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 — la lune pour seule lumière (zephylaine)

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MessageSujet: — la lune pour seule lumière (zephylaine)   Jeu 18 Jan - 22:18


La lune pour seule lumière

 







Princesse des contes de fées damnées. Ceux où le poison ravage les cœurs en espérant les faire vibrer. Ceux où la fin n’a rien d’une idylle dorée, mais tout d’un cauchemar empoisonné. Ceux que l’on ne murmure pas pour distiller le rêve, mais que l’on susurre pour engendrer les songes tourmentés. Parce qu’elle n’est qu’une gamine dans un univers étranger. Telle la sirène d’Andersen ayant franchit la frontière de l’océan en traînant ses chimères aux carcans enchanteurs, pour finir par n’être plus qu’écume, trahit par les propres battements désaccordés de son cœur blessé. Telle la fleur des vers de Baudelaire, celle qui n’est que beauté, renfermant entre ses pétales à l’odeur enivrante, le divin mal, celui qui derrière la splendeur vous assassine de sa grâce sacrée. Telle la Loreley d’Apollinaire, celle qui damne les amants éplorés, insinuant dans leurs veines salvatrices un peu de l’arsenic de son chant pour qu’à tout jamais ils continuent de se fracasser comme  son cœur brisé.

Poupée allongée sur un sol aussi glacé que les neiges éternelles qui formaient son ancien palais. Crinière dorée, à la teinte de l’astre solaire, formant autour de ses traits candides l’illusion de rayons qu’elle aurait dérobé aux cieux. Mais ses opalescences n’ont plus rien de solaire, pourtant ses prunelles n’expire plus que la froideur et la dureté des précieux saphirs. Miroir de son âme que la douleur qui écorche son cœur a finit par figer à force de les écorcher de ses vagues destructrices. Celles qui ne sont que sel marins et éclats de diamants, celles que certains appellent larmes, celles qui emportèrent jadis la sirène maudite. Elle ne rêvait que de l’Éden cette dernière, ne pouvant se contenter d’un bonheur imparfait, elle n’hérita pour seule présent que de l’horreur des enfers incendiés par les péchés. Fragments de son passé qui entourent la gamine, réminiscences figées sur papier glacé. Instants où ses opales brillaient de milles et une flammes, des astres enflammés par l’amour sans limites, celui qui n’a ni frontière, ni patrie, ni fin, celui qu’elle portait aux siens. Ceux dont le carmin était semblable aux siens, ceux dont les rires s’accordaient aux siens, ceux qui ne sont plus puisqu’elle n’a plus rien. Gamine solitaire dont le plus grand rêve était cette famille devenu fantôme d’une vie passée qui jamais ne pourra ressusciter. Mais perdure ce papier froissé, cette missive  qui pourrait bouleverser son monde, encore, juste chambouler son univers. Lettre qui ne pourrait apporter que le bonheur, la chance de revoir les aurores boréales déchirer le ciel et d’entendre les rires d’une famille heureuse et aimante, résonner de nouveau à ses oreilles. Cousin de son défunt père qui voudrait emporter la poupée loin de son enfer anglais, cousin de son défunt paternelle qui voudrait la faire cavaler loin de ses nouveaux repères pour qu’elle apprivoise de nouveau les plaisirs d’un univers quitté dans la torpeur du tragique. Nouvelle chance loin de l’enfer, nouvelle chance loin de lui.

Prunelles qui se perdent sur les silhouettes inanimées, celles déchirées par les sourires dévastateurs, celles qui puaient le bonheur. Puis y a la Madelaine d’après, celle qui tourne le dos au passé sans pouvoir lui échapper, celle au cœur d’or devenu mort. Y a plus de sourires venant tordre ses lippes, y a plus d’étoiles pour faire miroiter la joie dans ses opales, y a plus rien, si ce n’est une tristesse infinie, une tristesse immense qui emporte dans son sillage éternelle les lueurs de toutes les étoiles du ciel, peine si forte qu’elle en éteindrait l’univers dans son entièreté. Et enfin, il y a la poupée aux plaies pensées, celle que l’adonis des terres hellènes a réanimé. Enchanteur d’un monde que l’on pensait dénué de toute magie, celui lui ayant offert l’infini, celui lui ayant permis de revivre. Gamin l’ayant tiré des eaux pernicieuses, loup ayant offert la vie à la biche.

