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 sing to your soul + lula

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MessageSujet: sing to your soul + lula    Lun 15 Jan - 20:30

Je voulais la regarder sur scène. Effleurer les vapeurs de l’alcool, sans absorber l’élixir. Tout le monde parlait d’amour. On chantait le gâchis des sentiments. On se pardonnait les peines et les séparations. Mais Lula était différente. Sa silhouette ondulait entre les lumières. Elle se tenait au milieu du bar, les yeux fermés sur la noirceur du monde. L’audience était ébahie par ses talents. Parce qu’elle était merveilleuse et pleine de douceurs. Je m'offrais entièrement à sa voix. Je me perdais dans ses mélodies. Ma petite cousine, l'ange déchu qui se relevait pour étreindre les étoiles. Je pinçais les lèvres en croisant les bras. Mon cœur était lourd. Ses mots résonnaient dans ma tête. Le rythme s’accordait dans ma poitrine, irisé entre les battants de ma cage thoracique. Je souris, l’expression lointaine. Le souvenir d’une enfance étrangère au coin des paupières. Mon histoire se dessinait sur l’horizon, racontant les secrets murmurés sur les escaliers de l’orphelinat. L’enfant qu’on abandonne. L’enfant au corps malade. Ma chair ne grandissait pas. Elle pourrissait à l’intérieur. C’était pour ça que les enfants ne m’aimaient pas. J’étais né avec deux litres d’alcool, quelques gouttes de sang. Mes yeux se plissaient dans l’obscurité. Les lentilles irritait mes prunelles. Parce l’illusion fatiguait - elle épuisait mes rétines. Je fronçais les sourcils en m’accoudant à la table. Je pensais aux amitiés imaginaires, aux éclats de rire savourés dans le creux de l’oreille. Aux jeux plein de malice à l’arrière du jardin. Je n’étais pas à plaindre. Ma famille m’étreignait, elle me sauvait de mes démons. J’étais chéris - encouragé dans mes lubies électroniques. Je ne manquais de rien. Pourtant, je voulais beaucoup. Je désirais l’inatteignable. Les reliques d’une vie nouvelle. J’avais beau triturer les algorithmes, griffonner sur les formules, l’équation demeurait toujours la même. Infinie dans ses limites. Comme le log de un qui valait zéro. Je restais immobile au milieu de la foule. Mon ombre se distillait entre les murs, incapable de sortir du lot. Je m’enlisais dans ma solitude, dans une multitude de complexes. Lula achevait son dernier couplet. Elle se redressait gracieusement pour dévaler les marches. Elle m’apercevait dans la pénombre. Elle était bien la seule. A remarquer. A sentir ma présence. Je n’étais jamais invisible sous ses yeux. Je relevais la tête, l’expression enchantée, le sourire émerveillé. « C’est tellement beau. » Ma voix était rauque, troublée par les vacarmes autour du comptoir. Je parlais peu. Mes cordes vocales étaient rouillées. Comme un instrument qu’on accordait pas. Une guitare qui se laissait mourir au fond du magasin. «On va diner? Les parents sont partis pour un séminaire médical. » J’étais tout seul à la maison. Et je me refusais de prendre le risque d’allumer le four, de me brûler les doigts et de ne plus tenir la manette de jeu. Ce serait terrible, une convalescence sans console.

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Lula Goldstein

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Mer 17 Jan - 1:16

Un énième concert, une énième représentation. Sur la petite scène au fond du bar, la dernière des Goldstein chantait comme elle le faisait tous les soirs ou presque, en donnant tout ce qu'elle avait. Si c'était comme ça qu'elle gagnait sa vie, c'était avant tout sa passion. La guitare pour seul accompagnement, elle laissait sa douce voix enchanter les oreilles de certains des clients, ceux qui lui laissaient une chance et l'écoutaient, ceux qui n'était pas trop bavard, ceux qui était là pour plus qu'une pinte de bière. Très vite, son regard remarqua quelqu'un dans la foule, un visage bien loin d'être inconnu. Elle dû retenir son large sourire en voyant son cousin, là, en train de la regarder. Avoir sa famille a ses côtés, c'était toujours quelque chose de particulier, pour elle. Elle tentait de leur faire comprendre à quel point tout cela comptait, pour elle, mais ils voyaient rarement plus loin que quelques mélodies mignonnes. Ils ne comprenaient pas. Pourtant, Calvin était là, et s'il n'était que le fils adoptif de sa tante, Lula ne l'avait jamais vu comme moins que la famille. Elle l'appréciait, Lula, plus qu'elle ne laissait paraitre. Il était toujours là pour elle, pour l'écouter. Et d'une façon étrange, elle se sentait proche de lui, par les problèmes qu'il avait pu traverser au fil des années, ce manque de confiance qui les faisait se ressembler bien plus qu'ils ne le pensaient. Son dernier couplet terminait, elle salua le public avant de poser sa guitare pour rejoindre le blond, un large sourire aux lèvres. — T'es venu ! — Elle le prit rapidement dans ses bras, serrant l'homme contre elle un instant, de toute ses forces, avant de s'écarter pour lui faire face. S'ils ne se voyaient pas forcément souvent, ils savaient se trouver des moments où ils pourraient passer du temps ensemble, prendre des nouvelles l'un de l'autre. Lorsque Cale lui proposa d'aller manger, Lula, véritable estomac sur jambes, hocha rapidement la tête. — Ça me va, laisse moi juste récupérer ma veste. — Le bar avait proposé de garder sur la scène, à l'abris, son matériel, étant donné qu'elle chantait là pour trois soirs. Une occasion parfaite qui lui permettait de ne pas devoir trainer sa guitare avec elle un peu partout. Rangeant rapidement la scène, elle attrapa sa veste et son écharpe rapidement avant de rejoindre le blond dans la salle. — Viens, j'ai vraiment super faim en plus. — Rien d'étonnant, puisque la petite blonde avait toujours faim. Se hissant entre les tables et les chaises du petit bar, elle trouva rapidement la sortie, attendant que son cousin l'est rejoint à l'extérieur pour se mettre en marche. — Tu choisis où on mange, par contre. Je n'ai vraiment pas le courage de choisir, moi.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Mer 17 Jan - 9:27

