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 — ghost of you. (lysandra)

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Graham Shreve

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MessageSujet: — ghost of you. (lysandra)   Dim 31 Déc - 14:59

- ghost of you -
lysandra hart x graham shreve


Les matinées se ressemblaient toutes, pour Graham. Levé aux premières lueurs du soleil, il sautait hors du lit pour profiter des quelques dizaines de minutes avant de ne devoir réveiller les deux terreurs. Se doucher, s'habiller, ranger ce qu'il n'avait pas prit le temps de mettre à sa place la vieille, préparer deux petit-déjeuners complets et un café pour lui, puis enfin, aller réveiller ses enfants. Mia était du genre calme, le matin. Un peu grognon, surtout après son frère. Parce que Felix, lui, sautait hors du lit comme une pile électrique, déjà prêt pour affronter sa journée. Graham devait sans cesse lui dire de se calmer, que c'était trop tôt pour parler si fort, ou parler de musique, ou parler de sport, ou juste parler. Graham était comme Mia: il aimait ses matinées les plus silencieuses possibles, du moins tant qu'il n'avait pas ingurgité son café. C'était la routine de ses matinées de semaine, qui se prolongeait ainsi: aider les enfants à s'habiller, s'assurer que leurs affaires sont dans leurs sacs respectifs, leur donner de quoi manger à midi ou éventuellement de quoi s'acheter à manger, sauter dans la voiture en direction de l'école où ils étaient inscrits depuis le début de l'année, généralement un poil en retard sur le planning. Ils arrivaient à l'école au moment de la sonnerie, Graham avait à peine le temps de se garer et de les accompagner à l'intérieur, qu'une institutrice lui tombait dessus. — Oui, je sais, on est encore en retard. Le principal, c'est qu'ils soient là, non ?Si leur mère était là, se retenait-il d'ajouter à chaque fois, ils seraient toujours en avance de quinze minutes, avec un bon déjeuner dans le sac. Mais ce n'était pas le cas. Elle n'était pas là pour aider Graham avec ce quotidien qui l'ennuyait franchement, avec ces institutrices bien trop désagréables avec lui, ou avec les quelques mères célibataires qui tentaient tous les matins tant bien que mal de lui faire la conversation, à lui, le père célibataire qui avait envie de tout sauf de faire la conversation. Un peu trop de contact humain, de socialisation pour lui, qui aimait être seul. Après avoir embrassé ses enfants et s'assuré qu'ils étaient bien pris en charge, il filait de l'école, ne s'attardant que rarement. Laissant sa voiture garée sur le parking de l'école, il allait jusqu'à la boulangerie du coin récupérer du pain, parfois accompagné de desserts pour les deux terreurs avec qui il partageait sa vie. Le reste de la journée changeait généralement d'un jour à l'autre, bien que rares étaient les activités qui l'enchantaient vraiment. Rendez-vous dans des galeries d'art qui rejetteraient ses photos, rendez-vous avec des types pas nets qui achèteraient les oeuvres qu'il avait à proposer, rendez-vous avec un psychologue pour au final rester assit pendant cinquante-cinq minutes sans rien dire, les cinq premières minutes servant aux habituels "comment allez-vous ?" "très bien et vous ?", comme si quelqu'un qui avait perdu la femme de sa vie pouvait aller très bien. Comme si qui que ce soit chez un psychologue pouvait aller très bien. Promenade en ville ou sur la mer où, au lieu de voir la beauté du monde, il voyait toute sa laideur, et ce depuis qu'il avait cessé de croire au retour de sa femme dans sa vie et celle de ses enfants. Oui, le reste de la journée changeait généralement d'un jour à l'autre, et Graham n'avait aucune idée de ce qui l'attendait ce jour-là, après avoir récupéré son pain et les desserts préférés de ses enfants.