Elle s’échappe la princesse, elle quitte sa tour d’ivoire pour retrouver la beauté fracassé du monde extérieur. La splendeur aux effluves salées et amers de cette mer où un jour la sirène périt. Crinière dorée que le vent emporte alors que ses pieds s’enfoncent dans le sable frais. La lune pour seule juge, la lune pour seule lumière. Clarté argentée qui guidera les battements de son palpitant qui insufflera le feu de ses décisions. Silhouette masculine qui se dessine, celle du démon enchanteur, celle du voleur de cœur. Adonis et sa guitare gisant à ses côtés, comme si la mer l’avait recraché, comme si elle s’était juste échouée près du dieu des eaux tourmentées. Adonis qu’elle ne peut s’empêcher dévorer de ses prunelles embrassées. Palpitant qui continue de cogner dans sa poitrine, douleur devenue délicieuse alors que l’armée de sentiments ne cesse de papillonner dans son estomac. Lippes qui trouvent les siennes, lippes qui se scellent dans d’ultimes retrouvailles, lippes qui se meurent si elles s’éloignent trop longtemps. « Je savais que je te trouverais là. » Roi des airs, mais empereurs des mers, liquide translucide qui ravage ses veines, qui fait battre son cœur. Deux silhouettes que les vagues ont recrachés,deux silhouettes entre lequel le silence à creuser un sillage pendant plus d’une journée. Parce qu’elle était rongé par ses pensées destructrices la gamine, parce qu’elle avait besoin de se retrouver en solitaire, simple tête à tête entre elle et son âme morcelée. « J’ai reçu ça ce matin. » Papier froissé qu’elle remet entre ses mains, légers tremblements des siennes alors qu’elle a l’organe salvateur aux bords des lippes. Nouvelle qui ne devait apporter que le bonheur mais qui ne se constelle de que de malheur. « Il veut que je rentre, que je retrouve une famille, que je regagne la Norvège. » Litanie que ses lippes déversent dans des murmures teintés d’amertume alors que le faciès de porcelaine de la poupée retombe doucement contre l’épaule protectrice du loup. Odeur masculine qui vient caresser ses narines, qu’elle respire doucement, qu’elle respire jusqu’à en oublier l’horizon et l’étendue d’eau ténébreuse reflétant les nébuleuses. Effluve qu’elle respire comme pour l’imprimer dans son coeur, effluve qu’elle aime tant. Parfum enivrant qui l’espace de quelques précieuses secondes réussit  à balayer ses craintes et ses tourments. Parfum qui comme toujours parvient à l’apaiser. Regard qu’elle ancre dans le sien, prunelles qu’elles laissent se fracasser contre les siennes, comme un bateau chavirant contre les rochers happé par le chant destructeurs des sirènes. Front contre le sien elle murmure le verdict. « Mais je ne peux pas, je pourrais jamais je crois, c’est toi ma famille maintenant. »
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MessageSujet: Re: — la lune pour seule lumière (zephylaine)   Mer 21 Fév - 22:21




la lune pour seule lumière
cross my heart, hope to die, this is our ride or die

L’obscurité chaleureuse pour seule compagnie, le doux silence seulement troublé par le ressac de la houle qui vient langoureusement caresser la grève. Un lieu qui m’apaise, canalise le volcan qui gronde à l’intérieur. L’air marin agréablement salé effleure ma peau, caresse mes maux pour les éroder, les atténuer à chaque passage. Suspendre le fil de mes pensées, laisser la perle lunaire veiller sur moi. Et oublier, oublier que Vénus m’a porté puis m’a rejeté. Vénus coupable de démission d’amour. D’abandon. Et Mars qui m’a élevé. Mars qui a soulevé la guerre en moi. Mars qui a tatoué mon âme à l’encre de rébellion.