Sa voix résonnait dans mon âme. Elle s’infiltrait doucereusement dans ma tête - insufflant le bonheur et les espoirs d’une enfance révolu. J’avais grandi maintenant. Je n’étais plus le petit orphelin. La vie m’offrait une seconde chance, une opportunité de briller. Et pourtant, malgré la réussite et tous mes efforts, je me sentais vide. Les émotions se chevauchaient dans mon esprit. Les mots, les insultes - ils se murmuraient dans une cacophonie étouffante. Je ne parvenais pas à oublier le lycée. A me dire que je valais quelque chose. Ma gorge se serrait alors que je me redressais. Les mélodies de la guitare lestait mes angoisses. La lutte ne s’achevait pas. Elle était continuelle. La blessure avait laissé une brèche dans mon coeur. L’abandon de mes géniteurs, la maladie qui symbolisait mes origines. J’étais le fils d’une ivrogne. J’en étais sûr. Mon corps en portait les séquelles. Je plissais les yeux en observant la silhouette de ma cousine. Elle chancelait gracieusement entre les lumières. Elle approchait afin d’enlacer mes peurs. Pour les faire disparaitre. Je hochais la tête en raffermissant ma prise. Lula était apaisante - comme une fleur d’oranger qui avait naquit en hiver. Un pétale qui s’émancipait dans la glace afin d’adoucir les nuances givrées de la neige. Je souris, sincèrement, amusée par son enthousiasme. Elle semblait heureuse de me voir. Je ne vivais que pour ces moments. Ces fragments de nous éparpillés entre les murs de Brighton. Nous n’avions pas besoin des liens du sang. Nous n’avions pas besoin du même nom. Notre lien était indéchiffrable. Il était plus fort que les conventions, pas vrai ? Je clignais des yeux en fixant son profil. Elle était si jolie. Sa passion illuminait son expression juvénile. « Bien sûr que je suis venu. J’ai un patron sympa. » J’esquissais une moue taquine en attrapant sa main. Je la suivais entre les tables et les chaises. Elle connaissait le chemin le plus court. La porte s’ouvrit. Le vent étreignait mes pensées. Il me rappelait les effluves d’une liberté interdite. Parce que je m’enfermais dans ma chambre. Je m’emprisonnais derrière l’écran de mon ordinateur. La vraie vie m’effrayait. Je me sentais étranger au milieu des passant. Etranger dans une foule qui gémissait mon nom comme une abomination. Je déglutis en furetant autour de la rue. Il y avait ce nouveau restaurant italien. J’avais fait une réservation en insistant sur la table au fond. Celle qui était tapie dans l’obscurité. Celle qu’on ne remarquait pas. Une mauvaise habitude. Une manière de me cacher, encore. «On mange des pizzas. Puis après on cherche un glacier ouvert en hiver. » Elle ne jugeait pas ces préférences étranges. Lula elle acceptait - elle souriait comme un soleil éclatant. «Comme ça tu pourras me raconter des choses…» Sa relation avec Nash, par exemple. Ses créations musicales. Ses nouvelles rencontres. Je voulais tout savoir. Je vivais par superposition. Je m’imprégnais de ses bonheurs. Et parfois, ils devenaient les miens.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Lun 29 Jan - 1:06