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Lysandra Hart

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MessageSujet: Re: — ghost of you. (lysandra)   Dim 7 Jan - 4:18

Lysandra jeta un coup d’œil à la montre qui ornait son poignet, et dû la retourner afin d’afficher son cadran, le bracelet de cette dernière ayant tournée : encore quelque chose qu’elle aurait à changer. Comme la totalité de sa garde-robe, en vérité, car bien peu de choses lui convenaient, désormais. Sa silhouette, déjà affinée, avait perdue de sa vigueur et ses traits de creusaient un peu plus sur son visage délicat. Elle semblait ne pas avoir d’âge, comme si le temps s’était arrêté au cours des dernières années, n’attendant que son retour pour reprendre son libre cours. Une vibration dans la poche de son veston attira son attention et elle agrippa le téléphone qui s’y trouvait. Sa mère, lui annonçant son possible retard pour ce petit-déjeuner qu’elle devait partager ensemble. Un petit souci domestique, semblait-il. Un léger soupirement agacé expia de ses lèvres alors qu’elle rangeait l’appareil là où il se trouvait, quelque instant auparavant, reprenant sa marche vers ce petit café dont sa mère lui avait tant parler. Elle ignorait s’il s’agissait d’une nouveauté dans le quartier, ou un autre élément que sa mémoire avait mit de côté. Son regard avisé scrutait la devanture des nombreux commerces qui bordaient l’avenue où elle marchait, et elle reconnut bons nombres d’entre eux, qui logeaient à la même adresse depuis bien longtemps, certains même depuis sa plus tendre enfance. La vitrine d’une galerie d’arts la ralentit néanmoins dans son exploration urbaine et elle s’arrêta devant la grande baie vitrée pour scruter les œuvres qu’elle pouvait apercevoir de l’extérieur.  Plusieurs toiles du même artiste décoraient l’endroit, et elle les étudia avec attention, songeant qu’un tel élément décoratif s’agencerait parfaitement avec le reste de son appartement. Ou plutôt de leur appartement, à Miles et elle. En dehors de quelques meubles qui s’y trouvaient déjà – récupérés chez ses parents, ce dernier était vide et sans vie, mais confortable. Mieux que l’environnement hostile dans lequel elle avait passé les trois dernières années de sa vie. Fouillant dans le sac en bandoulière accroché à son bras, elle en sortait un crayon et un calepin, et elle se mit à noter l’adresse de l’endroit, le numéro de téléphone ainsi que le nom du dit artiste en exposition. Elle ne remarqua pas qu’au loin, on l’observait avec attention, telle une apparition surnaturelle ou un mirage qui serait subitement apparu dans le paysage de Brighton.

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MessageSujet: Re: — ghost of you. (lysandra)   Mar 9 Jan - 0:43

