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 héros des temps modernes. (hugo)

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MessageSujet: héros des temps modernes. (hugo)   Sam 3 Mar - 13:12

c'est bon, c'est décidé, ce soir encore je sors. marre de rester enterrée ici, à attendre que quelqu'un se décide à bouger ses fesses. je décide de prendre les devants et en moins de deux heures, je suis totalement prête. douche ok. cheveux coiffés assez rapidement, retombant en cascade sur mes épaules vêtues d'un petit top sans doute trop court. en tout cas, c'est ce que dirait mon frère s'il était dans les parages. un jean prêt du corps, marquant mes formes comme il se le doit. un petit peu de rouge sur les lèvres et un petit sac à la main pour habiller tout ça et le tour est joué. je m'asperge de parfum et je pars en direction du concorde deux. sur le chemin, j'envoie un message aux copains pour savoir s'ils veulent me rejoindre. arrivée sur les lieux, je prends pas la peine de faire la queue. je me faufile après d'un groupe de jeunes que je fais semblant de connaître. trop la flemme d'attendre dans le froid. je dépose ma veste en cuir au vestiaire et me fond dans la masse. je me glisse entre les gens, jouant des coudes pour gagner le comptoir. quelques verres plus tard, je me rends compte que je n'ai pas appuyer sur envoyer et que je peste toute seule depuis plusieurs heures en me disant que personne n'a pris la peine de me répondre. je soupire et décide de partir sur la piste d danse, bière à la main. sans doute celle de trop. je passe une main dans mes cheveux pour les rassembler d'un côté. c'est dingue ce qu'il fait chaud et ce que les gens peuvent vous coller dans un endroit comme celui-ci. je tente tant bien que mal de faire comprendre à mon voisin de droite que je n'ai pas envie de danser avec lui. sa main baladeuse me donne envie de lui mettre un poing entre les deux yeux. je me bouffe la lèvre pour me retenir. intérieurement, je me dis que ce n'était peut-être pas une si bonne idée de venir dans un endroit pareil toute seule. je me penche pour lui dire que je ne suis pas intéressée, que j'ai déjà quelqu'un. la musique semble le perturber, lui donner des ailes et il prend cela pour des avances, se rapprochant davantage. je soupire et me dégage de son emprise pour sauter sur le premier mec que je trouve un temps soit peu correct. il est là, appuyé contre le mur et semble seul. autrement dit que c'est exactement celui qu'il me faut. je me jette donc sur lui dans tous les sens du terme, capturant ses lèvres comme si de rien était. hey, ça fait des heures que je te cherche ! je me colle à lui avant de me tourner vers le mec relou qui me regarde avec les yeux écarquillés. j'te présente alan, mon mec. je lui adresse un large sourire en posant ma main sur le torse du bel inconnu. le type, il a pas l'air ravi pare qu'il grogne un : salope. avant de s'éloigner. moi, ça me fait sourire et j'hausse les épaules avant de me tourner vers le pauvre type que j'ai pris pour cible. j'avoue que pour le coup, je suis légèrement mal à l'air. je me décolle pour lui faire face et sourire timidement. je suis vraiment désolée pour... tout ça.