Lula et Calvin, Calvin et Lula. Ils avaient toujours été extrêmement proches, d'une façon presque inexplicable. Elle le comprenait, Lula. Lui, le gosse adopter avec des problèmes d'acné et ses lunettes. Elle parlait parfois la même langue que lui, quand il se perdait dans ses récits de science-fiction, elle arrivait à lui répondre et à s'y intéresser. Tant de monde l'avait toujours repoussé pour qui il était, alors qu'elle avait toujours vu la personne exceptionnelle qu'il était. Elle, la gamine qui manquait de confiance, doutait toujours. Elle le comprenait et le saisissait sûrement mieux que les autres personnes qui l'entouraient. Sauf peut-être Milo. Elle ne l'avait croisé que quelques fois, mais Milo ressemblait à son frère. Eux deux dans une même pièce, elle perdait le cours de la conversation en moins de deux minutes. Attrapant sa veste, elle rejoint son cousin favoris pour sortir du bar, direction leur soirée à eux, loin du reste du monde. — Pizza et glace, c'est parfait. Bien qu'une glace en hiver, c'est un choix cocasse. On s'les gèle ici. — rigola-t-elle en regardant Calvin tout en se dirigeant vers le restaurant qu'il avait réservé. Elle faisait parfaitement confiance à ses choix. Après tout, il la connaissait peut-être autant que elle le connaissait à lui. Elle leva les yeux au ciel en entendant son commentaire, un sourire aux lèvres, amusé. — Te raconter des choses ? Tu vas me questionner sur ma vie personnelle, avoue-le. — Elle savait que Cale aimait savoir les dernières nouvelles de la vie de la musicienne. Elle se faisait un plaisir de tout lui racontait, la bavarde, si ça lui faisait vraiment plaisir. Elle aimait lui parler, avoir son avis. Il était toujours honnête dans ses mots, sans jamais être méchant. Lorsqu'elle savait que ses frères seraient trop extrêmes, trop protecteurs, c'était toujours vers Cale qu'elle se tournait. — Je te raconterais des trucs, si toi aussi tu me parles un peu de ta vie. Deal ? — Ça lui semblait être la contre-partie parfaite.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Jeu 15 Fév - 19:04

Le silence se faisait autour de nos silhouettes. Je hochais la tête en effleurant le bras de ma cousine. Lula comprenait - elle voyait mes défaillances sans se moquer. Sans juger les différence. Elle était fidèle à mon affection. Elle était parfaite sous les émanations des projecteurs. Je lui adressais un sourire mutin. Nos pas s’emmêlaient dans les ruelles de Brighton. Par hasard, j’appréciais notre solitude. Je m’imprégnais des images et des éclats lunaires autour des immeubles. Sa voix résonnait encore dans mes oreilles. Je buvais ses paroles et ses mélodies. Ses regards se détachaient de la foule afin de glisser sur mon visage. Mon expression changeait. Il n’y avait plus l’acné et les lunettes binoculaires. J’avais la chance de renverser les équilibres universels. Mais dans mon coeur, la peur existait encore. Mes parents m’avaient abandonné. Et d’autres m’avaient adopté. Ma famille n’était qu’une substitution. Et parfois, je craignais qu’ils se détournent. Je pinçais les lèvres en marchant entre les galeries. Les lampadaires dessinaient le chemin. Ils scintillaient sous mes yeux. Je voyais mieux - je clignais des cils pour décerner les formes. Ma main se posait sur ma paupière. Les lentilles étaient le voile qui me séparaient du monde. Je préférais les jeux vidéos et les figurines en plastiques, les objets de collection qui ne parlaient pas - ceux qui ne partaient jamais. C’était bête de penser comme ça. Je soupirais en remontant les manches de ma veste. Je poussais la porte du restaurant afin de lui indiquer notre table. Un coin habituel, tapi dans l’ombre de la grande pièce, loin des regards et des gens. Je m’installais en riant. Je voulais connaître ses secrets. Jouer avec ses cheveux. Comme dans nos rêves d’enfants. Comme avant. Je hochais la tête. « La glace en hiver, c’est la vie. » J’étais bizarre et incertain. Je riais en triturant le bout de mes doigts, car malgré notre complicité, le malaise était là. L’agitation de la rue et ses foules tourbillonnaient autour de mon esprit. J’entendais les moqueries comme un écho du vent. J’avais l’impression qu’ils me voyaient au-delà du masque et du succès. «Ok. Ok. Mais y a rien d’exaltant. J’aime bien une fille, mais c’était la queen du lycée. Du coup, je ne sais pas. J’ai zéro chance. » Mes joues rougissaient. Je baissais les yeux. «Et je crois qu’une de mes employées me drague un peu. Mais c’est pas professionnel. » Je n’avais pas l’habitude d’être le centre de l’attention. Les apparences régissaient le monde et je n’étais qu’une illusion dans un prisme de couleurs. Evidement, j’intriguais, puis je finissais par décevoir. Les choses se passaient toujours comme ça.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Jeu 15 Mar - 13:15