Il n'était pas d'humeur à aller plus loin, à faire quoi que ce soit. La seule chose qu'il se voyait faire, c'était s'affaler dans son canapé, regarder la télévision en fumant, pleurer certainement plus qu'il n'oserait l'admettre plus tard. Oui, même après trois ans, Graham pleurait encore l'absence de sa femme. Les mains dans les poches de sa veste, il remonta rapidement la rue, se rendant vers sa voiture pour pouvoir rentrer. Il ne ressortirait pas avant la fin de la journée, l'heure de sortie des enfants. Peut-être, alors, serait-il de meilleure humeur, et ils pourraient tous les trois aller manger dans un des fast-food préféré des jumeaux. Pour l'instant, il ne s'en sentait pas la force. Il y avait des journées avec, des journées sans. Aujourd'hui était un jour sans. Comme soixante-quinze pour cent des journées. Passant devant des magasins qu'il connaissait par coeur, Graham ne regardait même plus les vitrines. Il les connaissait, et si elle venait à changer, il s'en fichait bien. Il s'arrêta finalement en remarquant une silhouette devant lui, plantée devant la galerie d'art du coin. Relevant le regard vers la femme en question, il resta immobile, incapable de parler ou de bouger pendant de trop longues secondes, comme si tout s'était arrêté un instant autour de lui. Il n'était même pas sûr que son coeur batte encore, même s'il lui faisait affreusement mal, à cet instant. Cette impression, il l'avait ressenti tant de voix. Dans les rues bondées de monde, dans les supermarchés, lorsqu'on sonnait à la porte de chez lui. Il clignait les yeux deux ou trois fois, et l'impression était passée. Il s'évertua à faire de même, toujours planté à quelques mètres du fantôme devant lui. Il cligna des yeux, encore et encore, attendant que cette déformation de la vérité le laisse enfin, qu'il réalise que devant lui, ce n'était qu'une inconnue. Une brunette quelconque, mais pas sa femme. Rien à faire, cela persistait. Le fantôme ne partait pas, la réalité ne se rétablissait pas, et il était toujours de la voir elle, devant lui. Sa femme. Il fit quelque pas vers elle, assez pour être dans le champs de vision de la brune. Assez pour qu'elle prenne peur et fuit, tant c'était probablement trop proche. On n'approchait pas quelqu'un comme ça. Mais c'était Lysandra, et il avait besoin d'en être sûr, d'être proche d'elle. S'il n'avait pas été un minimum conscient de sa folie, il aurait sûrement tenté de toucher son visage, pour s'assurer qu'il retrouverait sous ses doigts les courbes et les traits de celle qu'il aimait tant, et pleurait tant. Mais non, il resta immobile, finissant par oser parler, la voix faible et tremblotante, remplie d'émotions. — Lysandra ? — Graham n'osa pas détourner le regard, mais il sentit son coeur se serrer un peu plus lorsqu'elle le regarda enfin. Ce n'était pas un fantôme, comme il en avait tant vu, pendant son absence. Ce n'était pas son esprit qui lui jouait des tours. Non, c'était elle. C'était bien elle. Et pourtant, dans son regard, rien. Elle ne semblait pas avoir la moindre idée de qui il était. Oh, on l'avait prévenu que depuis qu'elle avait été retrouvée, elle semblait souffrir d'amnésie. Mais pas lui. Elle ne pouvait pas avoir oublié son mari, tout ce qu'ils avaient vécu, tout ce qu'ils s'étaient aimé. Et pourtant, dans son regard, le vide. L'incertitude, l'interrogation, ce regard presque troublé lorsqu'on vous accoste sans que vous ne sachiez pourquoi. Elle ne savait pas pourquoi. Elle ne savait pas qui il était. — Je... Je dois y aller. — C'est tout ce qu'il trouva à dire, le Shreve, et il fit volte face sur lui même, partant dans le sens inverse, sans savoir où il allait. Il avait besoin de s'éloigner. Il avait besoin d'air. Il avait besoin d'un saut d'eau froide sur la tête. Rien n'allait. Il n'avait jamais ressenti cette sensation purement indescriptible. Rien n'allait, c'est tout ce qu'il savait.

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MessageSujet: Re: — ghost of you. (lysandra)   Dim 21 Jan - 23:00