Et gratter les cordes, faire chanter les notes du bout de mes doigts. Laisser la mélodie s’élever, s’envoler. Faire parler les mots, faire danser mes maux. Inspirer la musique et expirer mon histoire. Lier mon vécu au rythme des vagues, au chant des eaux troubles, à l’heure où la Lune est reine, à l’heure où la Lune est mienne. Le temps, ce menteur, n’a pas pansé mes plaies. Il a fait grandir ma douleur, a accentué ma rancoeur. Mes pensées sont devenues des lames, des rasoirs affûtés qui ont salement entamé mon âme.

Une énergie que mon corps reconnaît aussitôt capte mon attention. Je tourne la tête pour en chercher la source, et te découvrir, marchant dans ma direction. Comme un aimant, je t’ai sentie avant de te voir. C’est comme ça entre nous, depuis le début. C’est pas tellement explicable. Je cherche même pas à comprendre. Nos corps se parlent sans qu’on ait besoin d’ouvrir la bouche. Tu t’approches, et ça fait « boum boum » dans ma cage thoracique. Mais t’as un drôle d’air. T’es un peu préoccupée on dirait. Je pense pas que ce soit bon signe.

- Je savais que je te trouverais là.
- Bien vu.

La soie de tes lèvres vient caresser les miennes, sceller les retrouvailles de la plus agréable des façons après une journée qui nous a égoïstement gardé à l’écart l’un de l’autre. Je m’attendais pas à ce que tu me rejoignes à cette heure-ci. Ni même à ce que tu me trouves d’ailleurs. Mais j’apprécie quand même la surprise. Les effluves sucrées qui s’échappent de tes cheveux m’électrisent.

- J’ai reçu ça ce matin.
- C’est quoi ?

Je fronce les sourcils en prenant le papier que tu me tends. Et j’ai la sensation que c’est une mauvaise nouvelle qu’il apporte. Ton intonation, tes doigts mal assurés. Je jette un coup d’œil à l’écriture manuscrite qui recouvre la feuille, je parcours les lignes sans réellement en comprendre le sens. Mes iris se posent sur toi, interrogateurs.

- Il veut que je rentre, que je retrouve une famille, que je regagne la Norvège.

Ta tête vient se caler sur mon épaule, mais je digère difficilement tes mots. Que tu rentres en Norvège ? Comment ça ? Et c’est qui, « il » ? C’est quoi ce bordel ? T’es à peine arrivée dans ma vie qu’il faudrait déjà que tu repartes. Qu’on t’enlève à moi. Mais ça sort d’où ? De nulle part ! Ca n’a aucun sens ! C’est juste tombé du ciel, comme une malédiction qui pèse sur ma putain d’âme damnée. J’ai beau croiser ton regard cristallin, mon sang bouillonne. Je suis pas d’accord. Pas du tout. Des tas de réactions se bousculent dans mon esprit et j’ignore encore laquelle va remporter le combat.

- Mais je ne peux pas, je pourrais jamais je crois, c’est toi ma famille maintenant.
- Tu déconnes ?

Je me relève, poussé par le besoin de laisser parler mon impulsivité, le besoin de mettre une distance entre ce foutu papier et moi. Comme si ça suffisait à en effacer les mots, à réduire son sens à néant. Je fais quelques pas, je souffle, je passe ma main dans mes cheveux.

- C’est qui ce type ? Il sort d’où ? Pourquoi tu dois partir ?

Je t’apostrophe avec la colère dans la voix, mais aussi la peine enfouie tout au fond de mon coeur, quelque part sous les décombres. Je veux pas que tu t’en ailles. On s’est trouvés, toi et moi. Je sais pas comment, mais on s’est trouvés. Si différents, deux facettes opposées et pourtant, on s’accorde à merveille. La glace scandinave, le feu méditerranéen. Un mélange explosif, aussi détonnant qu’étonnant, mais qui fonctionne. Tu me suis où que j’aille, t’as jamais un mot plus haut que l’autre. Tu me prends tel que je suis, tu cherches pas à me changer, à me formater. T’es la première à faire battre mon coeur comme ça. T’es la première à soulever toutes ces sensations que je maîtrise pas encore très bien. Je suis sûr de rien, sauf d’une chose : j’ai pas envie que ça s’arrête. Ensemble contre le monde. Bonnie et Clyde.

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