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MessageSujet: Re: héros des temps modernes. (hugo)   Lun 12 Mar - 11:46

J’inspire doucement avant de m’ébrouer. Cette chambre d’hôtel me donne le cafard. C’est une belle chambre, bien sûr, luxueuse bien que traditionnelle, dans ce genre d’établissements qui misent à fond sur un patrimoine culturel dont ils ignorent tout mais qu’ils prétendent préserver, tout en tapant dans la modernité nécessaire que pour attirer un certain type de clientèle. Moi, par exemple. J’aurais pu me contenter d’une chambre dans un hôtel moyen, puisque je n'ambitionne pas de m’y terrer indéfiniment, mais ma mère m’aurait étripé si elle l’avait appris. Grace aussi. On a un certain standing à respecter. Elles sont de celles qui apprécient le blanc nacré du marbre étincelant sur le sol et les marches d’escaliers, les serviettes et la literie qui sentent bon la lavande et les larges baignoires brillantes aux milles fonctionnalités inutiles. Mon père aussi, mais mon père se fout pas mal de l’hôtel dans lequel je décide de descendre, tant que ce n’est pas un hôtel de passe. Ça a toujours été arrangé de cette façon : l’apprentissage technique avec le patriarche et le patron, et les conventions mondaines avec la mère. La réputation d’affaires avec lui, la réputation sociale avec elle. Bien sûr, il ne peut pas s’en empêcher, il empiète toujours un peu sur son terrain puisque de ma réputation d’affaires est intrinsèquement liée à ma réputation sociale. C’est la particularité des grands hommes : tout n’est qu’affaires, transactions, contrats et arrangements. Même l’amitié. C’est l’amitié que je vise, ce soir. Car enfermé dans cette chambre, je tourne en rond. Simone est occupée, Cameron est toujours dans cette drôle de zone de flottement que l’on a avec les amitiés incertaines ou timides : j’ai passé du temps avec elle trop récemment que pour la revoir aujourd’hui. Alors je me fonds dans un rôle que je connais sur le bout des doigts et, en enfilant ma veste en daim et mes chaussures, je vide mon esprit de toute pensée parasite à l’amusement. En traversant la pièce, je savoure discrètement le contact du jeans sur la peau de mes jambes. Je n’y suis toujours pas habité. Ou plutôt, je ne me rends pas encore compte de la normalité d’un tel frottement. Durant des années, la majorité de ma vie, je n’ai connu que les pantalons de toile, de costume ou, et c’est la seule concession que ma mère ait accepté suite aux demandes de Grace, en chino. D’un regard bref, je capte mon reflet évasif dans le grand miroir au cadre élégant déposé sur la commode en bois blanc à l’attention de ces couples riches qui, par pur narcissisme, aiment se regarder faire le sexe à défaut de l’amour. Mes cheveux sont coiffés comme d’habitude, à croire qu’ils se coiffent d’eux-mêmes, par habitude. Sans accorder davantage d’intérêt à mon apparence que pour m’assurer que je n’ai l’air ni trop sophistiqué, ni trop débraillé, j’attrape téléphone portable et portefeuille que je fourre dans mes poches et je referme la porte derrière moi. Je commence à me repérer dans Brighton, malgré le peu de temps passé ici. C’est une petite ville, comparé à Los Angeles ou New York, et le centre ville est ce qu’il devrait être partout : au centre de la ville. Presque tout est concentré autour d’un point culminant qui accueille les grandes enseignes de la mode bon marché, les quartiers se ségrégant selon les différentes sous-cultures fourmillant dans la ville. L’un dans l’autre, il est facile de dégager des points de repère et de retrouver son chemin, au bout de quelques jours à vadrouiller. Pourtant, ce soir, je me contente du bord de mer, qui me manque tant, lorsque je suis à Harvard Impossible de comparer les digues anglaises avec l’étendue de sable doré de la côté américaine, cela dit. A l’image des pays, les unes sont élégantes, mélancoliques, avec cette distance polie des esprits étranges, là où les autres puent le soleil, la mode tumblr, et les rires intempestifs des jeunes excessivement cools. Il suffit de s’arrêter à la présence des galets au lieu du sable - là où LA emprisonne le tout venant dans son tourbillon doré, Brighton, méconnue, demande que l’on se batte un peu plus pour