Elle ne sent pas le regard qui s’attarde sur elle, qui l’ausculte dans le plus grand des silences. Elle ne remarque pas l’homme qui la scrute avec ferveur, tentant de chasser à son esprit cette parfaite illusion de celle qu’il aimait et qu’il avait perdu. Un fantôme du passé, une revenante d’entre les morts, un mirage que ses yeux n’hallucinaient pas, qui était bien réel, presque palpable du bout des doigts. Son visage rivée vers le calepin, où elle mettait en écrit les diverses coordonnées de la galerie d’arts, elle se préoccupa peu de cette silhouette qui fit apparition dans son champ de vision, persuadé que, tout comme elle, il n’en avait que pour la vitrine, là où était exposé des œuvres de grands talents. Mais il n’était aveuglé que par elle, par sa présence presque mythique dans les rues de Brighton, par son aura qui l’éblouissait, lui qui avait tant chercher sa lumière au cours des trois dernières années. Lorsqu’il prononça son nom, elle sursauta légèrement avec de vriller son regard incertain sur l’inconnu à ses côtés. Il la connaissait, il savait qui elle était, mais elle était incapable de le reconnaitre, cet homme qui venait de l’aborder. Le néant dans son esprit. Un album-photo vide,  où une multitude de visages avaient été floutés, semant la confusion dans son esprit. Cette façon qu’il avait eu de prononcer son prénom, l’espoir qu’elle avait vu naître dans le fond de ses yeux, tout ça disparu lorsqu’il remarqua qu’il n’était plus rien pour elle, qu’un étranger. Dans une autre vie, elle l’avait aimé, cet homme. En son for intérieur, quelque part dans ce subconscient déficient, une part d’elle-même se lamentait, incapable de retrouver son tendre aimé. Mais l’expression sur son visage n’affichait que de la confusion, et il sentit le besoin de fuir, de s’éloigner. S’excusant, il lui tourna le dos et entreprit de mettre la plus grande distance entre eux d’eux. Lysa, alors, su pourquoi ce visage, pourtant méconnue, lui semblait vaguement familier. Sur les portraits qu’on ne cessait de lui montrer, cherchant à susciter la moindre réaction, à réveiller le moindre souvenir chez elle. Il était heureux, sur ses photos, presqu’autant que la femme à ses côtés. Cette femme qu’elle avait été, mais que sa mémoire avait oblitérer dans un sale tour du destin. – Graham ? – lâcha-t-elle, juste assez fort pour qu’il l’entende et stoppe sa course. – Vous êtes Graham Shreve, n’est-ce-pas ? – Ce nom, sortit d’entre ses lèvres, lui paru étrange. Il avait une saveur particulier qu’elle ne parvenait pas à identifier. Elle  ne l’avait pas prononcer depuis si longtemps qu’il en avait perdu sa signification. Pour elle, il n’était que ça, désormais : un nom. Des lettres écrites au dos d’une vieille photo de mariage, qui décorait le mur de la maison de ses parents.

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MessageSujet: Re: — ghost of you. (lysandra)   Lun 22 Jan - 17:23

Son retour, il l'avait imaginé mille et unes fois, lors de ses nombreuses nuits dans sommeil. Le regard rivé sur l'obscurité, il imaginait sa femme lui revenir. Pouvoir la serre contre lui, entendre sa douce voix, voir son visage, tout simplement. Il ne cessait d'y penser, une prière silencieuse qu'il faisait sans trop savoir à qui l'adresser, espérant qu'un jour, celle qu'il aimait tant lui revienne. Elle était revenu, mais pas pour lui. Lysandra était là, à observer les vitrines comme si rien n'était, comme si, aux yeux du Shreve, elle n'était pas un fantôme revenue d'entre les morts, une apparition divine qu'il avait finit par arrêter d'espérer, après trop d'années. L'espoir, c'est ce qui l'avait brisé. Il avait cru, trop longtemps, sûrement. Chaque matin, il s'était levé avec l'espoir que ce serait le bon jour. Jusqu'à ce qu'il n'en ai plus la force, et qu'il décide de subir plutôt que d'espérer. Subir la disparition, le manque, le chagrin. Il avait fini par devenir un homme aigri, malheureux, désespéré de la voir un jour lui revenir. Il tourna les talons en voyant ce regard vissé sur lui, cet air confus qu'elle avait. Elle ne le reconnaissait pas. Il avait espéré, à nouveau, lorsqu'on lui avait annoncé qu'elle était en vie mais amnésique. Il avait espéré que lui, elle le reconnaitrait. Tant d'années à ses côtés, comment pouvait-elle l'avoir oublié ? S'éloignant aussi vite qu'il le pouvait, le brun s'arrêta malgré tout en entendant sa nom. Sa voix, bien que légèrement différente, restait sa voix. Celle de sa femme, qu'il avait longtemps entendu dans ses rêves, là où ils vivaient encore heureux et amoureux. Et, petit à petit, comme un souvenir qu'on oublie, sa voix avait disparu de sa mémoire. L'entendre à nouveau, pourtant, ramena à Graham tout un tas de souvenirs. Il hésita un instant, puis lui fit à nouveau face, l'observant alors qu'il tentait tant bien que mal de ne pas se montrer trop sensible. — Tu me vouvoies ? C'est la meilleure. — Il avait marmonné, avant de se passer les mains sur le visage. Il devait l'accepter, accepter qu'elle avait oublié qui il était, assez pour lui poser une telle question. — Oui, c'est ça. — répondit-il finalement, se ressaisissant, regardant à nouveau la belle brune devant lui. — Et tu es Lysandra Hart. — C'était idiot, elle savait probablement son nom. Il ne savait pas encore, Graham, ce qu'elle se souvenait et ce qu'elle avait oublié. C'était comme revoir un vieux souvenir qui n'est plus exactement pareil. La peine dans sa poitrine ne cessait d'augmenter à mesure qu'il fixait sa femme. Il avait besoin qu'elle le reconnaisse, besoin de la prendre dans ses bras pour réaliser qu'elle était bien elle, qu'elle était bien là. Il avait cru trop longtemps l'avoir perdu pour toujours, il l'aimait trop, pour devoir agir comme un étranger. — Tu... Tu ne te souviens pas, c'est ça ? Tu m'as vraiment oublié ? — La réponse serait sûrement une déception de plus, mais il devait savoir. Il devrait en être sûr. Il ne pouvait pas souffrir plus que c'était déjà le cas.