Elle avait toujours eu cette relation privilégié avec Calvin. Elle le comprenait, l’écoutait. Elle aimait passer du temps avec lui, ne serait-ce que pour l’écouter parler de tout ce qu’il aime. Elle avait toujours adoré trainer dans ses pattes. C’était devenu presque une habitude, plus jeune, et Calvin avait su lui montrer plus d’une fois qu’il aimait aussi sa compagnie. Et bien qu’ils avaient tous les deux grandis et changés, ce lien n’avait jamais changé. Bien au contraire, il s’était renforcé au fil des années. Le monde fantastique dans lequel Calvin avait grandi, Lula le comprenait. Il lui permettait de se construire une carapace, comme la gamine l’avait fait avec la musique des années plus tôt, ses accords et bouts de paroles lui permettant de s’enfermer dans son propre univers, un où l’on ne viendrait pas lui dire quoi faire, qui être. Cale et elle n’étaient pas très différents, elle l’avait toujours su. Pas besoin de lien de sang pour partager une telle relation, pour la petite blonde, il était autant de sa famille que le reste des Goldstein. Le restaurant fut rapidement atteint, et d’un pas décidé, Lula suivi l’homme jusqu’à la petite table avant de s’y asseoir. Elle pouvait distinguer les angoisses de Cale sans qu’il n’est à parler. Ses gestes trahissaient le garçon effrayé qui se cachait derrière le bel homme qu’il était devenu, pour elle qui l’avait bien connu avant cette transformation. Mais seulement pour elle. Le reste du monde n’avait pas à savoir. Il n’avait aucune raison de se sentir comme ça. Elle le lui avait dit, mille et unes fois, et pourtant, elle le comprenait. Il se lança finalement dans ses récits, lui expliquant tout ce qui se passait dans sa vie, ce qui décrocha un large sourire à la gamine. Elle adorait connaitre les détails de la vie des gens. — T’as pas zéro chance, Cale. — répondit-elle rapidement, un sourire rassurant sur le visage. — Vous n’êtes plus au lycée, vous avez grandis et changés. Je te dis pas de te lancer sans un filet de secours, tu sais que c’est pas mon genre. Mais va la voir, parle-lui. Apprend à la connaitre et laisse-la te connaitre aussi. — Lula n’avait rien d’une professionnelle des relations amoureuses, c’était plutôt le contraire, même. Et pourtant, elle ne pouvait s’empêcher de donner son avis, de commenter tout ou presque. Elle avait toujours été comme ça. — Elle est mignonne, cette employée ? — demanda-t-elle finalement avant de lâcher un petit rire.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Mar 3 Avr - 16:23

Je parlais pendant mon sommeil. Parfois, je me levais et je marchais dans les couloirs de la maison. Le parquet grinçait sous mes pieds. Le monde chancelait, écorché par mes soupirs endormis. Mon corps bougeait sans conscience. Sans véritable ambition. Mes doigts s’agitaient vers le clavier de l’ordinateur. Je pianotais puis je m’effondrais, retrouvant les nuances ténébreuses de la nuit et son insouciance. Je m’oubliais dans ces instants. Je n’avais pas l’impression d’être un imposteur - d’être un enfant adopté. C’était mon instinct de survie. Mon coeur qui me permettait une échappée nocturne, loin des regards des autres et de l’oppression sociale. Loin du vide et du manque d’affection. Ce trou que mes parents ne pouvaient pas combler. Parce que je n’étais pas leur vrai fils. Je n’étais qu’une oeuvre de charité. Une mélodie emprisonnée dans une fiole de cristal, résonnant entre les parois du verre. Incapable de transcender. De s’échapper. De retrouver son instrument. Je déglutis en croisant les bras sur la table. Lula connaissait mes hésitations, mes répugnances aussi. Nos esprits se confondaient, se chevauchaient dans une myriade de pensées troubles et étranges. Elle comprenait mon attachement pour la famille. Et cette peur grandissante, qu’un jour, ils réalisent tous que je ne suis pas digne. Que je m’impose dans leurs existences. C’était ridicule. J’étais un Huxley. Un Goldstein. J’avais grandi avec eux, sous leur bienveillances. Et pourtant, la phobie rongeait ma chair. Elle empoisonnait mon esprit. J’avais été abandonné une fois. Je craignais la seconde. Je m’y attendais. Alors, au lieu de m’émanciper et de quitter la demeure familiale, je restais avec mes parents. Je profitais de chaque moment, de chaque signe. « Elle m’a jamais remarqué. Je crois qu’elle me reconnait pas. Toutes les semaines, je vais au restaurant où elle travaille. Et je lui parle, j’essaie de sortir du lot. Mais je ne suis qu’un client. Et elle n’est qu’une serveuse.» Grommelai-je en hochant la tête. Mes chances étaient limitées. Ce n’était pas une question de charisme ou de confiance, simplement de destinée. Nous n’étions pas compatibles avant. Et je doutais, que les choses soient différentes maintenant, simplement parce que je n’avais plus de problèmes d’acné. « Je ne sais pas. Elle a une grosse poitrine. » Murmurai-je en raillant. C’était gênant de faire des blagues. Mais Lula était ma meilleure amie, l’une des seules avec qui je pouvais réellement échanger - parler, sans tabous, sans crainte. « Et toi ? J’ai du mal à t’imaginer en vrai couple. T’es tellement un bébé. » Elle était adorable et bienveillante. La plus belle personne au monde. Elle méritait ses bonheurs et ses joies. Elle méritait de trouver l’amour, de le couver et de le chanter sur toutes les scènes de Brighton. Je plissais les yeux en l’observant, l’expression émerveillée et envieuse. Le coeur battant, rempli d’espoirs.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Dim 8 Avr - 14:47