elle. J’abandonne finalement ma contemplation des vagues pour rejoindre la file de gens patientant pour entrer au Concorde 2. J’aurais pu dépasser tout le monde et souffler au videur deux trois mots qui auraient suffi à me faire entrer mais je préfère me fondre dans la masse. La moindre particule de normalité que je peux gratter jusqu’à m’en détruire les ongles m’apparaît comme une douceur au milieu de mon amertume coutumière. J’inspecte les lieux, les gens, les groupes d’amis ou d’amies, capte une blonde qui m’arrache un sourire en se faufilant devant tout le monde l’air de rien. Si je l’avais aperçue avant, je l’aurais volontiers faite entrer sans qu’elle ne soit obligée de se taper les regards scrutateurs et mécontents des quelques l’ayant remarquée. Peut-être que c’est ça, la normalité, en fin de compte, pour certains - se démerder pour copier ce que moi, je rejette, et en savourer la sensation de pouvoir. L’adrénaline (inexistante pour moi), l’exaltation de prendre l’ascendant sur d’autres, ou simplement de faire quelque chose d’interdit, de briser les règles. En cinq secondes, j’oublie la blonde, et je retourne à mon attention. Puis, me voilà à l’intérieur, calé contre un mur. Je suis seul, d’abord, et sans verre, parce que j’aimerais éviter de boire, ce soir. Je suis en terrain inconnu, même si tout terrain social est, en définitive, porteur des mêmes maillons. Les humains, malgré leurs différences, fonctionnent pour la plupart selon le même schéma grégaire et hédonniste. Sinon, ça serait bien trop complexe d’être manipulateur. Moi, j’attends de trouver des gens qui m’inspirent, je vogue d’un groupe à l’autre, je souris, j’échange des banalités puis, pour faire le point, m’exile à nouveau. Je ne devrais pas être aussi rationnel et méthodique, j’essaie de ne pas l’être. Mauvaise habitude, voire déformation professionnelle. Je m’exhorte à la détente, à me faire de vrais amis, pour une fois, lorsqu’une silhouette fugace et pourtant omniprésente - la blonde de tout à l’heure - se propulse dans mon espace vital jusqu’à envahir mes lèvres. Surpris, je la laisse se dégager d’elle-même d’un baiser qui ne dure pas avant que mon étonnement ne se transforme en perplexité. On peut savoir qui c’est, cette fille qui me cherche depuis des heures ? Je comprends lorsqu’elle détourne le regard vers un arriviste visiblement indésirable et qu’elle me présente comme étant “Alan, son mec”. Machinalement, j’adresse au type d’en face un demi-sourire. Sourire parce que je souris d’un air amical, demi parce que mes yeux restent stoïques, froids, défiants face au rival. - Salut, je fais mine de lancer d’une voix neutre, en haussant les sourcils avec sarcasme, une main sur l’épaule de la blonde. Lui aussi, il sourcille, mais d’un air mauvais, de l’air de celui qui n’aura pas ce qu’il veut. Et il se barre aussitôt, non sans laisser traîner l’ombre d’une insulte sans substance d’homme maté et blessé dans son ego. Alors, elle se détache, la blonde, elle sourit, m’observe, s’excuse et je ne peux m’empêcher de rire. - Je compte sur toi pour ne pas en parler à ma copine, je m’amuse en guise de pardon. Comme si elle était en mesure de le faire - Gracie est à des milliers de kilomètres d’ici, littéralement à l’autre bout du monde et je soupçonne qu’elle soit, de toute façon, indifférente à l’existence d’une quelconque maîtresse, tant qu’elle l’ignore et que le reste du monde en fait autant. Tout comme je préférerais, de mon côté, qu’elle s’entiche d’un autre avec lequel elle pourrait entretenir une réelle passion, histoire qu’elle soit heureuse malgré tout. - Elle n’est pas là, je précise, des fois qu’elle craigne de se prendre la main manucurée d’une femme trahie et furieuse dans la figure. Pas le style de Grace, à nouveau. Elle est moins primitive, bien plus insidieuse. Une belle réussite de la haute. - J'ai le droit de te payer un verre, Nala, Alan à l'envers, logique, - ... ou tu trouves que ça irait trop vite entre nous ? Et j'esquisse un sourire. Après ce qu'on vient de vivre tous les deux, c'est la moindre des choses, pas vrai ? J'ai eu droit à un baiser gratuit.


(pardon pour la longueur, je me suis emballée   )
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