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MessageSujet: Re: — ghost of you. (lysandra)   Lun 29 Jan - 1:40

La situation était difficile pour Lysandra, bien que son attitude témoignait parfois du contraire. Son retour à Brighton avait suscité un espoir chez l’homme, des attentes particulières qu’elle n’était pas en mesure de combler. Il restait, pour elle, un étranger avec qui elle partageait un passé dont elle n’avait plus aucun souvenir. Et elle s’en voulait terriblement de ne pas être celle qu’il aurait tant voulu retrouver. Son subconscient l’avait privé d’un pan énorme de sa vie, l’arrachant à cet homme, à cette famille qu’ils avaient fondée à deux sans qu’elle n’ait son mot à dire, sans qu’elle ne puisse y faire quoique ce soit, sauf en subir les conséquences dévastatrices, à l’image du sort que la vie lui avait réservé au cours des trois dernières années. Trois ans où le brouillard avait pris de plus en plus de place dans son esprit, scellant à double tour ces précieux souvenirs dans un coin de sa tête dont elle ne possédait pas les accès. Ils avaient pourtant tout essayé, les spécialistes qui se penchaient sur son cas, mais elle restait hermétique à leurs nombreux efforts. Seul le temps, désormais, restait leur allié. N’importe quel geste, n’importe quelle parole pouvait être un déclencheur, et ils comptaient ardemment sur son retour au bercail avoir un impact sur ses pensées endommagées. Mais pour le moment, sa seule présence dans cette ville lui occasionnait un stress immense, sans parler de ce sentiment de culpabilité qui l’envahissait peu à peu, alors qu’elle tentait de retenir cet homme qu’elle avait aimé, dans un autre vie. Elle le vit hésité, avant de le voir revenir sur ses pas, son cœur se serrant en apercevant l’air débité sur le visage de son opposé. Il confirma être celui dont elle ne connaissait désormais plus que le nom et le visage, et à la façon dont il prononça le sien, elle comprit que toute cette histoire n’avait rien de simple. Une certaine rancœur habitait sa voix, et une tristesse amère s’y infiltrait, l’homme semblant à la fois partagé entre le soulagement de la savoir toujours vivante, mais cette incapacité de la retrouver, de récupérer celle qu’il avait laissé partir, trois années plus tôt pour ce qui n’aurait dû être que quelques semaines. Son regard ne cessait de la dévisager, et Lysa éprouva un léger malaise d’être ainsi observer de la sorte. Elle détourna les yeux vers un point loin derrière lui, focalisant son attention sur ce dernier pour éviter de croiser ce regard qu’elle ne saura supporter. Mais lorsqu’il la questionna de sa voix tremblante, elle ne put s’empêcher de le fixer à son tour, visiblement attristée de la situation. – Je suis vraiment désolée… - se confit-elle en excuse, alors que cette situation lui avait échappé avant même qu’elle ne puisse comprendre ce qui se passait. Son monde, au cours des trois dernières années, n’avait été que chaos et destruction, que cris et larmes. Et puis, il y avait eu Miles, l’homme qui avait sacrifié sa vie pour protéger la sienne. Son seul point d’ancrage, désormais, dans ce monde aussi étrange que familier. – Je ne voudrais pas vous faire miroiter de faux espoirs en prétendant le contraire… je n’y parviendrai pas. – La sincérité  perçait au travers du timbre de sa voix, et elle baissa les yeux face au poids énorme qui reposait sur ses frêles épaules. Elle aurait tant voulu que les choses en soient autrement, pour éviter ces souffrances inutiles. Pour ne pas voir la peine au travers des yeux de cet homme dont elle ne connaissait rien mais qui savait tout d’elle. Un homme qui n'avait jamais cessé de la chérir, même après toutes ses années. Mais il était désormais amoureux d'un fantôme, et elle n'en était que le portrait bien vivant.