Les histoires de Calvin, Lula avait toujours aimer les connaitre. De A à Z, chaque détail. Parce qu'elle les trouvait toujours intéressante, tout autant que son cousin. Tout ce qu'il faisait de sa vie, elle en avait toujours été passionnée. Maintenant qu'il était adulte, qu'il avait son boulot, sa vie, elle ne pouvait s'empêcher de le voir comme un véritable modèle, tout en connaissant ses faiblesses, ses peurs, les choses qu'il avait traversé dans son enfance. Ses commentaires sur la serveuse fit sourire Lula. Elle doutait qu'elle puisse ne pas reconnaitre un type come Cale, encore plus s'il y venait toutes les semaines. — Elle essaye peut-être juste d'être professionnelle. Tu devrais faire un pas de plus vers elle. Tu as quoi à perdre, de toute façon ? — C'était elle qui parlait, une des filles les plus timides de cette ville, du moins dès qu'elle sortait de scène. Incapable de faire le moindre pas vers un homme qui lui plaisait, elle avait dû attendre que Nash les fasse tous, ou presque. Si il avait attendu qu'elle les fasse, elle, ils en seraient encore à prendre un café de temps à autre. Et pourtant, elle ne pouvait pas s'empêcher de donner des conseils, comme s'ils étaient faciles à réaliser. La gamine lâcha un petit rire lorsqu'il répondit finalement à la question sur la fameuse employée. — Je vois que tu lui portes beaucoup d'attention, bravo. — Elle secoua la tête, amusée. Parce que c'était Calvin. Un autre ne l'aurait sûrement pas fait rire, mais elle le connaissait, et c'était un des garçons les plus gentils au monde. Son cousin attaqua finalement la conversation sur l'homme qui faisait maintenant partie de la vie de Lula, et le rouge lui monta rapidement aux joues. — Je suis un bébé et lui est plus vieux que toi. — s'amusa-t-elle en penchant un peu la tête. Leur différence d'âge ne lui faisait pas peur, elle ne l'inquiétait pas plus que ça. Certes, elle avait vraiment l'air d'une gamine, à ses côtés. Mais il l'aimait pour ça, pour ce qu'elle était. Son innocence, sa candeur. — J'ai dû mal à m'imaginer en couple mais... Ça se passe plutôt bien, avec Nash. Alors je profite. C'est la première fois que j'ai une relation aussi sérieuse, de toute façon. — Ses relations se comptaient sur les doigts d'une seule main, et avait toutes finies avant d'avoir vraiment commencé.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Sam 14 Avr - 1:26

Les mots était timides, insoutenables. Je me redressais lentement, adressant un sourire incertain à la vitre. Lula savait - elle connaissait l’ampleur de ces silences sur mon coeur. J’étais un paria dans une famille d’artistes et d’intellectuels. Mes parents étaient médecins. Deux humains merveilleux, passionnés par un enfant miracle souffrant des séquelles d’un syndrome d’alcoolisation foetale et d’une crise identitaire horrible. J’avais reçu une éducation prestigieuse, adaptée à mes complexes et mon état de santé. Et malgré les efforts, je ressentais toujours ce vide autour de ma poitrine. J’étais différent. Je m’étais crée un univers étrange, avec des figures imaginaires et des jeux électroniques. J’avais grandi, l’esprit émancipé dans une sphère solitaire, loin des mondanités et des convenances sociales. Peu importe mes réussites, je ne parvenais pas à me soustraire à cette image. Je n’arrivais pas à être meilleur. Ma gorge se serrait douloureusement. J’aurais voulu lui confier l’origine de ce mal. Parler. Exprimer. Mais Lula était trop précieuse. Je ne voulais pas lui faire de la peine. Mes yeux glissaient sur les façades du restaurant. Je ne faisais pas confiance aux autres. Ils se moquaient, me jugeaient sans cesse. Je triturais mes ongles en hochant la tête. Tara n’était q’un fantasme - l’incarnation d’un amour secret qui submergeait mon âme. « Je … C’est pas trop mon truc. Je sais pas comment faire.» Je marmonnais dans ma barbe. C’était stupide. Je n’avais pas le courage de l’aborder directement. Je craignais les conséquences de ces actes manqués. La conséquences d’une invitation sur notre semblant de relation. « C’est elle qui abuse sur les décolletés. J’ai l’impression d’être obligé de regarder. » Raillai-je, mal à l’aise par la situation. Je n’étais pas le genre à commencer une romance sur mon lieu de travail. Il y avait une hiérarchie à respecter, une harmonie et une assiduité. Je haussais les épaules en jouant avec une serviette. Elle semblait épanouie avec Nash. Sa voix murmurait avec musicalité, dévoilant la sincérité de ses sentiments. Je la couvais - la protégeais dans un mutisme absolu. Je ne faisais pas partie de ses routines. Et peut-être que mon nom n’était qu’un écho dans une conversation échangée avec son petit ami, mais j’étais là, tapi dans l’obscurité d’un couloir, veillant à son bonheur. «Oh tu sais, je joue encore à la console. Tout le monde est plus vieux que moi. » Je soufflais en effleurant son poignet. Le contact était chaud, affectueux. Je me penchais vers son profil. «Tu es belle quand tu es heureuse. Puis il a l’air d’un chic type. » Je gardais le silence pendant quelques instants. Le serveur avait déjà pris notre commande, laissant le temps à notre complicité de s’installer dans la conversation. «Lula, tu m’en veux si je veux retrouver ma famille biologique ? » Je fermais les yeux. L’obscurité remplissait doucement mes paupières. Dans mes pensées, toutes ces femmes, aux yeux translucides et aux cheveux chatoyants étaient ma mère. Toutes ces personnes que je croisais, qui passaient dans la rue étaient une possibilité, une chance de découvrir la vérité. Pourquoi moi ? Pourquoi l’abandon ? Je déglutis en évitant son regard. Je n’exprimais jamais cette envie. Je ne le disais pas, par peur d’être incompris. Mon visage se tournait une fois de plus vers la façade. Je fixais les reliefs poussiéreux du marbre. J’observais sa texture lisse et grisonnantes, comme si les murs de Brighton pouvaient remonter le temps.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Lun 14 Mai - 14:36

