça.
Elle voulait y croire comme un dernier espoir, elle voulait lui tendre la main, lui vomir le cœur, lui montrer à quel point le rideau de l'oubli pesait sur ses épaules.
Parce que c'était elle, la coupable, au fond.
C'était elle qui le lui avait dit, qui l'avait brisée, qui l'avait, prématurément, quittée.
Oui. avait-elle dit.
Oui.
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MessageSujet: Re: si fragile, tu perdras la raison (mariel)   Dim 22 Avr - 2:27

Là où le soleil se lève
Et le vent dessine ton visage.

Vendredi, l'après-midi. La journée est chiante, les clients aussi. Je fais semblant de savoir lire les cartes et les gens. Leur désespoir, leurs mésaventures, leurs petites joies, leur futur. Le mensonge est la lumière qui les guérit. J'attends un nouveau client et le temps me paraît long. Mais dans la salle d'attente, elle est là.

Et je n'ai plus les mots, c'était mieux ce matin, dissoudre les utopies nocturnes, dégringoler d'un lit qui a l'odeur du silence, et pieds nus, marcher sur les dalles froides, respirer les secondes inachevées, aimer l'instant, en suspens, et se perdre mollement dans la réalité, entre les Kellogg's et le lait tiède.
Jeanne est là, debout, silencieuse, et le sang perle dans mes veines, il bat contre mes tempes, un amour inconnu, ce n'est pas le mien, mais le sien - ce putain de fiancé - elle est son astre son ardeur sa bohème sa coiffeuse sa poète son secret sa vedette son éclat son actrice sa veilleuse sa funambule son espoir. Elle. Jeanne, entre mes inspirations empourprées et mes désirs adolescents, est un désastre dans le quotidien chagrin. Jeanne est là et ma grande gueule de menteuse fait moins la maligne.
Quelquefois je me demande, pourquoi je suis en train de l'attendre. Je plisse les yeux quand elle avance de trois pas. Elle réduit le vide entre nos corps, engloutit le temps et mes vertiges.

- C'est toujours oui.

Pas de bonjour, ni rien. Pas un regard, non plus. Jeanne a l'âme trop grande pour moi qui suis un zéro. Et quand je l'effleurerai pour la première fois, ça sera avec la bouche, et j'espère que ça sera doux et tendre, mais la fureur mange la peau et la sincérité, et j'ai peur de me perdre avec mes conneries.
Elle est si belle, et elle ne le sait pas. Elle n'a pas conscience de ses silences qui parlent, et de l'horizon qui s'étend à ses pieds. Elle ne voit pas l'éclosion de soleil à ses lèvres, ni l'inconscience fleurie qui se reflète sur peau. Jeanne est si inspirante. Elle ne le sait pas, et c'est ça qui la rend plus belle encore.
Jeanne est trop bien pour moi. Je le sais, mais c'est plus fort que moi, je peux pas m'empêcher d'espérer. Elle peut me donner les crépuscules et la brutalité, les bottes de pluie trempées, les caresses immobiles et la timidité, les sourires minuscules, elle peut tout me donner. Maintenant je sais pourquoi je l'attends.
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