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MessageSujet: Re: — ghost of you. (lysandra)   Mer 14 Fév - 14:37

Sa relation avec Lysandra avait toujours été des plus parfaites. Il avait été là pour la soutenir et l’aider à leur début, puis rapidement, ils étaient tombés fou l’un de l’autre, avant de finir par se passe la bague au doigt un beau jour. Ce n’était une surprise pour personne. Ils étaient fait pour être ensemble. Graham n’avait jamais douté de ça, de ce qu’ils partageaient, de cet amour sans limite. Puis elle était parti, et on lui avait annoncé qu’elle ne reviendrait pas. Il avait gardé espoir Graham. Un peu trop, sûrement. Il avait espéré que ce jour arriverait, qu’elle rentrerait enfin à la maison. Jamais n’avait-il imaginé qu’elle pourrait l’avoir oublié entre temps. Après tout ce qu’ils avaient partagé, de la naissance de leurs enfants aux plus simples matins où il se réveillait à ses côtés, il se souvenait de chaque instant aux côtés de Lysandra, alors qu’elle les avait tous oublié. Elle le fixait comme un étranger, ne le reconnaissant qu’à peine, sûrement à cause de vieilles photos qu’on avait dû lui montrer pour faire revenir sa mémoire. Mais elle ne se souvenait pas de lui. Les excuses que la brune lui présenta lui fit rapidement secouer la tête. — Tu crois que je vais me contenter de ça, Lysa ? On parle d’un mariage. De deux jumeaux absolument magnifiques, qui pleurent leur mère tous les jours. Probablement autant que moi. — Hors de question qu’il se contente de ça, quelques mots pour lui dire qu’il doit aller de l’avant, ou une connerie du genre. Il ne laissera pas sa femme l’oublier de la sorte. Il allait se battre, Graham. Il ne savait pas encore comment, mais il ne perdrait pas sa femme alors qu’il venait tout juste de la retrouver. La fixant attentivement, comme s’il tentait de se remémorer chaque trait de ce visage qu’il n’avait pas vu depuis si longtemps. Elle lui avait tant manqué, Lysa. C’était difficile de ne pas s’approcher d’elle, passer ses doigts sur son visage comme il avait tant voulu le faire depuis ces trois dernières années. — Tu ne te souviens vraiment de rien ? De notre maison, de notre histoire… de nos enfants ? — Graham ne pouvait concevoir qu’elle ai pu oublier les jumeaux, leurs adorables enfants, qui avaient dû comme lui avancer dans une vie où leur mère n’est pas là pour les border le soir ou leur lire une histoire. Ils s’y étaient fait, comme lui, mais ça ne voulait pas dire qu’ils n’en souffraient pas malgré tout. Ils donneraient tout pour voir cette mère fantôme, cette femme dont ils n’ont que de vagues souvenirs, et pourtant tant de questions la concernant.