Elle l'avait toujours trouvé génial, à Calvin, et n'hésitait pas à le lui dire. Si lui semblait ne voir que ses défauts, elle voyait clairement toutes les qualités qu'il avait, de sa capacité à écouter ceux qu'il aimait à la façon dont il avait réalisé ses rêves en créant sa start-up. Il avait poursuivi ses rêves comme elle l'avait fait, et Lula était bien placé pour savoir à quel point c'était quelque chose de difficile. Alors elle l'avait toujours vu comme un exemple, alors que lui se voyait comme la pièce rapporté de cette famille. Pourtant, pas une fois Lula avait-elle vu Calvin autrement que comme son cousin, qui plus est celui avec lequel elle préférait passer du temps. Elle sourit à sa remarque concernant la jeune femme qui semblait lui avoir tapé dans l'oeil. — Je sais pas comment faire non plus, je vais pas trop t'aider là dessus. — Elle fit une légère grimace, se rappelant bien des débuts de sa relation avec Nash. C'était lui qui avait dû faire tous les premiers pas, tant elle en était incapable. Elle avait eu de la chance. Mais si cette femme n'était elle non plus pas à l'aise avec les premiers pas, ils passeraient tous les deux à côté de quelque chose de potentiellement magnifique. — Si tu veux que je joue les entremetteuse, je peux toujours me sacrifier. — La gamine s'imaginait déjà aller à la rencontre de la dite femme pour vanter les mérite de son geek de cousin. Elle pouffa de rire en entendant son commentaire sur les décolletés de sa collègue de bureau. — Je crois que c'est sa façon à elle de... jouer de ses charmes. — Si elle ne raffolait aucunement des hauts un peu trop échancrés, elle pouvait parfaitement imaginer la scène. Ce n'était pas son genre, à Cale, de craquer pour une paire de seins qu'on lui mettait sous le nez. Du moins, pas d'après ce que Lula en savait. C'était un type bien. Quand bien même il craquerait pour cette employée et ses arguments, il restait un type bien, et ça personne ne pourrait jamais le changer. Il avait traversé trop de choses, mais il était pourtant resté quelqu'un de gentil et d'honnête, alors que la vie aurait sûrement voulu qu'il devienne aigri. Il avait traversé l'enfer de part et d'autres, pour finalement réussir à atteindre l'autre côté. Elle osait espérer qu'aujourd'hui, la vie était pour lui moins pénible qu'elle l'avait été, quelques années plus tôt. Son visage s'illumina lorsqu'il parla de Nash. La Goldstein était heureuse en amour, peut-être pour la première fois. — C'est un bon gars, je t'assure. Tu l'apprécierais beaucoup. — Du moins, elle l'osait l'espérer. Si un jour ils venaient à se rencontrer, elle avait du mal à imaginer l'un ne pas apprécier l'autre. Après tout, ils faisaient tous les deux partis de ce petit cercle de gens qui lui étaient réellement proches. Cale attendit que le serveur soit reparti pour lancer une question qu'elle ne pensait jamais entendre. Elle le détailla du regard, Lula, juste un instant pour essayer de savoir ce qui se cachait derrière tout ça. Elle n'était pas adoptée, elle. Elle ne pourrait certainement jamais comprendre. — Évidemment que non. Si c'est ce que tu veux, alors moi aussi. — Une chose était sûre, elle ne lui en voudrait jamais pour ça. Il n'y avait rien de plus normal à ses yeux, et peut-être avait-il attendu trop longtemps avant de se décider à franchir cette étape. Mais il l'avait fait à son rythme, et elle le soutenait entièrement. — Je resterais ta cousine préférée, pas vrai ? — demanda-t-elle quand même, un doux sourire au visage.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Mar 15 Mai - 18:10

Sauve-moi. Prend ma main. Je suis incertain. Je ne sais plus. Mon sourire étouffait sur mes lèvres. Le sentiment était étrange - comme si le monde était sur le point de s’éteindre. Que ces instants vécus, n’étaient que les fragments d’une vie ailleurs, différente. Rien ne m’appartenait ici. Je n’étais qu’un fils de substitution. Un enfant recueilli, dans la nuit. Et maintenant, mon sang bourdonnait dans mes oreilles. Je ne connaissais pas mes origines ni mes historiques familiaux. Remplir un formulaire médical était une torture. J’ignorais les antécédents de mon sang, les maladies et les malédictions. Alors, je me contentais d’esquiver. De cocher les cases vides pour créer l’illusion. Je redressais la tête afin d’observer Lula. Je l’aimais tellement, probablement plus que les autres. Elle avait cette douceur au creux des yeux. Cette naïveté au coin de la bouche. Nous étions si similaires, si attachés. Je marmonnais en jouant nerveusement avec ma serviette. « On a échangé quelques messages. Elle a dit que j’étais mignon mais je sais pas si c’est un compliment. En général, on dit d’un mec qu’il est viril, costaud - sexy. J’ai l’impression d’être une peluche. » Marmonnai-je exaspéré. Je n’avais pas de sex appeal, je n’arrivais pas à user mes charmes pour attirer l’attention. En général, les regards me gênaient. Les longues conversations et le contact physique. J’étais mal à l’aise en société, mal à l’aise quand il fallait être intime. «Le charme d’une femme c’est son intellect. » Je le pensais réellement. Je n’étais pas attiré par le physique - ni par les promesses éphémères d’une aventure torride. Je voulais plus, combler le vide inhérent aux abandons, à l’inconnu. Je plissais les yeux en prenant une cuillère de glace. « Je suis certain aussi. Il a l’air cool, ton Nash. Tu devrais peut-être nous présenter. Je ferais le cousin protecteur.» Zéro crédibilité. Je n’étais pas une personne intimidante. Ma carrure n’était pas. Mon expression était douce, effacée dans un faciès neutre et imperturbable. Je me redressais, tout à coup. Ces mots que je prononçais n’étaient pas faciles. Je n’osais pas aborder le sujet de mon adoption avec mes parents. Je n’arrivais pas à briser le coeur de maman, simplement pour assouvir ma curiosité. Mais j’étais malheureux. J’avais mal à en crever. Je soupirais en esquissait une moue timide. « T’es ma personne préférée au monde, Lula. » Je sifflais entre mes dents. Je fixais les motifs de la nappe, incapable de soutenir son regard. « Et moi, je suis juste un inconnu. Je voudrais seulement savoir d’où je viens. Pourquoi, elle m’a laissé ? Je suis si détestable - y a rien à aimer chez moi ? Je me demande ce que j’ai fais de travers pour qu’elle m’oublie comme ça. » Ma voix tremblait. Je n’avais pas de réponses et l’orphelinat ne pouvait pas m’aider. Je devais engager un détective privé et faire mes recherches seul. Je devais connaître la vérité pour vivre en paix.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Mar 29 Mai - 0:39

S'il n'avait pas été dans sa vie par cette adoption, cette chance du destin, Lula était certaine que son chemin aurait croisé celui de Calvin autrement. C'était leur destiné. Ils étaient bien trop complémentaire pour que ce ne soit pas le cas. L'avoir comme cousin, comme membre de sa propre famille, l'emplissait de joie. Il n'y avait aucun besoin de liens de sang, entre eux, la force de leurs esprits les rapprochaient inévitablement. C'était son cousin, point à la ligne. Gare à ceux qui osaient dire autrement. Elle fronça les sourcils, la gamine. — Je dis que Nash est mignon tout le temps. Ça l'empêche pas d'être costaud et sexy, pourtant. — Lula haussa les épaules, comme si c'était une évidence, mais au fond, elle n'en savait rien. Elle donnait des conseils sans réellement maitriser le sujet, mais elle adorait faire ça. — Tu la connais à peine. Si elle te dit directement que tu étais sexy et viril, c'est qu'elle cherche un plan cul, Cale. — Large sourire pour appuyer ce fait dont elle est certaine, sans savoir pourquoi. Ou elle est très sûre d'elle. Elle ne le dit pas à voix haute, pourtant. Elle ne voulait pas l'inquiéter, le faire stresser plus que ce n'était le cas. Si Lula manquait de confiance en elle, lorsqu'elle était avec Calvin, c'était elle, celle qui avait le plus de confiance. Et elle tentait d'agir comme tel. Un léger rire lui échappa lorsqu'il se prit un instant pour le cousin protecteur. Elle avait du mal à l'imaginer dans ce rôle là, étrangement. De toute façon, ces trois grands frères savaient déjà s'y prendre à la perfection. Lui, il était trop doux pour ça, trop gentil. Lula ne voulait pas qu'il change, ni pour impressionner Nash, ni pour une autre raison. Il était parfait comme ça, quoi qu'il en pense. Elle ne voulait tout simplement pas qu'il change un jour. La révélation sur ses recherches eut beau la surprendre, elle ne la choqua par pour autant. Elle le comprenait. Mais les quelques explications qu'il lui apporta fit se serrer le coeur de la gamine dans sa poitrine. — T'es pas un inconnu, Cale. T'as une famille, maintenant. — Mais pas une famille biologique, et Lula le savait. Elle avait beau vouloir de tout son être que les Huxley et les Goldstein soient assez pour lui, elle comprenait que ce ne soit pas possible. Sa main traversa rapidement la table qui les séparait, venant se poser sur celle de l'homme en face d'elle, pour le rassurer. — Et j'aime absolument tout chez toi, moi. Ta mère biologique... Elle ne sait pas ce qu'elle rate. Mais égoïstement, je suis contente que ça nous ait mit sur la même route. — Elle lui sourit rapidement, comme pour le rassurer, avant d'ajouter. — Elle ne t'a pas oublié. On n'oublie pas son enfant, ça j'en suis sûre. Tu ne sais juste pas qu'elle pense à toi. Retrouve-la. Dis-lui tout ce que t'as sur le coeur, et j'espère vraiment que ça t'allègera d'un poids dans ta vie.  — Le supporter dans sa décision, c'était bien la seule chose qu'elle pouvait faire, pour l'instant. Elle serait là pour lui, quoi qu'il en soit.