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MessageSujet: Re: — ghost of you. (lysandra)   Mar 20 Mar - 18:41

Elle ne pouvait qu’imaginer la détresse qui habitait l’homme qui lui faisait face, ce sentiment d’injustice qui devait le prendre au trippe. Sa femme qu’on lui rendait enfin, après trois années d’absence. Une femme qui l’avait oublié, qui n’avait plus aucun souvenir de celui qu’elle avait épousé, des années plus tôt. Une femme, qui ne se souvenait même pas de l’existence de ces propres enfants. Graham se retrouvait devant celle-ci, abattu, désarçonné, et Lysandra devait endosser, sans le vouloir, le rôle de méchante, dans toute cette histoire. Elle le sentait, ce regard posé sur elle, pleins de jugements et d’incompréhensions. Comme si elle était seule responsable de leur malheur, comme sa souffrance des dernières années n’avait plus son importance. Elle se sentit attaquer par ses propos, par ses remarques qui ne firent qu’accentuer son malaise face à la situation. Il jouait de ses sentiments en tâchant de l’atteindre, et même si elle ne pouvait s’empêcher d’être attristée du sort de ces pauvres enfants, le fait qu’il semble en profiter pour la culpabilisé l’offensait. – Vous croyez peut-être que je le fais exprès, Graham? – lui lança-t-elle avec une certaine amertume au fond de sa voix, pourtant si calme, si posée, habituellement. – Vous croyez que ça m’amuse de savoir toute la peine que ma condition cause autour de moi? – Son corps, encore fragile après trois années de malnutrition et de maltraitance, tremblait. Pourtant, elle se tenait toujours aussi droite devant cet homme, cet homme qui, dans une autre vie, avait ravi son cœur. Le silence tomba entre eux, et au bout d’un moment, il reprit la parole, plus doucement cette fois. Mais ses paroles, encore et toujours, ne tournaient qu’autour d’eux, de leur maison, de leurs enfants. Pas un seul instant, il ne songeait à elle, aux effets néfastes que cette confrontation pourrait avoir sur sa convalescence. – Non. – répondit-elle simplement, un brin plus froidement qu’elle ne l’aurait voulu. Elle était lasse de se répéter, de lui redire sans cesse qu’elle ne se souvenait de rien. Dans sa tête, il n’y avait qu’un immense néant, un vide qui mettrait du temps à être comblée. Les quelques miettes d’informations que son cerveau acceptait de lui redonner, de temps en temps, suffisait bien peu à remplir les trous béants que l’amnésie avait causé dans sa vie. – Lysandra, ma chérie ? – La voix de sa mère se fit entendre, non loin derrière elle, et la revenante se tourna vers la nouvelle venue qui marchait en direction. Le regard de cette dernière perdit de son éclat, en apercevant l’homme qui accompagnait sa fille. – Oh, bonjour Graham. – dit-elle à son attention, une fois rendue à leur hauteur, un sourire pendu au bout de ses lèvres malgré tout. Il était toujours son gendre, malgré les circonstances. La jeune femme attrapa la main tendue de sa génitrice et la laissa fortement entre ses doigts, laissant sous-entendre que cette petite rencontre matinale n’avait rien eu de plaisant pour sa cadette. – Désolé d’interrompre votre discussion ainsi, mais Lysa, nous devrions y aller. On nous attends. – La jeune femme se garda bien de rappeler à sa mère que si elle était en retard, c’était entièrement de sa faute. Car sa mère lui offrait l’échappatoire dont elle avait besoin pour partir d’ici. – On se reparle très bientôt, Graham. – lâcha belle-mère à l’attention de son gendre, sous entendant un appel téléphonique dans un futur des plus rapprochés. Inutile de le confronter ici et maintenant. La brune, quant à elle, se contenta de suivre son ainée, passant au côté de l’homme et avançant de quelque part avant de se retourner, quelques pas plus loin, croisant le regard de ce dernier, qui ne l’avait pas quitté des yeux. – Au revoir, Graham.