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MessageSujet: Re: sing to your soul + lula    Jeu 7 Juin - 20:22

Ils mentaient tous. Les gens, leurs yeux. Mes parents. Je redressais les épaules en vacillant sur ma chaise. Les pensées cheminaient autour de mon coeur, têtues et haineuses. Une facette que Lula ne connaissait pas. Un mensonge qui s’entortillait dans ma chair. Je l’observais en silence, laissant les sourires étouffer le dépit. Une noirceur qui vivait en moi. La rage d’une vie qu’on m’avait dérobé, puis d’autre, plus harmonieuse et équilibrée, qu’on imposait pour me faire oublier que j’étais l’enfant abandonné. Celui dont personne ne voulait. Mes doigts glissaient sous la nappe. J’effleurais les contours rugueux de la table et les reliefs matériels d’un monde réel. Bien loin de mes jeux videos et des algorithmes. Des mystères de la fantaisie et de l’imagination. Je lui confiais tous mes secrets, mais elle ne pouvait pas ressentir le vide. Elle ne connaissait pas ce manque qui se creusait dans mes bronches. A trop respirer à l’envers. A trop rêver d’une femme que je n’avais jamais aimé. Je me perdais. Je me faisais mal. Sans origine et sans quête, une identité que ma famille de substitution ne pouvait jamais m’offrir. Je soupirais sans oser lui parler. Parce que les larmes se cachaient entre mes cils. Les perles de lumière roulaient sur mes joues. J’en avais honte. Je détestais mon sang et mon ingratitude. « Je sais pas. J’veux lui plaire. » Un aveu à demi-mots pour s’éloigner. Pour effacer la vraie douleur. Je pinçais les lèvres en fixant la porte. Mes muscles se tendaient alors qu’elle énonçait ses paroles. Lula était différente. Elle était la seule, l’unique à réellement toucher mon âme. Sa voix, même lorsqu’elle ne chantait pas, transcendait mon coeur. Je la regardais avec tendresse. «J’espère qu’elle s’en veut à mort, jusqu’à en devenir malade.» Je grommelais en serrant les poings. Pour la première fois, le démon s’éveillait. Mes ressentiments étincelaient au coin de ma bouche. L’émotion remontait, elle brûlait mes yeux et ces lentilles stupides qui s’agglutinaient sur mes prunelles. Encore une tentative, d’être normal. De renvoyer l’image qu’il fallait. Pour éviter les jugements et les moqueries. Pour ne plus être, ce foetus alcoolique, pleurant des nuits entières pour exprimer le manque. L’addiction à une liqueur qu’il n’avait jamais goûté. « C’est à cause d’elle que je suis comme ça. » Parce qu’il s’agissait d’une tare. Une torture d’exister en demie teinte. Sans amies, sans capacité à s’adapter socialement. Je ne méprisais pas les autres. J’en avais si peur, que je me noyais dans ma coquille. « Je veux lui dire que c’est la personne la plus pathétique au monde. Que je l’ai attendu pendant trente et un ans. Mais elle n’a jamais essayé, pour que je puisse tout pardonner. Maintenant, je la retrouve juste pour lui dire qu’il est trop tard. » Un tissu de mensonges. Je la cherchais parce que le manque d’elle était pire que l’alcoolémie. Que le souvenir, même imaginaire, de son étreinte, une fraction de secondes avant qu’elle ne me dépose à l’orphelinat - suffisait pour créer un lien. Pour hanter mon existence.

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