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MessageSujet: Re: — ghost of you. (lysandra)   Ven 23 Mar - 1:00

Si l’avoir perdu l’avait fait souffrir, Graham n’aurait jamais pu imaginer que la retrouver pourrait lui faire tant de mal. Pourtant, Lysandra était là, juste devant lui. Impassible. Incapable de se souvenir. Insensible, presque. Même si elle avait voulu saisir ce qu’il se passait dans la tête de l’homme, c’était parfaitement impossible à imaginer. Graham voulait tomber à ses pieds, la supplier de se souvenir, de lui, de leur histoire, de leurs enfants. Mais il n’en fit rien, non. Il resta droit, fermé, comme il l’avait été depuis son départ. Si elle avait tout du physique de sa femme, il ne pouvait en aucun cas confirmer qu’il s’agissait d’elle, pas tant qu’elle ne se souviendrait pas. Elle était simplement cette femme qu’il aimait comme un fou, et qui n’avait aucune idée de qui il était. Être un inconnu à ses yeux faisaient bien plus de mal qu’il n’aurait pu le penser. Elle continuait de lui parler comme à une simple connaissance, rappelant simplement que ce n’était pas voulu. Graham aurait voulu frapper dans un mur, briser une chaise ou enfoncer les portes d’un placard. Frapper quelque chose, simplement pour évacuer la colère et la tristesse qui l’envahissait, au fur et à mesure. Ce regard froid qu’elle lui portait le glaçait jusque dans ses entrailles, la sensation de la perdre à nouveau, de la perdre pour de bon. Elle ne reviendra pas. Elle était bien là, et pourtant, elle ne lui reviendrait pas. Lysa lui assura ne se souvenir de rien, et Graham réalisa qu’il faisait fasse à une impasse. Il ne pouvait la forcer à se souvenir. Avec un peu de chances, les souvenir reviendraient, un jour. Avec un peu de chance, elle redeviendrait sa femme, sa bien aimée, celle pour qui il ferait tout. Mais pas pour l’instant, et il devait se résigner à accepter cela. Hochant légèrement la tête, il prit sur lui pour parler d’une voix calme, cachant à la fois sa rage et son désespoir. — Je vois. De toute façon, ce n’est pas comme si je pouvais faire quoi que ce soit. — La femme ne voulait pas lui parler, il pouvait le lire dans son regard. L’intervention soudaine d’une voix vaguement familière à l’homme arriva comme une bouée lancée pour elle. Sauvée par le gong. Sauvée par sa mère. Graham la toisa rapidement du regard, la saluant d’un hochement la tête. Les choses avaient toujours été difficiles, depuis la disparition de Lysandra. Mais aujourd’hui, c’était de cette famille là, que sa femme se souvenait. Il devait l’accepter, aussi mal que cela puisse faire, la laisser continuer sa vie. Graham remarqua ces gestes qui en disaient bien plus que les paroles des deux femmes. Comme un appel au secours, Lysandra s’agrippa à la main de sa mère, et il n’en fallut pas plus à Graham pour comprendre que c’était bien la fin de cette rencontre. Elles passèrent à ses côtés, alors qu’il n’avait toujours pas dit un mot. Il continuait de la regarder, cette inconnue qu’il connaissait si bien, qu’il connaissait par coeur. Elle finit par se retourner à nouveau vers lui, son coeur s’emballant un peu, plein d’espoir. C’est pourtant un simple au revoir qu’elle lui lança, avant de continuer sa route. Immobile, il finit par la rappeler, avant qu’elle ne soit trop loin. — Lysa ? — Il attendit que les deux femmes se soient arrêtées et tournées dans sa direction. Il aurait voulu lui dire tant de choses, et il en était pourtant incapable. — Je suis heureux que tu ailles bien, tu sais. Prends soin de toi. — C’est tout ce qu’il fut capable d’articuler, avant de les saluer d’un nouveau signe de la tête, et de faire demi-tour, quittant la rue en partant de l’autre côté, le coeur lourd alors qu’il se retenait de s’effondrer.

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